Accueil > Société | Entretien par Gildas Le Dem | 6 mai 2015

Natacha Henry : « Le paternalisme lubrique reste difficile à déjouer »

Natacha Henry revient sur la publication, dans Libération, d’une tribune de femmes journalistes dénonçant le « paternalisme lubrique » de certains hommes politiques – une notion dont elle est l’auteure –, et célèbre la proche défaite d’un ordre social et sexuel.

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Natacha Henry est l’auteure de Les mecs lourds ou le paternalisme lubrique (Gender Company, nouvelle édition 2012) et Les Sœurs savantes, Marie Curie et Bronia Dluska (Vuibert 2015).

Regards. Comment avez vous réagi à cette tribune parue dans Libération, qui faisait allusion à vos travaux ?

Natacha Henry. Comme beaucoup, j’en ignorais l’existence avant sa parution dans Libération. J’avoue avoir éprouvé une très heureuse surprise en découvrant sa publication. Non parce que cette tribune faisait référence à mon travail, mais parce qu’elle témoignait, enfin, d’un mouvement de mobilisation de grande ampleur. L’expression de « paternalisme lubrique » que reprend cette tribune désigne un phénomène ordinaire, qui reste malheureusement difficile à déjouer. Par paternalisme, j’entends cette attitude de condescendance propre, déjà, aux industriels du XIXe siècle. Des industriels dont on sait qu’ils étaient d’autant plus prêts à témoigner des formes de reconnaissance à leurs employés, que ces formes de reconnaissance laissaient, en fait, le rapport de domination intact, et contribuait même, au fond, à le renforcer. C’est, si vous voulez, ce qui s’exprime dans la phrase si typique : « C’est bien, mon petit. »

« Les femmes mobilisent leur énergie à espérer que la situation prenne fin »

En quoi ce paternalisme est-il lubrique ?

Au sens où il est, le plus souvent, le fait d’hommes plus âgés, plus élevés dans la hiérarchie sociale, qui adressent des remarques sexuelles à des femmes plus jeunes, en position de subordination ou même précaire dans la hiérarchie sociale. Cette double attitude – de condescendance et de pression sexuelle – contribue à l’intériorisation, par les femmes, pour peu qu’elles se retrouvent isolées dans cette situation, d’une hiérarchie sociale et sexuelle avec laquelle elles doivent compter à tous les instants. Et qui les dissuade, également, de conquérir un monde dans lesquelles elles sont, en permanence, placées en position de vulnérabilité réelle ou potentielle. Ce phénomène est donc à l’origine de ce qu’on appelle le "plafond de verre", qui voit encore peu de femmes s’engager dans les milieux de pouvoir comme la politique, la haute finance, etc. Car les femmes mobilisent leur énergie à espérer que la situation prenne fin, plutôt que de pouvoir travailler normalement.

On est frappé de la permanence de telles structures de domination, malgré les avancées législatives ou sociales…

Si ces phénomènes persistent c’est, en premier lieu, me semble-t-il, le fait d’une méconnaissance de la loi du 6 août 2012, qui ne condamne pourtant pas seulement les actes de harcèlement sexuel, mais également ce que le législateur définit comme une ambiance sexiste. Les employeurs sont donc tenus – au moins à travers des instruments comme les directions des ressources humaines – de faire œuvre de prévention et, le cas échéant, de prendre des sanctions. Le harcèlement n’est donc plus possible en droit, sauf à être, en fait, soutenu par une hiérarchie qui fait régner le silence. Dans le cas qui nous occupe, puisque les députés ou les hommes politiques qui sont à l’origine de tels propos ou de tels actes ne sont pas les employeurs des journalistes concernées, il faut s’interroger sur le rôle des rédacteurs en chef. La première réaction d’un rédacteur en chef digne de ce nom devrait être de décrocher son téléphone pour informer un député, quelle que soit sa position ou son "importance", de ce que cette conduite est insupportable. Bien plus : susceptible de poursuites.

« Un ordre social et sexuel est, littéralement, en train de se défaire sous nous yeux »

Pourquoi ces pratiques perdurent-elles ?

Il faut, je crois, l’attribuer à un esprit de corps, d’autant plus puissant qu’il est le fait d’institutions (le monde politique, la presse) assez solides pour résister aux avancées, dans la société, des luttes des femmes. Il faut donc se réjouir que des journaux ouvrent leurs colonnes pour porter ce problème à la connaissance d’un public plus large. Et surtout que de jeunes journalistes prennent, même anonymement pour certaines, l’initiative d’une prise de parole collective et publique, seule capable de défaire des phénomènes d’emprise qui, sans cette mobilisation, les laisseraient isolées. Le seul fait d’en parler collectivement est déjà une manière d’instituer un rapport de forces.

On a vu réapparaître, à cette occasion, des arguments qui entendaient défendre la tradition d’une "séduction à la française", contre une invasion – supposément américaine – de théories féministes politiquement correctes…

En effet, on a aussitôt vu, comme dans l’affaire DSK, des éditorialistes se précipiter pour célébrer les charmes d’un "féminisme" spécifiquement français, fondé sur une tradition de "séduction à la française". Outre ce qu’a de grotesque et de nationaliste un tel geste – qui prétend s’opposer à une soi-disant importation d’un modèle américain –, il faut faire remarquer qu’il ne s’agit que de s’opposer, en France comme aux États-Unis du reste, au progrès social et au progrès pour l’égalité. Que je sache, ce progrès n’a en rien entamé, aux États-Unis, les relations entre hommes et femmes ; je ne sache pas qu’on y ait vu disparaître les passions amoureuses ou les histoires d’amour, ni même les relations sexuelles entre hommes et femmes !

À quoi ce discours cherche-t-il à se raccrocher ?

L’argument de la séduction prétend que ces combats témoignent d’une phobie du sexe. Or il suffit d’imaginer ce qui adviendrait si, aux sollicitations d’un de ces députés, une femme journaliste répondait : « OK, prenons la première chambre d’hôtel venue, allons-y ! » Il est à peu près certain que le prédateur se retrouverait perplexe… C’est dire que le désir de l’homme dans ce cas, ce que j’appelle le paternalisme lubrique, tient tout entier dans l’exercice d’une forme de domination. Si finalement ces arguments sont aussi dérisoires, c’est sans doute qu’ils témoignent d’un ordre social et sexuel dont l’évidence est, littéralement, en train de se défaire sous nous yeux. Réjouissons-nous de la parution de telles tribunes, car la multiplication de ces initiatives publiques annonce enfin, pour les femmes, la liberté de travailler dans de bonnes conditions, dignes d’une société égalitaire.

Les mecs lourds ou le paternalisme lubrique , de Natacha Henry, Gender Company nouvelle édition 2012.

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Vos réactions

  • C’est très avant-gardiste ou très naïf ...

    "Or il suffit d’imaginer ce qui adviendrait si, aux sollicitations d’un de ces députés, une femme journaliste répondait : « OK, prenons la première chambre d’hôtel venue, allons-y ! »"

    c’est une plaisanterie, n’est-ce pas ? tout le monde sait que c’est à A Couche que veux-tu ... particulièrement dans ces milieux pourris : politicards et journalistes.

    Y’a que Mélenchon qui est honnête :-)
    (Clémentine A. rigole)

    Non, revenons-en à l’humain

    clara z

    clarazavadil Le 6 mai 2015 à 09:27
  •  
  • Et les allumeuses,les machas,les manipulatrices,n’existent elles pas ?
    Tout individu féminin est par définition irréprochable ?
    Et les journalistes,dont trés peu sont de véritables journalistes,elles sont sacrées ?
    Allons un peu d’humilité,les ’meufs’,c’est un ’mec’qui vous le dit...Vous n’allez pas nous raconter que vous êtes des saintes nitouches ?
    Et vous les journalistes ,pour la plupart au service exclusif de la pensée unique,combien d’entre vous mènent des enquêtes d’investigations ?
    De Trierweiller,à Pulvar en passanrpar Dominique Reynié,les compromissions des journalistes avec les politiques sont récurrentes..y compris à regard ?

    sceptik Le 6 mai 2015 à 14:41
       
    • Merci "sceptik" de cette solide argumentation. On avance !

      Patricia Deschamps Le 6 mai 2015 à 15:07
  •  
  • Dans le monde anglo-saxon, ce type de comportement serait réprimé par la loi. En France, les législateurs qui ont mis en application les lois féministes de répression sexuelle, ont considéré que les femmes avaient aussi la possibilité d’être adultes et de se défendre, et ont considéré que tout ne devait pas tomber sous le coup de la loi. Sinon, en considérant que la plupart des hommes sont maladroits, mal-éduqués, mal-habiles... , ils faudrait sans doute mettre environ 100% des hommes en prison. Ou vivre dans une société totalement aseptisée sur le plan sexuel. Mais sur le fond, vous avez raison, ces hommes sont des gros lourdeaux. Et, malheureusement depuis Françoise Giroud, les patrons de presse ont pris la mauvaise habitude de leur envoyer les journalistes les plus jeunes, les plus séduisantes. Après, peut être aussi que vous ignorez ce que c’est que d’être un homme dans un milieu professionnel de femmes. A peu près l’équivalent.

    totoLeGrand Le 8 mai 2015 à 01:20
       
    • "Après, peut être aussi que vous ignorez ce que c’est que d’être un homme dans un milieu professionnel de femmes. A peu près l’équivalent."
      Qu’est-ce donc encore que cette SYMETRIE ?

      Aubert Sikirdji Le 10 mai 2015 à 02:05
  •  
  • Je vous conseille la lecture du livre suivant :
    " Les femmes s’emmerdent au lit : Le désir à l’épreuve du féminisme et de la pornographie " de Sonia Feertchak. Un peu sur le même thème (enfin thème contraire en fait) et très intéressant.

    totoLeGrand Le 9 mai 2015 à 23:40
       
    • Cela veut dire quoi ? Que le féminisme aurait tué le désir, y compris des femmes ? Fort intéressant, en effet, pour un lepéniste !...

      Aubert Sikirdji Le 10 mai 2015 à 09:55
    •  
    • Evidemment, pour vous, Monsieur le Tautologue, comme pour, par exemple, Eric Zemmour, un homme est un homme, ...et sans nul doute une femme doit rester une femme : elle n’a nul besoin d’être féministe en plus !...

      Aubert Sikirdji Le 10 mai 2015 à 15:39
    •  
    • Pour votre gouverne Mr Sirkidji, Sopnia Feertchak est une femme. Lisez donc avant de réagir inutilement.

      totoLeGrand Le 14 mai 2015 à 16:16
    •  
    • Et oui Mr Sirkidji,
      Tout peut être critiqué. Le communisme, comme le féminisme. Je sais que c’est difficile à admettre pour un Stalinien. Réveillez vous. Nous sommes en démocratie et le Goulag a été fermé.

      totoLeGrand Le 14 mai 2015 à 16:20
    •  
    • Monsieur Toto,
      Il ne m’a pas échappé que Sonia Feertchak est une femme. Merci. Quant à me traiter gratuitement de stalinien partisan du goulag, c’est une obscénité minable dont vous avez l’habitude, avec votre façon de jouer à l’âne pour avoir du son... A propos de sens critique : Marx en parlait comme "tête de la passion", et non une simple passion de la tête ravageuse..., comme celle que manifeste les suiveurs simplistes de " l’indécrottable cheptel des profiteurs d’abîme", comme disait Antonin Artaud, auquel vous émargez obstinément...

      Aubert Sikirdji Le 15 mai 2015 à 09:53
    •  
    • Vous me traitez de Lepeniste, alors que je n’ai jamais soutenu Lepen. Pour le reste il suffit de relire vos messages pour voir que vous avez tenté d’expliquer, de justifier le goulag. Pour le reste si vous pouviez cesser de me répondre ce serait bien ou alors répondre courtoisement. Je viens ici pour débattre pas pour être injurié par un olibrius, comme je vous l’ai déjà expliqué (sans succès)

      totoLeGrand Le 16 mai 2015 à 00:55
    •  
    • Juste déjà veuillez me laisser vous répondre sur "Et oui Mr Sirkidji, (en fait, c’est Sikirdji, mon nom...) Tout peut être critiqué. Le communisme, comme le féminisme. Je sais que c’est difficile à admettre..." (totoLeGrand Le 14 mai à 16:20)
      ...Ben...que néni, ça n’est pas trop difficile à admettre, ...car : oui, ...tous les "-ismes" peuvent être critiqués, tous les dogmatismes, comme d’ailleurs tous les "pragmatismes..." !!...

      Aubert Sikirdji Le 19 mai 2015 à 12:38
  •  
  • 1/- Encore une fois, ne renversez pas la vapeur !... Vous prétendez que vous n’avez soutenu ou ne soutenez aucun(e) Le Pen, ni même le FN ? Précisez alors !...Votre Parfait Mr Ménard, selon son dire, le soutient, lui, à 80%. Et vous ? Je m’en voudrais de déformer quoi que ce soit de votre point de vue, ce serait stalinien. Et puis la dite « lepénisation des esprits » n’a jamais été synonyme de ce que les gens deviennent lepénistes… Pas besoin de cela !... On la voit dans le sarkozysme, le vallsisme, avec ses propos sur les Rroms, etc.

    2/- Mais lorsque vous prétendez assimiler le communisme à ce qui s’est réalisé en son nom, …basée sur une sorte de soif du sang, signifiée par le drapeau rouge…, …est-il besoin de vous dire que c’est d’une absolue violence et saloperie intellectuelle, nous ramenant quelque part à l’archaïsme des fantasmes de l’homme au couteau entre les dents ?... (Il est bizarre au demeurant que vous prétendiez alors communiquer sur une telle base avec moi sur le ton de radio courtoisie… Euh… Si du moins l’appellation n’était pas déjà prise…) Qui de nous deux a commencé ? Qui provoque ? Qui pose AU DEPART un prédicat faux, obscène et violent ? Un ILLOGIQUE signe égal entre communisme et violence, comme si la violence était une invention, fort regrettable, du communisme ?... Vous parlez de « réalité » ? Eh bien la rigueur nécessite de dire que : la QUESTION communiste n’est pas on-ne-sait-quelle « aspiration à la violence » tombée du Ciel, et qu’elle restera posée, tant que règne la réalité d’un capitalisme (qui n’est pas une « chose » maléfique, mais un rapport social déterminé), et je ne crois pas être dans l’injure ni la déformation si je CONSTATE que vous considérez, de votre côté, ce capitalisme comme une réalité perpétuelle et insurmontable… Yes or no ? Tout ça, c’est très basique… Et vous avez le don de nous cantonner sur un terrain, je vous l’accorde, pas « hyper-intellectuel » !... Où, encore une fois, la question se pose si vous ne nous (dont vous-mêmes)… prenez pas, en tant qu’interlocuteurs, que pour des sots !... Il ne suffit d’ailleurs pas de vous en défendre… et puis de continuer de le faire quand même !... Ainsi, vous obstinez-vous à MENTIR : NON, il ne suffit pas de voir mes posts, …il suffit que VOUS lisiez mes posts pour y voir que je justifierais le Goulag !... C’est d’une parfaite indécence, qui appelle immédiatement l’insulte (et non l’injure). Car vous ne savez pas le prix que j’ai payé pour être un communiste libre de toute possibilité d’accusation de stalinisme (encore une fois au sens générique)… Parfaitement, je prétends que la difficulté de « juger » le « Komounizme », qui s’est fait passer pour guide vers le communisme provient de ce qu’il s’est soutenu de l’idée du Bien, de « l’homme nouveau » à éduquer, voir à rééduquer !... Qu’il y-a-t-il de totalitaire là-dedans, je vous prie ?... J’ajoute même que cette déviation en a fait autre chose : à savoir, à son cœur de doctrine défendant, …un désastreux REFORMISME d’Etat !... En réalité contre-révolutionnaire…

    3/- C’est vous, encore une fois, qui, tordu, voyez le mal partout, et du coup portez le tort et la torsion du raisonnement partout… Si l’on devait formuler cela de manière humoristique, l’on pourrait avoir recours à …Eugène Ionesco… Dans sa pièce « le Rhinocéros » (où il est justement question de la montée du totalitarisme,…tandis que les êtres humains se changent les uns après les autres en rhinocéros…) , il TORD le principe du syllogisme, de déductif en inductif… : ce qui donne le curieux enchainement : « Tous les chats son mortels/Socrate est mortel/Donc, Socrate est un chat !... » Que faites-vous d’autre, en prétendant que si le communisme a produit des résultats sanglants, et que d’aucuns se disent encore communistes, c’est qu’ils sont assoiffés de sang ?... Merci de nous épargner ce genre de STUPIDITE !!!...

    4/- De plus, …je vous re-re-signale que je ne suis ni un sot ni un « olibrius ». Que je considère que face à quelqu’un d’extrême droite, non pas « tous les coups sont permis », mais TOUTES LES RESSOURCES DE L’ESPRIT SONT RECQUISES ne fait de moi un « fantaisiste » que dans le bon sens du terme… Aussi, ne profitez-pas du fait de pouvoir vous abriter derrière l’écran d’internet, et dans l’anonymat, pour poursuivre vos provocations, s’il-vous-plait !... Car : grosse erreur sur la personne. Je ne suis juste pas un interlocuteur à votre convenance… Car je n’ai aucunes concessions à vous accorder. Maintenant, permettez-moi néanmoins, puisque mon prénom est Aubert, de vous soumettre ce poème, d’un communiste, à savoir Paul Eluard, qui a joué un rôle central pour la constitution de mon idéal-du moi :

    L’AUBE DISSOUT LES MONSTRES

    Ils ignoraient
    Que la beauté de l’homme est plus grande que l’homme

    Ils vivaient pour penser ils pensaient pour se taire
    Ils vivaient pour mourir ils étaient inutiles
    Ils recouvraient leur innocence dans la mort

    Ils avaient mis en ordre
    Sous le nom de richesse
    Leur misère leur bien-aimée

    Ils mâchonnaient des fleurs et des sourires
    Ils ne trouvaient de cœur qu’au bout de leur fusil

    Ils ne comprenaient pas les injures des pauvres
    Des pauvres sans soucis demain

    Des rêves sans soleil les rendaient éternels
    Mais pour que le nuage se changeât en boue
    Ils descendaient ils ne faisaient plus tête au ciel

    Toute leur nuit leur mort leur belle ombre misère
    Misère pour les autres

    Nous oublierons ces ennemis indifférents
    Une foule bientôt
    Répétera la claire flamme à voix très douce
    La flamme pour nous deux pour nous seuls patience
    Pour nous deux en tout lieu le baiser des vivants.

    Aubert Sikirdji Le 16 mai 2015 à 19:52
       
    • (...Et pardon aux lecteurs éventuels d’avoir été contraint de revenir ici sur des échanges précédents, sous d’autres articles, avec le Monsieur caché derrière "Toto"...).

      Aubert Sikirdji Le 16 mai 2015 à 19:56
  •  
  • Est ce que les millions de morts liés au stalinisme au maoïsme, au polpotisme (et j’en passe...) seraient un détail pour vous tous ?

    Que vous puissiez à ce point considérer que l’on puisse continuer à défendre la même idéologie qui prétend juste faire le bien de l’humanité ?

    Avec des personnes qui pratiquent une gymnastique hyper-intellectuelle permettant d’aboutir à l’absolution de l’idéologie.

    Et qui par ailleurs ont des personnalités pour le moins de premier abord rigides, sectaires, aux propos violents, insultants demandant la disparition de ceux qui ne pensent pas comme eux et qui de toute évidence semble prêts à appliquer les mêmes recettes ?

    totoLeGrand Le 17 mai 2015 à 17:51
       
    • Il semblerait que vous radotiez, Monsieur le Toto...

      Aubert Sikirdji Le 17 mai 2015 à 19:59
    •  
    • Non,... les millions de morts liés au stalinisme au maoïsme, au polpotisme (et vous en passez...) n’ont rien d’un détail pour nous tous !... Encore une fois, permettez-nous, dans les circonstances actuelles, de considérer cette supputation comme la première des violences, car ce n’est pas parce que le FN se débarrasse de son fondateur, que l’extrême droite pourra désormais d’autant plus s’exonérer de son Histoire, sur "notre dos"... Permettez-nous de considérez comme la pire obscénité que vous prétendiez alors d’autant plus pouvoir vous moucher dans le mouchoir de "l’extrême-gauche", comme vous dites abusivement...

      Aubert Sikirdji Le 17 mai 2015 à 20:18
  •  
  • L’analyse de Clouscard est intéressante, mais elle est très communiste en ce sens où elle est une sorte d’extension de la notion de lutte des classes dans la société du loisir et de la jouissance.

    Factuellement tout n’est pas juste. Il considère par exemple le féminisme comme un néo-capitalisme imposé par la société marchande. C’est la théorie qui est soutenue par certains (comme Alain Soral). Alors que mois je pense que le féminisme moderne relève aussi des idées marxistes, au sens où la femme est considérée comme une victime dominée par son mari, au même sens que le prolétaire est dominé et esclave du capitaliste. D’ailleurs la plupart des grandes féministes sont marxistes ou très à gauche.

    D’autre part la plupart de ses thèses ont été produites dans les années 70/80. Elles ne tiennent pas compte de l’immigration de masse, des délocalisations, de la mondialisation , de l’essort de la Chine, et des BRIC. En clair des grandes réorganisation ethno-sociologiques au niveau mondial qui ont bouleversé les rapports économiques mondiaux de ces 30 dernières années (aïe... Sirkidji va me traiter de raciste !!)

    Car s’il parle dans ses livres de la transformation du capitalisme fondamental vers un capitalisme plus superficiel (au sens de la frivolité des objets produits et des besoins nouveaux engendrés), il persiste à considérer que le fond dessein reste l’exploitation du producteur (le prolétaire). Ceci est parfaitement exact au niveau mondial, mais sans tenir compte des grandes mutations locales : chômage de masse en Occident, essor des pays pauvres (qui le sont donc moins), émergence des classes moyennes dans les BRICS, prolétarisation des classes moyennes en Europe, et disparition de la classe ouvrière.

    Au total, une analyse assez juste au niveau mondial, mais avec des conséquences extrêmement variables selon les continents.

    totoLeGrand Le 18 mai 2015 à 02:15
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