Accueil > Résistances | Par Laurent Hazgui | 21 mars 2016

Loi travail : coups de matraque à Tolbiac

Récit et images de l’intervention musclée des forces de l’ordre, jeudi 17 mars aux abords de l’université Paris-I Tolbiac, et de l’évacuation brutale des étudiants qui tentaient de se réunir en AG après la manifestation contre la loi El-Khomri.

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À la fin de la manifestation contre le projet de loi travail El-Khomri, jeudi 17 mars dernier à Paris, plusieurs dizaines d’étudiants tentent de se rendre à l’université de Paris-I Tolbiac, très proche de la place d’Italie où s’est achevée le rassemblement, pour une assemblée générale à l’appel d’étudiants du centre Pierre-Mendès France. Problème, des cordons de CRS autour de place empêchent de s’y rendre. Et pour cause. Le président de l’université Paris I a décidé de fermer le site le matin, sort réservé à seulement trois universités dans le pays ce jour-là (Lyon II et la Victoire à Bordeaux sont les deux autres). Étrange décision dans un contexte de mouvement social, durant lequel les étudiants ont besoin de se réunir pour échanger et s’organiser en amphithéâtre.

Vers 17h, des étudiants et des manifestants affluent malgré tout aux abords du site de Tolbiac. Plusieurs dizaines de cars de CRS stationnent dans le quartier. Un dialogue s’installe entre un responsable de l’université, entouré de vigiles, et quelques étudiants à travers les grilles. Échanges courtois, incompréhension totale. Chacun campe sur ses positions. Un groupe de plusieurs dizaines d’étudiants, entrés sans effraction, arrivent finalement à occuper un amphithéâtre pendant une vingtaine de minutes pour tenir leur AG. Les CRS interviennent et évacuent les étudiants. Une fois à l’extérieur, les jeunes sont encerclés par les forces de l’ordre pour les faire monter dans des fourgons. C’est alors qu’un groupe force le passage et parvient à s’enfuir. Panique générale. Les coups pleuvent de la part de policiers en civils et de CRS. Des arrestations musclées ont lieu. Des interpellés saignent. Matraquage, menottes, lacrymo…

Le face à face est tendu entre les forces de l’ordre et plusieurs centaines d’étudiants et de manifestants, dans une atmosphère où la violence de l’intervention policière choque à une heure de pointe, dans ce quartier assez dense où les travailleurs rentrent de chez eux, les parents reviennent avec les enfants à la maison… Vers 19h, les ambulances avec les blessés et les fourgons de police avec des étudiants menottés évacuent le quartier. Quatre personnes, arrêtées à l’ AG de Tolbiac, ont été placées sous contrôle judiciaire et leur audience est reportée à une date ultérieure.

Priver les étudiants de leur université alors que, partout ailleurs dans le pays, les jeunes se réunissent, la méthode interpelle. Ainsi que la méconnaissance de ces mouvements de jeunesse. Chaque génération a le sien. C’est souvent pour nombre d’entre eux la naissance d’une conscience politique et la première participation citoyenne à la vie de cité. Pousser la jeunesse vers des situations de violence pour tenter de la décrédibiliser est un stratégie éculée qui n’a jamais porté ses fruits, les principaux mouvements sociaux étudiants des derniers décennies en attestent…

[PHOTOS Laurent Hazgui / Divergence]

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Vos réactions

  • Je ne suis pas révolutionnaire ni anarchiste ou je ne sais quoi de radical, mais à chaque fois que je vois des flics en civil, il me monte une espèce de colère..

    Will Le 21 mars à 23:49
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  • Que ces quelques petits coups montés en épingle ne nuisent pas au principal. Qu’ensemble et le pc avec organisions fissa des primaires avec les porteurs du bâton.

    cantaous Le 22 mars à 12:23
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