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Accueil > Politique | Par Le Temps des lilas | 30 juin 2017

Libres d’inventer les autres solutions

Tribune – Un an après son lancement, le collectif Le Temps des lilas appelle la gauche d’alternative à être à la hauteur des enjeux en se libérant de ses postures et de ses impuissances, pour proposer un projet de société concret et mobilisateur.

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Il y a un an, nous lancions le collectif "Le temps des lilas" pour créer un espace de réflexion, au-delà des échéances électorales de l’année 2017. Après l’échec des mobilisations contre la loi Travail et la fin de Nuit debout, la campagne présidentielle s’ouvrait sur une impasse. Malgré les tentatives de résistance, le libéralisme et son TINA ("Il n’y a pas d’alternative") restaient omniprésents, le repli identitaire et les folies sécuritaires étaient chaque jour plus vives. Depuis, les élections ont rebattu les cartes du jeu politique. Mais elles se sont soldées par une nouvelle victoire du système. Nous partions du constant que pour changer vraiment la vie, le travail d’invention est décisif. Nous voulions démontrer que d’autres solutions sont possibles. Un an après, cette démarche nous paraît plus que jamais nécessaire.


L’élection présidentielle de 2017 a produit un spectacle formidable : un casting sans cesse renouvelé, des rebondissements à n’en plus finir – sans qu’il ne soit jamais vraiment question de politique. Le 7 mai au soir, sans surprise, c’est Emmanuel Macron qui a été élu. Dans des habits neufs et une version sexy, sa victoire est bien celle du système et la consécration de la technocratie austéritaire. La recomposition politique a été rapide, mettant fin à plus de trente ans de rivalités factices entre sociaux-libéraux et libéraux tout court, En Marche ! est en passe de devenir le parti unique du TINA.

Emmanuel Macron a surtout bousculé la sociologie des dirigeants. Sous un vernis de "société civile" fait d’entrepreneurs et autres CSP+, il a su installer au gouvernement les fractions des classes dominantes les mieux intégrées à la mondialisation, balayant les vieilles élites et les anciens codes politiques. Bien sûr, il ne marchera pas sur l’eau ni ne rendra pas la planète « great again », la parité restera de façade, les MM. Propre de la politique continueront à être balayés par les affaires.

Nous subirons de plein fouet ses ordonnances de destruction du droit du travail et la permanence de l’état d’urgence. Mais il ne faut pas sous-estimer nos adversaires et leur capacité d’attraction. Leur stratégie séduit une partie du salariat et cherche à diviser notre camp en désignant comme "privilèges" les acquis sociaux.

L’abstention a battu de nouveaux records, en particulier dans les classes populaires. Pour beaucoup, le jeu politique ne semble pas en valoir la chandelle. À quoi bon se déplacer, quand on n’en peut plus et qu’aucune alternative ne s’impose comme désirable ou plausible. C’est toute la faiblesse de notre camp que de ne pas savoir mobiliser cette colère diffuse. C’est aussi la plus grande force de l’ordre établi : là où pourrait fleurir l’envie d’un autre monde, il produit de la résignation et du retrait.

Pour être à la hauteur, notre camp ne peut se satisfaire de poursuivre ses routines ou de tenter un énième "coup" électoral. Ce n’est pas par une "blitzkrieg" que nous renverserons le système. Il y a une bataille culturelle à mener et elle repose sur un patient travail de déconstruction des idées reçues et d’élaboration de propositions pour montrer qu’une alternative se dessine. C’est à ces questions que nous nous sommes attelés et ce sont ces "autres solutions" que nous continuons à creuser.

La gauche s’égare trop souvent dans un discours abstrait, moral ou intellectualiste, sans donner à voir comment elle changerait nos quotidiens. Nous devons aussi revenir aux préoccupations concrètes de la population. Or, c’est en s’appuyant sur le désir de changement, sur la volonté d’en finir avec les humiliations, les relégations, les invisibilisations, les fins de mois difficiles, la violence policière, les espoirs déçus, que nous pourrons mobiliser au-delà du cercle des convaincus. Il nous faut enfin démontrer que "c’est possible", que d’ailleurs des alternatives existent déjà.

Pour combattre ce poncif trop répandu selon lequel notre camp ne propose que des chimères, nous devons développer notre système d’expertise et de contre-expertise. Que ce soit le fruit de recherches universitaires ou d’alternatives concrètes créées par en bas, tout doit nous inspirer. Mais nous devons autant trouver des propositions concrètes et percutantes qu’inventer un langage politique nouveau. Nous avons besoin d’un récit politique qui dit dise notre destin commun, qui rende visibles et déconstruise les dominations et donne envie de tracer de nouveaux horizons.

"Abrogation de la loi Travail", "Non au CETA comme au TAFTA", "retraite à soixante ans" : notre camp exprime toujours ses revendications sur un registre défensif. Réclamer le retour à une réforme que l’on avait combattue quelques années plus tôt, c’est se condamner à courir, sans succès, après des miettes. C’est se contenter de pansements contre l’austérité, d’un keynésianisme rafraîchi, de résistance isolée face à la catastrophe qui vient. Il ne suffit plus de relancer la machine capitaliste avec quelques milliards d’investissement verts ou solidaires. Pour vraiment changer nos vies, il faut revenir à la racine de notre opposition au système et trouver les leviers d’une transformation radicale de la société. Pour proposer un horizon réellement émancipateur, il nous faut repousser les limites de ce que notre camp propose et imposer de nouvelles conquêtes.

C’est tout ce travail qu’il nous faut mener pour inventer d’autres solutions. C’est celui que nous avons essayé de mener dans le cadre de nos "Causeries des lilas" En réfléchissant aux moyens concrets de faire autrement, nous avons cherché à nous poser la question du "comment", trop souvent éludée à gauche. Un exemple. Le travail est une préoccupation centrale des millions d’ouvriers et d’employés. Pourtant, sur le sujet, la présidentielle n’a pas été à la hauteur. La hausse du SMIC de 150 euros par mois ne suffit pas. La campagne pour le revenu universel a eu le mérite de vouloir renouveler les questionnements, mais sans y apporter de réponses satisfaisantes.

Comment mobiliser des salariés qui vivent dans la peur de perdre un jour leur emploi en défendant la "fin du travail" ? Dans notre réflexion, nous avons exploré d’autres pistes. Pour permettre l’émancipation du travail, il faut ouvrir les entreprises à la démocratie, inventer les cadres qui permettront demain aux salariés de gérer eux-mêmes leurs entreprises. Et, plutôt que de réclamer des miettes pour les instances existantes comme les comités d’entreprise, il faut aujourd’hui inventer et imposer les institutions qui nous permettront de décider quoi produire et comment en répartir les fruits. Démocratiser l’entreprise, inventer et imposer les institutions d’une démocratie économique, voilà qui serait un vrai moteur de progrès social et permettrait aux salariés de reprendre concrètement du pouvoir sur leurs vies.
Mais au-delà du projet, nous avons besoin de réfléchir à la capacité de notre camp à construire un espace politique émancipateur et mobilisateur pour mener notre combat et le populariser. Les partis politiques existants sont tous en crise et n’attirent plus depuis longtemps. Les nouveaux "mouvements" tels qu’En marche ! et la France insoumise, sans structure de délibération collective, ne peuvent pas, dans leur état actuel, répondre à l’exigence d’un réel fonctionnement démocratique. Pour permettre à toutes et tous, même les plus éloignés de la politique, de participer activement à la réflexion et à la prise de décision politiques, de nouvelles formes d’engagement et de formation sont nécessaires.

L’émancipation réelle ne pourra venir que de notre capacité à ne pas reproduire en interne les schémas de domination qui traversent la société et nous ne progresserons dans ce sens qu’en permettant la remise en question permanente de nos fonctionnements. C’est la discussion que nous avons ouverte avec les "Fabrique des lilas", débats publics où nous avons étudié, décortiqué des expériences passées et actuelles, pour essayer d’imaginer les contours de l’organisation politique dont nous avons besoin.

Bien sûr, il reste beaucoup à faire. Pour préciser et mettre en débat et en œuvre ces "autres solutions", mais aussi pour construire un nouveau récit politique porteur d’espoir et capable de mobiliser notre camp, et de rendre sa perspective majoritaire. La gauche ressort de cette séquence électorale toujours aussi minoritaire, mais plus que jamais la question essentielle de ce que nous voulons faire ensemble, pour qui et comment sont posées avec acuité.

Pour découvrir notre travail, pour y participer, ou bien tout simplement pour se rencontrer, le Temps des Lilas organise une fête le dimanche 2 juillet au Lieu-Dit (Paris 20e), à partir de 17 h. Nous vous invitons chaleureusement à nous y rejoindre.

Les membres du collectif Le Temps des lilas : Sylvie Aebischer, Alberto Amo, Alexis Cukier, Laurence De Cock, Guilhem Grimal, Mathilde Larrère, Arthur Leducq, Frédéric Lemaire, Fabien Marcot, Quitterie Tabard, Alexis Vilanova, Alice Vintenon, Claire Vives.

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  • Juste par curiosité : parmi vous combien il y a t-il de salariés qui pourraient confronter vos réflexions à vos entreprises ?

    Non parce que le gauchisme de salon venant de "sachants" des arrondissements parisiens la gauche en a suffisamment soupé depuis des décennies, merci.

    Quant à la "démocratie" on se doute bien qu’il est plus aisé de l’appliquer à votre club de potes déconnectés du pays qu’à un vrai mouvement politique.

    Cordialement.

    Artanis Le 30 juin à 16:03
  •  
  • "Les membres du collectif Le Temps des lilas : Sylvie Aebischer, Alberto Amo, Alexis Cukier, Laurence De Cock, Guilhem Grimal, Mathilde Larrère, Arthur Leducq, Frédéric Lemaire, Fabien Marcot, Quitterie Tabard, Alexis Vilanova, Alice Vintenon, Claire Vives."

    Treize personnes qui refont le monde autour d’un verre, ça s’appelle une soirée entre potes, pas un collectif.

    Il est vrai que vous n’allez pas dans un vulgaire bistrot mais à une "Table gourmande, table curieuse, café littéraire, café du coin, scène artistique, scène politique" (c’est le site de ce lieu qui le dit). Au moins vous serez sûrs de ne pas croiser de vrais prolos, ce sera mieux pour vos nerfs et les leurs.

    SuperChamou Le 30 juin à 16:37
  •  
  • Des gens tellement déconnectés des réalités qu’ils ne sont même pas au courant d’un programme de la FI. Et ils viennent donner des leçons. Traiter de "blitzkrieg" le travail accompli, quel mépris !

    edrobal Le 30 juin à 17:28
  •  
  • On retrouve nos petits révolutionnaires de salon, généralement pensionnés par l’Etat, en quête d’intensité et de frisson transgressif qu’une vie de petit planqué ne leur a pas donné.
    D’où leur fascination énamourée et un brin paternaliste pour les "dominés" des banlieues ou d’ailleurs, qui en général ne leur ont rien demandé, " l’intersectionnalité et la convergence des luttes" ont du mal à dépasser les vapeurs d’apéritifs et des bars branchés. C’est tellement bon de refaire le monde devant une bière, en exhibant ses 2 égratignures aux bras, victimes des "violences policières", "des rafles", etc... le tout ds une ambiance narcissique où ce petit entre soi se congratule sur les réseaux sociaux, se prend en photos sous toutes les coutures, change régulièrement son avatar.
    Persuadés de représenter les classes populaires, d’être une avant garde "résistante", ils sont en réalité les soutiers les plus conformistes du "système" qu’ils dénoncent .

    vince Le 30 juin à 18:39
  •  
  • Je lis des réactions un peu dures à votre article que je partage à 100%. Enseignant, de gauche j’éprouve les mêmes doutes, je partage les mêmes constats (société, campagnes politiques, engagement Insoumis) que le collectif des "Treize" que je trouve très ancré dans la réalité. Je veux bien faire partie de toute initiative, constructive pour redonner du sens et des couleurs à la Gauche.

    philippe Hebrard Le 30 juin à 21:55
       
    • Ne vous étonnez pas des "réactions un peu dures" ! Sur ce site opère un petit groupe de personnes qui ne voient de solution que par la France Insoumise et son programme électoral (sans oublier son lider maximo).
      Que cela ne nous empêche pas de poursuivre une réflexion ouverte liée à l’action !

      Marc Sidonny Le 30 juin à 22:46
    •  
    • Vous savez, on ne vous a pas attendu.

      On ne vous attends pas dans les grèves et les manifs. La FI ne vous attend pas non plus, avec pour l’instant un poids que la gauche digne de ce nom n’avait pas eu depuis longtemps ... Sauf là où l’initiative "pour redonner du sens et des couleurs à la Gauche" de Caroline de Haas, une grande amie des Lilas, a permis à El Khomri d’être au second tour et à Bournazel de gagner. Belle perf.

      Mais, suis-je bête ? Une "initiative constructive pour redonner du sens et des couleurs à la Gauche", ce n’est pas fait pour gagner, ni même pour tenter d’alléger un peu le sort des classes populaires. Il s’agit juste d’étaler son égo en montrant qu’on peut produire des tartines de théorie pure, quitte à reproduire une énième fois des querelles que les organisations sérieuses ont tranché depuis 40 ans. Si en prime ça permet d’avoir assez de relations pour pondre une tribune de temps en temps dans une publication à l’audience toute relative, pourquoi se gêner ?

      Enfin, amusez-vous entre vous, nous on avance. Sans vous. Par contre ne vous étonnez pas de vous faire marcher dessus si vous vous plantez dans notre chemin pour qu’on vous accorde un peu d’attention.

      C’est pas votre fausse bienveillance d’agressifs-passifs qui nous arrêtera. On vous connait à force, les classes moyennes.

      Super Chamou Le 1er juillet à 01:22
    •  
    • Hey Super Chamou,

      "Vous savez, on ne vous a pas attendu.

      On ne vous attends pas dans les grèves et les manifs. La FI ne vous attend pas non plus, avec pour l’instant un poids que la gauche digne de ce nom n’avait pas eu depuis longtemps ..."

      Hier à la manif contre l’état d’urgence permanent, les militants FI qui affichaient leurs couleurs étaient une dizaine, à tout casser. Pas de banderoles, quelques pancartes. Même des groupuscules ultra-minoritaires comme le POID y étaient plus visibles.
      Depuis 2016 la FI a pris l’habitude manifester seule, et de se poser en alternative au mouvement social ("votez pour nous, ça vous fera économiser des kilomètres de marche"). Même quand elle participe à un événement unitaire comme le 1er mai, c’est en marge avec un rassemblement statique et une prise de parole du chef.

      Commencez pas à préempter des mouvements que vous avez déserté.

      Mathieu Le 2 juillet à 15:29
  •  
  • J’avoue moi aussi n’avoir jamais entendu parlé du collectif des lilas. Pour autant, je ne comprends pas les mots durs à leur égard. Je pense pour ma part que ce genre d’initiative incitant à l’analyse critique doit être saluée. Car après tout, je trouve que ce qui est dit va dans le sens d’une réappropriation de son destin par le citoyen !

    Le fait de "démocratiser" l’entreprise apparaît effectivement comme nécessaire car elle ne peut pas continuer à exister en dehors des règles qui s’imposent partout ailleurs dans notre société.

    De même, un cadre de délibération démocratique large ouvert à tous manque réellement effectivement dans les formations politiques et donc tout aussi bien à la France Insoumise (dont je suis sympathisant) dans ce sens que si elle est bien une plateforme "collective" de travail d’un nouveau genre, celle-ci reste dans un schéma traditionnel dans lequel c’est au citoyen d’y venir et non PHI qui pénètre dans l’espace du citoyen... Or, c’est vers cet objectif qu’elle devrait tendre... Je suis persuadé qu’à terme elle y viendra...

    Maintenant, l’education populaire et le lien social restent des moyens efficaces d’amener vers le dialogue et la rencontre en même temps que de donner la capacité d’analyse critique utiles à l’émergence d’une conscience politique dont l’abstention massive et croissante aux élections laisse à penser qu’elle n’existe plus... En effet, aborder le rejet de la politique à travers :
     l’efficacité redoutable du discours de contre-vérité d’absence d’alternative,
     ou de l’absence supposée de projet désirable,
    C’est oublier qu’aujourd’hui, l’information rétablissant une réalité plus complexe est tout a fait accessible à tous les citoyens à tout moment ! Le terrain n’a jamais autant été favorable a l’émancipation de l’Homme ! Nous subodorons tous qu’il n’y a rien de plus important que l’education et c’est très probablement là que les efforts doivent être fait pour résoudre la situation "paradoxale" que nous vivons !
    A ce titre, je pense que le renouveau de la chose politique passe par l’appui des initiatives associatives éducatives, sociales, sportives et culturelles dont le fil conducteur principal est constitué par le "brassage" des populations : du dialogue naît la réflexion...

    Pour en terminer, je pense que le Collectif des Lilas ne devrait pas s’en tenir à une invitation (ce qui est une bonne chose) mais au contraire chercher à venir au contact des formations politiques et de leur sympathisants ou militants, mais aussi occuper de façon éphémère des espaces publics pour qu’une réelle dynamique intellectuelle conforme aux aspirations qui sont les leurs puissent voir le jour.

    Carlos Le 1er juillet à 08:25
  •  
  • Une initiative intéressante !
    Je ne serais pas présent dimanche pour cause de vacances, mais il faut effectivement se rencontrer et/pour s’interroger sur les moyens de créer un futur meilleur pour tous.
    Il n’y a jamais eu autant de possibilités d’améliorer l’existence de l’humanité, il faut trouver comment les rendre accessible à tous...
    Et comme il y a du boulot, il vaut mieux effectivement s’y mettre au plus tôt !
    Quant à ceux qui veulent nous faire croire qu’il n’y a pas d’alternatives à eux-mêmes et leurs idées, qu’il faut des rapports de violence comme unique moyen d’expression, et qui ne vivent le collectif que par l’autoritarisme, laissons-les de coté : qu’ils soient du capitalisme ou de la France Insoumise, ils finiront par passer à la trappe, car ce n’est pas ça que les gens veulent et ce n’est pas le sens de l’Histoire.

    sébastien Le 1er juillet à 12:18
       
    • Parlant du mouvement FI, où avez-vous vu de l’autoritarisme ? Je ne parle pas d’individus se prétendant Insoumis, par exemple, avec leurs défauts...et leurs qualités.
      Merci de votre réponse

      Lionel Péneau Le 2 juillet à 00:46
  •  
  • "Non au CETA comme au TAFTA"
    et rien sur la chine, siiiic.

    bdpif Le 1er juillet à 13:16
       
    • Et le Yémen la Corse le Mexique la cour neuve. ..

      fred Le 14 juillet à 13:52
  •  
  • Tout d’abord, il ne faut pas préjuger de l’auteur selon son origine sociale, mais plutôt analyser ses arguments et opinions de par leur propre cohérence et pertinence. Nos auteurs n’ont pas besoin de l’excuse de leur classe sociale pour être odieux.
    Ce texte compte 14 paragraphes. Jusqu’au 5ème, tout semble acceptable et je ne vois pas ce qui justifie une critique quelconque de la part de progressistes de quelque horizon que ce soit.

    Mais au 6ème surgit une odeur nauséabonde qui annonce le fond du propos : « déconstruction ». Les prophètes de l’impotence imminente s’avancent pour vous faire la leçon sur votre … incapacité. Cela sent la posture « abstrait(e), moral(e) (et) intellectualiste » que le 6ème paragraphe dénonce. En somme « tout ce que le mouvement ouvrier a fait au cours des 25 derniers siècles est nullissime, nous allons vous annoncer la vérité ultime et vous démontrer LA méthode ultime et toujours fonctionnelle, nous allons vous apprendre la vie ». Soit. Voyons cela.

    « Désir de changement », on dirait du Hollande… « Invisibilisation », l’auteur semble parler de la clarté de son propre texte ! Mais ne nous leurrons pas, cela entend promouvoir un relativisme des luttes, une équanimité de chaque petit désagrément sentimental avec l’oppression capitaliste réelle. Le « possible » de « l’ailleurs » n’est pas évoqué, un humoriste ne révèle pas toutes ses blagues immédiatement… Puis cela parle de « chimères ». C’est trop beau.

    « Tout doit nous inspirer », même la novlangue des « experts » télévisuels, apparemment… Il semble que nos prophètes ne soient pas satisfaits de toute l’expérience déjà accumulée par le mouvement ouvrier dans plusieurs disciplines tant universitaires que pratiques. Non, nos nouveaux prophètes font table rase.

    La lutte des classes ? Oubliez, déconstruisez, ils veulent un « récit » ! Et un hollywoodien, « percutant » ! Nos prophètes sortant des boites de communication ont déjà un évangile tout frais. Oubliez l’Ancien Testament, voici le Nouveau ! Revenons à nos « racines »… pour mieux les brûler ! Permettre aux travailleurs de prendre leur retraite plus tôt ? « Des miettes », « du défensif ». Nos prophètes annoncent modestement l’Apocalypse.

    Oubliez les nombreux travaux économiques des Friot, Lordon, Sapir, Varoufakis, Galbraith, Mandel, Marx, Michael Roberts, Andrew Kliman : le « comment » est « éludé » à gauche car, pour nos prophètes, 150 euros de plus pour les smicards, ce n’est pas assez. « Mais voyons, comment les gueux vont-ils acheter leurs Iphones et leurs Starbucks avec cette monnaie ? ». On voit bien que la crédibilité est elle aussi trop roturière pour que nos prophètes daignent s’en soucier.

    Voyons plutôt leurs miracles de trouvailles : les SCOP. Que c’est innovant… Et « imposer » la démocratie en entreprise (du Macron dans le texte) … Alors que la propriété des moyens de production est toujours entre les mains des capitalistes. Nos prophètes comptent-ils le faire via l’Etat capitaliste ? Ou par l’opération du Saint Esprit ? Ils feront vœux de silence à ce sujet, quitte à taire leur si cher « comment ».

    Pire que tout, ils lient par transsubstantiation démocratie et succès d’une lutte. La délibération collective n’existait pas dans les grands partis ouvriers, cela ne les a pas empêché d’être plus populaires et populeux que les mouvements modernes ne le seront jamais (le PCF de 1945 : centralisme démocratique et 1 million d’adhérents). Délibérer en groupe, ou l’échec assuré : Occupy Wall Street, Podemos, Ciudadanos… ces formes pseudo démocratiques sont de beaux outils de propa… pardon, de communication, mais des chemins sûrs vers l’échec.

    Mais ne vous en faites pas, nos prophètes seront toujours aussi minoritaires qu’ils le promettent, l’aspect des commentaires lucides l’annonce déjà. Après tout, les lilas un effet hypotenseur… Nos prophètes sont venus annoncer le Temps de la Somnolence. Amen.

    Nergal-Satan Le 1er juillet à 15:26
  •  
  • Régler des comptes avec votre ancienne idole ca vous regarde ...critiquer les Insoumis formidable ! mais qd je lis certains passages je me demande si vous étiez bien en France en 2017 ;-)

    « La recomposition politique a été rapide"

    ==> est il normal pour des penseurs de considerer deja que le macronisme est notre horizon pour 40 ans ? On nous a joué la meme musique en 1993 2007 et...

     » À quoi bon se déplacer, quand on n’en peut plus et qu’aucune alternative ne s’impose comme désirable ou plausible »
    ==> Qui a tenté de résister au fascisme et au liberalisme depuis 30 ans a bien remarqué que pour la premiere fois avec la campagne insoumise : des jeunes revotaient, des électeur FN se tournaient vers une gauche et les ouvriers ont refait confiance a la gauche qui leur parle

    « La gauche s’égare trop souvent dans un discours abstrait, moral ou intellectualiste, sans donner à voir comment elle changerait nos quotidiens » des Présidentielles « sans qu’il ne soit jamais vraiment question de politique. »

    ==> la campagne insoumise a il me semble plutot montrer qu’on peut parler politique

    Boris Le 1er juillet à 16:14
  •  
  •  ??
    On se croirait revenu à la cafète de la fac de Nanterre en 1985 à écouter les sermons des grandes gueules de l’UNEF ID.

    En 2017.. après la cata du printemps 2016, macron... comment dire.. ces salades dégoulinantes de fausse bienveillance déclenchent une impression de réchauffé, de vide et de dérisoire, on dirait du François bayrou.

    Le tout venant de personnes qui ont voté macron, en pensant voter Churchill face à hitler… (Staline faut pas pousser…)

    Le gouvernement mis en place notamment par la connerie anti FI va nous démonter, NOUS LES RIEN DU TOUT, et ces génies des lilas n’en subiront aucune conséquence autre que théorique, soyons en sùr, ça sent grave le curé cette affaire.

    Si c’est pour l’esthétique vintage, c’est la bonne voie.

    Arouna Le 1er juillet à 16:52
  •  
  • Je trouve cette tribune désespérante !Mettre de côté 7 millions de personnes qui ont voté pour un réel changement avec le programme l’Avenir en commun sans en tenir compte me donne la nausée ... je veux bien accepter que la critique est constructive mais là ce groupe des lilas nous demande de repartir de zéro et n’a en aucune manière lu ce programme de la FI et tous les livrets thématiques ...Sur quelle planète ont-ils vécu pendant une année et demie ?Je rejoins en cela Boris sur son analyse où de nombreux jeunes sont venus voter trouvant dans l’ avenir en commun source d’espérance et de réelle alternative pour un autre monde possible , le meilleur rempart contre le FN . Pourquoi ne pas partir de ces 19,56% qui se sont rassemblés sur cette idée sachant que la FI doit rester un mouvement dans lequel toute personne peut apporter sa contribution pour l’affiner sans perdre pour autant ses appartenances politiques ? Il ne s’agit plus de créer à nouveau d’autres énièmes plans de sauvetage de la gauche qui pour moi a un effet plus démobilisateur qu’autre chose . Qu’attend ce groupe des lilas pour participer à la FI et y apporter ses idées et critiques pour avancer en commun ?

    jaime Le 1er juillet à 18:43
       
    • Tout à fait d’accord avec j’aime.
      Vous avez quitté le mouvement , nous le regrettons. Mais je n’ai rien oublié ...

      Vous le critiquez car il semble vous dépasser.
      Que proposez vous comme programme ?
      Pour l’organisation du mouvement, ce sont vos départs qui l’ont en partie construite.
      Dommage que vous soyez dans le déni de la France insoumise ...

      Pierre Magne Le 1er juillet à 21:00
  •  
  • Pierre Magne
    Que proposez vous comme programme ?

    Celui contenu dans La Marseillaise et l’Internationale devrait faire affaire .

    buda Le 2 juillet à 03:41
       
    • Je pense que l’Avenir en commun est un bon point de départ.
      Évidemment si comme certain de ce groupe pensent que, par exemple, il ne faut pas changer notre constitution, il risque d’y avoir un problème insoluble !
      Amitiés.

      Pierre Magne Le 2 juillet à 10:18
  •  
  • Bah....Disons que le risque qu’il y a dans la contemplation trop rapprochée du nombril, c’est de se retrouver avec la tête dans le ....
    Un texte qui dénonce les poncifs en les alignant comme en un chapelet de prière, il fallait oser.

    choucroute Le 2 juillet à 09:30
  •  
  • Des citoyens débattent , essaient de trouver des pistes . Leurs propos méritent réflexions , échanges et critiques mais certainement pas mépris et insultes .
    Quand à l’origine sociale .... euh ...... comment dire .... sans se faire incendier ...il a passé combien de temps en usine JLM ?

    Valentin Michel Le 2 juillet à 10:57
       
    • A Leon et Valentin ,
      il y a quelques limites à la bêtise tout de même avec tout mon respect . Je ne vois pas ici de mépris ou insultes . La division au sein de la gauche ( qu’il conviendrait de définir aujourd’hui...) va perdurer pour le plus grand bonheur des macronistes et le milieu des affaires . Même B Hamon , très peu courageux lors du premier tour des présidentielles en refusant de rejoindre la FI et ses 7 millions de votants y va de son mouvement alors qu’il aurait pu être en position de force pour régénérer son propre parti et apporter ses idées et ainsi éviter cette débâcle du PS qui ne s’en remettra pas . La démobilisation et la de-politisation risquent de gagner du terrain devant ces divisions où l’égoïsme est roi à moins que le Peuple plus conscient et mobilisé ne viennent trancher sur le terrain ne voulant plus laisser les coudées franches à cette oligarchie financière qui dicte son tempo sur fond de régressions sociales et civiques en matière de liberté . Et là ,cela ne se fera pas dans la dentelle , bien cordialement ....

      jaime Le 2 juillet à 13:10
    •  
    • Le propre de la démagogie, c’est de prétendre "faire peuple", ce qui ne veux pas dire grand chose. C’est une posture, rien de plus. Et sur ce plan JLM est parfait. Il méprise les socialistes alors qu’il a passé 30 ans de carrière politique en leur sein. Il méprise les communistes alors qu’il n’a pas hésité à se servir d’eux quand son PG n’était pas né. Il se prend pour un "homme du peuple" alors que son patrimoine est loin d’être celui d’un français moyen.

      Pour le reste, je ne connais pas bien le collectif en question, à part Laurence de Cock qui est enseignante et historienne. Sa réflexion est intéressante même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qui est dit. En tous cas je ne la jugerai pas sur ses origines sociales.

      SB Le 4 juillet à 01:54
  •  
  • jaime

    .... Peuple plus conscient et mobilisé ne viennent trancher sur le terrain ...(sic)

    Il semble bien qu’entre l’énorme Abstention (+votes blancs et nuls) et le score des Partis ,les citoyens demandent un ETAT FORT et que la délégation de pouvoir s’est confortée une nouvelle fois encore.
    Une crise économique c’est comme un tremblement de terre, ça ne donne pas de connaissance en Géologie.Peut être serait il utile de lire "l’Etat et la Révolution" de Lénine celui qui a initié les 3 jours qui ont changé le Monde .)

    buda Le 2 juillet à 15:15
  •  
  • Un bel exemple de "gentrification des luttes"...

    Qui chez nous a commencé avec l’arrivée de Laurence de Cock, dans une position non référencée dans l’organigramme, ce qui a mis fin assez rapidement à la "convergences des luttes" (entre la fraction de classe "intellectuelle" et le travail) :

    « Comment peut-on être de gauche ? » Divergence des luttes aux éditions Agone

    Toute ressemblance avec l’élection moustachue dans la 18eme n’est effectivement pas fortuite :
    En marche vers le « rassemblement » moustachu ?

    Porte-Urinoirs Marcel Noël Bourdieu Le 2 juillet à 17:23
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  • @PUMNB

    Un bel exemple de "gentrification des luttes"...

    On ne peut mieux résumer ce genre de moustacherie en effet.

    Arouna Le 2 juillet à 17:58
       
    • Franchement, je préfère la moustache d’Hubert Wulfranc.

      Nergal-Satan Le 2 juillet à 19:32
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  • Valentin Michel  : "il a passé combien de temps en usine JLM ?

    pas dans celle de ton Daron en tout cas, p’tit bourge !

    buda Le 2 juillet à 21:17
       
    • Réponse grossière qui ne répond pas à la question... Voilà votre façon de dialoguer.

      SB Le 4 juillet à 01:44
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  • Le débat sur la dimension sociale des intervenants est intéressant (si on ne s’énerve pas). Si on ne peut pas délégitimer quelqu’un en lui jetant sa classe sociale à la figure (que ce soit pour Jean-Luc Mélenchon ou ce collectif des Lilas) ;
    la présence d’ouvrie-ères, employé-es, personnel des services, tout petit commerçants ou artisans... (la majorité de la population active encore) en nombre important (mais pas tous certes) dans un mouvement et surtout ses dirigeants me semble un critère décisif pour appréhender le réel et les volontés du peuple (sans garantie bien sûr).
    Ce fut sans doute le cas avec le PCF (mais trop de permanents ont éloigné du réel). Je ne connais pas la sociologie du groupe dirigeant de FI. Quelqu’un l’a ?

    communard Le 4 juillet à 20:10
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  • FI qques députés, des militants csp +
    PCF une agonie politique ?
    NPA+anars ?
    Reste les gens qui voudront bien se prendre en charge (via la CGT ? )
    Mais ne comptons pas trop sur les bobos !
    Brrr

    fred Le 14 juillet à 21:54
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