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Accueil > Politique | Par François Coustal | 4 février 2015

L’attristant congrès du NPA

Le troisième congrès du Nouveau parti anticapitaliste s’est tenu le week-end dernier, laissant le sentiment d’un profond gâchis. Points d’orgue : le rejet de toute démarche unitaire et l’aggravation de la logique isolationniste d’une formation sans orientation.

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La dépêche AFP rendant compte des conclusions du congrès indique : « le NPA tourne la page du Front de gauche pour les élections. » En fait, l’orientation électorale adoptée va bien au-delà. Au cours de ses premières années d’existence, le NPA ne s’est pas tellement illustré par l’abondance et la systématisation d’accords électoraux avec le Front de gauche (sauf au plan local).

Mais ce que les militants et les militantes du NPA viennent de décider avec une majorité significative (environ 60%) n’est pas que des démarches en vue de présenter des listes communes avec le Front de gauche seraient difficiles, ou même qu’elles avaient peu de chances d’aboutir positivement. Ce qui a été décidé est qu’il n’y avait pas lieu d’entamer quelque démarche unitaire que ce soit. Avec qui que ce soit. Pour quelque élection que ce soit. Ni maintenant… ni plus tard.

Nouvelle équipée présidentielle solitaire en 2017

J’exagère ? La motion retenue indique : « Nous rejetons la possibilité d’accords programmatiques et électoraux avec le Front de gauche et ses composantes aux élections départementales et régionales de 2015, présidentielle et législatives de 2017. » À tel point que l’on se demande pourquoi les rédacteurs de la motion se sont arrêtés à 2017 ! En réalité, le parti qui ne jure que par les luttes et les mobilisations sociales… est déjà dans les starting-blocks pour une nouvelle équipée présidentielle solitaire en 2017. Comme le confirme la suite : « Dès maintenant, nous nous préparons à présenter une candidature anticapitaliste et révolutionnaire pour l’élection présidentielle de 2017. »

De fait, le sentiment majoritaire qui prévaut au NPA est que le principal problème politique à venir est la reconstitution d’une « nouvelle mouture de l’Union de la gauche (ou de la Gauche plurielle) », manœuvre dont sont parties prenantes le Front de gauche et toutes ses composantes. C’est là le danger dont il faut se prémunir. En conséquence, l’accent est mis sur une opposition radicale entre une démarche unitaire « pour les luttes » et un refus de tout « débat avec les réformistes » quand il s’agit du « projet politique » et, bien sûr, des élections.

Implacable logique isolationniste

Cependant, ériger cette muraille de Chine entre mobilisations sociales et perspectives politiques n’est pas si simple : ainsi, s’agissant du collectif 3A (Pour une Alternative à l’austérité), des secteurs significatifs du NPA remettent en cause non les manifestations organisées, mais la signature par le NPA des textes d’appels à manifester… La logique isolationniste est implacable.

Au-delà de ces postures qui doivent plus à la pratique de l’exorcisme qu’à celle de la politique, force est de constater qu’il n’y a plus d’orientation majoritaire au NPA. La préparation du congrès a vu l’éclatement de la direction sortante, la compétition entre cinq puis six tendances dont les textes d’orientation ont tous été rejetés par le congrès. De fait, outre la motion sur les élections, seule une motion « contre l’unité nationale, l’islamophobie et l’antisémistisme » a pu être adoptée. L’orientation sera décidée au coup par coup. Par des instances de direction composées à la proportionnelle et comportant donc une nette majorité de responsables franchement hostiles à toute démarche unitaire.

Descente aux enfers sectaires

Le plus navrant au cours de ce congrès est sans doute le contenu des échanges consacrés la situation grecque. Certes, tout le monde saluait rituellement la « baffe infligée par le peuple grec à la Troïka ». Mais, à l’exception de celles de la plateforme 1 (qui a recueillit 36% des suffrages militants), les interventions se partageaient grossièrement entre celles qui prédisaient la trahison à venir de Syriza – et, donc, la nécessité de s’y préparer – et celles qui affirmaient que le gouvernement Syriza est d’ores et déjà un « gouvernement capitaliste » auquel il faut s’opposer, car sa fonction est de « détourner la colère populaire dans le cadre des institutions »… On ne peut s’empêcher de penser qu’en d’autres temps un congrès du NPA (ou de la LCR) aurait vibré d’enthousiasme, au risque peut-être de quelques illusions lyriques (et alors ?), pour le combat de rupture avec les politiques d’austérité qui vient de s’engager à Athènes.

Regroupant environ 9.000 militants et militantes lors de sa fondation en 2009, le NPA en revendique aujourd’hui 2.100. Tirer un bilan de cet échec politique constitue un vaste chantier qui dépasse de très loin le cadre de cet article. Disons juste que le NPA est passé successivement d’un cours solitaire à un cours isolationniste et que ce congrès marque une nouvelle étape de la descente aux enfers sectaires. En même temps, il compte encore dans ces rangs plusieurs centaines de militants et de militantes actifs dans les luttes, solidaires de la gauche radicale grecque, attachés à l’émancipation et, au-delà des divergences d’orientation qui nous séparent, disponibles pour des débats politiques sur le fond. Une perspective à travailler…

François Coustal est membre d’Ensemble, ancien membre du NPA.

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Vos réactions

  • quelle nullité ce reportage
    aucune objectivité
    que du négatif

    michelle64 Le 4 février 2015 à 13:34
       
    • Mieux vaut être seul-e que mal accompagné-e !

      Michelle a raison, Le reportage est en effet très orienté et à charge contre le NPA. (mais on va s’en remettre...)
      Mais nous reconnaissons là, la griffe de nos anciens camarades de la GA. Une fois encore, nous voilà dans le rôle des sectaires et des isolationnistes, ça me rappelle la campagne Poutou. Pensez donc choisir un ouvrier de l’industrie comme candidat...quelle horreur ! (entendu à l’université d’été du NPA de la part de responsable de la GA, aujourd’hui d’ensemble), "en plus il est bête et il veut pas apprendre". Quel mépris de classe ! comment peut-on parler ainsi d’un camarade ? (au demeurant fort sympathique et tout à fait respectable, même s’il n’était pas rodé à la société du spectacle et à son jeu médiatique).
      Alors ce que j’en dis, c’est qu’au vu des résultats de nos anciens camarades de la GA, à voir comme ils pèsent dans le FdG, au point d’aller recruter chez les frondeurs du PS, il me semble que cela imposerait un peu plus de modestie.
      Entendre parler d’unité par celles et ceux , qui eux même, ont quitté le NPA, je trouve ça cocasse !

      Alors oui c’est difficile, notre congrès a fait des choix clairs me semble-t-il, nous n’entretiendrons pas l’illusion de la Révolution par les urnes avec les camarades du FdG, si nous participons aux élections nous présenterons des candidat-e-s
      du NPA ou du mouvement social qui porteront un discours et un programme Anticapitaliste de rupture (Révolutionnaire), nous n’ entretiendront pas l’illusion, nous ne servirons pas de caution de gauche, mais nous travaillerons à regrouper toutes celles et ceux qui souhaitent la rupture avec le système et ses institutions bourgeoises nationales ou européennes, nous ne sommes pas pour une VI ème république cocardière, mais résolument internationaliste, pour une société sans classe, auto-organisée par les travailleurs et la population.
      Et ça nous le dirons !
      Gégé NPA34

      Gégé Le 5 février 2015 à 07:39
    •  
    • Je mets la suite de mon message ci-dessous en réponse à Arthurr

      On lira des infos et des analyses sur le sujet et sur la position du NPA quant aux grèves de La Poste ici : http://www.npa2009.org/idees/la-pos...
      Que je sache, mais sait-on jamais avec Arthurr, La Poste ça a encore quelque chose à voir avec un service public, non ? En tout cas le NPA se bat pour que cela le redevienne pleinement. Et le patron de la boîte, on se demande bien pourquoi il aurait cherché à virer un de ses "collaborateurs". Mais des gens comme Arthurr ne peuvent pas concevoir cette "contradiction". Pas étonnant que le PCF (et la CGT !) en soient où il en est... Alors bien sûr, cela ne règle rien de ce qu’est le NPA. Mais au moins autant garder les pieds sur terre et sortir des analyses unilatérales ou borgnes...
      Dernière chose puisque l’on parle de La Poste : soutien à Yann du 92 qui vient d’être viré ! On y va Arthurr... ensemble ? http://www.npa2009.org/actualite/la...

      Antoine (Montpellier) Le 5 février 2015 à 15:54
  •  
  • Le prolégeois et le bourlétaire.

    La vision de François Coustal, mise à part un inconscient désir de confirmer un bilan déjà lourd qui l’avait poussé avec d’autres, à quitter le NPA, est pour ce qui me concerne, assez proche de la réalité. Néanmoins, je rajouterai plusieurs petites choses.
    1 - il ne faut pas limiter la décision des camarades à la simple volonté de s’isoler, car il y a aussi la certitude que cela est nécessaire "pour l’éveil des consciences". Je ne partage pas cette logique mais je peux admettre qu’elle soit une réalité dans bien des têtes.
    2 - cela m’interroge sur la classe sensée être "éveillée", d’où ma notion de "prolégeois et de bourlétaire". D’ailleurs, dans les rangs larges de la gauche de la gauche, force est de constater certaines similitudes sociologiques, qui si elles ne sont pas force de loi, devraient tout de même nous interroger collectivement sur nos limites.
    3 - la question du pouvoir et du rapport entre l’individu (ou un groupe d’individu" et la possession d’un pouvoir (réel ou symbolique) est également une réalité dans le NPA ... et ailleurs !
    4 - enfin, je garde en positif, la conclusion de François et la nécessité de maintenir des passerelles, entre ceux et celles, quelque soit leur choix respectif, qui n’en finissent pas de vivre une "lente impatience".

    christian N Le 4 février 2015 à 15:16
  •  
  • Il y a des raisons de s’interroger sur le congrès du NPA. Comme il y a des raisons de s’interroger sur les raisons qui font que GA puis Ensemble ont fait et font ce qu’ils font au Front de Gauche. Coustal peut écrire tant qu’il veut sur le NPA, il pourrait, pour que le contraste apparaisse probant, nous montrer les résultats du cours anti-isolationniste (sic) qui l’a amené, avec ses camarades sortistes du NPA, à entrer au Front de Gauche. Malgré la "réussite" initiale (la présidentielle), il y aurait beaucoup à dire pourtant sur la vertigineuse dilapidation de cet acquis et, au total, la complète stérilité et impuissance de ce regroupement à contribuer à la résistance aux coups portés par le gouvernement. Pire encore : le Front de Gauche, sur fond d’incapacité structurelle d’Ensemble à peser sur les évènements, n’a pas pu masquer ce qui prévalait sous l’unité, l’unité, l’unité affichée : la coexistence des opportunismes vis-à-vis du PS, une relation acritique et même d’appui implicite aux bureaucraties syndicales (dont ne partie s’est même retrouvée dans le Front des luttes du FdG) tueuses de tout débouché pour le mouvement social. Et tant d’autres choses en particulier localement où Ensemble a été ballottée dans les tiraillements de ceux qui, comme à Montpellier, voulaient faire liste commune avec le PS (néofrêchiste !) au second tour de la dernière municipale tandis que d’autres, dont Ensemble, voulaient faire la même chose avec le dissident du PS, notoire néofrêchiste aussi et, par ailleurs, excusez du peu, ami de Valls, le tout finissant par déboucher sur l’intégration du n° 1 du PG 34, dans l’équipe, gagnante, de ce dernier. Lequel pégiste a tout de même eu la décence de ne pas assister à la récente décoration de la légion d’honneur par Valls lui-même dudit néofrêchiste . Et on pourrait ajouter les approches constantes que la porte-parole nationale d’Ensemble fait auprès des, "frontistes" socialistes (elle a même déclaré qu’un Fabius pourrait être touché par la grâce unitaire) et d’EELV qui n’ont de cesse de rappeler pourtant que rien ne se fera en ...opposition au gouvernement ! Que dire, puisque l’on y est aussi, de la candidature commune d’Ensemble et du... PRG dans le toulousain pour la prochaine départementale ? A suivre.

    Antoine (Montpellier) Le 4 février 2015 à 17:13
       
    • Suite et fin.

      Alors, bien sûr, il y a beaucoup à dire et même à critiquer du côté du NPA, mais qu’il me soit permis de rappeler que tout devrait commencer par régler le syndrome de la paille dans l’oeil d’autrui et de la poutre dans l’oeil de soi. Il est bien trop facile de ne pas esquisser au moins que le bilan de l’autre n’a de sens et d’honnêteté que dans la mesure où l’on a établi un minimum son propre bilan. Lequel, pour tout dire, n’est pas brillant, c’est peu dire, chez Ensemble qui, malgré des poussées velléitaires de-ci, de-là, se caractérise par son poids nul pour contrecarrer les jeux d’appareil du PC et du PS et même par sa complaisance dans tous ces ballets autour de frondeurs qui n’ont pas hésité, par exemple, à voter une réforme du rail que combattaient quasiment au même instant les cheminots grévistes ! Ces jeux d’appareils, stériles y compris du point de vue électoraliste choisi, ont fini par lasser et écoeurer un nombre incalculable de militants : Coustal peut toujours se rassurer en maniant les chiffres de la déperdition militante du NPA, il pourrait les rapporter, en termes proportionnels, à l’hémorragie qui touche tout le FdG, y compris Ensemble. En somme, ce billet n’a pas une très grande utilité politique tellement il est plombé par ce qui relève d’une volonté de se rassurer sur sa propre crise d’orientation et sur l’idée qu’il faut absolument réaffirmer que, oui, il fallait sortir du NPA. Cette position de recherche de l’épouvantail NPA cache les faiblesses avérées des anticapitalistes qui ont fait le choix de l’unité, l’unité. Une unité qui a débouché sur une division explosive du FdG dont personne ne sait au FdG comment sortir ... sans aller voir, tous ensemble, tous ensemble, du côté de certains au PS ou à EELV. Cela n’est pas très sérieux et ne fait pas une politique. Une fois cela dit, on peut toujours faire une analyse politique du congrès du NPA. Une analyse, pour de vrai ! Et discuter de ce qui effectivement doit faire l’objet d’un débat si l’objectif est, d’une manière ou d’une autre de faire ce que Podemos et Syriza font et qu’au FdG on oublie derrière la fumée des éloges à eux adressés : rompre avec le PS et ses sous-courants. Ce que ni le FdG, ni Ensemble ne savent pas faire, ne veulent pas faire. Toutes choses qui peuvent en fait éclairer des choix du NPA (dont celui de chercher l’unité du FdG tel qu’il est et dont je viens d’esquisser quelques traits) qu’au demeurant on n’est pas obligés d’approuver !

      Antoine (Montpellier) Le 4 février 2015 à 17:13
  •  
  • Précision sur ma dernière phrase : il faut bien sûr lire "Toutes choses qui peuvent en fait éclairer des choix du NPA (dont celui de ne plus chercher l’unité avec le FdG tel qu’il est et dont je viens d’esquisser quelques traits) qu’au demeurant on n’est pas obligés d’approuver !"

    Antoine (Montpellier) Le 4 février 2015 à 17:19
       
    • Le NPA (comme LO) ne sert plus à rien pour le système libéral en place, alors il le condamne à disparaître, il lui faut autre chose.
      Il ne sert même plus à sa lutte traditionnelle et permanente contre le parti communiste français et la CGT, alors les média n’ont plus besoin de lui maintenant.
      Ils l’oublient, il est condamné à son triste sort , la disparition des écrans.....et de la société.
      Aujourd’hui, c’est EELV et son ineffable Con Bendit (Nouveau Commentateur Bobo libéro engagé, adoubé des média , sacralisé Roi de la Fac de Nanterre ) qui est appelé à prendre le relais pour continuer les basses oeuvre de décervelage.
      Un Con Bendit très utile pour permettre à la finance et ses prédateurs de continuer la casse et le démantèlement des services publics et en finir avec l’Esprit du CNR et de 1945 comme l’a dit un certain Kessler.

      Ces organisations là n’ont jamais réellement défendu le monde du travail, ils ont largement aidé les casseurs des services publics et du social existant.
      Le monde du travail ne leur doit rien , bien au contraire il l’ont fourvoyé, il ne doit pas les regretter.

      Arthurr Le 5 février 2015 à 08:58
  •  
  • Je ne suis pas suffisamment informé pour parler du dernier congrès du NPA, mais il me semble que l’article à charge contre le NPA souffre d’un manque d’objectivité. Si isolation il y a, il est difficile de l’imputer uniquement à ce parti.Le manque de clarté et de lisibilité du front de gauche dans lequel j’avais mis quelques espoirs, bien naïvement,y est peut-être pour quelque chose non ? Militant syndicaliste, je constate tous les jours la défiance grandissante des citoyens envers toutes les institutions représentatives, les partis, mais aussi les directions nationales des syndicats . Dans ce contexte, le front de gauche apparait très ringard à bon nombre de jeunes ; impression confirmée par les choix hétéroclites faits aux différentes élections : un coup tout seul, un coup avec le PS ( pardon, avec les " bons socialistes du PS" ) sans compter le PCF qui présente des candidats avec l’étiquette " PCF- FDG " ( ça veut dire quoi ? je n’ai pas encore compris ! ) Alors que la situation réclame de la clarté, le FDG sème la confusion . A partir de là comment reprocher au NPA de rester en dehors de ce " merdier " ? D’ailleurs, si le FDG ne décolle pas aux différentes elections c’est peut-être qu’il ne correspond pas aux attentes , non ?

    gilji Le 5 février 2015 à 08:54
  •  
  • Coustal est, dans son billet, unilatéral, de par une grille de lecture Ensemble aveugle sur son propre bilan. Arthurr, lui, est dans la franche caricature, grille de lecture PC-CGT oblige, aux oeillères traditionnelles des partisans du "parti de la classe" qui ne cesse de courir derrière le bon socialiste. Denrée rare dont Arthur n’a rien à nous dire. Bon pied, bon oeil, gare à la poutre qui fait des dégâts dans celui-ci et juste devant l’autre !
    Un seul exemple montrant le sérieux politique de ce qui nous est servi dans ce commentaire qui dit que le NPA , avec d’autres, a "largement aidé les casseurs des services publics et du social existant. " Le NPA a été "largement" impliqué (comme quoi malgré sa crise !!!!) dans une des grèves les plus longues de ces derniers temps à La Poste. C’était dans le 92. Un de ses militants a risqué, avec d’autres, d’être viré.
    A suivre

    Antoine (Montpellier) Le 5 février 2015 à 12:59
  •  
  • c’est marrant .. le sujet de l’article est le NPA . ; et les réactions parlent d’ensemble, du front de gauche "qui feraient mieux de" ou "qui n’ont pas réussi à" . ; oui les temps sont durs et le NPA, puisque que c’est cela dont nous parlons affiche effectivement un repli sectaire et un éclatement à mille lieues de l’espoir qui avait prévalu à sa création . ; me rappelle la position du KKE (vestige du parti stalinien crispé en gréce) qui refuse toute alliance avec syriza ..

    eden 44 Le 5 février 2015 à 19:12
       
    • C’est marrant de voir qu’on veuille parler des autres sans parler de soi. Si le NPA est en repli sectaire, Ensemble ne serait-il pas en ouverture opportuniste (alliance avec le PRG, on n’en parle pas ? Alliance dans le FdG avec ceux qui font alliance avec le PS, etc.) ? Balle au centre et on discute, mais alors de tout : la catégorisation du NPA ne vient pas de n’importe où, non ? Ou Ensemble serait-il le mirador magique, hors sol politique d’où se décrèterait la vérité de chacun, sauf de soi ? Curieuse cette conception de l’analyse politique, non ? Coustal, ce qu’il dit du NPA, ne dit-il pas aussi, mais sur le mode implicite (en fait un gros méchant non-dit qui arrange Eden 44 !), quelque chose de lui et de son groupe ?

      Ci-dessous la suite de ce que je répondais à Arthur : On lira des infos et des analyses sur le sujet et sur la position du NPA quant aux grèves de La Poste ici : http://www.npa2009.org/idees/la-pos...
      Que je sache, mais sait-on jamais avec Arthurr, La Poste ça a encore quelque chose à voir avec un service public, non ? En tout cas le NPA se bat pour que cela le redevienne pleinement. Et le patron de la boîte, on se demande bien pourquoi il aurait cherché à virer un de ses "collaborateurs". Mais des gens comme Arthurr ne peuvent pas concevoir cette "contradiction". Pas étonnant que le PCF (et la CGT !) en soient où il en est... Alors bien sûr, cela ne règle rien de ce qu’est le NPA. Mais au moins autant garder les pieds sur terre et sortir des analyses unilatérales ou borgnes...
      Dernière chose puisque l’on parle de La Poste : soutien à Yann du 92 qui vient d’être viré ! On y va Arthurr... ensemble ? http://www.npa2009.org/actualite/la...

      Antoine (Montpellier) Le 5 février 2015 à 20:06
    •  
    • C’est vrai, le NPA est bien seul. Et les espoirs qu’avait entrainés sa création semblent loin. Mais on peut voir là au moins 2 raisons :
      - la faute du NPA qui se serait de lui même "sectarisé" dans une sorte de spirale de l’isolement dont on ne comprend pas bien la cause.
       ou une cause plus objective liée à l’ampleur des attaques dont les néolibéraux Valls et Hollande ont été les artisans efficaces et qui ont assomé le mouvement ouvrier tout entier, le FdG y compris.
      Après tout, les résultats du FdG ne sont guère plus brillants que ceux du NPA et les coups de massues de la politque anti sociale l’affectent lui aussi. Heureusement si j’ose dire...
      La question qui vaut c’est de savoir si les questions que pose le NPA sont les bonnes. Est il encore possible d’entretenir l’illusion de l’existence d’une opposition au sein du PS représentée par les "frondeurs" ? EELV, après 2 années passees au gouvernement représente t elle la possibilité d’un élargissement de l’opposition au gouvernement ? Faut il d’abord s’affranchir de toutes illusions vis à vis du PS pour pouvoir construire un vrai Parti Anticapitaliste (ce qu’au moins le PCF n’a toujours pas fait).
      A ces questions, il me semble que les réponses du NPA ne sont pas si mauvaises... Meme s’il est bien seul.

      Bruno Le 6 février 2015 à 17:22
  •  
  • Salut tout le monde !

    Je suis un sans-dents. Invalide, je survis avec moins de 900 euros par mois. Un temps, j’ai vaguement repris espoir à la création du Front de gauche. Mais, n’est-ce pas, il est bien court, le temps des cerises…
    Et tandis que vous vous querellez sans fin, on a le temps de crever mille fois. Les pauvres, vous vous en foutez. En retour, soient ils se fourvoient dans le vote FN, soit ils ne vont plus voter et cultivent leur maigre jardin.
    Ne vous en prenez qu’à vous-mêmes.

    Auxi Le 5 février 2015 à 21:00
  •  
  • Le NPA se comporte exactement comme le FN lorsque ce dernier était encore dirigé par Jean-Marie Le pen .

    lineand Le 6 février 2015 à 18:18
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  • Bravo ! Epoustouflante argumentation, superbe démonstration ! Présentez votre candidature à l’Académie des Sciences Politiques ou aux Universités Populaires sur le thème Amalgames aprioristiques dans la recherche sur les options d’alternatives aux régimes en place ! Votre maîtrise du sujet autorise les plus grands espoirs !

    Antoine (Montpellier) Le 6 février 2015 à 18:55
  •  
  • Passons sur les divagations du dénommé Arthurr, qui apparemment n’a toujours pas compris que Georges Marchais n’est plus vraiment "tendance" ces derniers temps. "Ces organisations n’ont jamais réellement défendu le monde du travail", dit-il. Une chose est sûre, mon bon monsieur, ces organisations ont combattu l’immonde saloperie qu’était le stalinisme, lequel stalinisme a enterré les espoirs d’émancipation dudit monde du travail sous en monceau de cadavres. Le monde du travail, toujours lui, ne s’en remettra pas avant un bon siècle, et c’est bien dommage car le temps presse. Socialisme ou barbarie. Le socialisme, on ne sait pas quand, mais la barbarie, ça c’est sûr, c’est bien là. Pour ma part, je suis fier d’avoir appartenu à une organisation trotskyste à un moment de ma vie, précisément parce que la lutte contre l’immondice stalinien et ses avatars (Mao, Khmers rouges et d’autres du même acabit) revêtait alors une urgence absolue. Ce qui ne m’interdit de reconnaître au mouvement trotskyste quelques fâcheuses tendances comme le sectarisme, l’ouvrierisme exacerbé et l’étrange faculté à donner des leçons à la terre entière sans soi-même les tirer, les leçons. Mais bon, c’est sûrement le prix à payer d’une chasse aux sorcières qui n’avait rien d’un jeu amical entre gens de bonne compagnie. Nous avons nos morts, et nous ne l’oublierons pas. Jamais, M. Arthurr.
    Il semble bien, toujours est-il, que le NPA soit tombé dans les travers susmentionnés. Ou l’art de combattre de la capitalisme, ce qui n’est pas une petite tache, en s’isolant tout seul dans son coin, ce qui n’est certainement pas la meilleure manière de procéder. C’est triste. Attristant, donc. Et surtout inquiétant. A l’heure où un parti fascistoïde réunit 30 % des intentions de vote dans un sondage, certes à prendre avec des pincettes, où l’heure où l’hypothèse que ledit parti fascistoïde accède au pouvoir n’a plus rien de fantaisiste, on ne boude pas, on ne tourne pas le dos aux copains, on ne les envoie pas balader avec des arguments somme toute spécieux. On s’unit, on forme les chaînes comme on disait dans le temps, on fait des compromis avec gens qu’on n’aime pas, on essaye de voir ce qu’il est possible de faire avec des gens en rupture avec la social-démocratie, même partielle, bref, on fait avancer les choses avant que l’histoire ne nous morde non pas la nuque mais nous casse la tête à coups de batte de base-ball. On fait un parti de masse à même de faire contrepoids au parti fascistoïde dans les urnes. Eh oui, les urnes, ces choses honnies par le NPA, qui ne jure que par des mobilisations qui ne viennent pas. Et quand il y en a une, de mobilisation, celle qui réunit 4 millions de personnes dans les rues, il n’est pas là, le NPA, ultime paradoxe. Et pour finir, du temps de la LCR, on aurait sauté au plafond, on aurait fait une surboum avec Mickael Jackson en arrière-fond musical pour célébrer la victoire de Syritsa.
    Tout cela est attristant, en effet.

    kashmir4 Le 6 février 2015 à 23:07
       
    • Il y a des mots qui, par l’usage en boucle qui en est fait, deviennent des sortes de fétiches censés délivrer du sens par leur simple mention, sans plus être un minimum pensés, évalués, voire critiqués : unité, sectarisme, isolationnisme... kashmir4 n’échappe pas à ce travers, malgré une approche plus en nuances du NPA que certains des intervenants dans cette discussion.

      Ainsi quand il évoque le péril "fascistoïde" (terme lui aussi à soumettre à interrogation à propos du FN), il convoque le couple infernal unité/sectarisme (et son implicite : "division", lui-même s’accrochant quasi "naturellement" à "irresponsabilité"). Sa proposition consiste, contre les choix du NPA, à une invitation à nous unir, "malgré tout" avec des gens qu’on n’aime pas trop, etc. car... Et là il y a un vacillement du raisonnement... Car... le FN... Car surtout les choses n’ont pas l’évidence que kashmir4 postule. S’unir avec le PS, on voit vite que c’est, dans le contexte actuel, ouvrir un boulevard au FN dans sa dénonciation de l’UMPS. Déjà UMPS, on nous dit c’est une aberration frontiste : on oublie pourtant le grain de vérité que contient cet acronyme et que nombre de personnes perçoivent, sans avoir fait l’ENA, ni Sciences Po. Là est dit en effet un incontournable qui fait le succès (relatif) du FN et surtout structure la défaite de "la gauche" : par l’acceptation de l’alternance, en lieu et place de l’alternative, le PS est devenu un rouage essentiel (consubstantiel) du capitalisme et chacun, surtout dans les couches populaires, le vérifie pleinement. Le problème c’est qu’à cette radicalité de l’intégration socialiste dans l’ordre capitaliste, il n’y a que le FN à avoir acquis la capacité de lui opposer une autre radicalité, celle de l’extrême droite. Mais cette capacité-ci est elle-même le fruit d’une incapacité, principalement celle du Front de Gauche, à disputer au FN sa radicalité en lui opposant une radicalité de gauche. Incapacité du FdG imputable à l’impossibilité pour lui de ...rompre totalement avec le PS et sa politique capitaliste. Pétri des pires contradictions le FdG a mêlé un discours de rupture à des pratiques les contredisant (alliances du PC avec le PS, complaisance et acceptation jusqu’au récent clash, peu durable au demeurant, de ces compromissions par les autres composantes du FdG). Ce double jeu a cassé l’espoir que le FdG puisse toucher les couches les plus affectées par l’austérité socialiste, ce qui a provoqué en retour la démoralisation du noyau militant et sympathisant qu’un Mélenchon avait su capter... au détriment entre autres du NPA ! Il y a donc un vide à gauche alors qu’à l’extrême droite il commence à y avoir du plein. Ce vide et ce plein ont à voir avec la question de la radicalité : et de la capacité à en assumer la logique qui est une logique, non de division, mais de rupture. Avec le PS, l’UMP et bien sûr le FN. Avec le capitalisme. A suivre.

      Antoine (Montpellier) Le 7 février 2015 à 00:41
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    • Passons sur Arthurr...
      Passons aussi sur le côté "je suis fier d’avoir appartenu...". Parce que tu n’es pas le seul et parce que ça ne te donne pas d’autorité particulière pour juger de ce que fait le NPA aujourd’hui.
      Pour la victoire de Syriza et la réaction du NPA, le mieux est d’aller sur son site pour constater que cette victoire est bien vue comme une victoire du peuple grec. Pas moins. Mais que cela n’interdit pas de garder la tête froide et de comprendre que pour être complète cette victoire aura besoin de la mobilisation populaire et aussi de clarifications de la part des dirigeants de Syriza. Que les unes n’iront pas sans les autres. Autrement dit : champagne ! Mais restons mobilisés ! Tout est encore possible, le meilleur, mais le pire aussi, comme cette alliance avec un parti nationaliste, raciste et homophobe. Ca me semble juste.
      Pour ce qui est des manifestations de 4 millions de personnes dans lesquelles le NPA n’était pas... Et alors ? Il fallait à tout prix marcher derrière Hollande et ses amis pour dire l’horreur des attentats ? Au risque d’ajouter à la confusion terrible qui a suivi, et qui se poursuit : sur les équipées militaristes au Moyen Orient et en Afrique, sur les responsabilités politiques de ceux qui détricotent jour après jour les acquis sociaux, sur la nécessité de chanter la Marseillaise dans les écoles...? Au risque d’ajouter un peu plus aux discours Islamophobes ambiants ? Pas sûr ! L’unité nationale, déjà expérimentée dans l’Histoire, est un piège mortel, dans lequel le NPA n’a pas voulu tomber. Ca me semble juste aussi !
      Pour ce qui est du Parti Fasciste, plus que fascistoïde, je crois que tout ce qui ne nous distingue pas clairement des vrais responsables de sa percée électorale, la gauche libérale en particulier, contribue à ses succès. Quand le PCF-FdG participe aux mêmes campagnes municipales que le PS, il prend sa part des responsabilités. Quand le FdG tend la main à Dufflot, ministre de Hollande pendant 2 ans, aux côtés de Valls, il prend aussi une lourde responsabilité, parce qu’il entretient l’idée, porteuse pour le FN, que la gauche n’a pas d’autres visages que celui des combines. Opposés un jour, copains le lendemain. Que le NPA fixe comme condition à l’unité électorale la clarté sur ce point là, ça me paraît encore juste !

      Bruno Le 7 février 2015 à 17:02
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  • Suite et fin.

    Par la négative, la démonstration est faite que faire l’unité avec le PS (PC) ou tenter de la faire avec des PS "frondeurs" et des EELV qui ne démordent pas de l’idée que tout doit rester dans l’orbite du PS et de son redressement (PS, PC et, par effet d’entraînement, Ensemble), c’est élargir le discrédit du PS à tous ceux qui nolens volens s’ approchent de lui. La proposition de kashmir4 de concevoir l’unité comme le fait jusqu’à maintenant le FdG au nom du péril fasciste est tout bonnement suicidaire. En somme, aussi étonnant que cela puisse paraître à certains, le sectarisme est en fait dans la constance qu’il y a à marteler que la seule unité possible se situe dans un espace de proximité avec celui qui est le principal aliment du FN ! Le sectarisme est dans le refus de rechercher sur la gauche, du côté du NPA, de quelques autres ainsi que de la relance du mouvement social contre les bureaucraties syndicales, l’unité pour une alternative au PS qui est aujourd’hui la voie d’une alternative au capitalisme. Le sectarisme est dans le travail, réussi, d’isolement du NPA qui a conduit à cette défaite de l’alternative de gauche qui caractérise le FdG. Pour tout dire, en finissant de revisiter les mots devenus fétiches, le sectarisme se trouve chez ceux qui ont créé la division à gauche pour tenter d’ouvrir une unité sur la droite, du côté du PS. Le NPA, par ses propres insuffisances, son impréparation à affronter cette situation (par héritage de la LCR), a été marginalisé plus qu’il ne s’est isolé. Il est en échec. Mais l’échec majeur est du côté des "vainqueurs" du NPA qui, lui ayant disputé avec succès ses appuis, les ont dilapidés et les dilapident encore aujourd’hui en créant l’impuissance à riposter à Hollande et Valls et en permettant que le FN capitalise cette impuissance à être une alternative. Laquelle alternative ne peut faire l’économie de la rupture. Tant que l’on verra cette rupture avec le PS comme une division (ce fut une division dans les années 30, cela ne l’est plus aujourd’hui) , on se fermera la voie de la riposte au FN et du décrochage des appuis que lui donnent ceux qui tout simplement ne veulent plus entendre parler (avec raison !) de "la gauche". De la gauche de droite bien entendu mais aussi de la gauche "de l’entre-deux", prisonnière de sa duplicité politique (le FdG). Podemos et Syriza doivent une partie (mais quelle partie !) de leur succès à leur décision non seulement de rompre avec leur PS mais de fait de le combattre. Le démarrage n’a pas été facile pour Syriza, il a été fulgurant pour Podemos, tous les deux sont sur la voie, depuis le gouvernement pour le premier, dans l’opposition encore pour le second, de créer l’alternative. Même si rien n’est gagné...ces deux options nous montrent un chemin à explorer en tenant certes compte de nos spécificités. Ils nous montrent surtout l’erreur qu’il y a actuellement au FdG à les encenser en oubliant ce qu’ils ont fait dans leur rapport aux socialistes !

    Antoine (Montpellier) Le 7 février 2015 à 00:42
       
    • Mon moral est à zéro... Après les écolos rigolos qui ne sont pas à un revirement près, les communistes carriéristes, l’égo du mégalo Mélenchon... voilà que le NPA achève sa transformation et devient une quasi-secte qui se tourne vers LO (et demain vers Gluckstein et le POI...).

      Le NPA n’aime pas la réalité, et préfère l’illusion d’une hypothétique révolution prolétarienne. Alors que la victoire de Syriza et la percée de Podemos nous redonne de l’espoir, le parti du regretté Bensaïd tourne aujourd’hui paradoxalement le dos à toute union (même si dans les faits c’était déjà le cas). L’urgence sociale, économique et écologique ? Le NPA n’en a que faire. Ce qui compte ? Sa "pureté" révolutionnaire. À rester dans l’entre-soi, aucun changement radical ne verra le jour.

      Pendant que Krivine et ses potes nostalgiques de 68 s’isolent jour après jour, le peuple français court vers le Front National. Et moi, je pleure.

      -H- Le 17 février 2015 à 18:02
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  • Cher M. Antoine de Montpellier
    Je ne suis pas idiot, figurez-vous, j’ai même une sérieuse éducation politique acquise à la LCR, une organisation unique en son genre qui hélas n’a pas été remplacée, mais là, je ne suis pas. Je ne comprend pas votre raisonnement, sa logique.
    S’unir contre le fascisme, c’est quand même la règle de base. C’est juste une histoire de survie, pour ne pas finir dans des "stades militairement gardés" comme le chantait si bien François Béranger. S’unir avec avec n’importe qui ? Ben oui, si le n’importe qui va jusqu’au PS. Non pas dans les urnes, non pas dans les campagnes électorales, mais dans la rue si nécessaire. Faisons de la politique fiction et imaginons que le Front national crée des Sections d’assaut et les lance contre les locaux du PS. Ca a existé ce genre de chose dans l’histoire. Eh bien, nous, les révolutionnaires, nous les trotskystes, nous mettrons nos casques de moto sur la tête et prendrons nos manches de pioche (encore qu’à mon avis cela se passera à un degré de militarisation nettement plus élevé) et nous irons défendre les locaux du PS. Même s’ils ne veulent pas de nous, d’ailleurs. C’est comme ça que ça se danse. Parce qu’il y a encore quelques traces de mouvement ouvrier dans le PS.
    Ces choses dites, je ne pensais pas au PS quand j’ai écrit "on s’unit". Pas au PS en tant qu’entité politique, avec laquelle nous n’avons en effet plus grand-chose à faire. Sauf qu’il y a encore des gens intéressants là-dedans, des militantes et militants certes réformistes mais sincères, parfois combatifs, même si l’espèce se fait rare. Ce sont encore nos soeurs et frères de combat, désolé. Plus directement, on peut reprocher des tas de choses aux "frondeurs", notamment leur excessive prudence, mais le fait est là, incontournable : ces gens marquent une fracture dans la social-démocratie, et quand on est révolutionnaire, on appuie sur les fractures, on appuie là où ça fait mal. C’est le principe de base, le second. On appuie sur la fracture pour que des "pans entiers", comme on disait dans ma jeunesse, se détachent et nous rejoignent, sous une forme ou sous une autre.
    A ce sujet, savoir qui du NPA ou du FdG a échoué ne m’intéresse. D’abord, parce que l’histoire n’est pas terminée, et le fait est, le FdG me semble mieux placé pour redémarrer, repartir de l’avant, après avoir procédé à de sérieuses modifications dans le moteur. On pourrait également revoir la suspension et la direction, qui me semble assez floue. Ensuite, parce que la situation politique, avec un parti fascistoïde tapi dans le décor, exige la création urgentissime d’un parti de masse à la gauche du PS, indépendant de ce dernier c’est entendu, en opposition avec lui très clairement, et ce n’est pas le NPA seul qui engendrera ce parti, mais bien le seul regroupement existant, à savoir le FdG. Un regroupement pour le moins bancal, je vous l’accorde.
    Ce parti, on le fera avec Mélenchon, un Mélenchon qui a le nette tendance à me taper sur les nerfs avec sa "patrie républicaine", sa VIeme république dont je n’ai rien à cirer et ses diatribes contre les Allemands qui frisent le "à chacun à son boche". On le fera avec un PC encore en partie stalinisé, certes en voie de décomposition avancée ce qui facilite la tache, on le fera avec des écolos d’EELV un rien allumés, on le fera avec des "frondeurs" du PS qui ne savent plus où ils habitent. Et qui de toute façon se feront jeter par leurs petits camarades s’ils ne prennent pas lé décision de quitter le PS. C’est comme ça qu’on le fera ce parti, et pas autrement. On fait avec ce qu’on a sous la main, troisième principe de base. Eh oui, ce sera difficile, ce sera pénible, eh oui, on se plantera, il y a aura des reculs et des avancées, il y aura des mobilisations pour faire avancer le schmilblick, il n’y en aura peut-être pas du reste, bref, on fera de la politique. De cette manière, et uniquement de cette manière, on servira notre classe.
    Sur Syritsa, on peut faire la fête, à raison, même s’il y a matière à garder la tête froide. Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais j’ai cru comprendre qu’il y avait dans ce rassemblement hétéroclite des tiraillements et des tendances au compromis qui vont plus loin que le nécessaire compromis, sans oublier une grosse dose de "realpolitik". Il en faut, cela étant. Une chose est sûre, ces gens vont avoir à faire avec une Union européenne qui leur est hostile, ils vont devoir composer avec une armée, une police et une administration judiciaire qui ne vont pas manquer de leur mettre des bâtons dans les roues, voire plus. Ce faisant, ils vont avoir besoin de notre soutien. Critique, le soutien, mais indéfectible, franc et massif. On portera même les valises si nécessaire. Notre courant a bien fait ça dans sa longue histoire. A ce sujet, je note que le NPA marque un nette rupture avec l’histoire et les traditions de la LCR, qui a soutenu toutes sortes de gens sans trop regarder ce que contenaient leurs valises. L’attitude du NPA vis a vis de Syritsa est incompréhensible, juste stupide. On n’enterre pas l’expérience avant même qu’elle débute, on la soutient et on fait en sorte que ça marche. Sachant qui si jamais ça se plante, une possibilité à ne pas négliger, on morflera. Tous. Avec Syritsa, on est dans le même bateau, et faisons tout pour éviter qu’il coule. Le NPA, lui, creuse déjà des trous dans la coque. Mauvais plan.
    Bref, le NPA file un mauvais coton. Quand on se plante à ce point, quand on renie à ce point ce qu’a représenté la LCR en son temps, on court à sa perte. On paye la facture, à un moment donné. Tant pis pour lui.

    kashmir4 Le 7 février 2015 à 12:05
       
    • lu et approuvé :-)
      .. me dit que si la LCR porteuse de sa tradition d’unité d’action, avait initié et construit le regroupement après le "non" de 2005, la lutte congtre le CPE et autres ..
      nous aurions aujourd’hui un rapport de forces à la hauteur

      eden44 Le 28 juillet 2015 à 15:34
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  • Bon, vous employez des mots qui haussent le ton : pas idiot, stupide... Je ne crois pas avoir usé de l’équivalent de ces sonorités. Je crains qu’elles ne trahissent une fébrilité chez vous qui nous la faites trotsko classique avec hommage appuyé à la LCR. C’est un point de vue, il n’est ni idiot ni stupide. Chacun voit votre raisonnement. Il ne reste qu’à le mettre en perspective avec le mien. On ne se convaincra pas l’un l’autre, le seul intérêt de notre échange c’est si des lecteurs en font leur miel et, le cas échéant, se forgent une voie qui ne soit, le cas échéant, ni la vôtre ni la mienne.

    Fébrilité chez vous, disais-je. Oui car vous en restez aux classiques (le front uni antifasciste) en bon trotskiste (mais là, allez savoir, y compris dans la gamme des sensibilités de la LCR, ce qu’est LE trotskiste) qui pense donc, de fait, que la situation aujourd’hui est grosso modo la même que celle des années 30. Il n’y a pas la place ici pour réfuter cette thèse. Mais voyons en quelques mots inévitablement lapidaires. Il y a d’abord la caractérisation du FN comme fasciste. C’est la clé de voûte de la reproduction du schéma des années 30 que vous opérez. Vous avez besoin de faire du FN l’équivalent du parti nazi pour, à partir de là, tirer complètement et de façon totalement mécanique (antidialectique) le "truc" du front antifasciste. Enlevez l’équation FN = fascisme et "le roi" kashmir4 est nu. Le FN n’est pas pour moi un parti fasciste. Il n’y a pas chez lui l’équivalent des milices lumpénisées du nazisme. C’est un parti électoraliste dont seulement certaines composantes ultraminoritaires peuvent être identifiées comme fascistes. La plupart de ces sectes gravitent plus ou moins près du FN et il faut avoir un oeil là-dessus. Dans l’Hérault le NPA est parmi les principaux animateurs du Collectif Antifasciste 34 (comme quoi, kashmir4 , le NPA pense et pratique l’anti-fascisme). Autre chose, si le FN était un parti fasciste ou, selon ce que vous écrivez à l’occasion, fascistoïde (là on sent que vous hésitez sur la caractérisation mais je ne crois pas que cela change le fond de votre pensée), il faudrait s’atteler d’urgence à préparer des contre-manifestations visant à l’empêcher de tenir meeting, à réclamer son interdiction, etc. Personne ne travaille dans ce sens et ce que vous écrivez montre que vous-mêmes ne le faites pas. Tout au plus, le danger est à venir et là vous nous ressortez la geste antifasciste que la LCR à portée avant de se raviser et de réorienter, dissolution aidant, sa politique sur le sujet. Ras le Front a mené un bon travail mais pas moyen : pas moyen d’interdire le FN. Mélenchon va lui disputer une élection et donc entérine que c’est un parti, quoi qu’il dise par ailleurs, contre lequel on ne pourrait que lui opposer les urnes ! On pourrait continuer : le FN est d’extrême droite, le danger est suffisant comme cela, pas la peine de sortir les fantasmes antifascistes assez pathétiques des casques, manches de pioches, SO, etc. Nous ne sommes plus en 1930, pas plus dans les années 70... kashmir4 n’a pas pris la mesure des temps actuels. Dont une des données majeures est le basculement total du PS, via son social-libéralisme, dans la défense du capitalisme, ouvertement sur des bases "radicalement" antipopulaires. Cette mutation politique du PS qui 1/ lui fait perdre le plus gros de son ancrage populaire, qui 2/ signifie l’intégration de sa direction dans l’état major du capitalisme mondial (DSK au FMI, Lamy à l’OMC, Almunia commissaire européen, Solanas "ministre des affaires étrangères" de l’UE, etc.) sans parler de ce que lesdites élites font dans leurs propres pays (Felipe González, Zapatero, Blair, Shroder, Papandréou, Hollande, Valls...), et qui 3/ est un des facteurs majeurs de la recomposition des rapports de force entre les classes au détriment des classes populaires, cette mutation-là du PS est un contributeur direct à l’abstentionnisme politique (pas seulement électoral) desdits secteurs populaires impactés et du basculement d’une partie vers le FN. C’est à ce titre que, si plantage il y a, c’est du côté de kashmir4 qu’il est selon moi : car son front antifasciste s’il cherche à inclure Valls ou Hollande ou ses seconds couteaux, devient lui-même, un facteur de discrédit de l’antifascisme en le réduisant à être vecteur de ce qui ... fait monter le fascisme (ou le supposé fascisme !)

    A suivre

    Antoine (Montpellier) Le 7 février 2015 à 15:46
       
    • Suite et fin.

      N’ayant pas "vu" ces mutations en cascade, en ayant bloqué "trotskistement" son horloge à une période révolue, kashmir4, qui n’est certes pas idiot, n’en patine pas moins en récitant en somnambule un bréviaire déphasé. Non seulement il se trompe sur la caractérisation du FN qu’il hystérise de façon assez simpliste en fascisme mais il sous-évalue ce qu’est devenu le PS. Il ne s’agit pas, à ce propos, de renvoyer les militants sincères du PS à leur direction : je suis même d’avis que l’on s’adresse au PS pour combattre le FN mais sans faire l’impasse sur la responsabilité du gouvernement dans la progression de celui-ci. Ce b-a ba de "l’antifascisme" ne saurait s’économiser cette mise en cause nécessaire d’un des facteurs premiers du renforcement du FN. Si cela n’arrête pas des socialistes de venir aux collectifs antifa, pas de problème. Si la condition, pour qu’ils y viennent, c’est de ne rien dire de cette responsabilité du PS, eh bien, c’est à kashmir4 de nous dire si cela ne rend pas inoffensif et même inopérant ou encore contre-productif ledit antifascisme.

      Quant aux frondeurs socialistes, je suis en total désaccord avec mon interlocuteur : ils sont happés par le changement de nature du PS. Les Hamon ou Montebourg ont fait leurs preuves dans le gouvernement, ce que leur passage hors dudit gouvernement, sans aucune autocritique de leur participation, ne dément pas. Pas plus pour leurs lieutenants qui répètent inlassablement que, toute éventuelle alliance avec eux, ne pourra se faire qu’en restant dans le périmètre d’un PS qu’on aura (sic) seulement redressé. Par là ces frondeurs (tout comme à leur façon Duflot, Cosse et la direction d’EELV) sont la tête de pont pour instrumentaliser le FdG, finir de le rendre inoffensif. Processus largement engagé, y compris avec la bénédiction d’Ensemble, fidèle en cela à ce qu’une partie de la LCR a porté au nom de l’unité, l’unité... Les frondeurs que courtise le FdG sont une pièce maîtresse dans le travail que le PS fait sur sa gauche pour se dégager toujours plus le chemin à droite. C’est par là que nous retrouvons le FN : tous ceux qui assument de prioriser des approches de ce côté -là, celui du PS, de sa "gauche", sont touchés à leur tour par le discrédit que ce parti produit dans les couches populaires et une grande partie des couches moyennes (qui sont... des couches populaires !). In fine, ils ouvrent toujours plus de brèches devant le FN, avec comme résultat de cette terrible réaction en chaîne, que c’est la gauche à la gauche du PS qui se retrouve stérilisée politiquement. Piégée par ce qui finit par apparaître et être des jeux d’appareils, politiciens, sans plus de principes, travaillés par les doubles ou triples tiroirs, etc. Ce qu’il y a de pire dans une pourtant déjà bien moche politique institutionnelle. Alors bien sûr, le résultat de ces défaites en cascade de la radicalité d’alternative c’est que tant du côté su NPA que du mouvement social, c’est la crise. Effet , quoi qu’on dise, essentiellement du succès... de ceux qui construisent les échecs ... essentiels.

      Enfin Syriza... Il y a une façon de la soutenir qui est un véritable enfumage : Syriza, dont je ne dirai jamais ni qu’elle est parfaite ni qu’il faille la laisser isolée (le NPA appelle à soutenir toutes les mobilisations contre l’offensive que l’UE lance en ce moment contre le peuple grec) nous dit une chose que kashmir4 escamote vite fait. Son succès n’a été possible que parce qu’elle a contribué à l’effondrement du PS. Syriza a fait tout ce que le FdG n’a jamais fait. Rompre avec, lutter contre le PS, ne pas se perdre à se gagner sa supposée gauche. Il est compréhensible que cela n’entre pas dans la grille de lecture de kashmir4 . Mais c’est ce qui fait que ladite grille est bancale. Dernière chose : si, parmi les initiateurs de Podemos, on avait trouvé ce que font les divers courants du FdG, Podemos ne serait pas devenu ce qu’il est. Ironiquement : si ceux qui, en espagnol, s’appelaient jusqu’à hier ... Gauche Anticapitaliste, avaient fait ce qu’a fait GA, ils ne seraient pas parmi les acteurs décisifs de l’essor de Podemos. A la différence de GA, ils ont en effet assumé longtemps ce qu’assume aujoud’hui le NPA : l’isolement, tout en travaillant à réactiver le mouvement social. Mieux : GA espagnole a fait le cheminement exactement inverse de GA France. Ils sont sortis du FdG espagnols et se sont positionnés, activement, pour, pouvoir s’inscrire dans la seule dynamique qui compte, celle de l’alternative radicale. Sans le PS, contre le PS (PSOE) et bien sûr la droite. Le FdG espagnol (IU) se trouve, lui, aujourd’hui au bord d’une série de scissions et perd pied littéralement. A méditer cher kashmir4 . Sans rien extrapoler de la Grèce ni de l’Espagne, simplement en faisant retour sur les fausses évidences du moment.

      Antoine (Montpellier) Le 7 février 2015 à 15:48
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  • Cher Antoine de Montpellier
    Je vais vous répondre rapidement car j’ai du travail. Eh oui, même le samedi.
     Sur les années 30 : je ne fais aucune fixette sur les années 30, il y a de grosses différences, entre autres parce qu’il n’y a plus le stalinisme dans le paysage. Au moins on est débarrassé de ça. Ensuite parce que dans les années, le capitalisme, ces dirigeants en chair et en os, armait le fascisme pour briser un mouvement ouvrier trop virulent à son goût. Aujourd’hui, le capitalisme n’a pas besoin du fascisme, il peut s’en passer, du moins pour l’instant.
     Sur les années 70 : on se marrait bien à l’époque, il y avait Led Zeppelin et Charlie Hebdo façon Reiser. Maintenant Charlie Hebdo n’est plus façon Reiser, il est même chiant, il n’y a plus Led Zeppelin, certes remplacé par des musiques venues du monde entier toutes aussi excitantes, et on ne se marre plus.
     Je ne suis membre de rien, ni de la GA ni d’Ensemble. Je suis les affaires de près, et je suis effaré par l’évolution du NPA.
    Je reste trotskyste, dans le sens où ce mot désigne les marxistes qui se sont opposés farouchement à la folie meurtrière stalinienne. Nous pouvons être fiers de cette histoire, vous et moi, d’autant plus qu’elle nous légué un corpus intellectuel qui nous permet d’y voir un peu clair dans le marasme politique actuel. A ce sujet, il vous faudra m’expliquer comment vous comptez vous y prendre pour combattre le Front national sans recourir au fameux "front unique" - la pierre angulaire de la vulgate trotskyste cela dit en passant. Je suis d’accord avec vous, le Front national n’est pas un parti fasciste au sens premier du terme, l’expression fascistoïde introduit de la nuance, mais une chose est sûr et certaine : si ces gens arrivent au pouvoir de la manière la plus légale du monde, par la voie électorale, vous et moi nous en prendrons plein la tronche. Et pas que nous. Nous pourrons toujours nous retrouver dans un stade militairement gardé pour jouer aux cartes et parler du bon vieux temps, mais de mon côté, je n’ai aucune envie de goûter aux stades militairement gardés. Ca ne me dit rien, je ne sens pas le truc. Alors pour éviter le désagrément, j’ai la faiblesse de penser qu’il faudra passer des alliances. S’unir, donc. Construire un parti en mesure de contrecarrer le Front national dans les urnes, en mesure d’attirer à lui la colère qui monte dans ce pays.
    Rien de plus simple.

    kashmir4 Le 7 février 2015 à 16:38
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  • Réponse à Bruno
    Plusieurs points.
     L’autorité particulière
    Je n’ai effectivement aucune autorité particulière pour juger le NPA. Ce d’autant plus que j’ai cessé toute activité militante depuis longtemps, ce qui m’oblige à rester humble. Seulement voilà, je reste fidèle à mes convictions, je reste fidèle à ce qu’a représenté la LCR dans ma vie, et sans faisant, je suis l’affaire de près. Je consulte le site du NPA une fois par jour, je ne rate jamais Besancenot à la télé, et je suis souvent d’accord avec ce que je lis et j’entends. Les cinq textes relatifs au congrès, ceux qui figurent sur le site, en revanche, me laissent dubitatif. En clair, je ne vois pas où va le NPA, à l’heure où l’unité et le regroupement des forces devient une absolue nécessité, nettement plus qu’à des moments de notre histoire récente. Je ne comprends pas, voilà tout.
     Syriza
    L’expression "victoire du peuple grec" me paraît trop vague, trop facile, elle dédouane, même si elle n’est pas fausse bien entendu. C’est d’abord la victoire de gens qui sont partis de rien, qui ont su se regrouper, qui on su capter la colère de leurs concitoyens et mener le combat jusqu’au bout sans se désunir. C’est une victoire qui indique la marche à suivre, étant entendu que le copier-coller n’est pas effectif. C’est une victoire qui réjouit. C’est une victoire qui invite à garder la tête froide en effet, car la partie de plaisir ne fait que commencer. Il y aura des compromis, des compromissions, de la "realpolitik" à l’image de l’alliance avec le parti réactionnaire dont j’ai oublié le nom, peut-être même des trahisons. C’est possible, mais ce n’est pas gravé dans le marbre. En attendant, on "wait" et on "see", et on soutient sans barguigner. Sans faire la fine bouche. A cet égard, le peu d’enthousiasme du NPA à soutenir ces gens me semble suspect. A l’époque de la LCR, on s’enflammait pour moins que ça.
     La manif du 11/01
    Marcher derrière Hollande et ses amis, dis-tu. Factuellement, c’est faux. Derrière Hollande et ses amis, il y avait les gardes du corps et une poignée de bienfaiteurs de l’humanité, et les flics. Loin des cortèges. Et tout ce beau monde n’a marché qu’une demi-heure. Pour ma part, j’aurai tendance à penser que lorsqu’autant de personnes défilent dans la rue, on est là et on se montre. Valeurs républicaines ou pas, Marseillaise ou pas, on est là. Point barre. Je ferai cependant remarquer le NPA était aux manifestations des Bonnets rouges, des gens dont le côté humaniste et progressiste est sujet à caution. Dans le même temps, le FdG faisait sa petite sauterie dans son coin. Eh bien, pour le coup, c’est le NPA qui avait raison, pas le FdG.
     Le Front national
    Les causes de la percée du Front national sont multiples, et les responsabilités de la gauche "responsable", c’est le mot pour le coup, sont écrasantes. Il faut aussi ajouter les nôtres, de responsabilité, celle d’une extrême-gauche qui n’a toujours pas trouvé le mode d’emploi pour capter la colère qui gronde dans ce pays. Trop de divisions, trop de préchi-précha, trop d’ouvrièrisme, trop de sectarisme, peut-être. A réfléchir.
     Duflot et les autres
    S’il faut des alliés, des partenaires, chimiquement purs pour faire l’unité, on va attendre la Saint Glin Glin. Et la Saint Glin Glin, on ne peut se la permettre.

    kashmir4 Le 7 février 2015 à 22:14
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  • Cher Kashmir4 (c’est sincère !),
    Je comprends ton attachement à la LCR et au NPA, à notre histoire commune... D’autant que je le partage. Mais moi, je crois que cette tradition dont tu parles, cette ouverture, cette capacité "à être là où ça se passe",... ne sont pas mortes avec la LCR, qu’elles se prolongent dans le NPA, mais dans une situation politique plus difficile que celle que nous avions imaginé lors des premiers pas du NPA.
    Sur Syriza, on est d’accord aussi. C’est une belle victoire du peuple grec ! Contre l’UE, Contre la droite et l’extrême droite grecque, contre la gauche libérale européenne... Et nous n’avons pas de raison de bouder notre joie. Je n’ai pas l’impression que le NPA l’ai fait. Mais pas à la façon de Mélenchon, a critique, béate, cherchant à capitaliser pour un positionnement personnel, la comparaison médiatique avec Tsipras. Tout est devant nous, "tout est possible". Des mobilisations populaires dépendront le succès ou la défaite. Le NPA doit d’abord se situer du côté des mobilisations. Je pense que nous sommes d’accord.
    Pas sur la manif du 11. C’est une manif d’Union Nationale, mélangeant tout, dans un brouillard épais, "dépolitisante", qui fait disparaître les responsabilités et conduit, 2 mois après la mort de Rémy Fraisse, des manifestants sincères à applaudir les gendarmes sur les trottoirs, à faire faire un bond de 20 points à la côte de Hollande et de Valls. Quel recul de la conscience politique ! Tout cela au moment où Macron impose sa loi scélérate ! Je pense que le NPA a bien fait de ne pas mettre le petit doigt là dedans. D’ailleurs, je te fais remarquer que certains courants du FdG, étaient contre la participation à cette manif piège, eux aussi. Autre chose était la manif des bonnets rouges. On peut en effet considérer que la présence de certaines forces, y compris patronales était problématique. Mais ce n’était pas un manif d’Union Nationale. Le NPA a eu raison, je crois, de ne pas se couper des secteurs ouvriers et populaires qui y ont participé, comme un prolongement d’autres mobilisations, contre les licenciements.... Dans cette affaire, c’est le FdG qui s’est minorisé. Mais on est d’accord sur les bonnets rouges !
    Enfin, sur le FN, on ne le battra pas si on ne se distingue pas clairement de cette fausse gauche anti sociale, contre l’austérité, contre le gouvernement. C’est sur cette base que doit se faire le Front Uni. En rupture avec ceux qui par leur politique nourrissent le FN. Tu le sais, le FU, ce n’est pas une alliance informelle et sans principe !
    Quant à Dufflot, elle n’a rien à voir avec la gauche et le mouvement ouvrier. Au côté du FdG, elle cherche à poursuivre sa carrière après 2 années aux côtés du PS. Comment construire l’alternative avec elle et EELV ? Mais entre Dufflot et nous, heureusement, il y a du monde pour resserrer les rangs !

    Bruno Le 8 février 2015 à 11:29
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  • L’ambiance et la teneur des commentaires reflètent vraisemblablement assez fidèlement l’ambiance et la teneur des échanges au sein des mouvements politiques dont il est question ici. Une mise en abîme édifiante : le fil est illisible, c’est pénible, puéril, ras du front, tout ce qu’on veut sauf porteur de quelque chose de positif.

    Question : en faisant fi de l’anti-électoralisme de principe (moi je suis pour laisser ceux et celles qui défendent ce principe comme horizon indépassable entre eux, ils se tiendront chaud), quelles sont les conditions de possibilité pour qu’un mouvement démocratique se fasse autour d’une organisation collective, en France ? Un mouvement démocratique comme Podemos, qui ne se limite pas à des visées électorales ? Bin avec des NPA et des FdG, on est pas rendu. A croire qu’on a encore trop, collectivement, trop à perdre, pas assez perdu, pour faire le tri dans les prouts des poseurs et des défenseurs de principes inaltérables.
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    Boogie Le 9 février 2015 à 13:54
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  • Boogie parle de haut avec mépris envers les pauvres fourmis qui s’ébattent à ses pieds. Pas de quoi fouetter un chat si l’on veut bien lire que ce qu’elle écrit est creux... Il serait bienvenu qu’avec un zeste de modestie, elle vienne frotter, en lieu et place de quelques questions banales, de vrais arguments aux "prouts" des uns et des autres. Dans l’éclat de son triomphe on pourrait alors admirer le génie politique qui l’habite. En attendant, que du vent...

    Antoine (Montpellier) Le 9 février 2015 à 23:45
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  • si vous arrêtiez votre nombrilisme, vos les bla bla bla d’intellectuels de canapé...et que vous alliez sur le terrain expliquer pour convaincre et mobiliser les victimes du capital.

    ah ! ces gentils Trotskard étudiants qui dans les années 70 s’en prenaient aux jeunes "prolos" militants CGT , en faisant les délices de la direction de la boîte.....Ils ont aussi mal vieilli que le PS ...enfin pour ceux qui n’y ont pas adhéré ! Même qu’un qui m’avait "craché à la gueule" est devenu "ministre"...bien gras lui !

    clovis soisson Le 10 février 2015 à 18:08
       
    • Il m’est avis que les "jeunes "prolos" militants CGT" ont bien vieilli, non ? Vous devez en être pour ressasserainsi vos vieilleries des années 70. Ouvrez les yeux... on est en 2015 ! Et que je sache Le Paon, c’est aujourd’hui, enfin, c’était pas plus tard qu’hier. Certes il n’est pas biologiquement vieux mais qu’est-ce qu’il a donné comme coup de vieux XXXL à la Cégète ! Vaudrait mieux regarder de ce côté-là, clovis soisson, plutôt que de chercher des poux à des "trotskards" qui ne pèsent pas lourd question "vieillissement" politicard comparé à certains de la CGT, du PC mais aussi bien sûr (seul point d’accord avec vous) du PS et de quelques gauchos...

      Le plus délicieux chez vous c’est l’accusation de "nombrilisme" que vous adressez aux intervenants sur ce fil. Il n’y a qu’à vous lire pour comprendre que vous nous la jouez super-bien quoique évidemment de façon involontaire et assez comique "T’as vu ta paille dans l’oeil... Quoi ? Une poutre, moi, où ça ?" Allez, la prochaine fois revenez-nous pour parler politique...

      Antoine (Montpellier) Le 10 février 2015 à 21:27
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  • Je ne sais pas trop quels sont les usages en la matière et si ça se fait que l’auteur d’un article réagisse aux commentaires suscités... Donc, quelques remarques :

     d’abord sur les circonstances : j’ai assisté à la quasi totalité de la partie publique du congrès du NPA dans le cadre d’une invitation faite par le NPA à Ensemble !. Invitation également adressée au Parti Communiste, au Parti de Gauche, au Front de Gauche en tant que tel, ainsi qu’à d’autres organisations de la gauche radicale et/ou révolutionnaire (Alternative Libertaire, Lutte Ouvrière, la Gauche Unitaire, etc...)

     S’agit-il d’un compte-rendu "à charge" ?
    Je ne crois pas.
    Mais, évidemment, je ne suis pas le meilleur juge.
    S’il faut rassurer : je n’ai aucun compte à solder avec le NPA. Naturellement, la séparation - comme toute séparation - a été un moment difficile. Mais disons que la manière dont elle a été gérée par les uns et les autres a été globalement marquée par le respect et la volonté de ne pas insulter l’avenir...
    Ainsi, au-delà de choix politiques différents (rester au NPA versus... faire autre chose) je continue à entretenir de bonnes relations avec des camarades du NPA. Je n’ai pas l’impression qu’ils/elles pensent que mon article était outrancier, loin de là.
    Et parce que j’ai partagé avec eux/elles "l’aventure" de la Ligue - pendant une quarantaine d’années, quand même - j’ai trouvé ce congrès attristant... Pour de vrai : sans hypocrisie ni ironie. Au sens où c’était un peu triste et où cela m’a rendu un peu triste. Encore une fois, comme de nombreux militants restés au NPA...

     Cela soulève au passage la question du bilan du NPA. Pas seulement le bilan du NPA depuis deux ans, sujet qui concerne au premier chef les militants du NPA... Mais, plus globalement, le bilan depuis le projet de création du NPA. Et là, pas question évidemment d’en exonérer les camarades qui ont "fait la GA"... Disons qu’il faudra sans doute encore un peu de temps et de recul pour faire ce travail.

     Est-ce que j’ai volontairement - ou inconsciemment... mais, là, je n’y peux pas grand chose ! - noirci le trait à propos du NPA... pour justifier - à mes propres yeux ? auprès des camarades restés au NPA ? - le choix de la GA, d’Ensemble !, du Front de Gauche etc... ?
    Là encore, je ne crois pas.
    En fait, le choix de la GA a articulé en pratique trois niveaux :
    1) l’analyse de l’inadaptation du NPA réellement existant à son projet proclamé ("unitaire et radical"),
    2) la décision de construire un autre outil politique (d’abord la GA, puis Ensemble !),
    3) la décision de faire cela dans le cadre d’une coalition politique - le Front de Gauche.

    Ceci pour dire qu’il serait vraiment naïf de croire qu’une appréciation négative (ou très négative) sur l’évolution politique du NPA validerait "automatiquement" toutes les dimensions du choix politique de la GA.
    Naturellement, je n’en crois rien.
    Au maximum, cela viendrait en renfort (éventuellement) du premier niveau : une réorientation unitaire du NPA paraît en effet encore plus difficile à concevoir qu’il y a deux ans.
    Mais ce constat ne dit effectivement rien ni des fragilités d’Ensemble ! ni des difficultés importantes du Front de Gauche. Ces questions-là restent totalement ouvertes...

     En conclusion, l’un des commentaires le souligne : à partir d’un article sur le NPA, la discussion a largement bifurqué sur Ensemble ! et, surtout, le Front de Gauche.
    Pourquoi pas... mais, encore une fois, ce n’était pas le sujet de mon article !

    François COUSTAL Le 14 février 2015 à 16:36
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  • Mon moral est à zéro... Après les écolos rigolos qui ne sont pas à un revirement près, les communistes carriéristes, l’égo du mégalo Mélenchon... voilà que le NPA achève sa transformation et devient une quasi-secte qui se tourne vers LO (et demain vers Gluckstein et le POI...).

    Le NPA n’aime pas la réalité, et préfère l’illusion d’une hypothétique révolution prolétarienne. Alors que la victoire de Syriza et la percée de Podemos nous redonne de l’espoir, le parti du regretté Bensaïd tourne aujourd’hui paradoxalement le dos à toute union (même si dans les faits c’était déjà le cas). L’urgence sociale, économique et écologique ? Le NPA n’en a que faire. Ce qui compte ? Sa "pureté" révolutionnaire. À rester dans l’entre-soi, aucun changement radical ne verra le jour.

    Pendant que Krivine et ses potes nostalgiques de 68 s’isolent jour après jour, le peuple français court vers le Front National. Et moi, je pleure.

    -H- Le 17 février 2015 à 17:59
       
    • Je ne dirai pas que le congrès du NPA m’a satisfait mais il a pris acte d’une situation qui ne mérite certainement pas d’être traitée comme vous le faites. C’est-à-dire en recourant à l’argument éculé de l’isolationnisme du NPA. On nous a fait le coup tant de fois, on ne va pas se laisser impressionner par un argument qui sonne faux. Et qui est à la racine de l’échec des "unitaires" : qu’ils aient été du côté du PC, du PG, d’Ensemble... L’unité, ils la voulaient, ils l’ont eue. Résultat : stérilité politique totale. Echec en somme. Démonstration a été faite que l’unité était aussi une voie menant à l’échec. Alors match nul entre le FdG et le NPA ? Tous les chats sont gris à la gauche du PS et le désespoir est de mise ? Pas si vite... Pas comme vous faites qui réglez leur compte au FdG mais qui vous attardez à faire pareil avec le NPA. Désolé le chat du NPA n’est pas gris...

      Déjà, il vaudrait mieux faire de la politique quand on aborde les questions d’unité : et interroger les bases sur lesquelles on pourrait la faire. Je note, pour en finir avec le mythe de l’isolationnisme du NPA, que l’échec de l’unité de celui-ci avec le FdG peut être lue comme largement redevable à un... isolationnisme du FdG. Vous pouvez vous marrer mais le fait est que si le NPA a refusé d’aller avec le FdG c’est aussi parce que le FdG a refusé d’aller avec le NPA. Là on rigole moins ? En effet, et là on aborde politiquement la question de l’unité, de son contenu : le FdG a refusé une union antilibérale-anticapitaliste car il a privilégié une autre unité, qui finalement s’est révélée un leurre et un facteur du contraire de l’unité, la division. Celle du FdG lors des dernières élections : l’unité que le FdG a opposée au NPA et qui, du coup, a participé de la rupture avec le NPA, c’est l’unité en direction du PS, pour le redresser à gauche. Et au départ il n’y avait pas que le PC à s’embarquer dans cette galère ; Mélenchon en a été. Et donc on arrive dans le dur de l’unité : c’est sur des bases politiques qu’on la fait l’unité, pas sur des impressions, des envies, etc. Et le FDG la voulait avec le NPA si celui-ci assumait ce que, par exemple, Ensemble, donc certains ex du NPA, ont accepté, l’union avec le PS (la cogestion des collectivités). Le NPA n’a pas voulu. Au vu de la situation actuelle du FdG, peut-on dire qu’il a eu tort ? Peut-on dire que rester isolé est la pire des situations ? A court terme peut-être. Mais la politique, Bensaïd en a très bien parlé, c’est aussi le temps long. Bensaïd n’a jamais été pour des raccourcis à la FdG ou à la Ensemble. Donc, ça va, avec l’isolationnisme du NPA, c’est une tarte à la crème qui empêche de faire de la politique. Pour moi, le NPA a eu raison de refuser de se fourvoyer dans ce galimatias politique qu’est le FdG. Reste que la proposition de faire l’unité avec lui mais sans jamais obligation de résultat, autrement dit d’aboutir à tout prix, aurait pu être maintenue par le NPA. Il ne l’a pas retenue à son congrès mais au fond il n’y a rien de grave tellement, à l’heure qu’il est, il n’y a aucune possibilité de voir le FdG accepter de sortir de la cour niaise qu’il fait aux "frondeurs" et à EELV. Cour qui indique bien qu’il est pris par les logiques politiciennes du système.

      Dernière chose : vous pouvez invoquer Podemos et Syriza mais ayez le courage de voir une chose essentielle de ces deux expériences. Ils ont ont rompu avec leur PS, ils rejettent ce parti comme appartenant, selon les mots de Podemos, à la "caste" qu’il faut combattre. Et là, interrogez-vous sur le type d’unité que ces partis mettent en oeuvre. Et vous verrez que du coup ce n’est pas le NPA qui en est le plus éloigné. Ils ont eux aussi connu leurs eaux basses mais n’ont pas cédé là-dessus. Et, comme par hasard, ces deux partis n’ont construit rien, contrairement à ce que laisse entendre Mélenchon, qui s’apparente au FdG. En Espagne, le FdG, c’est IU qui est actuellement en pleine déconfiture ; et en Grèce, le PC, c’est le KKE et il est en dehors de Syriza. Et pour couronner le tout, une partie des anticapitalistes grecs sont dans Syriza et mènent un autre travail politique que ne fait Ensemble dans le FdG. Et le parti, devenu mouvement, qui est l’organisation soeur du NPA est cofondateur de Podemos ! Mieux encore ces anticapitalistes espagnols s’appelaient Gauche Anticapitaliste, oui GA ! Mais, à la différence de GA ici qui est entrée dans le FdG, eux ils sont sortis du leur ! Voyez-vous, il y a là une démarche unitaire qui a réussi et qui, pourtant, leur aurait valu d’être accusés d’être isolationnistes selon les critères de certains ici. A méditer, non ? Sans inutile lamentation sur le sectarisme du NPA, etc. A ce régime-là Mélenchon a été sectaire de rompre avec Laurent aux dernières élections et Laurent raison de s"allier avec le PS... On continue dans l’enfumage ?

      Antoine (Montpellier) Le 17 février 2015 à 21:50
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  • L’auto-critique n’est pas le point fort du NPA. 3/4 des membres fondateurs ont claqué la porte mais aucune remise en question n’a réellement été opérée au sein des instances dirigeantes.

    Lors de la campagne Poutou, le NPA n’a cessé d’affirmer que le FDG irait gouverner avec Hollande. Ce qui n’a pas été le cas. Qu’est-ce qui empêche de taper ensemble lors des élections ? Rien.

    -H- Le 18 février 2015 à 00:20
       
    • "Qu’est-ce qui empêche de taper ensemble lors des élections ? Rien." Si, le rapport au PS ! Vous pouvez faire l’autruche, c’est même cela qui a fait exploser l’unité du FdG aux dernières élections ! Une paille.

      Poutou n’a jamais fait campagne sur l’hypothèse unique d’une entrée du FdG au gouvernement. Il a pointé que cela n’était pas exclu, en particulier du côté du PC qui... a attendu d’en débattre après les élections car c’était pour lui aussi une hypothèse à discuter.

      L’autocritique devrait se fonder sur une critique d’erreurs faites : sur le rapport au FdG, le NPA n’a pas commis d’erreurs. Le FdG s’est chargé tout seul de montrer qu’il commettait, lui, l’erreur que pointait le NPA comme obstacle à l’unité : il a lui-même brisé sa propre unité sur le sujet du PS aux élections passées. Je n’ai pas vu d’autocritique du FdG là-dessus, ce qui permet de continuer sur le même enfumage d’avant. Le PC continue son unité avec le PS dans les collectivités locales (c’est du gouvernement au cas où vous ne le sauriez pas) et tout le monde dans le FdG court après ceux qui, tout frondeurs qu’ils sont, sont au PS (et voteront la confiance à Valls Macron prochainement), certains ont participé au gouvernement Ayrault (Hamon), idem pour les EELV. Eux non plus n’ont pas fait d’autocritique, ça ne fait rien, le FdG continue de plus belle...

      En somme sur l’autocritique vous êtes à chercher la paille dans l’oeil du NPA alors que le FdG a une poutre dans le sien. Et je ne parle pas de vous... Vous ne tenez compte de rien de ce que je vous dis de Podemos et Syriza qui n’ont fait aucune autocritique ni aucune unité ni avec leur PS, ni avec leur FdG ! Et ils se portent mieux que le FdG d’ici ! Et vous pouvez vous rassurer naïvement sur l’affaiblissement du NPA. En Espagne les cofondateurs de Podemos, le NPA espagnol, était plus affaibli que le NPA aujourd’hui. Ils ont une des 5 eurodéputés de Podemos, bientôt 2 par un jeu de chaises musicales ; ils ont marqué des points dans les récentes élections internes du parti, lequel est crédité d’être en tête aux prochaines législatives ; Je sens que je vais vous rendre encore plus malheureux. Il ne tient qu’à vous de regarder les choses en face au lieu de vous réfugier dans des lots de consolation du type "le NPA ceci, le NPA cela..."

      Bon, après le hochet de l’unité, celui de l’autocritique, à quand le prochain ? Vous pourriez plutôt décider de faire de la politique, non ?

      Antoine (Montpellier) Le 18 février 2015 à 02:09
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  • Antoine, si vous lisez mon premier message, vous constatez que je n’épargne ni le FDG, ni EELV. Au contraire, le NPA était mon dernier espoir dans la recherche d’une unité politique indépendante du PS (tout comme Syriza et Podemos). Le fait est que le NPA tourne le dos à ce projet, et ce alors que de forts signaux de divisions entre PS et PC commencent à émerger. Je trouve cela dommage et je le dis, sans animosité aucune.

    Je n’ai jamais jeté l’opprobre sur le seul NPA, je condamne l’impasse dans laquelle se trouve la gauche radicale, prisonnière de ses héritages et de ses "lignes historiques". N’oubliez pas qu’en bas on souffre, et qu’un petit effort pour s’unir et enfin peser c’est pas grand chose finalement...

    -H- Le 18 février 2015 à 12:45
       
    • J’ai bien compris que vous n’épargnez pas le FdG mais reconnaissez que vous restez prisonnier de sa conception de l’unité qui est un échec. Et que cependant il poursuit. Ce n’est pas "oublier" ceux qui souffrent que de dire que la stratégie du FdG est perdante du côté d’une recherche de sortie de ce que nous vivons alors que, malgré son isolement, le NPA reste une voie imparfaite mais prometteuse. Envisagez-le au moins à titre d’hypothèse en tenant compte sans déformation de ce qui se passe en Espagne et en Grèce.

      Antoine (Montpellier) Le 18 février 2015 à 13:05
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  • C’est le moment de relire le passage du militant du FdG sur Syriza. On verra que ce sont les militants du NPA qui avaient raison d’appuyer les mobilisations sociales en Grèce, sans illusion sur la direction de Syriza. Et les dirigeants du FdG qui ont contribué à la défaite du peuple grec en applaudissant la direction impuissante de Syriza.
    De la même façon, il a raison de défendre les mobilisations sociales, avec la perspective d’un gouvernement des travailleurs.
    Le FdG, lui par contre n’offre aux travailleurs comme débouché polititique que des luttes intestines entre politiciens professionnels.

    Robin Le 28 juillet 2015 à 23:35
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