Accueil > Politique | Par La rédaction | 2 février 2017

Quelle(s) gauche(s) après la primaire ?

Nous remercions les lecteurs qui nous ont envoyé leurs questions. Nous les avons regroupées par thèmes. Comme annoncé, Pierre Jacquemain et Roger Martelli apportent leur éclairage.

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Gobelin Nounours. La gauche a-t-elle une chance d’être au second tour ?
Stéphane. Pensez-vous que les insoumis qui, avec Mélenchon, refusent toute forme de rassemblement au-delà de leur propre camp aux présidentielles comme aux législatives ont des chances de faire gagner la gauche, de provoquer le changement salutaire dont la société a besoin, d’inverser le rapport des forces droite-gauche ?
Stéphane. Un rapprochement allant "de Mélenchon à Hamon en passant par Laurent et Jadot" pour reprendre la formule souhaitée par Gérard Filoche est-il encore du domaine du possible ?
Marc Sidonny. Que penser des appels à un pacte Jadot, Mélenchon, Hamon ? Est-il trop tôt, alors que l’hégémonie des idées d’émancipation n’est pas aboutie, pour s’orienter vers des candidatures communes à la présidentielle et aux législatives ?
Valentin Michel. Fleurissent un peu partout des appels, pétitions… pour une alliance Jadot, Hamon, Mélenchon à la présidentielle. Cela s’appuie sur les récents sondages selon lesquels, en totalisant leurs voix, le second tour serait assuré. Piste à suivre ou statu quo ?

Pierre Jacquemain. Si on est bien d’accord que Macron n’est pas la gauche, alors oui, tout est possible. Qui aurait pu croire – ne serait-ce qu’il y a trois mois –, que Sarkozy serait défait, que Hollande renoncerait et que Valls échouerait au profit de Hamon ? Le moins que l’on puisse dire c’est que le champ des possibles est ouvert. On y voit un peu plus clair même s’il reste de grandes incertitudes sur la droite avec la candidature suspendue de Bayrou et le maintien difficile de Fillon.
S’agissant précisément de la gauche, politique n’est pas arithmétique mais lorsqu’on observe les dernières intentions de vote, le bloc de gauche (Mélenchon-Jadot-Hamon) pèse 27% devant le Front national, le candidat LR et En Marche. C’est plutôt inespéré. Mais si le bloc de gauche ne se rassemble pas il lui sera très compliqué de se qualifier pour le second tour.

Roger Martelli. Sur le papier, un "bloc de gauche" est toujours souhaitable. Une gauche rassemblée a plus de chances de gagner qu’une gauche divisée. Mais si l’on n’y est pas arrivé jusqu’alors, ce n’était pas sans raison. Depuis le début des années 1980, quand la gauche a gouverné, cela s’est toujours traduit par une poussée du Front national. Ce qui divise la gauche, ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais des choix politiques. Il ne suffit donc pas de dire qu’il faut rassembler la gauche. Encore faut-il dire si elle doit ou non rompre avec plus de trois décennies de dérives centristes. Incontestablement, la victoire d’Hamon ouvre la possibilité d’évolutions très positives. Mais, pour l’instant, en concentrant ses coups sur la gestion Hollande-Valls de 2014-2017, il laisse entendre qu’il suffirait de revenir à la situation d’avant 2014. On est très, très loin du compte... Conserver intacte la perspective d’une gauche rassemblée, ne perdre aucune occasion de discuter des conditions de ce rassemblement est une chose ; rassembler autour d’une logique de "l’entre-deux" en est une autre. La gestion socialiste du pouvoir, avant Hollande, a navigué sur cet entre-deux, de Mitterrand à Jospin. La gauche tout entière en a trop souffert et la crise démocratique en a été le prix. Le vote prometteur d’un dimanche ne règle pas la question cardinale, clé de toute progression ultérieure. Il ne suffit pas que la gauche gagne par surprise à l’élection présidentielle : il faut qu’elle réussisse au pouvoir. Or elle ne fera pas avec des demi-mesures, sans rupture nette avec quatre décennies de reculades successives. De ce point de vue, les atouts initiaux de Mélenchon ne sont pas évanouis. Mais il doit désormais être clair que ce qu’il incarne ne tourne pas le dos au rassemblement de la gauche : il faut bien créer dans ce pays une majorité populaire de gauche, appuyée sur projet émancipateur en rupture avec les normes qui ont plongé toute une société dans le marasme social, démocratique et symbolique.

René-Michel. Après la débandade du PC, la énième trahison du PS avec Hollande, la tentative Hamon de sauver les meubles solfériniens, les Tout Sauf Mélenchon prêts à s’accrocher à la dernière branche pourrie et qui n’ont plus rien à perdre que leur rente d’élus, comment voyez- vous ou plutôt, voyez-vous quelque chose ?

Pierre Jacquemain. Ce que je comprends dans votre question et que je partage c’est que l’électorat de gauche apparait aujourd’hui totalement déboussolé. Le risque c’est de voir cet électorat, et notamment celui des classes populaires, ne pas se mobiliser et faire gonfler les chiffres de l’abstention. Cela serait dramatique et synonyme d’échec pour la gauche. La gauche a besoin de clarification. Cela se fera sans doute autour d’un café entre Mélenchon et Hamon – qui ne devrait aboutir sur rien d’autre qu’une discussion cordiale, mais les élections législatives et les accords qui seront passés devront être observés à la loupe. Ce n’est pas simplement la question du pouvoir qui se joue mais aussi celle de la recomposition de la gauche à plus long terme.

François Breton. Chez Mélenchon, la tendance sectaire (il n’en a pas l’exclusivité) et la tentation de se faire de nouveaux ennemis réapparait régulièrement. Comment, dans ces conditions, peut-il durablement rassembler ?
Francis. Pourquoi émettre l’hypothèse d’une éventuelle alliance entre Mélenchon et Hamon avant le premier tour alors que Hamon a clairement déclaré que quoi qu’il arrive il y aura un bulletin Hamon dans les bureaux de vote ? Ne pensez-vous pas que cette intox téléguidée par Solferino n’a d’autre but que de faire passer Mélenchon pour un diviseur ?

Pierre Jacquemain. Mélenchon se trouve devant une difficulté que personne n’a vu venir : il a face à lui un candidat à la présidentielle, socialiste, qui lui propose de discuter les bases d’un compromis et faire émerger une majorité gouvernementale. Qui l’eût cru ? Hamon ne s’est pas adressé à Mélenchon, Jadot et Macron dimanche soir il s’est tourné vers Mélenchon et Jadot. Hamon est le premier à avoir envoyé des signes de rassemblement sur sa gauche. Jadot devrait lui répondre favorablement dans quelques jours. Mélenchon a sensiblement fait évoluer son propos et il se dit favorable à une discussion « autour d’un café ». Pour autant, il apparait peu probable que Mélenchon s’efface pour Hamon (et Hamon a déjà dit qu’il n’en ferait rien). Le risque en ne rejoignant pas la dynamique Hamon-Jadot (encore hypothétique à ce stade), c’est que Jean-Luc Mélenchon s’isole et soit accusé de division. Sans doute aussi est-ce la stratégie de Benoit Hamon.

François Breton. Est-il vrai que le PC veut se rapprocher de Hamon pour discuter ?
Francis. Que pensez-vous de l’attitude des dirigeants du PCF qui voient dans la nomination de Hamon par le PS une situation nouvelle ?

Roger Martelli. Avant-hier, le PCF a réaffirmé qu’il est « engagé dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon ». Il a seulement redit que, dans la perspective des législatives, il voulait « construire une majorité qui vote des lois au nom et en faveur du peuple ». Il est vrai qu’il y a au sein du PCF des débats vifs, que les consultations de l’automne dernier ont bien montrées. Certains sont partisans convaincus de l’idée que le rassemblement autour de Mélenchon est nécessaire, d’autres n’en veulent absolument pas. Ceux-là vont-ils profiter de la situation nouvelle pour préparer une entente avec le PS ? C’est possible. Emporteraient-ils la décision ? Ce sera aux militants de le dire. Et l’expérience récente montre que nul ne peut dire à l’avance de qu’ils pourront décider.

François Breton. À la ramasse dans les sondages, coupé en deux (pour faire vite) par la primaire, le PS est-il fini ? Quelle est la force d’attraction de Macron sur les élus et les responsables socialistes ? A quel point Hamon est-il seul ?

Pierre Jacquemain. Il est très difficile de donner un pronostic à ce stade. D’abord parce qu’on n’est pas à l’abris d’un nouvel événement politique inattendu – et qui vienne changer la donne. Aussi parce Solférino est tenu par l’aile droite du parti (Cambadélis) alors que son représentant à l’élection présidentielle vient de l’aile gauche (Hamon). L’équilibre est complexe. Par ailleurs, je ne crois pas que la clarification de l’orientation politique du PS ait été actée à travers la victoire de Hamon à la primaire – comme l’affirme pourtant Pascal Cherki. Ça n’est pas parce que Hamon a gagné la primaire que le PS a changé de cap. D’ailleurs, si la primaire n’avait été organisée qu’auprès des militants, sans doute auraient-ils préféré Valls. En réalité, au sein du parti, Hamon est un peu seul et devra compter sur des soutiens de façade. Quant à savoir si les élus et autres responsables socialistes rejoindront Macron, on le saura bien vite… mais à écouter Le Guen, Cambadélis et quelques autres, l’hémorragie est bien réelle.

Roger Martelli. Je n’ai jamais cru pour ma part que les recentrages du socialisme européen ne laissaient plus de choix possible qu’entre la voie sociale-libérale et la radicalité transformatrice. J’ai toujours pensé que la place existait pour un retour vers la gauche d’une partie substantielle de la famille sociale-démocrate, sans que cela signifie une rupture avec l’esprit d’adaptation et d’accommodement qui est à la base de la culture sociale-démocrate. La poussée de Corbyn au Royaume-Uni, de Sanders aux États-Unis, les succès du PS portugais ont montré cette possibilité. J’avoue toutefois que je ne pensais pas que la traduction française en émergerait si rapidement. Il faut enregistrer le fait comme positif. Doit-on en conclure qu’il ne reste plus qu’à se glisser dans la roue d’une relance de ce type ? Je m’en garderai bien. Reste la question que nous devrons bien nous poser après les soubresauts électoraux que nous vivons depuis quelque temps : pourquoi les déboires de la social-démocratie ne profitent-ils pas davantage à une gauche de gauche ? Encore faut-il d’abord passer du mieux possible la périlleuse séquence 2017.

ainsisoitelle. Pour conserver sa place de leader de la gauche, Mélenchon va devoir montrer que lui aussi peut rassembler. Où en sont les tensions avec le PCF ? On ne voit que lui et son porte-parole Alexis Corbière. Y a-t-il du monde autour de Mélenchon ?

Pierre Jacquemain. C’est un peu le paradoxe de la France insoumise. Et aussi du discours de Mélenchon sur la question du renouvellement. La France insoumise est un rassemblement ouvert et pluriel. Nombreux, parmi ses membres, n’ont jamais fait de politique. Le pari du renouvellement semble à ce titre gagné. Mais les visages que l’on voit dans les médias sont des visages déjà connus. La campagne présidentielle et des législatives devraient en faire émerger de nouveaux. Ça sera nécessaire pour montrer le renouvellement mais aussi la diversité des sensibilités politiques qui s’expriment dans le cadre de la France insoumise.

Roger Martelli. Le recentrage massif du PS, après 2012, ouvrait un espace à gauche. Dans la continuité du Front de gauche et à partir de la dynamique que sa déclaration de candidature a enclenchée, Jean-Luc Mélenchon avait la légitimité pour porter l’exigence d’une gauche rassemblée. Il a préféré marquer une rupture avec le Front de Gauche et avec toutes ses composantes. II a également pris ses distances avec la notion de "gauche" et choisi de rassembler le "peuple". Ce qui n‘était pas prévu est que, in fine, la mouvance socialiste choisirait Benoît Hamon, ce qui permet à ce dernier de se prévaloir d’une légitimité inattendue pour appeler au rassemblement de toute la gauche. Cela met le leader de la France insoumise dans une situation bien moins confortable. D’autant plus que le pari du renouveau radical a ses avantages, mais aussi ses contreparties. En ne cultivant pas les relations avec ses anciens partenaires, JLM n’a pas gagné la totalité des forces militantes, syndicales, associatives et intellectuelles qui sont la richesse du courant critique français. Mais le chemin vers le premier tour de la présidentielle est loin d’être parcouru. Ce qui n’a pas été fait hier peut se faire dès aujourd’hui.

Max. Vous savez que la France insoumise dont Jean-Luc Mélenchon n’est que la figure de proue est un mouvement qui grandit chaque jour, contribuer non seulement à le soutenir n’est pas suffisant, il faut participer à ce mouvement qui peut et doit dépasser les egos. La victoire est à ce prix et non à des palabres d’états-majors au PS qui refuse de perdre la main. Qu’attendez-vous ?

Pierre Jacquemain. Regards suit la campagne de Jean-Luc Mélenchon avec beaucoup d’intérêt. Nous rendons compte – parfois avec un regard critique – de ses déplacements, de ses coups de gueule, de ses idées, de ses faux pas. Ses porte-parole sont régulièrement invités à s’exprimer dans nos colonnes (Leila Chaibi, Alexis Corbière, Danielle Simonnet, Éric Coquerel, etc.). Pour ce qui est de l’engagement, (pour répondre à votre « qu’attendez-vous »), chacun se fera son avis pour rejoindre la dynamique. Ou pas, d’ailleurs.

buenaventura. Estimez-vous comme improbable un éventuel retour du capitaine de Pédalo si la fuite des "alimentaires" vers Macron devenait trop forte avec la tentation d’une "synthèse" désespérée ?

Pierre Jacquemain. sur le retour du "capitaine de pédalo", je crois que l’on peut d’ores et déjà affirmer que François Hollande n’en a aucunement l’intention. En envoyant son communiqué de félicitations à l’équipe de France de handball dimanche soir, à 22h36, alors qu’il ne s’était toujours pas exprimé au sujet de la primaire, il a clairement fait savoir que ça n’était plus ses affaires. Il ne reviendra pas et est sans doute bien occupé, fin tacticien qu’il est, à gérer son avenir politique à Bruxelles. Hamon est le candidat du Parti socialiste et il le restera. Et comme vous le dites, à défaut les militants et élus socialistes désespérés, se serviront du vote Macron.

Osee Josephine. Votre question porte sur "l’avenir de la gauche". Donc, d’abord, c’est quoi la "gauche" ? Que change la primaire, au fond, quant à cet avenir ? un trouble aux marges du vote Mélenchon ? Un réveil du PS "de gauche" ? Car, c’est quoi l’horizon de cet avenir ? les législatives de 2017 ou l’insurrection populaire dans vingt ans que les gauchistes préparent depuis plus de quarante ans ?

Roger Martelli. La gauche, c’est une vieille histoire, qui a pris des formes multiples sur plus près de deux siècles et demi. On sait que son ressort est l’égalité. Mais on sait aussi ce qui la divise : la manière de parvenir à cette égalité. Certains pensent qu’on peut la construire à l’intérieur du système capitaliste dominant ; d’autres sont persuadés qu’il faut s’en sortir pour que l’égalité et la liberté s’épanouissent vraiment. Les deux pôles peuvent parvenir à des plages d’entente. Encore faut-il dire lequel des deux donne le ton dans la musique d’ensemble. Depuis la fin des années 1970, c’est le Parti socialiste qui exerce une fonction hégémonique. Hamon, qui a compris que la logique Valls est meurtrière, veut l’infléchir mais il ne dit pas jusqu’où va sa rupture. On peut penser qu’il est temps d’aller au-delà. Une gauche tentée par l’accommodement aux règles de la mondialisation capitaliste financière ne fait pas du bien à la gauche, décourage les catégories populaires et "booste" la droite extrême. Le moment est venu de mettre les pendules à l’heure et de donner la place qui lui revient à une gauche qui, pour être efficace, est davantage attachée à la rupture. Une gauche dynamique ne peut être qu’une gauche critique et subversive. Encore faut-il qu’elle se montre rassembleuse et qu’elle fasse la démonstration que, si elle est ancrée dans une histoire, elle n’est pas un reliquat du passé.

Berthier G. Les institutions imposent le présidentialisme avec la question de l’accès au second tour pour la présidentielle et ensuite les législatives sans proportionnelle. Comment avoir un débat de fond qui ne soit pas parasité par les priorités électorales ?

Pierre Jacquemain. vous avez tout à fait raison même si vous noterez que Regards privilégie toujours le fond ;). On a par exemple organisé un débat entre Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon où il n’a été question que de fond : transition énergétique, Europe, migrants, etc. Mais votre question interroge aussi le système institutionnel dans lequel nous nous retrouvons. Plusieurs candidats proposent de changer les règles du jeu et de passer à la 6ème République pour redonner le pouvoir au peuple. Si la question institutionnelle est si importante et centrale – pour que les citoyens s’emparent de la question sociale et écologique – comme c’est le cas chez Jadot, Mélenchon et Hamon, ça devrait être l’une des raisons, si ce n’est même la seule, de leur rassemblement.

Vidal Schwartz. Comment espérer construire une gauche de transformation sociale avec un Parti socialiste dont même l’aile gauche a intégré le logiciel néo-libérale ? Amram D. Par peur d’être lâché, Hamon est déjà en train de vouloir séduire la droite très à droite de son "parti". Déjà qu’il est socialiste du bout des lèvres (voir ses votes sous le gouvernement Hollande), quelle crédibilité peut-on accorder à la volonté affichée de s’allier la gauche ?

Roger Martelli. Je ne suis pas d’accord avec l’idée que la gauche socialiste « a intégré le logiciel néo-libéral ». Je crois plutôt qu’elle n’est pas sortie de cet entre-deux que François Mitterrand a initié : un discours de gauche et une pratique qui, sur le fond, s’adapte aux normes de la mondialisation capitaliste. Hollande et Valls voulaient sortir le PS de cet entre-deux en assumant le recentrage jusqu’au bout. Ils ont été battus et c’est tant mieux. Mais le retour à l’entre-deux n’est pas la solution.

Pierre Jacquemain. en effet, ça n’est pas parce que Hamon a gagné la primaire que le PS a changé de cap. Il sera très compliqué pour Benoit Hamon de s’extraire de cette ligne social-libérale que le gouvernement a incarné et que son parti revendique – sauf à ce qu’il s’émancipe lui-même de son propre parti. Mais ça, ça n’est pas sans doute pas pour tout de suite. Je vais vous faire une confidence. Nous avons interrogé Benoit Hamon quelques jours avant le premier tour de la primaire. À la question « Faut-il faire un nouveau parti », Hamon répondait : « tout est possible ». À suivre, donc…

Stéphane. Pensez-vous que le refus des communistes de signer la charte de la France insoumise et la volonté de ces partisans de présenter des candidats partout aux législatives - même là où les communistes sont implantés - ne risquent pas d’obérer pour longtemps toute forme de rapprochement ?

Roger Martelli. Quel que soit le résultat de la présidentielle, on aura plus que jamais besoin d’une force critique, sociale et politique, pour faire prévaloir les bons choix et empêcher le pire. Cela passera par une représentation parlementaire adéquate. Faire reposer cette représentation sur un accord politique avec le PS, même reporté sur sa gauche, serait une rude illusion. Mais jusqu’à ce jour, Mélenchon n’a pas rassemblé toutes les "familles" qui ont porté sa campagne de 2012. Conditionner des accords législatifs à la signature de la Charte proposée par France insoumise est contre-productif. France insoumise a sa place et sa légitimité, mais n’est pas la totalité du champ critique à gauche. Nul, à la gauche du PS, n’est prêt à passer d’une subordination à une autre. Il faut en tenir compte. Des voix, du côté des soutiens de JLM, se sont exprimés pour un cadre commun de campagne. Ne pas les entendre signifie aujourd’hui laisser la main au PS…

Francis. Que penser du soutien du gouvernement et de Hollande à B. Hamon ?

Pierre Jacquemain. c’est un cadeau empoisonné fait à Benoit Hamon et qui devrait le contraindre – même s’il s’en défend – à assumer une partie de l’héritage du quinquennat. Hamon va devoir rassembler des frondeurs jusqu’aux amis de Valls – ce dernier soutenant au moins officiellement le vainqueur de cette primaire. Par ailleurs, la plupart des membres du gouvernement et de la majorité sont sortis sur les plateaux de télés et de radios hier pour apporter leur soutien à Hamon tout en insistant sur la nécessité de réorienter son programme pour l’inscrire dans la continuité de l’action gouvernementale. Si dès dimanche dernier, Hamon a envoyé des signaux sur sa gauche en évoquant Jadot et Mélenchon, il va être rattrapé par la machine socialiste. Et si les figures gouvernementales tournent trop près de Hamon, ça ne va plaire ni à ses électeurs de la primaire ni à celui de Mélenchon qu’il compte bien séduire. Enfin, ce soutien du gouvernement et de Hollande à Hamon est un beau cadeau à l’endroit d’Emmanuel Macron. Il ne peut que se réjouir de ne pas avoir à assumer le bilan de François Hollande même si en réalité, il en est évidemment responsable.

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Vos réactions

  • quel désarroi !! quelle panique ! Hamon, apparatchik de naissance, a obtenu ce qu’il voulait, pour le compte du PS (cf. les entrevues Hollandaises) : rassurer la Social-démocratie. Donc, il lui faut, impérativement, décourager l’anti-libéralisme au nom du TINA thatchérien ; cela au moment où aux USA et chez Thatcher, le courant anti-libéral se renforce ! Le soldat à sauver n’est sûrement pas le courant révolutionnaire, émancipateur celui qui rejette le libéralisme. Le Droit romain aurait-il eu besoin, pour décourager l’émancipation, d’inventer la crucifixion, spectaculaire, destinée à punir les esclaves fugitifs, rebelles ou "insoumis" ? Allons nous composer avec le libéralisme ? Certainement pas au moment où celui-ci invente un nouveau clown, après Sarkozy ? Au moment où l’opinion, pourtant de Droite, est aussi en recherche, au point de dézinguer Fillion en 15 jours, en partie à cause de sa sortie sur la Sécurité Sociale ? Pas de compromis. Rupture.

    michel.mourereau Le 2 février à 12:58
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  • Mr Martelli, Mr Jaquemain vous réussissez le tour de force de disserter sur le rassemblement ou non de deux candidats à la présidentielle, sans aborder la question de fond des programmes respectifs et du contexte. M.Lepen a de beaux jours devant elle

    GG Le 2 février à 13:24
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  • Concernant les programmes, pas une seule expropriation, donc aucun ne remet en cause la dictature du capital. Je crois (?) avoir signalé dans un commentaire ces jours derniers que j’avais reçu une démonstration drôle et convaincante :
    Hachon et Emmêlon les oignons de la gauche

    Dufour Le 2 février à 16:38
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  • Je ne comprends pas pourquoi il est expliqué que Cazeneuve et Hollande soutiennent Hamon. Prenez-vous vos désirs pour des réalités pour les besoins de la démonstration. Cazeneuve a mis en garde Hamon et lui demande de soutenir le bilan gouvernemental. ace à cela comme à la sortie de sa rencontre avec Hollande, Hamon maintient ses positions. Il faudra bien l’accepter : Hamon et son programme ont soulevé une vague d’adhésions. Pour une raison simple ; les citoyens s’en sont saisis pour affirmer leur besoin d’unité et gagner. Rien ne doit s’opposer à cette dynamique et tous les prétextes de division doivent s’effacer.

    Guillaume Le 2 février à 17:34
       
    • Une vaguelette (1100 000 suffrages) essentiellement dans les centres villes et les catégories sociales moyennes supérieures. Ce ne sont doute pas ces catégories sociales qui seront le moteur d’une lutte sans merci contre l’oligarchie.

      choucroute Le 2 février à 21:34
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  • @Martelli " Mélenchon n’a pas rassemblé toutes les "familles" qui ont porté sa campagne de 2012. " Je ne dirais qu’une chose : le veulent-elles vraiment, sincèrement ? Qu’en pensez-vous ?

    René-Michel Le 2 février à 18:02
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  • Il me semble que la récente intervention de JL Mélenchon sur sa page FaceBook et Youtube indique clairement les conditions d’une alliance éventuelle lors des législatives. Je souscris entièrement à cette analyse. Comment constituer une majorité avec un ps qui présente comme candidats la plupart des sortants qui a quelques exceptions près ont été des soutiens indéfectible du gouvernement Valls et du quinquennat Hollande ? Cet article de Regards m’apparait comme étant uniquement centré sur la tactique électorale. Celle-ci est illusoire et vouée à l’échec car sur le fond on ne voit pas de convergences programmatiques fondamentales qui permettraient un rapprochement crédible ? Comment sortir de la prépotence des traités européens sur les choix souverains des états ? Clairement sur cette question préalable les positions de FI, du Ps et de EELV sont divergentes. Qui peut croire qu’une politique résolument progressiste basée sur une nouvelle redistribution des richesses au profit de l’intérêt commun peut être appliquée en restant dans le carcan des traités européens ? Hamon par exemple qui parlait il y a quelques années du coût du capital a rejoint la file des libéraux qui insistent sur la baisse du coût du travail. Sans doute une explication de son acceptation du CICE. J’aurais souhaité que l’analyse des deux auteurs de cet article abordent ces points durs car ils sont déterminants pour être crédibles auprès des électeurs qui se sont durablement éloignés du vote de gauche si ce n’est du vote tout court. Aucune alliance ne sera possible sans que le ps et eelv ne révisent radicalement leur position sur l’union européenne. Il en va ainsi de l’Otan et de bien d’autres aspects essentiels. Le programme de FI est un programme cohérent, novateur et révolutionnaire. Il serait illusoire de penser que ce mouvement qui s’est constitué précisément sur la base de cette stratégie révolutionnaire va retourner vers un marigot flou et sans principes. Cette attitude politicienne serait la négation même de FI et sa destruction donc sa disparition de la vie politique.

    Francis Le 2 février à 20:13
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  • Merci pour ces synthèses. On partage ou pas, en totalité ou partiellement, c’est une autre affaire. Contrairement à ce qui est avancé par Martelli (que je salue pour son Regard et ses analyses, la plupart du temps très pertinentes et qui nous éclairent sans pour autant toujours nous convaincre, mais ce n’est sans doute pas le but.) je pense que contrairement à ce qu’il semble dire, le PS à bien assimilé le logiciel libéral et qu’il n’en sortira pas ou s’il en sort, c’est qu’il sera définitivement périmé et près de se retrouver dans les archives de l’histoire. Ce qui ne veut pas dire pour autant que cette pensée serait définitivement morte. Elle évolue, sait se transformer et s’adapter. Macron ou un autre peu importe. Une majorité de membres actuels du Ps ( essentiellement composé d’ élus, chargés de missions, collaborateurs, cadres municipaux relais professionnels, bureaux d’étude, famille et clans rétribués...), ceux que je vois tous les jours à la Mairie sont indécrottables. Ce parti ira jusqu’au bout de sa logique libérale (c’est ce qui les cimente actuellement ) même s’il faut trahir le peu qui reste de leurs idéaux. Jaurès est bien loin. Ils sont sous la contraire de l’Union Européenne, finalité indépassable (TINA). Nous avons l’exemple de l’Italie et parfois des contre-exemples, le Portugal et l’Angleterre. Il faut voir à l’usage pour ces derniers. Vous parlez stratégie, il le faut, peu d’éthique dommage et de respect des engagements pris. Et le programme, rien ? Vous abordez seulement la question des alliances, regroupement, reports de voix dans un système électoral contraint. Si l’on continue sur cette logique, nous ne changerons rien et l’on continuera comme avant. Macron ou Hamon, ils feront peu ou prou la même politique libérale au service de la finance. L’essentiel sera sauvegardé. On ne sort pas de cette logique sans casser des œufs, sinon l’on continue comme avant avec de petits arrangements à la marge et quelques réformes sociétales qui ne coûtent presque rien.. Si c’est ça que l’on veut, bien évidemment, actons Macron ou Hamon. Les Insoumis veulent autre chose. Il ne s’agit de gagner pour gagner, Mélenchon n’est pas une fin en soi, mais gagner pour changer. Changer les choses sinon, nous nous retrouverons devant les mêmes dilemmes à l’arrivée, et de ce coup-là , droite style Trump ou un autre pourrait bien remporter la mise. Ce n’est plus impossible. Quel est donc notre choix ? Céder à la tentation du rassemblement électoral (purement électoral) ou commencer à changer de cap contre vent et marée. Je choisis la seconde solution et les conséquences qui vont avec. Le Ps n’est pas de gauche ou si peu, il en porte seulement les habits pour mieux tromper les petits et les grands. Nous venons d’en faire l’expérience durant 5 ans et l’on voudrait nous faire croire ou avaler encore une fois qu’ils auraient changé. Nous pendrait-on pour des dindons ? Cette élection n’a pas fini de nous apporter ses surprises. La recomposition est en route, jusqu’où et avec qui, ça reste encore un mystère. Période passionnante et passionnée. Les Insoumis y participent à leur manière et avec leurs moyens. Notre ambition : convaincre les 50 % qui ne votent pas ou plus. Le PS et le reste ne sont peut-être plus ce qui est important dans cette période.

    rodydecoue Le 3 février à 08:34
       
    • "Merci pour ces synthèses" Très amicalement, je pense que tu devrais essayer d’en faire autant, plus court si possible, ce qui ne nuirait aucunement à tes argumentaires.

      René-Michel Le 3 février à 10:00
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  • Tout le monde parle de système mais ne comprend que rarement ce que ce mot implique.
    Tout système a une logique qui outrepasse toute possibilité de changement en profondeur qui le dénaturerait. C’est pourquoi, on ne change pas un système, on en change. C’est toute la différence.
    Donc, Hamon qui veut rosir ou verdir le système sans y toucher n’est qu’un illusionniste.

    edrobal Le 3 février à 17:28
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  • Roger Martelli a fait des efforts louables pour répondre aux questions, mais il a aussi posé LA question essentielle :
    "pourquoi les déboires de la social-démocratie ne profitent-ils pas davantage à une gauche de gauche ?"
    Fondamentalement, parce que ’elle a peur de son ombre, peur d’être marxiste, peur d’être anticapitaliste" expliquait avec raison Eric Toussaint de 3 décembre lors de la réunion du Plan B à Paris
    Cette critique s’adressait notamment au programme keynésien et en rien alternatif au capitalisme de JLM, qui le confirme régulièrement avec des déclarations comme celle-ci : « C’est quand même incroyable de voir qu’on passe pour un révolutionnaire quand on est simplement keynésien ; où on dit il faut partager, c’est ça qui va faire respirer l’économie » (17 octobre 2011 sur France Info).
    Roger Martelli souligne avec justesse que la social-démocratie, faute d’offrir une alternative, a fait le lit du FN pendant 30 ans. Et donc qu’il ne suffit pas qu’elle arrive au pouvoir. Elle est dangereuse.
    Aujourd’hui, avec la crise économique qui vient en France, dont nous n’avons encore rien vu, le programme de la gauche radis(cale) de JLM, matinée ou non d’autres politiciens réformistes comme Jadot ou Hamon, finirait d’enterrer toute alternative et ouvrirait grand les vannes du fascisme.

    dufour Le 3 février à 22:30
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  • Je ne sais pas ce qui sortira de cette présidentielle, mais ce dont je suis sur c’est que je ne voterai plus jamais pour un membre du PS ou un de ses satellites.

    Alors Jadot et Hamon peuvent bien faire autant de discours du Bourget qu’ils veulent, j’ai coupé le son.

    Si Mélenchon n’est pas au deuxième tour, je n’y serai pas non plus. Point barre.

    DMc Le 3 février à 23:26
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  • 1/ La victoire de Hamon, dont le discours se veut radicalement de gauche - on pensera ce qu’on veut de sa sincérité - montre peut-être qu’à l’image des défaites de Podemos en Espagne, le fameux (fumeux ?) "moment populiste" de Chantal Mouffe, repris à son compte par Méluche n’est pas dans le coeur de l’électorat de Gauche (de Gôche, comme se gausse certains Insoumis)
    2/ Méluche a peut être raison, le Peuple souhaitent qu’ils s’en aillent tous, la preuve les xandidats de 2012 ont été vaincu au cours des primaires, celleux qui se présentent à nouveaux ne sont pas passés par la case vote populaire... A méditer
    3/ Maintenant que Méluche est 5ème dans les sondages, c’est laquelle la candidature inutile prise entre le centre et la gauche ? Car j’attends encore les arguments montrant que le programme Insoumis est plus à gauche que celui de Hamon. (Et pourtant je disais moi-même au niuvel an que les socialistes avaient laissé passer leur chance et ne devait pas présenter de candidat)
    4/ Celleux qui critiquent le fait que des député-e-s socialistes aient votés dans le sens du gouvernement accepteront-illes demain ques les élu-e-s Insoumis-es votent contre les projets de lois de Méluche ?

    Je finis avec l’ironie, cette occasion manquée de rassembler la gauche non libérale, en se refusant à écrire un programme commun porté par un candidat issu d’une primaire de la gauche critique allant des frondeurs au NPA et à LO (Pourquoi pas ? tous défilaient ensemble contre la loi Travail) est une tragédie, dans le sens où les puissants se sont gentiments dirigés vers la fatalité de la division et de la mort du mouvement populaire enclenché dans la rue.

    cazueladepolo Le 4 février à 10:45
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  • @cazueluche " j’attends encore les arguments montrant que le programme Insoumis est plus à gauche que celui de Hamon" Tu te prends par la main, tu lis, tu compares et tu verras . C’est simple pourtant, ça s’appelle l’autonomie !

    René-Michel Le 4 février à 14:38
       
    • En fait, en lisant cette analyse, on se rend compte que sur le fond, pas de différence importante. Ce qui les divise bien plus, c’est la lutte des places...
      Hachon et Emmêlon les oignons de la gauche

      Dufour Le 4 février à 18:32
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    • En fait, en lisant cette analyse, on se rend compte que sur le fond, pas de différence importante. Ce qui les divise bien plus, c’est la lutte des places...

      Hachon et Emmêlon les oignons de la gauche

      Dufour Le 4 février à 18:32
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    • Merci du conseil, j’y avais pas pensé, lire les programmes quelle drôle d’idée. Mais ça ne m’avancera pas pour comprendre ce qui permet à certain-e-s de juger que l’un est plus à gauche que l’autre... voyez la question ne portait pas sur les valeurs intrinsèques des programmes mais bien sur la manière dont ils sont perçus par celleux qui affirment que l’un est plus à gauche que l’autre. Par exemple le productivisme c’est plus à gauche que le revenu universel ? Lequel favorise l’autonomie ?

      NB : vous auriez pu m’appeler cazueladepeluche, c’est plus mignon, on est entre ami-e-s.

      cazueladepolo Le 4 février à 20:17
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    • @luluche En fait c’est encore pire qu’à première vue. Je ne vois qu’un remède : donner procuration à quelqu’un, mais pour le plus de gauche ? Tire le à pile ou face...

      rené-Michel Le 5 février à 10:54
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    • @René-Michel
      N’avez-vous pas remarqué que ce sont les Insoumis, à la suite de Mélenchon qui faisaient, font, le concours du "plus à gauche" d’où ma question sur les critères que vous utilisiez pour comparer. Me prêter l’initiative de ce concours est une erreur chronologique. Vous pouvez maintenant, si vous ne faites pas partie des Insoumis tendance ni droite ni gauche, et si vous le souhaitez nous faire partager les arguments en faveur de Mélenchon comme étant plus radicalement de gauche que Hamon. En ce qui me concerne, je m’en moque plutôt. Je regarde surtout ce(ux) qui libère de la domination du capital (Toute la gauche ne cherche pas ça, la tentation du capitalisme d’État peut être forte)

      cazueladepolo Le 5 février à 13:42
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  • "Quelle(s) gauche(s) après la primaire ?"

    Déjà le titre est tendancieux.

    Durruti Le 5 février à 10:32
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  • @dufour. Vous êtes le type même du semeur de fiel et de boue d’extrême droite qui crache son venin tueur d’espoir sans jamais un début d’argument. Un corbeau planqué derrière son clavier.

    rené-Michel Le 5 février à 11:03
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  • citation : Conditionner des accords législatifs à la signature de la Charte proposée par France insoumise est contre-productif. France insoumise a sa place et sa légitimité, mais n’est pas la totalité du champ critique à gauche. Nul, à la gauche du PS, n’est prêt à passer d’une subordination à une autre.

    et donc pour ne pas être subordonnés à l ’avenir en commun d’autres partidaires "de gauche" ne veulent rouler que POUR leur programme : leur soutien à JLM que pour la présidentielle n est que profiter de lui pour leur seul parti ....C ’est etre bien loin de la démarche des "insoumis" .

    Polet Le 5 février à 11:57
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  • Le mariage de la carpe et du lapin, "vaste programme" aurait répondu De Gaulle a une autre question. Et puis continuer d’entretenir la confusion en appelant "gauche" des courants de droite souvent extrême (comme les pleins pouvoirs a Pétain) depuis leur origine, disons l’assassinat de Jaurès n’aide pas a la compréhension. Marier les mondialo-européistes interventionnistes, fussent ils "sociétaux" (le terme enterrant habilement les questions "sociales") au courant et programme du candidat Mélenchon n’a de sens que pour se soumettre aux critère de "système". La ficelle est une corde.
    Système contre anti système est la question centrale dont en premier lieu la question de la souveraineté. Pas de possibilité démocratique sans elle, sans indépendance qui ne s’exerce que dans le cadre de la nation qui défini la citoyenneté. Qui défini les lois, la justice, la monnaie, la guerre ? Aujourd’hui Bruxelles ou les accords commerciaux sans la moindre légitimité populaire. Après vient le distinguo de classe : Qui est le souverain, le prince ou le peuple ? C’est là que le concept de "gauche" prend son sens. Le débat de la présidentielle porte sur ces 2 questions Mélenchon et Le Pen pour la question de la souveraineté, dont la question européenne qui ne m’a jamais rendu septique et leur opposition sur les questions de classe. Les autres n’appartiennent pas a ce débat. C’est la même chose pour l’ensemble du monde "occidenté" en décomposition avancée. Retournons a la politique qui est confrontation d’intérêts et oublions les calculs d’épiciers des politiciens, le peuple les a déjà oublié.

    Jean-Michel Le 6 février à 15:15
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  • Il y a deux approches possibles :

    — soit on estime qu’il faut que l’expérience des impossibilités d’une construction de l’UE différente soit vécue, in situ, par un gouvernement de gauche (et par tous, surtout les couches "moyennes"…) pour qu’enfin on comprenne qu’il est temps d’oeuvrer à une politique de gauche en France indépendamment de ce qui se passe chez les voisins. Et dans ce cas, on s’oriente vers une unité de la gauche par-delà les divergences sur la question européenne.

    — Soit on estime que les classes populaires ont assez fait cette expérience à leur détriment et qu’il est temps de s’affranchir de l’UE et de l’euro pour mener vraiment (et pas superficiellement) une politique de gauche qui règle les problèmes des gens. Auquel cas, il est devenu indispensable de mener dans la gauche la bataille contre les européistes, ce qui revient à abandonner la gauche PS et autres EE-LV.

    Mélenchon et son courant politique du PRS historique n’a encore fait aucun de ces choix.

    Le PCF est plutôt sur le 1er terme de l’alternative, ce qui le conduit naturellement du côté de Hamon et consorts.

    Que fera "Ensemble", question intéressante ?

    serge Le 8 février à 16:26
       
    • Et là, on embrayera sur la discussion sur les raisons qui voient la gauche de gauche ne pas profiter de l’effondrement du PS.

      serge Le 8 février à 16:30
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  • La question essentielle aujourd’hui est : il faut que le PS, les forces politiques et les électeurs associés perdent leur hégémonie "à gauche". Les discours de Hamon, dans la ligne de Hollande au Bourget, en témoignent : dire n’importe quoi pour rester les maîtres du jeu... Peut-être in fine en se rabattant sur Macron ? Faire miroiter aux alliés du PS des places aux législatives pour les en convaincre. Il faut casser cette logique terrifiante. Peut-on trouver ailleurs que chez JLM un début d’éventualité pour ce basculement ? Il faut donc, ne serait-ce que pour ce seul but, qui n’est pas forcément à court terme, voter JLM !

    Alain Brachet Le 12 février à 17:28
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