Accueil > Résistances | Par Laura Raim | 9 avril 2016

Nuit debout : comment dépasser l’expérience citoyenne dans un projet politique ?

Occupy Wall Street a montré les risques de dispersion qui menacent les mouvements sociaux quand le formalisme démocratique l’emporte sur la formulation d’objectifs politiques. La Nuit debout devra trouver les moyens d’aller au-delà de l’occupation…

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Délocaliser ou pas la cuisine de la cantine, telle est la question qui accapare une bonne vingtaine de minutes l’Assemblée générale de la quatrième Nuit debout, dimanche 3 avril, Place de la République. Pour des raisons d’hygiène, il serait préférable de préparer la nourriture dans de vraies cuisines équipées. Oui mais alors le cuisinier, à l’écart, ne pourrait plus participer aux discussions de la place. Le débat glisse ensuite vers une question plus profonde : est-il vraiment indispensable de faire débattre et voter, là maintenant, le millier de personnes présentes en AG sur la délocalisation de la cuisine ? Les membres de la "commission cantine" ne pourraient-ils pas, tout simplement, décider entre eux du lieu où ils veulent faire à manger ?

« Nous n’occupons pas pour occuper. Nous occupons pour atteindre des objectifs politiques. » Frédéric Lordon

Savoir ce que l’on dit aux profiteurs qui se nourrissent tous les jours à l’œil à la cantine où le prix est libre est important. Décider ce que l’on fait des gens ivres sur la place aussi. « Mais il ne faut pas que tout ça nous fasse perdre le sens de ce que nous faisons ici. » Le recadrage émane de Frédéric Lordon, qui a demandé à prendre la parole au bout d’une heure de discussions logistiques. L’économiste, soutien depuis le début du mouvement, n’est pas là pour parler intendance. « Nous n’occupons pas pour occuper. Nous occupons pour atteindre des objectifs politiques. » Et de plaider d’une part pour la « convergence des luttes » avec les agriculteurs, les chauffeurs de taxi etc, et d’autre part pour l’écriture d’une « constitution de la république sociale pour nous libérer de la propriété privée du capital ».

La perte de vue des objectifs politiques constitue-t-elle un écueil possible pour le mouvement qui a émergé après la manifestation du 31 mars 2016 contre la loi El Khomri ? À voir la pancarte "Ni capitaliste ni anticapitaliste, citoyen", on peut penser qu’une partie des jeunes "nuitdeboutistes" ont même une aversion à élaborer le moindre projet politique. « Mon père est de droite, je veux pouvoir lui dire de venir car ici ce n’est ni de gauche ni de droite », se réjouit une jeune femme, suscitant une réaction mitigée dans l’agora.

Pour certains d’entre eux, la réappropriation de l’espace public et l’expérimentation concrète de la démocratie directe et participative sont des fins en soi. Et de fait, il y a de quoi se réjouir. Beaucoup de jeunes n’avaient jamais manifesté avant. Maintenant ils sont là, ils parlent pendant des heures de valeurs collectives, du sens du travail, de distribution des richesses, d’accueil des réfugiés, de violence policière, bref, de politique, et c’est énorme. Est-ce suffisant ?

« Bâtir une culture de lutte démocratique est certes utile pour les cercles militants, mais ce n’est qu’un point de départ. Occupy Wall Street n’est jamais allé plus loin. » Thomas Franck

Dans un article du Monde diplomatique intitulé "Le piège d’une contestation sans revendications : Occuper Wall Street, un mouvement tombé amoureux de lui-même", le journaliste américain Thomas Franck affirme que « le refus de formuler des propositions a constitué une grave erreur tactique ». « Bâtir une culture de lutte démocratique est certes utile pour les cercles militants, mais ce n’est qu’un point de départ. OWS n’est jamais allé plus loin. (…) Pour ses militants, la culture horizontale représente le stade suprême de la lutte : "Le processus est le message", entonnaient en chœur les protestataires ».

Comment auraient-ils dû procéder ? Pour Thomas Franck, lutter contre Wall Street en 2011 impliquait, très prosaïquement, de se battre pour reréguler la finance par des lois et reconstruire « un État régulateur compétent ». « Mais ce n’est pas ainsi que l’on enflamme l’imagination de ses contemporains. Comment animer un carnaval lorsqu’on rêve secrètement d’experts-comptables et d’administration fiscale ? En remettant les choses à plus tard. En évitant de réclamer des mesures concrètes. Réclamer, c’est admettre que les adultes guindés et sans humour ont repris la barre et que la récréation est finie. Ce choix tactique a remarquablement fonctionné au début, mais il a aussi fixé une date de péremption à tout le mouvement. »

Le campement à Zuccotti Park a été évacué au bout de deux mois. On pourrait objecter à Thomas Franck que la dispersion d’Occupy n’est pas synonyme d’échec. Comme le fait souvent remarquer notamment Naomi Klein, le mouvement a fait resurgir le sentiment de la possibilité d’une transformation sociale, et une fois rentrés chez eux, les militants ont poursuivi de plus belle la lutte, que ce soit dans la restauration rapide en faveur des 15 dollars de l’heure ou dans la campagne Black Lives Matter contre les violences policières. Surtout, le mouvement a produit une chose que l’on ne pensait pas voir de sitôt aux États-Unis : un candidat socialiste aux primaires des présidentielles. Bernie Sanders a été porté par la génération Occupy. On peut en dire autant de Jeremy Corbyn aux Royaume-Uni ou de Syriza en Grèce, deux pays qui ont vu des mouvements importants d’occupation des places.

« S’il y a bien une chose qui n’a que faire de tout principe arithmétique de majorité, ce sont bien les insurrections. » Le Comité invisible

La critique de Thomas Franck fait écho, pour des raisons pourtant diamétralement opposées, à celle du Comité invisible sur le « fétichisme de l’assemblée générale » dans À nos amis. À Placa Catalunya à Barcelone, « chacun a pu alors constater que, lorsque l’on est aussi nombreux, il n’y a plus aucune différence entre démocratie directe et démocratie représentative. L’assemblée est le lieu où l’on est contraint d’écouter des conneries sans pouvoir répliquer, exactement comme devant la télé ».

À Oakland, on en vint à « considérer que l’assemblée n’avait aucun titre à valider ce que tel ou tel groupe pouvait ou voulait faire, qu’elle était un lieu d’échange et non de décision ». Car de toute façon, « s’il y a bien une chose qui n’a que faire de tout principe arithmétique de majorité, ce sont bien les insurrections, dont la victoire dépend de critères qualitatifs — de détermination, de courage, de confiance en soi, de sens stratégique, d’énergie collective ». Les auteurs évoquent quasiment une pathologie démocratique : « Si l’insurrection a d’abord trait à la colère, puis à la joie, la démocratie directe, dans son formalisme, est d’abord une affaire d’angoissés. Que rien ne se passe qui ne soit déterminé par une procédure prévisible. Qu’aucun événement ne nous excède ».

Il est en effet tentant de sourire devant les procédures que s’imposent depuis une quinzaine d’années les altermondialistes, Occupy et autres indignés pour maintenir la sacro sainte horizontalité. « Le Comité invisible mise tout sur la densité des relations et la confiance qui naît du fait d’habiter et de manger ensemble, de s’auto-organiser. Il n’empêche que les règles qu’ils ridiculisent ont leur utilité, affirme le philosophe Manuel Cervera-Marzal. Le système du tour de parole, par exemple, permet aux gens timides de s’inscrire et d’oser s’exprimer. Sans ça, c’est celui qui a l’habitude et qui crie le plus fort qui est entendu ».

Pour l’auteur de Désobéir en démocratie, les mouvements sociaux désireux de s’affranchir des structures hiérarchiques associées aux partis traditionnels auraient même, dans certains cas, intérêt à se doter de plus de règles. « Le problème, quand on part du principe qu’il n’y a pas de chef, c’est qu’on est aveugle face à celui qui émerge de manière informelle, par exemple sous l’effet des médias qui repèrent le "bon client". Comme on ne le voit pas, on ne se donne pas les moyens de le contrôler par des élections et des mandats bien définis ».

« Non, la démocratie ne signifie pas donner la parole à tout le monde, et surtout pas aux fachos. Globalement, il y a un gros travail d’éducation populaire à faire pour politiser les AG. » Lise, une des initiatrices de la Nuit debout

C’était tout le propos de Joreen Freeman, lors de sa conférence sur "la tyrannie de l’absence de structure", prononcée en mai 1970. La militante féministe américaine comparait l’approche spontanéiste qui se méfie de tout protocole à la doctrine du "laisser-faire" qui « n’interdit pas aux secteurs dominants de l’économie de contrôler les salaires, les prix et la distribution » mais qui « se contente de priver l’État de la possibilité de le faire. L’absence de structure cache le pouvoir et, dans le mouvement féministe, l’idée séduit en particulier les personnes les mieux placées pour en profiter (qu’elles en soient conscientes ou non). Pour que chacun puisse avoir la possibilité de s’impliquer dans un groupe (…) les règles de prise de décision doivent être transparentes, et cela n’est possible que si elles ont été formalisées. (…) La question n’est donc pas de choisir entre structure et absence de structure, mais entre structure formelle et structure informelle. »

Sur place, le petit groupe d’organisateurs de la Nuit debout, constitué fin février autour du film Merci Patron de François Ruffin, ont eux-mêmes été confrontés à une certaine méfiance de la part des jeunes qui rejoignent le mouvement et qui rejettent toute structure : « Ils s’imaginent souvent que tout s’est mis en place spontanément, alors qu’on a fait un gros travail d’organisation en amont et que c’est grâce au soutien d’associations comme le Droit au logement, Attac et Solidaires que l’on a pu s’installer ici, avoir une sono, etc. », explique Lise, instit, membre du noyau dur d’initiateurs.

Les "anciens" comme elle essaient progressivement de passer la main mais « restent comme un Conseil de sages, pour éviter que ça parte dans tous les sens politiquement ». Elle explique : « Car non, la démocratie, ça ne signifie pas donner la parole à tout le monde, et surtout pas aux fachos. Pour les petites choses logistiques, il faut arrêter de perdre du temps et de l’énergie à les faire voter en AG. En revanche, il y a des questions beaucoup plus importantes, comme la rédaction des communiqués de presse, qui ne doivent pas se faire sans contrôle. Globalement, il y a un gros travail d’éducation populaire à faire pour politiser les AG. Il faut que d’autres camarades intellectuels rejoignent Frédéric Lordon et aident à faire passer le message qu’on n’est pas là juste pour "être citoyen" mais pour porter un projet politique, pour défendre un certain nombre de valeurs et d’idées. »

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  • Comme la grève, les moments d’occupations de places des Nuits debout sont les seuls moments où nous sommes tous dans le même rythme et dans la même disponibilité (c’est ce que j’avais relevé, en substance, dans le livre de Gérard Mordillat, Les vivants et les morts).

    Même si de fait des comparaisons sont utiles, les exemples avec Occupy ou Podemos...ont leurs limites et il importe de les lâcher assez vite.

    Cette émergence de forme de luttes est caractérisée par le rejet de la politique en général. Elle est à la fois l’expression de souffrances sociales, qui n’en comprend pas les causes profondes, et la représentation instillée par les grands médias et d’une "culture dominante", au-delà du défouloir. L’éducation politique ici doit s’apesantir sur les causes et les effets, autrement dit de l’antagonisme de classe et des solutions à y apporter (dit très très rapidement !).

    C’est tout le travail que doivent faire les militants politiques pour permettre de faire naître un projet. Dans le cadre actuel, c’est effectivement difficile de cheminer, pas impossible, il en ressortira toujours une leçon positive.

    Les moments de convergences où cette mouvance peut et doit "apprendre", ce sont les luttes et les manifestations de salariés contre la loi-travail, c’est ramener concrètement le projet dans un champ du réalisable en un temps court et, à tout le moins du possible, sur un terme plus lointain, comme perspective.

    D’où la nécessaire implication des militants syndicaux et politiques -de gauche- c’est mieux en le disant.

    morelle noire Le 9 avril à 13:41
       
    • les gens en on marre du duo sarko hollande. ils font la meme politique de droite que sarko a passé à hollande son co pilote et puis les gens on marre aussi d’etre gouverner par des avocats qui ne font que de nous enrouler dans la farine avec leurs discours certe bien fait de part leur métier mais les gens ce n’est pas ce qu’ils veulent. ils veulent travailler sans le stress d’etre licenciés du jour au lendemain. les chefs d’entreprises français ne sont pas assez honnete et pas assez patriote puisque certains ont dètourné des millions. on ne peut pas leur faire confiance. il faut protèger nos salariés. pourquoi aussi on voit hollande tous les jours à la télé comme sarko bizarre

      ferrand Le 12 mai à 19:15
  •  
  • Et voilà !
    Le retour des objectifs ! des portes paroles et des stars, des intellectuels à rejoindre, des professeurs en politisation, des "anciens" qui surveillent et qu’il faut saluer ; de ceux qui se revendiquent "à l’origine du mouvement", donc à même de dire ce qu’il doit devenir... besoin de "régulateur compétent" et nouvelle constitution à écrire, pour au final : le retour de l’État.
    Merci Lordon.
    Décidément, ils peuvent pas s’en empêcher c’est plus fort qu’eux. Décidément ils ne peuvent pas laisser aller au bout une expérience. La nouveauté vous terrorise à ce point ?
    Récupération en marche.
    Dites tout de suite aux Crs que vous débarassez et que vous nettoyez derrière vous parce que des délégués sont partis proposer la nouvelle constitution à l’Elysée ou à Matignon, ou sur Tf1 ou Canal....ils vont être très intéressés.
    C’est reparti comme avant. C’est foutu.

    Ronan C Le 9 avril à 15:10
       
    • Ce qui ferait que c’est foutu, c’est que le mouvement de mars 2016 ne se donne pas de capacités d’action propres, donc de structure et d’objectifs, et par conséquent ne travaille que pour des politiciens, impasse absolue bloquant tout mouvement d’émancipation et de révolution sociale.

      Voir les enterrements par Sanders aux Etats-Unis, Corbyn en Angleterre, Iglesias en Espagne, ou Tsipras en Grèce.

      En France, le candidat embaumeur ne se cache pas non plus. Il s’était déjà battu contre la grève générale en 2010 pour faire son beurre dans les urnes en 2012. Il s’appelle JLM.

      Louis Le 9 avril à 16:54
    •  
    • Louis : jamais fatigué de répandre sa haine pour Mélenchon.
      A cette dose ça relève de l’analyse psychanalytique ou du service commandé. Par qui ?

      choucroute Le 10 avril à 19:20
    •  
    • Choucroute : apprenez à échanger des faits et analyses. Les injures et attaques ad hominen sont une pratique de JLM dans le PG, qui explique en partie son effacement dans la lutte des classes, mais ils n’ont rien à faire dans un site politique comme Regards.

      Louis Le 10 avril à 22:07
    •  
    • @louis
      Des arguments dans le genre ? « En France, le candidat embaumeur ne se cache pas non plus. Il s’était déjà battu contre la grève générale en 2010 pour faire son beurre dans les urnes en 2012. Il s’appelle JLM. »

      choucroute Le 11 avril à 00:23
    •  
    • Merci à Choucroute de donner l’occasion de rappeler à tous les militants sincères comment Mélenchon, avec les autres caciques réformistes, dont Royal, ont trahi le mouvement de 2010 et nous ont conduit à une défaite dont le mouvement ouvrier se remet seulement maintenant.

      Quand à l’automne 2010, l’écrasante majorité des salariés de ce pays ont rejeté le plan de casse des retraites de Sarkozy, manifesté par millions, que les raffineurs se sont mis en grève totale, que les cheminots ont lancé la grève reconductible, que des dizaines d’instances syndicales appelaient à la grève générale reconductible, les dirigeants syndicaux ont refusé d’exiger le retrait du projet de loi et d’appeler tous les salariés tous ensemble à faire grève jusqu’à satisfaction. Thibault a
      prétendu que la grève générale était absurde.

      Qu’a fait Mélenchon ? Il a refusé de critiquer les dirigeants syndicaux, disant qu’il ne voulait pas "se mêler de la direction des luttes sociales" ! Mais à quoi sert un dirigeant politique s’il ne se prononce pas sur les questions les plus importantes pour les travailleurs ? En fait, Mélenchon craignait la grève générale, tout autant que Thibault, Chérèque, Mailly, Groison et Sarkozy. Car quand les travailleurs se mettent en mouvement et s’organisent eux-mêmes, les vieux politiciens bourgeois de son genre sont mis à la retraite…

      Bref, le Front de Gauche et son "patron" étaient de mèche avec les bureaucrates syndicaux… !

      Là encore, défendre les revendications des travailleurs jusqu’au bout implique de combattre pour briser les institutions qui servent à la domination des patrons et par là le capitalisme lui-même. Mais il n’est pas question de cela pour Mélenchon.

      Mélenchon, tout à l’opposé de la grève générale, a appelé à la tenue d’un référendum sur le sujet. Comment dire plus clairement que le Front de Gauche avait pour fonction de canaliser les luttes dans le cadre des institutions actuelles.

      Mais puisque je connais fort bien pour mon malheur le vieux politicien bourgeois, et le dossier retraite, approfondissons les faits.

      Les « réformes » des retraites se sont succédées à un rythme accéléré. En 1993, Balladur imposait aux travailleurs du privé 40 ans de cotisation pour avoir une retraite à taux plein et faisait passer la base de calcul des 10 meilleures années au 25 meilleures années, amputant à terme les retraites de 25% à 30%.

      Le gouvernement de gauche plurielle de 1997 à 2002, PS-PCF-Verts-Radicaux-MRC, dont Mélenchon a Secrétaire d’Etat, n’est pas revenu sur cette réforme inique. En 2003, Fillon a imposé le passage à 40 annuités de cotisation pour les fonctionnaires et supprimé les mesures compensant pour les femmes le poids de la maternité. En 2007, c’était au tour des régimes spéciaux. Enfin, en 2010, Sarkozy et Fillon ont fait passer le nombre d’annuités à 42 annuités et ont mis en place un régime de décote particulièrement brutal, faisant baisser lourdement les pensions.

      Qu’a proposé le Front de Gauche sur le sujet ? Dans son programme on lit : « Droit à la retraite à taux plein à 60 ans (75% du salaire de référence) ». Formule trompeuse, car elle suggère et est souvent comprise par les travailleurs comme signifiant : retraite à taux plein à 60 ans. Mais non ! « Droit à »,
      cela veut dire : pourront partir en retraite à 60 ans (sans décote) tous ceux qui auront cotisé le nombre
      d’annuités nécessaires. Quel nombre d’années de cotisations le Front de Gauche défend-il ? Il n’y en a pas trace dans son programme.

      Mélenchon a avoué le pot aux roses dans un débat télévisé
      (« Mots croisés », le 06/12/2010) avec son vieil ami Michel Sapin, expert financier du PS1 : « Est-ce que ce sera pour la retraite à 60 ans, si vous avez le pouvoir, 40 ans ou 42 ans ? Avec moi, c’est 40 ans, vous c’est 42. Et les électeurs tranchent. (…) ». Sapin lui rétorque amusé : « Ah bon, c’est pas 37 annuités et demi ? » N’obtenant pas de réponse, Sapin insiste ironique : « Je croyais que c’était 37 annuités et demi ». Mélenchon finit par lâcher : « Eh bien tu vois tu as mal écouté ».

      Plus encore qu’en 2003, en septembre-octobre et novembre 2010, des millions de travailleurs ont défilé et fait grève contre la réforme des retraites de Sarkozy-Fillon, bien souvent sous les mots d’ordre : 37,5 pour tous, public-privé… ! Mélenchon, soi-disant de la gauche radicale, corrige ces irresponsables : ce sera 40 annuités ! Bref, Mélenchon entérine finalement la mesure phare des réformes de Balladur 1993 et de Fillon 2003.
      Mais, au fait, pourquoi 40 annuités ? Pourquoi cet homme qui se targue d’être si radical mégote à 2,5 années près ici ? Aurait-il peur des réactions que pourrait déclencher au sein de la « finance internationale » qu’il dit combattre le retour au 37,5 ?

      En guise de conclusion : il faut choisir entre pseudo-révolution citoyenne des vieux politiciens et le "Tous Debout" en cours, le seul qui puisse conduire à une démocratie réelle, autrement dit une vraie révolution socialiste. C’est le bon moment, si on veut éviter le fascisme.

      Louis Le 11 avril à 02:20
    •  
    • + 1 Ronan, ça aura pas traîné. « Un objectif politique », ce n’est pas forcément un énième parti « de renouveau de la politique autrement » qui s’enferre dans les mêmes vieux pièges électoraux qui sont conçus pour que rien ne se passe.

      On lit dans l’article « Surtout, le mouvement a produit une chose que l’on ne pensait pas voir de sitôt aux États-Unis : un candidat socialiste aux primaires des présidentielles. Bernie Sanders a été porté par la génération Occupy. On peut en dire autant de Jeremy Corbyn aux Royaume-Uni ou de Syriza en Grèce ». Ce serait ça la « perspective », le « débouché politique » : un candidat aux présidentielles — non mais sérieux, Syriza ? Tous ensemble à Trafalgar ? Dans ce cas autant aller se recoucher tout de suite.

      Les copains espagnols de République et ceux qui se réunissent en ce moment à Valence (où j’ai des liens directs) et ailleurs nous le répètent depuis 15 jours : Podemos, c’est le cercueil du 15-M — a l’heure actuelle, leurs négociations avec les centristes sont au point mort, c’est dire le marigot où Podemos a sombré.

      On n’a pas encore vu en acte le dixième de la puissance qu’on construit, on a pas encore le dixième des lieux et des liens qui nous sont nécessaires, et cet article nous cherche déjà à capitaliser sur les limites du mouvement… il parie sur sa défaite — et effectivement chercher à l’entraîner sur des perspectives électorales c’est le meilleur moyen d’obtenir cette défaite, sans combat.

      Cobab Le 13 avril à 15:38
  •  
  • Désolé, quels que soient les mouvements, aucun ne vit dans une bulle descendue de je ne sais quel monde virtuel.

    Nuit debout justifie son existence au sein d’un environnement politique, social, culturel. Cette mouvance ne s’exprime pas pour elle-même mais pour les autres, s’enfermer n’aurait aucun sens. Des tas de propositions ont été formulées, exemple une nouvelle constitution, ici et ailleurs. Vouloir cloîtrer ce qu’il se passe, c’est le condamner à mourir.

    Il n’y a aucune propriété à prétendre, d’où qu’elle vienne. Il y a des luttes qui s’organisent sous différentes formes, face à la politique du capitalisme néolibéral.

    Nuit debout puisant la racine de sa protestation dans la société, elle se nourrit des mouvements qui se meuvent en son sein et nourrit à son tour les mouvements qui travaillent également à faire émerger des réponses.

    Il ne faut donc pas craindre les échanges pour l’enrichissement de tous. Par conséquent, foin des procès d’intention, de récupération, aucun intérêt.

    D’aucun parmi les participants de Nuit debout ont fait remarquer à juste titre que les jeunes des banlieues populaires ne sont pas présents dans ces groupes. Sans doute faut-il s’interroger pourquoi.
    Les émeutes de 2005 déclenchées par la mort Zyed Benna et Bouna Traoré sont aussi une forme d’expression, violente, de la getthoïsation, souffrance sociale, résultant des politiques des gouvernements successifs....

    Il est peut-être temps de mettre toute ces expériences en commun et qu’un projet politique et économique soit construit ?

    morelle noire Le 9 avril à 21:06
  •  
  • Bon article qui cadre les enjeux et les risques avec sympathie et réalisme. Merci Laura Raïm et à bientôt dans Regards j’espère.

    René-Michel Le 10 avril à 20:19
  •  
  • Les articles de réflexion sur le mouvement sont encore rares. Celui de Laura est un bon départ, informé et lucide. Je viens d’en lire un second qui mérite d’être partagé :
    Des « Nuit Debout » vers un « Tous Debout », par Jacques Chastaing
    http://wp.me/p5oNrG-m1C

    Louis Le 10 avril à 22:11
  •  
  • Sans définir quel ennemi à combattre, quelle action mener ?
    Il est avéré que la finance fasciste à col blanc corrompt gouvernements et institutions internationales pour son seul profit : elle est par ex le premier lobbyiste à Bruxelles

    Refaire une constitution, implique de sortir de l’UE
    la finance laisserait elle faire cela ?

    A mon sens sans une attaque de la finance internationale via une séparation bancaire stricte permettant de garantir l’activité de l’économie réelle ( comptes des citoyens et pme pmi artisans) et de ne pas garantir les activités spéculatrices les laissant à la faillite (cf 1933 avec le Glass Stegall Act), sans une attaque donc celle ci gardera le contrôle des politiques et des media !

    quelle attaque doit être menée et selon quelles modalités , doit à mon sens être la seule urgence permettant d’ouvrir le champ des possibles hors de touts manipulation et récupération futures ;
    certains attaquent des agences .. mais celles ci détiennent elles des salles de marché ? des experts en nanotrading ?
    où sont donc leur centre informatique ?

    thejoker Le 11 avril à 11:24
  •  
  • ouais ouais ... toute ces agitations localisées doivent bien faire rigoler nos dirigeants et les puissants industriels qui les appuient, et dont les CRS aux ordres se hâteront d’intervenir si par hasard le mouvement déborde et menace l’ordre établi (en particulier si Nuit Debout avait l’idée de se déplacer aux abords de l’assemblée nationale, du sénat, ou allez soyons fous, du palais de l’Elysée)
    avant de trouver "un moyen d’aller au delà de l’occupation", ne croyez vous pas qu’il faudrait, comme je l’ai lu dans un commentaire, rassembler un peu plus les vrais exclus, en particulier les habitants des banlieues gethoisées dont je serais curieux de connaitre l’avis sur ce mouvement ...

    aki ejeloneur Le 12 avril à 11:49
  •  
  • Tous ensemble, faisons le pari d’aller VOTER BLANC EN MASSE aux élections présidentielles de 2017

    La « Démocratie Représentative » organise notre impuissance en mettant au pouvoir des « élites » corrompues. Une fois élus au « suffrage universel » ils peuvent, en toute décontraction, mettre en place des lois qui nous rapprochent chaque jour un peu plus de la condition d’esclaves.

    Il faut nous débarrasser de cette Démocratie Représentative une bonne fois pour toute !

    Mais comment faire ?

    L’abstention a beau obtenir les scores les plus élevés à chaque élection, elle est considérée uniquement comme un phénomène de marge et sans signification particulière. Pour les classes dirigeantes et les médias, ce traitement de l’abstention est légitime car elle ne suit pas les règles du jeu démocratique.

    Alors si on tendait un piège au système ? Si on l’attaquait frontalement avec force et violence sans aucun risque de nous prendre une pluie de coups de matraques et de gaz lacrymo ? Si on battait le système à son propre jeu, en jouant avec ses propres règles ?

    Il nous faut prolonger cet élan de révolte et de rassemblement jusqu’aux prochaines élections présidentielles de 2017.
    Tous ensemble, faisons le pari d’aller VOTER BLANC EN MASSE

    Que se passera-t-il si nous sommes assez nombreux ? Si le vote blanc parvient à se hisser plus haut que les candidats ? Si tout à coup les taux de participations s’envolent pour placer le vote blanc en tête ?

    Que cette charge soit prise en compte par les instances électorales ou bien cantonnée à son usage symbolique, c’est toute la « classe politique » qui sera humiliée et il ne sera plus question de « Démocratie Représentative »

    Dans tous les cas, ça ne peut marcher que si nous sommes assez nombreux ! Alors passons-nous le mot, inscrivons-nous sur les listes électorales, invitons nos proches, nos ami.e.s, notre famille, nos voisin.e.s, tout le monde, allons voter blanc aux prochaines élections présidentielles !

    Le mouvement que nous sommes en train de faire vivre tous ensemble, toutes nos initiatives, tous les changements dans notre société que nous appelons, tout ça ne pourra pas exister tant que nous n’aurons pas vaincus ceux qui nous dominent grâce à la Démocratie Représentative !

    Avril Blanc Le 13 avril à 00:09
       
    • Le vote blanc n’est pas pris en compte....
      Mais vous avez l’Union Populaire Républicaine qui propose de redonner une vraie démocratie à la France, mais hélas trop peu de gens le savent malgré un développement ultra rapide ces derniers mois...
      faites un tour sur le site , vous y trouverez des solutions.
      http://www.upr.fr/union-populaire-republicaine
      Nuit Debout trouvera les moyens d’avancer.

      Erick48 Le 14 avril à 17:09
  •  
  • Sérieusement, l’UPR ? Dont le fondateur est diplômé de HEC et de l’ENA ? Sachant qu’il a travaillé dans un certain nombre de ministères.
    Pour moi, cela ne représente pas le renouveau de la politique.

    florent Le 15 avril à 16:28
       
    • @Florent
      je ne suis pas encarté UPR mais curieux j’ai ecouté ... je peux vous assurer qu’en regardant plusieurs conferences de l’UPR ce parti propose un veritable changement politique on peut etre pour ou contre mais on ne peut pas dire que ce qu’il propose n’est pas inédit et bien plus démocratique que ce que Bruxelles nous impose.
      justement Asselineau aurait largement pu rester planquer dans des ministeres toute sa vie en gagnant des salaires mirobolant et une belle retraite dorée... au lieu de ca il repete depuis 10 ans contre tous les medias de masse qu’une sortie de la tutelle de Bruxelles est une solution qui nous rendra la possibilité de choisir notre destin. il a jamais retourné sa veste ni fait d’alliances...

      olivier Le 19 avril à 18:11
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    • Son programme me semble similaire à celui de debout la république, il propose quoi en dehors des traités internationaux ? Au niveau de la France ?
      Je pense que sans une nouvelle constitution qui limite beaucoup le pouvoir de la démocratie représentative ( mandat unique révocable ainsi qu’une partie de tirage au sort pour le pouvoir législatif ), il ne pourra pas y avoir de changement majeur de politique.

      florent Le 19 avril à 22:30
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    • M. Asselineau a précisé les conditions d’alliance de l’UPR, qui sont au nombre de 5 :

      1- dégager une hiérarchie de priorités en refusant tout débat clivant et tout positionnement droite-gauche. Or M. Dupont-Aignan s’y refuse puisqu’il a adopté à de nombreuses reprises des positions extrêmement droitières (sur la sécurité, le sujets de société) et des alliances qui ne le sont pas moins (alliance avec le CNI en 2010, nombreux appels du pied au FN depuis des mois, qui viennent de provoquer la crise actuelle d’ailleurs).
      2- sortie de l’UE de façon juridique, donc par l’article 50 et refus de tout projet d’Autre Europe. Or M. Dupont-Aignan s’y refuse absolument et entend au contraire rester dans l’UE en avançant le bobard de « l’autre Europe ». A partir de là, tout est dit. Il n’est pas la peine d’aller plus loin puisque nous sommes en désaccord total sur LE sujet essentiel.
      sortie de l’euro de façon juridique, donc par l’article 50. Or M. Dupont-Aignan s’y refuse : il affirme vouloir sortir de l’euro… en y restant (!), c’est-à-dire en le transformant en « monnaie commune » [ sic] et en restant dans l’UE. Ce qui imposerait de violer les traités puisque les traités ne prévoient aucune possibilité de cette nature, sauf de sortir de l’UE. Si les mots ont un sens, cela donne cette situation cocasse :
      que DLR reproche à l’UPR son prétendu « extrémisme » alors que l’UPR, scrupuleuse du droit international, entend bien respecter les traités et tient donc à avoir recours à l’article 50 du TUE
      que DLR se prétend « raisonnable » et modérée mais annonce allègrement qu’elle entend piétiner les engagements internationaux de la France en violant les traités s’il le faut !
      Tous les juristes, tous les historiens, tous les responsables politiques sérieux et tous les démocrates savent pourtant bien que le respect du droit en toutes circonstances – comme le veut l’UPR – est une marque de démocratie et de civilisation, tandis que la volonté de piétiner le droit est toujours une marque d’irresponsabilité et de despotisme.
      sortie de l’OTAN. Or M. Dupont-Aignan s’y refuse : il affirme vouloir rester dans l’OTAN et sortir du commandement militaire intégré. Ce qui est absurde puisqu’il veut rester dans l’UE qui est assujetti à l’OTAN (article 42 du TUE).
      Respect des Français, en refusant tout programme ambigu sur ces choses essentielles que sont la sortie de l’UE, la sortie de l’euro, la sortie de l’OTAN et les stratégies d’alliance. Or M. Dupont-Aignan s’y refuse : il suffit d’écouter son intervention lors du « Forum démocratique » de lundi soir pour mesurer, une fois encore, à quel point il ne se complaît que dans l’ambiguïté et la contradiction.

      Son programme s’inspire du Conseil National de la Résistance. Pour les présidentiels de 2012 son programme était le suivant :
      Chapitre I : Sortie de l’UE et de l’Euro
      Chapitre II : Réformes constitutionnelles
      Chapitre III : Établir la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et étrangères
      Chapitre IV : Établir l’inviolabilité des domiciles, le secret des correspondances et les libertés publiques
      Chapitre V : Établir le respect de la personne et l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi
      Chapitre VI : Instaurer une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la directon de l’économie Chapitre VII : Assurer la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général
      Chapitre VIII : Intensifier la production nationale
      Chapitre IX : Faire retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurance et de grandes entreprises
      Chapitre X : Favoriser la participation des travailleurs à la direction de l’économie
      Chapitre XI : La garantie d’un niveau de rémunération et d’un logement qui assurent à chaque citoyen et à sa famille la sécurité et la dignité
      Chapitre XII : La reconstitution dans ses libertés traditionnelles d’un syndicalisme indépendant
      Chapitre XIII : Un plan complet de sécurité sociale et de santé publique Chapitre XIV : L’élévation et la sécurité du niveau de vie des agriculteurs et le souci de la qualité des aliments
      Chapitre XV : Établir une retraite permettant à tous de profiter dignement et pleinement de la vie Chapitre XVI : Permettre à tous les enfants d’avoir accès à la culture la plus développée de façon à obtenir une élite non de naissance mais de mérite Chapitre XVII - DIPLOMATIQUE : Rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle Chapitre XVII - MILITAIRE : Rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle
      Chapitre XVII - SCIENTIFIQUE : Rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle
      Chapitre XVII - CULTUREL : Rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle Chapitre XVIII : Redonner toute la priorité à nos liens avec le monde francophone
      Chapitre XIX : Référendums sur des sujets clés qui méritent un large débat national
      Chapitre XX : Les sujets que n’aborde pas ce programme Conclusion - Une présidence citoyenne

      Grouigroui Le 22 avril à 01:38
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  • Enfin un article un peu réaliste sur le mouvement Nuit debout ...Il faudrait l’ envoyer à Médiapart !! Qui sont dans la pâmaison

    Le nom des commissions me fait penser au NPA 2008 ou aux universités d’ été du NPA ( com mixte et non mixte pour le féminisme ) ... Et bute sur un échec - Toute tentative de structuration est considérée par une certaine opinion publique de gauche radicale comme de la récupération ou une trahison

    Au fond on ne s en sort pas et dans 1 an c’ est encore le FN qui gagnera

    Lé débat badiou vafourakis chez taddéi est une mine d’ or idéologique à écouter !!!

    STORA Antonin Le 16 avril à 18:29
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  • Très bon article qui dénote de ce qu’on peut lire entre les supporters et les détracteurs de ce "mouvement". Pour y être passée plusieurs fois, c’est vrai qu’il y a quelque chose de sympathique de voir (enfin) la jeunesse essayer de se manifester dans la chose politique. Et également une forme de consternation devant le manque de culture politique et la méconnaissance du monde globalisé dans lequel nous vivons... Je ne comprends pas le sens que peut avoir "ni capitaliste, ni anticapitaliste, citoyen...", ni quelle conscience de la citoyenneté cela suppose esquisser. On ressent une forme d’ivresse de la jeunesse découvrant soudain qu’on peut parler à l’autre et en apprendre quelque chose, hors réseaux sociaux, d’où ces interminables palabres sur la place du cuisinier. Pendant ce temps-là les affaires continuent, oui il est indispensable qu’une forme d’éducation politique se fasse, on est loin d’une révolution ou même d’une révolte. Cela ressemble plutôt à un réveil avec la gueule de bois et du mal à ouvrir les yeux d’une population qui somme toute reste encore plutôt privilégiée par rapport à des millions de personnes sur cette planète dont la survie a été directement affectée par la signature des accords de Marrakech (1994, entérinés pour la France par un gouvernement socialiste) et le processus globalisation des marchés qui s’en est suivi. Depuis, d’innombrables luttes se sont succédées, des paysans, des communautés indigènes, des citoyens partout dans le monde ont mis en place des formes de résistance, des réseaux d’échange d’informations car les accords qui régissent l’empire du commerce sont trans nationaux. Il y a eu quelques victoires, des défaites aussi, des territoires entiers saccagés, des gens assassinés, d’autres se suicidant de désespoir (surtout dans le monde paysan), des terres empoisonnées, des gens privés d’emploi, de soins, de parole. Bref, c’est bien sympa la récré, mais un moment donné faut mettre les mains dans le cambouis et oui ça c’est moins drôle que Norman qui fait des vidéos !

    Rose26 Le 19 avril à 13:06
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  • Merci Laura Raim, ce texte répond, à mon sens , aux questions les
    plus fondamentales et essentielles qui doivent occuper le mouvement. I l faut prendre conscience qu’un certain angélisme de l’occupation ( en tant que citoyen) risque de déboucher sur un (relatif échec) comme vous l’avez souligné, sans parler de la désillusion amère ou d’ un désanchantement total. Oui, structure il faut, ne serait-ce que formelle comme l’indique Joreen Freeman, pour asseoir légitimement et démocratiquement des propositions sérieuses, concrètes, sociales, au sens propre du termes. L’avenir du mouvement n’est pas encore écrit et nul ne connait son épilogue ni de quoi il va enfanter. Tant d’adversaires aimerait bien le voir périr : le gouvernemet qui joue sur son pourrisseme t, la plupart des médias à la solde de l’idéologie libérale ou encore la droite . Sans parler de l’éducation populaire suivant l’avis de Lise.

    mbach Le 5 mai à 19:49
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  • J’ai qu’une chose a dire, Madame, Monsieur les politiciens vous oubliez que c’est le peuples qui vote et nous somme vos patrons.
    Fait une loi intelligente comme prendre le vote blanc en conte, sa évite l’abstention.
    Merci Amicalement Frédéric PEQUIGNET
    Fait le 12 Mai 2016

    frédéric pequignet Le 12 mai à 10:33
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  • il y a le vote blanc que "nuit debout" devrait appeler à pratiquer si on en croit l’origine de sa création ( http://wp.me/p4Im0Q-141) et peut-être suivi de http://wp.me/p4Im0Q-141
    Qu’en pensez-vous, même si vous n’êtes pas d’accord à 100%.
    N’hésitez pas à demander les explications que vous pourriez souhaiter
    Une réponse m’obligerait.... Merci.

    Cordialement

    Kelly

    keg Le 5 juin à 11:49
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