Accueil > Politique | Par Guillaume Liégard | 25 septembre 2014

Ouvriers, employés, jeunes : la sociologie préoccupante du vote Le Pen

Les éléments les plus spectaculaires du sondage sur les intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2017 ont été beaucoup commentés, mais son détail est encore plus alarmant sur la composition de l’électorat séduit par le FN.

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Le sondage réalisé par l’Ifop a déjà fait couler beaucoup d’encre : arrivée en tête de Marine Le Pen au premier tour quel que soit le cas de figure, large victoire du candidat de droite au second tour (de 57 à 62%), mais nette défaite de François Hollande s’il arrivait à se qualifier avec 46% contre 54% à Marine Le Pen. À plus de deux ans et demi du scrutin et en dehors de toute dynamique de campagne, la tentation pourrait être grande de relativiser ces résultats, de n’y voir qu’un simple instantané, certes dégradé, de l’état de l’opinion. Pourtant, le détail de l’étude révèle des tendances lourdes extrêmement inquiétantes.

Majorité absolue du vote FN des ouvriers

C’est parmi les couches du salariat les plus populaires, ouvriers et employés, que la candidate du Front national enregistre ses meilleurs scores. En soi, il ne s’agit pas d’une nouveauté, mais l’ampleur des intentions de vote démontre que des digues ont rompu. Pour le premier tour, trois hypothèses ont été testées suivant que le candidat de l’UMP était François Fillon, Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy. Dans tous les cas, la candidature de Marine Le Pen recueille une majorité absolue du vote des ouvriers 56%, 57% et 51%.

En ce qui concerne les employés, les intentions de vote sont légèrement plus faibles, mais se portent à un très haut niveau : 39%, 40% ou 37 suivant les hypothèses retenues. Au total, dans cette partie du salariat qui a été le cœur de l’électorat de gauche, le FN recueille de 44 à 48%. À titre de comparaison, la somme des candidats de gauche (Arthaud, Poutou, Mélenchon, Dufflot, Hollande) ne réalise que 27 à 29% des suffrages. Tous les éléments d’un décrochage extrêmement important et durable entre catégories populaires et forces de gauche, quelles qu’elles soient, semblent donc réunies.

Les meilleurs résultats du FN chez les jeunes

L’autre enseignement préoccupant de ce sondage réside dans la ventilation des votes en fonction des tranches d’âge. Avec des intentions qui oscillent entre 30 et 37% pour les 18/24 ans et entre 34 et 41% pour les 24/35 ans, c’est auprès des couches les plus jeunes que Marine Le Pen obtient ses meilleurs résultats. Là encore, l’ensemble de la gauche fait pâle figure avec 25% parmi les 18/24 ans dont 16% pour Jean-Luc Mélenchon et autour de 26% pour les 24/35 ans. Près de 75% des moins de 35 ans se positionnant pour ce sondage se prononcent donc pour un candidat de droite ou d’extrême-droite. Certes, les franges les plus jeunes de l’électorat sont aussi celles qui comptent le plus d’abstentionnistes, mais qui peut croire que ce réservoir potentiel irait d’abord aux forces de gauche dans leurs diversités ?

En France, la violence de la crise touche prioritairement la jeunesse par un double mouvement : difficulté à entrer sur le marché du travail, explosion de la précarité des situations pour celles et ceux qui disposent d’un emploi. Face à une absence de perspectives, les plus jeunes se tournent, de plus en plus, vers des solutions autoritaires du type vote Front national. À l’inverse, tout semble indiquer que le cœur de l’électorat de gauche est constitué par des couches relativement âgées du salariat, diplômées et bénéficiant d’un CDI. Symptomatiquement, François Hollande, qui n’est crédité que de 13 à 16% des voix, obtient plus de 25% parmi les 50/64 ans.

Aggravation des tendances

Les études portant sur le premier tour sont encore amplifiées par celle sur le second, avec des résultats qui font frémir. Dans l’hypothèse d’une opposition entre François Hollande et Marine Le Pen, 70% des ouvriers et 64% des employés exprimant un vote choisiraient la candidate FN. Le candidat socialiste n’obtient une majorité que dans la catégorie des professions libérales et cadres supérieurs, 62%, c’est-à-dire parmi ceux qui, peu ou prou, ne paient pas la crise. Les 18/24 ans voteraient à 61% pour Marine Le Pen et même à 63% pour les 24/35 ans.

Les résultats de ce sondage traduisent des tendances lourdes à l’œuvre depuis des années. La montée en puissance du vote FN dans la jeunesse et le monde ouvrier était déjà très importante lors de l’élection présidentielle de 2012. Mais le début calamiteux du quinquennat de François Hollande aggrave et amplifie considérablement la situation. Incapable d’apporter des réponses à la souffrance des Français, prisonnier de ses dogmes libéraux et d’une construction européenne qui nourrit la récession, englué dans des affaires à répétition, le gouvernement socialiste conduit la société droit dans le mur.

Ce tableau bien sombre doit servir d’électrochoc, car il indique l’ampleur des problèmes pour une gauche de transformation sociale. S’il faut bien sûr des réponses institutionnelles et démocratiques, il faut d’abord répondre à la crise sociale, sous peine de graves déconvenues.

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Vos réactions

  • Je suis en plus choqué par la publicité que le Parti de Gauche accorde à Marine Le pen . Continuez comme çà et effectivement cette personne a de fortes chances d’être notre future présidente . C’est déjà le reproche que j’avais fait à JL. Mélenchon lors de la municipale qu’il a perdue , grâce par ailleurs au ps . Aussi ne me demandez pas de voter pour un opposant quelqu’il soit s’il arrive derrière le FN , et surtout pas pour le ps ou l’un de ses alliés , notamment le pc ou un vert . Et je vous informe que je ne suis pas le seul a être dans cet état d’esprit . Ce n’est pas de cette façon que nous arriverons à gagner des élections . Réfléchissez un peu svp. AC.

    lineand Le 25 septembre 2014 à 13:48
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  • Quelle publicité ? Le PG est le seul parti qui affronte frontalement et sans complexe le FN, qui avec le PS et l’UMP ne proposent pas de donner le pouvoir au peuple mais seulement de le prendre...
    Le FN dit que l’immigré est le problème, le PG dit que c’est le financier. La finance n’a pas de patrie !

    Cyril07 Le 25 septembre 2014 à 14:41
  •  
  • La stratégie "Front contre Front" de 2012 était une erreur absolue, dont heureusement le FdG semble revenu : le néo-fascisme n’est pas tant l’ennemie à abattre que le symptôme (douloureux) de l’inanité et du rejet du consensus néo-libéral entre partis de gouvernement. C’est à eux que la gauche de transformation sociale doit s’attaquer en priorité, pour détourner les plus précaires de la tentation fasciste.

    D2ro Le 25 septembre 2014 à 15:58
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  • Ni rire ni pleurer – et pas davantage s’effrayer –, mais comprendre… Permettez-moi de douter qu’un sondage fabriqué (je tiens au verbe) par l’Ifop constitue un outil pertinent pour appréhender l’évolution du vote populaire. A fortiori s’il s’agit d’une enquête portant sur les intentions de vote à un scrutin (en principe) programmé dans près de trois ans (environ cent cinquante semaines). A fortiori concernant des catégories sociales et des tranches d’âge réputées afficher les plus forts taux de non-réponses et de “sans opinion” à ce type de sondages. A fortiori concernant des catégories sociales et des tranches d’âge réputées afficher les plus forts taux d’abstention aux élections politiques.

    Ferdinand Le 25 septembre 2014 à 16:02
       
    • Le problème, c’est que ce sondage corrobore les résultats des européennes de 2014 (certes bcp d’abstention) et ceux de la présidentielle de 2012 (là pas d’abstention).

      Par ailleurs, l’abstention massive de certains secteurs de l’électorat est d’abord un signe de défiance vis à vis des principaux partis et non pas le signe d’un immense réservoir de voix pour ceux-ci.

      L’étude que vient de sortir le démographe Hervé Le Bras montre qu’il y a désormais adéquation entre la carte des inégalités et celle du vote FN. Or ces inégalités sont en pleine explosion

      Guillaume Liégard Le 26 septembre 2014 à 12:46
  •  
  • surtout que les alternatives proposees par le sondage sont mal reparties : il me semble que l’on devrait nommer tous les partis de France, non pas des groupuscules reunis en UNE alternative, mais bien tous les grands partis francais concourants independamment : PS, FdG, NPA, PC, Verts, UMP, UDI, FN, ...

    Rosalie Le 25 septembre 2014 à 19:38
       
    • J’ai trouve dommage que dans la liste des candidats mis en opposition, certains noms talentueux n’apparaissent pas : Olivier Besancenot (du nouveau parti anti-capitaliste NPA) ou Rama Yade (Secrétaire d’État de François Fillon) pour n’en nommer que deux.

      Rosalie Le 25 septembre 2014 à 20:22
  •  
  • Le Front de Gauche a un problème avec la Nation, c’est ce qui fait qu’il ne perce pas chez les catégories populaires. Vous prétendez combattre la finance, mais vous refusez de sortir de l’euro, ne vous étonnez pas que les gens préfèrent un parti, certes xénophobes, mais qui, sur le terrain économique, a le mérite de la clarté. La gauche de la gauche a en effet une lourde responsabilité, en utilisant en laissant le thème de la sortie de l’euro au seul Front National, alors que cette option est défendue par Emmanuel Todd, Jacques Sapir, Frédéric Lordon, Bernard Maris, Joseph Stiglitz et j’en passe. Il faut cesser de parler de repli national ou de xénophobie, quand il s’agit simplement de protéger les ouvriers français de la concurrence déloyale par une dévaluation ou des mesures protectionnistes nationales. Je ne dis pas que les questions d’immigration ne comptent pas, mais ce n’est pas la dessus que le FN gagne des voix. La gauche de la gauche doit reprendre la Nation au FN pour imposer sa conception du patriotisme. Les classes populaires se posent la question de l’identité nationale. Plutôt que de parler d’ouverture au monde, d’ouvrir les frontières, etc, il faut parler d’égalité et surtout expliquer que les enfants d’immigrés, quelle que soit leur origine ou leur religion, ont toute leur place dans la nation française et qu’ils seront les premiers à bénéficier d’une sortie de l’euro et de la mise au pas de la finance.

    Et que l’on ne me parle pas d’égoïsme national ! Le but d’un responsable politique est avant tout de défendre les intérêts du peuple qui l’a élu. L’ironie de l’histoire est qu’en faisant exploser la zone euro, la France permettra à l’Espagne, à l’Italie, au Portugal et à la Grèce de dévaluer et de se libérer de la tutelle imposée par Berlin. Le retour du franc entraînera d’ailleurs une réévaluation du mark, qui obligera l’Allemagne à augmenter les salaires de ses travailleurs, qui en ont bien besoin. Voilà pour l’internationalisme. N’oubliez pas que c’est la nation qui protège le peuple et le capital qui se joue des frontières.

    Romain Le 25 septembre 2014 à 22:08
       
    • 100 % d’accord, mais la petite-bourgeoisie a capté les postes de direction du FdG, PCF, PG et Ensemble confondus. Leur supplément d’âme les entrave pour penser.

      Ne reste que des stratégies à la mords-moi le nœud : recollage des confettis de la "gauche" (PS, j’entends) ou le M6R — fuite en avant du PG. Ces irresponsables délaissent soudainement le travail unitaire de terrain, qui pouvait considérablement être amélioré pour peu que l’on réfléchisse, discute à tête reposée et à ciel ouvert aussi (stop aux cénacles !).

      Cinq ans d’activité qu’ils ne souhaitent pas prolonger…

      L’impatience va avec leur manque de maturité.

      J’ose espérer un sursaut.

      serge Le 26 septembre 2014 à 18:46
    •  
    • d’autant que le FN ne propose pas réellement de sortir de l’euro, trop content pour l’instant de la manne financière que la France reçoit (et oui, on cotise à l’euro, mais on reçoit aussi, ne serait ce que pour l’agriculture), et des indemnités touchées par la famille LePen au parlement européen. c’est toujours cet argument qu’on retient mais qui n’est pas vrai, et le FN le sait très bien.
      seul l’UPR propose une sortie effective de l’euro, arguments à l’appui. je suis plutôt sympatisant FG mais j’ai vu les vidéos de F. Assalineau et ce monsieur est apparemment très rigoureux et informé.

      Touti Quanti Le 27 septembre 2014 à 11:22
  •  
  • La Nation est le cadre politique dans lequel s’exerce toutes les activités politiques.
    Même l’activité européenne,puisque l’UE est financé par nos impôts.
    Les gauchistes qui dirigent le fdg ou ceux en dehors du fdg ne prennent pas en compte cette donnée de base appelée la nation.
    La raison est simple leur narcissisme ’de belle âme’ serait froissé.
    A quoi sert-il d’essayer de les faire changer les représentations des cheftons et cheftaines du fdg,même au pays du CNR et de liberté-égalité-fraternité,pays vénéré par tous les révolutionnaires du Monde,qui en chantent les hymnes comme la Marseillaise ou l’Internationale ?
    Qui au fdg sait cela ou que la rockeuse Patti Smith admire Jeanne d’Arc ?
    Il n’est pire sourd que ceux qui ne veulent pas entendre..

    Gavroche Ibrahomovitch Le 26 septembre 2014 à 08:07
  •  
  • Vous avez tort de continuer à opposer la classe moyenne avec la classe ouvrière. Il est vrai que la classe ouvrière a d’abord pris dans la tronche toutes les conséquences du libre-échange et de l’euro, alors que les classes moyennes se croyaient protégées de la concurrence par le diplôme. Dans ces conditions, le PCF a pu penser que pour éviter la débâcle électorale, il fallait chercher à plaire aux classes moyennes. Ce fut une erreur, de même que la stratégie altereuropéiste de Robert Hue à partir de 1999, et ne fit que renforcer le FN chez les classes populaires. La réalité, c’est qu’actuellement les classes moyennes sont en train de rejoindre les classes populaires dans la contestation du système. Le Front de Gauche doit donc absolument retrouver un discours clair sur la nation pour rassembler les deux coeurs sociologiques traditionnels de la gauche. Je pense qu’il y a aussi une question de génération qui est en train de monter. J’ai 25 ans. Beaucoup de jeunes ayant une faible conscience politique continuent certes de croire qu’il n’y a pas d’alternative à la mondialisation, que les nations sont dépassées et que la situation ne cessera de se dégrader. Mais de plus en plus, redécouvre aussi que la nation est née à gauche en 1789, qu’elle constitue le seul rempart face à la mobilité du capital, et qu’elle peut se comprendre dans une perspective républicaine et universaliste. Ce n’est pas un hasard si les journalistes de gauche comme de droite qui critiquent l’abandon de la nation au nom de l’Europe (François Ruffin, Aurélien Bernier, Coralie Delaume, Natacha Polony) sont nés dans les années 1970, n’ont pas connu la Guerre Froide et sont entrés en politique au moment de Maastricht, dans les années 1990. Le groupe "Gauche d’opposition", qui milite au sein du Front de Gauche pour une sortie de l’euro et une restauration de la souveraineté nationale, est également animé par des jeunes. Ne nous décourageons pas.

    Romain. Le 26 septembre 2014 à 20:05
  •  
  • @ Maurice :
    A force de tout rapporter à des histoires de couches sociales, il arrive que non seulement on y tienne, soi-disant, à « sa classe », ...à sa couche, mais qu’il s’avère qu’on en tienne... une couche !... Reprenons donc un échange déjà bien avancé, dans une discussion précédente... :
    Une fois que l’on a posé qu’avec Marx fut établie l’objectivité de la lutte des classes (au point d’affirmer la nécessité et la possibilité d’une issue à celle-ci), l’idée des « conditions objectives de vie », qui fait que « l’être détermine la conscience », ne résume pas la question de l’objectivité, qui en réalité se dédouble : car il « reste » -cela va sans dire, mais mieux en le redisant- l’infinie diversité des consciences et des subjectivités, et l’effort infini pour une restitution (toujours excessivement partielle) de cette infinie diversité, au plus juste de ses mouvements, devant lesquels « nous » prétendons ne pas rester spectateurs...
    Dire ce dont la société est atteinte et victime, à savoir de cette saloperie de maladie du « cacapipitalisme », ne suffit donc pas : ce n’est pas parce que le « niveau de conscience » du malade lui permet de savoir, « objectivement », « ce qu’il a », qu’il est plus avancé, quant à savoir qui il est !... Et du coup, une « appartenance de classe » que l’on va traduire en Parti pris ne résume pas tout !... D’ailleurs, LE PARTI N’EST PAS LA CLASSE ! Il l’est d’ailleurs d’autant moins qu’il s’ossifie en « chose en soi » !... En tout état de cause, représenter le peuple est forcément un pari, jamais un fait établi : en aucun cas, on-ne-sait-quelle prérogative de droit divin !...
    Se poser la dimension subjective de l’émancipation de l’idéologie dominante nécessite de repartir de ce que fait de nous le conditionnement « cacapipitaliste »... : il nous enferme dans une rationalité limitante, « qui commence à l’école », ....à savoir que la règle de la guerre de tous contre tous suppose des « rapports sociaux », où l’on ne cesse de rapporter l’un à l’autre, sur le mode de la comparaison qui n’est pas raison, car en vrai : chacun, chacune est « incomparable » !!!... Ce mode de la comparaison est fort paradoxal, car il joue tout à la fois d’une homogénéisation des gens et de leur sélection !!!... Du coup, même et y compris dans les « rapports » militants, entre militants, c’est la « rivalité mimétique » qui tend à nous subjuguer et nous submerger... Au pire, c’est dans l’extrémisme, qui ne peut être, comme la culpabilisation, au fond que de droite, que le comble est atteint : le principe de comparaison, dans le malheur social, se traduit par le désir ...qu’il y ait plus malheureux que soi : par une escalades dans l’exclusion, produite par ses premières victimes !...
    Cela implique que la première réaction que nous devons avoir, face à la propagation de cette peste, c’est de nous efforcer de retrouver ce qu’il y a de meilleur dans le militantisme, non ce qu’il y a de pire ! N’est-il pas ?...

    Aubert (Dulac) Sikirdji Le 3 octobre 2014 à 16:05
       
    • Ne cherchez pas dans vos réponses à être trop "savants" seuls vos égos pourraient être raisonnablement concernés. Dans ma réflexion sur les "personnalités" il ne s’agit pas de condamner, d’ostraciser. Effectivement tout n’est pas noir ou blanc, par contre chacun a un rôle à jouer quelle que soit sa situation professionnelle, ses diplômes. Mais je constate qu’il s’agit souvent des mêmes qui profitent, notamment d’apparaitre ou d’occuper les postes clés, par contre les pauvres "couillons" dont je suis, faisons la distribution de tracts, préparation des "salles meetings" etc. Le salarié que je suis vous dit qu’il en a marre et ce quand bien même cela ne vous plairait pas, vos considérations "pinaillage... caractère binaire..." je m’en moque. En ce qui me concerne, j’ai pour habitude de respecter tout le monde qu’elle que soit sa situation financière, sociale, mais il faut que nous les "laborieux" soyons respectés. En outre il me semble que sans les "laborieux " le M6R prendrait le risque de n’être qu’un rassemblement limité, réservé aux seuls petits bourgeois en quête de révolution.Pourquoi êtes vous si ’évitant’ avec Maurice ?

      dan33 Le 4 octobre 2014 à 16:53
    •  
    • Cher dan33,
      Merci de votre interpellation. Mais ...si quelqu’un ne peut certainement pas être taxé d’ « évitant avec Maurice », c’est bien moi, tout pendant que d’autres ont laissé tomber, pouvant considérer que j’y perdais cent fois mon temps !... A ma manière, que vous pouvez trouver pédante (je ne crois pas avoir plus d’ego qu’un autre...), je n’ai au contraire jamais lâché l’effort d’échange (certes, sans concession) avec lui. Survolez, si vous en avez la patience, ...la discussion-fleuve que nous avons eue ensemble en août, derrière l’article de Roger Martelli sur la mort de Jaurès !... En l’occurrence, je considère qu’un blog comme celui-ci peut-être l’occasion d’un échange de connaissances, qui constituent « des pièces à conviction »... Tant pis si cela donne l’impression de vouloir être « trop savant » !... Tant qu’à faire, mon frère, je trouve que cela vaut un peu mieux que se passer des savons, à bon marché...
      Ici, j’ai juste repris le problème de l’identité communiste, qu’il avait ramenée du côté de la capacité d’objectivité... Il est un fait, comme vous dites, que les salariés, « les laborieux » (que croyez-vous que je sois d’autre ? Croyez-vous que j’aie des diplômes ? Et croyez-vous que j’ignore la diffusion de tracts et la préparation de meetings ?..) sont les premier « témoins » de l’objectivité de la lutte des classes... Mais pour autant, ils ne sont pas vaccinés contre les dérives du simplisme, du sectarisme, et de l’étroitesse « binaire » qui fabrique des oppositions de « camps », qui débouchent sur des pinaillages, comme vous dites, et des intolérances réciproques insurmontables !...
      En ce qui concerne le « M6R », en l’occurrence, le Maurice, c’est visiblement loin d’être sa tasse de thé. Et je ne crois pas que ce soit quelqu’un comme moi qui l’en ait éloigné !... Il a « ses idées », comme on dit, bien arrêtées...

      Aubert (Dulac-)Sikirdji Le 4 octobre 2014 à 19:45
    •  
    • ...Pour information, voici ce que Maurice avait écrit le 11 août à 16:23 :
      " On ne nait pas communiste,
      On ne décide pas d’être communiste,
      C’est dans le processus de production et dans le rapport social vécus par chaque individu, que se construit sa conscience de classe.
      Elle lui permet de donner du SENS (au double sens du mot : orientation et signification) à sa vie, à son engagement, de réaliser son DESSEIN (au double sens intention et but). _ Etre communiste c’est avoir conscience que la lutte des classes existe comme réalité objective. _ Etre communiste c’est agir sur cette réalité pour la transformer, c’est persévérer à chercher, à trouver, à emprunter le(s) chemin(s) (au sens de direction objective) du communisme, dans un processus long et complexe. "

      ...J’avais considéré qu’en fait de complexité, justement, ce n’était pas suffisant, car cela ramenait tout à l’objectivité, la question subjective restant entière... Ici se pose le problème du comment faire pour ne pas être dans la pensée unique, dont nous connaissons désormais les ravages...

      Aubert (Dulac-)Sikirdji Le 4 octobre 2014 à 23:02
  •  
  • Grâce à Jean luc,le PCF est mort !Que Dominique ne se tracasse plus.Avec la création du grand Mouvement pour la Sixième République, de l’émergence d’un Front du peuple ce que j’espérais si ardemment sans oser y croire,est arrivé. L’espoir est par là revenu dans ce combat pour les libertés, la fraternité, et plus d’égalité. J’en suis joyeux et m’en réjouis enfin ! Merci à la pensée éclairée de Jean Luc ! Pour ses explications fouillées, dans toutes ses finesses, de situations politiques écoulées, de celles qui évoluent et de toutes celles qui se préparent, aux parterres, au devant de la scène, autant qu’en coulisse.

    Pierre Le 4 octobre 2014 à 16:37
       
    • Que de radicalité sur ce blog ! Non, Pierre, calmez votre joie. Je ne crois pas que cela que vous dites corresponde à la visée de votre idole !

      Aubert Sikirdji Le 4 octobre 2014 à 16:47
  •  
  • Quelle radicalité ?Jeanluc Mélenchon vous fait de l’ombre ?Son intelligence prompte à saisir toutes les opportunités vous déplait ?OCI fin des années 70,permanent PS,dans les années 80,dirigeant PS,Maastrichtien,Mitterandien dans les années 90-2000,dépeceur du PCF depuis 2009,ça vous gêne ?Pas moi.Il vient de découvrir que dans fdg,il y a gauche:pas vous,tant pis pour vous.Merci Jean-Luc pour ton interview sur télématin . Les tentatives venimeuses des critiques sont royalement repoussées et démontées. Bravo.
    Ce gouvernement hollandien "achève de discréditer le mot gauche chaque jour" et cette remarque sur le mot est capitale. La réalité décrite, la mise à mort du sens d’un mot clé comme "gauche" est un fait, et seuls les médias et les partis de la V ème continuent à faire vivre ce fantôme par opportunisme. Mais il coûte cher. Grâce au mouvement pour la Sixième nous allons faire l’économie de ce mot repoussoir et enfumeur pour parler clair aux gens. Devrais-je avouer ici que j’ai presque honte de prendre dans ma boîte aux lettres l’hebdo "A Gauche" ou de me dire adhérent du parti se revendiquant de "Gauche" comme le fdg !
    Jean Luc est un surdoué !cela vous gêne ?

    Pierre Le 5 octobre 2014 à 14:10
       
    • Visiblement, Jean-Luc vous touche... Et vous n’êtes pas loin de voir apparaître la madonne en 3 D !...

      Aubert Sikirdji Le 5 octobre 2014 à 14:40
  •  
  • Non !
    Vous êtes à côté de la plaque.
    C’est le FN qui mettra en place la 6ième république pour laquelle ils militent depuis toujours.
    La preuve,ce dernier sondage :
    Si le PS est éliminé au 1er tour, ce qui est probable en l’absence de retournement significatif de la conjoncture, et que le choix de 2e tour est FN contre UMP (ou sa nouvelle appellation PMU), de deux choses l’une :

    - Soit le candidat de droite est Juppé ou Fillon, et le vote républicain permettra à ce candidat de capitaliser sur son nom un grand nombre de voix de gauche qui n’iront pas vers l’abstention ;

    - Soit le candidat de droite est Sarkozy et un très grand nombre d’électeurs de gauche voteront Le Pen pour ne pas revivre le cauchemar du quinquennat précédent.
    Cela ne fait que mettre en évidence que Mélenchon avec sa sixième.
    Il va perdre et son temps et son énergie et faire perdre, par la même occasion, ceux de ses partisans.
    Vu que ce changement de constitution, pourrait advenir, par déduction, en jouant malin.Pour ça, il faut pas être empêtré dans une idéologie à la noix(anti-communisme) qui paralyse toute action d’avenir pour celui ou celle, (qu’importe sa couleur politique) qui permettra au peuple de retrouver sa souveraineté .
    L’avantage de cette solution serait en outre d’ouvrir une crise de régime - la présidente Le Pen n’ayant pas de majorité législative - qui déboucherait sur la nécessité urgente de se débarrasser enfin d’une Ve République subclaquante pour aller vers une plus conforme aux attentes du peuple,la 6ième du FN,qui contrairement à la 5ième ne sera pas sociale vue que c’est le FN qui la pondra En attendant,comment répondre aux angoisses exprimées sur ce blog.
    Evidemment,il faut renforcer le PCF et la nébuleuse communisante ( le fdg,sans adhésion directe).
    Il ne faut pas négliger le fait que beaucoup de gens à gauche sont à la recherche d’une « religion », d’un lien qui leur permet de communier.
    Le PCF sait fonctionner depuis des années sur ce modèle « religieux »,malgré les freins autophobiques en son propre sein.
    Mélenchon n’a fait qu’essayer de reconstituer ce mécanisme .
    Or,il est dépassé comme ,il l’explique sans vergogne dans le Nouvel Obs de cette semaine du 8/10/2014..
    Le probème, c’est que ce genre de lien(admiration fanatique du sauveur,Mélenchon) exclut toute posture critique : celui qui n’est pas d’accord est au mieux un imbécile, au pire un traître.Le fanatisé,ne se rend pas compte de son aveuglement.
    Nous l’observons sur ce blog comme une confirmation de la toxicité pour tous,des positions anti-PCF.

    SouvenirAvenir Le 9 octobre 2014 à 09:01
  •  
  • compléments,d’analyse :
    C’est le FN qui mettra en place la 6ième république pour laquelle ils militent depuis toujours.
    La preuve,ce dernier sondage :
    Si le PS est éliminé au 1er tour, ce qui est probable en l’absence de retournement significatif de la conjoncture, et que le choix de 2e tour est FN contre UMP (ou sa nouvelle appellation PMU), de deux choses l’une :

    - Soit le candidat de droite est Juppé ou Fillon, et le vote républicain permettra à ce candidat de capitaliser sur son nom un grand nombre de voix de gauche qui n’iront pas vers l’abstention ;

    - Soit le candidat de droite est Sarkozy et un très grand nombre d’électeurs de gauche voteront Le Pen pour ne pas revivre le cauchemar du quinquennat précédent.
    Cela ne fait que mettre en évidence que Mélenchon avec sa sixième.
    Il va perdre et son temps et son énergie et faire perdre, par la même occasion, ceux de ses partisans.
    Vu que ce changement de constitution, pourrait advenir, par déduction, en jouant malin.Pour ça, il faut pas être empêtré dans une idéologie à la noix(anti-communisme) qui paralyse toute action d’avenir pour celui ou celle, (qu’importe sa couleur politique) qui permettra au peuple de retrouver sa souveraineté .
    L’avantage de cette solution serait en outre d’ouvrir une crise de régime - la présidente Le Pen n’ayant pas de majorité législative - qui déboucherait sur la nécessité urgente de se débarrasser enfin d’une Ve République subclaquante pour aller vers une plus conforme aux attentes du peuple,la 6ième du FN,qui contrairement à la 5ième quine sera pas sociale vue que c’est le FN qui la pondra .
    En attendant,comment répondre aux angoisses délirantes exprimées sur ce blog.
    Evidemment,il faut renforcer le PCF et la nébuleuse communisante ( le fdg,sans adhésion directe).
    Il ne faut pas négliger le fait que beaucoup de gens à gauche sont à la recherche d’une « religion », d’un lien qui leur permet de communier.
    Le PCF sait fonctionné depuis des années sur ce modèle « religieux »,malgré les freins autophobiques en son propre sein.
    Mélenchon n’a fait qu’essayer de reconstituer ce mécanisme .
    Or,il est dépassé comme ,il l’explique sans vergogne dans le Nouvel Obs de cette semaine du 8/10:2014..
    Le probème, c’est que ce genre de lien(admiration fanatique du sauveur,Mélenchon) exclut toute posture critique : celui qui n’est pas d’accord est au mieux un imbécile, au pire un traître.Le fanatisé,ne se rend pas compte de son aveuglement.
    Nous l’observons sur ce blog comme une confirmation de la toxicité pour tous,des positions anti-PCF.

    SouvenirAvenir Le 9 octobre 2014 à 09:07
  •  
  • Tout ceci confirme l’échec à mobiliser les quartiers populaires (abstention massive, extrême-droite), ainsi que l’influence terrifiante des médias sur le corps électoral. Cessons l’entre-soi, les querelles d’appareil, les intérêts boutiquiers, et allons-y, cage d’escalier par cage d’escalier.

    Ajax Le 13 octobre 2014 à 17:08
  •  
  • Pas du tout !
    Internet,les blogs,la rigueur intellectuelle sont plus efficace que les cages...D’ailleurs,avec ces méthodes contemporaines le PCF se renforce !Ces dirigeants ne sont plus autophobes et sont d’une grande qualité.
    Je comprends votre amertume.
    Vous assistez à l’enterrement,de l’enterrement du PCF.
    Oui,il y a un regain du PCF dans l’opinion actuellement.
    Ainsi,Michel Onfray a déclaré,qu’il était d’accord avec un certain nombre d’idées du PCF.C’était hier au club de la presse d’Europe 1,le 15/10/2014.
    Aujourd’hui,le PCF est encore en nombre d’élus,de militants et de réseaux le troisième parti de France.
    Pour une majorité de gens,la France sans le PCF n’est plus la France.
    Alors,Aubert,rejoignez nous.Redevenez pro-PCF avec les communistes unitaires.Débarrassez vous de la haine anti-PCF à la Filippi !Vous pouvez renforcer le PCF au lieu de le dézinguer.D’ailleurs vous êtes redevable au PCF.
    Le journal Regard reçu des subventions PCF et le seul élu du fdg,Mélenchon l’a été par l’électorat du PCF.
    La vrai crise du PCF a commencé dès 1956 ,puis 1976 quand G.Marchais a violé les consciences des militants en proclamant par ’oukase’personnel le ralliement (factice)du PCF à la bombe atomique française.
    Heureusement,Aubert que vous animez brillament ce blog car avec Dominique Filippi,nous avons droit à chaque fois au point Godwin.
    Cette « loi » s’appuie sur l’hypothèse selon laquelle une discussion qui dure peut amener à remplacer des arguments par des analogies extrêmes. L’exemple le plus courant consiste à comparer le thème de la discussion avec une opinion totalitaire ou à traiter son interlocuteur de nazi ou stalinien.
    C’est à cause de cet anti-PCFisme de Dominique Filippi,que je m’apprêtais à lancer le mot d’ordre de boycott de ce blog.
    Mais,je le reconnais,Aubert,malgrè vos lacunes,j’observe que vous êtes parfois intéressant.
    J’attends les prochaines injures de Filippi,pour me prononcer car en même temps je les copie pour les envoyer à mon ami Pierre Laurent pour qu’il sache à quoi s’en tenir avec Filippi.

    SouvenirAvenir Le 16 octobre 2014 à 05:18
  •  
  • ...Quant à moi, ma religion est faite, SouvenirAvenir... Vous l’avez entre-aperçue... Elle est effectivement redevable au PCF, mais j’espère dans ce qu’il a eu de meilleur. (Un gars par exemple comme Michel Onfray est connu pour faire le tri à sa manière entre ce qui lui convient et ce qui ne lui convient pas...)

    Je me sens en fait héritier de la contribution surréaliste à la culture communiste, de laquelle non seulement nous ne pouvons nous passer face aux traumatismes du 20ème siècle, mais qui recèle toujours des trésors pour avancer... La citation que j’ai faite par exemple de Roland Leroy, concernant l’effort nécessaire et possible de « nous comprendre entre nous pour comprendre les autres », intègre cette culture surréaliste, qui dit qu’ « il n’y a rien d’incompréhensible » (Breton/Eluard : ‘L’immaculée conception’) !...

    Si en revanche vous me dites redevable au PCF, afin que je vienne à Canossa, c’est vain. Vous ne me ferez pas renoncer à creuser, là où je vois l’angle mort, qui fait grande béance, ou, pour reprendre votre mot, qui fait grandement « lacune », pour la pensée du rebon communiste...

    Non, vous pouvez, vous,... vous satisfaire de, comme vous dites, classer ( logistiquement parlant ) le PCF comme 3ème Parti de France ( !!!!!), ...je ne suis, moi, pas satisfait de l’Absence d’explication réelle de son déclin historique !... Toutes les néo-psychologisations du genre néostalinien, dressant la liste des « autophobes », ne sont ici que du foin idéologique !... Ce n’est pas la peine ici de me payer de Culpabilité, de la même manière que vous avancez que Regards aurait reçu des subventions PCF, et de la même manière que vous en avez après « les communistes unitaires » !...

    Rappeler à quelqu’un ce qu’il devrait soi-disant au Parti, telle la chèvre à Monsieur Seguin,...jusqu’à dire à tel « cadre » qu’il « ne serait rien sans Lui », afin de le faire taire, c’est un truc que savait bien faire, par exemple, un bonhomme comme Gaston Plissonnier... Evidemment que nous avons une dette, c’est bien pourquoi j’agis comme je le fais, en restant sur une difficile ligne de crête qui me met justement hors-reniement, ce qui constituerait une démission logique... En l’occurrence, une reconnaissance de Dette, pathologique, ...n’est rien d’autre qu’une reconnaissance de dette... pas très logique et pathétique !...

    ...Car je l’ai signifié ailleurs : il ne faut pas faire comme si « leParti », c’était la préfiguration de l’Âge d’Or... Il n’y a que le SILENCE qui soit d’Or !!!... L’âge d’or, c’est la prison de la Parole... Même si ça fait pléonasmique, je suis et resterai, comme on dit, « un communiste critique » !... Avec la plus haute VIGILANCE, ou « rigueur », si vous voulez, intellectuelle dont je sois capable (chacun n’étant qu’un chacun)...

    Cet esprit critique correspond d’ailleurs à une éthique de la responsabilité, conforme à une capacité de redresser la tête, ...dont la culture peut seule nous permettre de déjouer l’extrême droite...

    Aubert Sikirdji Le 18 octobre 2014 à 11:07
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  • J’avoue j’en ai bavé (pas vous ?) dans ma vie militante... Pierre Juquin banalise l’affaire, avec élégance, lorsqu’on lui pose la question : ...car : « je reste roi de mes douleurs », disait Aragon..., et il n’est, comme pour l’Amour avec un grand A, d’engagement militant qu’à douleur !!!...

    Reste qu’Aragon réfutait curieusement d’idée d’engagement... Sans doute qu’à trop volontariser, voire militariser l’idée de CHOIX (amoureux ou politiques), on les démonétise... Il faut accepter ici l’idée de quelque chose dont on n’est pas maître, qui vous tombe dessus comme une évidence... Je suis venu au communisme comme à la source, disait Picasso... On ne décide pas plus d’un coup de foudre...

    Francesco Alberoni, dans « Le choc amoureux (Recherches sur l’état naissant de l’amour, éditions Ramsay Pocket) », écrit ceci, p. 93 : « L’Institution a horreur de l’état naissant. C’est la seule chose qu’elle redoute, car c’est la seule chose qui puisse l’ébranler jusque dans ses fondements, par sa seule présence. Selon l’optique de l’Institution, L’ETAT NAISSANT EST, PAR DEFINITION, L’INATTENDU. Puisque sa logique est différente de celle de la vie quotidienne, IL REPRESENTE L’INCOMPREHENSIBLE. » A quoi il ajoute ceci, qui touche à la question de L’HERESIE : « Puisqu’il attaque les institutions an nom de leurs valeurs mêmes et les accuse d’hypocrisie, il incarne le fanatisme (du genre de ‘l’anti-PCFisme »... des « hyènes dactylographes »...). Puisqu’il reconstruit le passé et déclare rompus les liens et les pactes (puisqu’il ne paye plus sa redevance ni ses cotisations...), il est monstrueux. »

    Pourtant, reportez-vous à cette superbe expression de Francette Lazard, qui parle d’inconfort de l’inattendu : « l’état naissant » nous enseigne quelque chose, que je ne cesse de clamer sur les toits : Qu’ IL N’EXISTE PAS et n’existera jamais DE MONOPOLE PREDEFINI DE L’INITIATIVE HISTORIQUE LEGITIME !!!... C’est une AFFIRMATION de fait INCOMPREHENSIBLE POUR LES AVANT-GARDISTES invétérés, et qui ne se considèrent surtout pas comme des invertébrés : ...car l’institution de « Le-Parti », c’est leur colonne vertébrale définitive...

    Du coup ça m’amène à l’idée suivante : que peut-être il faudrait SORTIR D’UNE VISION PERVERTIE DE LA COMPREHENSION, liée au vieux Centralisme Pédagogique, dont je prétends qu’il a pris le relais de l’Inquisition !... (C’est comme Valls l’espagnol, qui devant la finance internationale, prétend que le seul souci, ce serait que la France n’aurait pas encore bien compris sa « pédagogie » du renoncement à tout avenir alternatif !...) IL EXISTE UNE HORREUR PEDAGOGIQUE COMME IL A EXISTE UNE HORREUR INQUISITORIALE !...

    En voici un bel exemple (je reviens toujours à « la Crise définitive du PCF », ouverte en 1984...) : un exemple de ce que CE N’EST JAMAIS A L’INSTITUTION DE REVENIR SUR SES ERREURS OU SES FAUTES POLITIQUES, MAIS A L’INDIVIDU, CONSCIENT DE SA REDEVANCE...

    Je cite Lucien Sève, dans l’Humanité des 17,18et19 octobre 2014 : « ...remarquables sont au contraire ces théories scientifiques de physique quantique ou de biologie dont la puissance est inséparable de la pertinence philosophique – je renvoie entre autres à ces grands livres que sont « le Boson et le Chapeau mexicain », de Gilles Cohen-Tannoudji et Michel Spiro », ou « la structure de la théorie de l’évolution », de Stephen Jay Gould. »

    ...Il se trouve que j’ai connu le dénommé Gilles Cohen-Tannoudji, à la fédération de l’Esonne du PCF... Comme on dit : un grand savant !... Qui fait honneur au PCF. ...En pleine séance de confession publique, à l’occasion du 25ème Congrès : IL y montrait qu’il AVAIT ENFIN « COMPRIS » : ...il renonçait à ses questions devant tout le monde, et REVENAIT à la raison partidaire... Un bon communiste !... Qu’en redirait-il aujourd’hui ? Ne penserait-il pas qu’il avait pour le coup avalé un flic ou un confesseur ? ...Qu’il avait bien intériorisé le Centralisme Pédagogique, qui n’avait désormais plus rien de rien... de démocratique ?!?...

    Mon propos, c’est de mettre en évidence que l’on ne peut, au-delà des souffrances personnelles,... passer outre les VERITES POLITIQUES EN SOUFFRANCE, liées aux NOUVEAUX RETARDS qui datent de cette époque !... Cela suppose de REPOLITISER L’AFFAIRE, au lieu de persévérer dans sa psychologisation !... Si le PCF n’est pas une Eglise, il ne peut se conduire envers lui-même comme « le Parti de ceux qui souffrent », car ce n’est rien d’autre qu’un manière relancée du DIVISER POUR REGNER : l’on sait fort bien que la souffrance n’est pas bonne conseillère ; deux malades côte-côte, allongés sur leurs lits d’hôpital respectifs, pourront se parler respectivement de leurs souffrances, ...mais cela ne les empêchera pas d’être quelque part AUTISTES l’un envers l’autre ; c’est normal ; la souffrance n’est pas en soi bonne conseillère... : La souffrance ISOLE d’abord et avant tout !... On va dire que « invoquer la Souffrance n’est pas Politique »... Les déboires et amertumes des cocos, dans leurs vies militantes respectives, sont PORTEUSES DE SENS !...
    Ceci dit, il est... sans doute vrai qu’on peut dire parfois : « pourquoi remuer les difficultés, les erreurs, les fautes historiques collectives ? »... Pourquoi remuer la merde ? ...Cf. Fulgence, Le 30 août à 17:21, sous l’article « Après la mort de Jaurès, l’échec tragique du socialisme », : « Je ne sais pas ce que Jaurès aurait fait s’il n’avait été assassiné en 1914 et n’étant pas voyante, je dirais que ça ne m’empêche pas de dormir. Ce dont je suis sûr c’est qu’il aurait été atterré par le merdier déclenché par Maurice et tout le temps perdu par les autres pour lui répondre au lieu de l’ignorer. »
    A quoi je réitère la réponse de Roland Leroy, dans son livre « La quête du bonheur » (1995), où il dit en 4ème de couverture : « chacun porte en son intimité mêlés, les défauts du stalinisme et la volonté de s’en débarrasser ».... ...Et plaide à priori, page 148, pour l’aptitude à l’uchronie, qui suppose de regarder le passé en face : ...« Jaurès, concluant son Histoire socialiste de la Révolution française, avance : « Il est toujours permis à l’historien d’opposer des hypothèses au destin. Il lui est permis de dire : voici les fautes des hommes, voici les fautes des partis et d’imaginer que, sans ces fautes, les événements auraient eu un autre cours. »

    "L’hypothèse communiste", comme dit Badiou, ne peut pas ne pas se nourrir d’hypothèses... Si l’on veut qu’elle porte loin, il faut monter qu’elle vient de loin. Pourquoi, par exemple, l’Eurocommunisme a-t-il, comme on dit, ...« échoué » ? Il se trouve que : ...Etre porteurs d’une autre vision de l’Europe est aujourd’hui essentiel face aux néo-fachos !...

    Aubert Sikirdji Le 18 octobre 2014 à 13:57
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  • Je ne comprends pas, j’ai moins de 25 ans et jamais ne m’est venue l’idée de voter droite ou extrême droite, et ce pour bon nombre de mes amis issus des sciences humaines qui ont voté.... je ne comprend vraiment pas ces résultats....c’est désolant

    Pepsy Le 7 décembre 2015 à 15:51
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  • Tomber sur ce genre d’analyse complètement tronquée par ifop dont le directeur des sondages politiques est le frère de phillipot sans parler de Parisot, ça me dépasse. Ça me dépasse encore plus de trouver ça dans regard.

    Comment prétendre que le vote Fn progresse chez les jeunes et les ouvriers alors que les jeunes 18-24 ans s’abstiennent à 70% et les ouvriers à 60%.
    Merci de baser les analyses sur la population toute entière, ça changerai de l’ambiance mediato-manipulation-épouvantail basé sur le pourcentage votant.
    Le fn est toujours un épouvantail qu’on agite pour faire peur sauf que ça ne marche plus ! Les électeurs de la vraie gauche restent à la maison contrairement aux électeurs Fn.
    Désistement technique ou alliance, liste commune avec le ps a fouttu en l’air tout l’espoir qu’était le fdg en 2012 et le fn marque encore des points avec "tous pourris". Il ne suffit pas de dire que c’est la faute du gouvernement que toute la gauche s’écroule alors qu’on s’allie avec pour les élections.

    Georges Le 17 décembre 2015 à 21:32
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