Accueil > Politique | Par Catherine Tricot | 12 novembre 2017

Ralite par Ralite

Jack Ralite est mort. Nous republions le long entretien qu’il avait accordé à Regards en mai 2013. Avec lui, nous avions feuilleté son album photo, évoqué ses passions pour des hommes, des femmes et des idées.

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Longtemps maire d’Aubervilliers, amis des artistes, militant de la culture pour tous, Jack Ralite s’était engagé pour la refondation communiste. Roger Martelli rend ici hommage à sa vie et ses engagements. Mardi matin, la midinale rendra hommage à Jack Ralite en accueillant son ami Yves Clot. En attendant, voici comment il se racontait en parcourant quelques images de sa vie (extrait de Regards, mai 2013).

Parmi les premiers entretiens que j’ai réalisé pour L’Huma-Dimanche, il y eut cette rencontre avec Jean-Paul Belmondo, sa femme d’alors et sa petite fille. Il venait de tourner Pierrot le fou de Jean-Luc Godard


JOURNALISTE

Jusqu’à mon élection comme député d’Aubervilliers en 1973, j’ai travaillé à L’Huma-Dimanche où j’ai contribué à créer la rubrique télévision. Au début, nous n’avions qu’un quart de page. On composait la rubrique
en corps minuscule pour en mettre le plus possible et pour que les lecteurs protestent qu’il nous fallait plus de place... C’est à L’Huma que j’ai nourri mes premières passions, pour la télévision et le théâtre. Je me souviens dans mon bureau des photos de Monica Vitti, Brigitte Bardot, Estella Blain et Marina Vlady... J’ai vécu les évènements de 1968 à l’ORTF. J’y passais mes journées et j’y ai noué des relations d’amitiés avec de nombreux réalisateurs d’alors.


ROBESPIERRE

Mon maître d’école avait fait une fresque du temps sur le mur de la classe. Je me suis retrouvé assis à côté du portrait de Robespierre. Il était écrit sous son image : L’Incorruptible. Il m’a fallu de nombreuses explications pour rentrer dans la compréhension de ce mot rare qui en définitive fut mon premier mot politique. J’étais gosse et j’aimais son allure, l’air gentil bien habillé. Il avait une élégance et j’apprécie l’élégance. On le représente vociférant, or c’était un orateur qui parlait doucement. Cet homme me semble une des plus belles figures de l’histoire de France. Il a écrit un texte merveilleux contre la peine de mort. Ce qu’il défendait en définitive c’était le droit d’existence...
La Révolution ne se résume pas à la Terreur. Ils étaient douze au comité de Salut public pour décider. Robespierre n’était pas seul. Il était un modeste avocat d’Arras et s’est construit dans la Révolution : il a théorisé et pensé la politique dans la Révolution. Gracq et Valéry ont écrit de belles choses sur lui. Que deux hommes d’une telle profondeur se retrouvent en lui me semble signicatif, non ?

NOSTALGIE DE PETITS RIENS

Je regrette la suppression des plateformes ouvertes à l’arrière des bus...

PARIS BERLIN SAINT-PÉTERSBOURG

Paris, Berlin, Saint-Pétersbourg sont mes trois villes préférées : elles ont su mêler le monde ouvrier et l’aristocratie.

Waldeck Rocher


AUBERVILLIERS

Je suis né à Chalons-sur-Marne. J’ai commencé ma vie d’adulte à Stains. Mais c’est à Aubervilliers que je suis devenu sujet. J’aime cette ville...
J’étais employé communal à Stains. À la suite de la violente manifestation contre le général américain Ridgway, on m’a demandé d’assister comme chauffeur le maire d’Aubervilliers d’alors, Charles Tillon. Un soir, il m’a dit : « Je t’appellerai. » Et il ne m’a plus jamais appelé : il avait été évincé par le parti.
André Karman lui succède comme maire. C’est lui qui me demande de prendre en charge la culture et l’enseignement au sein du conseil municipal. Ce sera le point de départ d’une nouvelle vie, ponctuée par des combats homériques pour un théâtre et deux lycées. On les a gagnés.
Waldeck Rochet était le député d’Aubervilliers. J’ai pour lui un immense respect et des pensées affectueuses. Secrétaire général du parti, il avait des idées neuves qui n’étaient pas en odeur de sainteté... et Aubervilliers était aussi un terrain d’expérimentation. Avec André Karman, on essayait de tester ses idées. Quand Garaudy a été écarté de la direction du PCF, Waldeck m’a suggéré de l’inviter à Aubervilliers pour parler de Picasso. Waldeck voulait lui adresser un geste. La conférence a été éblouissante.
La morale de Waldeck n’était plus à l’ordre du jour... Un peu comme Jean Vilar. Ces deux hommes étaient de la même trempe et il y a dans leur mort une part due au choc de 1968.
Deux événements l’ont bouleversé. Le premier, au cœur du mouvement de mai 68, est l’initiative prise par François Mitterrand de convoquer un meeting au stade Charléty pour proposer un nouveau gouvernement. Mitterrand, que Waldeck avait favorisé en 1965 comme candidat de toute la gauche à la présidentielle, écartait les communistes de son initiative. Waldeck l’a ressenti comme une trahison. Il ne faisait pas de coup tordu ; il en a toléré mais ce n’était pas son genre.
Le second événement, encore plus grave, fut l’intervention des Soviétiques pour casser le printemps de Prague. Je me rappelle de son retour de Moscou, avant l’intervention, après sa rencontre avec Leonid Brejnev. Quand il parlait, Waldeck faisait de grands mouvements de sa main droite.
Il m’a dit ce jour-là, avec ce geste que je revois : « J’ai vu comme si le mouvement communiste international s’effondrait. » Quand Waldeck est tombé malade et qu’on ne savait plus ce qu’il ressentait, j’ai passé plusieurs fois de longs moments à lui tenir la main et j’aurais juré qu’il me regardait.

LÉGION D’HONNEUR

La légion d’honneur, je ne l’ai jamais acceptée. Il y a trois choses que je refuse pour moi : les décorations, la propriété et l’héritage. Je n’ai pas de maison ; je n’ai pas accepté l’héritage même modeste de mon père. Et quand je remets des décorations, ce qui m’est arrivé, je glisse toujours une ou deux phrases pour en contester le principe.

En 1967, à Avignon. Je suis à côté de Jean Vilar (le premier sur la gauche) dans une de ses rencontres parallèles au festival.


JEAN VILAR

Jean Vilar est « mon père ». Il m’a pris et m’a projeté. Sans lui je serai resté maire adjoint d’Aubervilliers. Avec André Karman, il est celui qui m’a donné le gout et la pratique de l’innacoutumance.
Vilar a créé le festival d’Avignon en 1947 et en 1952 il dirigeait le TNP. C’était une invention énorme : suppression des pourboires, création d’abonnements, fête au sein du théâtre. On y mangeait aussi. Il avait fait comme un parti démocratique du théâtre. En 1964, il crée à Avignon les assises nationales de la culture. En 1966, les élus communistes prennent le tournant de la culture. L’hebdomadaire communiste France nouvelle publie l’intégralité du rapport que je présente lors d’une réunion d’élus. Vilar le lit et me demande de venir exposer ces idées à Avignon. À l’issue de cette conférence, il me dit : « C’est bien. Le drapeau rouge a flotté sur le festival d’Avignon ! » Nous n’avons plus cessé de nous parler. Notre amitié s’est soudée en 1968 quand Vilar a été attaqué conjointement par les gaullistes et les gauchistes. Il ne pouvait plus parler dans son festival ! Les soutiens lui étaient rares. Seul le maire d’Avignon, Maurice Béjart, Paul Puaux, les personnels et le PCF étaient à ses côtés. J’entends encore ce slogan scandé par ses opposants :« Vilar, Béjart, Salazar ! », en référence au dictateur portugais qui venait justement d’arrêter et d’expulser le chorégraphe.
Vilar a fini dans un sentiment de grande solitude. Je me souviens de sa réaction à un de mes textes prenant sa défense : « Encore une fois merci, mais encore une fois, vous êtes le seul. » J’ai de l’amour pour cet homme. C’est un recours pour moi.

CHANSONS

Mes interprètes préférés sont Ferré, Brel, Catherine Sauvage et Jean Ferrat... Mais les deux chansons qui m’émeuvent le plus profondément sont « Il est cinq heures, Paris s’éveille », de Jacques Dutronc et « Les vacances au bord de la mer », de Michel Jonasz.

ARIANE MNOUCHKINE

Mes rapports avec Ariane sont toujours conflictuels mais d’une énorme fidélité. Je ne l’ai jamais lâchée. Quand elle me voit, elle me lance : « Alors, Ralite, toujours communiste ? » Et moi je lui réponds : « Alors Ariane, toujours metteur en scène ? »

ISABELLE HUPERT

J’ai de nombreux amis parmi les acteurs et les réalisateurs. Michel Piccoli, Dominique Blanc, Jean-Marie Drot, Marcel Bluwal, Claire Denis, Fanny Cottençon, Bernard Giraudeau et Annie Duperey...
Et j’ai une grande tendresse pour Isabelle Hupert. Je me souviens de cette Mostra de Venise où, comme souvent, je n’étais pas invité. Je suis rarement invité... Je rencontre par hasard Isabelle Hupert dans la rue. Elle venait pour présenter deux films. Elle me dit : « Jack, vous vous mettez dans l’équipe de mes films. » Et j’ai fait tout le festival en sa compagnie. Le dernier soir, on a participé à un grand repas et Isabelle disait : « Jack Ralite, il est notre meilleur défenseur. » J’étais heureux. Son mari un jour m’a dit : « Isabelle ne peut rien vous refuser. »

Marcello Mastroianni me rend visite au ministère de la Santé.


MARCELLO MASTROIANNI

Il a été un grand ami. Un homme d’une délicatesse, d’une gentillesse, un homme merveilleux. On aurait dit qu’on avait un sapin de noël en bonhomme. Ettore Scola voulait nous faire jouer ensemble dans un de ses films. J’ai refusé. Je ne me suis pas dégonflé, non, je ne pensais ça pas compatible avec un mandat de maire d’Aubervilliers. Aujourd’hui, il m’arrive de le regretter.

RDA

Seul de ma classe à avoir choisi d’apprendre l’allemand à 10 ans, j’ai donc eu un professeur pour moi tout seul... J’avais beaucoup de sympathie pour l’Allemagne et j’allais souvent en RDA. Christa Wolf parlait de la RDA avec lucidité. Elle disait : « Des mots avaient quitté notre langage comme la beauté, la dignité, la gentillesse... Il y avait une telle agressivité des rapports. » Je me souviens de ces deux femmes qui discutaient au lendemain de l’ouverture du mur. Elles habitaient la même cité divisée en deux par le mur. Elles étaient heureuses de se retrouver. Elles parlaient aussi du prix des loyers de leurs deux appartements identiques. Je revois encore l’effroi dans le regard de la femme qui vivait à l’Est à l’évocation du loyer de l’Ouest, beaucoup plus élevé.

CHRISTA WOLF

Christa Wolf est née en 1929. Ella a subi une éducation nazie et vécu dans une famille qui ne disait pas non à Hitler tous les jours. En 1945, elle rencontre une adolescente de son âge qui venait d’être libérée des camps de la mort par l’armée russe. C’est un bouleversement qu’elle raconte dans Trame d’enfance. Elle adhère en 1949 au SED, le parti communiste d’Allemagne de l’Est. Elle écrira : « J’ai troqué trop tôt une idéologie contre une autre. » Elle entrevoit assez vite le conflit entre l’évolution historique de la RDA et l’épanouissement individuel. Elle forge dès 1968 le concept « d’authenticité subjective ». Elle n’en démordra plus. Malgré tous ses désaccords, elle n’a jamais décidé de quitter la RDA. Ce que je trouvais bien et que je trouve toujours bien. Elle a joué un rôle très important dans le soulèvement qui a abouti à la chute du mur et finalement à la fin de la RDA. Nous avons fait ensemble un meeting en 1990 sur Alexander Platz. Sa voix portait. C’était une grande voix, une voix originale.


LE COMITÉ CENTRAL

Quelques mois après la chute du mur, je retourne dans l’ex-RDA et je reprends une posture de journaliste. Je regarde et je cherche à comprendre. De retour à Paris, je veux en rendre compte à mes camarades. Lors d’une réunion du comité central, présidée ce jour-là par André Lajoinie, je commence à raconter. Comme tous, je suis soumis à la règle des 5 minutes de paroles. André me laisse déborder. Au bout de 15 minutes, il faut vraiment que j’arrête. Je proteste que c’est de l’égalitarisme... En vain. Normalement je m’asseyais au second rang, derrière Guy Hermier. Mais fâché que mes amis ne veuillent pas tout entendre, je vais m’installer au fond de la salle, à côté de Roger Martelli. Et je n’en bougerai jamais plus.

Juin 1981, quatre ministres communistes au gouvernement. De droite à gauche : Marcel Rigout, Anicet le Pors, Charles Fiterman et moi.


AU GOUVERNEMENT

Nous avions une réunion du comité central, place du colonel Fabien, qui s’est interrompue pour permettre à Marchais et son entourage d’achever les négociations sur l’entrée des communistes au gouvernement. Ça ne devait pas être long. Mireille Bertrand est venue me chercher : « Georges veut que tu montes. » Je monte absolument à mille lieux d’anticiper la raison de cet appel. J’attends dans le couloir. Marchais sort et me tend la main : « Bonjour monsieur le ministre de la Santé ». Ça fait tout drôle, crois-moi.
La radio et la télé annoncent partout notre entrée au gouvernement. J’arrive chez moi. Il y avait déjà plus de 50 appels. Tous d’artistes qui pensaient que je devenais ministre de la Culture. Quelques mois plus tard, dans un grand dîner organisé par François Mitterrand au restaurant Le train bleu, où il réunissait des artistes du monde entier, Marcello Mastroianni a interpellé le président : « Pourquoi ne pas avoir nommé Jack Ralite à la culture. » Évidemment Mitterrand a contourné la question. Marcello a insisté...

FRANÇOIS MITTERRAND

En 1981, François Mitterrand décide de rendre hommage à Jean Vilar et de se rendre à Avignon. Le président me demande d’être du voyage : j’étais le seul dans le gouvernement à avoir une relation très forte avec Vilar. Au programme, la visite d’une exposition consacrée au fondateur du festival d’Avignon. N’étant pas ministre de la Culture, je reste derrière. Mais on vient me chercher pour que je sois aux côtés du président. C’était sa façon à lui d’être unitaire. Mitterrand me propose de rentrer avec lui à Paris. Dans l’avion, Mitterrand me demande : « Vous auriez aimé être ministre de la culture ? » Je lui réponds : « Je peux vous le dire à 1200 mètres d’altitude. »
Quand Jack Lang exposait un problème au conseil des ministres, Mitterrand demandait : « Et qu’en pense Monsieur le ministre de la Santé ? » J’intervenais souvent en soutien de Jack Lang. Un jour, il m’a raconté que lorsque Mitterrand l’a nommé à la culture il lui a donné deux conseils : faire au plan national ce que le PCF avait fait dans les communes. Regarder les fréquentations de Ralite... et les imiter.

Le dernier anniversaire de Louis Aragon. Au restaurant avec Louis, et Guy Hermier (à mes côtés) et Lucien Marest (debout derrière moi).


ARAGON

En 1952, je ne sais pour quelle raison, la ville de Paris a accepté d’ériger en statue une voiture Ford à la place du buste de Victor Hugo. C’était le 150e anniversaire de sa naissance. Ce fait a mis Aragon dans une furie mémorable. Il décide de faire une conférence « Hugo, poète réaliste ». J’allais enfin pouvoir voir Aragon. Et je l’ai entendu ! Il parlait un peu comme Malraux. Ça m’a bouleversé.
Nous nous sommes vraiment rencontrés en 1966. Elsa Triolet cherchait un régisseur pour une exposition qu’elle organisait sur Maïakovski. Pendant un an, j’ai donc passé mes samedis chez Louis et Elsa. C’était merveilleux. Elsa voulait que l’expo soit très moderne. Elle a fait appel à Chem, le père de Paul Chemetov, qui était un peintre, un graphiste. Ensemble, ils ont conçu l’exposition. Ils se parlaient parfois en russe, je n’y comprenais rien. J’avais alors droit à une pâte de fruit. Le soir, Aragon sortait de son bureau et nous lisait ses écrits, souvent violemment antisoviétiques... Son influence a été essentielle pour la politique culturelle des communistes. Il a posé les bases d’une politique de liberté en matière artistique.

ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA CULTURE

En 1986, sous Mitterrand, la télévision est très malmenée. Les milieux culturels étaient en insurrection contre la privatisation de TF1, la création de M6, la naissance de la première chaîne payante, Canal +, et la cinquième chaîne de Berlusconi.
Ce mouvement a donné naissance aux États généraux de la culture. Plus de 6000 personnes, rassemblées au Zénith de Paris ont adopté une Déclaration des droits de la culture traduite en quatorze langues. Nous disions : « Un peuple qui abandonne son imaginaire culturel à l’affairisme se condamne à des libertés précaires. » Ça a été un mouvement formidable.
On a beaucoup voyagé, rencontré des intellectuels et des artistes dans
le monde entier. J’avais créé un espace de travail sans le parti, pas contre. Marchais l’avait compris. Au contraire de certains communistes qui ne voyaient pas pourquoi je ne faisais pas tout ça au sein du parti.

CHARLES FITERMAN

Charles et moi nous sommes connus très tôt, quand il était secrétaire de Waldeck Rochet... Nous avons été ensemble ministres de Mitterrand. Mais notre amitié est consécutive aux évènements [en 1984, un mouvement de contestation inédit et exceptionnel souffle au sein de la direction du PCF. Charles Fiterman, numéro deux du PCF, en fut une figure emblématique, ndlr]. En, 1984, je lui ai dit : « Tu sais, je pense comme toi. » Il en était très content. Il faut savoir entendre les silences de Charles. Guy Hermier parlait, Charles est un silencieux.


ANTOINE VITEZ

De tous ceux que nous avons évoqué, il est l’homme que j’ai le plus aimé. Avec lui je parlais absolument de tout. Il est mort brutalement d’une rupture d’anévrisme en 1990, un samedi soir de la nuit des Molières qu’il avait contribué à créer. Il avait 59 ans. Comme Jean Vilar. « Antoine Vitez c’était pour moi comme une horloge exacte de la conscience, comme un arbre où cueillir des fruits à penser et à plaisir. Antoine Vitez c’était pour moi un communiste de toujours et pour toujours simplement marchant depuis treize ans apparemment seul et pourtant à l’unisson de beaucoup. Il pensait que la chute du socialisme autoritaire et les bouleversements qui l’accompagnaient pouvait ouvrir enfin la porte à Goethe et à Galilée contre tous les Méphistophélès. (...). ».

YVES CLOT

Yves Clot fait partie avec Vilar et Vitez des personnes qui m’ont le plus influencé. C’est une très grande rencontre intellectuelle et humaine.
Le sens même de sa recherche – la réalité du travail – est une des plus grandes questions de société. Il a apporté des innovations incontournables.


ALGÉRIE

On est en 1957, et ma cellule a organisé une manifestation pour la paix en Algérie.


LUTTE SOCIALE

Lip et Rateau sont les deux grandes grèves de l’année 1973. Durant 4 mois, j’y suis allé tous les jours. Ici, j’accompagne Jacques Duclos.


DROIT AU LOGEMENT

Avec le combat pour les sans-papiers, celui pour le droit au logement m’a aussi beaucoup mobilisé. Ici, la première occupation, rue du Dragon, par le DAL, avec Jean Baptiste Eyraud.

Pour réaliser cet article, nous nous sommes vus trois fois.
Il aurait fallu parler plus longuement « de Gabriel Garran, le fondateur du
théâtre d’Aubervilliers. De Leïla Shahid, la combattante palestinienne, une relation personnelle rare. De Lucien Marest, l’ancien secrétaire du comité central de Rhône-Poulenc, devenu un complice en politique culturelle. Du poète Bernard Noël, le plus fin penseur des États généraux de la culture. De Roland Leroy qui installa la politique culturelle du parti pensée par Aragon.
De Paquita Rodriguez, mon organisatrice rigoureuse et sensible. De Claudine Vally, ma mémoire. De Didier Bezace, le directeur du théâtre d’Aubervilliers qui doubla le public sans céder sur la recherche de l’impossible. De Claudine Josèphe ma complice dans mes aventures culturelles. De Mahmoud Darwich, le plus grand chant arabe de l’universel. De Luciana Castellina, ardente militante communiste italienne qui m’a écrit un jour : « Il est sûr qu’il y a eu des erreurs et des horreurs au 20° siècle, mais il a été aussi le temps dans lequel on a osé penser l’impensable. Il faut témoigner de ce passage historique, solliciter une réflexion critique, mais ne pas être complice de son effacement. Il faut redonner un sens à la politique ».

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