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Accueil > Politique | Par Roger Martelli | 31 mars 2014

Municipales : PC, l’autre Bérézina

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À l’issue des municipales de 2008, un maire communiste ou apparenté était à la tête de 726 communes sur le territoire métropolitain. Parmi elles, 81 comptaient plus de 10 000 habitants et 28 plus de 30 000. Les déclarations officielles de la place du Colonel-Fabien portaient à 185 le nombre de communes métropolitaines de plus de 3 500 habitants dont le maire était considéré comme communiste.

En 2008, l’érosion municipale s’était atténuée. Comme il le fait continûment depuis 1983, le PC avait perdu quelques mairies, mais beaucoup moins que lors des scrutins précédents. Il pouvait penser, cette fois, que les malheurs du concurrent socialiste conforteraient sa stabilité relative. En outre, la direction communiste a tout fait pour protéger les restes non négligeables du communisme municipal. C’est ainsi qu’elle a eu recours, une fois de plus, à l’appel appuyé au rassemblement de toute la gauche, dans les espaces encore contrôlés par le PC.

Au soir du premier tour, 26 communes de plus de 3 500 habitants avaient déjà été perdues, comme nous le notions sur le site de Regards, dont 13 au profit de la droite et 8 au profit de la gauche socialisante. Ce soir-là, l’analyse des résultats laissait entendre qu’une vingtaine des mairies communistes de 2008 se trouvaient en ballottage délicat et qu’une poignée (9 cas) pouvait mathématiquement être gagnée. En fait, loin de provoquer un sursaut, le second tour a amplifié les pertes du premier.

Sans doute les communistes regagnent-ils Aubervilliers et Montreuil (dans ce dernier cas, après avoir dû se contenter de 18 % au premier tour), ainsi que Thiers (Puy-de-Dôme), Sérémange (Moselle) et Annay (Pas-de-Calais). Mais ces quelques cas ne compensent pas la saignée enregistrée ailleurs. Au total, le PC perd 57 villes de plus de 3 500 habitants et en regagne 5, soit un déficit de 52 villes, près de 30 % de l’effectif de départ. Il perd 7 villes de plus de 30 000 habitants sur 28 et 19 villes de plus de 10 000 habitants sur 81. Il faut remonter à 1983 et 1989 pour trouver un tel recul.

Sur les 57 villes perdues, 30 l’ont été sur la droite, 22 sur la gauche, 5 sur des « divers ». Ces pertes sont réparties sur tout le territoire national avec des zones de plus grande fragilité. Les départements les plus touchés sont le Nord (9) et le Pas-de-Calais (5), la Seine-Saint-Denis (6), le Rhône et le Morbihan (4), les Bouches-du-Rhône (3). Des bastions historiques sont tombés : Garchizy (Nièvre), Escaudain, Fenain et Vieux-Condé (Pas-de-Calais), Bagnolet, Bobigny, Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) étaient des villes « rouges » dès 1919.

Treize communes perdues l’ont été en Ile-de-France dont 7 en petite couronne. La « banlieue rouge » s’est une nouvelle fois effritée. Aubervilliers et Montreuil rentrent dans le giron communiste. Mais Bagnolet, Saint-Ouen, Bobigny, Le Blanc-Mesnil et Villejuif n’auront pas de maire communiste. Dans cette affaire, le PS aura joué le rôle de l’apprenti sorcier. Il a considéré que la petite couronne lui revenait, dans l’attraction parisienne, et que les terres rouges étaient par vocation les siennes. Il a ainsi patiemment détricoté le réseau communiste séquano-dionysien et il a cherché à porter l’estocade finale en 2014. À l’arrivée, c’est la droite qui tire les marrons du feu. Les socialistes ravissent certes Bagnolet aux communistes, à l’arrachée. Ils ne récupèrent pas Saint-Denis et Montreuil comme ils l’espéraient. Et ils perdent Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois et Livry-Gargan. C’est la droite, inexistante du temps de l’hégémonie communiste, qui étend ses mailles sur l’ancienne terre par excellence du communisme urbain (quand le département de Seine-Saint-Denis est créé, ce sont 80 % de sa population qui sont gérés par une mairie communiste). Les socialistes rêvaient de la grande revanche sur les communistes ; ils ont servi de sas à une conquête à droite.

Le nouveau recul communiste surprend par son ampleur. Et il est vrai que, dans plusieurs cas, la défaite du second tour s’est jouée sur une poignée de voix. La surprise ne devrait pas toutefois faire oublier le fond. Quand le PCF s’implante dans la périphérie parisienne, dans ces terres délaissées que l’on surnommait alors le « Far West français », il s’appuyait sur une espérance formidable de révolution et de république sociale. Il pratiquait en outre une gestion municipale originale, raccordée à une sociabilité ouvrière bien vivace, et qui parvenait, avant d’autres, à opérer une part de redistribution publique vers les catégories défavorisées et discriminées du monde ouvrier. L’expansion du communisme coïncidait avec celle de la banlieue, faisant corps avec une fierté populaire d’un temps où le prolétariat commençait à imposer sa dignité et la stabilisation de ses statuts.

La gestion communiste a ainsi été prise de plein fouet par le recul de l’État-providence, de la dépense publique et de la relative redistribution. Quant au PCF, il ne sut pas se renouveler avec assez de hardiesse, quand il avait les moyens de le faire. La gestion communiste a cherché à garder sa fibre constructive et populaire, mais dans un contexte de rétraction publique et d’une énorme frilosité interne.
Pour une part, on dira que le roi est nu. Le communisme municipal s’est contracté, sans que l’on puisse encore en mesurer l’ampleur exacte. Là où le PCF n’est pas en tête de la gauche, il va être pénalisé par la débâcle socialiste. Au bout du compte, il y aura nettement moins de mairies et d’élus communistes. Ce n’est pas une bonne nouvelle, en ces temps difficiles pour les catégories populaires et pour la démocratie.

Front de gauche - Retour sur le premier tour [1]

Les données chiffrées présentées ici portent sur les communes de plus de 1000 habitants (9663). Des listes étiquetées à gauche sont présentes dans 5476, soit un peu plus que la moitié (56 %). Des listes officiellement désignées comme étant celles du Front de gauche ou de certaines de ses composantes sont présentes dans 607 communes, soit à peine un peu plus de 6 % de l’échantillon de communes.
Par commodité, les sigles utilisés sont ceux du site officiel de l’Intérieur :

  • LEXG : Liste Extrême gauche
  • LFG : Liste Front de Gauche
  • LPG : Liste du Parti de Gauche
  • LCOM : Liste du Parti communiste français
  • LSOC : Liste Socialiste
  • LUG : Liste Union de la Gauche
  • LDVG : Liste Divers gauche
  • LVEC : Liste Europe-Ecologie-Les Verts

    On sait que les formations du Front de gauche se sont dispersées. Elles se sont encore intégrées dans des formules classiques d’union de la gauche, qu’elles soient ou non en position subordonnées. Dans les autres cas, on décompte 610 listes étiquetées LFG, LPG ou LCOM.

    Le total des listes à la gauche du PS regroupent 4,2 % et la gauche dans son ensemble atteint 40,9 %.

Si l’on s’en tient aux 607 communes ou le Front est présent, rassemblé ou au travers de certaines de ses composantes, les résultats sont alors :

  • LEXG : 1.0 %
  • LFG : 6,9 %
  • LPG : 1.1 %
  • LCOM : 2,9 %
  • LSOC : 8,1 %
  • LUG : 16,3 %
  • LDVG : 5,6 %
  • VVEC : 2,6 %

    Le total de la gauche de gauche atteint cette fois 12 % et la gauche tout entière est à 44,7 %.

Pour rappel, les résultats dans les villes de plus de 20 000 habitants où le Front de gauche était présent en tant que tel, contre des listes d’Union de la gauche ou contre des listes socialistes ont été les suivants :

  • LEXG : 1,3 %
  • LFG :
  • 6,4 %
  • LCOM : 0,5 %
  • LPG : 0 ;6 %
  • LSOC : 11,6 % LUG : 15,3 %
  • LVEC : 3,0 %

2. La comparaison avec 2012 est malaisée, les choix du PCF brouillant sévèrement les cartes.
Sans surprise, les progressions les plus nettes s’observent dans les communes où le maire est communiste et où il n’y a pas d’alliance avec le Parti socialiste (comme à Fontenay-sous-Bois, Ivry ou Saint-Denis). Des progressions s’observent dans une trentaine de villes où le maire n’est pas communiste. Dans plusieurs d’entre elles, comme Saint-Dizier, Calais, Sevran, Corbeil, Sète, Romainville ou Bourges, il s’agit de villes de sensibilité communiste forte, qui ont été gérées par des communistes.

Mais les pertes l’emportent largement sur la progression, dans près de 200 communes de l’échantillon. Dans 90 d’entre elles, ces pertes représentent plus de la moitié du pourcentage de 2012 et les deux tiers pour une vingtaine. Bien sûr, ces pertes sont particulièrement significatives dans les grandes villes où le PCF a choisi l’alliance avec le PS, comme à Paris, Toulouse ou Nantes.

Dans l’ensemble, s’observe incontestablement un problème propre aux grandes villes. Alors que le vote Mélenchon avait montré une spectaculaire percée dans les centres des principales métropoles, le vote municipal s’est effondré, notamment à Toulouse, Strasbourg, Bordeaux, Lille ou Reims.

3. Si l’on observe la globalité du scrutin municipal de premier tour, il révèle avant tout l’insuffisant ancrage du Front de gauche sur le terrain local. On sait que les municipales sont redoutables par la complexité des liens qui s’établissent entre les données nationales et le fait communal. Dans la France des 37 000 communes, les étiquettes qui dominent de façon écrasante sont celles des « divers gauche » et des « divers droite ». Mais, dans sa grande période, le PCF avait su, dans cet environnement a priori peu favorable, concilier l’enracinement local et l’identification politique. C’est lui qui, dans les années 1960 et 1970, a imposé une formule de l’union de la gauche qui contribua alors fortement à la déstabilisation de la droite et à la consolidation de l’espérance sociale en milieu populaire.

Pour l’instant, le Front de gauche est loin de cet équilibre. Dans les communes de plus de 1000 habitants, 9 % à peine des listes présentes correspondaient à une étiquette associée au Front de gauche. Les listes associées directement au PS représentaient à elles seules 15 % du total, 14 % pour les listes d’union de la gauche et 56 % pour les inévitables « divers gauche ».

Alors que la visibilité présidentielle du Front de gauche a été maximale, celle des municipales s’est diluée dans un océan de confusion. Or l’articulation complexe du national et du local suppose une base de clarification qui n’est pas encore accomplie.

Réflexions finales

1. Les élections municipales sont toujours un combiné de local et de national. Le Parti de gauche a eu raison de plaider pour une cohérence politique du Front de gauche, notamment dans les grandes agglomérations qui sont le cœur des redéploiements contemporains. Il a eu le tort de sous-estimer les dimensions locales, en privilégiant un discours avant tout critique à l’égard du Parti socialiste. Les communistes ont eu raison de souligner l’importance des enjeux locaux. Mais ils ont eu tort d’ignorer la place spécifique de la métropolisation, à la charnière du local et du national, qui a « nationalisé » massivement le scrutin.

2. À partir de 1965, le Parti communiste a imposé la méthode de l’union de la gauche dans le tissu local. Elle est en train de s’essouffler, notamment dans le cœur de la France métropolitaine. Il faut donc inventer des dynamiques permettant de concilier la clarté des débats de projet (adaptation ou rupture) et la nécessité de rassemblements à portée majoritaire. Il est vrai que le passage d’une méthode à une autre ne se décrète pas en claquant des doigts. Mais encore faut-il avoir la volonté de cultiver le nouveau, eu lieu de se cramponner à l’ancien. Depuis 1983, le PCF ne cesse de chercher à préserver ses municipalités, en s’inscrivant dans la continuation des dynamiques d’hier. Il a pu parfois (par exemple en 2008) freiner son déclin municipal. Il ne l’a jamais enrayé. Une nouvelle donne s’impose pour le rassemblement à gauche : il n’y a plus d’échappatoire.

3. Le médiocre résultat municipal au cœur de la France urbaine, après le brillant succès de Jean-Luc Mélenchon au printemps 2012, ne peut manquer d’interroger. Globalement, le Front de gauche a un problème d’implantation territoriale inégal. Dans les agglomérations, le problème est peut-être d’abord celui d’une inadéquation. Dans ces territoires refaçonnés par la mondialisation, il ne suffit plus de s’opposer aux choix globaux existants. Encore faut-il leur opposer des projets qui soient à la hauteur des enjeux et des attentes. Dans cette part du territoire national, où la polarisation des avoirs, des savoirs et des pouvoirs est maximale, c’est une vision métropolitaine qui peut faire le lien du local, du national et même du supranational. Sans doute le Front est-il bien fragile sur ce point.

4. Dans bien des cas, le Front de gauche apparaît trop institutionnel. Les résultats intéressants des listes souvent dites « citoyennes » ou « alternatives » disent à leur manière l’attente d’un vent nouveau. Que les Verts, alors qu’ils participent à l’exercice du pouvoir, aient bien passé le cap du premier tour dit quelque chose d’analogue. Que cela soit mérité ou non, ils incarnent chez beaucoup d’urbains un rapport différent à la politique et à la quotidienneté.

Il ne faut certes pas en tirer de conclusions hâtives, sous la forme d’un éloignement des enjeux institutionnels. Mais il faut savoir prendre du champ à l’égard de la mécanique essoufflée des institutions, pour y revenir plus efficacement, pour subvertir cette caricature de démocratie qu’est aujourd’hui la « gouvernance » des élites. Si le Front de gauche a une mission, c’est à retisser les liens désormais inexistants entre l’expérience sociale et le champ politique. Mais pour cela, il devrait apprendre à incarner décidément une autre façon de faire de la politique.
C’est une clé majeure de la reconquête des catégories populaires. On ne lutte pas contre le ressentiment en attisant seulement la colère, mais en raccordant les pratiques pour améliorer l’existant à une nouvelle espérance.

5. Ainsi, le Front ne peut plus contourner l’exigence de la novation. Il faut rassembler, plus que jamais. Et plus que jamais il convient d’incarner un renouveau. Que cela plaise ou non, que cela soit juste ou non, le Front de gauche est perçu davantage comme une butte-témoin du passé que comme un vecteur d’avenir. Et sans doute, a-t-il involontairement contribué à cette image par la référence obsédante aux grandes heures du passé populaire. Par métier et par passion je vibre toujours intensément au récit de la grande geste révolutionnaire. Mais les jours heureux d’hier sont derrière nous, irrémédiablement. Si la mémoire populaire vient se greffer sur l’innovation démocratique et sociale, elle enfle une dynamique propulsive, en réarticulant le passé, le présent et l’avenir. Elle englue si, un tant soit peu, elle apparaît comme un substitut de sens et de repère.

Les jolis scores, au premier tour, de Sevran et de Romainville, ont été acquis par deux jeunes femmes, Clémentine Autain et Sonia Dauvergne. Toutes deux ont amplifié leur score au second tour. Le signal est heureux. Il rend exigeant sur la capacité d’initiative historique d’une gauche bien à gauche. Les jours heureux de la révolution émancipatrice sont devant nous. Encore faut-il les inventer.

Notes

[1Les statistiques globales sont faites sur les communes de plus de 1000 habitants. Elles reposent sur les données du Ministère de l’Intérieur. Celles-ci sont imprécises, du fait des complexités de répartition des étiquettes. Pour les villes qui étaient communistes en 2008, la correction des étiquettes a été faite. Pour les autres, il faudra tenir compte d’une marge d’erreur qui n’invalide pas les grandes données du scrutin.

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  • Bonnes analyses sur lesquelles je suis majoritairement d’accord, mais alors le titre... on croirait à un titre de Libé tellement il est racoleur.

    Akasha Le 31 mars 2014 à 12:51
       
    • Globalement d’accord avec cet article.
      Je crois qu’il faut pousser un peu plus loin l’analyse sur le FDG. Son succès avec Mélanchon ne doit pas nous cacher que sur les autres scrutins il est inadapté. Cela provient de sa forme cartel et des concurrences en son intérieur et surtout de l’évolution de la situation politique. Le FDG est apparu déjà comme une force politique du passé marqué par le label ambigüe de GAUCHE , et classé à l’extrême gauche. Le FDG ne correspond plus aux exigences de la situation nouvelle. A mes yeux, sans renier son passé et en toute clarté, il doit muter vers un FRONT CITOYEN ET ÉCOLOGISTE sur une ligne à la fois de lutte des classes et nationale. Il doit mêler le rouge le vert et le tricolore. Il est grand temps que l’on n’abandonne plus le drapeau tricolore à la droite et au FN. Un ligne nationale et internationaliste pour une Europe des coopérations et des solidarités est susceptible d’avoir un grand impact dans notre peuple. Il faut s’inspirer de la résistance et de la libération. Au fond nous vivons une époque qui a quelques similitudes avec la guerre et qui réclame un large rassemblement bien au delà des forces de gauche. L’objectif étant : la libération du pays de la domination des forces de la finance et la constitution d’une sixième république. Notre peuple doit ressentir qu’il s’agit d’opérer une transformation fondamentale. Et il doit être associé véritablement à tous les stades de la mutation de la société. Au lieu de nous embourber dans des calculs électoralistes mesquins et inefficaces.
      Marcel TASSY

      Tassy Marcel Le 5 avril 2014 à 09:58
  •  
  • Je serai tenté de relancer l’analyse en fonction de la problématique que nous avons vécue .

    Deux stratégies se sont opposées : "rouler avec le PS " ou "avancer avec le FdG" ....Il serait quand même intéressant de savoir la quelle a été payante globalement ! ( pas seulement pour "gagner" , mais aussi pour poser des bases unitaires )

    PrNIC Le 31 mars 2014 à 15:35
  •  
  • Roger, merci de tracer quelques pistes :

     « une nouvelle donne … pour le rassemblement à gauche".
     "incarner un renouveau".
     ne plus seulement "s’opposer aux choix globaux existants ...leur opposer des projets qui soient à la hauteur des enjeux et des attentes, … une vision métropolitaine qui peut faire le lien du local, du national et même du supranational".
     "apprendre à incarner décidément une autre façon de faire de la politique, ... une clé majeure de la reconquête des catégories populaires … pas en attisant seulement la colère, mais en raccordant les pratiques pour améliorer l’existant à une nouvelle espérance ».

    J’ajouterais :
     un renouveau idéologique (j’ai parfois l’impression que l’on a adopté les tics de langage du NPA)
     un renouvellement, rajeunissement, féminisation de nos cadres

    Bon ca y est, je suis convaincu : on est morts !

    françois breton Le 31 mars 2014 à 15:52
  •  
  • Quelle valse de chiffres. Si j’ai bien compris, le FG ( en fait le PC), a perdu 52 villes de plus de 3500 hbts sur 189 au départ. Je suppose que cette proportion est bien supérieure à celle des pertes du PS. (?)

    Serait-il possible de quantifier grossièrement ce recul selon différents facteurs :

    1/ notre long affaiblissement idéologique. Celui-ci se poursuit, et très fortement, dans l’électorat le plus populaire. Ce qui fait que les pertes de ce week-end viennent de loin et n’ont aucune raison de ne pas être suivies d’autres défaites. Des villes qui ont tenu lors des précédentes échéances décrochent cette fois, prolongeant un mouvement enclenché depuis longtemps et non enrayé. Soyons clair : pour l’essentiel, nous ne parlons plus au peuple !

    2/ nos alliances. L’alliance avec le PS nous a semble-t-il plombé dans de nombreux cas. Mais pas partout. À Fontenay, il n’y a pas d’alliance au premier tour (le PS n’en voulait pas non plus) mais le bon score au second tour est fortement lié au fait que la liste Voguet est légitime pour représenter toute la gauche. Alors ne confondons pas une allégeance au PS et une légitimité et une capacité à représenter tous les électeurs de gauche. L’absence de toute perspective majoritaire à gauche ne serait-elle pas un nouveau moteur de notre déclin ? Et surtout se solderait pas notre isolement et notre mise à l’écart de tout ce qui se décide quel que soit le niveau.

    3/ le délitement de notre organisation : nos chefs se bouffent le nez, nos sous-chefs trouvent malin de faire pareil, les sigles se multiplient comme des petits pains. Cela se traduit par un défaut de mobilisation, par des candidatures Front de gauche sur plusieurs listes... Avec ces municipales, nous avons sans doute fait le plein de nouvelles rancunes pour les dix prochaines années.

    4/ localement, nous ne parvenons plus, sauf exception, à contrecarrer ces éléments, soit qu’ils sont trop puissants, soit que nous nous débrouillons mal.

    Localement, les situations sont très contrastées.

    En Seine Saint Denis, nous perdons des villes au profit de la droite qui sont très majoritairement de gauche : au second tour de la présidentielle, le rapport gauche / droite est de 75 / 25 à Bobigny et à Saint-Ouen. Mais au premier tour, Mélenchon est très loin derrière Hollande. Dans ces deux villes, de larges couches de la population ont de nombreuses raisons de se sentir abandonnées. Et ce n’est pas vers le Front de Gauche ni leur maire communiste qu’elles ont vu une lueur d’espoir ni le rassembleur de la gauche.

    À Saint-Denis, le maire communiste est réélu mais il est talonné par le PS : qu’en aurait-il été si le PS n’avait pas été nationalement en déroute : l’équation locale parait ici très défavorable.

    A Bagneux et à Fontenay, des maires communistes sont réélus avec 60% des voix dans des conditions d’alliances différentes (respectivement avec et sans PS) qui vont bien au dela des scores Mélenchon (20%). Les maires et les équipes sortantes ont montré une capacité à rassembler, à parler au nom de tous qui ont permis d’une part de mobiliser ceux qui ont voter Mélenchon et d’autre part de figurer porte parole de la gauche dans son ensemble.

    françois breton Le 31 mars 2014 à 15:55
  •  
  • Le PCF était conquérant quand il n’était pas embourbé que par des calculs sibyllins et inutiles, que ce soit avec un parti de droite certifié comme le PS ou certaines composantes du stérile Front de Gauche qui ne rêvent que de le tondre…
    Dans un climat général de plus en plus hostile au PS, avec une extrême gauche décimée, et, attisé par les errances morales de la droite comme du PS vis-à-vis du programme faisandé de la clique lepéniste de plus en plus poreux au replis individualistes, c’est au Parti Communiste de repartir au charbon avec un programme radicalement communiste qui aille de l’économie à la culture en passant par l’écologie. Le Front de Gauche est définitivement une coquille vide dont l’espace médiatique est siphonné par Mélenchon, ce qui empêche toute visibilité du PCF avec l’évidente complicité des médias gouvernementaux ou du Medef.
    Quant à la GUE au parlement européen, sa faiblesse idéologique, sa mollesse politique et les partis réformistes qui la composent, la rendent totalement inaudible et inutile pour les travailleurs.
    La direction du PCF doit en tirer toutes les conséquences et laisser la place à ceux qui font vivre un communisme offensif et non de repli et de petits arrangements. Le peuple veut qu’on lui parle de ses problèmes, pas de ceux de l’insaisissable "union de la gauche" dont le PCF et ceux qui souffrent sont toujours le dindon de la farce.
    Laisse ta place Laurent, il nous faut un vrai combattant, solidement ancré dans une rigueur politique progressiste et non plus des notables embourgeoisés !

    Erick O’Toole Le 31 mars 2014 à 16:02
       
    • entièrement d’accord sur l’analyse. Mais que vient faire le "laisse ta place Laurent..." ? Faux problème que la personnalisation. La question est commune à tous les communistes, non ? et le combat est collectif.

      olla Le 26 avril 2014 à 21:53
  •  
  • Ce qui me paraît évident c’est que la pratique de l’union à tout prix n’est pas une garantie.il est temps de se "poser"et de construire une manière de se comporter qui permette l’affirmation de valeurs et d’objectifs et le rassemblement.

    Requinqué Le 31 mars 2014 à 20:27
  •  
  • Bonjour,

    Il me semble qu’une erreur s’ est glissée dans votre article ; la liste élue à Escaudain hier est une liste d’ouverture présentée par le PCF.

    nordiste Le 31 mars 2014 à 21:28
       
    • Vous avez parfaitement raison pour Escaudain. Elle reste communiste et, de fait, a été bien comptabilisée dans les mairies conservées par le PCF. Ouf ! La fatigue des nuits d’analyse de chiffres explique sans l’excuser cet impair.
      Mes excuses pour les communistes d’Escaudain, commune de vieille tradition socialiste puis communiste. Malheureusement, cela ne change rien aux chiffres énoncées puisque, je le répète, la ville était bien incluse dans la colonne des villes restées communistes.

      Roger Martelli Le 31 mars 2014 à 22:02
  •  
  • Vous n’évoquez pas les villes conservées de justesse. L’ont-elles été grâce à une liste d’union ? Si oui, elles tomberont sûrement dans six ans et alors que restera-t-il du PC ?
    En Île de France, le refus systématique du projet de Métropole a coûté très cher et même un bastion comme Gennevilliers, encore gagné avec plus de 60% au 1er tout, perd prêt de 15% de suffrages favorables et le PC peut remercier le PS d’avoir abandonné ce fief communiste dans la négociation entre les deux partis.

    En 2020, cela ne se reproduira pas et pour reconstituer son stock de villes perdues, le PS sera bien plus gourmand.

    Aldo Zanardi Le 1er avril 2014 à 09:41
  •  
  • Je partage pour une grande part les conclusions de Roger. Mais il faut aller plus loin dans la réflexion et prendre le temps de l’analyse. Au delà des élections municipales et de leurs résultats contrastés, il faut absolument mettre en lien l’analyse des résultats et leurs conséquences pour l’avenir avec

     La question du rassemblement et la dynamique citoyenne, en tenant compte de la réalité et de la diversité des territoires. A mes yeux le Front de gauche tel qu’il est actuellement, ne répond pas à l’aspiration citoyenne, ni à la la créativité, ni au dynamisme de nombreux acteurs dans les territoires. Nous devrions l’intituler Front de gauche et citoyen.

     sur la question de la citoyenneté et de la démocratie active comme moteur de l’action politique et comme but de l’émancipation humaine

     sur le rapport à la politique et aux partis politiques qui sont rejetés par par nos concitoyens

     sur le rapport au monde et à l’Europe. Question cruciale qui pèse sur les consciences, y compris lors des municipales.

     sur la place de la Nation.Il est temps de reprendre le terrain de la Nation et du drapeau tricolore qui ont été laissé au FN. Non une Nation rabougrie et repliée sur ses frontières, mais une Nation ouverte, fière d’elle même et de ses valeurs. Roger nous avait là dessus écrit un texte excellent "Pour une conception moderne de l’Unité nationale"

     sur l’analyse locale (comportement des maires et des équipes en place. Les défaites ont aussi des causes locales qui s’ajoutent aux causes nationales)

     sur les questions de l’hégémonie idéologique et des batailles idéologiques à mener (Education populaire et citoyenne) dans les territoires

     sur le cumul des mandats, leur limitation dans le temps et le rajeunissement. Comme l’appel que nous avons lancé là dessus en 2012, "Osons la démocratie !"

    Jean Claude Mairal Le 1er avril 2014 à 14:34
  •  
  • Ces résultats pourraient être le prélude à un examen critique de la stratégie à géométrie variable du PCF à ces Municipales.

    En effet, sous le vocable séduisant de "rassembler la gauche" s’est mis en place une orientation au 1er tour qui a fait la part belle au PS sans laisser de chance au FdG d’exister par lui-même.

    P. Laurent et la direction du PCF pensent devoir accompagner la gauche du PS et EE-LV dans leur expérience. Ils ont pris le risque d’être identifiés à leur tour aux arrangements politiciens et boutiquiers. Pour tout dire, au passé.

    De ce fait, sous leur influence, le FdG a manqué à ses responsabilités.

    Constat est fait que les abstentionnistes de gauche ont voulu sanctionner la politique de la pseudo gauche. Ces Municipales avaient donc bien un enjeu national.

    Si encore, tout cela n’avait été qu’un passage. Seulement voilà, c’est bientôt les Européennes. Et une nouvelle fois, le PCF va imposer sa rhétorique sur "l’Europe à changer", tandis que le FN préemptera la nation et la nécessité de recourir à sa souveraineté.

    Puis, passées les élections, nos communistes retourneront dans leurs pénates du PCF, ne jouant qu’un rôle mineur dans l’animation des Assemblées citoyennes du FdG, puisqu’ils n’en comprennent pas l’esprit.

    Où l’on voit qu’une certaine conception du parti conduit à la misère de la gauche…

    Serge Marquis Le 1er avril 2014 à 15:07
  •  
  • Que ce soit le PC, le Parti de Gauche ou le Front de Gauche devrait s’inspirer des critiques d’Aurélien Bernier sur "les tabous de la gauche radicale". Cesser de croire qu’on peut réformer l’Europe et sa monnaie qui ne sont que le cheval de Troie de la mondialisation néolibérale, donc des exigences du capitalisme financier dérégulé et apatride.
    Les classes populaires se sont largement abstenues même dans les bastions communistes parce qu’elles ne sont pas dupes et plus lucides que ne le pensent les appareils politiques comme ceux des partis cités.
    A Saint Denis il ne s’en est fallu de peu (182 voix) pour que la PC ne perde la ville au profit du PS. Dans 6 ans cela risque de se produire.

    cording Le 1er avril 2014 à 18:59
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  • Romainville n’a aucun sens exemplaire : la maire sortante avait été élue PC. Des rivalités d’ambitions personnelles ont déchiré le parti et tout fait perdre. Le résultat est bien loin de ce qui fut. On n’a pas fini d’y recoller les morceaux.

    Laguêpe Le 2 avril 2014 à 09:22
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  • Monsieur Martelli peut-il modifier son article au vu des résultats SVP, puisqu’il semblerait que les chiffres soient pour les villes de plus de 3500h, perte 48, gain 11, resultat final reste 136+11=147. C’est certes beaucoup, et necessitera un sacré changement de cap, mais inutile d’en rajouter.

    RougeToujours Le 2 avril 2014 à 10:50
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  • Pour que tous les spécialistes, journalistes et autres travaillent sur la réalité, voici l’évolution du rapport de force en Ile de France entre 2008 et 2014 pour les villes de plus de 15000 habitants :
    PS : 32/54, PCF : 25/29, EELV : 3/4, PG : 0/1, Divers gauche : 8/13 Total gauche : 68/101. UMP : 112/84, 14/14, Divers droite : 11/7 Total droite : 138/105. FN : 1/0

    Gabriel Massou Le 2 avril 2014 à 11:01
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  • Pour que tous les spécialistes, journalistes et autres travaillent sur la réalité, voici l’évolution du rapport de force en Ile de France entre 2008 et 2014 pour les villes de plus de 15000 habitants :
    PS : 32/54, PCF : 25/29, EELV : 3/4, PG : 0/1, Divers gauche : 8/13 Total gauche : 68/101. UMP : 112/84, UDI : 14/14, Divers droite : 11/7 Total droite : 138/105. FN : 1/0

    Gabriel Massou Le 2 avril 2014 à 11:11
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  • Le mot qui me vient serait plutôt : "dissidence". En effet face à une absence de "ligne"chaque liste de gauche pouvait apparaître comme dissidente par rapport aux autres en fonction de la stratégie adoptée. Il en a résulté (globalement) une forme de cahot ou l’animosité des différents acteurs est montée fortement, assez incompréhensible pour les citoyens lambda mais aussi pour les militants et qui au final à contribué entamer la crédibilité de tous. Un peu comme si à la présidentielle nous avions vu Dan Trang, Mélenchon, Autain et Chassaigne, tous candidats s’ affrontés et s’engueuler ...

    Coco Rico Le 3 avril 2014 à 22:22
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  • Encore un titre racolleur

    Un titre comme " Front de gauche , l’ autre bérézina" eût été plus juste ...

    Monsieur Martelli , je vous rappelle que Mme Autain est allée voir les partisans d’ Ensemble le 7 décembre 2013 , en disant " la France vous regarde"

    Au final , dans cette ville aux quartiers populaires , nous avons vu :

     une chute de 14 % à 7 % ( 1er tour 2012 >> 1er tour mars 2014 )

     une division par 2 ou 3 dans tous les secteurs de la ville , quartier par quartier

     une montée forte du Front national dans les secteurs nord de la ville ( Ravier gagne 3000 voix entre les tours , ce qui lui assure la prise de la première mairie FN en terme d’ habitants : 150 000 sur le 13 ème 14 ème )

    Le désastre de la gauche radicale s’ est accompagné du désastre de la gauche toute entière , ce qui rend purement criminelles les accusations de certaines ou certains membres du Front de gauche , vis à vis de l’ attitude des listes de Pape Diouf entre les deux tours

    Je sais que votre sport favori , à côté d’ analyses justes comme celles ci (en partie pour la fin ) consiste à achever le PC... Mais M Martelli , prenez conscience qu’ en agissant ainsi , vous mettez de côté la question organisationnelle du Front de gauche , puisque vous remettez en question un fonctionnement qui a fait en partie ses preuves entre 1945 et 1980 pour faire court

    Le Front de gauche a aussi perdu totalement ses élections : même à Limoges et en Auvergne , pourtant nommés " terres de gauche il y a 5 ans ) ca baisse ...Et ce n’ est pas l’ épiphénomène de Grenoble dans une ville à haut niveau scientifique et culturel qui cachera le désastre tristement prévisible ...

    Thierry HERMAN 40 ans , ancien militant du Front de gauche ( c’ est à dire carté à 3 de ses organisations fondatrices successivement de la plus petite à la plus grosse )

    THIERRY HERMAN Le 5 avril 2014 à 12:49
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  • 4. Dans bien des cas, le Front de gauche apparaît trop institutionnel. Les résultats intéressants des listes souvent dites « citoyennes » ou « alternatives » disent à leur manière l’attente d’un vent nouveau.

    Comment être aussi aveugle pour refuser de voir que c’ est l’ absence de cadre organisationnel , institutionnel , qui plombe le Front de gauche ...?

    M Martelli , sortez du périphérique : la montée de C Autain ( venue à Marseille , le 7 décembre ) s’ est faite dans une ville outrageusement à gauche

    Ce mode de fonctionnement alternatif , citoyen ne peut pas se dupliquer et être efficace partout ...Ca marche dans les quartiers néo bobos du 93 , à Grenoble , et autour de la Plaine ( centre ville bobo ) de Marseille , c’ est à dire des villes rendues agréables et humaines par des mairies socialistes ou communistes ...Pas ailleurs

    THIERRY HERMAN Le 5 avril 2014 à 12:54
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  • Bonne nouvelle que ce parti extrémiste, assassin, recule.

    phil Le 6 avril 2014 à 17:32
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  • Oui, une véritable Bérézina !

    D’autant plus que l’un des rares succès dont se prévaut la direction du PCF, Montreuil, n’en est pas un !

    Voilà en effet un "bastion" du PCF où le FdG plafonne à 18 % alors que "Montreuil Avenir" avait ratissé très large, y compris en accueillant un paquet de socialistes dissidents en désaccord avec le choix de la tête de liste du PS.

    L’autre liste du FdG, la liste citoyenne Ma Ville j’y Crois, fait plus de 25 % en portant le drapeau de la lutte contre l’ausérité. Mais le PC a préféré s’allier avec le PS (éliminé) et avec EELV. Le FdG est minoritaire au conseil municipal et au bureau municipal. Beau résultat !

    Georges Bertrand Le 7 avril 2014 à 08:50
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