Accueil > Idées | Entretien par Guillaume Liégard | 18 juin 2015

« Le fascisme, c’est le parti du désespoir contre-révolutionnaire, disait Trotsky »

Syllepse publie un recueil de textes de Léon Trotsky, Contre le fascisme (1922-1940). Deux de ses coordonnateurs, Robi Morder et Patrick Silberstein, expliquent la démarche et l’intérêt de considérer l’époque actuelle à la lumière de ces textes.

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Agrémenté d’une postface d’Ernest Mandel sur La théorie du fascisme chez Léon Trotsky et d’une introduction érudite, Contre le fascisme (1922-1940) est une somme de 81 textes et plus de 900 pages qui comporte aussi plusieurs index (noms, géographique, thématique) facilitent une lecture utile en ces temps troublés. Car derrière le détour par les années 1920 et 1930, c’est bien d’une lecture pour le temps présent qu’il s’agit.

Regards. Pourquoi ce livre et pourquoi avoir sous-titré votre introduction "Dernière station avant l’abattoir" ?

Au départ, il s’agissait de rééditer Comment vaincre le fascisme [1] de Léon Trotsky, livre épuisé. Et puis au fil de nos recherches, au regard de l’actualité de la question, de la lecture d’aujourd’hui qui est la nôtre, nous avons été "emportés" dans le projet. Au final, nous avons regroupé 81 textes qui recoupent la quasi totalité de ceux de Trotsky sur le fascisme et l’essentiel de ceux sur la guerre. Le livre aurait d’ailleurs pu s’intituler Contre Le fascisme et la guerre. Notre projet, c’est évidemment de mettre en relief ce qui peut nous servir aujourd’hui dans l’ensemble des réflexions, des intuitions et des théorisations de Trotsky sur le fascisme. D’un certain côté, il s’agit aussi de sortir Trotsky du "trotskysme"…

« Nous ne sommes plus dans les années 1930, et alors ? Le fascisme est un hydre-caméléon qui est bien de retour »

Vous insistez sur la nécessité d’une définition minimum du fasciste, qu’entendez-vous par là ?

C’est une recommandation de Zeev Sternhell qui indique qu’il faut dégager le dénominateur commun des mouvements se réclamant du fascisme, mais aussi de ceux qui, tout en déclinant la référence, font bel et bien partie de la famille. Disons qu’avec la concordance d’une solution autoritaire, d’une mise en avant du nationalisme et de la xénophobie, du recours à un homme providentiel et adossé à des partis "de masse" (dans les conditions d’aujourd’hui) capable de mobiliser les perdus et les exclus pour les dresser les uns contre les autres, on a des éléments communs à tous les fascismes.
Il y a une autre constance, c’est la volonté d’écraser toutes les formes d’organisation populaire autonome et la liquidation de toutes les libertés. Les fascismes de notre temps, comme ceux d’hier, sont capables de rencontrer des groupes humains auxquels ils redonnent un sens, un "but final", est une réalité. C’est déjà ce qu’il y a chez Trotsky en 1933, quand il écrit : « Le désespoir les a fait se dresser, le fascisme leur a donné un drapeau. »

Peut-on comparer l’époque actuelle et les années trente ?

Bien sûr, les formations sociales ont changé, la "poussière humaine" que les fascismes d’hier agrégeaient étaient la petite bourgeoisie ruinée, les armées de chômeurs, des jeunes et des intellectuels, des paysans dont la perspective était celle d’une prolétarisation dans la misère. Ces couches ont en partie disparu, en tout cas leur place s’est fortement réduite dans une société où les salariés constituent près de 90% de la population active. Mais dans des conditions nouvelles, la crainte du déclassement existe dans l’encadrement, chez les jeunes, chez les salariés dans les zones "rurbaines", dans les petites entreprises. La précarité fragilise. Et si le prolétariat moderne, le salariat dirons-nous, n’est pas capable d’agréger toutes ses composantes autour d’un projet et de pratiques progressistes, ce sera l’utopie réactionnaire, nationaliste, xénophobe qui apparaîtra alors comme "réaliste".
Il faut également se méfier des définitions tellement strictes qu’elles n’ont plus aucune fonctionnalité. Bien sûr que nous ne sommes plus dans les années 1930, et alors ? Le fascisme est un hydre-caméléon qui est bien de retour.

« La victoire du fascisme est le fruit de la défaite du mouvement ouvrier »

La victoire fasciste des années 1930 et parfois analysée comme une réponse à la menace révolutionnaire, rien de tout cela aujourd’hui ?

Cette objection, souvent entendue, appelle au moins deux remarques. En premier lieu, cette approche traduit une vision instrumentale du fascisme, comme s’il n’était que la simple projection de la volonté de la classe dominante. La solution fasciste est plutôt un processus au cours duquel les partis bourgeois traditionnels font finalement appel aux partis fascistes, "en dernier recours" tout en s’en méfiant et en croyant pouvoir les domestiquer, mais, comme le disait Trotsky, les fascistes sont des « nuées de criquets affamés et voraces » qui exigent et obtiennent tout le pouvoir. L’arrivée des fascistes italiens et des nazis allemands au pouvoir s’est faite dans le cadre de coalitions avec la droite "classique". Dans l’ensemble, les observateurs de l’époque étaient convaincus que les partis de la droite traditionnelle et les institutions maintiendraient en laisse les partis fascistes.

Alors que leur dynamique était à la fois plus puissante et plus large ?

La deuxième remarque, c’est justement que la victoire du fascisme n’est absolument pas la réponse bourgeoise à une victoire possible du mouvement ouvrier. Au contraire, c’est le fruit de la défaite de ce dernier. Le fascisme c’est le parti du « désespoir contre-révolutionnaire », disait Trotsky. Pour Clara Zetkin [2], en 1923, le fascisme était une « punition historique » infligée au prolétariat pour avoir échoué à parachever la Révolution russe. Si l’on considère l’ensemble des situations révolutionnaires épuisées ou manquées au cours des cinquante dernières années, il y a alors des raisons de s’inquiéter et de redouter que faute d’une solution émancipatrice, on assiste au retour de nouvelles barbaries. La montée en France du Front national en est une illustration. Il y en a beaucoup d’autres.

« Trotsky a relevé la dimension plébéienne et de masse du fascisme »

Et le programme dans tout cela ?

Le flou des propositions, les contradictions, le mélange de propositions libérales et anticapitalistes sont consubstantielles au fascisme. Déjà dans les années 1930, Pierre Naville disait qu’il ne servait à rien de passer son temps à « démontrer » que le programme de François de La Rocque était inexistant. Trotsky le dit à plusieurs reprises en examinant les événements du février 1934. C’est justement l’absence de programme défini qui fait sa force. Wilhelm Reich [3] avec qui Trotsky a eu une correspondance dans les années 1930, avait noté que lorsqu’il posait la question sur le caractère intenable du programme nazi à force d’être contradictoire, il obtenait alors la réponse suivante : « Hitler trouvera la solution. »

Le nazisme s’est nourri de contradictions qui lui ont permis de recruter ses soutiens dans différentes classes sociales ?

Le parti d’Hitler, le NSDAP, est capable à la fois de toucher des fonds des milieux d’affaires allemands et de soutenir la grève des traminots à Berlin en 1932. Le KPD, sous la houlette de Moscou a longtemps considéré le mouvement hitlérien comme une "simple" forme de réaction capitaliste, un instrument commode créé par et pour la grande bourgeoisie. Trotsky au contraire, en observant les caractéristiques propres au fascisme, a relevé la dimension plébéienne et de masse du fascisme. Ce dernier est non seulement issu de la petite bourgeoisie mais aussi du prolétariat. Les mouvements fascistes sont capables d’une grande souplesse tactique, pour ne pas dire de contorsions étonnantes. Quand Marine Le Pen soutient Syriza en Grèce contre « le totalitarisme de l’Union européenne et de ses complices, les marchés financiers », cela provoque une certaine stupeur au sein même des troupes frontistes.

« N’y a-t-il pas dans la société française une base pour un fascisme français ? »

Dans votre introduction vous revenez sur une partie de l’historiographie française qui fait du fascisme un phénomène extérieur à la France.

Oui, nous sommes face à un mythe français, celui d’une extériorité du fascisme à la Française. René Rémond, qui fait autorité sur les historiens des droites françaises, ne voit dans les Croix de feu du colonel de La Rocque qu’une forme de « scoutisme politique pour grandes personnes ». Il ne perçoit dans le 6 février 34 que l’échec des ligues et ne voit pas qu’elles ont poussé le pouvoir vers la droite, vers le bonapartisme, dit Trotsky. Face à cette idée de l’immunité française au fascisme, les travaux d’historiens comme Robert Paxton ou Zeev Sternhell ont eu bien du mal à émerger. On pourrait ironiser avec Étienne Balibar quand il dit que « le fascisme est donc quelque chose qu’on voit plutôt chez les autres ». Mais ce débat historiographique n’est pas sans conséquences politiques. Sur le passé d’abord, est-ce que le régime de Vichy n’a été qu’un furoncle sur un corps sain ou n’y a-t-il pas plutôt dans la société française une base pour un fascisme français ? Si Trotsky n’a pu aller plus loin dans son analyse, Paxton montre bien la dynamique de Vichy dès aout 1940. Le principal problème, au plan politique, c’est que cette conception de l’étanchéité supposée au fascisme ne permet pas de comprendre l’irruption, le développement et la nature du Front national, au delà de ses péripéties familiales.

Trotsky insiste beaucoup sur le front unique comme moyen d’action contre le fascisme…

Il faut rappeler que le front unique, ce n’est pas d’abord une question électorale, cet aspect est même assez marginal chez Trotsky. Le Front unique, c’est assurer l’autodéfense face à la violence et aux initatives de l’extrême droite. On peut le résumer par sa formule : « Marcher séparément, frapper ensemble ». D’un certain point de vue, ce qu’on nous propose aujourd’hui c’est l’inverse : marcher ensemble, en réalité derrière le Parti socialiste, sans jamais frapper.

« Tout de suite, Trotsky perçoit la monstruosité et la spécificité du nazisme »

Vous concluez ce recueil par les textes sur la guerre…

Pour Trotsky, l’articulation entre la victoire du nazisme et la perspective d’un nouveau conflit déchirant l’Europe est presque immédiate. Dès novembre 1933, il écrit que « le temps nécessaire à l’armement de l’Allemagne détermine le délai qui sépare d’une nouvelle catastrophe européenne ». Tout de suite, il perçoit la monstruosité et la spécificité du nazisme : « Le fascisme allemand fera apparaître son aîné italien comme quasiment humain. » Et surtout, il perçoit la place et la spécificité de l’antisémitisme nazi et annonce en 1938 « le prochain développement de la réaction mondiale implique avec certitude l’extermination physique des Juifs ».
Tout au long des années 1930, sa pensée évolue en particulier sur la question de la démocratie et des droits démocratiques. Ceux-ci ne sont pas pour lui seulement formels, ce qui est souvent une manière de dire qu’il n’y a pas grand chose à garder, mais au contraire essentiels et doivent être défendus de manière inconditionnelle. Une idée centrale apparaît alors chez lui : « Les ouvriers ont construit à l’intérieur de la démocratie bourgeoise, en l’utilisant tout en luttant contre elle, leurs bastions, leurs bases, leurs foyers de démocratie prolétarienne. » Si sa conception du front unique est celle d’une totale indépendance de classe, la défense des droits démocratiques se fait sans préalable sur la nature sociale ou politique des organisations. Par exemple, face au nazisme, il défend les Églises allemandes et le droit des croyants « à consommer leur opium ». Il suggère aussi que les organisations ouvrières protègent la franc-maçonnerie. Sa conception dans une lettre de 1935 peut ainsi être argumentée : « Ce dont il s’agit avant tout, c’est d’une question de liberté de conscience, donc d’égalité des droits ». Ce qui l’intéresse, c’est comment traduire ses positions par des questions pratiques. Dans ces situations, il ne faut pas faire confiance à la police et à l’État et encore moins s’en remettre à eux. Pour faire une analogie, après le 7 janvier 2015, est-ce que les forces de gauche n’auraient pas dû proposer aux organisations de croyants d’assurer la sécurité des mosquées, des synagogues ?

Une position qui l’amène à des conclusions sur l’intervention des États-Unis en août 1940...

Oui tout à fait, nous publions une lettre du 13 août 1940, c’est-à-dire à la toute fin de sa vie [4], qui s’intitule Comment défendre la démocratie. Il dit explicitement qu’il faut renforcer la campagne contre les tendances pacifistes et que les États-Unis doivent intervenir sur le terrain européen et qu’il faut accompagner les masses sous les drapeaux tout en développant une « politique militaire prolétarienne » autonome…

Contre le fascisme 1922-1940 , Léon Trotsky, Syllepse, 25 euros.

Notes

[1Léon Trotsky, Comment vaincre le fascisme (Écrits sur l’Allemagne 1930-1933), Éditions de la Passion, 1982.

[2Clara Zetkin (1857-1933), figure historique du féminisme, membre du SPD puis des Spartakistes et enfin du KPD.

[3Wilhelm Reich (1897-1957), exclu du KPD en 1933, auteur notamment de La psychologie de masse du fascisme.

[4Trotsky a été assassiné le 21 août 1940 soit une semaine plus tard.

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Vos réactions

  • Deux messages historiques :

    « Regardez travailler les bâtisseurs de ruines
    Ils sont riches patients ordonnés noirs et bêtes
    Mais ils font de leur mieux pour être seuls sur cette terre
    Ils sont au bord de l’homme et le comblent d’ordures
    Ils plient au ras du sol des palais sans cervelle.

    On s’habitue à tout
    Sauf à ces oiseaux de plomb
    Sauf à leur haine de ce qui brille
    Sauf à leur céder la place.... »

    Paul Eluard

    Et :
    « Le sommeil de la raison engendre des monstres » (Goya).

    (...Soit dit en passant, derrière le leitmotiv des monstres qui se nourrissent de l’entre-deux qui sépare le déclin de l’ancien l’apparition du nouveau, je précise ce point de vocabulaire : le mot régulièrement employé à ce propos, c’est de « ne pas nous laisser « sidérer » par les monstres... » Sauf que l’on peut être POSITIVEMENT sidéré, par un beau paysage, par telle ou telle expression artistique « parfaite » en son genre...Ici, je préfère dire « méduser »... C’est le regard de Méduse, qui pétrifie... ...Et donc non ! « Nous » ne nous laisserons pas méduser, par quelque fascisme que ce soit, au terme d’une épidémie d’inhibitions des capacités relationnelles !...)
    .
    Nonobstant des différences de degrés, ...n’y a-t-il pas des constances, « d’essence fasciste » ?...
    ...L’utopie réactionnaire, qui peut rompre les digues, ...une hydre caméléon protéiforme, viriliste et tordue, qui se met à ressouder, à cimenter « les désespérés » - ou plutôt les impuissants qui « ne bandent plus » pour une espérance digne de ce nom -, ne consiste-t-elle pas toujours et toujours à s’en prendre à cette « gueuse » de République ?!?... Du moins à sa possible et nécessaire ACTUALISATION ?... En la RETOURNANT éventuellement en son contraire, au nom de « Valeurs » et de « Principes » figés, « conservés dans le formel », ...invertis et pervertis ?!?... Pour ainsi dire : ...par pulsion sodomite punitive ?... Voir les réactions caractéristiques au moment du Premier Mai, à l’apparition des quelques Femmens au balcon..., provoquant le FN... : quelques « ravis de la queue rêche » n’ont-ils pas eu ce genre d’expression choisie qu’ils allaient les enculer avec des bâtons cloutés ?!?... Pourtant n’était-ce pas le moment de montrer que de telles belles apparitions vivantes valaient mieux que « les appâts rances » trompeuses du FN ?
    Car derrière les apparences idéologiques des extrêmes droites... : qu’y a-t-il ? Rien ! Du néant !...
    .
    1/- Sur le point avéré que « Le flou des propositions, les contradictions, le mélange de propositions libérales et anticapitalistes sont consubstantielles au fascisme. », n’est-ce pas une manière de dire qu’il s’agirait d’un comble de pourrissement politique, à force de NE VOULOIR JAMAIS NI POUVOIR JAMAIS SORTIR PAR LE HAUT DE L’AMBIGUITE, puisque ce serait forcément « au détriment » des Belles Personnes ?!?.., Du coup, n’en vient-on pas à chuter et baigner dans un stade, où l’on aura franchi le mur des cons ...de la totale ambivalence glaçante et assumée ?!?... Autrement dit, ne sombrons-nous pas dans un culte du VIDE, permettant le pire des opportunismes sans scrupule ? Où dire une chose est son contraire n’a plus aucune importance ?
    Il est très impressionnant de lire que : « Le parti d’Hitler, le NSDAP » fut « capable à la fois de toucher des fonds des milieux d’affaires allemands et de soutenir la grève des traminots à Berlin en 1932. » !... Car ; « Les mouvements fascistes sont capables d’une grande souplesse tactique, pour ne pas dire de contorsions étonnantes. »
    .
    2/- ...Maintenant, sur le point de la banalisation du fascisme : si « René Rémond, qui fait autorité sur les historiens des droites françaises » n’a vu « dans les Croix de feu du colonel de La Rocque qu’une forme de « scoutisme politique pour grandes personnes ». », n’y a-t-il pas aujourd’hui, de nouvelles formes de banalisation ? Il me semble par exemple que Lionel Jospin (pourtant ancien trotskiste !) a eu sa partition dans cette petite musique, ne faisant du FN actuel qu’un simple avatar de « populisme »... A vérifier...
    Evidemment, dans ce débat-là, il n’est pas évident de marcher sur la ligne de crête. A chevaucher les « principes antifascistes », on peut tout aussi bien sous-estimer les dangers que, en passant de l’autre côté du cheval, les surestimer ! Et en faire, du coup, un sujet qui en ferait oublier d’autres... Où est la juste mesure ?

    Aubert S. Le 18 juin 2015 à 16:06
       
    • Correctif dans la citation d’Eluard :
      " ils font de leur mieux pour être seuls sur terre",
      et non "...sur cette terre".

      Aubert S. Le 18 juin 2015 à 16:13
  •  
  • Trotsky, le bourreau des marins de Kronstatd, le fusilleur de grévistes, la belle référence que voilà !

    Auxi Le 18 juin 2015 à 16:15
  •  
  • Personnellement, je les plains (les racistes actuels) de vivre en permanence dans la peur de l’autre, la peur de l’agression, la peur du déclassement, la peur qui justifie toutes les formes de violence.
    Franchement ca doit être très fatiguant au quotidien d’avoir peur dès qu’on passe à côté d’un "lui il doit pas être de chez nous", d’avoir peur d’un bout de tissu, d’avoir peur de faire confiance.
    Le pire dans tout ça, c’est que certains comprennent très bien ces peurs et s’en servent pour les mener par le bout du nez.
    D’autres la sentent dans la rue et s’en servent car ils sont alors sûrs de leur effet renforçant ainsi leur lecture du monde...
    Ne plus avoir peur c’est aussi faire un choix.
    Je dis cela car dans mon adolescence j’ai été plutôt bercée dans une ambiance de racisme latent et j’ai ressenti ces peurs. Jusqu’au jour où je me suis demandé si j’allais avoir peur toute ma vie... et si la vie c’était vraiment ça ?
    Alors je vous le conseille, "amis" racistes, cessez d’avoir peur chaque fois qu’on vous aborde dans la rue (ou cessez de faire de la muscu pour lutter contre cette peur...), et surtout dites vous que votre voisin, votre cousin souhaite la même chose que vous : un avenir correct pour lui et ses enfants.
    Vous verrez, la vie est alors bien plus fun, pleine de rencontres et de surprises

    Flutiot Le 18 juin 2015 à 17:09
       
    • Merci, Flutiot, de ce message, comme on dit, rafraîchissant...

      Aubert S. Le 18 juin 2015 à 18:22
    •  
    • La peur, c’est en particulier celle du déclassement. Curieusement, il est une idée courante qui se retourne alors comme un gant : à savoir l’idée qu’en se considérant dans une certaine situation sociale, on peut se payer le luxe de se dire « qu’il y a plus malheureux que nous... »,
      ...Et dès lors que l’on se sentirait insécurisé, l’individualisme s’exacerbant, ...celle-ci vient à s’inverser en désir pour le moins inamical qu’il faut absolument, quelque part, individus ou peuples, ...qu’il y ait plus malheureux que nous, pour que l’on garde des avantages relatifs !... Cela montre l’aliénation capitaliste, qui nous intoxique avec une idéologie concurrentielle, faite de comparaisons sans raison... (Du moins la raison « du plus fort »...)
      En fait, « le bon temps des colonies », soutenu aussi bien par sabre que goupillon, légionnaires que missionnaires, s’est éloigné, où d’aucuns pouvaient détester suffisamment l’humanité « en mal de développement », y compris pour s’entretenir dans l’illusion qu’il l’aimait...
      Aucun grand récit n’est-il plus possible ? C’est, en tout cas, dans le principe du chacun pour soi, et de la guerre de tous contre tous, que de nouvelles figures grimaçantes « d’unité » mortifère se reconstituent... Qui ne savent que jouer, sélectivement, des PARTIES de l’humanité contre le tout !... Ce qui n’est pas vraiment un bon calcul.

      Aubert Sikirdji Le 19 juin 2015 à 15:56
    •  
    • Et puis, il est une dimension que je veux souligner, qui fait, Flutiot, que l’apprécie tant la qualité de ton post : tu parles. Tu y parles amicalement même aux racistes, à la tendance raciste identitaire et "mêmiste"... Comme à tous autres... La "diversité" humaine, oui, elle s’éprouve et se connaît par la parole. "Notre idéal" est un monde de paroles, non de spectacle marchand !... Il est singulièrement insuffisant de s’imaginer un anti-racisme simplement "Bénéton"... Le but n’est pas seulement de réunir des couleurs unies, dans leurs différentes... Rêver d’arc-en-ciel, c’est une chose, mais en réalité les couleurs s’oublient, lorsqu’on se parle... Il n’y est plus question de "minorités visibles", ou invisibles...

      Aubert Sikirdji Le 19 juin 2015 à 16:12
  •  
  • Fascisme et Racisme,ne sont pas l’apanage de désespérés.
    Par contre,Fascistes et Racistes, ont désespérés de nombreuses personnes.Ils pourraient encore une fois faire souffrir,d’ailleurs dans certaines zones,ils font souffrir,comme pervers politiques.
    Leur violence et leur intolérance étaient,sont,seront insupportables,donc à combattre.
    Heureusement que nous n’avons plus à choisir entre bolchévisme ou nazisme,entre stalag ou goulag.
    Bien sûr nous honorons l’armée rouge fondée par Trotsky,qui sous la direction de Staline a libéré Auschwitz,certes mais nous sommes loin du FN de Filipot,là,ici en 2015.
    Utiliser ,Totsky qui a inspiré Staline,pour fabriquer de la politique en France,est une façon de dire,ok,nous sommes en 2015,en France,ce n’est pas gênant que vous utilisiez,des lunettes bolchéviks,vous les anciens du NPA.L’Histoire a jugé.Le PCF a fait son autocritique,à fond,et ce fut une aventure intellectuelle magnifique,celle des années 60,70,80,90 !
    Mais pour les jeunes,c’est juste achronique voire uchronique comme utopie..Ils ne connaissent que Trotsky ou Staline ,au pays de Proudhon,Camélinat,Allemane,Paul laffargue,jules Guesdes,Louise Michel.
    Jaurès et le courant communaliste,comme Ensemble,ou communiste,c’est la m^me racine/Idée sont méconnus.
    Lisez pascale fautrieux ,’les Rouges’,en poche plon,2015,merveilleuse narration du communisme d’ici et d’ailleurs depuis 9 siècles au moins.

    Maurice Le 18 juin 2015 à 18:05
       
    • "Utiliser Trotsky qui a inspiré Staline", c’est une blague je suppose et j’ai lu Pascale Fautrieux.
      Mais là n’est pas le problème, ne s’inspirer que des socialistes français parce que nous serions en France ? C’est idée originale de l’internationalisme et on ne prend pas Marx parce qu’il était allemand et du XIX° siècle ? Gramsci parce qu’il était italien d’avant guerre ? c’est absurde.

      Au demeurant tous ces auteurs cités dans votre commentaire sont du XIX° siècle, le plus récent Guesde meurt en 1922, pas décisif pour appréhender le fascisme.

      Il se trouve que Trotsky a beaucoup écrit sur la question et des choses qui peuvent nous être encore utiles. Sa pensée, d’ailleurs, évolue au fil des années. Après on peut évidemment avoir un autre avis mais il y a deux types de pensées exaspérantes. Les doctrinaires qui pensent que tout a déjà été écrit et qu’il suffit de se pencher sur les vieux grimoires pour avoir réponse à tout, ce n’est certainement pas l’approche des coordonnateurs de ce livre. Mais la pensée qui au nom de la nouveauté du présent pense qu’on peut s’affranchir du passé nourrit l’éternel recommencement des mêmes erreurs.

      Guillaume Liégard Le 18 juin 2015 à 18:38
    •  
    • Pascale Fautrier

      Aubert S. Le 18 juin 2015 à 20:05
    •  
    • L’Histoire a jugé.Le PCF a fait son autocritique,à fond,et ce fut une aventure intellectuelle magnifique,celle des années 60,70,80,90 !

      Pourquoi vous obstinez-vous à lisser les contradictions du PCF ?

      Aubert Sikirdji Le 20 juin 2015 à 10:53
    •  
    • ...Et en attendant, sur l’idée que l’Histoire, avec "sa grande Hache" (voir Georges Perec...), seraient porteuse de Jugement Dernier...
      ...voir Albert Camus : "N’attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours." ...Mais aussi Aragon, qui (de mémoire) pose cette question : "Pourquoi dites-vous après nous le déluge, puisque le déluge c’est nous ?"...
      Tout ça pour dire que, non, jamais, une "autocritique" serait faite, accomplie une fois pour toutes... Jamais nous ne serons exonérés, au présent, de cet exercice nécessaire et utile, à condition de sortir du contre-sens qu’en a donné sa perversion stalinoïde...
      Et non, il ne s’agit par conséquent ni d’attendre le Jugement Dernier, ni de se dire qu’il a déjà eu lieu , sous couvert de l’idée que nous ne serions soi-disant plus plombés par le "retour d’expériences" du 20ème siècle !... Et que, le communisme étant, par définition, la perpétuelle jeunesse du monde(citation bien connue de Paul Vaillant-Couturier), la page serait tournée !...
      Les lendemains désenchantés dans lesquels nous sommes nous imposent de fait de nouvelles exigences critiques et auto-critiques !...

      Aubert Sikirdji Le 20 juin 2015 à 12:32
  •  
  • Quelle blague ?
    Trotsky a adhéré au bolchévisme en 1917comme Staline,compagnon de Lénine dès le 1902.
    Trotsky a souhaité militarisé les syndicats,la paysannerie russe ,l’ensemble de la société comme il l’avait fait dans l’armée rouge pendant la guerre civile.
    Staline a réalisé cette militarisation.
    Les conflits entre Trotsky et Staline ne portaient pas sur la dictature mais sur des rivalités personnelles dans la conquête du pouvoir suprème.
    D’ailleurs,c’est Staline qui a mis en place le collectivisme à 100%,exportée la révolution et imposer la dictature.
    Ces politiques étaient proposées par Trotsky,dès les années 20.
    Elles étaient caractéristiques du bolchévisme avec Goulag,Tchéka,répressions de masse,mis en place avec l’aval de Trotsky,jusqu’à ce que cela se retourne contre lui..

    Maurice Le 19 juin 2015 à 06:48
  •  
  • Par aileurs,la Xénophilie est aussi condamnable que la Xénophobie.
    D’ailleurs aujourd’hui lendemain du 18 Juin,évoquons un grand moment du Gallo-Communisme aboslument oubliè alors que c’est un grand moment dans la guerre civile que le PCF mena contre les fascistes français ,à la quelle certains trotskystes participa :
    Souvenons nous aujourd’hui de ’L’appel de Charles Tillon du 17/06/1940’ :
    "Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini : l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie et la Tchécoslovaquie... Et maintenant, ils livrent la France.
    Ils ont tout trahi.
    Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler, livrer le pays entier au fascisme.
    Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme.

    Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes.

    Il est le nombre : uni, il sera la force.

    Pour l’arrestation immédiate des traîtres
    Pour un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses, libérant les travailleurs, établissant la légalité du parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s’entendant avec l’URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.

    Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, UNISSEZ VOUS DANS L’ACTION !"

    Charles Tillon, Gradignan, 17 juin 1940
    Voici ce que charles Beaulieu,disait de lui:Charles Tillon est né en Juillet 1897. Mobilisé en 1916 dans la marine, il est l’un des dirigeants de la mutinerie de la mer Noire en juin 1919, ce qui lui vaut d’être condamné à cinq ans de bagne au Maroc. Il adhère au PCF et à la CGTU, devient membre du Comité central du Parti Communiste en1932. En 1936 il est élu Député d’Aubervilliers.

    En décembre 1939 Benoît Frachon au nom de la direction du Parti communiste, l’envoie à Bordeaux où dans la clandestinité il prend pour le PCF, la responsabilité de la région. Le 17 juin 1940, alors que les allemands sont entrés dans Paris, Philippe Pétain accède au Pouvoir. « C’est le cœur serré, annonce t-il dans un discours radiodiffusé, que je vous dis qu’il faut cesser le combat. »

    C’est ce même jour, après avoir entendu l’appel de Pétain à la capitulation, que Charles Tillon rédige un appel intitulé selon certains : « Peuple de France » et dont le soir même il entreprend la diffusion. Charles Tillon sera l’un des principaux organisateurs de la Résistance communiste et sera le chef du Comité militaire National des Francs- Tireurs et Partisans auquel, participa également Laurent Casanova en tant que représentant du Front National. *

    L’appel lancé par Charles Tillon le 17 juin 1940, est un appel à la résistance sur le territoire national. C’est explicitement un appel au combat anti-fasciste et pour la reconquête de l’indépendance nationale. … « Cet appel n’est pas une initiative purement personnelle. Lorsqu’il le rédige, Charles Tillon est mandaté par le Comité central pour réorganiser le parti communiste dans tout le Sud-Ouest de la France… » Lire ci-dessous, la présentation de l’appel rédigée par Antoine Porcu. L’Huma 4 mars 2006.

    Charles Tillon et d’autres prestigieux dirigeants communistes de la Résistance, tels Laurent Casanova, Marcel Servin, Pierre Hervé (membre du CNR), Maurice Kriegel-Valrimont, Jean Pronteau, Jean Pierre Vigier, Georges Guingouin…ont été démis de leurs responsabilités à la direction du PCF et le plus souvent, exclus du Parti.
    Ce fut une erreur stratégique fondamentale aux conséquences euro-atlantiques toujours actuelles. L’Histoire montre que pour nous communistes, d’hier et d’aujourd’hui, une autre stratégie, que celle qui aller mener au pouvoir un pétainiste reconverti dans l’euro –atlantisme , pour installer la dictature maastrischienne, était et reste possible.
    Après 60 ans d’errance stratégique, il est bien tard, mais d’autant plus urgent de revenir à l’esprit de la Résistance et du rassemblement populaire autour du programme réactualisé du CNR.
    * Le Front National dont il est question n’est pas celui de Le Pen mais un large rassemblement anti-fasciste et patriotique de la Résistance, créé à l’initiative des communistes et tout particuliérement de Pierre Villon.
    Le 16.12.08Claude Beaulieu.

    Maurice Le 19 juin 2015 à 08:28
       
    • Après 60 ans d’errance stratégique, il est bien tard, mais d’autant plus urgent de revenir à l’esprit de la Résistance et du rassemblement populaire autour du programme réactualisé du CNR.

      Est-ce que c’est toujours à nous contenter de ressortir des produits du tiroir, de passé 60 ans, que "nous" ferons face à "nos tâches actuelles", Monsieur Maurice ?!?...

      Aubert Sikirdji Le 22 juin 2015 à 22:23
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  • « la Xénophilie est aussi condamnable que la Xénophobie. »

    Ben ouais hein !...
    Avec ce genre de devise, qui donne un coup de patte de chaque côté, on est bien avancé !...
    Prendre la juste mesure des choses, qui fait « ligne de crête », c’est une chose...
    Mais le « juste milieu », c’est autre chose, qui se contente d’une « loi » du même milieu, « condamnant » d’un côté comme de l’autre...
    Dans le genre autocentré, et de L’ILLUSION de la bonne mesure qui a, depuis toujours, produit de bonnes réserves de pataugis intellectuels, ...on pourrait en inventer d’autres :

    ...Tiens, en voilà une par exemple, qui n’est pas mal, et qui fait que l’extrême droite, puisque c’est cela le sujet, n’a jamais été à une contradiction logique près, vu que l’ambivalence, c’est son fonds de commerce :
    « Le capitalisme est aussi condamnable que le communisme » !...
    D’ailleurs, historiquement parlant, cela relevait, dans cet imaginaire dérangé, du même « complot »... : « le Juif » !...
    Aujourd’hui, ça essaie de se recomposer un peu autrement...

    Aubert Sikirdji Le 19 juin 2015 à 10:03
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  • Ne restons pas dans le marécage de la pensée, ou si l’on veut : au milieu du gué, si l’on veut percer à jour de quoi il retourne, sous la noce infâme des contraires, au prix d’un sabbat funeste, que, de tous les temps modernes connus, l’extrême droite pouvait seulement proposer en guise de joie sur terre... Car l’idéologie du ni-ni, voilà à quoi elle conduit ! L’opportunisme de gauche est, depuis longtemps, apte à faire le lit de l’opportunisme de droite, même et surtout s’il s’ignore lui-même !... Après tout, l’on n’y... verra que du feu : rien d’autre qu’un débat, tout ce qu’il y a de plus normal, entre des revendications rivales et triviales, de « Bon Sens » et de « Bonne Mesure »... Ah !... L’idéologie jospinienne de « L’EQUILIBRE » !!!!.... Souvenez-vous de la meilleure en ces matières, où il s’agit de savoir coûte que coûte naviguer entre les extrêmes... : « - En France, on n’a le droit ni d’aller tous nus, ni d’aller voilés !... » Voilà !... Ce qui est dit est dit !... Nous v’là bien avancés !...
    Chirac avait encore quelque chose d’original... Depuis, de Sarkozy en Hollande, nous baignons totalement dans la NORMALISATION du capitalisme financiarisé, en nous ABIMANT dans le SOI-DISANT refus, très commode et complaisant au demeurant, des dits « extrêmes »... En fait, ça vient de loin. De la recomposition idéologique de ce que d’aucuns prétendent nommer une « seconde guerre froide »... : de la nouvelle « terreur blanche », « guerre idéologique », ou « stratégie du Choc » dites néolibérales (différents noms sont possibles), mises en application dès le début des années 70...Et certes, il y a un paquet de retard à refaire pour nous émanciper de la Raison dominante !...

    Aubert Sikirdji Le 19 juin 2015 à 14:46
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  • Mai-juin 1941, les mineurs du Nord-Pas-de-Calais dans la France occupée,suivent le mot d’ordre du PCF : pas de charbon pour les boches !
    A cette date, le gouvernement du maréchal Pétain collabore sans vergogne avec le Reich nazi depuis l’entrevue à Montoire avec Hitler, le 24 octobre 1940. C’est dire si l’économie française travaille pour l’économie de guerre allemande. De ce fait, dans le Nord et le Pas-de-Calais, les compagnies minières sont engagées dans cette politique collaborationniste et extraient chaque jour 93 000 tonnes de charbon pour l’Allemagne.
    Déjà, le 1er mai 1941, le PCF clandestin avait appelé les mineurs à une journée de luttes contre le "double joug de la domination capitaliste et étrangère." Des inscriptions étaient apparues sur les murs et des drapeaux rouges avaient flotté au-dessus des corons. Le 15 mai 1941, ce même PCF, depuis sa clandestinité, fondait dans notre pays, le Front national de lutte pour l’indépendance de la France "contre l’oppression nationale subie et contre les traîtres au service de l’envahisseur".
    Lorsque les houillères de Dourges décide de réintroduire le paiement des ouvriers à l’abattage par équipes, la grève démarre et s’étend à tout le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, impulsé par le PCF et le syndicat clandestin. Début juin, 100 000 grévistes (Français et étrangers), soit 80% de la corporation ; des cahiers revendicatifs déposés ; des femmes défilant pour appuyer cette grève.
    Le 6 juin 1941, les Allemands déclarent l’état de siège et un climat de terreur s’installe dans les mines et les corons. L’administration française et ses forces de l’ordre collaborent avec les nazis.
    Les femmes et mères de mineurs sont arrêtées les premières et emmenées à Lille ou Valenciennes comme otages. Quant au bilan des arrestations, il est impossible à préciser. La population cache les grévistes, les autorités alternent les menaces et les tentatives de conciliation, promettant l’impunité à ceux qui acceptent de redescendre au fond.
    400 mineurs sont transférés à la forteresse d’Huy, dont 270 déportés immédiatement à Sachsenhausen, dont peu reviendront, à commencer par les 26 qui périssent pendant le transport. La répression se poursuit : les Allemands fusillent des dizaines de mineurs, traqués de la fin de la grève jusqu’en octobre 1941. Les femmes, filles, mères de mineurs s’entassent dans les prisons de toute la région.
    Cette lutte héroïque bat en brèche les théories des pseudo historiens sur l’entrée dans la Résistance du PCF au 21 juin 1941, quand le Reich nazi attaque l’URSS. Oublier aussi cette collaboration du patronat participe à une réécriture négationiste de l’histoire de notre pays. Enfin, oublier la grève des mineurs, c’est taire la plus importante mobilisation ouvrière en France occupée contre le régime de Vichy et les Allemands. Car, du 27 mai au 10 juin 1941, cette grève des gueules noires du nord de la France revêt une indéniable dimension patriotique.
    A l’heure, ou d’aucun cherche ailleurs des repères de résistance et d’espoir, n’oublions pas cette révolte de la classe ouvrière, quand l’horizon était borné de noir, de souffrances et de sang.
    Pas de charbon pour les boches ! - La Contre-Histoire
    Du 27 mai au 9 juin 1941, 80% mineurs du Nord et du Pas-de-Calais se mettent en grève. 100 000 hommes en colère, soutenus par leur famille, osent défier les autorités allemandes d’occupation.

    Maurice Le 19 juin 2015 à 21:43
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  • Encore un souvenir à venir, Maurice ?
    Encore une petite tigression, euh... (lapsus d’écriture...) : Digression, de derrière les fagots, ...d’homme « encagé » dans l’Histoire ?
    Au fait, si je peux me permettre, vous êtes prof de quoi ? D’Histoire ?...
    « La nostalgie » est une chose..., mais elle « n’est plus ce qu’elle était ». Disons que Simonne s’ignorait... « Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses » (Paul Eluard)... (Et je n’écris pas forcément cela pour que nous nous y résolvions...) « Quand les idées se meurent » (comme dit le titre d’un article du « blog de Descartes », où vous vous exprimez) ...il ne suffit pas de les convoquer derechef, sur le mode de l’incantation...
    ...Car il reste que nous sommes aujourd’hui passés à un âge qu’on a dit post-moderne, ou, comme dit l’autre, « de modernité liquide »...
    Ce n’est d’ailleurs pas qu’une affaire de « deuxième guerre froide », engagée au début des années 70, et que les forces réactionnaires auraient gagnée !...
    C’est que le monde a EFFECTIVEMENT, et donc affectivement, changé...
    A toute époque, résister, c’est créer, et inversement, et le futur ne sera pas un passé recomposé... Pas un simple retour – Est-il besoin de le préciser ?- à la matrice historique que vous chérissez... En l’occurrence, le retour sur l’Histoire permet de refaire du Récit plausible, en revisitant les oubliettes... Il permet les retours rétrospectifs instructifs... En surmontant les effets de Censure et de mémoire sélective... Ce qui peut et doit faire du Récit historique, nécessaire et utile, autre chose qu’une classique Récitation !...
    Moi, dont le Parti-Matrice a été, comme pour vous, le PCF, ...je suis heureux, très heureux, aujourd’hui, à Ensemble !, du travail collectif qui se mène avec des camarades, venus du courant, dit troskiste. Oui, très heureux.
    Et par exemple, lorsque vous parlez de l’époque de la Résistance, je n’ai pas accueilli par le rejet ni la méfiance ce film, dont je ne saurais plus dire la référence, sorti il y a quelques années, qui traitait d’assassinats de « trotskistes », par des « staliniens », pendant cette période...
    Je ne vois pas pourquoi nous reconduirions aujourd’hui les effets d’exclusives du passé, surtout s’il s’agit de remonter à la Théorie !... Dans les conditions d’aujourd’hui, nous avons bien besoin de TOUS les apports historiques pertinents, pour affronter la question de savoir comment fonctionne « le fascisme » (concept utilisé ici au sens générique, comme on peut le faire avec « le stalinisme »...)..., même et surtout face à son actuelle tentative française, et internationale, d’actualisation.
    Il ne nous suffira pas de nous dire, par exemple, « Filippot, c’est plus pareil » !... Ce serait un peu court.

    Aubert Sikirdji Le 20 juin 2015 à 10:26
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  • Comme, avec Aubert Sirkidji,Il y a des occasions de débat, d’affrontement sur internet qui me laissent rêveur…Lui,il cauchemarde solioquement,par anti-PCF,ce parti qui lui survivra alors qu’il souhaite tant sa mort,comme ses autres pseudos,qu’il utilise ici car il ’dé-blogues’ pas assez,ça le reposerait !
    Conseil d’ami,dodo Aubert et gros bisous.
    Il est sur ce blog,comme la mire des écransTV,quand les émissions sont terminés !
    C’est en toute amitié pour lui,auteur incontinent,que je l’énonce.
    Par exemple en ce moment cette Rachel qui aux Etats-Unis était devenue une militante de la cause noire… et qui s’était fait passer pour afro-américaine… Elle ne l’était pas !
    Lui fait croire qu’il soutient le PCF,alors qu’il le soutient comme la corde soutient le pendu..Dérisoire !
    Ou cette personne qui se faisait passer pour un rabin !
    Elle n’était pas croyante.
    Certain ne vois pas où est le problème ?
    ça démontre simplement ce que j’ai toujours ressenti, le caractère complètement arbitraire de certaines manières de transformer les gens en ’espèces’ à partir d’une seule de leur dimension et le fait qu’il existe des gens comme moi pour qui cela n’a pas grande pertinence…
    Opposé aux insultes anti-PCF et anti-Pierre Laurent ,j’ai huste demandé ce respect pour les personnes membres du PCFque les pseudos d’Aubert,bafouaient !
    Sur les posts,’amicalement’ proférés,dans des écrits fielleux,se projettait, la perversion,puisque ils sont comme ça,amer,haineux et anti-PCF.
    Un jour j’ai entendu Juliette Greco expliquer qu’elle avait quasiment découvert que son amant Miles Davis était noir en prenant une chambre avec lui dans un hôtel américain… Et bien je ne suis pas capable de ça… Quand je vois un anti-PCF,je le dis.Ma spécialité ?
    Faire sortir le loup anti-PCF,de la forêt mouvementiste.
    Je ne vois pas mais réellement je ne vois ne pas en quoi le critère honnête’,ou’PCF’,ou’noir’ est non-pertinent sur ce site ? Je sais que quand je suis en Afriquenoire, certains voient les blancs identiques, comme certains blancs voient tous les Africains masqués derrière un teint uniforme. Jamais je n’ai ressenti une telle uniformité, les gens sont profondément différents, chacun a sa physionomie ses idées,et dans le même temps un africain du sud de la Côte d’Ivoire ne ressemble pas plus à un Toucouleur qu’un Sicilien ne ressemble à un Suédois,ou un Fhaine à un anti-PCF.
    C’est pareil pour les asiatiques, dans cet immense continent il y a des types dissemblables, sans parler des coutumes qui gouvernent souvent la gestuelle et plus encore la manière dont on gagne sa vie…Trotsky appréciait Jaurès,Lénine et Staline,non,que peut on en déduire,vu que les plus grands anti-PCF(héritier du Jauréssisme),furent desex- trotskystes français,de Pompidou à Mélenchon ?
    Ma position ?Ni Haine,ni oubli,Unité !
    Mais cette incapacité qui est la mienne à en rester à certains critères et au contraire à multiplier les ressemblances et différences entre individus me rend le sectarisme anti-PCF,ou le racisme insupportable ce qui est généralement heureusement partagé, par beaucoup.
    Mais il y a plus je déteste tout autant l’art de s’enfermer soi-même dans ces mêmes critères pour tenter de les opposer aux autres !
    Il y a bien sûr les abrutis qui dieu sait pourquoi proclament la suprématie des mouvementistes ,des anti-PCF ou de la race blanche,caramel ou je ne sais quoi..Les mêmes par snobisme souvent ne renierait pas un porc esthète…
    Mais il y a également ceux qui en prétendant lutter contre les anti-PCF,les emmerdeurs de cet acabit et leurs pratiques perverses, esclavagistes, antisémites en rentrant dans leur système et affichent un chauvinisme mouvementiste sous une forme quelconque… …
    Je pense alors toujours au traité du style d’Aragon, où il se moque des paradis artificiel en demandant s’il y eut jamais d’autres paradis qu’artificiels et en dénonçant les obnibulés qui ressemblent à ces gens qui veulent tellement être différents…
    La catégorie des partisans de ces pseudos paradis mouvementistes s’étend jusqu’à l’absurde et il m’arrive de me demander quels textes sont capables de me faire ressentir dans leur énoncé une non-discrimination pour quelqu’un dont je ne perçois pas l’intelligence, la beauté, la tendresse ou l’inverse,par exemple Aubert Serkidli,si creux et vide dans ses propos,anti-PCF la plupart du temps…
    Je crains que Rachel qui pourtant démontrait tous les jours l’absurdité des frontières de peaux soit tombée dans le fossé creusé par des tarés type Klux Kan.
    C’est plus respectable que d’être resté avec ces blancs fantômes criminels mais ce n’est pas plus malin… C’est comme les philosémites qui s’avèrent être des antisémites qui aiment les juifs, ceux qui croient aimer tous les arabes, tous les indiens, tous les chinois, j’en passe et des meilleures…
    Résultat, désormais la réalité paraît enveloppée de cet illusoire problème, on s’acharne sur lui, on s’étripe en son nom, alors que nous sommes dans le temps où l’homme le plus puissant du monde peut être un noir à condition qu’il soit l’homme du capital. Un temps où les classes populaires ont subi une terrible dévalorisation quelle que soit leur couleur et leur origine. Un temps où jamais les barrières de classe n’ont paru plus infranchissables. Oui mais voilà, au lieu de s’interroger sur la misère, la peur des migrants, le critère devient le fait qu’ils sont noirs ou musulmans, alors que visiblement ça n’a plus aucune importance. Leur problème est l’impossible survie à cause de gens de toutes couleurs et de toutes religions qui ont décidé de vampiriser la planète pour en tirer un maximum de profit.
    Je finis par me demander si l’antiracisme n’est pas aussi dévoyé que le racisme s’il en arrive à masquer cette évidence.
    Pourquoi sommes-nous si peu nombreux à ne pas voir les différences qui paraissent tellement pertinentes aux yeux d’une bonne partie de l’humanité.
    Quant à savoir qui est Rachel,à vous de trouver..

    Basbert Le 20 juin 2015 à 12:56
       
    • Qu’est-ce qui est un cauchemar, sinon cet inbitable galimatias ? Ce n’est pas clair, ce que vous dites...

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 08:19
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    • Si rien n’est clair, alors (re)faisons patiemment la clarté...
      1/- ...Pour commencer (bien que ce ne soit que pour la centième et unième fois ), je redis en particulier, haut et fort, que je ne suis pas amoureux de la maldonne. Et sur le point de savoir si « je voudrais la mort du PCF » : qu’il s’agit dans ce qui sort ici de votre bouche d’un immense MALENTENDU !!!...

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 10:47
    •  
    • 2/- ...Mais il faut voir la réalité en face.
      La dénégation du déclin du (...Peu de chose qu’est devenu Ce Feu...) PCF (au regard de ce qu’il a été) ne sert absolument à rien. La très grande majorité des gens, ils s’en moquent comme de leur première chemise. Et je ne sache pas que cela puisse en faire « des ennemis » !... Certes, cela n’enlève rien à son rôle historique !... A son « empreinte » culturelle !...

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 12:06
    •  
    • 3/- Les débats sur nostalgie ou pas nostalgie, sur « nos » vécus respectifs, par rapport au Passé, me font souvent un peu braire, car ils témoignent trop souvent d’une carence grave d’appréhension de la question historique, en des temps de « post-modernité », ou de « modernité liquide », ou la liquidation des formes traditionnelles de la politique sont à l’œuvre. Deux risques symétriques s’y jouent, au prix de redoutables raccourcis intellectuels :
      a. ...soit, pour l’un, qu’il subjectivise à outrance le problème, en réduisant « notre » situation au résultat d’une première, puis d’une deuxième « guerres froides », autrement dit à un processus circulaire, dont votre opinion offre une vue de sentiment de persécution, tellement schématique, qu’elle en est caricaturale. (L’actuel se retrouvant défini comme bégaiement du passé).
      b. ...soit, pour l’autre, que sous couvert d’objectiviser l’Echec, et de « faire du neuf sur des bases nouvelles », ...l’on tende à déchirer la page, sous le prétexte de la tourner, en « nous » disant : « c’est du passé, n’en parlons plus », dans une sorte de laisser-faire et de laisser-aller d’une « maladie d’Alzheimer » généralisée...
      Les deux attitudes sont à mon avis aussi irresponsables et intellectuellement démissionnaires l’une que l’autre, ce qui ne leur interdit pas de se retrouver à l’occasion symétriquement complémentaires.

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 18:22
    •  
    • 4/- Quelle est la part d’addiction dans un « engagement » ? La politique ne serait-elle pas, à la limite, une drogue dure ? Et ne peut-il arriver, comble de paradoxe, que cette came isole des autres, alors même qu’elle était d’abord censée nous faire passer au service d’un horizon commun ?... Qu’est-ce qui donc induit le phénomène sectaire ?!?... Naguère, Marx a mis en garde contre « le solo funèbre » auquel pourrait se condamner le prolétariat... La question s’est concentrée depuis sur le phénomène partidaire, censé s’en être fait le représentant !... C’est un fait. Ce n’est pas un effet de malveillance que de constater cela. Le phénomène partidaire est OBJECTIVEMENT entré en crise...

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 23:35
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  • @Basbert,arrètes avec ce style ampulé,ça ressemble trop à du
    Aubert ;Un seul Aubert,ça suffit, sur ce site où Aubert en +,utilises plusieurs pseudos,soit 87% des commentaires publiés ici,je suis le seul à lutter contre cette emprise !
    @Aubert,non seulement je connais la rumeur,mais en plus je publie l’article de Libération qui l’évoque car rien de définitif n’est connu à ce jour:Cela confirme,l’anti-PCFisme obsessionnel qui est le tien,qui ne s’appuie que sur des rumeurs mal intentionnées.
    Cet article paru en 1997,a été réfuté depuis par les historiens.
    Si des preuves avaient été trouvés pour étayer ces suppositions,elles auraient été évidemment largement utilisés par les anti-PCF.
    Au fait une personne citée,s’appele Auber comme un de tes pseudos..La dérive sensationnaliste ,anti-PCF,est trés perceptible dans ce compte rendu au sujet de faits non-reconnus par la communauté des historiens :
    ’Cinq meurtres sortent du maquis. Un livre reconstitue l’assassinat en 1943, par les communistes, d’un des leurs et de quatre trotskistes.
    Edouard WAINTROP 11 mars 1997 à 23:33
    Dans les maquis, les communistes français ne se sont pas seulement attaqués aux nazis et aux collaborateurs, ils ont aussi éliminé physiquement quelques antinazis qui les gênaient, des trotskistes, des communistes oppositionnels" On le savait (1), on le disait parfois, mais discrètement. Aujourd’hui, avec Meurtres au maquis (2), qui raconte un de ces cas, en l’occurrence le destin tragique de quatre militants trotskistes et d’un communiste peu docile exécutés en 1943 par des Francs-Tireurs et Partisans (FTP), cette histoire n’est plus clandestine.
    L’enquête de Pierre Broué et Raymond Vacheron noue plusieurs fils. Le premier, c’est la vie du plus connu des cinq assassinés : Pietro Tresso, alias « Blasco ». Tresso était l’un des fondateurs du Parti communiste italien, avec Gramsci et Bordiga. Il en fut exclu pour avoir soutenu Trotski contre Staline. Cette position le força ensuite à slalomer entre deux bandes de tueurs, ceux de l’Ovra fasciste et ceux du NKVD soviétique. Après des années de militantisme quasi clandestin, il fut arrêté par la police à Marseille au printemps 1943 et expédié à la prison du Puy-en-Velay, en Haute-Loire. Il y fut détenu avec des dizaines de staliniens et quatre de ses camarades, Albert Demazière, qui allait par miracle échapper à la mort, Abraham Sadek, Maurice Sieglmann, qui avait pris le pseudo de Pierre Salini, et Jean Reboul.
    La seconde histoire que suivent Vacheron et Broué, c’est celle du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire. Ils décrivent aussi bien l’inclination de certains pour Pétain que la montée en puissance de la Résistance après que les communistes s’y furent mis, , après l’attaque du Reich contre l’URSS. Ils reconstituent aussi la vie en prison des antinazis, leur activité politique et idéologique. La quarantaine dans laquelle ils maintiennent les prisonniers trotskistes. Ils suivent ainsi les directives meurtrières du parti : « Le trotskisme a cessé d’être un courant politique dans la classe ouvrière ["] [il est] devenu une bande forcenée et sans principes de saboteurs, d’agents de diversion et d’assassins agissant sur ordre des services d’espionnage des Etats étrangers. » Les militants communistes en prison se méfient donc des trotskistes, ils les retrouvent dans le maquis après une évasion massive de la centrale du Puy-en-Velay. Les FTP survivants l’ont répété : « On a eu la haine contre eux" » Cette haine n’aurait pas suffi à elle seule à provoquer ce crime de sang-froid. Il a fallu que des dirigeants le planifient.Un de ces leaders a été identifié par Broué et Vacheron comme étant Giovanni Sosso, alias « Capitaine Jean » ou « Jean Auber », dit aussi « le Grand Pierre » ou « Colonel Guillemot », un homme que les auteurs pensent être un agent soviétique : « Sosso présente un rapport sur la nécessité de lutter contre les trotskistes, ennemis de la révolution, traîtres et saboteurs" ils veulent empoisonner l’eau du camp. Il serait criminel d’hésiter », ajoutent les responsables du maquis. Le sort des trotskistes « hébergés » par les FTP est scellé. L’un d’entre eux, Demazière, réussit par hasard, sans avoir à quoi il échappe, à rejoindre Paris. Les autres ne le pourront pas. Un vétéran FTP contera : « Un jour, un maquisard leur a proposé de les accompagner à un autre camp pour rencontrer d’autres résistants. Quand ils arrivèrent près d’une baraque, les chefs des maquis les attendaient. Deux ont été exécutés dans une pièce de la maison, deux ont réussi à s’échapper, et c’est à l’extérieur qu’ils ont été abattus. L’état-major du camp a dit que les trotskistes avaient été éliminés car ils voulaient empoisonner l’eau du camp. » Le style rappelle la dénonciation des « hitlérotrotskistes » dans les années 30 par le journal l’Humanité ou les titres des quotidiens communistes dans les années 40 et 50 contre Slansky, Rajk et autres « vipères lubriques », qui seront fusillés ou pendus.
    Les quatre ne seront pas les seuls à trinquer : il semble que Paul Maraval, un cheminot membre des Jeunesses communistes, trop anticonformiste et devenu copain avec les « trotskars », ait été aussi liquidé. Restait quand même deux énigmes, que Broué et Vacheron ont voulu éclaircir. La première est le silence qui a entouré l’affaire et qui a perduré. Si les raisons qui ont poussé un PCF à se taire semblent évidentes, on attendait plus de pugnacité de la part des camarades trotskistes des quatre fusillés. Broué et Vacheron expliquent bien pourquoi, après guerre, ceux-ci n’ont pas fait plus de bruit : ils ont eu une peur physique de staliniens plus puissants et plus totalitaires que jamais. Et ils refusaient de faire le jeu politique de la droite.

    Seconde énigme à élucider : qui a vraiment pris la décision d’éliminer Tresso et ses compagnons ? Sosso était sans doute un agent de haut niveau, mais il ne pouvait donner ce genre d’ordre sans en référer à un dirigeant politique. Broué et Vacheron blanchissent l’ancien député communiste Théo Vial-Massat, qui fut accusé par Barbara, la compagne de Tresso. Ils accusent, en revanche, Giulio Ceretti, un important responsable communiste international. Il aurait voulu se débarrasser d’un dirigeant révolutionnaire expérimenté qui, s’il revenait en Italie, pouvait menacer la toute-puissance du PCI. Ce n’est pour eux qu’une hypothèse...’
    Libération:11/03/1997
    En peine période de R.Hue,celui qui a écrit ’la fin des partis’,bible des mouvementistes.
    Mais le PCF,est toujours là malgré les efforts de certains ex-dirigeants...

    Maurice Le 20 juin 2015 à 13:29
       
    • Ça déborde en live !...
      Vos alluvions « n’ont pas de bon-sens », comme on dit au Québec...
      Euh, ...vos allusions...
      Au Québec, on parle aussi de débacle, lors du dégel du fleuve...

      Aubert Sikirdji Le 20 juin 2015 à 14:11
    •  
    • S’il vous plait, ne restez pas dans le milieu du gué, essayez d’atteindre la rive.

      Aubert Sikirdji Le 20 juin 2015 à 14:18
  •  
  • @Aubert
    @Basbert
    Vous débloguez ou pas ?

    Maurice Le 20 juin 2015 à 19:38
       
    • C’est qui c’est, Basbert ?

      Aubert Sikirdji Le 20 juin 2015 à 20:08
    •  
    • Comme dit la pub : "Lapeyre, y’en a pas deux !..."

      Aubert Sikirdji Le 20 juin 2015 à 20:12
  •  
  • Ce texte de "Aubert Sikirdji",délirant me parait issu des éléments de langage fournis par Cambadelis et non pas d’un de ses pseudos habituels. C’est l’ennui des foutaises diverses, on ne sait pas qui se cache derrière les logorhées débilitantes ,démilitantes.

    Maurice Le 21 juin 2015 à 09:12
       
    • Quel texte ?

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 09:44
  •  
  • @ Maurice
    ...Je reprends la succession des points amorcée ci-dessus, dans l’intention d’arriver plus loin au port, et ce dans l’idée d’explorer la question du RETARD pris et devant être comblé, par les forces d’alternative à gauche, face à la montée des périls d’extrême droitisation....
    5/- La crise du phénomène partidaire ne peut être considérée simplement en changeant de lunettes généralistes, pour d’autre lunettes généralistes, ayant seulement « modernisé » la couleur de leur monture... Sortir d’une certaine addiction, c’est notamment des effets de massification, qui ont fait oublier « le rôle des individus »... (« Les masses » n’étaient-elles pas, « au 20ème siècle », supposées se mettre sous l’empire, voir l’hypnose d’un « Chef » ou d’un Grand Guide tutélaire ?!?...) En l’occurrence, un parti n’est pas fait que d’une ADDITION d’individus, faits pour se compter, et « d’exigences » normées, entre eux réparties, ...et définies pour leur permettre de fonctionner sur le mode de la Grande Famille, voire d’une Grande Armée..., comme ç’a été le cas naguère, ...sur le mode du « témoignage » exemplaire de chacun, assuré de son caractère défini(tif) « d’homme nouveau » !...

    Aubert Sikirdji Le 22 juin 2015 à 10:16
  •  
  • LR,le FN,le PS,le MODEM,l’UDI,le PRG,LO,NPA,le POI,la Fédération Anarchiste,Ensemble,Nouvelle Donne,le PG,GA,le PCRCF, aucun de ces partis n’a eu comme dirigeant pendant 10 ans,l’homme qui a écrit :’les partis politiques sont morts’,à savoir R.Hue ex-secrétaire général du PCF.
    Un véritable Gag historique,une indicible Farce !
    Malgré cela,le PCF existe toujours n’en déplaise à tous ceusx qui l’enterrent régulièrement comme....Gagné !lisez le post suivant,signé ??...Gagné !
    la police de la juste pensée anti-PCF,va encore frapper...

    Maurice Le 23 juin 2015 à 06:56
       
    • Voici le post suivant : ...qui dit que... :
      Si d’aucuns, nous observant « de l’extérieur », nous voyaient comme des adversaires imaginaires, juste complémentaires... Il n’y aurait pas vraiment de quoi nous en complimenter. Car cela n’avancerait à rien.

      Aubert Sikirdji Le 23 juin 2015 à 11:17
    •  
    • C’est quoi avancer ?
      ...Une mère disposait de ce mot d’esprit d’une grande profondeur, pour traiter des chicanes entre ses deux fils : - « Battez-vous, tuez-vous... Mais ne vous faites pas de mal ! »... La première règle, le premier usage, en l’occurrence, pour ne pas faire de mal, c’est de ne pas mal dire (= maudire) !...
      En ce sens, ...la première police utile, ou plutôt politesse nécessaire de la pensée, c’est l’idée que ce que l’on conçoit bien PAR SOI-MEME, l’on l’énonce clairement... Tels charabias charrient et chérissent un peu trop de malfaçons et d’approximations coupables pour surmonter l’idée du Mal...
      Contre nos maux, suffit-il d’ailleurs de médecins, ou s’agit-il d’abord d’un effort personnel ?
      Le médecin est de fait un homme d’état : d’état de santé...
      La manière dont on « traite » trop souvent son prochain est marquée d’idéologie médicale... Et pas que son prochain... Les politiques urbaines, etc., etc., dressent, comme disent ceux qui les préconisent, des « diagnostics »... L’on « traite » de « la Crise » depuis des décennies, en en faisant un « diagnostic » économique... Etc. Cela interroge, en particulier, ce que signifie la prétention ancienne des communistes à une capacité de développer des rapports humains de type nouveau, à savoir d’essence « objective »... Cette soi-disant objectivité n’est-il pas en réalité "quelque part", comme on dit, un objectivisme, un scientisme historique d’inspiration médicale ?!?... Question complémentaire : est-ce qu’on aura émancipé le courant révolutionnaire de toute religiosité, en s’étant contenté d’avoir évacué la tendance religieuse à « voir le Mal partout » de cette manière ? Est-ce qu’on n’aura pas simplement DEPLACE cette tendance idéologique en prétendant la RATIONNALISER ?!?...
      Ce qui expliquerait qu’en réalité l’on n’aurait pas cessé de croire au Diable, sous diverses manifestations d’adversaires imaginaires et récurrents ?!?...
      Non, Maurice, je ne suis ni Dieu ni Diable, ni ange ni démon, ...ni l’Aubert, ni surtout le « Basbert » que vous croyez...

      Aubert Sikirdji Le 23 juin 2015 à 11:55
  •  
  • et pourtant....Vous n’avez pas encore séparé,l’ensemblisme(autre nom du communautalisme ou communisme) de l’autoritarisme et des bévues bolchéviques servies à la sauce trotskyste ici(identiques dans leur prétentions abusives utopiques aux fautes staliniennes).
    Faites comme Pascale,Faut,trier !
    Jaurés,Louise Michel,Buonoreti,c’est de l’Ensemblisme(autre nom du communautalisme ou communisme).
    L’URSS,les bolchos,la 4ième internationale,n’ont pas cette fibre hexagonale.
    C’est comme ça.
    Proudhon avait raison et le PCF a plus fait le bonheur du peuple que le PCUS ou la LCR.Le PCF c’était 29% des voix en 1947 ou les lois sociales ont été établi en France pour des décennies,selon une pérennité plus longue que partout ailleurs.En 2015,57% du PIB en France est consacré au collectivisme ;c’est le TOP !
    Pourtant,Trotsky,Staline affichaient un énorme...organe de supériorité politico-militaire,mais le PCF n’a jamais suivi ces consignes bolchéviques parceque nous sommes les héritiers de la SFIO, de Proudhon,Allemant,Laffargue,Jaurèsetc... tous communistes à la française !
    Alors,Aubert,Basbert de l’humilité SVP...
    Faites comme Pascale !..Faut,trier !..
    Ainsi un divorcé peut ne plus jamais vivre avec sa femme et considérer qu’elle fut l’amour de sa vie,si c’est le cas...

    Maurice Le 23 juin 2015 à 13:04
       
    • Vous n’avez pas encore séparé l’ensemblisme (autre nom du communautalisme ou communisme) de l’autoritarisme et des bévues bolchéviques servies à la sauce trotskiste ici (identiques dans leur prétentions abusives utopiques aux fautes staliniennes).

      Comment cela ? Théoriquement ou pratiquement ?
      Si c’est que je serais soi-disant un ex- et toujours autoritaire, mis au service de la dite « mutation liquidatrice », même après avoir quitté « la matrice » PCF, ...c’est bien vous qui le dites !... Je ne m’appelle justement pas, pour ne prendre que cet exemple (si je me souviens bien, que j’ai déjà pris l’été dernier) Monsieur Jean-Claude Gayssot !... C’est à vous, s’il vous plait, de savoir trier entre les gens, sans les confondre. En l’occurrence, ...vous pouvez me contraindre à toute l’exigence "d’humilité" du monde, vous ne me ferez pas avouer, même sous la torture, que je serais l’inverse de moi-même. Je n’ai d’ailleurs JAMAIS été « un hiérarque », passés maîtres dans les retournements à 180 degrés, du genre je retourne ma veste, voire mon pantalon, à la prochaine révolution !... Et oui, c’est moi qui le dis, et le redis pusiqu’il le faut... : je ne suis pas à géométrie variable !...

      Aubert Sikirdji Le 23 juin 2015 à 14:03
    •  
    • ...D’ailleurs, je peux le dire d’une autre manière : à savoir que : je n’ai jamais été du côté du manche, dans la mesure où je n’ai jamais été un communiste du dimanche !...

      Aubert Sikirdji Le 23 juin 2015 à 14:21
    •  
    • ...En un mot, je n’ai AUCUNE connivence néo-autoritaire avec qui que ce soit sur ce site, qui aurait produit une convergence, une coïncidence, autrement dit : ...ne serait-ce que des « complicités inconscientes, mais objectives », avec d’autres, pour détruire (le peu qui reste de ce « feu ») PCF !... Nan, nan et nan !... Au point que vous êtes allé jusqu’à nous prendre pour une seule et même personne, ...aux différents masques de pseudos !... C’est votre affaire... Délirer, cela dit : sortir du sillon... ET si on y remet bon ordre, on peut en REVENIR... Retrouver ses esprits... ET en l’occurrence, il faut REPRENDRE clairement LES CHOSES DANS L’ORDRE, si vous le voulez bien !...

      Aubert Sikirdji Le 23 juin 2015 à 16:17
  •  
  • Il me semble dommage de retomber dans l’antisoviétisme avec le trotskysme, en particulier sur la question du fascisme ou Trotsky et les trotskistes ne se sont guère illustrés en théorie ni en pratique. Par exemple dans cet article :" Le KPD, sous la houlette de Moscou a longtemps considéré le mouvement hitlérien comme une "simple" forme de réaction capitaliste, un instrument commode créé par et pour la grande bourgeoisie. Trotsky au contraire, en observant les caractéristiques propres au fascisme, a relevé la dimension plébéienne et de masse du fascisme. Ce dernier est non seulement issu de la petite bourgeoisie mais aussi du prolétariat."
    Pourtant, la définition soviétique du fascisme me semble bien moins confuse, comme le montre bien le "Petit Dictionnaire Philosophique" de Moscou (1955) :FASCISME. Forme la plus réactionnaire, ouvertement terroriste, de la dictature du capital financier, instaurée par la
    bourgeoisie impérialiste dans le but d’écraser la résistance de la classe ouvrière et de tous les éléments progressistes de la
    société. Le fascisme est une manifestation de cette réaction politique dans tous les domaines, qui est le propre du capitalisme
    au stade suprême de son développement, au stade impérialiste. L’établissement du fascisme atteste que les classes
    bourgeoises dominantes ne sont plus à même de gouverner, de conserver leur pouvoir par les moyens ordinaires,
    « démocratiques », que les aspirations croissantes des masses populaires à la liberté ne peuvent plus être réprimées que par la
    violence et la terreur sanglante. Ce qui caractérise le fascisme, c’est la suppression des libertés démocratiques, même les plus
    élémentaires, la destruction des organisations ouvrières et des autres organisations progressistes, l’instauration d’un régime de
    terreur déclaré pour maintenir le pouvoir de la bourgeoisie ; c’est la préparation et le déclenchement de guerres de rapine dans
    le but d’asservir les peuples indépendants et de conquérir la domination mondiale.
    Le régime fasciste a été instauré d’abord en Italie (1922), puis en Allemagne (1933) et dans plusieurs autres pays : en Espagne,
    en Pologne, en Bulgarie, etc. L’avènement du fascisme avait été favorisé par la politique de trahison pratiquée par les socialdémocrates.
    En Allemagne il s’était affublé du masque du « national-socialisme ».
    Dans le domaine idéologique, le fascisme c’est le plus franc obscurantisme, une « philosophie » et une « morale » qui prônent
    la haine de l’homme et le brigandage. Le fascisme s’appuie sur la théorie raciste (V. Eugénique ; Racisme) d’après laquelle la
    bourgeoisie de telle ou telle nation aurait droit à la domination mondiale, serait la seule race « supérieure ». Les hitlériens
    préconisaient une « science » particulière : la géopolitique (V.), qui justifiait les prétentions impérialistes à l’« espace vital »,
    c’est-à-dire la conquête de terres étrangères. Les « philosophes » fascistes rejetaient les acquisitions de la culture et les
    détruisaient, proclamaient la supériorité des instincts bestiaux sur la raison humaine. Ils établirent le culte mystique du « sang
    racial », le culte de la personne du « führer », etc.
    Le mérite historique du peuple soviétique à l’égard de toute l’humanité progressiste est d’avoir été à la tête de la lutte contre le
    fascisme dans la deuxième guerre mondiale et d’avoir joué un rôle décisif dans la défaite de l’impérialisme allemand et
    japonais. Malgré la débâcle du fascisme à la suite de la deuxième guerre mondiale, les éléments réactionnaires de certains
    pays impérialistes tentent de le ressusciter."

    Hervacacia Le 23 juin 2015 à 18:23
       
    • Le fascisme = du désespoir révolutionnaire, qui aurait trouvé son drapeau ? Je préfère parler d’impuissance revancharde, ce qui est moins flatteur.
      L’on sent bien que la question de l’unité populaire alternative aujourd’hui ne peut se rejouer qu’en passant par CHAQUE INDIVIDU. Je parle bien de CE QUI PASSE par chaque individu. Non de leurs mises en cause personnelles « en tant que » ceci ou cela. Pas de méprise !...
      C’est que la question fasciste pose DIRECTEMENT la question de l’hégémonie, et donc de ‘l’extimité’, si l’on peut dire, politique de chacun ! Les auteurs parlent en ce sens de « sortir Trotski du trotskisme », pour s’en servir, me semble-t-il, théoriquement, et non polémiquer rétroactivement avec le soviétisme : « Notre projet, c’est évidemment de mettre en relief ce qui peut nous servir aujourd’hui dans l’ensemble des réflexions, des intuitions et des théorisations de Trotsky sur le fascisme. D’un certain côté, il s’agit aussi de sortir Trotsky du "trotskysme"… »
      Il s’agit de la nécessité « d’une définition » générique « minimum du fasciste ». Voir : « Zeev Sternhell qui indique qu’il faut dégager le dénominateur commun des mouvements se réclamant du fascisme, mais aussi de ceux qui, tout en déclinant la référence, font bel et bien partie de la famille. »
      Ceci dit, il faut à mon sens aller encore plus loin que d’inventorier ce qui peut être désigné comme faisant partie de cette famille idéologique : le rappel ici que « « Pour Clara Zetkin, en 1923, le fascisme était une « punition historique » infligée au prolétariat pour avoir échoué à parachever la Révolution russe » ne nous oblige-t-il pas à aller au fond de l’idée d’un rapport entre des dits « échecs » et les chances (re)données à la mouvance fascistoïde  ?...
      Tout ce que vous décrivez à propos du fascisme est juste et évident, et pourrait être développé, mais n’est-ce pas juste un peu insuffisant ?
      N’y a-t-il pas à pousser la réflexion sur de nouvelles chances donnée à un fascisme à la française, en rapport avec un courant révolutionnaire qui, lui, ne se serait pas donné toutes ses chances ? Au-delà de tout ce qui tend à instrumentaliser la maladie, ne devons-nous pas nous demander ce qui la crée, ou du moins ce qui la laisse se développer ? Certaines ambiguïtés ne traînent-elles pas, sur "Marine le Pen qui s’exprimerait comme un trac du PCF des années 70" ? Autrement dit sur une sorte de "national-communisme" zombi, qui permettrait de se dire que certains clivages ne seraient pas étanches (voir par exemple le "courant" Soral...) ?!?...
      Comment, aussi bien, dédouaner ici justement les communistes français d’un RETARD HISTORIQUE ET THEORIQUE, pour se libérer totalement du soviétisme, et créer un "parti de leur stratégie autogestionnaire", comme cela a pu se dire naguère ?!?...
      Une expression de la persistance dommageable de la culture léniniste ne s’est-elle pas manifestée, notamment lors du « nouveau retard » de 84, en plein dans la question du déclin du PCF... et de la montée du FN ?...
      Pour en rester sur cette observation : cela ne fait-il pas une différence, d’avoir « abandonné » le concept de centralisme démocratique, isomorphe sur le « Principe », au fonctionnement hiérarchique des pays de l’Est, 5 années après, plutôt que 5 années avant ‘la chute du Mur’ ?...
      En un mot, "les échecs", n’est-il pas préférable de savoir, autant que possible,... les anticiper ?...
      Personnellement, depuis l’affirmation du "bilan globalement positif", pour tout vous dire, j’avais fait plusieurs séjours en RDA... Et, en quelques années, je me suis convaincu (sans à-priori) que ce n’était plus viable : c’est pourquoi je fis partie de la mouvance (non-organisée) des dits "communistes critiques" du milieu des années 80...

      Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 00:53
    •  
    • ...Vous parlez du « mérite historique du peuple soviétique » ?
      Il faut aussi parler « du reste », et aussi « des restes » d’une certaine Idéologie...
      Homme nouveau ? Société Nouvelle ? Nouveau Parti ? Nouvelle Visée ? ...Moi, je prétends qu’en ces matières, ...il y a eu, et qu’il perdure encore aujourd’hui, du REFORMISME QUI S’IGNORE... « Refaire le Monde », non, n’est pas innocent...
      Le « modèle » colossal... de (Contre-)Société HOMOGENEISANTE, produit par le Lénino-stalinisme n’avait-elle pas de fait son pied d’argile..., car reposant sur une colossale... ILLUSION idéologique !!!!??... A savoir : la Transparence de la société future à elle-même !? Et pourquoi pas de l’homme à lui-même, pendant qu’on y est ?...
      La leçon de tout ça (qui s’est « soudainement » effondré) me fait dire que : IL FAUT OTER A LA SOCIETE SES SECRETS (industriels ou autres, liés à la sacro-sainte Propriété Privée...), MAIS LUI RESTITUER SES MYSTERES, car le but est bel est bien « La Liberté », et non le contrôle social et politique : le but est bel et bien que chacun puisse « DANSER SA VIE », dans une diffusion et un élargissement bien compris des responsabilités démocratiques !... Appelez cela du communisme libertaire, si vous voulez... Cela va dans le sens de nous demander ce qui AUJOURD’HUI constituerait « une force de la diversité »...
      Freud posa naguère la question : comment se fait-il que les bolcheviks athées ont reconduit les interdits de pensée de la religion ?... Commençons donc par ...la leçon freudienne..., qui, sans doute, ne porte pas que sur des questions (sur des pathologies) « individuelles » : Voir : ...Raymond Queneau, extrait du recueil « Chêne et Chien » (Poésie/Gallimard), page 63 :
      « Je me couchai sur un divan
      Et me mis à raconter ma vie,
      Ce que je croyais être ma vie.
      Ma vie, qu’est-ce que j’en connaissais ?
      Et ta vie, toi, qu’est-ce que tu en connais ?
      Et lui, là, est-ce qu’il la connaît,
      Sa vie ?
      Les voilà tous qui s’imaginent
      Que dans cette vaste combine
      Ils agissent tous comme ils le veulent
      Comme s’ils savaient ce qu’ils voulaient
      Comme s’ils voulaient ce qu’ils voulaient
      Comme s’ils voulaient ce qu’ils savaient
      Comme s’ils savaient ce qu’ils savaient. » (...)
      Si tu ajoutes à ça la possible adhésion à un parti qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit, ...ben t’es content, quoi !... Car en l’occurrence ...c’est cela la grande Explication que Georges Marchais donnait naguère du Centralisme Démocratique !... Tu repasseras, ici, pour la démo... Pour la démonstration, d’ailleurs comme pour la démo... cratie !...
      Ah !... « SAVOIR » !!!... Savoir ça qu’on dit, savoir ça qu’on fait... « Maîtriser » les choses...
      Ce n’est tout simplement pas possible.
      Car la leçon du passage « matriciel » du léninisme au stalinisme, n’est-ce pas du : besoin de la Maîtrise, à celui de la Traitrise ?!?... Où LE SENS DE L’HISTOIRE SE RETOURNE EN SON CONTRAIRE ?!?...
      ...Après quoi, les fachos, d’un nouveau style, n’ont plus qu’à ramasser la mise !...
      Voir sur ce site les affrontements que j’ai eues avec un surnommé « TotoleGrand », militant du "RBM", qui expliquait que vu que nous autres les communistes », nous étions forcément des totalitaristes, et que l’Histoire nous avait jugés,... eh bien il fallait passer la main à la Marine, les gars !...
      Ben ouais, hein !...

      Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 13:22
  •  
  • @ Maurice,
    ...Je poursuis mes quelques points (le dernier datant d’avant-hier, Le 22 juin à 10:16 ...) :

    6/-Je me suis sûrement déjà exprimé là-dessus, qui est la question communiste elle-même, de l’horizon, comme le disait Lucien Bonnafé : de dépassement de la querelle de l’individu et de l’espèce... :
    Affirmer ici qu’il n’existe pas plus de société modèle que d’individu modèle ne suffit pas. C’est n’en rester qu’à une affirmation en creux, qui n’avance pas à grand’chose...
    Je reste au fond, sans doute comme vous, persuadé que l’éthique communiste – totalement opposée à tous les fascismes, qui ne contestent pas en réalité le capitalisme - est double : remettre du semblable dans le différent, et du différent dans le semblable... Car le capitalisme nous aliène d’un double point vue : il nous interdit à la fois d’être richement solitaires, et possiblement solidaires... Il perverti dans le même temps l’idée d’autonomie ( = la liberté ), comme celle de « travailleur collectif » !... Du coup, pas plus être face à soi-même n’a de sens qu’être ensemble !... Car c’est une logique de troupeaux humains qui est appliquée par les dominants...
    Comme vous pourriez le dire : « ça laisse rêveur »...
    C’est à partir de là qu’il faut repenser, donc refonder une nouvelle « forme-parti » (ou pas...).

    Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 01:25
  •  
  • Entièrement d’accord et en ce sens ,’Ensemble’,est une nom qui pose l’objectif,le chemin à suivre et la difficulté justement à rester ensemble.
    Ensemble permet de retrouver le véritable sens de communiste,avant son rapt fugace,par le bolchévisme trotskyste ou stalinien.
    Ensemble ,Communisme,Communautalisme,les Partageux,tous ces noms apaprtiennent au patrimoine français comme le Mont Saint Michel,le cap Ferat ou la dune du Pila.
    Mais les complexes de supériorité qui fleurissent chez nombre de personnes,gènent ’l’Ensemble’ mais sont gages de diversité donc nécessaires et alimentent le débat,si le respect prévaut.
    Faites comme Pascale,Faut,trier !
    Jaurés,Louise Michel,Buonoreti,c’est de l’Ensemblisme(autre nom du communautalisme ou communisme).

    Maurice Le 24 juin 2015 à 08:02
       
    • « Les complexes de supériorité qui fleurissent chez nombre de personnes, gênent ’l’Ensemble’ mais sont gages de diversité donc nécessaires et alimentent le débat, si le respect prévaut. »

      Ah oui ? Quel bon nombre ?!?...
      Le respect, oui, s’il n’est pas synonyme d’autocensure et d’inhibitions de la pensée politique, qui reproduisent des divisions à notre corps défendant... Le respect, doublé comme vous dites souvent, « d’exigences » personnelles ?... Mais ces exigences NE PEUVENT ÊTRE QU’INTELLECTUELLES !...C’est cela le gage d’égalité entre contributeurs. Pas une sorte de moraline de Parti, faite "d’humilité" sado-maso (auto-)persécutrice et culpabilisatrice !...
      Il faudrait que vous commenciez, à ce propos, Maurice, par autre chose que du « - Faites ce que je dis, et pas ce que je fais !... »... Personne ici ne dispose d’on-ne-sait-quelle préséance idéologique !...
      Ne prenez surtout pas cette observation comme une tentative pour à nouveau vous énerver, mais :
      Lorsque par exemple quelqu’un comme le surnommé « Fulgence » m’a répond ceci le 7 mai à 09:46, sous l’article de Clémentine « Le Front national a ravalé sa façade, pas ses idées » : « Je me permets simplement de souligner que pour stopper la résistible ascension d’Arturo Ui, alias Jean-Marine, il faut autre chose que des truismes et des effets de manche, qu’il faut viser plus loin que les intérêts mesquins partidaires et d’ego et redonner à la majorité silencieuse, brisée, dégoutée et dépolitisée la conscience de son poids stratégique et la confiance en l’action et en l’avenir si incertain soit-il. »
      Et aussi... « Il y a urgence à TOUT remettre à plat à la gauche du PS quelles qu’en soient les conséquences pour les deux futures élections pièges à cons. C’est le peuple qu’il faut regagner à la nécessité de la lutte, à la conscience de son rôle et non sauver quelques postes et prébendes de politiciens voués au mieux à vider la mer des inégalités et injustices à la petite cuillère. »
      Est-ce que cela ne mérite pas d’être débattu SEREINEMENT et réellement ?... Au lieu de prendre la mouche et de lui envoyer à l’occasion de la « brute trotskiste » ?!?...Vous ne trouvez pas cela, pour le moins un peu court ?!?...
      ...Sous cet article, c’est bien à présent de fascisme et d’antifascisme dont il est question, et nous avons mieux à faire qu’à nous livrer à des polémiques fabriquées, sur la base d’inutiles procès d’intentions, perpétuellement diviseurs, alors que la discussion serait plus opportune, si elle explorait sérieusement la question de savoir quelle démocratie la plus large, efficace et utile, recréer aujourd’hui, en tenant compte de l’expérience historique, ... par exemple, à partir d’une phrase telle que celle-ci, des auteurs du livre dont il est question :
      « Il faut rappeler que le front unique, ce n’est pas d’abord une question électorale, cet aspect est même assez marginal chez Trotsky. Le Front unique, c’est assurer l’autodéfense face à la violence et aux initatives de l’extrême droite. On peut le résumer par sa formule : « Marcher séparément, frapper ensemble ». D’un certain point de vue, ce qu’on nous propose aujourd’hui c’est l’inverse : marcher ensemble, en réalité derrière le Parti socialiste, sans jamais frapper. »
      ...Ce serait donc quoi, en l’occurrence, « marcher ensemble », aujourd’hui ?

      Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 10:47
    •  
    • Je précise ceci :

      ...Qu’alimenter le débat, ce n’est pas alimenter un repas de Chronos, qui assimile un peu trop les choses vues et entendues, au nom du « kollectif », en faisant l’impasse sur les auteurs et leur propres trajectoires singulières...Les gens ont leurs histoires, et j’oserai dire, si bizarre que cela sonne..., que l’Histoire elle-même a son histoire !!!...
      Ça n’est pas si évident que ça, et oui, il faut une grande capacité, indissociablement, d’utopie et d’uchronie, pour en déterrer le fil rouge !...

      Il faut terriblement se méfier, ici, de la tyrannie de l’Urgence !...
      ...Voir en ce sens, Adorno :
      « Il est clair que l’appropriation ne se fait que par le temps et à travers le temps, mais ce n’est pas ici le temps mesuré, le temps qui peut se chronométrer. Ce n’est pas Chronos. Ni la chronométrie, ni la chronologie. C’est le temps vécu, c’est le temps de la durée qui, lui, est un temps hétérogène, là où le temps mesuré, spatialisé, est un temps homogène.
      (…) Le temps est rupture. Il est hétérogénéité. Il n’est pas linéaire, ni étale. Il est conflictuel.
      Le conflit est dans le temps, il n’est pas vraiment dans l’espace... »
      C’est ce qui me fait dire qu’IL NE FAUT PAS LISSER LES CONTRADICTIONS HISTORIQUES, par besoin de Bonne Conscience exclusiviste, qui RENVOIE l’interlocuteur dans l’Espace, pour ainsi dire dans le no mans ’land, dans le Non-Lieu d’à côté !...
      ...Il est de ce point de vue une considération de Lucien Sève, qui naguère m’a laissé, moi, rêveur, c’est l’idée (de mémoire) qu’on pourrait dire « qu’une contradiction antagonique se joue dans le temps, alors que la contradiction non-antagonique se manifeste dans l’espace »... Ca m’a laissé sur ma faim, ou ma « fin »..., si vous préférez, précisément là où je me mets à « délirer », à chapoter..., parce qu’insatisfait du point d’arrivée d’un raisonnement...
      Car ça m’a trop fait penser à cette terrible aptitude stalinoïde à EVACUER le conflit « adulte » et les contradictions, une fois prises juste pour des contrariétés !... En l’occurrence, à transformer arbitrairement l’antagonisme en non-antagonisme, et inversement à transformer le non-antagonisme en antagonisme, ce qui fait que l’on se donne le pouvoir de DECIDER EX CATHEDRA DU TRI A FAIRE ENTRE LE PETIT ET LE GRAND PROBLEME, En mettant l’essentiel au rang de l’accidentel, et vice versa !!!!...
      Car cela s’appelle se tromper d’adversaires !... Et pour commencer, c’est : du REFORMISME QUI S’IGNORE  !...
      J’y reviendrai...

      Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 12:01
  •  
  • « Celui qui contrôle le présent contrôle le passé,

    celui qui contrôle le passé contrôle l’avenir » (G. Orwell, 1984)

    Aubert,sois intellectuellement,rigoureux,vis à vis de toi,en premier lieu,appliques toi le principe d’Humilité,vis à vis de tes interlocuteurs,moi en premier.Apprends aussi des autres,sans chercher à leur clouer le bec parceque comme moi,ils sont au PCF,matrice d’Ensemble.
    Profitons de ta présence ,Aubert,pour évoquer avec de la distance,la chute du mur.Il y eut quelques grands absents aux célébrations grandioses de la chute du Mur,en Novembre 2014. On a eu droit pourtant à tout en images : Rostropovich et son violon, Jean-Paul II, Gorbatchev, Vaclav Havel, Walesa. On n’a guère remarqué que plusieurs personnages étaient - symboliquement - absents. Que sont devenus par exemple les souvenirs concernant Margareth Thatcher et Ronald Reagan ? Pas une seule mention, pas un seul mot d’hommage. Pourtant, à l’heure de distribuer les médailles du mérite, la chute du mur doit certainement beaucoup plus à l’ancien acteur de Hollywood et à la Dame de Fer qu’à tous les violoncellistes moscovites et dramaturges tchèques réunis.
    La guerre froide a été une vraie guerre. Avec des morts et des blessés, des vainqueurs et des vaincus. Elle n’a pas été gagnée a coups de concerts et de pièces de théâtre, mais avec des armes, des bombes et des morts. La chute du Mur n’est que la conclusion d’un long processus qui a commencé avec les interventions des « démocraties occidentales » dans la guerre civile russe dans les années 1920, la promotion des pires dictatures – « plutôt Hitler que le Front Populaire » – au mieux et très souvent- "plutôt Hitler que les soviets ouStaline"dans les années 30, une guerre mondiale qui, par une étrange coïncidence, semble avoir épargné bien plus l’Ouest que l’Est, une politique systématique de harcèlement économique et politique après 1945, et la destruction systématique chaque fois que cela était possible des régimes qui auraient pu se révéler « amis » du camp socialiste.
    Dans ce combat, la défense de la « liberté » fut un simple prétexte. Ceux qui aujourd’hui nous présentent l’échec du « socialisme réel » comme une évidence sont les mêmes qui ont fait tout leur possible pour assurer cet échec. Salvador Allende, président démocratiquement élu d’un Etat de droit fut renversé par les américains sans que le « monde libre » ne lève le petit doigt pour le défendre. Pendant ce temps, Franco, Pinochet, Videla, Somoza, Rheza Pahlavi, Suharto – et on pourrait poursuivre la liste longtemps – pouvaient compter dans les faits sur le soutien ou du moins sur la bienveillance occidentale, quelque fussent les protestations symboliques. Les « freedom fighters » d’Afghanistan, ceux-là mêmes – ironie de l’histoire – qui ont démoli les tours jumelles et qui aujourd’hui canardent nos soldats, ont fait bien plus pour faire tomber le Mur que Walesa ou Havel.
    Il est d’ailleurs révélateur qu’une fois le Mur tombé, on ait rapidement remisé au magasin des accessoires les belles idées d’un socialisme "à visage humain" et autres fadaises des intellectuels pour imposer un ultra-libéralisme sans partage. Caroline Fourest nous expliquait que la victoire de l’ultralibéralisme à l’Est n’était pas la conséquence obligée de la chute du Mur. Elle pêchait par naïveté : Si les « démocraties occidentales » ont dépensé tant d’argent et versé tant de sang pendant trois quarts de siècle, ce n’est pas pour permettre à Vaclav Havel de jouer ses pièces, ou à Rostropovitch de voyager. C’est Reagan et Thatcher qui ont gagné la guerre, pas les intellectuels et les hommes de bonne volonté. Une fois la victoire acquise, le vainqueur impose ses intérêts. Cela a été le cas dans toutes les guerres depuis l’antiquité. Pourquoi en irait-il autrement aujourd’hui ? Il fallait une bonne dose d’ingénuité pour croire que la victoire de Thatcher et Reagan allait amener à l’Est autre chose que le capitalisme le plus pur et dur.
    C’est cette histoire honteuse que l’on a soigneusement caché lors des célébrations de Berlin. L’événement historique, avec toutes les ambiguïtés et les contradictions, a disparu derrière une mise en scène destinée à l’édification des foules. Il fallait que la chute du Mur soit l’illustration de la victoire du Bien sur le Mal, de la Liberté contre le Totalitarisme. Cette illustration aurait été bien plus faible si l’on rappellait que le camp du Bien et de la Liberté comptait des représentants aussi distingués que Reagan ou Pinochet. Et c’est pourquoi la figure des « mercenaires impitoyables », les véritables artisans de la chute du Mur, a disparu derrière le violoncelle de Rostropovitch.
    Dans le Donbass,cette terrible histoire se répète et menace de nous entrainer vers de grands malheurs.

    Maurice Le 24 juin 2015 à 15:32
       
    • Est-il possible de sortir de toutes les pensées binaires ?

      Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 16:25
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    • Car toutes les sortes de pensées binaires, même améliorées ou cultivées, se ramènent à « de la discussion de Comptoir »..., soi-disant frappées au bon coin du bon sens...
      Voir Roland Barthes :
      « Nous ne voyons pas le pouvoir qui est dans la langue, parce que nous oublions que toute langue est un classement, et que tout classement est oppressif »
      Et encore : « La langue, comme performance de tout langage, n’est ni réactionnaire, ni progressiste ; elle est tout simplement : fasciste ; car le fascisme, ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire.
      Dès qu’elle est proférée, fût-ce dans l’intimité la plus profonde du sujet, la langue entre au service d’un pouvoir. »
      (roland barthes : leçon inaugurale de la chaire de sémiologie littéraire du Collège de France, prononcée le 7 janvier 1977)
      Cette obligation ne consiste-t-elle pas dans celle de « choisir son camp » (= autrement dit, ...de choisir son CON ( de "représentant" préféré ?!?...)
      ...En ce sens : ...dire qu’une barricade n’a que deux côté est une chose. Mais tout ramener à une Grande Histoire de Camps Politiques Opposés en est une autre... Oui, je considère qu’il faut revisiter TOUTES les formes de consciences de confort, toutes les formes de pensées simplistes, car potentiellement fascistoïdes, potentiellement aptes à « prêter le flanc », comme on dit, aux recompositions idéologiques que l’extrême droite s’évertue à opérer...

      Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 16:57
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  • Pour qui persiste à viser en pensée et en acte un au-delà du capitalisme,avec Aubert, est un sévère rappel du point où nous en sommes : 2,5 décennies bientôt après l’effondrement de ce qu’il était convenu d’appeler le socialisme réel, il y a loin encore jusqu’à une reconstruction dans les esprits de quelque socialisme idéel selon des vues tant soit peu communes. Quel type de propriété pour les moyens de production et d’échange ? Donnée hier pour archaïque et aujourd’hui à nouveau aiguë, cette question-bateau est à mon sens l’exemple même de la question-piège, non par ce qu’elle dit mais par ce qu’elle cache. Raison de plus pour la perquisitionner. La socialisation des moyens de production et d’échange était l’axiome du ci-devant " socialisme scientifique " tel qu’il a cristallisé il y a un siècle. Elle fut la transformation sociale décisive dont naquit le régime soviétique, l’espoir suprême des classes et nations prolétaires de tous les continents, mais aussi, traduite en étatisation, la matrice générale du despotisme bureaucratique stalinien et, sous cette forme, le vice irrémédiable qui conduisit à tant de drames et, pour finir, à l’écroulement d’un monde. Se situer sans faux-fuyant par rapport à cette question nodale m’apparaît comme l’une des manières obligées d’entrer dans le débat sur les " projets alternatifs contemporains", selon l’intitulé de notre atelier.
    Ce qui est mort à l’Est est proprement le socialisme, alors que conserve plus que jamais sa haute pertinence la visée communiste au sens fort que lui donnait Marx, sous condition de la repenser sans pusillanimité dans le contexte si neuf de notre époque. Thèse estimée intéressante par plusieurs, et néanmoins irrecevable avant tout autre examen à leurs yeux si elle doit conduire à décréter facultatif, voire caduc le principe même de la socialisation des moyens de production
    Que la question du mode de propriété des grands moyens de production et d’échange n’ait rien d’une vieille lune, il suffit pour s’en convaincre d’observer l’acharnement des grands détenteurs de capital à se battre aujourd’hui même sur tous les fronts, de l’économique à l’idéologique, pour faire de la généralisation maximale du statut privé l’ardente obligation de notre temps. On doutera à bon droit qu’ils déploient tant d’efforts pour un tel objectif s’il était aussi obsolète qu’on a beaucoup cherché à nous le faire croire. Il n’est du reste pas difficile de ressaisir l’ampleur pour le moins triple de l’enjeu.
    Rappel banal mais crucial : détenir comme bien privé le capital d’une entreprise, c’est être en position de s’en approprier le profit comme de décider des salaires, donc de maîtriser la répartition primaire des richesses créées. Ce qui est déjà énorme.
    Mais, du même coup, cela signifie bien davantage : c’est posséder - la propriété privée des uns ayant son direct envers dans la privation de propriété des autres - un pouvoir d’essence monarchique sur la production même, sur ses modalités, finalités et critères ; c’est être maître à bord de la gestion économique et financière de vastes biens sociaux - maître après Dieu, c’est-à-dire le marché - dans un rapport de puissance qui, sauf suffisante contre puissance collective, l’emporte inexorablement sur tout Etat, sur tout droit, sur toute éthique : nous en avons exemple chaque jour et partout. Là est le coeur de ce dont renaît sans cesse l’aspiration à un au-delà du capitalisme.D’autant qu’il y a plus encore : à partir de l’économie s’affirme l’inlassable candidature de la rentabilité privée à être érigée en norme de toute gestion - santé comme enseignement, recherche aussi bien que création -, en modèle universel de civilisation efficiente, c’est-à-dire à en corroder de façon radicale toutes les valeurs jusqu’à prétendre déterminer le prix d’une vie humaine ou de la planète Terre elle-même. Ce totalitarisme-là n’est pas le moins glaçant. A ces divers titres, toute visée émancipatrice est vouée au conflit frontal avec l’impudence du capital privé, qu’il naisse dans la plus sauvage des rapines, comme aujourd’hui même du Brésil à l’Indonésie, ou qu’il prospère dans la bienséance démocratique par l’arraisonnement sans phrase de la plus-value collectivement produite dont il est pour l’essentiel constitué, ce qui rend manifeste la nature usurpatrice de son mode d’appropriation. Comme de plus le capital, sous le double effet des mutations technologiques qu’il accélère et des contradictions nouvelles qui en résultent, est en proie à une crise historique d’efficacité dont sa fuite en avant vers la mondialisation ne fait que généraliser les ravages, nul doute que le dépassement de son principe même ne soit la grande affaire à l’ordre du jour du prochain siècle. Que ce point soit donc bien clair : opposer comme je le fais à une alternative socialiste de pauvre crédibilité une visée communiste de riche perspective, ce n’est en tout cas pas décréter forclose la question du mode de propriété des grands moyens de production et d’échange, et, sans préjuger de la solution à y apporter en tel cas à tel moment donnés, ce n’est pas davantage mésestimer les vastes mérites potentiels d’une appropriation publique digne de ce nom. Mon point de vue critique - très critique - en cette affaire consiste à juger, comme on va voir, non pas du tout excessif le projet d’une socialisation réelle mais indigente, prohibitivement indigente la croyance à la vertu décisive d’un pur transfert de propriété autour de quoi s’est construit, très au-dessous de Marx, le concept traditionnel du socialisme.
    De la propriété étatique à une maîtrise collective.
    Interrogeons en effet de manière un peu attentive, à partir des leçons d’hier et des réalités d’aujourd’hui, chacun des termes de cette formule canonique : propriété sociale des moyens de production. Propriété, d’abord.comme le relevait déjà Marx dans la Préface de la Contribution en 1859, les rapports de propriété ne sont que " l’expression juridique " des rapports de production. La possession effective des moyens de production ne se réduit aucunement à leur propriété nominale, quoique cette dernière ne soit bien entendu pas secondaire. Elle implique maintes autres conditions non pas simplement juridiques mais factuelles, en particulier la capacité de gestion, qui présuppose elle-même l’accès réel à l’information économique et financière, au savoir théorique et pratique, au partage de l’expérience, etc. Déprivatiser la propriété de moyens de production peut être accompli d’un coup par un pouvoir politique ; socialiser la capacité de gestion est chose autrement longue et complexe. Dans les années cinquante, Georges Cogniot expliquait à qui voulait l’entendre que si en URSS le pouvoir économique était aussi concentré en haut, il fallait l’imputer non point à quelque volonté politique - en quoi il (se) racontait des histoires - mais à un retard historique - en quoi il n’avait pas tort : il y a déjà dans ce pays, disait-il, des dizaines de milliers de grandes entreprises et, pour l’heure encore, beaucoup moins de gestionnaires capables. Mais la pensée socialiste traditionnelle n’a pas vraiment assimilé la différence si profonde entre titres de propriété et conditions d’appropriation, donc de maîtrise réelles.
    A partir du moment où le capitalisme entrait dans un nouveau stade, pressenti par Marx, où se sont foncièrement différenciées tout en nouant de nouveaux rapports dialectiques les fonctions du financement et du management, donc aussi ces classes que constituent les propriétaires de capital et les cadres de gestion, il devenait bien moins possible encore d’échapper aux logiques du système par un simple changement de propriétaire. C’est ce qu’auraient dû rendre visible à tous, par exemple, les nationalisations françaises de 1981 : après comme avant, quant à l’essentiel, mêmes hommes, même culture, mêmes critères et en fin de compte même gestion pour les entreprises industrielles et bancaires concernées. Duménil et Lévy concluent quant à eux que " l’émergence du capitalisme managérial au début du siècle sonna probablement le glas du passage au socialisme tel que l’imaginaient les révolutionnaires du XIXe siècle " . Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que la déprivatisation des moyens de production ne peut plus être tenue en elle-même pour la condition décisive de dépassement du capitalisme. A l’évidence, tous les orphelins du ci-devant socialisme scientifique ne l’ont pas encore bien compris. Pour opérer un tel dépassement, il ne faut rien de moins qu’une révolution dans l’accès social à la gestion. Paraphrasant Lénine, on pourrait dire : il faut que chaque salarié apprenne à gouverner l’entreprise. C’est l’affaire d’une époque historique entière. Raison de plus pour commencer de suite à s’y attaquer.

    Or, non seulement une étatisation des moyens de production ne met pas fin au dessaisissement des producteurs mais, tout l’expérience du siècle est là pour l’attester, elle n’institue en dernière analyse que des variantes insidieuses ou brutales à la domination continuée du capital sur les hommes. Loin d’être la supposée " première phase " de l’avancée vers le communisme, autrement dit vers le dépassement des grandes aliénations historiques, le socialisme étatique lui tourne positivement le dos, et c’est la raison même de son avortement. Voilà pourquoi je tiens quant à moi pour crucial de voir que ce qui est mort à l’Est n’est pas du tout le communisme, au sens conceptuel du mot, mais bel et bien le socialisme dans son acception consacrée.
    L’ouverture du capital aux salariés et à d’autres partenaires sociaux.C’est donc l’évidence en un tout autre sens qu’il faut prendre l’idée d’une appropriation sociale. Elle implique d’abord ouverture du capital aux salariés de l’entreprise, et ce jusqu’à des niveaux élevés donnant corps à leur pouvoir d’intervenir dans toutes les décisions de gestion. Ouverture aussi à d’autres partenaires sociaux effectifs des activités en cause - associations d’usagers, collectivités locales, entreprises et services concernés, sans en exclure le privé, car tant qu’il y aura marché capitaliste - et ce sera pour le moins une longue période -, c’est aussi à l’intérieur même d’une mixité conflictuelle que les impératifs d’ordre public devront tendre à prévaloir sur les exigences de profit privé. Mais plaçons-nous dans la perspective générale d’une socialisation de cette sorte : il est bien clair que, de maintes manières, l’Etat y sera présent et à titre tendanciellement prépondérant, que ce soit par sa participation directe, légitimée notamment par la dimension nationale des enjeux, ou par celle d’investisseurs institutionnels, d’entreprises et de services publics, de collectivités territoriales. La question du contenu de l’intervention étatique dans la sphère qui nous occupe ici est donc incontournable. Comment ne pas voir dès lors que si l’Etat demeure ce qu’il est massivement aujourd’hui, une formidable machine à confisquer tout pouvoir réel par la délégation généralisée, la centralité bureaucratique, la verticalité administrative, l’autonomie aliénée à l’échelle nationale et désormais supranationale, nulle socialisation n’est envisageable autre que purement formelle ? Ainsi, de quelque façon que l’on considère les choses, aller vers une appropriation effectivement sociale de l’appareil productif n’exige rien de moins que de désétatiser l’Etat lui-même au bénéfice des citoyens mis en possession d’un pouvoir politique de nouveau type. Constatons-le ici une deuxième fois : on a cru aller au fond des choses en voulant changer le mode de propriété des moyens de production, mais un tel changement ne peut prendre effet réel que par des transformations d’un tout autre ordre et, à y bien regarder, d’une tout autre portée.Moyens de production et fins des activités sociales.Troisième aspect du problème : propriété sociale des moyens de production. Voilà qui date clairement la conception socialiste ici discutée. Du temps de Marx, et encore peut-être au milieu de notre siècle, la base de toute vie sociale pouvait en effet passer pour se résumer à la sphère de la production et de ses moyens objectifs. Aujourd’hui encore d’ailleurs, en dépit de ce qu’annonçait naguère une idéologie débile, nous ne vivons pas du tout l’évanouissement de la production matérielle sous la circulation de l’immatériel : l’un ne pourra jamais aller sans l’autre. Mais ce qui est notoire, et crucial pour notre propos, est que l’essor accéléré des technologies et de la productivité réelle fait désormais fortement prédominer sur la production des biens les activités de service, c’est-à-dire l’ensemble des prestations concernant les rapports des hommes non avec les choses mais avec eux-mêmes. Voilà qui introduit des bouleversements dans la question qui nous occupe, et notamment un. Si la mise en cause socialiste du capitalisme s’était centrée sur la propriété des moyens de production, c’est qu’on se donnait avant tout pour tâche d’en finir avec l’exploitation de classe, dont cette propriété apparaissait comme la condition la plus immédiate. Or, l’effet produit par la croissante mainmise du capital sur le pilotage des activités de service, spécialement les non marchandes, consiste en général fort peu, sinon pas du tout, en ce qu’il étend son exploitation à de nouvelles catégories salariées, mais bien davantage en ce qu’il altère pour tous, de façon tendanciellement radicale, les finalités même des services en cause, rabattues sous la loi de profitabilité maximale - aliénation foncière rendue possible beaucoup moins d’ailleurs par la propriété de dispositifs matériels, parfois même inexistants, que par l’imposition de logiques financières qui, telles le ver dans le fruit, vident littéralement de leur sens propre les activités qu’elles pénètrent - compétitions sportives ou politiques de santé, stratégies de recherche scientifique ou de couverture médiatique.
    Ce qui saute ici aux yeux est d’abord le caractère largement inopérant en la matière d’une appropriation sociale des moyens de production. Mais plus largement, c’est aussi le fait qu’à se focaliser sur la question des moyens de production, tenue pour la clef de l’exploitation de classe, la ci-devant pensée socialiste s’est vouée à méconnaître ce qui était déjà hier et qui constitue toujours davantage aujourd’hui une dimension décisive de toute transformation sociale profonde : celle des fins des grandes activités sociales de service, de leur cancéreuse aliénation présente par les critères du capital, de leur indispensable (ré)appropriation par les citoyens associés. Il s’agit ici de plus qu’une classe : est en jeu la teneur en humanité de notre civilisation de demain, si ce demain doit être encore humainement vivable. L’un des aspects les plus inexpiables de la faillite des socialismes en ce siècle n’est-il pas qu’ait été autant escroquée la confiance en ces désaliénations essentielles dont il devait être synonyme ? A l’espoir non absurde d’un monde incomparablement plus humain n’a guère répondu au bout du compte que le stalinisme à l’Est et le mollettisme à l’Ouest. Or, à y réfléchir, cette banqueroute anthropologique n’était-elle pas, jusqu’à un certain point inscrite déjà dans la croyance, si peu marxienne pourtant, qu’on pourrait sortir de la préhistoire rien qu’en réglant des questions de moyens - fussent-ils aussi considérables que ceux de la production moderne ? Voilà ce que l’irrésistible montée des services, c’est-à-dire de la " production des hommes ", nous impose sauf erreur de comprendre : en même temps que démonopoliser la gestion et désétatiser l’Etat, il faut organiser en grand des processus de délibération citoyenne sur les finalités humaines des grandes activités sociales et leur conférer une portée de régulation publique sous des formes à inventer. D’où sont d’ailleurs à attendre des effets potentiellement majeurs non seulement sur le droit et la politique, mais sur la production matérielle elle-même - on commence à le voir avec l’écologie, à l’entrevoir avec la bioéthique. A qui suspecterait ici une concession à l’idéalisme historique, je répondrais en paraphrasant Marx : les valeurs aussi deviennent des forces matérielles lorsqu’elles s’emparent massivement des personnes.
    Pour ceux donc qui veulent repenser le dépassement du capitalisme en des termes aujourd’hui plus plausibles, il me semble qu’il y a matière à réfléchir durant ces trois séries de remarques. Encore sont- elles loin d’épuiser la question. Elles le peuvent d’autant moins que la question est loin elle-même d’être une formulation exhaustive de son propre problème - et c’est même l’une de ses plus évidentes faiblesses. Vouloir changer le type de propriété des moyens de production, c’est se proposer de transformer le mode de production en entier. Et comment le transformer dans son entier en se focalisant sur la seule propriété des seuls moyens de production, quand une transmutation aussi globale pose au premier chef tant d’autres questions, comme celle de la division du travail, à l’heure où la pleine utilisation des possibilités offertes par les nouvelles technologies exigerait sa recomposition radicale ; celle du temps de travail, alors que les fantastiques progrès de la productivité réelle permettent et appellent plus que sa réduction massive : sa redéfinition qualitative dans de tout autres dialectiques avec le temps libre ; celle du marché du travail et donc du salariat, entré aujourd’hui en si manifeste crise historique dans son principe capitaliste, qui est de traiter en pure marchandise la force humaine de travail, de savoir, d’initiative, quand le développement multiple de tous les individus est aussi bien moyen premier d’un autre monde que seule fin en soi de l’histoire ; celle encore de la désimbrication du marché d’avec le capitalisme, pour déployer, dans le cadre même des régulations marchandes, tant de démarches contrecarrées par la course au profit, telles la généralisation du partage des coûts, la recherche de coopérations non prédatrices à l’échelle nationale comme internationale, l’inclusion systématique dans les évaluations internes des externalités sociales comme des missions publiques et, sur cette lancée, la multiplication inventive de secteurs non marchands où puissent s’expérimenter de nouvelles logiques de développement humainement efficaces. Quand on mesure l’ampleur de tels problèmes, on perçoit mieux aussi à quel point la question rituelle de la propriété des moyens de production est non pas du tout caduque, je le répète, mais stérile si l’on persiste à la poser tant soit peu à part de tant d’autres dont dépend en fin de compte toute chance d’avancer vers une authentique appropriation sociale de leurs conditions et contenus d’existence par les acteurs humains.
    Une question demeure,Aubert lorsque vous écrivez gardez vous les yeux ouverts ?

    Maurice Le 24 juin 2015 à 18:16
       
    • J’écris pour penser, disait Aragon.
      Et aussi : je ne peux plus dormir lorsque les autres dorment, et tout ce que je pense est dans mon insomnie.

      Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 18:26
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