Accueil > Idées | Entretien par Guillaume Liégard | 18 juin 2015

« Le fascisme, c’est le parti du désespoir contre-révolutionnaire, disait Trotsky »

Syllepse publie un recueil de textes de Léon Trotsky, Contre le fascisme (1922-1940). Deux de ses coordonnateurs, Robi Morder et Patrick Silberstein, expliquent la démarche et l’intérêt de considérer l’époque actuelle à la lumière de ces textes.

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Agrémenté d’une postface d’Ernest Mandel sur La théorie du fascisme chez Léon Trotsky et d’une introduction érudite, Contre le fascisme (1922-1940) est une somme de 81 textes et plus de 900 pages qui comporte aussi plusieurs index (noms, géographique, thématique) facilitent une lecture utile en ces temps troublés. Car derrière le détour par les années 1920 et 1930, c’est bien d’une lecture pour le temps présent qu’il s’agit.

Regards. Pourquoi ce livre et pourquoi avoir sous-titré votre introduction "Dernière station avant l’abattoir" ?

Au départ, il s’agissait de rééditer Comment vaincre le fascisme [1] de Léon Trotsky, livre épuisé. Et puis au fil de nos recherches, au regard de l’actualité de la question, de la lecture d’aujourd’hui qui est la nôtre, nous avons été "emportés" dans le projet. Au final, nous avons regroupé 81 textes qui recoupent la quasi totalité de ceux de Trotsky sur le fascisme et l’essentiel de ceux sur la guerre. Le livre aurait d’ailleurs pu s’intituler Contre Le fascisme et la guerre. Notre projet, c’est évidemment de mettre en relief ce qui peut nous servir aujourd’hui dans l’ensemble des réflexions, des intuitions et des théorisations de Trotsky sur le fascisme. D’un certain côté, il s’agit aussi de sortir Trotsky du "trotskysme"…

« Nous ne sommes plus dans les années 1930, et alors ? Le fascisme est un hydre-caméléon qui est bien de retour »

Vous insistez sur la nécessité d’une définition minimum du fasciste, qu’entendez-vous par là ?

C’est une recommandation de Zeev Sternhell qui indique qu’il faut dégager le dénominateur commun des mouvements se réclamant du fascisme, mais aussi de ceux qui, tout en déclinant la référence, font bel et bien partie de la famille. Disons qu’avec la concordance d’une solution autoritaire, d’une mise en avant du nationalisme et de la xénophobie, du recours à un homme providentiel et adossé à des partis "de masse" (dans les conditions d’aujourd’hui) capable de mobiliser les perdus et les exclus pour les dresser les uns contre les autres, on a des éléments communs à tous les fascismes.
Il y a une autre constance, c’est la volonté d’écraser toutes les formes d’organisation populaire autonome et la liquidation de toutes les libertés. Les fascismes de notre temps, comme ceux d’hier, sont capables de rencontrer des groupes humains auxquels ils redonnent un sens, un "but final", est une réalité. C’est déjà ce qu’il y a chez Trotsky en 1933, quand il écrit : « Le désespoir les a fait se dresser, le fascisme leur a donné un drapeau. »

Peut-on comparer l’époque actuelle et les années trente ?

Bien sûr, les formations sociales ont changé, la "poussière humaine" que les fascismes d’hier agrégeaient étaient la petite bourgeoisie ruinée, les armées de chômeurs, des jeunes et des intellectuels, des paysans dont la perspective était celle d’une prolétarisation dans la misère. Ces couches ont en partie disparu, en tout cas leur place s’est fortement réduite dans une société où les salariés constituent près de 90% de la population active. Mais dans des conditions nouvelles, la crainte du déclassement existe dans l’encadrement, chez les jeunes, chez les salariés dans les zones "rurbaines", dans les petites entreprises. La précarité fragilise. Et si le prolétariat moderne, le salariat dirons-nous, n’est pas capable d’agréger toutes ses composantes autour d’un projet et de pratiques progressistes, ce sera l’utopie réactionnaire, nationaliste, xénophobe qui apparaîtra alors comme "réaliste".
Il faut également se méfier des définitions tellement strictes qu’elles n’ont plus aucune fonctionnalité. Bien sûr que nous ne sommes plus dans les années 1930, et alors ? Le fascisme est un hydre-caméléon qui est bien de retour.

« La victoire du fascisme est le fruit de la défaite du mouvement ouvrier »

La victoire fasciste des années 1930 et parfois analysée comme une réponse à la menace révolutionnaire, rien de tout cela aujourd’hui ?

Cette objection, souvent entendue, appelle au moins deux remarques. En premier lieu, cette approche traduit une vision instrumentale du fascisme, comme s’il n’était que la simple projection de la volonté de la classe dominante. La solution fasciste est plutôt un processus au cours duquel les partis bourgeois traditionnels font finalement appel aux partis fascistes, "en dernier recours" tout en s’en méfiant et en croyant pouvoir les domestiquer, mais, comme le disait Trotsky, les fascistes sont des « nuées de criquets affamés et voraces » qui exigent et obtiennent tout le pouvoir. L’arrivée des fascistes italiens et des nazis allemands au pouvoir s’est faite dans le cadre de coalitions avec la droite "classique". Dans l’ensemble, les observateurs de l’époque étaient convaincus que les partis de la droite traditionnelle et les institutions maintiendraient en laisse les partis fascistes.

Alors que leur dynamique était à la fois plus puissante et plus large ?

La deuxième remarque, c’est justement que la victoire du fascisme n’est absolument pas la réponse bourgeoise à une victoire possible du mouvement ouvrier. Au contraire, c’est le fruit de la défaite de ce dernier. Le fascisme c’est le parti du « désespoir contre-révolutionnaire », disait Trotsky. Pour Clara Zetkin [2], en 1923, le fascisme était une « punition historique » infligée au prolétariat pour avoir échoué à parachever la Révolution russe. Si l’on considère l’ensemble des situations révolutionnaires épuisées ou manquées au cours des cinquante dernières années, il y a alors des raisons de s’inquiéter et de redouter que faute d’une solution émancipatrice, on assiste au retour de nouvelles barbaries. La montée en France du Front national en est une illustration. Il y en a beaucoup d’autres.

« Trotsky a relevé la dimension plébéienne et de masse du fascisme »

Et le programme dans tout cela ?

Le flou des propositions, les contradictions, le mélange de propositions libérales et anticapitalistes sont consubstantielles au fascisme. Déjà dans les années 1930, Pierre Naville disait qu’il ne servait à rien de passer son temps à « démontrer » que le programme de François de La Rocque était inexistant. Trotsky le dit à plusieurs reprises en examinant les événements du février 1934. C’est justement l’absence de programme défini qui fait sa force. Wilhelm Reich [3] avec qui Trotsky a eu une correspondance dans les années 1930, avait noté que lorsqu’il posait la question sur le caractère intenable du programme nazi à force d’être contradictoire, il obtenait alors la réponse suivante : « Hitler trouvera la solution. »

Le nazisme s’est nourri de contradictions qui lui ont permis de recruter ses soutiens dans différentes classes sociales ?

Le parti d’Hitler, le NSDAP, est capable à la fois de toucher des fonds des milieux d’affaires allemands et de soutenir la grève des traminots à Berlin en 1932. Le KPD, sous la houlette de Moscou a longtemps considéré le mouvement hitlérien comme une "simple" forme de réaction capitaliste, un instrument commode créé par et pour la grande bourgeoisie. Trotsky au contraire, en observant les caractéristiques propres au fascisme, a relevé la dimension plébéienne et de masse du fascisme. Ce dernier est non seulement issu de la petite bourgeoisie mais aussi du prolétariat. Les mouvements fascistes sont capables d’une grande souplesse tactique, pour ne pas dire de contorsions étonnantes. Quand Marine Le Pen soutient Syriza en Grèce contre « le totalitarisme de l’Union européenne et de ses complices, les marchés financiers », cela provoque une certaine stupeur au sein même des troupes frontistes.

« N’y a-t-il pas dans la société française une base pour un fascisme français ? »

Dans votre introduction vous revenez sur une partie de l’historiographie française qui fait du fascisme un phénomène extérieur à la France.

Oui, nous sommes face à un mythe français, celui d’une extériorité du fascisme à la Française. René Rémond, qui fait autorité sur les historiens des droites françaises, ne voit dans les Croix de feu du colonel de La Rocque qu’une forme de « scoutisme politique pour grandes personnes ». Il ne perçoit dans le 6 février 34 que l’échec des ligues et ne voit pas qu’elles ont poussé le pouvoir vers la droite, vers le bonapartisme, dit Trotsky. Face à cette idée de l’immunité française au fascisme, les travaux d’historiens comme Robert Paxton ou Zeev Sternhell ont eu bien du mal à émerger. On pourrait ironiser avec Étienne Balibar quand il dit que « le fascisme est donc quelque chose qu’on voit plutôt chez les autres ». Mais ce débat historiographique n’est pas sans conséquences politiques. Sur le passé d’abord, est-ce que le régime de Vichy n’a été qu’un furoncle sur un corps sain ou n’y a-t-il pas plutôt dans la société française une base pour un fascisme français ? Si Trotsky n’a pu aller plus loin dans son analyse, Paxton montre bien la dynamique de Vichy dès aout 1940. Le principal problème, au plan politique, c’est que cette conception de l’étanchéité supposée au fascisme ne permet pas de comprendre l’irruption, le développement et la nature du Front national, au delà de ses péripéties familiales.

Trotsky insiste beaucoup sur le front unique comme moyen d’action contre le fascisme…

Il faut rappeler que le front unique, ce n’est pas d’abord une question électorale, cet aspect est même assez marginal chez Trotsky. Le Front unique, c’est assurer l’autodéfense face à la violence et aux initatives de l’extrême droite. On peut le résumer par sa formule : « Marcher séparément, frapper ensemble ». D’un certain point de vue, ce qu’on nous propose aujourd’hui c’est l’inverse : marcher ensemble, en réalité derrière le Parti socialiste, sans jamais frapper.

« Tout de suite, Trotsky perçoit la monstruosité et la spécificité du nazisme »

Vous concluez ce recueil par les textes sur la guerre…

Pour Trotsky, l’articulation entre la victoire du nazisme et la perspective d’un nouveau conflit déchirant l’Europe est presque immédiate. Dès novembre 1933, il écrit que « le temps nécessaire à l’armement de l’Allemagne détermine le délai qui sépare d’une nouvelle catastrophe européenne ». Tout de suite, il perçoit la monstruosité et la spécificité du nazisme : « Le fascisme allemand fera apparaître son aîné italien comme quasiment humain. » Et surtout, il perçoit la place et la spécificité de l’antisémitisme nazi et annonce en 1938 « le prochain développement de la réaction mondiale implique avec certitude l’extermination physique des Juifs ».
Tout au long des années 1930, sa pensée évolue en particulier sur la question de la démocratie et des droits démocratiques. Ceux-ci ne sont pas pour lui seulement formels, ce qui est souvent une manière de dire qu’il n’y a pas grand chose à garder, mais au contraire essentiels et doivent être défendus de manière inconditionnelle. Une idée centrale apparaît alors chez lui : « Les ouvriers ont construit à l’intérieur de la démocratie bourgeoise, en l’utilisant tout en luttant contre elle, leurs bastions, leurs bases, leurs foyers de démocratie prolétarienne. » Si sa conception du front unique est celle d’une totale indépendance de classe, la défense des droits démocratiques se fait sans préalable sur la nature sociale ou politique des organisations. Par exemple, face au nazisme, il défend les Églises allemandes et le droit des croyants « à consommer leur opium ». Il suggère aussi que les organisations ouvrières protègent la franc-maçonnerie. Sa conception dans une lettre de 1935 peut ainsi être argumentée : « Ce dont il s’agit avant tout, c’est d’une question de liberté de conscience, donc d’égalité des droits ». Ce qui l’intéresse, c’est comment traduire ses positions par des questions pratiques. Dans ces situations, il ne faut pas faire confiance à la police et à l’État et encore moins s’en remettre à eux. Pour faire une analogie, après le 7 janvier 2015, est-ce que les forces de gauche n’auraient pas dû proposer aux organisations de croyants d’assurer la sécurité des mosquées, des synagogues ?

Une position qui l’amène à des conclusions sur l’intervention des États-Unis en août 1940...

Oui tout à fait, nous publions une lettre du 13 août 1940, c’est-à-dire à la toute fin de sa vie [4], qui s’intitule Comment défendre la démocratie. Il dit explicitement qu’il faut renforcer la campagne contre les tendances pacifistes et que les États-Unis doivent intervenir sur le terrain européen et qu’il faut accompagner les masses sous les drapeaux tout en développant une « politique militaire prolétarienne » autonome…

Contre le fascisme 1922-1940 , Léon Trotsky, Syllepse, 25 euros.

Notes

[1Léon Trotsky, Comment vaincre le fascisme (Écrits sur l’Allemagne 1930-1933), Éditions de la Passion, 1982.

[2Clara Zetkin (1857-1933), figure historique du féminisme, membre du SPD puis des Spartakistes et enfin du KPD.

[3Wilhelm Reich (1897-1957), exclu du KPD en 1933, auteur notamment de La psychologie de masse du fascisme.

[4Trotsky a été assassiné le 21 août 1940 soit une semaine plus tard.

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  • Deux messages historiques :

    « Regardez travailler les bâtisseurs de ruines
    Ils sont riches patients ordonnés noirs et bêtes
    Mais ils font de leur mieux pour être seuls sur cette terre
    Ils sont au bord de l’homme et le comblent d’ordures
    Ils plient au ras du sol des palais sans cervelle.

    On s’habitue à tout
    Sauf à ces oiseaux de plomb
    Sauf à leur haine de ce qui brille
    Sauf à leur céder la place.... »

    Paul Eluard

    Et :
    « Le sommeil de la raison engendre des monstres » (Goya).

    (...Soit dit en passant, derrière le leitmotiv des monstres qui se nourrissent de l’entre-deux qui sépare le déclin de l’ancien l’apparition du nouveau, je précise ce point de vocabulaire : le mot régulièrement employé à ce propos, c’est de « ne pas nous laisser « sidérer » par les monstres... » Sauf que l’on peut être POSITIVEMENT sidéré, par un beau paysage, par telle ou telle expression artistique « parfaite » en son genre...Ici, je préfère dire « méduser »... C’est le regard de Méduse, qui pétrifie... ...Et donc non ! « Nous » ne nous laisserons pas méduser, par quelque fascisme que ce soit, au terme d’une épidémie d’inhibitions des capacités relationnelles !...)
    .
    Nonobstant des différences de degrés, ...n’y a-t-il pas des constances, « d’essence fasciste » ?...
    ...L’utopie réactionnaire, qui peut rompre les digues, ...une hydre caméléon protéiforme, viriliste et tordue, qui se met à ressouder, à cimenter « les désespérés » - ou plutôt les impuissants qui « ne bandent plus » pour une espérance digne de ce nom -, ne consiste-t-elle pas toujours et toujours à s’en prendre à cette « gueuse » de République ?!?... Du moins à sa possible et nécessaire ACTUALISATION ?... En la RETOURNANT éventuellement en son contraire, au nom de « Valeurs » et de « Principes » figés, « conservés dans le formel », ...invertis et pervertis ?!?... Pour ainsi dire : ...par pulsion sodomite punitive ?... Voir les réactions caractéristiques au moment du Premier Mai, à l’apparition des quelques Femmens au balcon..., provoquant le FN... : quelques « ravis de la queue rêche » n’ont-ils pas eu ce genre d’expression choisie qu’ils allaient les enculer avec des bâtons cloutés ?!?... Pourtant n’était-ce pas le moment de montrer que de telles belles apparitions vivantes valaient mieux que « les appâts rances » trompeuses du FN ?
    Car derrière les apparences idéologiques des extrêmes droites... : qu’y a-t-il ? Rien ! Du néant !...
    .
    1/- Sur le point avéré que « Le flou des propositions, les contradictions, le mélange de propositions libérales et anticapitalistes sont consubstantielles au fascisme. », n’est-ce pas une manière de dire qu’il s’agirait d’un comble de pourrissement politique, à force de NE VOULOIR JAMAIS NI POUVOIR JAMAIS SORTIR PAR LE HAUT DE L’AMBIGUITE, puisque ce serait forcément « au détriment » des Belles Personnes ?!?.., Du coup, n’en vient-on pas à chuter et baigner dans un stade, où l’on aura franchi le mur des cons ...de la totale ambivalence glaçante et assumée ?!?... Autrement dit, ne sombrons-nous pas dans un culte du VIDE, permettant le pire des opportunismes sans scrupule ? Où dire une chose est son contraire n’a plus aucune importance ?
    Il est très impressionnant de lire que : « Le parti d’Hitler, le NSDAP » fut « capable à la fois de toucher des fonds des milieux d’affaires allemands et de soutenir la grève des traminots à Berlin en 1932. » !... Car ; « Les mouvements fascistes sont capables d’une grande souplesse tactique, pour ne pas dire de contorsions étonnantes. »
    .
    2/- ...Maintenant, sur le point de la banalisation du fascisme : si « René Rémond, qui fait autorité sur les historiens des droites françaises » n’a vu « dans les Croix de feu du colonel de La Rocque qu’une forme de « scoutisme politique pour grandes personnes ». », n’y a-t-il pas aujourd’hui, de nouvelles formes de banalisation ? Il me semble par exemple que Lionel Jospin (pourtant ancien trotskiste !) a eu sa partition dans cette petite musique, ne faisant du FN actuel qu’un simple avatar de « populisme »... A vérifier...
    Evidemment, dans ce débat-là, il n’est pas évident de marcher sur la ligne de crête. A chevaucher les « principes antifascistes », on peut tout aussi bien sous-estimer les dangers que, en passant de l’autre côté du cheval, les surestimer ! Et en faire, du coup, un sujet qui en ferait oublier d’autres... Où est la juste mesure ?

    Aubert S. Le 18 juin 2015 à 16:06
       
    • Correctif dans la citation d’Eluard :
      " ils font de leur mieux pour être seuls sur terre",
      et non "...sur cette terre".

      Aubert S. Le 18 juin 2015 à 16:13
  •  
  • Trotsky, le bourreau des marins de Kronstatd, le fusilleur de grévistes, la belle référence que voilà !

    Auxi Le 18 juin 2015 à 16:15
  •  
  • Personnellement, je les plains (les racistes actuels) de vivre en permanence dans la peur de l’autre, la peur de l’agression, la peur du déclassement, la peur qui justifie toutes les formes de violence.
    Franchement ca doit être très fatiguant au quotidien d’avoir peur dès qu’on passe à côté d’un "lui il doit pas être de chez nous", d’avoir peur d’un bout de tissu, d’avoir peur de faire confiance.
    Le pire dans tout ça, c’est que certains comprennent très bien ces peurs et s’en servent pour les mener par le bout du nez.
    D’autres la sentent dans la rue et s’en servent car ils sont alors sûrs de leur effet renforçant ainsi leur lecture du monde...
    Ne plus avoir peur c’est aussi faire un choix.
    Je dis cela car dans mon adolescence j’ai été plutôt bercée dans une ambiance de racisme latent et j’ai ressenti ces peurs. Jusqu’au jour où je me suis demandé si j’allais avoir peur toute ma vie... et si la vie c’était vraiment ça ?
    Alors je vous le conseille, "amis" racistes, cessez d’avoir peur chaque fois qu’on vous aborde dans la rue (ou cessez de faire de la muscu pour lutter contre cette peur...), et surtout dites vous que votre voisin, votre cousin souhaite la même chose que vous : un avenir correct pour lui et ses enfants.
    Vous verrez, la vie est alors bien plus fun, pleine de rencontres et de surprises

    Flutiot Le 18 juin 2015 à 17:09
       
    • Merci, Flutiot, de ce message, comme on dit, rafraîchissant...

      Aubert S. Le 18 juin 2015 à 18:22
    •  
    • La peur, c’est en particulier celle du déclassement. Curieusement, il est une idée courante qui se retourne alors comme un gant : à savoir l’idée qu’en se considérant dans une certaine situation sociale, on peut se payer le luxe de se dire « qu’il y a plus malheureux que nous... »,
      ...Et dès lors que l’on se sentirait insécurisé, l’individualisme s’exacerbant, ...celle-ci vient à s’inverser en désir pour le moins inamical qu’il faut absolument, quelque part, individus ou peuples, ...qu’il y ait plus malheureux que nous, pour que l’on garde des avantages relatifs !... Cela montre l’aliénation capitaliste, qui nous intoxique avec une idéologie concurrentielle, faite de comparaisons sans raison... (Du moins la raison « du plus fort »...)
      En fait, « le bon temps des colonies », soutenu aussi bien par sabre que goupillon, légionnaires que missionnaires, s’est éloigné, où d’aucuns pouvaient détester suffisamment l’humanité « en mal de développement », y compris pour s’entretenir dans l’illusion qu’il l’aimait...
      Aucun grand récit n’est-il plus possible ? C’est, en tout cas, dans le principe du chacun pour soi, et de la guerre de tous contre tous, que de nouvelles figures grimaçantes « d’unité » mortifère se reconstituent... Qui ne savent que jouer, sélectivement, des PARTIES de l’humanité contre le tout !... Ce qui n’est pas vraiment un bon calcul.

      Aubert Sikirdji Le 19 juin 2015 à 15:56
    •  
    • Et puis, il est une dimension que je veux souligner, qui fait, Flutiot, que l’apprécie tant la qualité de ton post : tu parles. Tu y parles amicalement même aux racistes, à la tendance raciste identitaire et "mêmiste"... Comme à tous autres... La "diversité" humaine, oui, elle s’éprouve et se connaît par la parole. "Notre idéal" est un monde de paroles, non de spectacle marchand !... Il est singulièrement insuffisant de s’imaginer un anti-racisme simplement "Bénéton"... Le but n’est pas seulement de réunir des couleurs unies, dans leurs différentes... Rêver d’arc-en-ciel, c’est une chose, mais en réalité les couleurs s’oublient, lorsqu’on se parle... Il n’y est plus question de "minorités visibles", ou invisibles...

      Aubert Sikirdji Le 19 juin 2015 à 16:12
  •  
  • « la Xénophilie est aussi condamnable que la Xénophobie. »

    Ben ouais hein !...
    Avec ce genre de devise, qui donne un coup de patte de chaque côté, on est bien avancé !...
    Prendre la juste mesure des choses, qui fait « ligne de crête », c’est une chose...
    Mais le « juste milieu », c’est autre chose, qui se contente d’une « loi » du même milieu, « condamnant » d’un côté comme de l’autre...
    Dans le genre autocentré, et de L’ILLUSION de la bonne mesure qui a, depuis toujours, produit de bonnes réserves de pataugis intellectuels, ...on pourrait en inventer d’autres :

    ...Tiens, en voilà une par exemple, qui n’est pas mal, et qui fait que l’extrême droite, puisque c’est cela le sujet, n’a jamais été à une contradiction logique près, vu que l’ambivalence, c’est son fonds de commerce :
    « Le capitalisme est aussi condamnable que le communisme » !...
    D’ailleurs, historiquement parlant, cela relevait, dans cet imaginaire dérangé, du même « complot »... : « le Juif » !...
    Aujourd’hui, ça essaie de se recomposer un peu autrement...

    Aubert Sikirdji Le 19 juin 2015 à 10:03
  •  
  • Ne restons pas dans le marécage de la pensée, ou si l’on veut : au milieu du gué, si l’on veut percer à jour de quoi il retourne, sous la noce infâme des contraires, au prix d’un sabbat funeste, que, de tous les temps modernes connus, l’extrême droite pouvait seulement proposer en guise de joie sur terre... Car l’idéologie du ni-ni, voilà à quoi elle conduit ! L’opportunisme de gauche est, depuis longtemps, apte à faire le lit de l’opportunisme de droite, même et surtout s’il s’ignore lui-même !... Après tout, l’on n’y... verra que du feu : rien d’autre qu’un débat, tout ce qu’il y a de plus normal, entre des revendications rivales et triviales, de « Bon Sens » et de « Bonne Mesure »... Ah !... L’idéologie jospinienne de « L’EQUILIBRE » !!!!.... Souvenez-vous de la meilleure en ces matières, où il s’agit de savoir coûte que coûte naviguer entre les extrêmes... : « - En France, on n’a le droit ni d’aller tous nus, ni d’aller voilés !... » Voilà !... Ce qui est dit est dit !... Nous v’là bien avancés !...
    Chirac avait encore quelque chose d’original... Depuis, de Sarkozy en Hollande, nous baignons totalement dans la NORMALISATION du capitalisme financiarisé, en nous ABIMANT dans le SOI-DISANT refus, très commode et complaisant au demeurant, des dits « extrêmes »... En fait, ça vient de loin. De la recomposition idéologique de ce que d’aucuns prétendent nommer une « seconde guerre froide »... : de la nouvelle « terreur blanche », « guerre idéologique », ou « stratégie du Choc » dites néolibérales (différents noms sont possibles), mises en application dès le début des années 70...Et certes, il y a un paquet de retard à refaire pour nous émanciper de la Raison dominante !...

    Aubert Sikirdji Le 19 juin 2015 à 14:46
  •  
  • Encore un souvenir à venir, Maurice ?
    Encore une petite tigression, euh... (lapsus d’écriture...) : Digression, de derrière les fagots, ...d’homme « encagé » dans l’Histoire ?
    Au fait, si je peux me permettre, vous êtes prof de quoi ? D’Histoire ?...
    « La nostalgie » est une chose..., mais elle « n’est plus ce qu’elle était ». Disons que Simonne s’ignorait... « Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses » (Paul Eluard)... (Et je n’écris pas forcément cela pour que nous nous y résolvions...) « Quand les idées se meurent » (comme dit le titre d’un article du « blog de Descartes », où vous vous exprimez) ...il ne suffit pas de les convoquer derechef, sur le mode de l’incantation...
    ...Car il reste que nous sommes aujourd’hui passés à un âge qu’on a dit post-moderne, ou, comme dit l’autre, « de modernité liquide »...
    Ce n’est d’ailleurs pas qu’une affaire de « deuxième guerre froide », engagée au début des années 70, et que les forces réactionnaires auraient gagnée !...
    C’est que le monde a EFFECTIVEMENT, et donc affectivement, changé...
    A toute époque, résister, c’est créer, et inversement, et le futur ne sera pas un passé recomposé... Pas un simple retour – Est-il besoin de le préciser ?- à la matrice historique que vous chérissez... En l’occurrence, le retour sur l’Histoire permet de refaire du Récit plausible, en revisitant les oubliettes... Il permet les retours rétrospectifs instructifs... En surmontant les effets de Censure et de mémoire sélective... Ce qui peut et doit faire du Récit historique, nécessaire et utile, autre chose qu’une classique Récitation !...
    Moi, dont le Parti-Matrice a été, comme pour vous, le PCF, ...je suis heureux, très heureux, aujourd’hui, à Ensemble !, du travail collectif qui se mène avec des camarades, venus du courant, dit troskiste. Oui, très heureux.
    Et par exemple, lorsque vous parlez de l’époque de la Résistance, je n’ai pas accueilli par le rejet ni la méfiance ce film, dont je ne saurais plus dire la référence, sorti il y a quelques années, qui traitait d’assassinats de « trotskistes », par des « staliniens », pendant cette période...
    Je ne vois pas pourquoi nous reconduirions aujourd’hui les effets d’exclusives du passé, surtout s’il s’agit de remonter à la Théorie !... Dans les conditions d’aujourd’hui, nous avons bien besoin de TOUS les apports historiques pertinents, pour affronter la question de savoir comment fonctionne « le fascisme » (concept utilisé ici au sens générique, comme on peut le faire avec « le stalinisme »...)..., même et surtout face à son actuelle tentative française, et internationale, d’actualisation.
    Il ne nous suffira pas de nous dire, par exemple, « Filippot, c’est plus pareil » !... Ce serait un peu court.

    Aubert Sikirdji Le 20 juin 2015 à 10:26
  •  
  • Comme, avec Aubert Sirkidji,Il y a des occasions de débat, d’affrontement sur internet qui me laissent rêveur…Lui,il cauchemarde solioquement,par anti-PCF,ce parti qui lui survivra alors qu’il souhaite tant sa mort,comme ses autres pseudos,qu’il utilise ici car il ’dé-blogues’ pas assez,ça le reposerait !
    Conseil d’ami,dodo Aubert et gros bisous.
    Il est sur ce blog,comme la mire des écransTV,quand les émissions sont terminés !
    C’est en toute amitié pour lui,auteur incontinent,que je l’énonce.
    Par exemple en ce moment cette Rachel qui aux Etats-Unis était devenue une militante de la cause noire… et qui s’était fait passer pour afro-américaine… Elle ne l’était pas !
    Lui fait croire qu’il soutient le PCF,alors qu’il le soutient comme la corde soutient le pendu..Dérisoire !
    Ou cette personne qui se faisait passer pour un rabin !
    Elle n’était pas croyante.
    Certain ne vois pas où est le problème ?
    ça démontre simplement ce que j’ai toujours ressenti, le caractère complètement arbitraire de certaines manières de transformer les gens en ’espèces’ à partir d’une seule de leur dimension et le fait qu’il existe des gens comme moi pour qui cela n’a pas grande pertinence…
    Opposé aux insultes anti-PCF et anti-Pierre Laurent ,j’ai huste demandé ce respect pour les personnes membres du PCFque les pseudos d’Aubert,bafouaient !
    Sur les posts,’amicalement’ proférés,dans des écrits fielleux,se projettait, la perversion,puisque ils sont comme ça,amer,haineux et anti-PCF.
    Un jour j’ai entendu Juliette Greco expliquer qu’elle avait quasiment découvert que son amant Miles Davis était noir en prenant une chambre avec lui dans un hôtel américain… Et bien je ne suis pas capable de ça… Quand je vois un anti-PCF,je le dis.Ma spécialité ?
    Faire sortir le loup anti-PCF,de la forêt mouvementiste.
    Je ne vois pas mais réellement je ne vois ne pas en quoi le critère honnête’,ou’PCF’,ou’noir’ est non-pertinent sur ce site ? Je sais que quand je suis en Afriquenoire, certains voient les blancs identiques, comme certains blancs voient tous les Africains masqués derrière un teint uniforme. Jamais je n’ai ressenti une telle uniformité, les gens sont profondément différents, chacun a sa physionomie ses idées,et dans le même temps un africain du sud de la Côte d’Ivoire ne ressemble pas plus à un Toucouleur qu’un Sicilien ne ressemble à un Suédois,ou un Fhaine à un anti-PCF.
    C’est pareil pour les asiatiques, dans cet immense continent il y a des types dissemblables, sans parler des coutumes qui gouvernent souvent la gestuelle et plus encore la manière dont on gagne sa vie…Trotsky appréciait Jaurès,Lénine et Staline,non,que peut on en déduire,vu que les plus grands anti-PCF(héritier du Jauréssisme),furent desex- trotskystes français,de Pompidou à Mélenchon ?
    Ma position ?Ni Haine,ni oubli,Unité !
    Mais cette incapacité qui est la mienne à en rester à certains critères et au contraire à multiplier les ressemblances et différences entre individus me rend le sectarisme anti-PCF,ou le racisme insupportable ce qui est généralement heureusement partagé, par beaucoup.
    Mais il y a plus je déteste tout autant l’art de s’enfermer soi-même dans ces mêmes critères pour tenter de les opposer aux autres !
    Il y a bien sûr les abrutis qui dieu sait pourquoi proclament la suprématie des mouvementistes ,des anti-PCF ou de la race blanche,caramel ou je ne sais quoi..Les mêmes par snobisme souvent ne renierait pas un porc esthète…
    Mais il y a également ceux qui en prétendant lutter contre les anti-PCF,les emmerdeurs de cet acabit et leurs pratiques perverses, esclavagistes, antisémites en rentrant dans leur système et affichent un chauvinisme mouvementiste sous une forme quelconque… …
    Je pense alors toujours au traité du style d’Aragon, où il se moque des paradis artificiel en demandant s’il y eut jamais d’autres paradis qu’artificiels et en dénonçant les obnibulés qui ressemblent à ces gens qui veulent tellement être différents…
    La catégorie des partisans de ces pseudos paradis mouvementistes s’étend jusqu’à l’absurde et il m’arrive de me demander quels textes sont capables de me faire ressentir dans leur énoncé une non-discrimination pour quelqu’un dont je ne perçois pas l’intelligence, la beauté, la tendresse ou l’inverse,par exemple Aubert Serkidli,si creux et vide dans ses propos,anti-PCF la plupart du temps…
    Je crains que Rachel qui pourtant démontrait tous les jours l’absurdité des frontières de peaux soit tombée dans le fossé creusé par des tarés type Klux Kan.
    C’est plus respectable que d’être resté avec ces blancs fantômes criminels mais ce n’est pas plus malin… C’est comme les philosémites qui s’avèrent être des antisémites qui aiment les juifs, ceux qui croient aimer tous les arabes, tous les indiens, tous les chinois, j’en passe et des meilleures…
    Résultat, désormais la réalité paraît enveloppée de cet illusoire problème, on s’acharne sur lui, on s’étripe en son nom, alors que nous sommes dans le temps où l’homme le plus puissant du monde peut être un noir à condition qu’il soit l’homme du capital. Un temps où les classes populaires ont subi une terrible dévalorisation quelle que soit leur couleur et leur origine. Un temps où jamais les barrières de classe n’ont paru plus infranchissables. Oui mais voilà, au lieu de s’interroger sur la misère, la peur des migrants, le critère devient le fait qu’ils sont noirs ou musulmans, alors que visiblement ça n’a plus aucune importance. Leur problème est l’impossible survie à cause de gens de toutes couleurs et de toutes religions qui ont décidé de vampiriser la planète pour en tirer un maximum de profit.
    Je finis par me demander si l’antiracisme n’est pas aussi dévoyé que le racisme s’il en arrive à masquer cette évidence.
    Pourquoi sommes-nous si peu nombreux à ne pas voir les différences qui paraissent tellement pertinentes aux yeux d’une bonne partie de l’humanité.
    Quant à savoir qui est Rachel,à vous de trouver..

    Basbert Le 20 juin 2015 à 12:56
       
    • Qu’est-ce qui est un cauchemar, sinon cet inbitable galimatias ? Ce n’est pas clair, ce que vous dites...

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 08:19
    •  
    • Si rien n’est clair, alors (re)faisons patiemment la clarté...
      1/- ...Pour commencer (bien que ce ne soit que pour la centième et unième fois ), je redis en particulier, haut et fort, que je ne suis pas amoureux de la maldonne. Et sur le point de savoir si « je voudrais la mort du PCF » : qu’il s’agit dans ce qui sort ici de votre bouche d’un immense MALENTENDU !!!...

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 10:47
    •  
    • 2/- ...Mais il faut voir la réalité en face.
      La dénégation du déclin du (...Peu de chose qu’est devenu Ce Feu...) PCF (au regard de ce qu’il a été) ne sert absolument à rien. La très grande majorité des gens, ils s’en moquent comme de leur première chemise. Et je ne sache pas que cela puisse en faire « des ennemis » !... Certes, cela n’enlève rien à son rôle historique !... A son « empreinte » culturelle !...

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 12:06
    •  
    • 3/- Les débats sur nostalgie ou pas nostalgie, sur « nos » vécus respectifs, par rapport au Passé, me font souvent un peu braire, car ils témoignent trop souvent d’une carence grave d’appréhension de la question historique, en des temps de « post-modernité », ou de « modernité liquide », ou la liquidation des formes traditionnelles de la politique sont à l’œuvre. Deux risques symétriques s’y jouent, au prix de redoutables raccourcis intellectuels :
      a. ...soit, pour l’un, qu’il subjectivise à outrance le problème, en réduisant « notre » situation au résultat d’une première, puis d’une deuxième « guerres froides », autrement dit à un processus circulaire, dont votre opinion offre une vue de sentiment de persécution, tellement schématique, qu’elle en est caricaturale. (L’actuel se retrouvant défini comme bégaiement du passé).
      b. ...soit, pour l’autre, que sous couvert d’objectiviser l’Echec, et de « faire du neuf sur des bases nouvelles », ...l’on tende à déchirer la page, sous le prétexte de la tourner, en « nous » disant : « c’est du passé, n’en parlons plus », dans une sorte de laisser-faire et de laisser-aller d’une « maladie d’Alzheimer » généralisée...
      Les deux attitudes sont à mon avis aussi irresponsables et intellectuellement démissionnaires l’une que l’autre, ce qui ne leur interdit pas de se retrouver à l’occasion symétriquement complémentaires.

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 18:22
    •  
    • 4/- Quelle est la part d’addiction dans un « engagement » ? La politique ne serait-elle pas, à la limite, une drogue dure ? Et ne peut-il arriver, comble de paradoxe, que cette came isole des autres, alors même qu’elle était d’abord censée nous faire passer au service d’un horizon commun ?... Qu’est-ce qui donc induit le phénomène sectaire ?!?... Naguère, Marx a mis en garde contre « le solo funèbre » auquel pourrait se condamner le prolétariat... La question s’est concentrée depuis sur le phénomène partidaire, censé s’en être fait le représentant !... C’est un fait. Ce n’est pas un effet de malveillance que de constater cela. Le phénomène partidaire est OBJECTIVEMENT entré en crise...

      Aubert Sikirdji Le 21 juin 2015 à 23:35
  •  
  • @ Maurice
    ...Je reprends la succession des points amorcée ci-dessus, dans l’intention d’arriver plus loin au port, et ce dans l’idée d’explorer la question du RETARD pris et devant être comblé, par les forces d’alternative à gauche, face à la montée des périls d’extrême droitisation....
    5/- La crise du phénomène partidaire ne peut être considérée simplement en changeant de lunettes généralistes, pour d’autre lunettes généralistes, ayant seulement « modernisé » la couleur de leur monture... Sortir d’une certaine addiction, c’est notamment des effets de massification, qui ont fait oublier « le rôle des individus »... (« Les masses » n’étaient-elles pas, « au 20ème siècle », supposées se mettre sous l’empire, voir l’hypnose d’un « Chef » ou d’un Grand Guide tutélaire ?!?...) En l’occurrence, un parti n’est pas fait que d’une ADDITION d’individus, faits pour se compter, et « d’exigences » normées, entre eux réparties, ...et définies pour leur permettre de fonctionner sur le mode de la Grande Famille, voire d’une Grande Armée..., comme ç’a été le cas naguère, ...sur le mode du « témoignage » exemplaire de chacun, assuré de son caractère défini(tif) « d’homme nouveau » !...

    Aubert Sikirdji Le 22 juin 2015 à 10:16
  •  
  • Il me semble dommage de retomber dans l’antisoviétisme avec le trotskysme, en particulier sur la question du fascisme ou Trotsky et les trotskistes ne se sont guère illustrés en théorie ni en pratique. Par exemple dans cet article :" Le KPD, sous la houlette de Moscou a longtemps considéré le mouvement hitlérien comme une "simple" forme de réaction capitaliste, un instrument commode créé par et pour la grande bourgeoisie. Trotsky au contraire, en observant les caractéristiques propres au fascisme, a relevé la dimension plébéienne et de masse du fascisme. Ce dernier est non seulement issu de la petite bourgeoisie mais aussi du prolétariat."
    Pourtant, la définition soviétique du fascisme me semble bien moins confuse, comme le montre bien le "Petit Dictionnaire Philosophique" de Moscou (1955) :FASCISME. Forme la plus réactionnaire, ouvertement terroriste, de la dictature du capital financier, instaurée par la
    bourgeoisie impérialiste dans le but d’écraser la résistance de la classe ouvrière et de tous les éléments progressistes de la
    société. Le fascisme est une manifestation de cette réaction politique dans tous les domaines, qui est le propre du capitalisme
    au stade suprême de son développement, au stade impérialiste. L’établissement du fascisme atteste que les classes
    bourgeoises dominantes ne sont plus à même de gouverner, de conserver leur pouvoir par les moyens ordinaires,
    « démocratiques », que les aspirations croissantes des masses populaires à la liberté ne peuvent plus être réprimées que par la
    violence et la terreur sanglante. Ce qui caractérise le fascisme, c’est la suppression des libertés démocratiques, même les plus
    élémentaires, la destruction des organisations ouvrières et des autres organisations progressistes, l’instauration d’un régime de
    terreur déclaré pour maintenir le pouvoir de la bourgeoisie ; c’est la préparation et le déclenchement de guerres de rapine dans
    le but d’asservir les peuples indépendants et de conquérir la domination mondiale.
    Le régime fasciste a été instauré d’abord en Italie (1922), puis en Allemagne (1933) et dans plusieurs autres pays : en Espagne,
    en Pologne, en Bulgarie, etc. L’avènement du fascisme avait été favorisé par la politique de trahison pratiquée par les socialdémocrates.
    En Allemagne il s’était affublé du masque du « national-socialisme ».
    Dans le domaine idéologique, le fascisme c’est le plus franc obscurantisme, une « philosophie » et une « morale » qui prônent
    la haine de l’homme et le brigandage. Le fascisme s’appuie sur la théorie raciste (V. Eugénique ; Racisme) d’après laquelle la
    bourgeoisie de telle ou telle nation aurait droit à la domination mondiale, serait la seule race « supérieure ». Les hitlériens
    préconisaient une « science » particulière : la géopolitique (V.), qui justifiait les prétentions impérialistes à l’« espace vital »,
    c’est-à-dire la conquête de terres étrangères. Les « philosophes » fascistes rejetaient les acquisitions de la culture et les
    détruisaient, proclamaient la supériorité des instincts bestiaux sur la raison humaine. Ils établirent le culte mystique du « sang
    racial », le culte de la personne du « führer », etc.
    Le mérite historique du peuple soviétique à l’égard de toute l’humanité progressiste est d’avoir été à la tête de la lutte contre le
    fascisme dans la deuxième guerre mondiale et d’avoir joué un rôle décisif dans la défaite de l’impérialisme allemand et
    japonais. Malgré la débâcle du fascisme à la suite de la deuxième guerre mondiale, les éléments réactionnaires de certains
    pays impérialistes tentent de le ressusciter."

    Hervacacia Le 23 juin 2015 à 18:23
       
    • Le fascisme = du désespoir révolutionnaire, qui aurait trouvé son drapeau ? Je préfère parler d’impuissance revancharde, ce qui est moins flatteur.
      L’on sent bien que la question de l’unité populaire alternative aujourd’hui ne peut se rejouer qu’en passant par CHAQUE INDIVIDU. Je parle bien de CE QUI PASSE par chaque individu. Non de leurs mises en cause personnelles « en tant que » ceci ou cela. Pas de méprise !...
      C’est que la question fasciste pose DIRECTEMENT la question de l’hégémonie, et donc de ‘l’extimité’, si l’on peut dire, politique de chacun ! Les auteurs parlent en ce sens de « sortir Trotski du trotskisme », pour s’en servir, me semble-t-il, théoriquement, et non polémiquer rétroactivement avec le soviétisme : « Notre projet, c’est évidemment de mettre en relief ce qui peut nous servir aujourd’hui dans l’ensemble des réflexions, des intuitions et des théorisations de Trotsky sur le fascisme. D’un certain côté, il s’agit aussi de sortir Trotsky du "trotskysme"… »
      Il s’agit de la nécessité « d’une définition » générique « minimum du fasciste ». Voir : « Zeev Sternhell qui indique qu’il faut dégager le dénominateur commun des mouvements se réclamant du fascisme, mais aussi de ceux qui, tout en déclinant la référence, font bel et bien partie de la famille. »
      Ceci dit, il faut à mon sens aller encore plus loin que d’inventorier ce qui peut être désigné comme faisant partie de cette famille idéologique : le rappel ici que « « Pour Clara Zetkin, en 1923, le fascisme était une « punition historique » infligée au prolétariat pour avoir échoué à parachever la Révolution russe » ne nous oblige-t-il pas à aller au fond de l’idée d’un rapport entre des dits « échecs » et les chances (re)données à la mouvance fascistoïde  ?...
      Tout ce que vous décrivez à propos du fascisme est juste et évident, et pourrait être développé, mais n’est-ce pas juste un peu insuffisant ?
      N’y a-t-il pas à pousser la réflexion sur de nouvelles chances donnée à un fascisme à la française, en rapport avec un courant révolutionnaire qui, lui, ne se serait pas donné toutes ses chances ? Au-delà de tout ce qui tend à instrumentaliser la maladie, ne devons-nous pas nous demander ce qui la crée, ou du moins ce qui la laisse se développer ? Certaines ambiguïtés ne traînent-elles pas, sur "Marine le Pen qui s’exprimerait comme un trac du PCF des années 70" ? Autrement dit sur une sorte de "national-communisme" zombi, qui permettrait de se dire que certains clivages ne seraient pas étanches (voir par exemple le "courant" Soral...) ?!?...
      Comment, aussi bien, dédouaner ici justement les communistes français d’un RETARD HISTORIQUE ET THEORIQUE, pour se libérer totalement du soviétisme, et créer un "parti de leur stratégie autogestionnaire", comme cela a pu se dire naguère ?!?...
      Une expression de la persistance dommageable de la culture léniniste ne s’est-elle pas manifestée, notamment lors du « nouveau retard » de 84, en plein dans la question du déclin du PCF... et de la montée du FN ?...
      Pour en rester sur cette observation : cela ne fait-il pas une différence, d’avoir « abandonné » le concept de centralisme démocratique, isomorphe sur le « Principe », au fonctionnement hiérarchique des pays de l’Est, 5 années après, plutôt que 5 années avant ‘la chute du Mur’ ?...
      En un mot, "les échecs", n’est-il pas préférable de savoir, autant que possible,... les anticiper ?...
      Personnellement, depuis l’affirmation du "bilan globalement positif", pour tout vous dire, j’avais fait plusieurs séjours en RDA... Et, en quelques années, je me suis convaincu (sans à-priori) que ce n’était plus viable : c’est pourquoi je fis partie de la mouvance (non-organisée) des dits "communistes critiques" du milieu des années 80...

      Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 00:53
    •  
    • ...Vous parlez du « mérite historique du peuple soviétique » ?
      Il faut aussi parler « du reste », et aussi « des restes » d’une certaine Idéologie...
      Homme nouveau ? Société Nouvelle ? Nouveau Parti ? Nouvelle Visée ? ...Moi, je prétends qu’en ces matières, ...il y a eu, et qu’il perdure encore aujourd’hui, du REFORMISME QUI S’IGNORE... « Refaire le Monde », non, n’est pas innocent...
      Le « modèle » colossal... de (Contre-)Société HOMOGENEISANTE, produit par le Lénino-stalinisme n’avait-elle pas de fait son pied d’argile..., car reposant sur une colossale... ILLUSION idéologique !!!!??... A savoir : la Transparence de la société future à elle-même !? Et pourquoi pas de l’homme à lui-même, pendant qu’on y est ?...
      La leçon de tout ça (qui s’est « soudainement » effondré) me fait dire que : IL FAUT OTER A LA SOCIETE SES SECRETS (industriels ou autres, liés à la sacro-sainte Propriété Privée...), MAIS LUI RESTITUER SES MYSTERES, car le but est bel est bien « La Liberté », et non le contrôle social et politique : le but est bel et bien que chacun puisse « DANSER SA VIE », dans une diffusion et un élargissement bien compris des responsabilités démocratiques !... Appelez cela du communisme libertaire, si vous voulez... Cela va dans le sens de nous demander ce qui AUJOURD’HUI constituerait « une force de la diversité »...
      Freud posa naguère la question : comment se fait-il que les bolcheviks athées ont reconduit les interdits de pensée de la religion ?... Commençons donc par ...la leçon freudienne..., qui, sans doute, ne porte pas que sur des questions (sur des pathologies) « individuelles » : Voir : ...Raymond Queneau, extrait du recueil « Chêne et Chien » (Poésie/Gallimard), page 63 :
      « Je me couchai sur un divan
      Et me mis à raconter ma vie,
      Ce que je croyais être ma vie.
      Ma vie, qu’est-ce que j’en connaissais ?
      Et ta vie, toi, qu’est-ce que tu en connais ?
      Et lui, là, est-ce qu’il la connaît,
      Sa vie ?
      Les voilà tous qui s’imaginent
      Que dans cette vaste combine
      Ils agissent tous comme ils le veulent
      Comme s’ils savaient ce qu’ils voulaient
      Comme s’ils voulaient ce qu’ils voulaient
      Comme s’ils voulaient ce qu’ils savaient
      Comme s’ils savaient ce qu’ils savaient. » (...)
      Si tu ajoutes à ça la possible adhésion à un parti qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit, ...ben t’es content, quoi !... Car en l’occurrence ...c’est cela la grande Explication que Georges Marchais donnait naguère du Centralisme Démocratique !... Tu repasseras, ici, pour la démo... Pour la démonstration, d’ailleurs comme pour la démo... cratie !...
      Ah !... « SAVOIR » !!!... Savoir ça qu’on dit, savoir ça qu’on fait... « Maîtriser » les choses...
      Ce n’est tout simplement pas possible.
      Car la leçon du passage « matriciel » du léninisme au stalinisme, n’est-ce pas du : besoin de la Maîtrise, à celui de la Traitrise ?!?... Où LE SENS DE L’HISTOIRE SE RETOURNE EN SON CONTRAIRE ?!?...
      ...Après quoi, les fachos, d’un nouveau style, n’ont plus qu’à ramasser la mise !...
      Voir sur ce site les affrontements que j’ai eues avec un surnommé « TotoleGrand », militant du "RBM", qui expliquait que vu que nous autres les communistes », nous étions forcément des totalitaristes, et que l’Histoire nous avait jugés,... eh bien il fallait passer la main à la Marine, les gars !...
      Ben ouais, hein !...

      Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 13:22
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  • @ Maurice,
    ...Je poursuis mes quelques points (le dernier datant d’avant-hier, Le 22 juin à 10:16 ...) :

    6/-Je me suis sûrement déjà exprimé là-dessus, qui est la question communiste elle-même, de l’horizon, comme le disait Lucien Bonnafé : de dépassement de la querelle de l’individu et de l’espèce... :
    Affirmer ici qu’il n’existe pas plus de société modèle que d’individu modèle ne suffit pas. C’est n’en rester qu’à une affirmation en creux, qui n’avance pas à grand’chose...
    Je reste au fond, sans doute comme vous, persuadé que l’éthique communiste – totalement opposée à tous les fascismes, qui ne contestent pas en réalité le capitalisme - est double : remettre du semblable dans le différent, et du différent dans le semblable... Car le capitalisme nous aliène d’un double point vue : il nous interdit à la fois d’être richement solitaires, et possiblement solidaires... Il perverti dans le même temps l’idée d’autonomie ( = la liberté ), comme celle de « travailleur collectif » !... Du coup, pas plus être face à soi-même n’a de sens qu’être ensemble !... Car c’est une logique de troupeaux humains qui est appliquée par les dominants...
    Comme vous pourriez le dire : « ça laisse rêveur »...
    C’est à partir de là qu’il faut repenser, donc refonder une nouvelle « forme-parti » (ou pas...).

    Aubert Sikirdji Le 24 juin 2015 à 01:25
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