photo Louis Camelin
Accueil > Politique | Par Adrien Gueydan, Pierre Jean | 18 juin 2016

Loi travail : le gouvernement choisit le camp de la peur

Depuis la manifestation du 14 juin, tout se passe comme s’il ne restait à l’État qu’une coercition sans dialogue. Qui traduit son glissement de la violence symbolique des mots à la violence physique de la répression.

Vos réactions (24)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Après la manifestation du 14 juin, le mot à l’honneur est celui de « climat ». Le « climat » : c’est le mot utilisé largement dans la presse pour évoquer les tensions de la semaine. Alors que Manuel Valls se félicitait, en début de semaine, d’être « serein » face à une mobilisation sociale que l’exécutif jugeait en déclin, les récentes déclarations du premier ministre sont loin d’être apaisées. Sommant la CGT de lever toute « ambiguïté » vis-à-vis des actes de casse perpétrés lors de la manifestation du 14 juin ; alors que celle-ci s’est désolidarisée bien évidemment.

François Hollande cherche à intimider directement le mouvement social en déclarant, via le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, pouvoir interdire certaines manifestations sous la condition de la sécurité des biens et des personnes. L’interdiction n’est pourtant pas chose facile, non pas que cela soit impossible sur le registre discrétionnaire, mais il y a un fort risque de se heurter à la rugueuse nature de l’opinion publique. Et quand on traîne une cote de popularité aussi basse, autant dire que cela se révèle périlleux.

La bataille de l’opinion

C’est à ce moment qu’entre en jeu le communicant, ou dans le cas d’un chef de gouvernement, son bataillon entier de communicants. Et s’il y a bien une chose que ces derniers savent, c’est que l’opinion publique est prompte à s’émouvoir. Il ne reste plus alors que la bataille des mots, ceux qui feront retourner une opinion jusque-là bienveillante. Tout est alors réfléchi, préparé, calculé, on pèse le pour et le contre. Ici, l’enjeu est davantage le contre, que le pour. Contre la CGT en premier lieu : en faisant porter la responsabilité des violences commises le 14 juin à l’avant du cortège syndical sur la CGT et son service d’ordre, l’exécutif tente de gagner la bataille de l’opinion, au prix de la peur.

L’enjeu principal est cerné depuis le début du mouvement social : le 20 mai, 65% des sondés trouvaient les grèves et les blocages « justifiés ». La semaine dernière, près de 60% des interrogés par l’Ifop exprimaient la même position. Hélas pour le gouvernement, l’opinion peine à se retourner – même si l’opération fait ressentir quelques effets. Le contraste reste saisissant : alors que la popularité de Manuel Valls et François Hollande chute, le soutien à la grève reste élevé.

Dans un premier temps, il s’agit d’identifier la menace. Celle-ci doit être facilement identifiable. Ce ne peut pas être le mouvement social ou la manifestation, pas plus que le "cadre unitaire" : elle doit être assimilable à un représentant ou à un archétype. En l’occurrence, ce sera celui de Philippe Martinez, secrétaire confédéral de la CGT, ou bien un syndiqué cégétiste. Si cela ne suffit pas, vous pouvez les assimiler aux "casseurs", leur faire porter la responsabilité des actes de violence commis lors des manifestations. Ou encore identifier quelques militants syndicaux qui se seraient eux mêmes livrés à des actes de violences.

Le parti de la confusion

Une fois la menace définie, il reste à isoler un élément marquant. Quoi de mieux qu’un hôpital, quand celui-ci, qui plus est, est destiné à accueillir des enfants malades ? Ensuite, les mots devant frapper au cœur, un champ lexical guerrier est tout indiqué. L’hôpital Necker a été « dévasté », dévasté au même titre qu’une ville en guerre. Les casseurs, eux, semblaient souhaiter « tuer » des policiers – sans armes létales pourtant, alors que les policiers disposent de tenues renforcées et ignifugées, sans parler des casques, gilets pare-balles et boucliers.

Tout concourt à ce « climat » que seuls les hommes politiques et les éditorialistes semblent interpréter de cette manière. Les manifestants, eux, témoignent d’un niveau de violence policière inédit dans des manifestations syndicales. Le discours de Manuel Valls a aussi comme fonction de rendre invisibles les blessés lors des défilés [1].

Les catégories, en théorie, sont là pour expliquer, comprendre, y voir plus clair. Mais elles peuvent également servir à trier, confondre et incriminer. Le « climat » que définit Le Monde du 17 juin relève de la confusion. Confondre, sous prétexte d’une même temporalité, la mobilisation contre la loi Travail, CGT en tête, les "casseurs" et le terrorisme revient à situer son discours dans un champ particulier. Le champ de tout ce qui s’oppose à la "majorité silencieuse", à une certaine conception de la République, à un corps politique qui ne fait plus tout à fait corps...

Le langage de la droite

La CGT parle d’un gouvernement aux abois ; c’est un peu plus que cela : le symptôme d’un pouvoir usé et affaibli qui instille la peur dans les consciences pour éluder ses propres faillites. Le caractère inédit de la situation réside bien dans le langage : la reprise par la gauche de gouvernement de la terminologie traditionnellement réservée à la droite, la volonté de jouer la division au sein des salariés sont autant de signes de la décomposition du Parti socialiste. La droite n’a désormais plus le monopole de la peur.

Quelle marge de manœuvre reste-t-il au gouvernement ? S’il ne gagne pas la bataille de l’opinion, même en rompant les derniers liens de cette social-démocratie-là avec le peuple de gauche, alors il est condamné à courir derrière les thèmes identitaires de la droite. S’il ne gagne pas la bataille de la peur, fût-ce au prix de l’interdiction à trois centrales majeures de salariés de manifester, alors la loi travail n’aura jamais aucune légitimité.

La ligne de crête est étroite : gagner cette bataille, c’est perdre la guerre et la base sociale historique d’un bloc de gauche qui, déjà usé par l’exercice du pouvoir, n’en gardera, s’il persévère dans la fabrique de la peur, que les oripeaux. C’est là la limite des stratégies de communication.

Vos réactions (24)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • Excellente analyse. Et pendant ce temps certains blablatent sur la primaire de gôche.
    C’est fini. Les choses sont désormais claires. Les faussaires de solférino ont refermé le piège sur ceux qui réclamaient cette fumeuse primaire.
    1- Une primaire du PS élargi au PRG et aux 12 écologistes de MDE.
    2- Une multitude de candidatures de ceux qui se déclarent à gauche du PS. A ce jour, G.Filoche, Marie-Noëlle Lienemann, A. Montebourg peut-être B. Hamon et d’autres.
    3- Un écologiste. De Rugy a été désigné pour faire le figurant écolo.
    4- Côté libéraux du PS et PRG, juste Hollande donc assuré d’obtenir les voix des électeurs légitimistes du PS et le soutien des médias.
    Donc Hollande assuré d’être sélectionné pour le second tour. Si toutefois il y aura un second tour, ce qui n’est écrit nulle part, les règles de la primaire n’ont pas été révélées. Cambadélis qui est rompu aux scrutins internes au canon est parfaitement capable de sortir une élection à un tour avec la nomination de celui qui obtient le plus de voix.
    D’une pierre deux coups. Les "frondeurs" sont piégés car ils ont obtenu leur primaire (en décembre juste avant Noël) S’ils votent une motion de censure contre Valls, ils seront exclus de facto du PS ou tout du moins de l’investiture PS pour la législative. Pour eux c’est l’heure du choix, irrémédiable et révélateur. La boucle est bouclée.

    choucroute Le 18 juin à 17:55
       
    • En Janvier 2017.

      choucroute Le 18 juin à 18:19
    •  
    • Pour ma part, une question me taraude sur ces primaires.

      Pourquoi est on contre l idée de laisser choisir LIBREMENT les electeurs de gauche pour avoir un candidat qui représente toute la gauche et éviter un second tour Marine / Droite. Non, parce que là, on est à peu prés sur de laisser passer la droite en multipliant les électeurs de Gauche.

      Les electeurs de ne veulent pas de socialos, ok, mais les socialos ne veulent pas de Melenchon en tant que président. Moi le premier, je préfère encore la droite que Melenchon, non pas qu’il ne soit pas de bonne volontée, mais il me semble pas fiable pour être président et tenir les renes de l’état. Il est où son programme ? J’ai juste trouvé "Lhumain d’abord" de 49 pages, écrit il y a 5 ans, et toujours pas actualisé. C ’est ca un programme ? 49 pages , écrite il y a 5 ans ?

      IL a peur de se présenter à des primaires de la gauche face à des candidats uniques de la droite et du FN ? Il veut casser de la gauche et se récupérer tout les electeurs. Ca marche pas apparement. Et puis cà a jamais marché depuis 5 ans.

      Il s’impose unique représentant de la gauche, sachant qu’il va perdre et que c’est la droite qui va gagner ? Vous trouvez cà democratique d’être contre le fait de laisser la liberté aux gens de gauche de choisir leur représentant unique face à une droite unique ? On a l’impréssion que soit il est bête ( ce dont je doute, soit c ’est il en connivence avec la droite pour la mettre au pouvoir.

      Lucide Le 19 juin à 18:43
    •  
    • PS : POurquoi il passe son temps à casser du PS, alors que c’est sur la droite qu’il faut taper, et pourquoi la droite elle prends meme pas le temps de casser du PS, tellement le MELENCHON le fait à sa place ?

      Lucide Le 19 juin à 18:50
    •  
    • @ Lucide l’enfumeur/euse

      Le P"S" et ses dépendances (MRG, Nouvelle Donne, écolos genre Rugy, Cosse ou Cohn-Bendit), ce n’est évidemment pas la gauche, c’est un centre droit bien à droite. Un preuve de ceci (entre dix mille autres) : comment un gouvernement véritablement de gauche pourrait-il proposer cette honteuse loi El Khomri, qui liquide tant d’acquits sociaux ? Une loi qui d’ailleurs n’est qu’une simple transcription des directives de Bruxelles...

      Qu’il y ait des gens assez bêtes, assez mal informés ou (parfois) assez cyniques pour prétendre que le P"S" fait une politique de gauche, après tout c’est leur affaire. Mais proposer, comme vous le faites, une primaire commune à des électeurs qui ont des options politiques opposées, c’est le comble de l’idiotie. Ou alors vous aurez un peu trop fumé la moquette du salon ? Je n’ai aucune envie de voir ces gens-là risquer de m’imposer leur candidat, c’est-à-dire un(e) clown(esse) de droite badigeonné(e) en toute hâte d’une peinture rose pâle qui ne tiendra pas quinze jours.

      Tiens, tant que vous y êtes, pourquoi ne pas élargir votre "primaire" en y intégrant le Modem et Les "Républicains" ? Il est vrai qu’entre ces gens-là et le P"S", quatre ans après 2012, on n’aperçoit toujours pas de différence bien nette... Ce qui, semble-t-il, ne vous dérange guère.

      Hopfrog Le 21 juin à 14:11
  •  
  • Quelle que soit l’issue de ce quinquennat funeste, il aura permis la clarification drastique de la vie politique et remis au grand jour l’absolue nécessité de la lutte des classes.

    René-Michel Le 18 juin à 18:01
       
    • Excuses pour ce bis mais mon message a mis 3 plombes à s’afficher.

      René-Michel Le 18 juin à 18:09
    •  
    • "L’absolue nécessité de la lutte des classes ...". Dans quel ouvrage (ou n’importe quel autre support) avez vous trouvé une telle stupidité ?
      Je croyais que, sur ce site, on trouverait une plus forte proportion de marxistes qu’ailleurs ... En réalité, on y trouve des gens qui croient - certainement de bonne foi - que la lutte des classes est une stratégie de combat ! Pourtant Marx est très clair :
      1. La société civile se structure à partir des oppositions d’intérêts
      2. Il y a une opposition d’intérêts évidente entre ceux qui en font travailler d’autres pour en tirer profit et ceux qui n’ont pour seul moyen de subsistance que de mettre leurs compétences professionnelles au service des premiers nommés.
      Par conséquent, la lutte des classes est un fait que l’on a constaté et que l’on constate encore et toujours aujourd’hui et, en aucun cas, une "stratégie". Par contre, la "collaboration de classe", elle, est bel et bien une stratégie dont l’objectif est de provoquer la mise en sommeil des consciences ...
      L’une des "proto-descriptions" de la lutte des classes, on la trouve dans la Bible ... Il y est écrit : "Tu gagneras ta vie à la sueur de ton front". C’est la forme écrite d’une réalité constatée à l’époque de la rédaction de ce document. C’est très précisément pour ça que des petits malins ont considéré qu’il serait bien plus facile - pour eux ! - de gagner leur vie à la sueur du front des autres ...

      Jacques Heurtault Le 19 juin à 01:24
    •  
    • @Heurtault. Merci de votre mépris pédago-mégalomane condescendant, j’me la pète. Tout le monde avait compris môssieur "Raymond la science" !
      La culture c’est comme la confiture, moins on en a et plus on l’étale et c’est pas parce qu’on à rien à dire qu’il faut fermer sa ... Sur ce dernier point vous semblez imbattable.

      René-Michel Le 19 juin à 08:49
    •  
    • @ Jacques H.
      L’existence objective des classes antagonistes induirait donc automatiquement la lutte des classes ? Ne vous vient-il pas à l’esprit que toute la lutte politique revient précisément à faire prendre conscience aux exploités qu’ils ont des intérêts communs à défendre contre ceux qui les oppriment. Le contrôle des médias par la classe dominante est l’un des moyens de maintenir ceux-là dans la collaboration avec leurs exploiteurs ou de les maintenir hors du champs politique. Gramsci nous propose une lecture plus fine de la lutte qu’il convient de mener en permanence pour parvenir à l’hégémonie culturelle sans laquelle aucune victoire de classe n’est possible.

      choucroute Le 19 juin à 10:07
  •  
  • Quelle que soit l’issue de ce funeste quinquennat, il aura permis une clarification drastique de la vie politique et aura remis au grand jour l’absolue nécessité de la lutte des classes comme moteur de l’histoire et de la défense de l’environnement.

    René-Michel Le 18 juin à 18:07
  •  
  • Les valets du MEDEF, ramassis de lâches en déroute, auront utilisé comme bouclier jusqu’à un enfant et un hôpital.

    Pour le dénoncer, faites circuler ces trois articles sans appel :

    http://www.anti-k.org/?s=necker&asl_active=1#.V2VZd4-cEhd

    Louis Le 18 juin à 18:12
  •  
  • Les valets du MEDEF en déroute auront même utilisé comme bouclier un enfant orphelin et un hôpital ! Lâcheté maximum.

    Voici trois articles à faire circuler sur cette ignominie :
    http://www.anti-k.org/?s=Necker&asl_active=1#.V2V1B4-cEhc

    Louis Le 18 juin à 18:22
  •  
  • @Jacques Heurtault
    Si la lutte des classes est un fait qui ne se décrète pas il n’en reste pas moins vrai que, loin de se mener au jour le jour, comme certaines organisations politiques le pensent, sans se fixer de but à long terme, et sans analyser l’évolution des situations qui rapprochent ou éloignent de ce but, il faut tout au contraire orienter la lutte des classes vers son but historique. Stratégies et tactiques sont alors impératifs dans la lutte des classes.

    Vassivière Le 19 juin à 09:11
       
    • Sans doute voulez-vous dire que l’existence des classes est un fait objectif. La lutte des classes hélas n’est pas spontanée, bien au contraire c’est plutôt la collaboration de classe qui serait spontanément adoptée tant il peut apparaître comme naturel que patrons et salariés sont sur le même bateau. C’est tout l’esprit de la loi El Khomri. Les salariés doivent consentir toujours plus de sacrifices pour que "LEUR ENTREPRISE" soit concurrentielle vis à vis des entreprises installées dans les pays émergeants (souvent d’ailleurs ce sont les mêmes actionnaires qui installent des entreprises dans ces pays)

      choucroute Le 19 juin à 11:15
    •  
    • Les êtres humains étant, de toute évidence, à la fois le produit de l’Histoire et les acteurs de l’Histoire future à écrire, il tombe sous le sens que le camp des opprimés peut et DOIT s’organiser pour gagner la bataille ! Pour autant, cette organisation n’est pas, en soi, la lutte des classes ...
      Il est tout aussi idiot de "prôner" la lutte des classes que de "prôner" ... la rotation de la Terre autour du Soleil ! La Terre tourne autour du Soleil. Point ! Les intérêts s’affrontent. Point !
      Agir pour que l’idée de la lutte ORGANISEE s’empare du plus grand nombre possible d’opprimés afin qu’elle devienne "une véritable force matérielle" (selon le bon mot de .. Marx !) est donc non seulement permis mais vivement souhaité !
      On constate, aujourd’hui, que le nombre d’exclus de la société civile ordinaire représente environ un tiers du total (peu ou prou ...). Inexorablement, cette proportion augmente. Que va-t-il se passer lorsqu’il y aura non pas 1/3 d’exclus mais 1/2 voire 2/3 ? Partout, des mouvements sporadiques de lutte se développent. C’est la manifestation concrète de l’existence de la lutte des classes quand bien même ces mouvements ne sont-ils pas organisés et coordonnés. Agir pour les coordonner ne relève pas d’une "stratégie de lutte des classes" mais d’une simple nécessité logique qu’il est vivement recommandé de soutenir en s’engageant soi-même.
      Pour conclure : ce sont les pires adversaires des opprimés qui soutiennent que ce sont "les partisans de la lutte des classes qui sèment le bazar" ... Dire que l’on est partisan de la lutte des classes revient à soutenir, OBJECTIVEMENT, les pires ennemis des opprimés !

      Jacques Heurtault Le 19 juin à 11:46
    •  
    • @ Jacques Heurtault (le 19 juin à 11:46)

      Votre première tartine était déjà trop longue d’une bonne moitié, la seconde est carrément superfétatoire.

      Ou, pour le dire autrement, votre occupation favorite c’est visiblement de sodomiser des diptères...

      Hopfrog Le 21 juin à 14:26
  •  
  • "L’existence objective des classes antagonistes induirait donc automatiquement la lutte des classes ? Ne vous vient-il pas à l’esprit que toute la lutte politique revient précisément à faire prendre conscience aux exploités qu’ils ont des intérêts communs à défendre contre ceux qui les oppriment. "

    Bien dit choucroute ! gros gros problème à résoudre, il n’y a aucun automatisme, la propagande libérale est terriblement efficace et la lutte des classes est encore un gros mot, du charabia idéologique pour la MAJORITE des exploités.

    Ça fait mal quand on redescend sur terre après avoir éteint l’ordi, quand on ferme son bouquin de Victor Serge où qu’on se retrouve, après une manif énorme, dans un wagon de RER plein de gens indifférents et qui veulent pas être emmerdés par ces histoires de politique.

    Courage ! Et confiance ; tous ces jeunes qui participent aux luttes donnent l’impression d’une prise de conscience bien plus sérieuse que quand j’avais 20 ans.

    Arouna Le 19 juin à 11:24
  •  
  • Il« est tout aussi idiot de "prôner" la lutte des classes que de "prôner" ... la rotation de la Terre autour du Soleil ! La Terre tourne autour du Soleil. Point ! Les intérêts s’affrontent. Point !
     »

    Les classes existent indépendamment de la conscience que chacun peut en avoir. La lutte des classes c’est une toute autre affaire car étant une action concrète elle ne peut être que le produit de la conscience.
    Si effectivement la Terre tourne naturellement autour du soleil, le travailleur n’est pas naturellement conscient d’appartenir à une classe. Bien au contraire tout est fait pour le convaincre qu’il est un individu singulier, distinct, original, différent des autres et que ses besoins sont spécifiques. Un consommateur et surtout pas un acteur.
    Marx ne disait-il pas que – “Les individus ne constituent une classe que pour autant qu’ils ont à soutenir une lutte commune contre une autre classe ; pour le reste, ils s’affrontent en ennemis dans la concurrence”
    De fait il n’y a de lutte de classe que s’il y a conscience de classe et objectif commun. Pour la conscience révolutionnaire c’est encore plus complexe car lutte de classe ne signifie pas mécaniquement lutte révolutionnaire. La lutte syndicale en est l’exemple le plus flagrant. Lutter pour augmenter son salaire ne conduit pas naturellement à lutter pour modifier les rapports sociaux.

    choucroute Le 19 juin à 15:13
       
    • Message adressé à Jacques Heurtault Le 19 juin à 11:46

      choucroute Le 19 juin à 15:17
    •  
    • La lutte des classes est un donnée objective ; la conscience de classe est une donnée subjective. Arrête de dire des bêtises....

      Dominique FILIPPI Le 19 juin à 17:12
    •  
    • @ Dominique FILIPPI Le 19 juin à 17:12
      ça c’est un argument scientifiquement imparable.

      choucroute Le 19 juin à 17:55
  •  
  • A Maurice
    On était au Prado à ce meeting.
    Il n’y avait pas que Mélenchon à la tribune d’ailleurs.. Très bons discours de plusieurs représentants du FDG.
    Ce sont les youyou des femmes, pendant le passage de l’allocution de Mélenchon - quand il a rendu hommage à TOUTES les cultures méditerranéennes - qui ont rendu fou de rage une partie de la communauté pied noire méridionale !
    Toutes les droites se sont jeté illico sur le FDG et Melenchon pour l’étiqueter islamo-gauchiste.

    C’est de l’intox politicienne, c’est comme de réduire les extraordinaires manifs de ce printemps aux images de violences sauce BFM. 

    Arnaud Le 20 juin à 10:22
       
    • Bien vu. Je ne comprends pas les personnes qui regardent les médias de l’oligarque Patrick Drahi (mais cela pourrait s’appliquer à Bolloré ou à d’autres oligarques français) c’est à dire BFMTV sans se poser le début du commencement d’une question quand à la partialité des journalistes. Ils ne comprennent pas que les médias dominants sont la face idéologique du capitalisme ordolibéral.

      Julien Le 20 juin à 10:58
  •