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Accueil > Monde | Par Laura Raim | 23 novembre 2017

Israël verrouille son territoire contre les critiques

Plusieurs élus français PCF, FI et Verts sont les dernières victimes des interdictions d’entrée pour tout partisan du mouvement BDS. Au-delà, c’est la liberté d’expression que l’État d’Israël, de plus en plus droitisé, démantèle méthodiquement.

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L’élection de Donald Trump aurait-elle enhardi le gouvernement d’extrême droite israélien ? La "seule démocratie du Moyen-Orient" a annoncé la semaine dernière qu’elle refusait l’entrée sur son territoire à sept élus français qui s’apprêtaient à rendre une visite de soutien aux prisonniers palestiniens.

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, les députés France insoumise Clémentine Autain, Danièle Obono, Michel Larive, et Muriel Ressiguier, les députés européens Pascal Durand (Verts / Alliance libre européenne) et Patrick Le Hyaric (PCF), ainsi que les maires communistes Azzedine Taibi, Éric Roulot, et Patrice Leclerc ont par conséquent décidé de renoncer au déplacement organisé par les maires membres de l’Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF).

Raison officielle invoquée : ces responsables politiques seraient des partisans du mouvement international Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), qualifié d’ « antisémite » et de « haineux » par ses détracteurs.

"Menace stratégique" et représailles

Créé en 2005 par l’activiste palestinien Omar Barghouti contre la politique israélienne d’occupation et de colonisation, le mouvement n’a cessé de marquer des points ces dernières années : des fonds de pension tels que PGGM aux Pays Bas, FDC au Luxembourg ou Danske Bank au Danemark ont décidé de se retirer du pays, Veolia a renoncé à construire le tramway à Jérusalem, tandis que le partenaire israélien d’Orange, Partner, a rompu son contrat en Cisjordanie.

« Une menace stratégique » qui n’allait pas rester sans représailles : En août 2016, le gouvernement a mis en place une équipe chargée de repérer les boycotteurs afin de les empêcher de voyager en Israël. Un an après, la Knesset adoptait une loi interdisant d’accorder un visa ou un titre de séjour à tout étranger défendant le boycott.

S’il s’agit de la première fois que cette disposition sanctionne des élus nationaux étrangers, le nombre d’interdictions d’entrée sur le territoire avait déjà fortement progressé. Selon Haaretz, Israël a refusé l’année dernière 160 Britanniques, 109 Allemands, 52 Italiens, 42 Canadiens, 40 Suédois et 33 Australiens, pour la plupart militants pro-palestiniens.

Cet été, cinq Américains n’ont pu embarquer à bord de leur vol à Washington. Parmi eux, la femme rabbin Alissa Wise, membre de Jewish Voice for Peace, qui affirme ainsi être la première juive américaine à subir les effets de la loi anti BDS.

"Instrument légal"

La nouvelle législation vise officiellement les boycotteurs, mais elle permet en pratique de bannir plus largement toute personne apparaissant comme trop critique d’Israël. Qu’importe, par exemple, que Pascal Durand n’ait jamais soutenu BDS, mais seulement relayé sur Facebook un rapport d’ONG sur les "liaisons dangereuses de banques françaises avec la colonisation israélienne" et signé une pétition en faveur de la libération de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, placé depuis fin août août en détention administrative, c’est à dire sans inculpation ni procès.

Un officiel israélien interrogé par Libération reconnaît sans détour que les liens supposés avec BDS sont un prétexte : « La loi antiboycott est un instrument légal qui nous permet désormais d’empêcher des gens qui cherchent à porter atteinte à notre pays d’entrer sur le territoire ».

En l’occurrence, ce qui heurtait le gouvernement de Netanyahou, c’était l’intention (peu réaliste) de la délégation de rencontrer Marwan Barghouti, le plus célèbre des 6.200 prisonniers palestiniens en Israël, initiateur au printemps dernier d’un vaste mouvement de grève de la faim des prisonniers palestiniens pour protester contre leurs conditions de détention.

Condamné à cinq fois la perpétuité pour son implication dans l’organisation d’attentats pendant la seconde Intifada, le "Mandela palestinien" est la personnalité la plus populaire du Fatah. L’AJPF ayant pu effectuer un voyage semblable l’année dernière sans problème, c’est le partenariat avec le Réseau des villes et collectivités pour la libération de Marwan Barghouti, lancé en 2008 par la ville de Stains, qui a vraisemblablement attiré l’attention des autorités israéliennes.

Un arsenal de lois liberticides

« Nous n’autoriserons pas l’accès au territoire à ceux qui appellent activement à s’en prendre à Israël, en particulier quand ils demandent à rencontrer et à conforter un fieffé meurtrier comme Barghouthi, incitant ainsi à soutenir le terrorisme », a indiqué le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan, en charge de la réponse de l’État contre le BDS.

Des propos assez proches de ceux tenus mercredi dernier à l’Assemblée par le député UDI franco-israélien Meyer Habib, qui a accusé les membres de la délégation de vouloir « soutenir des terroristes, Barghouti et Hamouri, les mêmes sur ces bancs pour lesquels quand on massacre en France, c’est du terrorisme, en Israël, c’est de la résistance ».

« Agir pour l’application des résolutions de l’ONU et contre la colonisation constituerait-il désormais un engagement si insupportable qu’il légitimerait, aux yeux des autorités israéliennes, l’interdiction de venir sur leur territoire, y compris pour des élus français ? s’inquiètent dans un communiqué les députés de La France insoumise. Comment un État qui se dit démocratique peut-il proférer de telles menaces ? »

Une interpellation qui a peu de chance d’émouvoir le gouvernement le plus droitier de l’histoire de l’État hébreu, qui ne cesse d’étoffer son arsenal de lois liberticides. Dernière en date, une loi votée en janvier interdit à Breaking the silence, l’association d’anciens militaires israéliens témoignant des violences commises dans les Territoires occupés, d’intervenir dans les écoles.

L’Association pour les droits civiques en Israël doit-elle le rappeler ? « La liberté d’expression n’est pas juste le droit de s’exprimer, mais aussi le droit d’exprimer ses opinions, même si ces opinions scandalisent et exaspèrent la majorité des Israéliens. »

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  • Ma chère, vous venez de vous mettre vous même sur la liste avec un article comme celui-là ! S’il reste quelqu’un chez vous qui veut continuer à passer ses vacances dans "la seule démocratie du Moyen-Orient", ne lui en parlez pas mais ce serait interessant de rebondir sur le sujet en partant d’un classement des pays en fonction du nombre de resolutions de l’ONU bafouées... Ce qui apparaît comme un bon indicateur autant de l’impunité dont béneficie les pays en question que de l’indice "d’injustice" des politiques qu’ils mettent en oeuvre pour ces cas bien précis (bien sûr, il faut voir qui participe ou non au vote et qui porte le projet de résolution) !

    Je crois qu’on en est à 65 résolutions de l’ONU non respectées pour Israël (je peux me tromper)... Il faut que leurs gouvernants fassent encore un effort ou bien ce pays est il en tête de classement ? D’ailleurs, je milite ardemment pour un grand prix mondial du "Et alors ?!" décerné par un jury qui compilerait les statistiques dans ce domaine et récompenserait peut-être Israël tous les ans pour ses efforts ! Et pourquoi pas la création d’une "JOURNEE MONDIALE DU ET ALORS ?!" ou chacun pourra à loisir épancher ses instincts ou pulsions les plus diverses (autre manière d’affirmer un joli "ren’a fout’"). Après tout, les pays qui s’estiment "exemplaires" ne sont ils pas à suivre ?

    Carlos Le 23 novembre à 12:55
       
    • L’onu Est contrôlé par la ligue arabe il y moins de résolution contre l’iran et la coree du nord sue contre israel votre argument ne tient pas la route, allez lire les 65 résolutions après vous l’ouvrirez , celles ci sont quasi identique et a chaque fois la même rengaine : rendez les prises de guerre, rendez les territoires conquis lorsque vous veniez de creer votre etat et que sans véritable armée régulière vous vous êtes fait attaqué par tous vos voisins qui se sont rendus coupable de crimes de guerre et qui ont pas été foutu de gagner une guerre a 4 contre 1.... alors carlos ton commentaire tu te le carre stp et tu te la ferme merci

      raph Le 24 novembre à 06:42
    •  
    • @raph - outre le "tu te le carres..." censé m’intimider et que je t’enfoncerai bien amicalement au fond de la gorge histoire de te rappeler le minimum de politesse dûe à son "prochain", il est clair que pour toi c’est tous les jours, la journee mondiale du "Et alors ?!" ! Sinon, pour reprendre un peu de hauteur, je reprendrai le vouvoiment. Manifestement, vous êtes de ceux pour qui le gouvernement Israëlien reste un "exemple" à suivre... Libre à vous d’en être et je me garderai bien d’emettre un quelconque jugement sur les raisons qui font que vous en soyez. Sur vos arguments quant à l’ONU, j’imagine que vous avez tout à fait le droit de penser que la Corée du Nord a moins d’ennemis sur la planète que l’Etat d’Israël... Peut être même l’argument complotiste "arabe" que vous avancez si intelligemment est à l’origine de ces prises de position "mondiales" ! Pour autant, laissez moi vous rappeler qu’il y a des arabes juifs, chrétiens voir agnostiques et meme athés. Alors peut être parliez vous des arabes "musulmans" ? Enfin certainement écartez vous l’Arabie Saoudite bien sûr qui en ce moment fait jouer toute son influence "diplomatique" pour arranger ses intérêts en faisant qu’Israël retourne dans le bourbier libanais duquel elle etait sortie il y a peu, quitte à s’en faire son Grand Ami... Du coup, c’est certainement sous l’influence du puissant et tentaculaire lobby palestinien que de nombreux états de notre petite planète ont décidé de voter ces injustes motions "à répétition" ! Bref, l’Apartheid n’a jamais été et ne sera jamais un systeme de gouvernement plebiscité par les démocrates ! Force est de constaté que l’Histoire a montré qu’il ne pouvait être autre chose qu’une injustice "administrée". Si ça vous échappe alors tant pis !

      carlos Le 24 novembre à 07:15
  •  
  • "laissez moi vous rappeler qu’il y a des arabes juifs" : déjà vous prétendez des choses qui sont fausses. Manifestement, vous ne savez pas qu’être juif signifie croire au judaïsme mais aussi faire parti du peuple juif. On ne peut donc pas être arabe et juif en même temps ... Vous avez voulu être condescendant, malheureusement, vous avez tort sur ce point.

    "j’imagine que vous avez tout à fait le droit de penser que la Corée du Nord a moins d’ennemis sur la planète que l’Etat d’Israël" : je ne pense pas que ce qu’il a voulu dire. Effectivement, les pays arabes ou musulmans sont par définition contre Israël car les palestiniens sont arabes et musulmans (dans leur immense majorité), donc Israël a probablement plus d’ennemis par définition. Mais Est-ce que cela signifie qu’Israël et/ou sa politique est illégitime ? C’est vous qui faites ce raccourcie un peu rapide. Mais ce qui est certain, c’est que c’est la raison qui fait qu’Israël a le droit a ce traitement de faveur avec autant de résolutions contre elle.

    Enfin, "l’Apartheid n’a jamais été et ne sera jamais un systeme de gouvernement plebiscité par les démocrates ! ". Revenons aux définitions : Apartheid = politique dite de « développement séparé » affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées. Or il y a 1.5 millions d’arabes dont 1.2 millions sont musulmans en Israël et vivent parfois dans les mêmes villes, les mêmes quartiers que les juifs. Concernant les palestiniens, ils vivent dans des zones géographiques différentes, ce qui est logique puisqu’ils ont exigé leur indépendance. Vous pouvez donc parler d’occupation si vous le souhaitez, mais en aucun cas d’Apartheid.

    Concernant l’occupation, il y a des dizaines de pays qui occupent d’autres pays (La Russie avec la Crimée et une partie de la Géorgie, la Chine avec le Tibet, juste pour citer les plus connus ...), et je n’ai pas vu autant de résolutions pour eux. Deux poids, deux mesures, donc.

    Yaya Le 24 novembre à 14:35
       
    • @Yaya- "Juif" revendique une appartenance religieuse, "arabe" non... on peut donc techniquement être "arabe et juif" (sauf pour les référentiels "administratifs" israëliens). Et on peut même être "juif" et "noir" de peau ne vous en déplaise (si j’en crois les derniers arrivés éthiopiens)...

      Sur l’unanimité des pays arabes contre Israël, croyez-vous réellement qu’elle soit encore d’actualité ? Tous les pays "arabes" ou musulmans ne traitent pas Israël de la même manière. D’ailleurs, le "seul" ennemi d’Israël aujourd’hui de son propre aveu c’est l’IRAN (qui n’est pas "arabe") ! Et ça lui fait un gros point commun avec ses "nouveaux amis" arabes comme le sont devenus entr’autre l’Arabie Saoudite ou les Emirats Arabes Unis. Notons le dégel des relations diplomatiques avec le Maroc notamment pour appuyer encore le contre-exemple de ce que vous affirmez... Qui plus est, rappelons nous encore que le roi saoudien Fahd, s’est déclarée favorable à la reconnaissance officielle de l’Etat d’Israël ! Bref, ne vous inquiétez pas à ce sujet, la convergence des intérêts politico-économico-énergitico-militaires entraînera invariablement à une reconnaissance de l’Etat d’Israël par ses voisins "arabes".

      Pour ce qui est des "arabes" vivants en Israël, il faut rappeler que ceux-ci accusent, critères d’évaluation à l’appui en terme de revenus, d’infrastructures, d’emploi, de services sociaux, etc... un retard conséquent par rapport à leurs concitoyens juifs... retard qui se creuse. Or, à partir du moment ou Israël créé de toute pièce au moins 2 catégories de citoyens sur son sol : "juif" et "arabe" (il faut comprendre par là "palestinien" même s’il n’est pas résident d’une zone dite "occupée"), et que des écarts monumentaux en terme de droit civiques et socio-économiques sont constatés (non le traitement n’est pas le même pour tout le monde mais je vous laisse vous renseigner), on est tout à fait en droit de s’interroger sur le fait que les catégorisations imposées par le système juridique israélien et répétées dans les formulaires administratifs imprimeraient une orientation des représentations chez les habitants du pays. Car dire qu’il existe des lois "anti-discrimination" adoptées par la Knesset ne change rien à l’affaire ! Ainsi alors que la lutte contre la ségrégation et les droits civiques aux Etats-Unis battaient leur plein, tous les citoyens américains aux yeux de la loi fédérale étaient déjà égaux en droits alors qu’il n’en était rien ! D’autant que contrairement aux EU, il y a pléthore d’autres lois instituant de fait une discrimination en Israël (le droit à la propriété terrienne, etc...) ! Est-ce de l’Apartheid ? D’après la définition que vous en donnez à savoir un "développement séparé sur des critères ethniques" alors oui...

      Sur les résolutions de l’ONU dénonçant les occupations militaires, je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait qu’elles ne soient pas assez nombreuses à l’encontre de tous ceux qui devraient être rappelés à l’ordre !

      carlos Le 24 novembre à 16:36
    •  
    • "blabla bla... ségrégation, discrimination... blablabla"
      Quand un Président est condamné à de la prison par un juge à la Cour suprême arabe, on prétend toujours qu’il y a une discrimination ?
      Quand un Juif est forcé de faire son service militaire, et qu’un Arabe a le choix, est-ce qu’on parle encore de discrimination ?

      Arrêtez d’accuser Israël de tous les maux, quand 99% de ce qui est dit est faux ! Les Juifs en Israël ont plus de devoirs mais pas plus de droits, donc la discrimination est anti-juifs ! Choquant n’est-ce pas ?

      Ad Le 25 novembre à 14:25
  •  
  • @ad - j’imagine que tout n’est que mensonge... En dehors de vos paroles... C’est noté.

    carlos Le 25 novembre à 23:02
  •  
  • @carlos de merde tu crois avoir réponse a tout t’es un merdeux rien de plus te arguments n en sont pas tu parle d ’un pays ou tu n as jamais mis les pieds visiblement... du coup je t emmerde, on t emmerde et ta gueule !

    raph Le 26 novembre à 21:47
       
    • @raph - je suppose que le terme que vous utilisez est à peu près le plus adéquat pour qualifier les pensées qui sont les vôtres... Limite dans votre cas, on devrait moins parler de "matière grise" que de "matière marron" pour faire référence à ce qui finirait par couler de vos oreilles en cas de fièvre diarrhéique intempestive... Sinon, vous avez parfaitement raison, mes arguments n’en sont pas ! Je devrai simplement me borner à lâcher une bordée d’insultes nauséabondes puis à retourner à mes certitudes, fier de ma connerie. Enfin, pour boucler la boucle, continuer à partir en vacances dans une contrée exotique (pour certains, ça commence derrière le périph.) et à mon retour m’introniser spécialiste es-"autochtones"... Comme vous ne devez certainement pas vous privez de le faire vous-même ! C’est la seconde mais dernière fois que je m’abaisse à vous répondre histoire d’être clair sur ce que vous m’inspirez.

      carlos Le 27 novembre à 00:06
  •  
  • C’ est bien trouduc ... la prochaine fois ferme ta gueule ca sera infiniment plus productif que d’ouvrir ton claque merde sur ce que tu connais pas.

    Ps : j’insulte pas je décris

    raph Le 27 novembre à 07:21
  •  
  • Pour tous ceux qui restent sur le terrain de la réflexion, "juif", "druze", "circassien", "bédouin", "arabe", et maintenant "araméen", voici toutes les nationalités que peut avoir un citoyen de l’Etat d’Israël. La dernière en date vient formaliser l’idée d’une division des "arabes" entre musulmans (qui restent "arabes") et chrétiens (dont ceux qui répondent aux critères peuvent se réclamer ne plus être "arabes" mais "araméens"). Dans les faits, la population arabe chrétienne est perçue comme une alliée par la droite israëlienne et la nomination d’un certain juge "arabe" dont il faut préciser qu’il est d’obédience chrétienne vient illustrer la chose.
    Ces distinctions administratives se retrouvent au niveau des obligations militaires dont le droit prévoit qu’il influera sur l’accès au logement et à l’enseignement supérieur...
    Bref, la distinction opérée quant aux "nationalités" en Israël a factuellement des conséquences notables sur le traitement particulier des différentes "communautés" et sur leur "développement". Le nier n’y changera rien.

    carlos Le 27 novembre à 09:50
       
    • Et si l’on veut bien admettre que le doute est permis sur l’intention qui la motive, on pourrait meme se demander à quoi il sert d’introduire autant de complexite si ce n’est pas pour en faire un outil politique (comme outil de gestion de la vie de la cité) ou policier... Du coup, toutes ces nationalités, pourquoi faire concrètement ?

      carlos Le 27 novembre à 09:57
    •  
    • Non, "arabe", "druze", etc... ne sont pas des nationalités.
      Et oui, en Israël, une personne qui n’a pas fait de service militaire sera perçue différemment que quelqu’un qui l’a fait. Pour deux raisons :
       par le nombre de militaires et d’anciens militaires, cela crée une cohésion nationale (discussions entre collègues sur les unités d’affectation, les anecdotes, etc...)
       comme dans tout autre pays, un ancien militaire bénéficient de droits inhérents à l’effort fourni.
      Maintenant, les druzes participent en masse à Tsahal et font partie des meilleures unités (ils connaissent très bien le désert). Si les autres arabes ne veulent pas participer à la nation, c’est leur choix !

      Ad Le 27 novembre à 13:26
    •  
    • @Ad -"Non, "arabe", "druze", etc... ne sont pas des nationalités."

      Je pensais un peu comme vous jusqu’à ce que je lise ceci sur le site "israelmagazine.co.il"
      mot clé :israel-reconnait-la-nationalite-arameenne"

      "En Israël, citoyenneté et nationalité sont deux choses différentes. Tous les Israéliens ont la citoyenneté israélienne, mais ils peuvent avoir une nationalité (ou une ethnie selon les débats sémantiques) juive, druze, bédouin ou arabe."

       > préférez-vous que j’utilise le terme "ethnie" pour qualifier le champ réservé sur la Carte d’identité israëlienne à cet effet ?

      Sur le rôle de Tsahal dans l’intégration nationale (sociale, etc...), vous avez parfaitement raison.
      L’exemple des druzes, notamment intéressant sur le fait qu’ils ont subit à travers l’Histoire, les foudres Et des sunnites Et des chiites, montre bien que Tsahal sait choisir
      des combattants efficaces et motivés pour les mettre en face des "palestiniens" majoritairement musulmans (j’entends ceux qui résident dans les territoires occupés et non les arabes vivants en Israël).
      Pour autant, et malgré son lourd tribu payé en vies humaines, la communauté druze n’a pas le même traitement que celui de ses concitoyens juifs...
      Voici un article du "Jerusalem post" pas si vieux de 2015 qui rappelle ce que tout le monde sait déjà en Israël et dont j’en sortirai deux extraits : israel-va-t-il-perdre-les-Druzes ?

      "Nous aimerions juste sentir que le pays nous apprécie et que les services que nous lui rendons et les sacrifices que nous consentons pour lui se traduisent par une égalité de traitement pour nos enfants."
      "Quand nous mourons au combat, tout le monde parle de cette “alliance de sang”, mais pour ce qui est du développement industriel, c’est bon pour les agglomérations juives, pas pour nous."

      Si les druzes, pourtant si bien considérés subissent des discriminations, alors que dire sur le sort réservé aux autres ?

      Voici un article plus ancien de 2009 de haaretz.com qui montre à quel point les chose peuvent être tendues :druze-rally-against-state-discrimination-near-netanyahu-office

      N.B : J’espère ne pas avoir posté plusieurs fois car il semble y avoir un probleme pour que mon post soit pris en compte.

      carlos Le 27 novembre à 15:23
    •  
    • En Français, le terme "nation" ajoute à peuple/ethnie une notion de territoire organisé (au sens d’État). Le débat sémantique devrait donc, je pense, être clos en français. Mais en Hébreu, le débat est peut-être réel. En Anglais idem.
      Quant aux Druzes, s’ils ne bénéficient pas de villes en plein boum, ils restent les bienvenus en dehors de leur communauté. Et sans que cela n’excuse les disparités qui peuvent exister, je les vois mal sortir d’Israël, les pays voisins ne les accueilleront pas, vu les conflits entre les traditions issues de l’Islam. (un village druze a été attaqué il y a quelques semaines en Syrie par ex.)

      Ad Le 27 novembre à 17:00
    •  
    • @ad - je vous laisse lire cette interessante et très bien argumentée opinion rabinique pour vous convaincre qu’il n’est pas si évident de croire que les druzes ou autres minorités d’Israël soient les "bienvenus" en dehors de leurs villages et villes "communautaires" (dorvador.org) : A_propos_de_l_appel_rabbinique_a_ne_pas_louer_aux_Arabes-2.pdf

      Le rabin Yeshaya Dalsace, fait clairement allusion à deux visions totalement différentes qui s’affrontent dans la société israèlienne :
       l’une pour qui la différence entre Juifs et non-Juifs est une différence de nature et de droits (anti-démocratique et qui monte en puissance).
       l’autre qui ne voit pas de salut hors de la démocratie ( plus conforme à sa manière de vivre sa religion).

      Or, si les deux cohabitent c’est que le contexte se prête et à l’une et à l’autre : discrimination fondamentalement interdite mais orchestrée par des textes ou des interprétations de textes de loi au quotidien et un climat de méfiance exacerbée entre communautés... Ce rabin a une phrase tout particulierement interessante pour situer le chemin qui reste à faire pour rendre "réaliste" selon ses termes, la fin des discriminations en Israël : "Dans cette perspective, il faut tout faire pour apaiser les tensions et rendre un projet de bonne cohabitation entre toutes les composantes de la société israélienne le plus réaliste possible"

      Carlos Le 27 novembre à 23:35
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