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Accueil > Monde | Par Loïc Le Clerc | 15 avril 2015

Hillary Clinton veut être la femme de la situation

Hillary Clinton a lancé la bataille pour succéder à Barack Obama. L’ex-première dame dispose d’atouts… qui pourraient bien lui jouer des tours. Alors que les électeurs recherchent du sang neuf, elle va devoir gérer les contradictions de son image.

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C’est avec un clip de campagne plutôt original qu’Hillary Clinton a lancé sa campagne à l’investiture démocrate, en vue de l’élection présidentielle qui aura lieu le 4 novembre 2016. Dans cette vidéo, on voit des "Américains moyens", assez jeunes, des couples, des Noirs, des Blancs, des Asiatiques. On voit surtout clairement que la candidate a souhaité se mettre en retrait pour laisser la parole aux classes moyennes, dans toute leur diversité. Il faut attendre presque la fin du clip pour la voir apparaître pour lancer : « Les Américains se sont battus pour sortir d’une période économique difficile. Mais ceux qui sont au sommet continuent à bénéficier d’avantages. Les Américains ont besoin d’une championne, et je veux être cette championne. »

Changement de style, tant dans l’attitude que dans l’apparence. Clinton tente de faire oublier son échec de 2008, lorsque elle s’est fait damer le pion par Obama et qu’elle représentait plus « ceux du sommet » que ceux d’en bas. Voilà pourquoi elle a intitulé son clip "Démarrage" : elle procède à un nouveau départ, avec un discours plus proche du peuple qui prélude à une campagne faite de meetings plus intimistes.

Femme, mais pas trop

Changement de stratégie politique aussi. Même si l’on ignore tout de son programme, Clinton semble désormais construire sa campagne autour d’un thème : la famille. Outre le fait que le "clan Clinton" soit son meilleur atout, de son mari désormais fidèle à ses petits-enfants, c’est parce qu’elle est une femme que sa stratégie s’ajuste ainsi. Son principal handicap, vu le boulevard démocrate et la division républicaine, ce sera elle-même. Chacune de ses fausses notes, aussi insignifiante soit-elle sera jetée en pâture.

Hillary Clinton a l’occasion d’effacer ce qui détermine sa notoriété internationale, indépendamment de ses compétences politiques : un mari volage. Elle symbolise la femme trompée, humiliée publiquement mais qui reste, qui assume et qui soutient son président de mari. Adultère ou divorce, le choix entre les deux tabous américains est toujours délicat. Mais Clinton y a survécu et s’est lancée en politique, seule, de son côté. Quoi de tel que l’expérience pour se construire une légitimité ? Du coup, de première dame, Clinton devint sénatrice entre 2001 et 2009, puis secrétaire d’État jusqu’en 2013. Une brillante carrière au cours de laquelle n’a peut-être pas fait avancer grand chose sur le plan diplomatique, mais aura pa r exemple eu le courage de répondre aux propos sexistes de Vladimir Poutine.

De "femme de", Hillary Clinton devient la "femme contre". Peut-être le plus grand obstacle pour une femme en politique. Contre Obama, elle échoue, non seulement à cause de l’engouement qu’a suscité l’Obamania, mais surtout à cause de la posture qu’elle (et son équipe de communicants) avait choisi de prendre : celle de la force et de l’autorité, la carte du "macho-man" en quelque sorte.

Incarner la nouveauté

Désormais, féminité et maternité mises en avant, Hillary Clinton va devoir subir les critiques les plus communes que l’on puisse adresser à une femme politique : trop froide, pas assez virile ou musclée pour tenir son rang de chef de guerre, trop émotive pour le poste, etc. L’équilibre sera difficile à trouver entre autorité et empathie, mais, au pays des clichés et des paradoxes, il lui faudra les incarner ensemble, même contre ses convictions.

Être une femme politique, c’est déjà un combat, mais être une femme politique de soixante-sept ans, pour incarner le changement et la nouveauté, la bataille sera des plus rudes. Elle a beau s’entourer des meilleurs conseillers d’Obama (même la coach danse de Michelle) et bénéficier des millions de dollars des Démocrates pour financer sa campagne, on pourra toujours se demander ce qu’elle peut amener de neuf.

Que ne sait-on pas d’Hillary Clinton ? Que malgré son passé de militante contre la guerre au Vietnam, elle est capable d’opérer un tournant libéral ? La bonne surprise... Et ce sentiment de déjà-vu est partagé jusqu’au président lui-même. Si Barack Obama admet sans forcer que Clinton « ferait une excellente présidente », il a tout de même affirmé que les Américains ont « envie de l’odeur d’une voiture neuve ». On appréciera la connotation genrée de cette métaphore automobile. Mais, après tout, une femme à la maison blanche, n’est-ce pas un parfum de nouveauté suffisant ?

La plus grande chance d’Hillary Clinton réside peut-être dans notre incapacité d’anticiper le vote des Américains : ils ont bien élu un président afro-américain quand cela semblait encore relever de la science fiction…

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Vos réactions

  • Détail de forme d’abord :
    "On appréciera la connotation genrée "
    n’importe quoi ? d’abord, il y eut le genre, puis le mélange des genres et maintenant "on genre/on genra" ?
    Nul ;

    Quant au fond, ce n’est pas en France (le pays du genre-age/genrage)que Obama fut élu. (pour le genre —cf.Ségolène)

    Et, pas demain qu’on va élire un/e Beur, un/e Black ici.

    clara z

    ps : on sera certainement d’accord ... sur l’accord —à défaut du genre :
    "des Américain ?"
    non : — un Américain —des Américains

    clarazavadil Le 15 avril 2015 à 11:17
  •  
  • Je ne comprends pas trop la critique de Clara Z,( loin de moi l’idée de rentrer dans une polémique ceci dit) :
    " ce n’est pas en France qu’ Obama fut élu", certes et ce n’est pas en France que Clinton debute sa campagne électorale. On a le droit d’ecrire un article sur ce qu’il se passe outre atlantique il me semble.
    Quant à l’utilistion de "genree", je ne comprends pas non plus la critique formulee. Autant bcp de personnes font le fâcheux amalgame entre sexe et genre, autant ici, l’emploie de "genree" semble justifié. Quoi que j’aurais plutôt dit "on appréciera la connotation sexiste de la metaphore", bref ici l’un ou l’autre n’est pas dérangeant je pense.

    Isabelle Le 15 avril 2015 à 14:15
       
    • J’ai fait deux critiques de forme :
      1—il y avait 1 faute d’ortho ; elle a été corrigée
      2— "connotation genrée " : genrée =n’est pas un mot de la langue française
      C’est tout.

      (Sur le reste, il semble que mon post, numéro 2 n’a pas été publié ... je le remets.)

      clara z

      clarazavadil Le 18 avril 2015 à 10:38
  •  
  • Réaction Clara z de fumeuse de moquette sans queue ni tête laissons tomber.....

    Gildas.LC Le 15 avril 2015 à 18:49
  •  
  • Toute femme qu’elle est, elle n’en est pas moins une politique rompue au pouvoir, à la communication et aux stratégies pour faire perdurer un système politique aux ordres des intérêts financiers. En politique étrangère, dont elle a été ministre sous Obama, elle s’est montrée plus proche des faucons que des colombes. La sécurité sociale pour tous dont elle a été un temps l’initiatrice s’est noyée dans les méandres des amendements démocrates et républicains. Après, on peut discuter à l’envie du sexe des anges ou des présidentiables, ce que ne manque pas de faire déjà les médias et Regards, aucun président US n’a véritablement les cartes en main. Relire le livre ancien mais toujours d’actualité "La démocratie à Washington".

    Mac Cullers Le 16 avril 2015 à 09:50
  •  
  • la seule chose à dire ,c’est qu’elle est ultralibérale,comme tous les démocrates et les républicains pro impérialisme us ;pour ce qui concerne le fait qu’elle soit une femme ,et alors , tatcher l’etait,cela a t il améliorer la vie des femmes du peuple anglais ;obama a t il améliorer la vie des noirs aux états unis. bref c’est un article politiquement inintéréssant.

    yann Le 16 avril 2015 à 12:45
       
    • Pourtant quand il s’agit de femmes politiques comme Martine Aubry ou Cécile Duflot (quoi qu’on pense d’elles), Regards.fr n’y va pas de main morte (jusqu’à qualifier Mme Duflot de "pom-pom girl"...) : http://www.regards.fr/web/article/aubry-duflot-meme-non-combat

      6ème République Le 16 avril 2015 à 13:40
  •  
  • De toute façon, elle ou un(e) autre sont nos ennemis de classe (pour parler comme avant...).

    Dominique FILIPPI Le 17 avril 2015 à 09:05
       
    • J’ai plus de sympathie pour Poutine que pour elle...çà doit être ce qui mes reste de stalinisme...

      Dominique FILIPPI Le 17 avril 2015 à 09:08
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  • Sur le fond... il ne semble pas qu’il y ait quoi que ce soit de pertinent —ou très peu —qui soit écrit dans ce pays sur les States
     :-)
    On peut écrire ce qu’on, où on veut —en principe.
    Mais, l’article est à côté, mal informé et au mieux : sans intérêt.

    Des bonnes infos : here
    http://www.democracynow.org/
    Debate : Hillary Clinton Sounds Populist Tone, But Are Progressives Ready to Back Her in 2016 ?

    avec aussi moults articles sur la lutte des McDo ...

    anne stevens

    anne stevens Le 18 avril 2015 à 11:13
  •  
  • @ tou-te-s

    Je suis plutôt d’accord avec ce que vous dites sur le fond de l’article, il n’est journalistiquement pas très intéressant. Et oui, évidemment Clinton est comme tou-te-s les etatsunien-ne-s, libérale.
    N’empêche, vu qu’il y a toujours 2 candidats au final, l’un démocrate, l’autre republicain, il vaut mieux le moins pire que le pire (il me semble)et cela autant pour les citoyen-ne-s étatsunien-ne-s que pour les citoyen-ne-s hors USA. Et je suis désolée mais quand même, le fait qu’elle soit une femme, tout comme le fait qu’ Obama soit noir, et "heureusement" démocrate, ça ne veut pas rien dire.
    Ce qu’il serait intéressant de la part de regards (on nous l offrira peut être au moment venu) c’est d’écrire un article sur les candidats de la gauche de la gauche. Et oui au final, qui incarne la gauche là bas ?

    Isabelle Le 18 avril 2015 à 13:04
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  • Voter pour le moins pire des candidats ont connaît ça.... Une femme, et alors ?
    Quel journalisme ? Rien sur ses sources de financement... Rien sur sa proximité avec les néo- cons et le complexe militaro-industriel...
    Bref, le monde atlantique, unipolaire qu’il faut dynamiter avant qu’il nous conduise à la guerre .
    La géopolitique, ou l’impérialisme dans sa crise d’effondrement ... What else ?

    MacG Le 28 mai 2015 à 20:10
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