Accueil > Politique | Par Pierre Jacquemain | 6 mars 2018

Jean-Claude Mailly déclare forfait

À en juger par son passage sur France Inter ce matin, le secrétaire général de FO ne croit plus en la lutte contre les réformes du gouvernement. S’il ménage ce dernier, est-ce pour ménager son propre avenir ?

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Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ? À en croire le grand entretien de ce matin, sur France Inter, du secrétaire général de Force ouvrière, c’est ce que nous serions en mesure de penser des réformes en cours, imaginées et rédigées sous les ors de la République.

Des ors que, visiblement, Jean-Claude Mailly affectionne tout particulièrement puisqu’il avoue lui-même avoir un contact régulier et constructif avec le chef de l’État : « Un dialogue est possible avec Emmanuel Macron (…). C’est très cash mais ce n’est pas le ni oui ni non comme avant ».

Défaitisme et complaisances

Comprenne que pourra. S’il reconnaît quelques points de désaccord ici et là avec l’actuelle majorité, de toute manière « il n’y a pas d’alternative », lance-t-il. Donc pas d’autres choix que d’avancer. Et d’acquiescer sans broncher, doit-on comprendre.

Il n’y a pas d’alternative parce que selon le syndicaliste il n’y aurait pas non plus « d’opposition crédible » dans le pays. Jean-Luc Mélenchon appréciera. Et ça n’est pas tout. Interrogé par Léa Salamé sur la mobilisation à venir concernant la réforme de la SNCF et plus généralement sur l’ensemble des réformes, l’apprenti devin dit « ne pas sentir les salariés avoir envie de descendre massivement dans la rue de manière interprofessionnelle », tout en concédant être « prudent en termes de météo sociale ».

Sans doute Jean-Claude Mailly se souviendra-t-il longtemps de cette séquence, très largement critiquée par les auditeurs et sur les réseaux sociaux pour sa complaisance à l’égard du pouvoir en place. Nicolas Demorand lui lancera même un : « Vous êtes plus réformistes que les réformistes ».

Voilà plusieurs mois déjà que la stratégie de Jean-Claude Mailly à l’égard du gouvernement laisse les commentateurs politiques pantois. Ainsi a-t-on entendu le patron de FO saluer régulièrement le travail de l’actuelle ministre Murielle Pénicaud, cheville ouvrière des réformes en cours. « Il se cherche une autre posture, c’est un peu illisible », a-t-on même entendu sur l’antenne de RTL.

Atterrissage en vue

Pourtant, en se projetant quelques semaines en avant, la lecture pourrait s’avérer bien plus lisible. Après quatorze années à la tête de FO, Jean-Claude Mailly quittera son mandat actuel de secrétaire général en avril prochain. Lors de la loi travail version Pénicaud – sur laquelle il s’était montré fort peu exigeant – plusieurs mauvaises langues le projetaient en mission gouvernementale, voire à la tête du Bureau international du travail, ce qu’il a démenti.

Il a redit ce matin sur Inter son intention de travailler à l’avenir sur l’implantation syndicale à l’étranger et à l’insertion des jeunes. Dont acte. Le message est passé. Nul doute que tout cela a d’ores et déjà été négocié, dealé, concerté, consulté – et tout autre chose qu’un syndicaliste habitué des ors de la République sait faire.

Ce matin, vu le ton, les mots et l’humeur choisis par Jean-Claude Mailly pour aborder une fois encore les contre-réformes en cours, les militants de Force ouvrière ont dû se sentir bien seuls. Presque abandonnés. Trahis ? L’avenir le dira. Ils se réjouiront sans doute d’avoir compris à travers ce discours si poli que l’atterrissage de leur patron est assuré.

Au cours de ce grand entretien sur les ondes du service public, Jean-Claude Mailly a également lancé : « On ne peut pas laisser entendre que les difficultés de la SNCF soient liées au statut du cheminot ». Et même s’il n’est pas le seul, on est désormais en droit de laisser entendre que les difficultés du syndicalisme français sont pour partie liées à l’abandon par Jean-Claude Mailly – en bout de course – de la défense des travailleurs. Triste sort pour ceux et celles qui luttent aujourd’hui.

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Vos réactions

  • Plus rien ne nous étonne en ce bas monde.

    Mailly qui était presque sur la ligne d’Arlette Laguiller contre la loi EL Khomry est maintenant " aquoiboniste" tendance Macron revisited .

    La Cfdt fera comme dab avec ses deux syndicats satellites , Unsa et CFTC. elle signera tout contre quelques avantages non chiffrés et a la marge avec une " commission de suivie" ou elle casera ses permanents.

    Sud fera comme dab aussi , "viens te battre , sors dehors si té un homme " et fera la grève avec les adhérents CGT pour finir par dire " jevouslavibienditouspourri."

    La CGT finira seule comme dab .

    J’ ai écrit le communiqué de reprise

    La Cgt se félicite du maintien des acquis sur le statut des cheminots déjà embauchés, elle se battra pour le retour du statut pour tous y compris pour les intérimaires journaliers

    Nous avons obtenu une prime sur la formation pour les "cheminots maltais unijambistes et accordéonistes" c’est une victoire qui en appelle d’autres.

    Nous proposerons dans les mois qui viennent une journée d’action unitaire avec nous même afin défendre les revendications légitimes des salariés : le smic a 3287,25 EUROS
    La retraite a 41 ans 3mois, 6 jours, 2heures ; et la semaine de 27 minutes bi hebdomadaire.

    Les cheminots sont foutus et la SNCF aussi, autant sinon en rire, au moins ne pas en pleurer !

    buenaventura Le 6 mars à 18:12
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  • "crédibilité" .... un mot qui va bientôt disparaitre du dictionnaire...

    carlos Le 6 mars à 18:23
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  • Et pour finir la france du "bon beurre" sera contente " c est vrai quoi ! Y zavaient une prime charbon ! Abusé non ? , feignants ! ".

    Renaud en 80 avait raison dans hexagone " le roi des c.. il est français c est sur"

    buenaventura Le 6 mars à 18:40
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  • Le vrai problème ...ce n’est pas Mailly ...des vendus il y en a eu durant toute l’histoire du mouvement ouvrier... ; non, le vrai problème, c’est que la trahison soit possible à un moment aussi crucial pour l’avenir des droits sociaux. TINA pèse lourd dans les têtes pour que les traitres se démasquent aussi vilement. Là est le vrai problème ....S’Il peut se permettre de dire qu’il n’y a pas d’alternative...c’est qu’il sait que le cancer a suffisamment métastasé dans le corps social français et que les gens pour un temps tout au moins vont se soumettre. Donc Macron a un point de plus. Va falloir remonter deux buts avec la SNCF puis trois avec les retraites ....Faut un sacré moral pour effectuer une telle remontada et en France il n’y a ni Real ni Barça...seulement le Qatar City...Pauvre France !

    Dominique FILIPPI Le 6 mars à 18:41
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  • Le vrai drame c’est qu’il puisse syndicalement le faire...Don Macron 2-0 après les lois travail et SNCF puis Macron 3- 0 avec les retraites puis 4-0 avec la réforme institutionnelle...et je ne vois pas de 6-1 vraisemblable au match retour....

    Dominique FILIPPI Le 6 mars à 18:46
       
    • Pensant qu’il y avait un bug j’ai fait deux fois la meme analyse...si on peut appeler çà une analyse !

      Dominique FILIPPI Le 6 mars à 18:53
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  • Le vrai syndicalisme se fait sur le terrain dans tous les départements et pas seulement à PARIS ! par des salariés qui n’ont aucun espoir d’être un jour "considéré" par leur employeur ! pas plus que par les dirigeants de leur syndicat d’ailleurs !
    Encore faut-il que les Secrétaires Généraux des richissimes Fédérations et des CONFEDERATIONS qui s’enrichissent sur leur compte et accèdent à un avenir encore plus prometteur reconnaissent "AU MINIMUM" leur travail syndical " C’est grâce aux "vrais" militants sur le terrain que les syndicats existent encore . Peut-être plus pour longtemps !

    BOISSON Livia Le 7 mars à 11:29
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  • BOISSON Livia Le 7 mars à 11:29
    Peut-être plus pour longtemps !

    Dominique FILIPPI Le 7 mars à 11:53
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  • NOUVEAU DICTON :

    Camarades Syndiqués !
    A vous la soupe
    A nous le poulet !!!

    BOISSON Livia Le 7 mars à 11:54
       
    • Avis aux bêlants du Mélanchonisme et autres cocus de l’Histoire !

      L’assemblage de véhicules utilitaires légers Peugeot Expert et Citroën Jumpy vient d’être lancé en Russie. La production en cycle complet se déroule dans l’usine PSMA Rus, dans la région de Kalouga (160 kilomètres au sud-ouest de Moscou), site que le français PSA partage avec Mitsubishi et où il fabrique d’ores et déjà des véhicules, dont des berlines Citroën C4 et Peugeot 408. Qui plus est, contrairement à leurs analogues jusque-là importés en Russie, ceux produits à Kalouga sont adaptés aux conditions climatiques du pays des grands froids : les phares antibrouillard et les sièges chauffants n’en sont que quelques exemples.

      buda Le 8 mars à 03:09
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    • @buda Le 8 mars à 03:09

      Faut dormir la nuit au lieu d’écrire des saloperies sur la FI et JLM. Votre obsession haineuse vire à la folie et est la cause de vos insomnies . Je ne sais pas si il a des cocus de l’histoire, mais en tout cas , factuellement , l’histoire s’écrit sans vous et malgré vous.

      Filippi a raisons c’ est quoi cette histoire de bagnole ?

      Gege Le 8 mars à 09:59
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  • @Buda Le 8 mars à 03:09

    Tu vends des voitures ?

    Dominique FILIPPI Le 8 mars à 07:57
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  • Aus roquets de garde du Mélenchonisme, ce site ne vous appartient pas malgré vos tentatives de squatt, allez plutôt nettoyer les écuries de Média frappées d’épizootie.......................................................

    L’assemblage de véhicules utilitaires légers Peugeot Expert et Citroën Jumpy vient d’être lancé en Russie..........
    répondait à une incertaine BOISSON Livia .
    Inutile de vouloir la peau du syndicalisme Français , le Capital sait parfaitement où placer ses jetons , toute l’Europe de l’Est (vous savez ces pays qui avaient choisi la Liberté !) possédant une classe ouvrière qualifiée attendent les délocalisations ...la France n’aura bientôt pas même les moyens de transformer ses friches industrielles en aires de Jeu, de musées...........

    buda Le 8 mars à 20:34
       
    • hourra , hourra , hourra , Buda

      Vive les voitures soviétiques , Vive l usine de roulements a billes " victoire du prolétariat"

      buenaventura Le 9 mars à 00:21
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    • @buda

      Comme roquet tu te pose là ! C’est suis qui dit qu’y est !
      Je me mets à ton niveau « cour de récré »

      Gege Le 9 mars à 08:05
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    • XI a remercié l’Assemblée le poing levé....tout est possible...

      Dominique FILIPPI Le 17 mars à 23:26
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  • Mailly a raison : la plupart des prolos ne croient plus dans la capacité de la gauche à gagner. Normal : tous les prolos, tous ceux qui vivent ou ont vécu en cité, savent que le raz le bol de l’immigration est immense dans le pays. Une gauche immigrationiste n’a donc absolument aucune chance de remporter les élections dans ce contexte. Alors : pourquoi faire la grève ? Des élections anticipées ne permettraient pas de faire passer la gauche.

    Tant que la FI ne dit pas clairement qu’elle veut un solde migratoire nul ou négatif : la bourgeoisie dominera la lutte.

    kheymrad Le 9 mars à 13:49
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