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Accueil > Société | Par Frédéric Amiel | 5 décembre 2016

L’UNEF devancé par la FAGE : un cataclysme discret à l’université

La victoire de la FAGE aux élections des CROUS devrait avoir une résonance au-delà du milieu universitaire : elle marque le désaveu d’une manière de faire de la politique en même temps que le crédit accordé à ceux qui agissent concrètement. Et lance un défi.

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Un mini séisme vient de secouer le monde universitaire. Le 29 novembre 2016, l’UNEF, premier syndicat étudiant depuis des décennies, était devancé aux élections des CROUS (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires) par la FAGE, une fédération d’associations étudiantes qui, depuis sa création, bouscule les codes de la représentation étudiante. Au-delà du caractère historique de cette victoire pour le petit monde des instances universitaires, celle-ci en dit long sur les dynamiques à l’œuvre dans notre pays et sur l’avenir de la politique française.

La FAGE (Fédération des associations générales étudiantes, en version longue) n’est pas un syndicat comme un autre. Constituée à la fin des années 80 comme une réponse au manque de représentation nationale des associations étudiante, elle est une galaxie hétéroclite à la base de laquelle on trouve une multitude de petites structures dédiées à l’animation de la vie étudiante et au soutien aux étudiantes et étudiants. Tout en professant son indépendance vis-à-vis des partis et des autres syndicats, elle s’est affirmée comme un interlocuteur incontournable dans les instances locales et nationales.

Le "pragmatisme" comme étendard

On connaît mieux les associations de la FAGE par les soirées arrosées qu’elles organisent que par leur caractère politique ou revendicatif. Mais c’est un autre aspect de leur action, plus discret, qui leur a sans doute valu la faveur du scrutin. Dans les universités, les grandes écoles, ce sont ces associations qui organisent le tutorat, qui mettent à disposition des copies de cours, qui accompagnent les étudiants dans leurs démarches administratives, qui prennent en charge l’accueil des nouveaux. Ce rôle, les syndicats traditionnels l’ont abandonné, ou quand ils entendent encore l’assumer (dans la défense des droits des étudiants étrangers par exemple), ils en ont fait le prétexte d’une lutte idéologique plutôt que l’objet d’une action pratique et concrète. En ce sens, la victoire récente de la FAGE est la récompense du pragmatisme et de l’action de terrain.

Mais la FAGE, c’est aussi le refus de prendre parti sur les grandes questions sociales. Prudemment, au printemps 2016, elle s’éloigne de la contestation contre la loi travail. En 2006, elle était à la fois opposée au CPE et au blocage des établissements... Son président de l’époque considérait alors que « 90% des problèmes qui concernent les étudiants ne sont pas placés sur l’échiquier droite-gauche » [1]... Elle définit ses valeurs comme « humanistes » et « européennes », ce qui n’est pas s’engager beaucoup, et brandit son « pragmatisme » comme un étendard.

On connaissait les étudiants bouillonnants, subversifs – certains diront idéalistes, aux avant-postes des grands combats sociaux, assoiffés de démocratie, animant des assemblées générales interminables... Or ces étudiants, cette relève traditionnelle du corps politique, choisit aujourd’hui pour représentants les membres d’une corporation qui a fait de l’apolitisme son cheval de bataille.

À rebours, on pourrait lire le résultat des élections étudiantes comme un camouflet infligé à l’UNEF, comme le rejet d’un syndicat trop proche du Parti socialiste, trop prompt à recaser ses cadres dans les mairies et les ministères, trop maladroit dans ses tentatives de noyauter les mouvements étudiants de ces dernières années. En ce sens, les scores de l’UNEF seraient le reflet des tristes cortèges de cette ex-première organisation étudiante incapable de rassembler plus d’une poignée de militants dans les manifestations contre la loi travail.

Une barrière invisible entre partis ou syndicats et associations

Mais une telle analyse ne suffit pas à expliquer pourquoi des syndicats, plus militants ou plus intègres n’ont pas profité du rejet de l’UNEF, ni pourquoi les étudiants (du moins ceux, peu nombreux, qui votent aux élections des CROUS) se sont tournés vers la FAGE. Peut-être l’explication est-elle à chercher dans la nature même d’un syndicalisme étudiant devenu le lieu d’un carriérisme d’antichambre qui mène tout droit à la politique. À travers l’UNEF et les autres syndicats "classiques", c’est en réalité tout un modèle politique qui est rejeté.

Ce signal, venu du monde étudiant, est un écho très clair à la défiance généralisée qui s’installe dans notre pays vis-à-vis des partis politiques. Les électeurs de tous âges en ont assez de voter pour des théoriciens hors-sol, des donneurs de leçon à la carrière jalonnée de mandats. Ils cherchent à se tourner vers ceux qui font, ceux qui sont capables de démontrer qu’ils peuvent changer leur quotidien par des actes plutôt que par des paroles.

En cela, la FAGE est un OVNI. En France, il existe une barrière invisible entre d’un côté les partis politiques et les syndicats, et de l’autre les associations. Ces dernières jouissent d’une grande estime, 13 millions de français y sont engagés comme bénévoles, elles agissent dans le domaine du sport, de la culture, de l’aide aux personnes ou encore de la protection de l’environnement, et se tiennent éloignées comme de la peste de tout ce qui touche au politique. Partis et syndicats, eux, se sont répartis la démocratie : aux uns la vie publique, aux autres le monde du travail.

D’un côté de la barrière, Les associations agissent sur le terrain, et se gardent bien de tenter l’aventure de la responsabilité publique, ou de mettre un doigt dans l’épineuse question de la lutte des classes. De l’autre, les partis se gobergent de titres et de mandats, donnent des leçons à tout va, expliquent comment devrait marcher le monde, et laissent ce monde à la merci des marchands en comptant sur les associations pour essuyer le trop plein d’inégalités. Combien de temps un tel système peut-il encore tenir ?

Ce qui viendra de la société civile…

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, le dynamisme économique et l’interventionnisme de l’État, doublé d’un solide modèle social hérité du programme du CNR, permettait la cohabitation de ces deux mondes. Parfois, le monde associatif piquait de son impatience le monde politique et, bon an, mal an, la bête réagissait. Mais force est de constater qu’aujourd’hui le monde politique se moque du monde associatif comme d’une guigne.

Des années de sape dans le modèle social et les services publics nous laissent avec un État qui n’a ni l’envie ni les moyens de répondre aux alertes lancées par la société civile. Pourtant, à de rares exceptions près, nul ne franchit la ligne qui sépare les associations qui agissent de la sphère des responsabilités publiques. Cette transgression, la FAGE l’a osée.

Les partis politiques comme les associations seraient bien inspirés de garder un œil sur ce qui se passe dans les universités. La macronmania ambiante, aussi bien que le bref enthousiasme suscité il y a quelques mois par une potentielle candidature Hulot, nous disent assez combien les critères du choix électoral sont en train de se modifier. Demain, ceux qui sauront mettre en actes leurs théories avant de briguer les suffrages pourraient bien rafler la mise.

Souhaitons-nous qu’alors soient portées aux responsabilités des organisations au programme terne et sans ambition, réfugiées comme la FAGE derrière un apolitisme de bon ton qui évite les questions qui fâchent ? Ou pouvons-nous espérer qu’émergent d’ici là des organisations aux valeurs solidement ancrées, décidées à affronter les causes profondes du dérèglement du monde : l’injustice, l’oppression, l’accaparement des ressources, toute les plaies contre lesquelles la gauche historique s’est levée, du temps où elle créait les mutuelles, les coopératives d’achat, l’éducation populaire, les auberges de jeunesse... du temps où elle savait montrer aux citoyennes et aux citoyens qu’elle pouvait changer leur quotidien.

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  • Pragmatique, vous dîtes. Peut être les jeunes cherchent une vraie autogestion et donc de vrais syndicats.

    Pas des choses qui sont dévoyées et instrumentées.

    Les jeunes, mais les gens, sont surement plus matures que vous ne l’imaginez.

    Dans les assos, je croise ds gens qui cherchent à mettre la main à la pâte. Ils ne cherchent ni des guides, ni des portes paroles, ni quoi que ce soit qui soit de l’ordre de la délégation.

    Les gens agissent au quotidien.

    La Renaudie Le 5 décembre 2016 à 10:40
  •  
  • Franchement, pour une fois, je ne suis pas d’accord avec vous. La Fage organise le tutorat, les copies de cours... ? Oui, mais souvent contre rétribution !! les cours, c’est payant, les concours blancs c’est payant... la plupart du temps, les associations organisent effectivement des fêtes d’un sexisme alarmant, (le mythe de la faluche existe toujours...) et sont de mèches avec les directeurs d’UFR, quitte à brader les droits étudiants ! Alors non, le ton de votre article me navre un peu...

    rosa Le 5 décembre 2016 à 14:04
       
    • Quel est le rapport avec la faluche ?

      Chacalot Le 8 décembre 2016 à 00:36
  •  
  • Affligeant d’approximations et de mensonges.

    Aujourd’hui, l’ UNEF n’a plus aucun lien avec le PS, et même les liens avec l’aile gauche de celle-ci se sont distordu réellement, du fait des dirigeants politiques, plus que du choix de la direction. Les problèmes d’indépendances syndicales que tu décris ont atteint leur paroxisme entre 1994 et 2003 pour s’éfilocher petit à petit et finir après 2008 globalement.

    Par contre, la FAGE est clairement dans les petits papiers du gouvernement et le PS, quand il est structuré sur les facs est à la FAGE. De plus les dirigeants nationaux de la FAGE sont parfois encarté au PS (ce que ne sont plus les dirigeants de l’ UNEF), voir après leurs mandats prennent clairement position en ce sens.

    Il n’ y a souvent aucun lien direct entre le travail de fourmis que les associations fournissent pour aider les étudiants et la FAGE. Au mieux ces associations sont indépendantes des fédérations, au pire elles soutiennent la FAGE aux élections du fait du chantage au subvention : lorsqu’une association refuse de soutenir la FAGE aux élections, elle peut dire adieu à toutes formes de soutiens de la part de la fac. Mais de faite la structure FAGE est étrangère à cela. La tâche principale de la FAGE sur les campus est l’organisation de soirées étudiantes, qui pour beaucoup soulève souvent des problèmes de sexisme, voir de harcèlement, voir plus.... La politique autrement que tu décris, c’est des galas de médecine à 100 000e financés par des subventions universitaires, alors que les facs sont ruinées.

    La victoire de la FAGE au CROUS c’est la victoire de la "réaction tranquile". La FAGE joue le rôle de syndicat maison, soutenu très souvent par les présidents d’université sur un "deal" soutiens inconditionnel à la direction contre subventions et avantages. Ces avantages peuvent aller jusqu’à voir carrément des facs de médecine délégué à la FAGE l’organisation des colles, la distributions des annales, l’impressions des polycopiés. Ce qui explique que dans toutes les facs de medecines, de pharma.... la FAGE fait plus de 90% des voix.

    L’ UNEF a tort de ne pas dénoncer cela. Il est évident qu’il n’existe pas un seul campus de médecine en France, ou la démocratie s’applique réellement et pourtant ce sont les facs de médecines qui font le résultats dont tu parles. A Angers, ville que je connais bien, l’ UNEF est derrière la FAGE en score alors qu’elle ressort très largement majoritaire en droit, en lettre, en sciences... etc la FAGE ne gagne que grâce à son score en santé, et dans des licences à 4000e l’année.

    L’ UNEF a fait énormément d’erreurs qui peuvent expliquer cela, malheureusement, tu n’en cite aucune. Les 93 % d’abstentions ne sont pas étrangères à cela. L’ UNEF paye la démobilisation du milieu étudiant qu’elle a participé à démobiliser par des erreurs stratégiques et un non renouvellement de ces pratiques de terrain.

    Je vais m’arrêter là. La rédaction de ce genre d’article exige une connaissance au moins sommaire du milieu étudiant, du fonctionnement des CROUS, et des organisation étudiante plus approfondie que wikipedia.

    M BROUILLARD-DUSONG Le 5 décembre 2016 à 15:36
       
    • Aujourd’hui, l’ UNEF n’a plus aucun lien avec le PS

      ah !

      Hamon, Hanotin,Julliard et tous les autres

      Affligeant dites vous !

      daniel Le 5 décembre 2016 à 16:46
    •  
    • Si tu me permets de corriger tes imprécisions :
       Les galas médecine à 100 000 euros (d’où tiens tu ce chiffre ?) c’est de l’utopie. Si on est à 40/50 euros par personne c’est un grand maximum et sans subventions des facultés.
       Des élus UNEF sont dans les conseils universitaires chez nous mais ne prennent même pas la peine de siéger ou de se présenter comme candidat à des commissions importantes !
       Aucun étudiant de l’UNEF ne siègent à la commission de discipline chez nous alors que c’est le lieu même de la défense des étudiants.
       Comme quoi les habitudes de l’UNEF se perdent beaucoup et ce n’est pas que de la faute de La Fage ;)

      Allez sans rancune !

      Olivier Le 8 décembre 2016 à 15:41
    •  
    • Merci pour vos compléments d’information sur la place de l’UNEF dans la santé et dans les autres facultés et spécialités...

      Pierre Pifpoche Le 9 décembre 2016 à 04:23
    •  
    • Merci pour vos compléments d’information sur la place de l’UNEF dans la santé et dans les autres facultés et spécialités.

      Pierre Pifpoche Le 9 décembre 2016 à 04:23
  •  
  • c’est là où la gauche radicale est ennuyée : où sont ses propres syndicats ? Loin derrière. Parce que si le duel c’est FAHE/UNEF où sont vos amis ?

    romain blachier Le 6 décembre 2016 à 02:38
  •  
  • ah !

    Hamon, Hanotin,Julliard et tous les autres

    Affligeant dites vous !
    daniel Le 5 décembre à 16:46

    Certes, si tu avais pris le temps de lire ma démonstration, ils correspondent aux dates que j’ai cité pour Hanotin et Julliard. Pour Hamon, il vient des MJS et pas de l’ UNEF.

    Sinon la gauche radicale est aujourd’hui à l’ UNEF pour répondre à Romain. L’ UNEF fonctionne en tendance, et il s’agit de Unité et Action Syndicale

    BROUILLARD-DUSONG Le 6 décembre 2016 à 10:18
  •  
  • L’indépendance de la FAGE ?
     Des anciens présidents qui signent les tribunes de soutien au Président de la République en place.
     Des fédérations locales souvent très en liens avec le pouvoir politique majoritaire en place au niveau local (la gauche en Bourgogne, la droite en Alsace ou à Nice, etc).
     Des élus dans les conseils d’administration des facs qui se positionnent presque toujours en faveur du candidat favori pour être élu président d’université.

    Bref, raisonner avec des idéaux-types qui ne se vérifient pas dans la réalité à ses limites

    Pierre Le 6 décembre 2016 à 11:50
  •  
  • C’est quand même incroyable que les rédacteur.rice.s de Regards ne mentionnent à aucun moment le seul syndicat étudiante de lutte et autogestionnaire : SOLIDAIRES ÉTUDIANTS !!!
    Voici leur site : http://www.solidaires-etudiant.org/
    Et voici une partie de leur CP sur les élections CROUS :
    "L’expérience l’a montré : les élections CROUS ne sont en rien décisives pour une réelle prise en charge sociale des étudiant-e-s. Nous appelons à poursuivre les mobilisations pour défendre un CROUS de qualité, 100% public, au service des étudiant-e-s et respectueux de ses personnels. Les rapports de force se construisent dans les luttes et se traduisent dans les urnes, pas l’inverse."

    Mouth Le 6 décembre 2016 à 14:11
  •  
  • Article affligeant qui reprend sans aucune distance critique le discours de légitimation de la Fage sur elle-même. Une telle analyse aurait fait sourire il y a 10 ans, mais elle est proprement ridicule au sortir du mouvement contre la loi El Khomri que la Fage a soutenue aux côtés de la CFDT, celle-ci recrutant d’ailleurs désormais une partie de ses jeunes cadres dans celle-la. Quant à faire des élections le moment où "les etudiants" (qui ça ?) envoient des messages, l’hétérogénéité du milieu et surtout la faiblesse ridicule du taux de participation interdisent d’en tirer quelque leçon que ce soit... sinon précisément que les succès de la Fage sont le résultat d’un rapprochement croissant de celle-ci avec le modèle syndical qu’incarnait l’UNEF, notamment en termes de méthodes de mobilisation électorale. C’est quand même triste de lire ce genre de propagande dépolitisante sur le site de Regards...

    karel Le 6 décembre 2016 à 16:25
  •  
  • Je vois aussi avec inquiétude l’UNEF perdre des responsabilités dans ma fac de région parisienne, et SOLIDAIRES rester sur des scores modestes pour les élections au CA et au CVE alors que la FAGE et... l’UNI, pour cette dernière avec des méthodes franchement malhonnêtes (démarchage des étudiants juste devant les urnes en se présentant comme une "asso" quelconque qui ne fait pas vraiment de politique !) ne cessent de gagner du terrain.

    Chaque année SOLIDAIRES et l’UNEF (même s’il y a des différences évidemment fondamentales entre les deux organisations) font un vrai travail de soutien auprès des étudiants et s’impliquent fortement dans les revendications étudiantes, tandis que la FAGE organise des soirées dont la promotion est réalisée par le biais d’affiches sexistes sur le campus... vu le faible taux de participation, on voit très bien comment les choses se passent : la FAGE organise des "événements" (payants bien sûr) et capitalise sur les participants qui veulent en consommer plus. Bref.

    Lise Le 6 décembre 2016 à 19:26
  •  
  • Que dire ?

    J’ai connu l’arrogance des étudiants UNI m’expliquant qu’ils étaient au pouvoir et que participer à des états généraux de l’université ne servait à rien.

    J’ai subi le mépris des étudiants de l’UNEF m’expliquant que vendre des trousses de dissection n’était que pur mercantilisme.

    J’ai passé des années à rendre service aux étudiants en étant dans une simple association et à me rendre au conseil d’UFR d’université (ou d’UFR) systématiquement désertés par les syndicats étudiants. Forcément, lorsqu’on est le seul interlocuteur du doyen pendant 2 ans, on finit par être crédible et on ne cherche pas un opposition stérile à toute proposition.

    Oui, la récompense de tout cela était l’organisation de soirées pour s’amuser entre amis mais au final, je n’ai trahi aucun engagement, je n’ai pas dénigré les gens à des fins politiques ni participé à des jeux de pouvoir malsain . Je n’ai pas non plus cédé aux achats de vote aux éléctions CNESER mandatés en sous-main par les partis politiques (et pourtant en tant qu’étudiant, cela aurait mis du beurre dans les épinards)

    Lorsque plusieurs années après, j’ai revu des ex-syndiqués en place dans des mairies (en fonction du bord) , j’étais très heureux de faire simplement partie de la société civile.

    Donc, oui, la victoire de la FAGE, c’est la récompense du laborieux contre l’opportuniste, le mérite de la présence en conseil (de Fac) contre celui du seul poids politique et à dire vrai, mais cela n’engage que moi, c’est n’est que juste raison.

    Dumnorix Le 6 décembre 2016 à 22:13
  •  
  • Ce qui est ennuyeux avec les démocrates qui s insurgent contre la "victoire " de le FAGE , qui la critique sur son apolitisme béat voir complice, c’est qu’ ils n’oublient qu’ un détail , ( ho tout petit détail) c’est que la FAGE a obtenu ,une majorité relative de votants auprès des étudiants.

    En fait ces braves dénonciateurs , la main sur le cœur ,ne comprennent pas que les injonctions, les appels a la mobilisation générale , n intéressent pas les étudiants , qui ont la tète dans le guidon, pour leur stage, leur logement, leur futur chômage et autres CDD.

    En fait la FAGE , fait du syndicalisme de proximité, du vrai, pas du " déclamatoire " et ca les "démocrates " ne le supportent pas.

    En fait la FAGE , fait dans les universités ce que le FN , fait dans les quartiers , ils s intéressent aux vrais problèmes des gens, en façade bien sur ! , mais il leur parle.

    Chose que nous ne savons plus faire nous aussi.

    buenaventura Le 7 décembre 2016 à 21:36
       
    • C’est quoi cette promotion du FN ?

      Pierre Pifpoche Le 9 décembre 2016 à 04:31
  •  
  • Votre information et l’analyse contenue dans votre article me semblent très intéressantes (quelles que puissent être des approximations éventuelles), ceci dans l’analyse que vous faites de ce que devrait être la citoyenneté et la politique, la proximité sociale, sans aucune "fracture démocratique"...
    Ce qui me frappe avant tout dans cet article, c’est que du temps où j’étais dirigeant local de l’UNEF à l’Université de Paris-X Nanterre en 1975-1977, le Service et l’aide aux étudiants étaient une valeur première de l’UNEF, incluant l’accueil et l’intégration des étudiants ; une part importante de son activité, bien sûr à côté de l’action revendicative... ...Et ce que je semble apprendre dans votre article c’est que l’UNEF ne le serait plus et ne s’intéresserait plus à aider la vie des étudiants ?... Si cela est le cas, alors ce serait une grave dérive, à mes yeux, et une possible raison de la désaffection des étudiants, comme vous l’identifiez !...
    Et, effectivement, cette analyse peut être pertinente hors de l’université, dans la mesure ou Podemos et Syrisa ont été des organisations très proches des préoccupations quotidiennes... Là où les syndicats et les partis politiques sont proches de ces préoccupations, et pas seulement les associations, alors cela marche. Là où ils sont les "donneurs de leçon" que vous dénoncez, ils se vautrent contre le mur, tout comme les gouvernements qui tournent le dos à leurs électeurs et leur manifestent parfaitement ainsi leur total mépris, sous une prétendue "pédagogie" !... C’est donc à suivre.

    Pierre Pifpoche Le 9 décembre 2016 à 04:17
  •  
  • C’est déroutant de voir une analyse politique si englobante de la bascule syndicale dans l’enseignement supérieur, qui partait avec une bonne intention, mais qui finalement repose sur des éléments assez généralistes, et donc assez à côté du sujet.

    J’étais responsable de fédération nationale et locale de la FAGE il y a quelques années, et les raisons de cette bascule sont en réalité plus prosaïque. Elles tiennent moins de la montée en puissance de la FAGE (qui a tout de même gagné beaucoup de fédérations locales dans des villes laissées à l’UNEF ces quatre dernières années, tout en saignant progressivement PDE) que de la déliquescence progressive de l’UNEF, qui même si elle peut se reposer sur une certaine image et un réservoir de militants relativement solide, à abandonné toutes les activités qui fidélisent les étudiants à un syndicat ou un autre.

    Quand on ne pense plus à entretenir et renforcer ses sections locales, quand on ne pense plus à fidéliser ses militants (hors période de congrès où les tendances se disputent la majorité), quand on ne pense plus ses élus étudiants comme des leviers politique, etc... Bref quand on ne pense plus, au niveau national, sa nature d’organisation et tous les impératifs que cela implique, il ne faut pas être surpris de se faire écraser par la FAGE, qui elle a très bien intégré sa nature d’organisation pour tirer tous les avantages de sa diversité interne, de son énorme nombre d’adhérents, et de la foule d’actions politiques, électorales, et associatives menées en son sein.
    Le concept d’organisation de masse à disparu à l’UNEF, la FAGE l’a parfaitement intégré à son corpus idéologique fondateur et donc à sa stratégie.

    Cette majorité acquise par la FAGE n’est pas un verdict sur les idées majoritaires parmi les étudiants (encore moins avec la participation ridicule aux CROUS), mais un rappel cinglant à toutes les organisations politiques, qu’il s’agisse de partis, syndicats, ou autre : à délaisser les actions de terrains, ses adhérents et surtout leurs besoins les plus basiques, la défaite finit toujours par arriver. Et sur ce point, le parallèle UNEF/PS est pertinent.

    Les commentaires de militants ou sympathisants de l’UNEF plus haut sont typiques de cela, et notamment celui de l’étudiant angevin : très étrangement, cette section UNEF qui n’a pas perdu tout contact de terrain, arrive à renouveler ses militants d’année en année, et sait maintenir quelques services (des cafés, une bourse aux livres et un local régulièrement ouvert, comme quoi c’est pas difficile) à l’étudiant (tiens, comme la FAGE au final), maintient une majorité électorale solide, très difficile à briser. Pas de surprise.

    Ça frise le ridicule quand même lorsque l’UNEF et la FAGE sont sur des fronts communs (le budget de l’enseignement supérieur par exemple), c’est la FAGE par la simple force de l’organisation qui met le plus d’étudiants dans la rue et qui arrive à tenir des cortèges visibles (et je ne parle pas en tant qu’ancien responsable ici, mais plutôt en tant que témoin essayant de rester objectif). Et ce alors que la manifestation est à mille lieux de la culture interne de la FAGE.

    Bref, tout ça pour dire qu’à force de ne plus voir d’organisations politiques reposant sur une forte assise d’adhérents et bien ancrées sur ces terrains d’action, on manque ce qui est à l’origine de cette bascule.

    Personnellement, je ne donnerai pas cher de la FAGE face à une UNEF qui aurait une véritable force de frappe numérique et organisationnelle ailleurs qu’en Ile de France.

    Alors, petit conseil aux militants UNEF qui passeraient par ici : cessez de vous focaliser sur les affiches sexistes (qui sont éminemment problématique, oui, et en porter la critique publiquement est pleinement justifié) qui ne représentent qu’une petite minorité des événements organisées par des associations membres de la FAGE, et demandez vous plutôt comment faire pour que l’UNEF retrouve une telle assise auprès des étudiants. Ce n’est pas l’ère du temps qui rend les étudiants individualistes et entretient le rejet des syndicats étudiants, c’est plutôt la disparition de l’UNEF de l’action de terrain.

    (et puisque certains parlent de Solidaires, même problème : quand ils se bougent, s’organisent à minima, et acceptent de participer à des élections, ils s’en tirent pas trop mal. Idem pour les plus petites structures. Comme quoi, penser son organisation, c’est assez utile)

    NRS Le 9 décembre 2016 à 12:51
  •  
  • Aujourd’hui, la FAGE reste une "organisation de jeunesse et de vie étudiante" ayant une force syndicale, et non un syndicat. Et sa particularité, c’est que les fédérations qui adhèrent défendent à 70% les idées de la FAGE mais les 30% sont des idées adaptées au niveau local et en fonction des besoins des étudiants. Depuis quand l’UNEF réalise des enquêtes de satisfaction et élabore un retour de ce qu’il se passe dans les instances. La PF des fédérations locales (adhérentes à la FAGE) pendant les élections représente un programme adapté alors que l’UNEF récupère la Profession de foi au niveau national.

    La FAGE et ses fédérations sont présentes pendant les conseils des instances de l’Université et a des élu(e)s dans l’ensemble des commissions alors que l’UNEF est plus souvent aux abonnés absent, mais quand elle est présente, c’est dans les commissions qui ne l’intéresse qu’elle (commission d’exhonération, égalité ...).

    Elle serait prête à voter contre une ouverture de la BU le dimanche alors que plus des 3/4 des étudiants l’ont demandé, et leurs excuses ... Ils n’en ont aucune ... Mise à part que la CGT leur a demandé. Ils n’agissent pas pour les étudiants mais écoutent les syndicats, d’après ce qu’ils disent "c’est ça l’unité".

    On dit que la FAGE est encarté dans des partis politiques et que le seul objectif des cadres de cette organisation est d’avoir accès à de très haut postes ... Jean-Baptiste Prevost, Emmanuel Zemmour, on peut en parler ? http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/de-presidents-de-l-unef-a-apparatchiks-du-parti-socialiste-19471/
    La majorité des militants de l’UNEF se revendiquent dans des partis de gauche ou d’extrême gauche. C’est pas moi qui le dit, c’est leurs profils Facebook et Twitter. Certes, l’"apolitisme" fait recette mais aujourd’hui, la jeunesse en a surtout marre du clivage gauche droite qui divise plus que rassembler. L’UNEF se pose comme l’opposition de la FAGE alors que cette dernière ne se situe sur aucun bord politique (ni même le centre). Ce sont des élu(e)s et des membres issu(e)s de différentes associations, de différentes fédérations de filières. Les associations qui adhèrent n’ont pas pour but d’être un "comité des fêtes de la faluche", mais un but de développement de la vie des campus et se sert de l’opportunité que donne l’ESR, UNE VOIX. Une voix pour faire part des inquiétudes des étudiants et non une voix à faire part de leur indignation aux actions des "hautes instances". Ils ne proposent aucunes solutions, alors que la FAGE en a tous les jours.

    L’UNEF a un problème, ce n’est plus un syndicat de proximité, mais un syndicat qui s’insurge pour des problèmes minoritaires et qui aujourd’hui, n’ayant pas de répartie, se met à attaquer la FAGE sur le sexisme d’affiches de soirées étudiantes ou à diffamer de nombreux élu(e)s étudiants.

    Gouveia Le 9 décembre 2016 à 22:21
  •  
  • En tant qu’ancienne étudiante en soins infirmiers, je rigole bien de voir certains accuser la FAGE de corporatisme.
    Je suppose que oui, quand la FAGE est seule organisation étudiante dans le cortège de la manif soigne et tais toi, c’est du corporatisme et de l’apolitisme.
    Ou quand l’antenne régionale de la FAGE de Angers (encore Angers décidément) est la seule organisation à faire des blocus des UFRS et envoyer ses élus siéger en conseil pour la défense des filières sanitaires et sociales c’est du corporatisme et de l’apolitisme.
    Votre analyse bien qu’intéressante est très limitée, c’est vrai que la FAGE représente un modèle nouveau et associatif, mais elle est aussi l’organisation qui ce préoccupe le plus des filières sanitaires et sociales, des filières de santé en general et leur victoire et aussi due à la mobilisation de ses étudiants qui vivent et travaillent dans des conditions difficiles et qui ont toujours historiquement reçus le soutiens de la FAGE et ses fédérations.
    L’UNEF pourra reprendre du terrain le jour ou il ses élus irons siéger en conseils plutôt que d’y laisser des sièges vides, et à proposer des programmes qui reflètent la réalité des étudiants plutôt que de répéter les propositions de leurs aînés de la CGT, parfois au mépris du bien être des étudiants.
    Peut être pourriez vous aussi évoquer la violence et l’agressivité des militants de l’UNEF, étant donné le nombre d’étudiant que j’ai entendu dire "j’ai voté contre l’UNEF parce que j’en ai marre qu’ils me gueulent dessus".
    L’UNEF est son propre pire ennemi et cette défaite devra être une occasion pour eux de ce remettre en question.

    Damedepique Le 13 décembre 2016 à 14:27
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