Accueil > Monde | Par Catherine Tricot | 13 juillet 2015

Grèce : au matin du coup d’État

Le courage politique d’Alexis Tsipras n’aura pas suffi à faire éviter à son pays un accord humiliant qui inflige un camouflet au "non" de ses électeurs. Quelles chances cette issue laisse-t-elle aux gauches européennes de construire une alternative ?

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Au petit matin, le premier ministre Grec a dû signer un accord très défavorable pour son pays. Comme le dit lui-même Alexis Tsipras, c’était avec un fusil sur la tempe. Nous ne ferons pas ici la liste de ces dispositions, au choix, récessives ou humiliantes. Cet accord a été imposé moins de huit jours après un "non" clair et net des Grecs à cette politique d’austérité et de domination. Il fallait les punir. Il devait être clair pour tous les peuples européens qu’il n’y a pas d’espace pour la remise en cause des politiques libérales.

Tsipras avait-il le choix ?

Dans son combat, Tsipras n’a eu autour de la table aucun allié. François Hollande aura du mal à réécrire l’histoire. Conformément à ses convictions maintes fois affirmées, et dans la filiation de l’histoire de la construction européenne, il déclarait que « rien n’était plus important que de préserver le couple franco-allemand ». Ce qui fut fait. Que ce soit un couple dans lequel les deux grandes puissances européennes jouent leur partition ne fait pas de doute. Dans ce duopole, la France, à travers l’action de son président, s’est fait l’écho des voix qui, en Europe, jugeaient trop dangereuse la sortie de la Grèce. Hollande n’a pas pesé pour que le vote des Grecs soit respecté. Il a défendu la puissance de la France.

Les députés français vont être appelé à juger cet accord. Que Tsipras n’ait eu que le choix de se battre jusqu’au bout de la nuit pour sauver son pays d’une banqueroute immédiate est une chose, que les députés français jugent favorablement ce compromis très injuste en est une autre. Espérons que cette voix sera portée, qu’ils diront nombreux le caractère inique, putschiste, de ce qui s’est passé cette nuit.

Le parlement grec aussi va se prononcer. Les élus du peuple grec porteront un avis sur l’action de leur premier ministre et de leur ministre de l’Économie. Les débats au sein de Syriza seront vifs. D’ici, il est très difficile de juger de la situation économique et politique grecque. Tsipras avait-il le choix ? Il semble que son peuple ne lui aurait pas pardonné de ne pas avoir tout fait pour conserver le pays dans la zone euro. On peut aussi penser que la Grèce n’a pas aujourd’hui les moyens d’une sortie, qui plus est brutale, de la zone euro.

La solidarité de nos destins politiques

Alexis Tsipras a jugé que l’accord passé était mauvais mais qu’il lui donnait du temps – trois ans, des liquidités –, un peu, et une perspective de restructuration de la dette. Il a estimé que, malgré des cartes encore amoindries, il pouvait faire le pari de conduire le redressement de son pays dans un esprit d’égalité. La partie qui s’ouvre est vraiment redoutable. Il va falloir faire preuve d’invention et réunir des forces, mobiliser des énergies pour défricher une autre voie que celle qui préside en Europe depuis la stratégie de Lisbonne. Syriza a montré qu’il ne manquait pas d’audace. Mais la partie est très difficile : elle est jouée par un petit pays, très affaibli.

Les forces de gauche européennes voient bien que l’issue pèse sur les chances de voir grandir une alternative. Si la Grèce était sortie de l’euro cette nuit, cela aurait compliqué très sérieusement les affaires des Espagnols, des Irlandais, des Portugais… de tous ceux qui veulent en finir avec l’austérité dans des pays très attachés à l’Europe. Les conservateurs autant que les sociaux-démocrates n’auraient pas manqué d’associer gauche radicale à aventurisme, cataclysme et sortie de l’euro.

Cette crise a mis en valeur comme jamais la solidarité de nos destins politiques. Les gauches européennes auront très certainement à réfléchir sur ce qui vient de se passer. Cela va prendre du temps. Des débats doivent s’ouvrir sur la situation créée par l’existence de cette monnaie unique que nous avons le plus souvent combattue en son temps, mais qui s’est installée. Il faudra mettre sur la table et dans les luttes des propositions et des exigences pour un fonctionnement démocratique de l’Europe (ce qui passe aussi par la remise en cause du couple franco-allemand).

La crise grecque a fait mûrir une opinion publique européenne. Si nous ne sommes pas créatifs et offensifs sur l’avenir de l’Europe, d’autres le seront.

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Vos réactions

  • Pauvre Tsipras, vous le traitez comme une victime. Il ne pouvait rien faire, juste subir, et donc il ne faut pas lui en vouloir...
    L’euro est donc intouchable, et il n’y a pas d’alternative à la dictature de la Troïka. C’est cela votre message ? Cela ne sert à rien de porter des revendications "radicales" si c’est pour dire ensuite qu’on renoncera au premier obstacle venu. La rupture avec l’UE est évidemment une condition nécessaire si on veut rompre avec les politiques d’austérité. Si on n’est pas prêt à cette rupture, il faut arrêter le baratin sur l’anti-austérité.

    Gaston Lefranc Le 14 juillet 2015 à 00:41
  •  
  • Vos propos sont proprement ahurissants, Madame. Vous acceptez une capitulation qui va être lourde de conséquences pour l’arrivée d’une alternative à un capitalisme ravageur. Je pense à Podemos, en l’occurrence. Non, Madame : l’euro n’est pas la solution mais le problème. Des solutions techniques notamment celles parfaitement détaillées et concrètes d’Eric Toussaint existent pour en sortir y compris pour la Grèce, surtout pour la Grèce !. Les suppôts de l’oligarchie aurait traité la Grèce "d’aventuriste" en cas de sortie de cette monnaie ? La belle affaire ! Tout, tout à leurs yeux est "aventuriste" dès lors que l’on ne file pas droit selon eux ! Des voix en Grèce s’élèvent aussi, y compris au sein du peuple, qui envisagent un Grexit. Vous ne vous rendez même pas compte que le déni de démocratie auquel s’est livré Tsipras ne fait que renforcer l’extrême-droite du "tous pourris". Lorsque qu’une gauche qui se disait "radicale" va à ce point à une telle reddition, c’est tuer dans l’œuf toute pénétration d’une critique de Gauche de cette Europe mortifère. L’extrême-droit peut, dorénavant se targuer comme le seul défenseur de l’intérêt des peuples. Quand la Gauche se trahit, trahit, comme le firent les "socio-démocrates" dans un passé tragique, on voit là où cela mène. C’est encore pire que la forfaiture du "PS" français qui s’est livré à une collusion avec Sarkozy lors de la ratification antidémocratique du traité de Lisbonne. Que croyez-vous que vont vivre les grecs maintenant avec leur maintien dans le sacro-saint euro ? Estes-vous allée dans les rue d’Athènes ? Vous rendez-vous compte que va s’aggraver encore plus la crise humanitaire là-bas ? De plus, le problème grec va se reposer d’ici à quelques temps. Sera-ce alors belote et rebelote ? Quelle différence faites-vous entre mourir à petit feu et mourir tout court, ce qui est loin d’être prouvé ; je vous le redis : des solutions techniques existent pour sortir de l’euro. Dès le 25 janvier, des mesures radicales auraient pu être prises qui ne l’ont pas été par des gens dont l’incurie ou la naïveté, les ont privés de prendre la mesure de l’âpreté de la lutte de classes sans merci à laquelle se livre le capital. Je vous invite à lire le dernier communiqué de Yannis Varoufakis : quelle lucidité à saluer de sa part ! Votre analyse est à désespérer. Vous pouvez attendre longtemps dorénavant pour que surgisse un souffle d’émancipation. Je vous conseille, Madame de lire d’autres analyses que celles, piteuses, d’un Mélenchon qui, cette fois a consommé ma déception à son encontre.Pire, celle d’un Laurent qui loue l’action de Hollande (les régionales ne sont pas loin...). La piètre consolation qui consiste à se rallier au mythe du superbe héros vaincu, n’est pas une vision politique des plus larges. Je vous laisse à votre mélancolie...

    Baboeuf Le 14 juillet 2015 à 08:18
  •  
  • Tsipras est indéfendable. Il n’a pas d’excuse.
    Il a refusé le combat, c’est-à-dire refuser de réquisitionner les banques, ce dès le début de l’aventure, il a voulu jouer au plus fin en faisant de la négociation sa seule arme et il s’est juste fait écrabouiller la gueule par un ennemi dont il a sous-estimé la puissance de feu. Il s’est aussi fait envoûter par le serpent Kaa Hollande, ce qui démontre un certain manque de perspicacité politique.
    Le résultat, c’est son pays sous administration coloniale (l’expression est de Lenglet hier soir au JT de France 2, cet homme n’étant pas connu pour fréquenter les couloirs du NPA, dont je ne suis pas membre je tiens à la préciser). Le résultat, ce sont les premières mesures sociales de son gouvernement effacées, rayées d’un trait. Le résultat, c’est une troisième couche d’austérité, dont les mesures font passer la loi Macron pour de la petite bière. Joli bilan.
    Le résultat, à court terme, c’est à coup sûr l’éclatement de Syrisa, c’est à coup sûr un gouvernement d’unité nationale avec la droite et la sociale démocratie vérolée grecques, sur les bases politiques de ces dernières et qui n’en demandaient pas tant, c’est probablement un mouvement social en ébullition, ce que l’on ne va pas regretter, c’est possiblement des affrontements de rue avec la police, voire des affrontements de rues entre milices d’extrême-droite et d’extrême-gauche, avec l’armée en toile de fond. Joli bilan. Joli sens de l’Etat, en effet.
    Tsipras avait-il le choix ? On a toujours le choix. Même la fuite en avant, c’est un choix. En la circonstance, et à en croire les dires de l’intéressé, Varouflakis a proposé les mesures suivantes le soir même de la victoire du non, qui est un vote de classe chimiquement pur, une première depuis longtemps de par le vaste monde : émettre des reconnaissances de dettes en euros, dites IOUs, appliquer une décote sur les obligations grecques détenues par la BCE et par dessus tout prendre le contrôle de la Banque de Grèce. Ces mesures n’ont pas été retenues, et il est permis de le regretter au vu du résultat final, lequel ne se solde par aucune contrepartie en ce qui concerne la dette grecque, à part une vague promesse de rééchelonnement à une échéance lointaine. Les mesures prônées par Varouflakis eurent été rock and roll dans les négociations avec les créanciers, mais il se trouve qu’à titre personnel, j’aime ça, le rock and roll.
    En bref, on est dans la panade. Ne nous voilons pas la face, soyons lucides, c’est d’une capitulation, d’une reddition et d’une défaite dont il s’agit. Une défaite, pas un recul. On va ramer, et on aura l’air un peu niais lorsque l’on militera pour le retour de la retraite à 60 ans à l’occasion de la prochaine présidentielle et qu’on nous enverra dans les gencives que notre ami en Grèce, lui, l’a portée à 67 ans.
    Un mot sur l’Allemagne, à qui l’on prête l’intention de vouloir dominer l’Europe sans avoir à rejouer Verdun et l’opération Barbarossa. C’est sûr, la bourgeoisie allemande est vindicative, ce n’est pas un scoop, mais la bourgeoisie française ne l’est pas moins. Mettre l’accent sur les malfaisances de l’Allemagne, avec en arrière fond un léger fumet nationaliste très déplaisant, c’est dédouaner et Tsipras et Hollande. Lequel Hollande a posé un Famas (c’est français made in France) chargé sur la nuque dudit Tsipras, ne l’oublions pas. Ce monsieur a évité le Grexit ? Et alors ? Le Grexit eut été préférable à ça.

    kashmir4 Le 14 juillet 2015 à 09:44
       
    • Varoufakis a eu raison de démissionner. C’est probablement lui qui avait la meilleure stratégie et il a été mis en minorité. Oui je crois que Tsipras s’est fait avoir dans les grandes lignes. Ils sont très forts et très déterminé en face !

      Olive Le 14 juillet 2015 à 19:07
  •  
  • La gauche européenne mais avant tout française doit voir l’évidence. Il ne peut y avoir d’euro sans austérité. Il faut sortir de l’Euro. Beaucoup le disaient. Il faut refuser les amalgames stupides et les réflexes conditionnés par des années de renoncement à gauche. Au pcf comme au Npa ou aileurs. L’Euro c’est la barbarie. En sortir n’est pas une régression nationaliste. En sortir c’est le 1er pas d’une émancipation du capitalisme financier qui nous tue.

    Manu Le 14 juillet 2015 à 10:11
  •  
  • Francis, j’aimerais partager votre optimisme.
    J’ai moi-même fréquenté un hôpital grec il y a une quinzaine d’années, je sais ce que c’est et je suppose que cela c’est très nettement dégradé depuis.
    C’est vrai qu’il y a un besoin urgent d’argent pour subvenir aux besoins élémentaires immédiats, l’étranglement financier a des conséquences directes, mais cela ne justifie pas, néanmoins, des renoncements d’une telle ampleur. En revanche, l’idée de réquisitionner les banques et de prendre le contrôle de la Banque de Grèce, qui doit avoir encore quelques réserves, du moins le suppose-t-on, n’est peut-être pas à exclure. Evidemment, cela provoquerait un peu de remou à l’échelle européenne, sachant que nous partons du principe que nous voulons un autre Europe, ce qui suppose, tout de même, un peu de chambardement avec l’Europe réellement existante.
    Quant à savoir si Tsipras peut gagner sur la question de la dette, le rapport de force me paraît fort mal engagé. En clair, il n’aura rien s’il ne prend pas la décision de tout envoyer balader. C’est encore possible, c’est souhaitable, mais cela parait peu probable. Tout cette affaire est bien triste.

    kashmir4 Le 14 juillet 2015 à 11:27
  •  
  • Dominique Filippi
    Qu’en savez-vous que je ne suis pas grec... Mais vous avez raison, je ne le suis pas et pour être tout à fait franc, je suis bien heureux de ne pas l’être car, voyez vous, cela ne doit pas être marrant tous les jours d’être grec en ce moment. Encore plus depuis dimanche soir.
    Cela dit, j’aime beaucoup ces gens, raison de plus pour exprimer ma colère devant cette défaite sans combat.

    kashmir4 Le 14 juillet 2015 à 11:50
       
    • Dominique
      Si vous y croyez, je ne vais pas vous contrarier.

      kashmir4 Le 14 juillet 2015 à 20:37
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  • Je suis Varoufakis.

    kindofblue Le 14 juillet 2015 à 12:38
       
    • Les 2 positions étaient antagonistes, les2 lignes ne se croisaient jamais, c’est même pour cela que Yanis, en minorité, c’est retiré. On ne peut pas être pour 2 opposants simultanément, situation qui au fond résume bien le paysage actuel : les réformes ou le changement !

      kindofblue Le 14 juillet 2015 à 13:23
  •  
  • Dominique,

    "Faire le révolutionnaire en chambre". Que savez-vous de ma vie de militant ? Je tiens à vous féliciter du "réalisme" dont vous semblez être empreint et dont moi, je serais fort dépourvu.

    Je ne suis pas grec. L’êtes-vous vous même ? Nous n’avons peut-être pas - si vous en avez - les mêmes amis grecs. Les miens sont plus que douchés et ne partagent pas vos vues. Lisez donc la dernière interview qu’a donnée Yannis Varoufakis dans "New Statesman". Il avait architecturé un plan B et a été désavoué par Tsipras. Rendez-vous, Dominique à très moyenne échéance quand, de misère accrue à misère accrue, la politique des banksters européens aura multiplié ses effets ravageurs que la Grèce vit depuis plus de 5 ans. Vous irez confronter, vous qui n’êtes pas révolutionnaire en chambre, votre réalisme à la réalité grecque alors qu’existe la probabilité que Syriza aura perdu son capital politique.

    Babeuf.

    Babeuf Le 14 juillet 2015 à 12:49
       
    • Syriza aura perdu son capital politique.

      Pour Tsipras, c’est certain. Pour Syriza, on le saura après le vote au parlement.

      Jean-Marie Le 14 juillet 2015 à 13:02
  •  
  • En deux jours, au moins pour la gauche radicale de France, la dette grecque est donc devenue remboursable, puisque restructurable ? Malgré les conséquences budgétaires très prévisibles du texte instituant le protectorat,notamment en matière de rentrées fiscales, qui vont encore baisser ? Cela doit être un miracle de la dialectique...
    On glose dans notre doux pays de la couche supplémentaire d’austérité à venir pour le peuple grec. Mais "l’autérité", c’était il y a cinq ans ! Aujourd’hui, c’est proprement le chaos.
    Et certain-es - à la gauche de la gauche ! - se consolent avec un éventuel début d’évocation de commencement (choisissez l’ordre des mots) d’une discussion sur l’étalement de la dette, voire - joie ! - l’effacement d’une partie de ladite dette, mais dans 30 ans et si l’euro groupe est vraiment de bonne humeur :)
    Joyeuse perspective, pour les gauches européennes, que la navigation à vue dans la purée de pois.

    un passant Le 14 juillet 2015 à 14:42
  •  
  • Pas brillant le rôle joué par Hollande : amadouer Tsipras pour l’offrir ensuite en pâture à Merkel.
    Ce n’est pas son coup d’essai : après nous avoir vendu en 2012 “mon ennemi, c’est la finance”, il nous a bien roulés en offrant nos suffrages au tandem Valls-Macron.
    De Mitterrand à Hollande en passant par Jospin, c’est du PS pur jus : chacun a servi de rabatteur au bénéfice de la droite qui, encouragée, grignote chaque fois davantage nos acquis sociaux.

    Jean-Marie Le 14 juillet 2015 à 14:56
       
    • "après nous avoir vendu en 2012 “mon ennemi, c’est la finance”, il nous a bien roulés en offrant nos suffrages au tandem Valls-Macron. "

      Tandis qu’en offrant ses voix à Hollande, Mélenchon n’a roulé personne :-D

      lvzor Le 14 juillet 2015 à 21:13
    •  
    • Ne faites pas l’âne, Izvor.
      D’abord, les électeurs de la gauche de la gauche sont majeurs. C’est par crainte d’un Sarkozy-bis que, en grande majorité, ils ont reporté leur vote sur Hollande, pas parce que Mélenchon le conseillait.
      Ensuite, vous ne ferez croire à personne que vous saviez que Hollande trahirait à ce point ses deux promesses phares du discours du Bourget : lutte contre les méfaits de la finance et renégociation des traités européens.
      À moins que vous ne lisiez dans le marc de café.

      Jean-Marie Le 14 juillet 2015 à 22:36
  •  
  • Ou est passée ma contribution ? Si c’est le modérateur qui l’a supprimé il faudrait également qu’il supprime les posts de ceux qui répondent sinon on ne comprend plus rien. Et peut-être si c’est le cas il serait courtois de m’expliquer pourquoi.

    Francis Le 14 juillet 2015 à 15:14
  •  
  • Ce n’est pas faux, ce qu’il dit "le passant". A ce stade, ce n’est plus de l’austérité, mais de la destruction massive. Au moins, on sait à quel ennemi on a affaire. Encore qu’on le savait déjà. Le plus curieux, c’est que Tsipras ne semblait pas le savoir, lui.

    kashmir4 Le 14 juillet 2015 à 16:35
  •  
  • Dans Le Libertaire du 24 juin 1937, Jean Bernier (1894-1975) dressait le portrait d’une social-démocratie " tenue en laisse par le grand capital " et d’un front populaire en faillite en raison de " la faiblesse incurable, l’impuissance du réformisme légal en temps de crise et de déclin capitalistes, quand la contraction du profit tend les antagonismes et pose entre les classes et le pays la question de force."

    En mai 1936, la coalition du Front populaire avait obtenu aux élections la majorité absolue face à la droite. Un an plus tard, le 21 juin 1937, Le Sénat refusait de lui accorder les pleins pouvoirs pour redresser une situation financière difficile. face à la réaction "légale", le gouvernement de Léon Blum démissionnait piteusement.

    > La fin misérable de l’expérience Blum par Jean Bernier http://revueagone.revues.org/457

    Zeck Le 14 juillet 2015 à 17:54
  •  
  • Il serait abusif de tout mettre sur le dos de Tsipras,et de dire que tout est perdu.
    .La coalition des lâches, composée des vrais ennemis et des faux amis de Tsipras et du peuple grec, a senti le danger,et rien ne dit encore qu elle a définitivement gagné.Le peuple grec et Syriza ont maintes fois montré leur courage et leur détermination,qui seront sans doute décuplés par l annexion de leur pays par l Allemagne(le 4e Reich,comme dit à juste titre Dupont Aignan)
    Ce n est pas de la germanophobie,tout comme le fait d être anti-salafiste ou anti-djihadiste n est pas,à mon sens ,du racisme.Tous ces braves gens,dans un "style"différent, veulent asservir les peuples,les combattre est une action de salut public.

    Cela dit,je pense,sans en être certain,que le peuple grec aurait moins perdu en sortant de cette zone euro-carcan,qu avec cette annexion de fait.

    Quant au rôle d Hollande et du PS,leur lâcheté sans limite,tout cela rend d autant plus lamentable le soutien de Pierre Laurent à l "accord".
    Je n incrimine pas les militants PC,dont beaucoup vont tomber des nues,tout comme certains verts,en constatant la satisfaction affichée par leurs dirigeants.

    En tout cas,les choses doivent être claires pour tous:au soir du 1e tour des régionales ou des présidentielles prochaines,si Clémentine , Pierre ou Emmanuelle(Cosse)vous appellent à voter pour le candidat de gauche(?)qualifié pour le 2e tour(selon un radotage bien rodé),prenez ça pour de l humour au x ième degré et restez chez vous.Un duel Valls/Sarkozy n a rien de "bandant",et qu un conseiller régional soit PS ou "Républicain" non plus.

    HLB Le 15 juillet 2015 à 00:18
       
    • Plutôt que :
      Attendons-nous donc à devoir endurer pour un temps, dans une France en feu, la droite ou le FN : la mort du PS est à ce prix. Sinon, ce sera encore et toujours cette p... d’alternance

      j’aurais dû écrire :
      Attendons-nous donc à devoir endurer pour un temps le FN dans une France en feu : la mort du PS est à ce prix. Sinon, ce sera encore et toujours cette p... d’alternance.”

      Jean-Marie Le 16 juillet 2015 à 17:13
  •  
  • Jean-Marie,
    je fais certainement partie de ceux" qui lisent dans le marc de café". Effectivement je ne suis pas surpris de la "trahison" de Hollande. Mes proches, à qui je faisais part de ses possibles trahisons avant la présidentielle de 2012, me lançaient la même remarque au visage. Or il suffit de connaître la trajectoire de la pensée d’un Hollande (exprimée depuis 1983 !) et de l’histoire de la social-démocratie pour présumer de ses nombreuses trahisons dont la première d’entre elles, fut celle de la social-démocratie allemande qui vota les crédits de guerre (1914) avec la droite prussienne. Je vous conseille de visionner (mêle si vous ne serez pas d’accord) une vidéo de Jean-Pierre Garnier qui exprimait cette analyse dans ce qu’il appelle "la 2ème droite". Édifiante et documentée. Quand un "PS" alors sous l’égide de Hollande s’abstient au dernier congrès de Versailles pour laisser passé le traité de Lisbonne, mouture du même traité rejeté par référendum en 2005, on ne peut me semble-t-il qu’être un peu décillé. Le "tout sauf Sarko" ? On en est aujourd’hui ? Tiens je vais reprendre du café...

    Babeuf

    Babeuf Le 15 juillet 2015 à 09:50
       
    • Je m’attendais d’autant plus à ce reproche que je suis en grande partie d’accord avec vous.
      Je n’exposais pas mon analyse personnelle, mais celle de tous ceux qui, à la gauche du PS, ont surtout craint un Sarkozy-bis, indépendamment du choix de Mélenchon.
      Seuls des Izvor croient encore que les électeurs sont dépourvus d’esprit frondeur et obéissent naïvement aux consignes de vote.
      D’ailleurs, tous les leaders politiques s’en gardent, ne pouvant faire mieux qu’annoncer leur préférence.
      La thèse d’Izvor est d’autant moins recevable que c’est à la gauche de la gauche que l’esprit contestataire est le plus grand. Plus crûment, son apostrophe est une insulte, pas un argument.
      J’en viens à votre démonstration : échaudé moi-même depuis longtemps par un PS dont la politique a pour effet d’encourager la droite à foncer toujours plus à droite à chaque alternance, je suis persuadé que la mort de ce PS est désormais l’objectif primordial à atteindre. Il eut donc été préférable que Hollande fût largement battu, quitte à manifester plus durement encore que nous ne l’avons fait sous Sarkozy-un.
      L’éternelle alternance UMP-PS est une calamité vers toujours plus de précarité et de réduction des protections sociales.
      Ironie de l’histoire, la droite réveille la contestation, rendant son sale boulot plus difficile, tandis que le PS l’anesthésie, avec la complicité implicite des syndicats soudainement muets.
      Conclusion : « la "trahison" de Hollande », effectivement, était envisageable. Mais peut-être pas à ce point.

      Jean-Marie Le 15 juillet 2015 à 12:48
    •  
    • Je vais peut être vous surprendre,mais je fais partie de ceux qui souhaitent que Hollande,idolâtre de Merkel,suive la même trajectoire qu elle.
      A savoir,faire un gouvernement d union nationale de tout ce que l échiquier politique français compte de libéraux de toutes sortes(et ça en fait beaucoup !!)

      On n aurait plus ce sempiternel débat sur l alternance,le pseudo suspense:PS ou Droite ?dont le peuple est l éternel perdant.
      On n aurait plus les "contorsions" des uns et des autres,lors des 2e tours,où on n appelle pas à voter pour machin,mais contre untel,tellement on a honte de ce qu on fait(personnellement,j ai rompu avec ça ,depuis quelque temps déjà)

      Sur l échiquier politique,on verrait le positionnement des uns et des autres,au delà des discours.

      Resteraient donc:la vraie Gauche,anti-libérale et anti austérité,
      le magma informe ,allant de la majorité du PS et d une partie des Verts(Placé et autres arrivistes)jusqu aux "Républicains".
      Et,à l autre bout,le FN.
      On saurait alors qui est qui.

      HLB Le 16 juillet 2015 à 14:52
    •  
    • Les dernières élections (européennes, municipales) apportent déjà de l’eau à votre moulin : le PS n’est plus à gauche puisque la gauche ne vote plus pour lui. Cela va même au-delà de vos espérances car, n’avouant pas sa vraie nature, centriste ou de droite, ce parti disparaît peu à peu de l’horizon politique. Ses derniers scores, très médiocres, en font foi.
      Espérons que les régionales confirmeront son agonie.

      Attendons-nous donc à devoir endurer pour un temps, dans une France en feu, la droite ou le FN : la mort du PS est à ce prix. Sinon, ce sera encore et toujours cette p... d’alternance.

      Une victoire de la vraie gauche serait bien sûr préférable. Pour y parvenir, il serait temps que ses représentants et les intellectuels dignes de ce nom se demandent pourquoi la dictature de la finance et le franchouillardisme lepéniste ont la faveur de la majorité de nos concitoyens. Pas de guérison possible sans analyse approfondie du symptôme.

      Jean-Marie Le 16 juillet 2015 à 16:37
    •  
    • C’est ici que j’aurais dû caler ce dernier commentaire. Pardon aux contributeurs.


      Plutôt que :
      “Attendons-nous donc à devoir endurer pour un temps, dans une France en feu, la droite ou le FN : la mort du PS est à ce prix. Sinon, ce sera encore et toujours cette p... d’alternance”

      j’aurais dû écrire :
      “Attendons-nous donc à devoir endurer pour un temps le FN dans une France en feu : la mort du PS est à ce prix. Sinon, ce sera encore et toujours cette p... d’alternance.”

      Jean-Marie Le 16 juillet 2015 à 17:19
  •  
  • La démocratie bafouée une fois de plus, je suis écœuré par ces grands discours, par ces démarches de communication, faire de la politique est autre chose, et F-HOLLANDE qui pense qu’il aurait servi la Grèce.Celles et ceux qui y croient pourront le réélire la prochaine fois, JPH...

    JEAN-PAUL HELLEQUIN Le 15 juillet 2015 à 11:44
  •  
  • Le bilan de tsipras est remarquable : mise en évidence que des politiques différentes sont possibles, mise en évidence que l’on peut consulter son peuple et respecter un des choix peut etre le plus important rester dans la zone euro, mais aussi révéler au monde entier, a ses dépends, que l’on a glisse vers une dictature dont on va avoir bien du mal a sortir, surtout a coup de c’est la faute de l’autre ...et les dictateurs sont très forts étes vous sûrs qu’il ne peuvent pas bloquer les économies de l’Espagne de la France de l’Italie ?

    Andree Le 15 juillet 2015 à 15:52
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  • Jean-Marie,
    Je suis heureux d’avoir lu vos lignes dont je partage désormais la teneur et l’analyse. il est vrai que, même si rien de bon ne pouvait venir de Hollande, ce à quoi je m’attendais, je vous rejoins sur le point suivant : moi aussi ai été surpris par la rapidité et les à-coups brutaux (moins" lissés" donc) de la mise en places des politiques néo-libérales.

    Je partage aussi votre avis quant aux syndicats, en tout cas quant à la CGT. Où va-t-on ?...

    Babeuf

    Babeuf Le 15 juillet 2015 à 16:05
       
    • Où va-t-on ?...

      Je vous invite à lire ma réponse à HLB.

      Jean-Marie Le 16 juillet 2015 à 16:44
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