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Accueil > Economie | Par Laura Raim | 26 octobre 2016

Mitterrand et le tournant libéral : y avait-il une alternative ?

S’attachant à tirer un bilan « raisonné et positif » de la présidence de Mitterrand, Jean-Luc Mélenchon va jusqu’à défendre le "tournant de la rigueur" comme inévitable dans le contexte de l’époque. Une autre voie était pourtant possible.

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Qui se réclame encore aujourd’hui de François Mitterrand, qui aurait eu 100 ans aujourd’hui ? Si les mitterrandistes autoproclamés se font rares dans les rangs du PS, il en est un qui n’a jamais cessé de s’en revendiquer : Jean-Luc Mélenchon. Dans Le choix de l’insoumission, le candidat du Parti de gauche rend de nouveau un hommage vibrant à un « grand premier de cordée ».

Et pour cause, les débuts de son premier septennat sont marqués par l’application de l’audacieux Programme commun : augmentation de 10% du smic, de 25% des allocations familiales, de 25% de l’allocation logement, la semaine de 39 heures, la cinquième semaine de congés payés, la retraite à soixante ans, l’impôt sur les grandes fortunes, le recrutement de dizaines de milliers de fonctionnaires, la nationalisation de grands groupes industriels et bancaires… Mais aussi le remboursement de l’IVG, l’abolition de la peine de mort, la décriminalisation de l’homosexualité… Qui, à gauche, peut prétendre avoir fait mieux depuis ?

Compromis ou compromissions ?

Là où le bilan « raisonné et positif » de Mélenchon laisse perplexe, toutefois, c’est dans sa présentation du tournant libéral qui a suivi : blocage des salaires en 1982, politique de la rigueur en 1983, dérégulation bancaire en 1986, libéralisation des flux de capitaux en 1988… Que François Hollande tente d’instrumentaliser l’héritage "réaliste" mitterrandien pour justifier que l’on ne fait pas toujours tout ce qu’on veut lorsqu’on arrive à l’Élysée est une chose. Mais comment Mélenchon peut-il pardonner au premier président socialiste de la Ve République de s’être rallié à la raison austéritaire et pro-finance de la Deuxième gauche de Michel Rocard et Jacques Delors, tout en critiquant la capitulation de Tsipras face à ses créanciers de l’Union européenne ?

La réponse est simple. Pour l’ex-socialiste, Mitterrand n’avait pas le choix : les promesses généreuses du Programme commun étaient fondées sur une analyse dépassée de la conjoncture et de la crise en cours : « La mutation du capitalisme et sa transnationalisation n’étaient pas du tout comprises », affirme-t-il dans un entretien accordé à la revue Charles. « Ce qui est incroyable est que le résultat de l’agression du capital à cette époque soit aujourd’hui présentée comme étant le produit de nos erreurs et que nos compromis soient vus comme des "compromissions". Enfin, tout de même ! La France a été assaillie, agressée par le capital dès l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Nous avons dû subir trois dévaluations, un contrôle des changes et un emprunt forcé ! »

L’argument mérite d’être considéré. Car l’enjeu est de taille : il s’agit de déterminer si le funeste There is No Alternative cher à Thatcher peut être vrai… Or la question de savoir si le gouvernement aurait pu poursuivre sur la lancée (de gauche) du Programme commun est loin d’être simple.

Profits, investissements et "coût du travail"

Aujourd’hui, l’Europe est confrontée à une crise keynésienne de la demande ; Tsipras a donc la rationalité économique de son côté lorsqu’il appelle à en finir avec les désastreux programmes d’austérité. Mais dans les années 1980, la France subit bel et bien une crise de l’offre, c’est-à-dire une crise de baisse du taux de profit. Même les économistes de gauche, notamment ceux de l’École de la régulation, comme Alain Lipietz, Robert Boyer, Benjamin Coriat ou encore Michel Aglietta, le reconnaissent à l’époque : les salaires représentent une part trop élevée de la valeur ajoutée par rapport aux profits.

La progression rapide des salaires réels après la Libération, sous l’effet des conventions d’indexation des salaires sur les prix et des avantages salariaux obtenus par des syndicats forts, ne pose aucun problème tant qu’elle reste en ligne avec la croissance forte de la productivité du travail. Or le début des années 1970 voit une chute du rythme des gains de productivité des méthodes "tayloriennes" de production de masse. Résultat, les profits sont laminés et les taux d’investissement s’effondrent. De plus, dans un contexte d’ouverture progressive de l’économie, le niveau élevé des salaires français devient un poids pour la compétitivité : on commence à parler du "coût du travail" qui nuit à l’exportation.

Dans une telle situation, il est vrai que les plans de relance sont voués à l’échec : d’une part le manque d’investissement ne provient pas d’une insuffisance de la demande et d’autre part le surcroît de consommation risque de se porter sur des produits fabriqués à l’étranger, et donc de ne pas inciter les entreprises françaises à investir.

Un modèle américain plutôt que scandinave ou japonais

En ce sens, le fatalisme de Mélenchon est justifié : il fallait bien réajuster à la baisse la part salariale afin de rétablir la profitabilité et la compétitivité des entreprises. « Mais le blocage des salaires et la flexibilité n’étaient pas le seul moyen d’y arriver », explique l’ex-eurodéputé EELV Alain Lipietz, qui défendait à l’époque une politique alternative : « L’autre moyen, c’était de conserver des salaires décents et des droits renforcés, mais de relancer la productivité. Pour cela, on aurait pu faire comme les Allemands, les Scandinaves et les Japonais : mobiliser le savoir-faire des travailleurs à travers des "cercles de qualité" pour élaborer avec eux les méthodes d’une meilleure efficacité technique de la production. »

Lipietz poursuit : « C’est ce que prônaient le PDG de Danone Antoine Riboud ou le socialiste Jean Auroux, en vain. Partis comme "sherpas" aux États-Unis pour préparer le sommet de Versailles de 1982, Jacques Attali et François Hollande sont revenus à l’Élysée complètement séduits par la politique de compression et de flexibilisation salariale de Reagan. Et c’est ce modèle anglo-saxon qui a été suivi la même année ».

Avec une efficacité redoutable : en quatre ans, la part des profits dans la valeur ajoutée refait tout le chemin perdu, revenant en 1986 aux 29% de 1970 et atteignant son sommet en 1989 avec 33%.

Construction de l’Europe contre justice sociale

Le résultat est en revanche médiocre en termes de reprise de l’investissement, dont le niveau cesse de remonter dès 1986 : on découvre alors qu’il ne suffit pas que les entreprises engrangent des profits pour qu’elles consentent à investir. En l’occurrence, elles vont préférer les transférer sous forme de dividendes aux actionnaires ou les faire fructifier sur les marchés financiers à mesure que ces derniers sont libéralisés.

Quant à l’orthodoxie budgétaire et à la libéralisation des flux de capitaux, elles n’étaient pas plus inévitables que ne l’était le gel des salaires : elles étaient simplement requises pour rester dans le Système monétaire européen. La France avait la possibilité de se retirer du SME pour laisser le franc se déprécier – plutôt que de faire reposer la compétitivité, la lutte contre l’inflation et la résorption du déficit commercial sur la compression du "coût du travail" –, maintenir le contrôle des changes pour parer les attaques spéculatives, instaurer des mesures protectionnistes pour investir dans l’appareil productif.

Certes, ceci aurait impliqué de mettre entre parenthèse la construction européenne ou du moins de lui imposer une autre orientation. Mitterrand qui, en 1978, voulait « l’Europe des travailleurs, contre l’Europe marchande, l’Europe des profits, l’Europe des grandes affaires », comprend qu’il va falloir choisir : « Je suis partagé entre deux ambitions : celle de la construction de l’Europe et celle de la justice sociale », confie-t-il en 1983 à Attali. Il y avait donc bien une alternative. Et il a tranché.

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Vos réactions

  • Qu’importent les états d’âmes du Vieux sulfureux et la tendresse filiale de jlm pour le Machiavel de Château-Chinon. Le programme et la campagne des "Insoumis", là est l’urgence pour faire table rase de toute cette politicaillerie et de ce système qui aux fins de leurs seuls profits provoquent guerres, misère et destruction de notre planète.

    René-Michel Le 26 octobre 2016 à 13:57
       
    • Peu importe le modèle d’homme politique ? Non.
      Encore une preuve : dans la revue Charles (http://revuecharles.fr/melenchon-cetait-un-bonheur-de-travailler-avec-le-vieux-comme-chef-de-meute/) JLM parle il y a quelques mois de la présidence Mitterrand comme d’un « séisme : « le seul chemin révolutionnaire que l’on n’a jamais ouvert dans ce pays par une victoire électorale. » On comprend de quelle révolution se réclame JLM....Puis il se délecte de sa complicité avec ce grand commis de la bourgeoisie : « C’était un bonheur de travailler avec le vieux comme chef de meute ».
      Et de poursuivre ce qui dévoile toute sa conception du socialisme « François Mitterrand a dû ouvrir tout seul un autre chemin : l’horizon de la construction européenne comme nouvel espace pour le socialisme. »
      Les formules radis(cales) de Mélenchon ont servi à s’imposer à la gauche du PS. Maintenant, avec Mitterrand, le troc de l’Internationale pour la Marseillaise, l’absence de la moindre visée socialiste dans le programme, le clin d’oeil aux milices du capital, garantes de "l’ordre public", etc... il s’agit d’aller aussi loin que possible pour tirer les marrons dans les urnes, tout comme Mitterrand. Quelques articles à faire circuler pour ouvrir les yeux :
      http://www.anti-k.org/?s=Mélenchon&asl_active=1

      Jean-Michel Le 26 octobre 2016 à 21:51
  •  
  • Et toujours aucun reportage de Regards sur la convention de la France insoumise ? Oui on peut disserter sur tout, le penchant de JLM pour Mitterrand et l’omelette aux champignons, etc, mais il semblerait qu’il y ait encore des trous noirs à la rédaction de Regards qui absorbent et annihilent les véritables et profondes analyses politiques. Dommage pour la crédibilité du journal.

    Vassivière Le 26 octobre 2016 à 14:06
  •  
  • Faisons un rêve : et si le phénomène politique “Mélenchon” valait mieux que les commentaires automatiques produits par les militant-e-s acritiques de “La France insoumise” ?

    Ferdinand14 Le 26 octobre 2016 à 17:46
       
    • Critique melenchon est un crime de lese majeste pour ses insoumis assez des beni oui oui

      pagnoux Le 26 octobre 2016 à 22:18
    •  
    • @ pagnoux
      L’intolérance n’est pas toujours la ou on la désigne. Vous semblez trouver anormal que l’on réponde à vos "critiques"

      Que diriez-vous si on vous accusait d’être un Nord Coréen qui refuse le débat ?

      choucroute Le 28 octobre 2016 à 11:08
  •  
  • Laissons de côté les indignations de ceux qui considèrent toute critique des positionnement de J.L.Mélenchon comme un crime de lèse-majesté .
    Le poids des "contraintes extérieures" que l’on met en avant pour justifier le tournant de la rigueur en 83 est-il inférieur aujourd’hui ?
    La mise en avant de réformes constitutionnelles ( nécessaires , certes ) en place et lieu de la reprise du pouvoir sur la finance ne souligne-t-elle pas de nouveaux renoncements ?
    L’absence totale d’analyse sur le programme des droites qui vise à produire un choc libéral liquidant les conquis sociaux du XXème siècle stupéfiante ne prépare-t-elle pas une acceptation de cette mondialisation "inévitable" ?
    Les débats sur l’Europe et l’Euro et tous les plans B C...ne sont-ils pas des écrans de fumée ?
    Le Medef renoncerait-il à ses exigences de baisse de fiscalité et de cotisations si l’Euro redevenait Franc ?
    Renoncerait-il à la casse des droits des salariés au nom du patriotisme économique ?
    Nous aurions alors tout loisir pour débattre de la révocation des élus ...
    "La lutte des classes existe mais aujourd’hui c’est nous qui la menons et la gagnons !" W. Buffet 3ème fortune mondiale .

    Valentin Michel Le 26 octobre 2016 à 18:47
       
    • @Pagnoux et valentin
      Ne lisez surtout pas le programme des "insoumis" sur "jlm2017", ça vous compliquerait la tâche. Mieux vaut déblatérer, traiter de béni oui oui sans référence ou en inventant, c’est la défense des faibles et des has been.

      René-Michel Le 27 octobre 2016 à 00:51
    •  
    • L’insulte comme réponse ..... Crime de lèse- majesté , la formule n’est pas excessive !

      V alentin Michel Le 27 octobre 2016 à 11:13
  •  
  • "L’Europe ou la justice sociale"… Quel aveu ! Eh oui, le vieil escroc politique a choisi de sacrifier les plus vulnérables, qu’il était censé servir en priorité absolue sur tout le reste, pour la construction ruineuse de ce machin totalitaire et fascisant. "La deuxième fois que tu te fais avoir, c’est de ta faute", dit un proverbe africain. J’ai, un temps, cru que Mélenchon serait l’homme du renouveau et de la rupture totale et définitive d’avec les socio-kollabos, et j’ai bien failli me faire avoir une deuxième fois… Mélenchon n’a pas rompu avec le vieil escroc politique, enthousiaste coupeur de têtes du temps de la colonisation, et c’est ce qui lui fait perdre toute crédibilité. C’est dommage, c’est sans doute un rendez-vous manqué, et il n’y en aura pas d’autre, mais c’est comme ça. Tant pis.

    Auxi Le 27 octobre 2016 à 18:03
  •  
  • L’expérience est une lanterne que l’on porte sur le dos et qui n’éclaire jamais que le chemin parcouru
    Ce qui compte c’est les leçons que l’on a tiré de cette expérience. Soyons clair, le programme des Insoumis et les plans A et B concernant l’UE sont bel et bien le traduction dans les faits de la prise en compte de l’impréparation programmatique et stratégique de 1981.
    De même que la création du mouvement de la France Insoumise qui doit devenir un véritable mouvement de masse capable de nourrir le débat et les luttes contre les oligarchies financières et les multinationales.

    choucroute Le 28 octobre 2016 à 11:03
  •  
  • on peut ne pas être d’accord avec l’appréciation de JLM sur le bilan de François Mitterrand, aujourd’hui ses prises de position sur l’actualité, l’indécision du PCF, la déconfiture du PS et la manière dont fonctionne la France insoumise devrait rassurer les plus sceptiques sauf ceux dont le mot d’ordre est "tout sauf JLM". On continue .....un ex PCF

    gimenez Le 28 octobre 2016 à 20:22
  •  
  • La conclusion de 1983, c’est que Mitterrand, face aux capitalistes, a trahi son programme et ses alliés (peu importe) mais trahi surtout le camp du travail qui l’avaient élu.

    JLM approuve Mitterrand, son "modèle". Que chacun en tire la conclusion logique. Ceux qui voteront pour lui croient que les capitalistes sont des agneaux. Certains, bobos enragés, croient même qu’on peut se débarrasser d’une classe dominante par les urnes ! Ca n’a jamais eu lieu nulle part.

    Seuls les affrontements généralisés ouvrent les yeux. Ils viendront, heureusement. En attendant, la bourgeoisie organise des élections pour en retarder le moment. Danielle Mitterrand, qui n’était pas comme le modèle de JLM un "Prince de l’Ambiguïté", l’a dit a plusieurs occasions : "La démocratie n’existe ni aux Etats-Unis, ni en France"

    Jean-Michel Le 29 octobre 2016 à 14:32
  •  
  • L’interet de cet avis donné par Melenchon tombe assez bien je trouve. En 2016 il est plus audible de dire "tout vient de la trahison du tournant de la rigueur....il y a avait une autre chemin"
    Si on peut se satisfaire d’un retour de la radicalité dire cela en gommant le contexte de l’époque c’est assez facile aussi. En 83 il y avait quoi comme point d’appui en Europe ? l’adversaire du liberalisme ce n’etait pas Podemos, l’altermondialisme,nuit debout etc mais Brejnev et ses successeurs .... ca freinait sacrement les alternatives...

    Bobo Le 29 octobre 2016 à 17:04
       
    • Le problème, c’est qu’il n’y a pas que la trahison de 1983...et l’adoption du modèle néolibéral Thatcher-Reagan.
      Jusqu’à sa mort, Mitterrand a démontré, depuis les Croix de Feu, jusqu’à la défense acharnée du capital, en passant par les massacres inouïs à Madagascar, la guillotine pour les combattant de la liberté en Algérie, etc....qu’il était un politicien professionnel, un bourgeois pilier du capitalisme.

      JLM en restant un des ses rares groupies, et en affirmant "les investisseurs n’ont rien à craindre de mon programme", confirme, comme toute sa carrière au PS, que son projet est mitterrandien, autrement dit mortifère pour les travailleurs et les jeuneshttp://wp.me/p5oNrG-sR1

      jean-michel Le 29 octobre 2016 à 17:50
  •  
  • Je vois que vous avez le temps de faire une veille sur Melench je ne vais pas vous prendre en défaut ;-) dommage que vous ne fassiez pas la meme veille sur Juppé Le pen etc... et au final etre aux aguets sur les faits et geste d’un candidat qui pour la premiere fois (depuis 40 ans ? 50 ans ?) amene 15 % des voix a une gauche non socialiste, tout faire pour le dézinguer c’est donc se satisfaire d’un Juppé président ce n’est pas " mortifère pour les travailleurs et les jeunes" ?

    Bobo Le 29 octobre 2016 à 20:52
       
    • La veille des anti-capitalistes pour déniaiser qui que ce soit sur Juppé et autres "Républicains" est faite depuis longtemps. Mais ce n’est pas le sujet.

      Rédigez donc un article sur ces "Républicains" et vous serez comblé par la veille. En attendant, faites un effort pour défendre JLM, si c’est encore possible après ses allégeances au "chef de meute" (sic, JLM) anticommuniste qu’était Mitterrand.

      Jean-Michek Le 29 octobre 2016 à 22:15
  •  
  • Après 1983 , il y eu 1984 ; les élections européennes ou le résistant de la première heure , George Marchais qui présidait à la destinée du PCF , emmena le parti vers 11,21 % .
    Depuis on connais la suite LAJOINIE ( la joie rit ) 6,78 % en 1988 aux présidentielles et la sympathique Marie George Buffet qui réalisa le dernier score historique du PCF sous ses propres couleur 1,93 % en 2002 ( LOL comme écrivent les chateurs)
    Depuis le PC survit grabataire-ment sous la perfusion du PS , a coup de strapontins et autres renoncements idéologiques.
    Bien entendu au seins du PS ( j y étais par le passé, ) c’est avec un brin de condescendance que l exécutif accorde ou pas des strapontins a ses "alliés " encombrants souvent, idiot utile toujours.
    Depuis 2009 et le FDG , le PC s’est refait une santé idéologique sous la potion amère du bon docteur MELENCHON et il y a fort a parier que sans le front de gauche le PCF serait encore plus bas dans l opinion publique ( si cela est possible ?) que maintenant .
    Le tournant de la rigueur de 1983 n’ est sans aucune mesure comparable a la rigueur du quinquennat du "capitaine de pédalo" que nous avons élu ( hé oui c’est nous qui l’avons élu) et bien Jean LUC Mélenchon reconnaît et admet que malgré son admiration pour L homme MITTERAND (mais a la différence du PCF ), en avoir tiré les leçons et déclare ne pas vouloir reconduire " l union de la gauche" .
    L e PCF si ! et de nous demander d’attendre décembre 2016 pour voir qi bla bla rassemblement bla bla ! .
    On a déjà donné dans l’attente du vote " des militants " du plus grand parti de France ; pour les municipales, européennes et régionales depuis 2009 .
    Beaucoup de gens ont répété, que le projet mitterrandien était de " d éradiquer" le PCF , oui ! possible mais pas prouvé .
    par contre ce qui est sur c’est que la démarche JLM 2017 condamne le PC a choisir , soit ne pas le soutenir et s’acoquiner au PS , se vidant ainsi de ses derniers militants lucides, soit partir seul et là et bien" bonne chance camarades " ( MDR comme disent les chateurs) ou rejoindre les insoumis et devoir prendre la place que voudront bien leur accorder les 140 000 citoyens qui fabriquent et travaille le programme de la FRANCE INSOUMISE
    En fait le tournant de la rigueur de 2012 ,a amorcé la candidature JLM , bien plus fortement que les calculs partisans dont ou nous affublent, et si le PC est éradiqué par cette démarche et bien tant pis ou tant mieux suivant le coté ou l’on se place !
    Mais il y a bien longtemps , depuis le tournant de l histoire en 1989 a Berlin, que les PC du monde entier ont été éradiqué dans l’esprit des peuples et la , soyez en sur Mélenchon n y est pour rien !

    buenaventura Le 29 octobre 2016 à 21:10
       
    • Le récit de buenaventura est juste en gros. Il a raison notamment quand il note que le PC, en France comme ailleurs, s’est effondré tout seul. Il s’est démontré, avec le modèle stalinien, nuisible idéologiquement pour les travailleurs, et avec la pratique réformiste, totalement impuissant. Il aurait décliné sans Mitterrand et même dans l’opposition à un gouvernement de droite. Mitterrand l’a seulement aidé en l’invitant à devenir complice d’un gouvernement bourgeois.

      Tout comme d’ailleurs JLM s’est rendu complice d’un gouvernement bourgeois, celui de son ex frère d’armes lambertiste...Vous vous souvenez, ce gouvernement qui a le plus privatisé de l’histoire de France...

      La différence entre politiciens PC et JLM est claire : les premiers visent à sauver les revenus de quelques dirigeants et retraités, le second à satisfaire son éco et soif de pouvoir, frustré dans la secte lambertiste, puis dans la mafia du "chef de meute" Mitterrand.

      Mais ce sont les moyens, dont le programme, qui les rapprochent : l’appui aux institutions qui sont la colonne vertébrale de la dictature du capital, la police et l’armée. Et l’abandon de toute perspective d’émancipation socialiste. Le mot ne figurait même plus dans leur programme de rêveries keynésiennes, "L’humain d’Abord". Ce fut aussi, pas par hasard, le grand absent de la Convention JLM. Voir à ce propos Misère du Phi - Réponse au Phi de la misère de M. Mélenchon

      Jean-Michel Le 29 octobre 2016 à 22:39
  •  
  • Je crois que l’affreux melench est l excuse du moment pour le PCF pour ne pas voir la vérité en face . Le mal est profond , Laurent a une majorité a peine au dessus de 50 % (ce qui est au PC est énorme ;-) ) , le parti est divisé entre Karman, pro Melench, pro Montebourg et pro candidat PCF aux presidentielles... Meme le "realisme" qui veut sauver des sieges se heurte a la réalité ; 7 députés, 29 conseillers régionaux c’est maigre .. au final l’avenir est trouble.

    Bobo Le 29 octobre 2016 à 21:41
  •  
  • Au contraire que vous passiez autant de temps a suivre les faits et geste de Melenchon est tres revelateur des objectifs habituels chez les trotkystes. Qu’au final si avec lui ca va mieux "pour les travailleurs et les jeunes" ca vous est égal...la pureté comme absolu tel Trotsky mais attention le Trotsky d’après 1924 !

    Bobo Le 29 octobre 2016 à 22:53
  •  
  • Toujours interessant de revisiter les annees 80.
    Prendre le pouvoir et cacher quoi des difficultes comme ds les annees 82/83.
    Abandonner l indexation des sal des fonctionnaires contre des promesses budgetaires de l Europe.? Qui la sut, qui ne l a pas dit ?
    Quid d un groupe pcf et cie pour maintenir les idees et refuser les compromis foireux ?!

    taquet Le 29 octobre 2016 à 23:02
       
    • Il faut poser la question à ce qui reste du P"C"F et à ses liquidateurs P. Laurent, Dartigolles, Chassaigne et Cie.

      René-Michel Le 30 octobre 2016 à 06:58
  •  
  • La relance de 1981 a fait le bonheur des importations et relancé l’inflation.

    Comme le montrent les chiffres de l’INSEE, de toute la 5éme République, le taux de couverture de notre commerce extérieur a atteint son niveau le plus bas en 1982.

    Même Pierre Mauroy, peu de temps avant sa disparition, a reconnu dans l’Humanité que la situation n’était pas tenable.

    Pierre Mauroy en 2013 : "Ainsi de nos échanges avec l’Allemagne qui, avec son industrie forte, bénéficiait de notre politique de relance en France. Nous ne pouvions pas continuer comme ça. Alors, pour combattre l’inflation, j’ai proposé une solution jamais utilisée dans notre pays, celle du blocage des prix et des salaires et donc d’en finir aussi avec l’échelle mobile des salaires qui suivaient l’inflation.

    En quelques mois, l’inflation a été ramenée de 15 à moins de 10 %, continuant à baisser jusqu’à 6 %."

    Sources
    INSEE Taux de couverture de l’ensemble des biens et services.
    http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF08450&page=graph

    Pierre Mauroy : "Le 10 mai 1981, une immense espérance venait de naître"
    http://www.humanite.fr/pierre-mauroy-le-10-mai-1981-une-immense-esperance-venait-de-naitre

    luc Le 30 octobre 2016 à 16:41
       
    • Et bien sûr, en fin de comptes, avec le patronat et le PS ligués ce sont les salariés qui l’ont eu dans le luc.

      René-Michel Le 30 octobre 2016 à 17:00
  •  
  • La hausse de la part des salaires dans la valeur ajoutée des sociétés non financières n’a eu aucun effet sur le chômage, bien au contraire.

    La part des salaires dans la valeur ajoutée des SNF est restée au dessus de 70% entre 1974 et 1985. Sur cette période, le taux de chômage a explosé.

    Le taux de chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT) est passé de 3 à 8,5%.

    Source
    INSEE Taux de chômage au sens du BIT
    http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/bsweb/graph.asp?idbank=001688526

    luc Le 31 octobre 2016 à 09:49
       
    • @ luc Salaires, pouvoir d’achat, début de bonheur....tout ceci est surfait, "has been". Vive la précarité, l’aumône, Macron huber älles, le servage ... salauds de pauvres qui empêchent big brother dollar de gagner le combat pour la justice, la démocratie . In gold we trust, and TAFTA and CETA and OTAN !

      René-Michel Le 1er novembre 2016 à 10:24
  •  
  • 1981-82 n’a pas relancé l’inflation qui a été maximale en 1980 sous Giscard.
    La politique alternative nécessitait une forte dévaluation du franc surévalué par Giscard en 1981 à l’arrivée au pouvoir comme l’a fait la Gauche suédoise qui a réussi relativement économiquement.

    La politique de Delors du franc fort chômage fort était prévisible et contradictoire avec les engagements du programme de Mitterand comme le soulignait le CERES de Chevènement à l’époque. Même erreur qu’en 1936.

    Schématiquement le taux de marge est utilisé soit en investissement, soit en rente capitaliste. En 1982 le taux de marge dépasse d’environ 5% le taux d’investissement, en 1986 d’environ 15%. Cette progression du taux de rente capitaliste correspond à la progression très rapide des dividendes, à la surconsommation de luxe, à la sur-épargne, aux placements de capitaux à l’étranger..., progression qui s’est poursuivie dans les périodes suivantes.

    Morice Le 27 janvier à 08:09
  •  
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