photo cc Leonora Enking
Accueil > Politique | Par Camille Dufour | 22 avril 2015

L’horizon des écologistes commence à se dégager

Autonomie, rapprochement avec leur gauche ou retour dans le giron socialiste – et au gouvernement ? Consultés pour les élections régionales, les militants Verts semblent déjà montrer leur peu de goût pour cette dernière option…

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Depuis un an et la sortie du gouvernement de Cécile Duflot et Pascal Canfin, les écologistes se déchirent entre trois options (lire aussi "Chez EELV, les frictions avant la scission ?"). La première de celles-ci est favorable au retour au plus vite dans le giron socialiste, avec des places à la clé dans le gouvernement. La seconde est tournée vers une autonomie ouverte à des alliances avec l’autre gauche. La dernière enfin, prudente, prône l’autonomie stricte des écologistes.

Le retour dans le gouvernement, point de clivage

Le premier groupe s’est fait bruyamment entendre. Jean Vincent Placé, De Rugy et Pompili en sont les figures marquantes. En avril dernier, ils organisaient un grand raout avec les écologistes passés au Modem pour porter une option socialo-compatible.

Le groupe porté par la secrétaire nationale Emmanuelle Cosse et par Cécile Duflot est lui-même traversé de différences : Cécile Duflot a pointé le bout de son nez aux Chantiers de l’espoir réunissant toute la gauche non socialiste. Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale s’affiche elle plus souvent avec les tenants du retour au gouvernement.

Le troisième groupe rassemble les tenants d’une écologie plus sociale, autonome et radicale : on y retrouve notamment Jacques Boutault, Elise Lowy, Julien Bayou ou encore Jérôme Gleizes (lire aussi "Les Verts rejoignent le Front de gauche autour de Syriza").

Le 8 mai, un Conseil fédéral, parlement du parti, va se réunir pour trancher de façon claire cette lancinante question : aller ou ne pas aller au gouvernement ?

Des militants hostiles à l’alliance avec le PS

Dans l’arbitrage, la position des militants va peser. Pour prendre le pouls, ça tombe bien, les adhérents sont actuellement consultés sur les régionales. Chaque région va choisir d’aller en autonomie, de s’allier au PS, de s’allier avec l’autre gauche.

Leurs réponses éclairent évidemment le choix stratégique national. De premiers résultats tombent. Et notamment celui de l’Ile-de-France. Il a surpris. Le groupe central, incarné par Duflot et Cosse, n’obtient pas la majorité mais seulement 43% des voix. Il va devoir composer donc avec l’une ou l’autre des options en lice. La gauche du parti, avec 27%, arrive en seconde position. La motion favorable à une alliance avec le PS, portée par Stéphane Gatignon, obtient quant à elle 25% des voix.

Avec qui Emma Cosse et Cécile Duflot vont s’allier ? Les "négos" sont allées bon train ces deux derniers jours. Pour Élise Lowy, porteuse de la motion de gauche, « Le vote des militants de la première région de France est clair : à 75% les militants écolos se sont prononcés contre le retour dans le giron socialiste ».

Vers une clarification de la ligne

Et, de fait, les deux courants ont fait alliance. Il y aura une proposition commune pour le second tour. Celle-ci affirmera vouloir porter une liste écologiste et sociale dès le premier tour : « Pour gagner la région et changer l’Île-de-France, nous appelons au rassemblement de toutes les forces vives qui partagent les valeurs de l’écologie, de justice sociale, d’égalité des droits, rejettent la réduction systématique des dépenses publiques, s’opposent aux grands projets inutiles, appellent de leurs vœux un renouvellement démocratique et partagent l’ambition d’améliorer la qualité de vie sans attendre un hypothétique retour de la croissance. » Emmanuelle Cosse est la candidate qui a été désignée par les militants écolos.

Le reste des résultats devrait être de la même eau. Les militants écologistes se prononcent largement contre le retour dans le giron socialiste. Parfois même en plaçant en tête la position favorable à une alliance avec l’autre gauche.

Si cela se traduit le 8 mai par une clarification de la ligne des écologistes, on pourrait bien voir se clore la stratégie d’alliance privilégiée avec le PS. « Une première depuis trois ans », pour Élise Lowy.

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Vos réactions

  • La vraie question est :
    le PS parti de gauche ?ou le parti de gauche,est du PS ?
    Mélenchon 35 ans au PS,Mitterandolatre,ministre,chef de tendance,sénateur...
    Il a refusé de voter la motion de censure.
    A peine,les résultats du premier tour proclamé en 2012,qu’il s’est désisté sans condition pour Hollande.
    Alors,Oui,la vraie question :
    le PS parti de gauche ? ou le parti de gauche,est du PS ?

    elsa Le 25 avril 2015 à 19:43
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  • (J’ai écrit cela avant de prendre connaissance, Maurice, de ce que tu viens d’écrire à 9 heures 37 : )
    Le sectarisme, même néo-stalinien, est une abomination contre-productive. Elsa, ...elle zappe qui la dérange, en prétendant que le PG ne peut que persévérer dans l’être de son créateur... Maurice se contente de déclarer à l’occasion celui-ci mort... Trop cool !... Bravo, en tout cas, les « camarades », c’est peu dire que vous me faites grandement, grandement honte !...
    Inouï paradoxe que ce retournement de l’universel comme un gant, qui a fait du communisme une « identité » séparée, donc se creusant elle-même, et se ruinant comme creuset,... dans son opposition au mouvement... Un « réalisme » de désignations médicalo-objectivistes, qui tend à « diagnostiquer » le Mal partout, en dehors de soi, ou, si l’on veut (selon Alain Badiou) qui, parce qu’il a de fait réduit l’idéal à un nouvel idéalisme, l’a assigné à résidence : qui prétend que « c’est là que les choses se passent » (définitivement : la fête de l’Huma, par exemple, selon Maurice), et pas ailleurs... Naguère, Georges Marchais n’avait certes pas apprécié le trait d’ironie mordante d’un Guy Bedos, pointant le processus de déclin, qui avait sorti que la fête de l’Huma se terminerait dans le jardin personnel de celui-ci... C’était volontairement exagéré, mais c’était une image... Non, Guy Bedos n’est pas « encore un trotskyste » !... Mais un artiste jouant son rôle d’alerte... pointant ici une angoisse de réductionnisme kafkaïen qui, honnêtement, a pu traverser n’importe quel communiste honnête...
    Pour faire lien avec ce que, Maurice, tu as écrit ailleurs, voici une citation de Badiou, extraite de son livre « Quel communisme ? » récent, édition Bayard, sous forme d’entretien avec Peter Engelmann, pages 90-91 : « Il s’agit de l’universel qui est devenu particulier, c’est cela le problème. On a commencé à dire que l’universel était représenté par une classe, le prolétariat, puis que le prolétariat était représenté par un pouvoir d’Etat. » (...) « ...lorsque Marx écrit que le prolétariat est l’universel, il l’écrit pour une raison très précise, qui est ontologique, à savoir que le prolétariat, c’est ce qui n’a aucun attribut particulier, ce qui n’est rien. Donc, c’est l’universalité du négatif. Mais dans la tradition stalinienne, « prolétariat » est devenu une substance représentative, pas du tout uniquement la négativité. Le prolétariat est censé représenter en vérité l’universel et ensuite le parti est censé représenter le prolétariat, donc le parti est déjà une représentation de représentation. A la fin des fins, un individu en arrive à représenter le mouvement de l’universel. Cela donne forcément une pathologie, parce que c’est un forçage absolu des conditions. » (...) « Le parti, ce n’est pas une idée de Marx, mais une idée venue après, et cette idée met au centre de l’activité politique la notion de représentation. »
    C’est dire que des « communistes » ayant fait du communisme une identité de « représentants » patentés et sectorisés, pour ne pas dire sectaires, du communisme, l’ont en réalité ruiné !...

    Aubert Sikirdji Le 26 avril 2015 à 10:15
       
    • ...Rassure-toi : plus pour longtemps !...

      Aubert Sikirdji Le 27 avril 2015 à 11:02
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