Accueil > Résistances | Par Laura Raim | 26 octobre 2015

La dignité en marche

Samedi 31 octobre aura lieu à Paris la Marche pour la dignité et contre le racisme. Pour commémorer les dix ans des révoltes dans les banlieues et passer à l’offensive contre une République qui doit être refondée.

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Le spectre de la récupération plane, mais il ne les empêchera pas de marcher. Plus de trente ans après le traumatisme d’une Marche pour l’égalité méthodiquement vidée de sa force politique à coup de concerts festifs et de pin’s "Touche pas à mon pote", les "Racisé-e-s" marcheront pour la dignité le 31 octobre de Barbès à Bastille. Soutenu par Angela Davis, l’appel a été lancé en mai 2015 par Amal Bentounsi, dont le frère a été tué par la police.

Une nouvelle marche donc, dix ans exactement après les révoltes des banlieues, pour dénoncer l’islamophobie, la négrophobie et la rromophobie que subissent au quotidien les populations des quartiers populaires et issues de l’immigration postcoloniale.

Contre le "racisme d’État"

Derrière cette mobilisation qui se veut historique, le collectif Marche des femmes pour la dignité (Mafed), soit une soixantaine de militantes, intellectuelles et artistes aux trajectoires variées mais qui ont toutes en commun de « subir le racisme d’État ». On y trouve des militantes chevronnées comme Sihame Assbague, porte-parole du collectif Stop le Contrôle au Faciès, Houria Bouteldja, fondatrice du Parti des indigènes de la République (PIR), mais aussi des personnalités comme la chanteuse Bams, qui s’est politisée au moment de l’affaire Exhibit B, l’historienne réunionnaise Françoise Vergès, ancienne présidente du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, l’étudiante en droit Anina Ciuci, auteur de Je suis tzigane et je le reste, la doctorante féministe et musulmane Hanane Karimi, ou encore Stella Magliani Belkacem, éditrice à La Fabrique et directrice de publication de la revue marxiste Période.

La dignité n’est pas un concept politique nouveau. Réapparu il y a quelques années dans les soulèvements du Printemps arabe, notamment en Tunisie où la jeunesse exigeait « Dignité, pain et Liberté », il est chargé de l’histoire coloniale. « En Algérie, le "nif" ("l’honneur") était au cœur de la résistance du FLN », explique Louisa Yousfi, membre du collectif. La dignité c’est l’inverse de la "hogra", qui signifie en arabe "humiliation". C’est quelque chose qui parle à tous les "racisé-e-s", c’est-à-dire à tous ceux qui subissent le racisme d’Etat ». Racisme d’État qui prend, selon eux, de multiples formes, du contrôle au faciès à l’interdiction du port du voile à l’école en passant par le démantèlement systématique des bidonvilles rroms, et qui trouve sa forme la plus accomplie dans les violences policières.

Les promesses non tenues de la République

On l’aura compris, l’antiracisme du Mafed et de ses soutiens est bien loin de celui de SOS Racisme, de la LDH, du MRAP et de la LICRA, qui ont lancé en septembre un appel national réaffirmant, dans la perspective des élections régionales, « l’urgence des principes républicains » contre « les candidats du racisme et de l’antisémitisme ». Un discours « éculé des années 1980 », qui « jamais ne parle d’islamophobie », et qui oublie que « les lois racistes n’ont pas besoin de l’extrême droite », souligne Houria Bouteldja, rappelant que « c’est une mairie communiste qui a démantelé le bidonville rrom à la Courneuve cet été ».

De même, le féminisme de ce collectif exclusivement féminin, qui s’inscrit dans l’héritage des "Mères de la place Vendôme", est aux antipodes de celui de Ni putes ni soumises. « On sait que les mecs de nos quartiers sont sexistes, mais leur sexisme n’est pas très différent du sexisme français en général, poursuit Houria Bouteldja. Or penser leur sexisme à travers le prisme de l’islam crée la guerre des sexes et empêche la solidarité dans les quartiers ».

Pour ces "Français de seconde zone", il ne s’agit plus de "quémander" une intégration républicaine qui leur est de toute façon refusée. « La République n’a pas tenu ses promesses, elle ne veut pas de nous, alors maintenant c’est nous qui ne voulons plus d’elle , résume Louisa Yousfi.

"Déclaration d’indépendance"

Les divers intervenants l’ont affirmé haut et fort lors du meeting de lancement le 9 octobre dernier : les hommes et les femmes qui marcheront ne "réclament" pas la dignité. Celle-ci est déjà en eux : « C’est parce que nous sommes dignes que nous marchons », a martelé la sociologue Nacira Guénif-Souilamas, qualifiant la marche de « déclaration d’indépendance ». « On veut poser nos culs où on veut, comme Rosa Parks ! », a lancé Sihame Assbague, citant le rappeur Booba : « Ce sont ceux en face qui ont perdu leur dignité, et le 31 on va les aider à la retrouver », a renchéri Omar Slaouti du collectif Ali Ziri, visant ceux « qui n’ont que "République" à la bouche mais qui pensent en fait Empire, la main sur la matraque ». Pas question pour cet ancien du NPA de s’excuser pour les "violences" urbaines, les flammes mettant « la lumière là où personne ne veut regarder ».

Le ton du meeting pouvait être d’autant plus offensif que plusieurs intervenants ont pris soin d’explicitement condamner les positions de Soral et de Dieudonné, « qui ne s’intéressent qu’à leur gueule et qui en ont rien à foutre des habitants des quartiers populaires », a résumé Omar Slaouti, suscitant les applaudissements de la salle. « Ils ne sont pas antisionistes, ils sont d’extrême droite ! », a ajouté Youssef Boussoumah, du PIR, contrant préventivement les accusations de proximité idéologique auxquels les Indigènes font régulièrement face.

Reste que les craintes de récupération ont autant pour objet l’extrême droite soralienne que l’ensemble de la classe politique. C’est pourquoi le Mafed a clairement hiérarchisé les niveaux de signataires : défileront en tête du cortège, derrière la banderole "Dignité, Justice, Réparations", les familles des victimes policières ainsi que les représentants de l’immigration et des quartiers populaires qui subissent les discriminations. Et resteront en queue de cortège les organisations du mouvement ouvrier et les partis de gauche comme Ensemble, les Jeunes communistes ou le NPA. Ces derniers n’auront pas leur mot à dire quant aux revendications officielles de la Marche, même si bon nombre de militants "racisé-e-s" rêveraient que leurs combats soient davantage inscrits sur l’agenda politique des partis de gauche.

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Vos réactions

  • bel article pour un très beau meeting - toutes et tous à la marche de la dignité du 31 octobre - sans écouter les commentaires ignares et stupides - nous sommes de bien des horizons, couleurs, origines, de différents collectifs de lutte, pas des femmes de partis, artistes ou créatives autrement, mamans ou jeunes filles, de familles, de cultures et de trajets multiples , nous sommes toutes confrontées au racisme, que nous ne voulons plus subir, femmes et hommes issus de l’immigration, des dom tom, de l’exil ancien ou récent, de l’histoire postcoloniale, interne et externe, d’ailleurs, d’ici, toutes des luttes des quartiers populaires et contre les racismes - la racialisation de la société est précisement un des points que nous dénonçons ! nous sommes des femmes qui pensons, indépendantes, nous alliant - réalistement - marchons pour la dignité, la solidarité, l’égalité - pour la mémoire des luttes et pour nos morts, contre les violences policières et d’état - contre les discriminations structurelles - il faut que ça cesse ! que ça change - nous n’attendons plus d’en haut, d’en face - il n’y a que nous qui le ferons -

    inès93 Le 26 octobre 2015 à 13:46
       
    • La présence du PIR pose-un problème majeur.
      Vous dites dénoncer la racialisation de la société alors que c’est précisément un dessein souhaité ardemment par ce mouvement.
      Par ailleurs, je ne connaissait pas le mot "racisé" jusqu’à ce que je le découvre porté en étendard par Sihame Assbague, Houria Bouteldja ou Rokhaya Diallo. N’y a t-il pas là une énorme contradiction ?

      Ecoloclaste Le 27 octobre 2015 à 10:12
    •  
    • Le PIR, comme les dizaines d’autres partis et d’associations défendant l’émancipation sociale, vont faire de cette marche une grande étape dans la prise de parole des opprimés. Et à propos des femmes des minorités, voilà un des entretiens les plus passionnants qu’on puisse entendre :
      La femme est l’avenir du monde arabe
      http://www.anti-k.org/2015/10/28/la-femme-est-lavenir-du-monde-arabe/

      Louis Le 28 octobre 2015 à 20:35
    •  
    • @ Louis
      Et bien tout cela à tourné au fiasco. Le Pir continue ses provocs antisémites et racistes et puis on s’étonne que dans cette marche les associations juives sont victimes de quenelles et insultes antisémites.

      Gillo Le 24 mars à 16:00
    •  
    • Amalgame et caricature. Mais peut importe.
      La vieille France coloniale s’est toujours étranglée devant la mobilisation des opprimés.
      La France rebelle, elle, les a toujours compris.

      Louis Le 24 mars à 16:11
    •  
    • @Louis
      Pas de chance je ne suis pas français donc amalgame et caricature. La France rebelle a souvent été homophobe donc je m’en méfie bcp. Ensuite ces femmes ne sont pas des opprimés mais la plus-parts des membres de la classes moyenne avec des emplois financés par l’Etat comme on a vu plus bas avec Nacira Guénif. Ou alors enseignants avec des emplois stables et pas soumis aux aléas de la mondialisation. Non la France rebelle a instrumentalisé certains opprimés mais ça n’a même pas marché au final parce qu’ils sont toujours tourné le dos à la gauche et ! Le régime algérien d’aujourd’hui n’est sans doute pas un régime de gauche. Ensuite on attend la même compréhension pour les opprimés kurdes ou kabyles et pas uniquement pour les palestiniens. Ah mais j’oublié Houria B. est une impérialiste arabe qui ne reconnaît même pas l’identité kabyle.

      Gillo Le 24 mars à 17:31
    •  
    • Pas de temps à perdre avec enchainement incohérent...

      Louis Le 24 mars à 19:20
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  • Dignité !?
    Non, c’est innée ; c’est la marche des Zombis ca !

    J’aurais préféré - et de loin - la marche de la liberté (free dom march) cela étant dit c’est un bon premier pas..

    Votre nom (ou pseudonyme) Le 26 octobre 2015 à 16:59
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  • Entre faire et ne rien faire pour nous, nous le ferons pour nous et sans vous. Quel courage ! Ces attaques derrière un avatar, facile de ne pas assumer

    Amal Bentounsi Le 26 octobre 2015 à 17:31
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  • Il y aura toujours des racistes dans la vieille France coloniale, s’en prenant à toute forme d’organisation des opprimés, comme par exemple le PIR...
    Il faut regarder ailleurs et participer à ce très grand moment de dignité du 31 octobre, où s’affirmeront les valeurs de dignité et d’égalité, dans la plus belle tradition de la vraie gauche française. Elle s’annonce d’ailleurs massive. L’appel et la liste des signatairesen situe toute l’importance et la pertinence : http://www.anti-k.org/event/31-octobre-marche-de-la-dignite/

    Louis Le 26 octobre 2015 à 19:01
  •  
  • ces femmes se font de la pub et veulent juste remplacer ni pute ni soumises - une marche parachutée sans concertation avec une petite bourgeoisie qui a plutot l’air d’avoir réussi - oui oublions les violences sexistes en banlieue - oublions la pression religieuse, oublions les femmes restant à la maison pour ne pas toucher aux mecs sous prétexte d’organiser une guerre des quartiers. Ces femmes héritières des femmes de la place vendôme - quelle honte d’entendre celà - ces femmes avaient toutes perdu un membre de leur famille et elles n’étaient ni artistes, ni éditrice, ni directrice de recherche, ni cineaste et ne vivaient pas au centre de paris - une petite élite qui veut se faire du beurre sur les beurs comme les autres - donnez leur des ministères à ces imbéciles - comblez leur narcissisme, ces gonzesses qu’on a jamais vu dans les quartiers et qui ne peuvent aligner aucune lutte - çà me donne envie de gerber d’entendre qu’elles sont racisées - et surtout faite le lit du fanatisme religieux avec ces femmes voilées qui font la morale à toutes les autres et les injonctions de la religion qui nous enferme dans nos cités. continuez à nous aliener et à vous liberer afin de vous ériger en tant que porte parole - - pour finir - l’affaire bentoussi me fait penser à l’histoire de diego dans la création de sos racisme - du foutage de gueule - amel n’est qu’une marionette au mains du PIR et les lendemains qui chantent sont loin et ces femmes se réveillerons - pour finir - n’est récuperable que - ce qui marche et a du succes - - au vu de la pauvreté des soutiens qu’il a fallu angela davis pour racoler le peuple - ces jours ci elles ont besoin d’aide et sollicitent les colleurs d’affiche et le so. Les marionnettes peuvent sortir - la récuperation ne plane pas sur les poubelles de l’histoire.

    aziyade Le 27 octobre 2015 à 00:34
       
    • Les affabulations désespérées des partisans du gouvernement, ici, et ailleurs, n’empêcheront pas qu’elle soit un succès au point d’être un début, pas une fin.
      Cette marche fait déjà le plein, car il faut agir vite pour la dignité et l’égalité. Angela Davis, la masse des personnalités et des associations, les familles des victimes de la police ne s’y sont pas trompés, pas plus que Regards et les partis qui luttent depuis toujours pour la justice, l’égalité et la démocratie, dont je rappelle il suffit de consulter la première liste ici : http://www.anti-k.org/event/31-octobre-marche-de-la-dignite/

      Louis Le 27 octobre 2015 à 21:11
    •  
    • Merci pour cette analyse très réaliste et pertinente , il faut regarder derrière les rideaux pour comprendre qu’il s’agit d’une opération hold-up à la SOS Racisme ( la seule différence c’est que çe sont des basanées cette fois ci ) sur les luttes des quartiers et sur une problématique d’actualité qui est l’islamophobie les crimes policiers etc.., entre autres . Ou sont les deux principales associations qui luttent contre l’islamophobie ? dont le CRI qui a été exclu par Houria Bouteldja du PIR de la journee nationale contre l’islamophobie en Décembre 2013 pour empêcher Abdelaziz Chaambi de parler et peut être dévoiler l’instrumentalisation dont il a été victime lui cofondateur du mouvement des Indigenes de la République . C’est une véritable supercherie de voir des bobos basanés voler le fruit du travail de militants et militantes des quartiers çe qui nous rappelle le hold-up fait par Tariq Ramadan sur le travail de dizaines d’associations musulmanes de quartier pour faire carrière médiatique et autre . le PIR est la nouvelle escroquerie qui tente de voler le travail du Comité contre la Double peine de DIVERCITE sur les morts en détention et le racisme dans les banlieues , du MIB de Justice pour le Petit Bard etc...

      Justice pour nous Le 4 novembre 2015 à 19:42
  •  
  • Cette marche a des accents de sécession. Elle est aussi un nouveau signe très préoccupant de radicalisation de la société française car portée par des associations qui, si elles n’étaient pas soutenues par des partis de gauche, s’inscriraient parfaitement dans la mouvance identitaire d’extrême droite.
    Dans leurs discours, le mot "race" est partout et détermine tout. Selon leur plaidoyer, une femme "blanche" ne serait pas légitime pour défendre les droits d’une femme "noire". Un non musulman ne serait pas légitime pour débattre des questions liées à la pratique de l’Islam en France. Etc.
    Les partis progressistes de gauche devraient se tenir à l’écart de mouvements cherchant à diviser plutôt que rassembler. J’ai parfois le sentiment qu’ils nous conduisent, sans le savoir, vers la plus effroyable défaite de la raison.

    Ecoloclaste Le 27 octobre 2015 à 09:55
       
    • Oublions les racistes déclarés ou qui s’ignorent (?), ne supportant pas que les opprimés prennent la parole, et moins encore si il s’agit de femmes.

      Les faits sont là : des femmes reconnues pour leur engagement démocratique, de plusieurs associations, lancent une marche pour la dignité et l’égalité, 10 ans après la révolte des quartiers populaires de 2005. L’initiative est soutenue par des dizaines d’associations, les personalités les plus représentatives de l’émancipation sociale, et les partis vraiment de gauche. La marche promet de réunir des dizaines de milliers de personnes.
      Concernant ces femmes remarquables, qui sauvent l’honneur de la gauche dans ce pays, on peut les entendre ici dans un entretien passionnant (troisième vidéo) : http://www.anti-k.org/2015/10/25/quartiers-populaires-10-ans-apres-clichy-sous-bois-videos/

      Louis Le 27 octobre 2015 à 13:34
    •  
    • Ce femme ne sont reconnue par quasiment personne dans les quartiers populaire et en plus elle ne sont pas de gauche. Elles ne sauvent certainement pas l’honneur en participant à des manifs ou des associations juives minuscule qui tout en soutenant leur combats sont l’objet d’insultes antisémites. De toute façon je me demande bien pour vous ce que signifie concrètement être de gauche Médine de gauche ? Car elle n’hésitent pas à faire appel à ces personnage pour faire venir un peu de monde

      Gillo Le 24 mars à 15:58
  •  
  • Le pir(e) n’est pas toujours certain !
    Voyons plutôt le caractère positif de ce rassemblement sans y discerner les traces confuses de nos frayeurs.
    Quand les frayeurs nous gouvernent, le résultat - passant par les filtres que nous impose la société - est POLITIQUE : acceptation de l’apartheid à la française, négrophobie, rromophobie, islamophobie, lesbophobie, homophobie...
    En ce moment je pencherais plutôt vers l’anthropophobie....

    Z93 Le 27 octobre 2015 à 11:27
  •  
  • Dignité pour qui ? Pour le peuple français qui se fait insulter depuis 30 ans par ces associations, officines du PS pour la plupart ??

    totoLeGrand Le 28 octobre 2015 à 01:53
  •  
  • MOI BLANCHE METISSE DE JE NE SAIS QUOI ATHEE ET FRANCAISE DE SOUCHE DEPUIS LE MOYEN AGE, J’IRAI MARCHER POUR LA DIGNITE DE MES CAMARADES SŒURS FRERES ET AMIES ET AMIS, QU’ILS AFFICHENT UNE RELIGION OU PAS. A CHACUN DÊTRE QUI IL VEUT — ET DONC POUR MA PROPRE DIGNITE EN MEME TEMPS.

    1. Angela Davis n’est ni vierge ni abusée. Laïque mais solidaire.
    Celle qu’il y en a d’assez indélicats ici pour la traiter de "pauvre Angela Davis", n’est pas à l’origine de la commémoration française précise de cette marche anniversaire, qui recense tous les assassinats ou mutilations policiers depuis le 27 octobre, où Zyed Benna et Bouna Traoré furent brûlés à mort dans un transformateur, lors d’une course poursuite avec la police, pendant le Ramadan de l’année 2005. Mais elle est l’instigatrice de son élargissement et de son intégration synchrone avec le mouvement contre le racisme et les brutalités de la police, "Rise-Up October", qui a lieu aux USA en ce moment même, et notamment la manifestation qui a rassemblé les familles des assassinés à New York City, samedi dernier.
    Cette personnalité activiste nationale et internationale des libertés solidaires et contre le racisme, n’est pas récupérée ni anecdotique dans cette journée de samedi prochain, mais une des partenaires qui l’a co-suggérée sur une base antiraciste internationale, lors de sa tournée en France au début de l’année, parmi laquelle son invitation et sa conférence pour les 10 ans du PIR le 8 mai 2015 à la Bourse du Travail de Saint Denis, très remarquée. Voici une trace dans le site même du PIR :
    http://indigenes-republique.fr/8-mai-2015-le-pir-fete-ses-10-ans-avec-angela-davis-2/

    http://blogs.mediapart.fr/blog/segesta3756/120515/discours-dangela-davis-la-bourse-du-travail-de-saint-denis-8-mai-2015-extraits

    2.
    Donc moi athée, quant aux propos dignes de Riposte laïque que je lis ici en commentaires , je ressens que ce sont ces propos mêmes qui sont d’extrême droite et endo-xénophobes — pas besoin d’être au FN.
    Je soutiens bien sûr cette marche et ses organisatrices et organisateurs, même si je n’utilise pas les concepts théoriques de Houria et d’autres, tel "racisé", ou même contradictoirement utilisé ici par d’autres, "racialiser", bien que, contrairement à ce que pensent ici quelques personnes peu informées bien qu’enivrées de rationalisme, ces termes soient partagés par des intellectuels loin du PIR mais travaillant comme Houria dans la catégorie des Cultural Studies fondées par les universités américaines, en dérivant la question des identités depuis la théorie des genre et en les appliquant à l’identité des descendants des indigènes importés ou émigrés ou des indigènes natifs dans les sociétés occidentales. Et notamment la question des Noirs et des Métisses non seulement par rapport aux Blancs mais encore entre eux.
    Scientifiquement, nous savons aujourd’hui que les races n’existent pas, donc je considère que le terme "racisé", employé je le répète par de nombreux intellectuels progressistes anti-racistes, est impropre, même s’il stigmatise l’idéologie d’exclusion de ceux qui croient légitime de penser en termes de races (voir Nadine Morano).
    Recourir à cette racine perpétue même a contrario une idéologie des races.
    Nous avons beaucoup d’autres mots possibles pouvant être adoptés pour le remplacer à juste titre dans le combat, comme les concepts de xénophobie — endo et exo xénophobies qui permettent de signifier aussi bien l’exclusion au titre de la culture ou des religions que celle de la couleur de peau et des rapports post coloniaux ou les étrangers en général.

    C’est mon point de vue mais il ne m’empêche pas de penser que Houria Bouteldja est une fille passionnée et intéressante, c’est le moins qu’on puisse dire.

    Après qu’il y ait des permanents rémunérés dans une organisation politique ce n’est pas nouveau. ça me choque moins que les salaires éhontés des élus qui n’honorent même pas de leur présence systématique les lieux de leurs mandats.

    En outre tout le monde évolue. Le PIR a bien le droit d’évoluer aussi au contact des expériences sociales et des guerres.

    3.
    Sur la manifestation de samedi voici un lien qui éclairera un peu plus largement les obsessions religieuses quand elles constituent inconsciemment une idéologie xénophobe (raciste)
    http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/

    Louise Le 28 octobre 2015 à 03:39
       
    • Louise, je respecte vos positions mais ne jetez pas l’opprobre sur vos contradicteurs en les accusant d’être membre de mouvements attisant la haine et la division comme Riposte Laïque ou le FN.
      Bien que Français de culture musulmane, fils d’ouvrier immigré Algérien et politiquement proche de la gauche écologiste, je ne participerai pas à cette marche qui, je le répète, alimente dangereusement la sédition, le ressentiment, la division et la haine.
      A part la guerre civile, quel projet politique peut on construire sur le ressentiment et la haine ?
      Je suivais avec bienveillance les combats de Sihame Assbague, mais la lecture régulière de ses contributions sur les réseaux sociaux m’invite à l’extrême prudence en raison de la radicalité de ses propos souvent incendiaires. Jeter l’opprobre sur la police, la justice, les médias mainstream, l’école ou quiconque a une opinion critique sur l’Islam ne mènera qu’à la ruine. C’est ainsi que l’on fabrique des "massacreurs".
      Lisons ou relisons "Les identités meurtrières" d’Amin Maalouf. Essayons de créer du lien avec ceux qui ne nous ressemblent pas ou qui ne pensent pas comme nous.
      Je vous invite également à modérer vos espérances et à garder une distance critique sur ces mouvements ainsi que leurs personnalités.

      Ecoloclaste Le 28 octobre 2015 à 12:21
  •  
  • à Ecoloclaste : êtes-vous le webmaster ? J’ai 70 ans passés, fille de résistants FTP, et une vie d’adulte de luttes sociales engagées et anti-colonialistes et n’ai pas de leçons à recevoir sur un ton condescendant et paternaliste — ou maternaliste — comme celui que vous m’envoyez.
    Je n’aime pas du tout la façon dont on m’a répondu ici. Je n’attisais aucune haine ni n’assignais personne à un parti. Je disais "digne de" ce qui n’était pas une assignation à en être, etc....
    Etant une camarade de "Ensemble" j’avoue que ça me pose un problème si ces réponses en émanent.

    Dans ces conditions je me garderai bien désormais en tous cas de poster parmi des commentaires ici, pour le reste je verrai. Salut.

    Louise Le 28 octobre 2015 à 14:46
  •  
  • Vous vous rendez compte des propos que vous tenez ? Ce baratin propagandiste ! Scandaleux. C’est vous qui jetez l’opprobre sur des gens, pas moi. Décidément il est bien dangereux de ne pas modérer un forum sur un tel sujet.
    Qui êtes vous d’ailleurs ? On ne le sait toujours pas.

    Louise Le 28 octobre 2015 à 15:38
  •  
  • Un rappel : la participation aux espaces de discussion de regards.fr requiert une adresse e-mail valide, et proscrit l’usage de pseudonymes multiples. Les posts des contributeurs ne respectant pas ces règles sont supprimés.

    Jérôme Latta Le 28 octobre 2015 à 15:43
       
    • C’est à moi que vous vous adressez ? Je ne suis pas cachée
      je n’ai pas d’autre compte FB, ni même TW que sous ce nom connu sur le web depuis 1999 notamment dans les listes libres nettime.

      si pseudo, pseudo d’écriture, entre autre, cette préface à un livre sur Olympe de Gouges que vous trouverez dans toutes les librairies en ligne.

      Et toutes mes signatures dans La revue des Ressources (revue en ligne avec un ISSN)

      Et sous mon identité civile, (que je n’utilise pas pour signer mes écrits activistes, non pour me cacher parce qu’étant d’autre part éditrice engagée par une raison sociale, je suis tenue à un devoir de réserve par rapport aux auteurs que je publie qui n’ont pas obligatoirement mes idées), je suis souscriptrice de Ensemble, après avoir abandonné ma souscription au Parti de Gauche, notamment dû à mon désaccord sur une rigidité interne à l’égard des sujets que nous discutons ici.

      Louise Le 28 octobre 2015 à 19:10
  •  
  • En tant que laïque et athée face à l’angoisse de la mort, problème philosophique de base de l’existence humaine, je considère que personne na le droit de contester qu’individuellement les gens choisissent de combattre cette angoisse aidés par une religion. Nous avons pire : le Prozac et la Ritaline. J’ai des amies magrébines qui ont lutté pour ne pas porter de voile, et d’autres qui se le sont mis sur la tête par révolte. Et toutes sont restées mes amies. Ce n’est pas parce qu’une femme porte un voile, comme ma propre grand-mère ne sortait pas sans mettre un foulard sur sa tête en pleine région de la Creuse, alors que pourtant elle n’était pas croyante, qu’elle fait intégrer un mode tribal dans un Etat constitutionnel bien fait pour tous. Sinon ça veut dire que ce système est injuste. Pour être caricaturale : que tous les élèves de l’école publique soient obligés de suivre le même enseignement est un fait de droit. La question des vêtements en est une autre. Ou alors qu’on impose de nouveau les blouses et l’uniforme dans le secteur public — comme dans mon enfance. C’était très bien, cela évitait aussi les signes ostensibles de richesse face aux pauvres.
    Maintenant, la problématique de l’union avec le même, est mortifère — tant pour les gens victimes de leurs tribus quelles qu’elles soient que ceux victimes de notre doxa. La vitalité biologique — et sociale — procède tout au contraire de la confrontation féconde des différences.

    Louise Le 28 octobre 2015 à 15:52
  •  
  • Totalemen t en accord avec Ecoloclaste et en désaccord avec Louise.
    Toutes ces associations et ces marches laissent à entendre que le peuple français serait raciste et que les immigrés seraient maltraités en France.
    C’est une honte et un vrai scandale. Qui ne font que créer divisions, communautarismes, extrémisme.

    SOS racisme est bien l’association qui a sauvé le racisme.

    totoLegrand Le 28 octobre 2015 à 19:21
  •  
  • @Louise
    Vous avez utilisé une adresse valide et n’avez pas eu recours à des pseudonymes multiples : mon message ne s’adressait donc pas à vous.

    Jérôme Latta Le 28 octobre 2015 à 20:14
  •  
  • Merci beaucoup

    Louise Le 28 octobre 2015 à 20:48
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  • pourquoi avoir supprimé toutes les réactions sur le PIR - finalement vous ete comme eux . ces nouvelles égéries quii n’ont aucune pratique ni présence dans les quartiers et qui ne se sont jamais occupés des violences policières à part animer des joutes sur leur site ou à la télé . ah oui comme elles font partie du monde mediatique et des petits cercles parisiens et des relais blancs dans les medias . Vous les ménagez comme elles exploitent les petites mains . Leur seul discours , ’est de taper sur sos qui est mort depuis belle lurette et cette fadela amara bien piètres ennemis actuels ; c’est moins difficile que de s’attaquer aux vrais profiteurs et à tous ceux qui nous exploitent . C’est pas grave, dimanche matin, elles vont se réveiller dans leur doux cocon doré parisien et pourront recommencer à nous saouler avec leurs diatribes et toucheront leurs revenus tranquilles à la fin du mois. Allez circulez y a rien à voir et loin de la misère . Nous ne comptons pas sur ces bourgeoises pour changer nos vies et c’est pourquoi nous ne marcherons plus !!!!!!

    lola Le 29 octobre 2015 à 16:41
       
    • depuis des semaines, les tribunes de ces dames sont nous nous référons à la marche de 83 mais le rgard est condescendant, ils se sont fait avoir ( tribune de nacera guenif et) quelle saloperie de parler ainsi de jeunes qui ont permis l’eclosion du mouvement associatif et donné un sens à toutes les luttes de l’immigration postérieures - qui depuis ne s’est pas fait canarder par ces forces de l’argent, quel mouvemnet a réussi ce que les marcheurs ont raté - qui de ces dames peut aligner une lutte ou elle a été victorisue , elles crachent sur la gauche française, mais celle ci a été bonne fille afin de leur donner les moyens de faire carrière , quelle hypocrisie , on fréquente l’élite de gauche et aujourd’hui on vient cracher sur la gauche , qui de ces dames s’est mobilisés sur les violences policières avant cette marche, le droit de vote, la rénovation urbaine, le racisme quotidien, les discriminations au travail à part se coller près des femmes voilées qu’ont-elels fait pour les femmes des quartiers popoulaires, pour les jeunes à part de vouloir exister en instrumentalisant ces luttes, nous vous attendons dans les quartiers pour soutenir les luttes quotidiennes et ne pas juste jouer de la parole et de l’écrit - ces jeunes que vous méprisez ont mis 100000 personnes dans la rue - y arriverez-vous avec vos grandes envolées - révolutionnaires de salon.

      tahar Le 30 octobre 2015 à 09:15
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  • Encore Regards comme Médiapart se plantent comme toute la gauche radicale bobo bons genres de Marseille centre ( GA 13 ) un peu de tolérance sur le voile , une évocation un peu critique du PIR qui fait le combat symétrque du Fn par effet miroir en insistant sur les questions d’ identités ethniques ...

    A Marseille c est une bande de bons blancs de la Gauche anticapitaliste 13 qui étaient partis soutenir la candidature faussement voilée d’ Avignon du NPA ( dont plusieurs des membres sont rentrés au PS ) et qui ont détruit le Front de gauche en son centre , par leurs logiques d’ élimination , de calomnies et de diffamation !

    STORA Antonin Le 30 octobre 2015 à 19:14
       
    • eh oui - malheureusement tous ces signataires ne se rendent pas compte des forces politiques qui sont derrière tous ces militants qui n’ont dautres finalités en france dans un pays ou nous sommes minoritaires aux musulmans, aux noirs et aux roms. a moins de vouloir quitter la france, je ne vois comment on construit un pays pour nos enfants. nous n’avons pas choisi souvent de venir en france, nous y sommes par milliers aujourd’hui et c’est le pays de nos enfants. Nous voulons qu’ils y vivent en securité et qu’ils construisent leur avenir sans sous estimer ni ignorer le racisme et les discriminations.Nous nous devons de rassembler et non de nous mettre à dos ces forces populiste. Le PIR et ses acolytes dans cette marche alimente le fonds du front national et l’enracine encore plus. Nous n’avons pas besoin de référence américaine pour mesurer notre condition ici et maintenant. La marche de 83 n’était pas une commémoration, elle partait d’un goupe de jeunes qui avait été confronté pendant l’été 83 à un harcèlement policier et des affrontements violents , c’est pourquoi elle a rencontré un tel succès et un véritable ancrage populaire. Les marcheurs n’ont pas ressenti le besoin de verrouiller un comité d’organisation, ils étaient généreux et surtout démocrates et on su rallier des convictions et des forces en mouvement. Aujourd’hui, on entend partout, y a rien d’autre pour commémorer des émeutes dont d’ailleurs personne ne revendique la responsabilité ni la direction, il faut y etre pour ne pas rester de coté sans grande force de conviction sans oublier certaines alliances qui sont plus contestables. on parle des décibels des concerts de sos , qu’allez vous faire demain avec les décibels de rap en fin de manif . Le PIR et ses affidés ont bien assimilé les méthodes et ils les réemploient de la même manière en récupérant toutes les luttes et la marche de 83 tout en méprisant les marcheurs qui n’ont pas réussi à éliminer le racisme. C’est comme si on reprochait au mouvement noir aux états unis d’avoir donné naissance à une classe moyenne, au président obama et aux meurtres des jeunes par des policiers, à la guerre du golf et à guatanamo. Les marcheurs de 83 ont été traités comme tous les mouvements sociaux de ces trente dernières années. Un peu d’humilité !!!!

      tahar Le 30 octobre 2015 à 20:35
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    • les photos sont parlantes , les premières photos de la marche apparaissent avec nos stars en première ligne arborant le badge mafed comme dans les rencontres du G20 et une banderole de tête avec des photos de jeunes tués sans nom ni date de naissance ni date de mort ni circonstances de la mort . Houria Boutelja porte la banderole souriante et exhibe fièrement la photo de leila KHALED , résistante palestinienne, dont le nom est clairement affiché et la cause pleinement assumée , les jeunes victimes morts en France ne sont que le prétexte pour montrer d’autres visages, son parti et son idéologie. photo qui illustre l’instrumentalisation assumée par ces gens.

      tahar Le 1er novembre 2015 à 19:23
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  • Il y avait tellement d’autres femmes qu’Houria... Son parti était noyé dans une large masse politisée dont des militantes et des militants des premiers rangs qui en auraient plutôt eu à raconter à la génération d’Houria que l’inverse. Vous faites vraiment une fixation. Les Indigènes étaient dans les derniers rangs de la manif comme toutes les organisations politiques venues sous leur propre banderole et parmi lesquelles une organisation révolutionnaire juive anti-raciste au drapeau noir et rouge avec une étoile de David.
    Comme dû à la fatigue je ne suis pas allée à la Bastille (où Houria apparaît davantage sur les photos), pour ma part je ne l’avais même pas remarquée en marchant dans les cortèges ou en les remontant, alors que beaucoup d’autres femmes impressionnaient et aussi des hommes.
    Leila Khaled est pour les femmes un symbole comme Guevara pour les hommes. Elle était membre du FPLP chrétien et laïque. Donc qu’une musulmane se réfère à son image est tout sauf communautariste, un symbole féminin de lutte oui sans doute et qu’est-ce qui vous gène plus en Leila Khaled qu’en Guevara ?
    Voici un reportage photographique de bas en haut, de tous les moments préalables, puis de la marche, puis de la tribune à la Bastille :
    http://patlotch.com/text/488b2cdb%28autosaved_autosaved_autosaved_autosaved_autosaved_Patlotch2013%29-754.html

    Et voici l’article du Parisien :
    http://www.leparisien.fr/paris-75/marche-de-la-dignite-des-milliers-de-manifestants-a-paris-contre-le-racisme-31-10-2015-5235663.php

    C’était émouvant et très beau. Le poing levé des réprouvés des prolétaires et des anti-colonialistes engagés était le geste symbolique le plus répandu y compris dans les premiers rangs. Non pas les doigts levés vers le ciel.

    Louise Le 2 novembre 2015 à 05:14
       
    • je comprends votre émotion à la vue de tous ces prolétaires et reprouvées (directrice de recherche, sociologue, artiste, cinéaste, essayiste, sociologue) etc... dont les fins de mois doivent être difficiles et les carrières en panne. Je comprends votre compassion pour ces reprouvées anticolonialistes le poing levé et je vous invite à continuer à les regarder avec cette indulgence qu’on accorde aux simples d’esprit ou aux inférieurs, ou aux enfants quand ils singent les adultes. Houria Boutelja est porte parole d’un parti qui a annoncé cette marche et en a été le principal initiateur. Certes, ce parti est une affaire familiale dont les principaux dirigeants sont le compagnon d’houria et son gourou de l’autre coté. Nous sommes un certain nombre à bien connaitre les pratiques de ce parti et de sa porte parole qui témoigne d’une capacité de manipulation et de mise en scène admirable. Elle est comme tous les politiciens, un sens de la formule clivante comme farida belghoul, une mise en scène vestimentaire selon les publics, le foulard quand elle a besoin de convaincre les associations musulmanes ( le CRI l’a beaucoup aidé pour se constituer un réseau dans ces milieux et tisser des liens) une capacité de calomnie sur toutes les initiatives dont elle n’est pas le centre ( lire ses propos sur les marcheurs, regard méprisant, sur les quartietistes et même sur les initiatives femmes des autres réseaux) il suffit de relire ses propos sur le site. Cette mise en scène manque de sincérité à force d’être aussi théâtralisée. Cette femme se rêve d’un destin qu’elle n’arrive pas à concrétiser : ses déclarations sur la guerre d’Algérie, ses postures de combattante sur paris seine, son affichage du keffieh palestinien sur la tête quand il y a des photographes nous laissent perplexes. la voir porter le portrait de cette femme vivante en tête de manif avec son identité tout en portant une banderole de portrait anonymes de jeunes tués dans des conditions obscures par la police m’interroge sur le caractère politicien et instrumental de cette manif ou les violences policières ne sont pas vraiment les vraies raisons de démonstration. Si ce pays est insupportable, qu’elle aille vraiment rejoindre les combattants palestiniens ou qu’elle retourne en Algérie rejoindre les glorieux combattants qui ont engendré une classe de profiteurs et de voleurs.

      tahar Le 2 novembre 2015 à 13:24
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    • @Louise
      Les deux associations juive qui ont participé à cette marche ont tout de même dénoncé des insultes antisémites et des quenelles contre eux. Très justement l’association dont vous parlez.

      Gillo Le 24 mars à 16:05
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  • Oui c’est ça, tous les gens que vous stigmatisez comme des intellectuels — et même connus — sont réputés être des imbéciles abusés par Houria. Et bien qu’est-ce qu’elle est forte, Houria ! :-) Et vous, vous vous révélez de plus en plus.

    Louise Le 2 novembre 2015 à 15:04
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  • Pour conclure sur la Marche de la dignité contre la xénophobie et le racisme (je cite la fin de l’avant-dernier commentaire — ignoble : "Si ce pays est insupportable, qu’elle aille vraiment rejoindre les combattants palestiniens ou qu’elle retourne en Algérie rejoindre les glorieux combattants qui ont engendré une classe de profiteurs et de voleurs.")
    "COMMUNIQUÉ DE PRESSE
    ‪#‎MarcheDeLaDignité‬ : l’indépendance en marche
    À l’appel du collectif Marche des Femmes pour la Dignité (MAFED), près de 12 000 personnes ont défilé samedi 31 octobre 2015, soit dix ans après les révoltes de novembre 2005, de Barbès à Bastille.
    La MAFED se félicite du succès et du bon déroulement de cet événement qui a su allier moments festifs, moments d’émotion – avec notamment les témoignages de familles de victimes de crimes policiers – et clarté politique.
    Les femmes qui ont pris part à l’organisation de cette marche tiennent à remercier toutes celles et ceux qui ont répondu à leur appel et qui n’ont pas hésité à donner de la voix et de l’énergie pour porter haut leurs exigences : en finir avec les violences policières et, plus généralement, avec le racisme d’État.
    Elles tiennent à saluer la diversité des collectifs présents – certains étaient venus de loin (Lille, Lyon, Grenoble, Strasbourg, Marseille, Bruxelles), voire de très loin (avec la présence de militants du mouvement ‪#‎BlackLivesMatter‬). Cette marche, qui a reçu un écho favorable de la part de dizaines d’organisations de l’immigration et des quartiers populaires mais aussi de syndicats et d’organisations de la gauche sociale et politique , a ainsi permis de donner corps à une convergence de luttes et d’acteurs engagés contre l’islamophobie, la négrophobie ou encore la rromophobie.
    La Marche de la Dignité a également réuni des artistes de poids (Médine, Kery James, Disiz, Tunisiano…) qui ont clos la journée par un concert place de la Bastille. Si cela n’est pas sans rappeler les concerts antiracistes de 1984, du chemin a été fait depuis et c’est aussi l’un des messages de cette marche qui a choisi l’autofinancement et refusé les appuis institutionnels. Le projet ne se voulait ni symbolique ni moral, il se voulait politique et radical.
    En cela, la Marche de la Dignité constitue un événement inédit, historique. Elle réalise en quelque sorte une "déclaration d’indépendance" : les luttes de l’immigration et des quartiers populaires en ont fini avec la mise sous tutelle et n’attendront plus de montrer patte blanche pour converger, lutter, et vaincre. Et, eu égard aux critiques et attaques diffamatoires visant les organisatrices depuis quelques jours, il semblerait le message ait été parfaitement reçu…et compris. Autant dire que cette Marche de la Dignité n’a pas fini de faire parler d’elle."

    Louise Le 3 novembre 2015 à 02:53
       
    • Louise tout cela est un fiasco. Et bien sûr qu’elle sont obligé de montrer "patte blanche" à chaque fois qu’une personne qui a participé à cette marche passe à la télé elle semble implorer l’interlocuteur de ne pas la mêler au PIR. C’est curieux presque 6 mois après tout le monde minimise la participation du PIR a cette marche alors qu’ici l’article donne surtout la parole à ses militants.

      Gillo Le 24 mars à 17:59
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  • l’auto glorification n’a jamais fait de mal à personne . Marche historique sur quoi le nombre et l’écho ? on allait voir ce qu’on allait voir, pas mieux que toutes les manifs de ces dernières années sur ces questions et au contraire moins de monde . Ah oui quelques égéries qui vont pouvoir monnayer leurs tournées comme diallo et assbague dont on souhaite le décollage du cabinet subventionné par une fondation américaine. Nous souhaitons à bentoussi que ses nouvelles copines soient présentes au prochain procès sur la mort de son frère et que la question des violences policières et la juste réparation de ces morts injustes soient à l’ordre du jour des projets de ces dames avec autant de vigueur que leur auto glorification.

    lydia Le 3 novembre 2015 à 08:45
       
    • oui déclaration d’indépendance mais pas renoncement aux subventions - : le 30 octobre - nacera gueniff souilamas organisait un colloque international à paris VIII sur les résistances financé par le ministère de la jeunesse aux sports et par l’acse . Il serait trop long de faire le point sur les privilèges dont on bénéficié ou bénéficient ces dames dans leurs initiatives ou films documentaire ( ex : samia challah) ou leurs compromissions . Finalement, loin de la coupe aux lèvres, loin des déclarations d’indépendances aux actes . Comme les politiques : elles ne feront guère illusion sauf pour les borgnes ou les ignorants.

      caela Le 3 novembre 2015 à 11:23
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  • Mais ce que vous leur reprochez est le cas de toutes les associations en France ! Indépendance de la manifestation. Oui. Mais c’est toujours relatif. Je vous trouve tous d’une mauvaise foi vraiment limite. Quant aux allégations sur les USA, n’avais-je pas écrit ici en premier lieu ici que c’était une manifestation d’échange de solidarités contre les violences policières synchrone avec la semaine "Rise Up October" ? Je ne vois pas où l’internationalisme traditionnel de la gauche poserait soudain un problème ?

    Louise Le 3 novembre 2015 à 14:11
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  • Je ne vois pas où l’internationalisme traditionnel de la gauche poserait soudain un problème ? Sauf à des gens de droite nationaliste.

    Louise Le 3 novembre 2015 à 14:13
       
    • les gens des quartiers sont soumis à toutes les injonctions contradictoires qu’il serait trop long à énumérer : d’un coté : la religion et la lutte contre l’impérialisme et l’occidentalisation de l’autre sans oublier La solidarité Palestinienne pendant que les pays arabes les ont soit tué ou abandonné. le désir d’indépendance ne passe pas visiblement par le refus de se faire photographier en tant que femmes racisées et autonome sous le portrait de médine le chanteur en fond d’écran : on a les maitres que l’on peut. ce serait intéressant qu’on leur demande de publier leur patrimoine ainsi qu’à leur soutien en autre la richissime aminata Traoré qu’elles devraient solliciter pour combler leurs finances. les pauvres habitants des quartiers font ce qu’ils peuvent pour ne pas crever de leur propre misère, ils n’ont pas besoin de nouveaux maitres.

      caela Le 3 novembre 2015 à 14:50
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  • Quand, dans un forum d’une revue telle que Regards, du mouvement Ensemble, les réponses de gauche se mélangent solidairement sans s’en rendre compte avec les réponses de droite voire d’extrême droite, au nom de défendre la pauvreté, il n’y a plus rien à dire, même si on n’est pas d’accord : on ne pourra être entendu. Monologue pour monologue : salut.

    Louise Le 3 novembre 2015 à 20:54
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  • Qui a parlé de "nouveaux maîtres" des banlieues ? Vous parlez comme si vous y prétendiez vous-même puisque vous jugez pour eux et parlez en terme général.

    Louise Le 3 novembre 2015 à 20:59
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  • je n’ai tout simplement pas perdu mon sens critique contrairement à beaucoup de suivistes qui acceptent qu’un texte ou qu’un projet soit verrouillé et portant sur un discours de sécession contre "les blancs" et les partis de gauche qui ont certes besoin de revoir leurs discours et leurs revendications. Je lis un peu et je ne vois rien de nouveau ni de fondateur dans cette manif. Le courage des anciens de Marseille en 1973 ont organisé une greve générale contre les crimes racistes d’algériens. sans oublier tous ceux qui dans leurs associations, dans leurs collectifs ont permis de remette en lumière le 17 octobre 1961, les mères qui ont défilé en masse le 3 décembre 1983 que personne n’a contacté alors qu’elles sont vivantes, les milliers de jeunes qui se sont organisés depuis pour faire vivre un mouvement associatif qui ont mené depuis trente ans les les luttes contre les violences policières, la double peine, les crimes racistes, le droit de vote et les luttes sur le logement qui s’est vue relégué au statut de mouton suiveur, de pestiféré relégué et moqué comme ayant été incapable de faire face aux forces politiques, économiques et sociales pour se constituer en véritable force politique. Ces femmes ne peuvent mystifier que les ignorants ou ceux qui aspirent à un peu de lumière médiatique comme djamel Attalh qui vient déclarer qu’en 1983 " nous n’avions pas les moyens intellectuels" lui qui à la fin de la marche a simplement choisi d’entrer au parti socialiste et qui doit être amer de ne pas avoir décrocher un place de député. Ces flateur de la dernière heure devraient faire œuvre de critique : qu’ont-il fait depuis des années, quelles luttes ont-ils initié, quelle mouvement ont-ils crées. quelles réflexions ont-ils mis au service des quartiers populaires dont ils s’abreuvent à longeur d’articles de presse et de facebook. quelle résistances ont-il mené pour que le mouvement initié par la marche ne soit pas enterré ? Quelle résistance contre sos racisme ? quelle mobilisation ? ces journalistes qui se découvrent des solidarités nouvelles ont-il embauché des noirs ou des arabes dans leurs journaux depuis trente ans. L"ours du monde diplomatique est toujours aussi mono colore. il ne faudrait pas que l’opération de séduction de ces femmes remplace l’ancienne fascination des beurettes mais sans lendemain. Les femmes rebelles réveillent toujours des fantasmes masculins difficiles à déceler et à dénoncer. Pour terminer vu le peu de place laissée à la critique, je remarque l’absence de projets ou de propos sur les violences policières. les commentaires et les bilans se réduisent à soit se glorifier soit à faire la nique aux blancs comme siham assbague ( piètre politique) en oubliant le pourquoi des révoltes sociales de 2005 ou en donnant corps à des luttes réelles pour reconstruire un rapport de force en notre faveur.

    tahar Le 5 novembre 2015 à 14:24
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  • Donc pour Nacira Guénif c’est une déclaration d’indépendance mais elle veut tout de même continuer à recevoir des financement de l’Etat français colonial dont elle est par ailleurs partie intégrante via le CNRS, tout comme l’enseignante qui est allé à des paroles et des actes. Je ne nie pas que ces problèmes n’existent pas mais je demande bien si les gens qui organisent ces manifs ne sont pas justement des personnes qui soit :
    a) Culpabilisent parce qu’eux ils posent leur cul où ils veulent car il font partie intégrante de la classe moyenne. D’ailleurs citer Booba :-))) alors qu’il se fiche un max par exemple du conflit israélo-palestinien il s’est même fait critiquer par Tariq Ramadan pour cela et c’est un mec symbole du capitalisme de l’industrie de la musique.
    b) Veulent passer à l’histoire comme des black panthères françaises alors qu’aucune d’entre elle ou eux n’est même pas capable de démissionner de la place confortable que l’Etat français leur a accordé comme fonctionnaires alors risquez sa vie ou aller en prison ....
    Quand à François Vergès rappelons qu’elle a essuyé un revers pour son institut de je ne sais pas quoi qui devait être financé par le conseil régional de la Réunion, s’il y en a une qui est liée au pouvoir c’est bien elle et je pense que c’est bien le revers qu’elle a essuyé et sa perte de pouvoir qui la pousse à ces genres de manifs dont elle était auparavant plutôt critique.

    Gillo Le 24 mars à 17:49
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