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Accueil > Société | Par Cyril Lecerf Maulpoix | 18 janvier 2018

Réfugiés : violente expulsion sur un vol Air France Paris-Kinshasa

Jeudi 18 janvier, l’intervention de forces anti-émeutes au sein d’un vol Air France Paris-Kinshasa, malgré l’opposition de plusieurs passagers, illustre le durcissement et la violence de la politique anti-migrants de l’ère Macron.

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À la suite des récentes circulaires sur la politique migratoire critiquées par de nombreuses associations et membres de la société civile, le gouvernement continue de hausser le ton et maintient coûte que coûte sa politique d’expulsion et de déportation des migrants.

Illustration, jeudi 18 janvier, à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, où nombreux furent ceux qui se rendirent afin de tenter d’empêcher l’expulsion d’un homme congolais qui vivait en France depuis 2006 et dont les enfants étaient nés en France.

Menaces et brutalités

Un jeune militant présent sur place raconte : « Nous avons commencé à discuter dans l’aéroport pour sensibiliser les passagers afin qu’ils puissent s’opposer à cette déportation forcée. La police des frontières en a repéré certains au sein de notre groupe pour les emmener directement au poste, ce qui est assez rare », explique A.

Après avoir échangé quelques numéros avec les futurs passagers, ces derniers reçoivent plusieurs coups de téléphone dont celui d’une passagère qui leur explique la mobilisation de nombreuses personnes au sein du vol pour empêcher la déportation. « Il y avait des cris, beaucoup de monde refusait de s’asseoir. La dame nous expliquait que la police les traitaient comme des animaux. Ils en seraient venus à menacer les passagers, qui étaient pourtant dans une complète légalité, de les poursuivre en justice s’ils ne coopéraient pas », rapporte notre témoin, un peu plus tard.


Les policiers sont vêtus de boucliers anti-émeute, « un fait inhabituel », explique N, un autre membre du collectif, habitué des opérations anti-expulsions depuis plusieurs mois. L‘homme congolais crie, pleure et proteste. « Les gens ne pouvaient pas s’approcher, certains passagers ont expliqué qu’il était empêché de parler, voire étouffé par plusieurs policiers. »

Comme souvent, les passagers sortent leurs portables afin de filmer la police, ce qui reste évidemment légal. Les forces de l’ordre tentent cependant à supprimer les vidéos, leur confisquent les portables et les menacent. Certaines très explicites, parviennent cependant au collectif.

« C’est du classique »

Vers midi, on annonce par téléphone au collectif que plusieurs personnes auraient été débarquées de l’avion pour permettre au vol de partir. « La passagère avec laquelle nous étions en contact nous a expliqué qu’ils dirigeaient des bombes lacrymogènes vers des passagers dans l’avion, qui avait notamment à son bord des enfants et des personnes âgées », ajoute A. Puis c’est au tour de l’équipage du vol d’être remplacé une heure avant.

Selon un militant, ce nouvel épisode est la preuve « du durcissement de la politique d’expulsion et d’une politique du chiffre qui a cours depuis des mois ». « Tous les gens faciles à expulser le sont en raison d’accords avec les pays d’origines ou l’espace Schengen. »

Quant à la confiscation des portables, les violences et le débarquement de passagers protestataires, « c’est du classique ». Les cas de brutalités et de violences sont extrêmement nombreux, mais peinent pourtant à faire réagir médias, associations et classe politique. En novembre dernier, lors d’un vol Air France Copenhague-Paris, un jeune algérien de trente-quatre ans mourait ainsi dans les mains de la police danoise.

N. ajoute : « Il y a des personnes à qui l’on met des casques de boxe, que l’on pique pour les endormir ou que l’on gave de somnifères pour ne pas résister. Il y a aussi des passages à tabac, des étouffements, des ceintures pour les maintenir ». Des exemples parfois difficiles à prouver en raison de la suppression de vidéos ou de la peur de poursuites. Des exemples tragiques et inhumains qui se heurtent pourtant à de multiples protestations et réactions solidaires de la part des passagers sur les vols en direction de l’Afrique ou du Moyen-Orient.

Silences complices

« Sur les vols intra-européens, c’est triste à constater, mais il est très difficile d’empêcher une déportation car beaucoup de Blancs ferment les yeux. En revanche, dans le cas des vols vers l’Afrique par exemple, les gens se révoltent et résistent. D’habitude, pour Kinshasa, on réussit souvent à empêcher ces expulsions », déplore N.

Jeudi 18 janvier, pourtant, les menaces et les violences auraient eu raison de la mobilisation au sein du vol. Maintenu au sol pendant plusieurs heures sans pouvoir sortir, certains passagers auraient fait également des malaises. « Évidemment, les gens finissent par craquer », constate A. L’avion aurait été retardé donc de plusieurs heures et serait donc parti avec le jeune Congolais à son bord.

Alors que les expulsions se multiplient à raison de quatre ou cinq par jour dans certains centres de rétentions « pleins à craquer en raison de l’augmentation des détentions », selon un militant, les nouvelles circulaires de Gérard Collomb ne devraient faire qu’empirer la situation. Une situation qui invite également à interroger le rôle de la compagnie Air France, en contrat avec l’État. Et, pour le moment, la compagnie se mure dans un silence complice…

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Vos réactions

  • Nous ne sommes pas clairs sur les questions d’immigration. C’est essentiel . Il n’y a aucune chance de gagner l’électorat populaire en déshérence si  :

    1.Nous ne nous prononçons pas EN MEME TEMPS pour le non accueil de toute la misère du monde et pour la régularisation de tous les sans papiers actuellement sur le territoire national.

    2. L’engagement de ne plus accueillir dans l’avenir et pour toujours que ceux qui sont issus de pays recensés où les droits de l’homme sont bafoués et qui demandent explicitement le statut de réfugié politique. Donc 10 % des 100% actuels.

    Les français , dans un monde qui va trop vite pour eux et qui se replient sur l’identitaire, aspirent à être chez eux même si objectivement ils le sont. C’est le ressenti qui compte. LFI ne pourra arriver au pouvoir qu’à cette condition (entre autres ).

    Les gens attendent de nous que nous nous comportions comme crédibles à l’alternative et pas que nous les bassinions de moraline....

    Dominique FILIPPI Le 19 janvier à 14:30
       
    • @D. Filippi - au risque de faire de la moraline, je ne crois pas que la problématique migratoire en France ne se pose qu’en terme de savoir si nous devons accueillir toute la misère du monde, car de fait s’il peut s’agir de la perception qu’en ont une majorité de français, ce n’est pas factuellement ce à quoi nous sommes confrontés... En effet, tous les demandeurs d’asile ou migrants économiques de la planète sont bien loin d’affluer vers l’hexagone ou ses territoires ultra-marins (chiffres à l’appui).

      Le laisser dire voir adhérer à ce discours contribuerait à tolérer la mise en place de ce qu’il faut bien considérer comme une politique publique, la politique migratoire, sur la base d’un mensonge d’Etat qui n’a d’autre vocation qu’un populisme d’extrême droite, ou pour les plus édulcorés, d’une approximation grossière bien loin de la réalité. Il faudrait au contraire, combattre le fantasme de "l’invasion" sous-tendue au nom de l’exigence d’honnêteté à laquelle devrait s’astreindre tout projet politique.

      Quant à l’engagement de n’accueillir que des réfugiés politiques à l’avenir (j’imagine dans le cas d’étrangers en situation irrégulière ), il ne pourrait de toute façon pas être tenu car d’une part :

       où faut-il renvoyer les individus dont personne ne connait le pays d’origine ? Et les cas peuvent s’avérer très long à traiter...

       Que faire des étrangers qui ne viennent pas d’un pays recensé comme une dictature mais qui ont vécu une atteinte évidente, délibérée et notoire à leurs droits (à cause d’une politique étatique, comme les Roms en Europe, ou non, comme bon nombre d’homosexuels dans des pays ou nombre d’occidentaux vont en vacances).

       Que faire des "réfugiés climatiques" qui vont commencer à affluer sans nul doute dans les années à venir et dont le statut n’existe pas encore mais dont il est probable qu’il n’auront aucune possibilité de retour ?

      Lorsqu’une pathologie se déclare chez un individu et qu’il sombre petit à petit dans la psychose et la paranoïa, c’est difficile de le soigner mais on essaie quand même ! On ne le laisse pas s’enfoncer doucement dans son délire au motif que puisqu’il nie la réalité, alors il n’y a rien à faire d’autre que de le conforter dans sa vision fantasmé du monde... L’éducation populaire fait partie de ces actions à privilégier pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès au savoir, à la connaissance et de s’adonner sans limite au travers de l’esprit critique. Un bon remède à la bêtise en somme.

      Je crois qu’à minima, le rôle d’une formation politique est de proposer une grille de lecture du monde qui correspond à une réalité avérée et qui soit en mesure d’aider à mettre en place les solutions aux vraies problématiques (et non celles "rêvées" par un petit nombre obnubilé par la haine de l’Autre à qui les médias offrent tribune pour les raisons que chacun jugera ) qui congestionnent toute ambition à faire progresser la justice et l’équité dans nos sociétés.

      Renoncer aux droits de l’Homme est déjà le projet du néolibéralisme, au nom de quoi faudrait-il s’aligner ?

      carlos Le 19 janvier à 17:07
    •  
    • Sur le fond ta position est tout à fait morale et bien évidemment respectable mais elle place LFI dans un camp mortel en politique ...le camp de l’inaudible pour un mouvement qui veut gouverner la France...c’est suicidaire...

      Dominique FILIPPI Le 19 janvier à 23:29
    •  
    • SUITE....
      @" L’éducation populaire fait partie de ces actions à privilégier pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès au savoir"....Je te trouve fort sympathique mais permets moi de te dire que tu rêves debout mais çà ce n’est pas le plus grave....Le plus grave c’est que si ta position est celle de LFI ....alors oui la marginalisation est certaine. Tu prendras cette franchise pour de l’opportunisme le plus plat moi j’appelle çà avoir les pieds sur terre et surtout vouloir rassembler notre peuple. Si tu ne rassembles pas....tu auras une situation de l’immigration encore plus tendue...

      Dominique FILIPPI Le 19 janvier à 23:55
    •  
    • @D. Filippi - En fait, ma position qui n’engage nullement les autres sympathisants de la France Insoumise et encore moins LFI elle-même, se résume à ma dernière phrase... En effet, à quoi bon vouloir le pouvoir, si c’est pour en faire cadeau à ceux qui en font le pire usage !

      En effet, en politique, l’Histoire montre que la fin et les moyens se conditionnent mutuellement si bien qu’il n’y a pas grand espoir pour la démocratie moderne à invoquer Macchiavèle pour justifier la méthode...

      Or, lorsque je vous lis, je comprends que la fin, à savoir "accéder au pouvoir", justifie les moyens, à savoir "dire au peuple ce qu’il veut entendre"... Impossible alors d’espérer changer les choses et préparer un avenir meilleur pour nos enfants.

      Carlos Le 20 janvier à 01:02
  •  
  • Super reportage, et merci à "Le Média" de m’avoir fait découvrir ce site ;)

    J’ai vécu une histoire similaire en prenant un vol paris-abidjan, la violence de l’explulsion vous prend aux tripes.

    Max mad Le 19 janvier à 20:28
       
    • T’as bien de la chance , bobo ,de prendre l’avion comme d’autres prennent le bus, le RER , le TER ou le métro pour aller gagner leur croûte et côtoyer tous les jours sauf le dimanche la misère du monde sans rien y pouvoir , mais qui te prend aux tripes au coin de la rue !

      Lionel B Le 20 janvier à 20:14
  •  
  • 2 pays d’origine sont cités dans l’article:le Congo et l’Algérie : il n’y a ni guerre ni dictatures dans ces pays

    Aliona Denissova Le 20 janvier à 03:20
       
    • Pas de guerre en RDC ??? Vous résumez à merveille l’ignorance, voire le mépris, qu’ont beaucoup d’européens à l’égard de l’Afrique en général, et dans ce cas précis de la République Démocratique du Congo... Renseignez vous avant d’étaler cette ignorance dans un commentaire, on a dépassé le cap des 6 millions de morts en 20 ans dans l’est du pays, un chiffre comparable à la shoah.
      Et la répression à balles réelles d’un président dont le mandat a expiré depuis plus d’un an contre son propre peuple, c’est de la démocratie de bisounours ?

      Orpheo Le 21 janvier à 17:08
    •  
    • @Orpheo : apprendre la géographie avant de monter tout haut sur ses grands chevaux.

      Si l’on parle du Congo, cela fait généralement référence à la République du Congo, pas à la République Démocratique du Congo.

      Brazzaville vs Kinshasa.

      Certes Brazzaville a un régime de type plutôt autoritaire, mais ce n’est pas l’enfer sur terre non plus.

      Hans Le 24 janvier à 17:57
    •  
    • @Orpheo. Mea culpa, j’avais râté que l’avion était pour Kinshasa, mais cela reste non clair quant à la nationalité de l’expulsé, les deux villes étant l’une en face de l’autre et l’article n’étant pas clair sur l’origine congolaise (en francais, congolais sans autre ajout fait reférence au Congo-Brazzavile normalement).

      Hans Le 24 janvier à 18:02
  •  
  • @CARLOS
    Ce n’est pas par réflexe stalinien ou machiavélique que je dis qu’il faut donner des papiers à tous les étrangers présents qui le souhaitent et réserver ensuite ces papiers aux politiques donc fermer 90% des entrées futures. Je prends cette position pour la simple raison qu’en politique il faut faire des choix - et souvent ces choix déplaisent - ,que les bons sentiments n’y ont guère de place...Un Etat comme la France soutenu par la majorité des Français a les moyens de faire respecter une non dilution de notre identité car c’est de cela qu’il s’agit. Tout le reste est du roman, rêverie d’étudiant soixante-huitard. Jamais notre peuple n’acceptera une telle mutation culturelle - notamment celle qui nie l’égalité homme-femme - C’est tellement évident qu’on a peine à le dire.

    Dominique FILIPPI Le 20 janvier à 06:43
       
    • @D. Filippi - Vous conviendrez que je n’ai pas évoqué Staline... Pour ce qui est de l’invocation à Macchiavèle, il s’agit de souligner, quant à votre approche, le recours au cynisme et à la manipulation politique dans l’accession et le maintien au pouvoir : n’y a t’il rien de cynique pour vous à régulariser tous les sans papiers qui travaillent et dans le même temps, à rejeter indifféremment, sans aucune possibilité de recours, tous ceux des étrangers qui ne viendraient pas de pays en guerre alors même que le droit international leur permettrait du fait qu’ils auraient subit une atteinte inacceptable à leur droits humains de bénéficier d’un droit d’asile équitablement consenti ?

      Vous parlez du fait que seul compte "l’impression" du peuple dans l’approche de l’immigration et que le rappeler à la réalité serait contreproductif politiquement... Je ne peux que vous concéder une certaine constance dans l’application de cette logique car, de fait vos préconisations indiquent que, comme le prince de Macchiavèle, LFI au pouvoir n’aurait pas à être juste, il suffirait que par un petit jeu de mesures politiques elle le paraîsse !

      Pour autant, ce qui m’inquiète dorénavant et que vous introduisez dans votre dernier commentaire c’est l’idée que la culture française est menacée, et même au-delà, ses valeurs... Et j’entrevois dans votre référence à l’égalité homme/femme, l’allusion que cette menace proviendrait d’une religion particulière... Je me trompe ?

      Je crois du coup qu’il est important de rappeler que les lois de la République ont pour objet les citoyens et de façon claire les individus, non les communautés (qu’elles soient religieuses ou non). A ce titre, s’il y a des lois qui punissent la stigmatisation, qui faut il le souligner, est un principe totalement contraire à la démocratie en ce qu’il instaure le pouvoir d’une majorité sur une minorité, il n’y aura jamais de lois décrétant la nécessaire soumission d’une majorité aux valeurs d’une minorité quelle qu’elle fusse... sauf à ce que celle-ci soit en mesure d’imposer un droit technocratique qui se légitime en dehors de tout contrôle démocratique (ce que notre chère oligarchie a seule les moyens de faire aujourd’hui... Il est sûr qu’à moins que toute cette élite ne se découvre une fibre religieuse, nous sommes loin du grand "remplacement" annoncé par l’extrême droite).

      Carlos Le 20 janvier à 09:26
    •  
    • En politique ce qui compte ce n’est ni la morale ni même les faits. C’EST LE RESSENTI en raison de la toute puissance de l’idéologie dominante qui est une idéologie inégalitaire . Et çà pour quelques siècles encore ...Attendre ?

      Dominique FILIPPI Le 20 janvier à 09:48
    •  
    • Le danger ne vient pas de l’immigration, chiffres à l’appui, mais de la propension d’une idéologie totalitaire à restreindre les droits et libertés de tous au profit de l’intérêt de quelques uns... Et là par contre, il y a de quoi illustrer, démontrer et argumenter pour convaincre... Contrairement au premier qui tient plus du fantasme que d’autre chose. Pour le coup, rappeler cela, ce n’est pas s’adonner aux vieilles lubies soixantehuitardes mais s’atteler à partir du constat d’une réalité avérée pour espérer la changer... Plutôt que d’agiter les bras pour au final ne rien changer au fond du problème qui mine notre société : injustice et inégalités !

      Carlos Le 20 janvier à 09:49
  •  
  • @Carlos Le 20 janvier à 09:49

    Tu sous-estimes lourdement le poids de l’idéologie chez les français et de la religion chez les entrants d’hier , aujourd’hui et probablement demain. Tu ne peux, ce faisant, que revenir à une vision moralisatrice du monde donc idéologique. Si LFI, si Mélenchon continuent sur ce chemin...on aura suscité une grande espérance pour rien. C’est une certitude. Maintenant si tu préfères la morale aux certitudes....il y a un endroit pour çà : le séminaire.

    Dominique FILIPPI Le 20 janvier à 10:16
       
    • Je parlais des pays recensés donc en guerre.

      Dominique FILIPPI Le 20 janvier à 11:25
    •  
    • C’est à dire une minorité . Allons jusqu’à 20%....Les autres sont chassés par la misère et le miroir aux alouettes. La solution c’est une rupture radicale avec le néocolonialisme. It’s a long way....

      Dominique FILIPPI Le 20 janvier à 11:29
    •  
    • @D. Filippi - si tous les étrangers arrivant de pays en guerre ou de régimes totalitaires sont en mesure d’accéder au statut de réfugié, il n’est pas juste et honnête de considérer tous ceux arrivant de pays qui ne le sont pas comme des migrants économiques !

      En effet, comme cela a déjà été dit, beaucoup de pays où les occidentaux passent leur vacances présentent de nombreux cas d’atteintes aux droits humains ( je citais de façon emblématique tout à l’heure la persecussion dont peuvent faire l’objet les homosexuels)... Faut il donc opérer une politique d’accès aux demandes d’asile littéralement discriminatoires, sans possibilites de recours, à la manière de ce que souhaite faire G. Collomb autant qu’E. Macron, et s’assoir ainsi sur des textes internationaux que le rayonnement des valeurs françaises des lumières ont participé à mettre en place ?

      On peut le faire et le revendiquer, mais alors il faut oublier de vouloir se poser en Etat de droit... Si la France Insoumise prend ce chemin la, je la vois mal avoir un autre destin que celui qui attend les partis politiques de gouvernement que nous avons supportés jusqu’ici, avec le dégoût croissant affiché par nos concitoyens pour la parole politique et l’hypocrisie qu’on lui reproche.

      Carlos Le 20 janvier à 12:17
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  • @D. Filippi -
    Sur le fait que seul compte le "ressenti" des gens en politique, il est important que tu comprennes que si une formation politique qui se veut "progressiste" admet ce principe comme étant le moteur de son action, alors il ne faudra pas s’étonner de n’avoir pour tout résultat tangible que la perenisation d’un modèle de communication visant à orienter les "opinions" plutôt que la mise en place de solutions à des problèmes concrets... C’est d’ailleurs ce qu’ont déjà fait et continuent à faire les gouvernements successifs : on ne resoud aucun problème mais on se démène pour que les gens pensent que tout est fait pour que ca aille mieux... Je pointe du doigt le risque que cela constitue de vouloir que la FI fasse sienne cette méthode, à savoir qu’elle sombre dans la manipulation de l’opinion dont on finira par se demander à juste titre à quelle fin ? S’il faut évoquer l’efficacité de l’action politique, alors "Convaincre" le plus grand nombre s’avèrerait factuellement être la condition optimale pour qu’elle puisse s’inscrire dans la durée avec l’assentiment de tous.

    Sur le poids de l’idéologie chez les français et de la religion chez les entrants, de quoi parle t’on exactement ? D’une idéologie de droite ? D’extrême droite ? Du poids de l’Islam chez les étrangers ? Sur le premier point, j’avoue ne pas te suivre à moins que tu ne sois en train de dire que les français sont foncièrement de droite, ce que je trouve réducteur et donc inexact. Peux-tu expliciter stp ? Sur le deuxième point, si tu penses qu’il y a un problème avec l’Islam, alors dis le clairement... Je te répondrais qu’une religion ne pose problème qu’a partir du moment ou elle arrive au pouvoir. D’ici là, il s’agit simplement de régler des problèmes de "voisinages" que les lois de notre République laïque sont tout à fait en mesure de régler dans le respect et la dignité dûs à tout citoyen ou plus communément à tout être humain. Car à moins de faire l’amalgame entre Islam et islamisme terroriste politique, la République ne doit pas en soit opérer de différences de traitement entre une religion et une autre, à savoir leur garantir que la liberté de conscience sera préservée, car je le répète, l’objet de la république ce sont les règles, droits et libertés qui doivent s’imposer aux individus et non aux communautés... Le terrorisme quant à lui doit être combattu fermement.

    Sans avoir à évoquer la morale comme pierre angulaire de l’action politique, il n’y a pas grand espoir d’arriver à la préservation d’un Intérêt Général si l’on ne se réfère pas à quelque chose de plus grand que notre propre individualité, à savoir le sentiment partagé d’un destin commun capable de cristalliser une unité pérenne... La certitude, prise à la manière d’un pragmatisme sur la fatalité des conduites humaines, conduit difficilement à autre chose qu’a la résignation devant un état des choses et donc à une inaction relative de fait justifiée.

    Après, sur le séminaire, je doute de pouvoir contenir suffisamment mes pulsions pour arriver à la frustration sexuelle nécessaire pour devenir un bon homme d’Eglise... Hum...

    Carlos Le 20 janvier à 11:48
       
    • On parle de l’idéologie dominante qui est celle de la classe dominante. Elle est transverse aux clivages traditionnels. Il faut faire avec et pas cultiver l’illusion de gagner la majorité à l’idée qu’on peut accueillir tout le monde . C’est rêver ! Et flanquer la trouille aux gens ....tu baignes en plein idéalisme !

      Dominique FILIPPI Le 20 janvier à 15:50
    •  
    • @D. Filippi - cultiver l’illusion de gagner la majorité à l’idée qu’on peut accueillir tout le monde .

       si par tout le monde, tu entends uniquement ceux qui entendent rester en France, alors je te laisse consulter les chiffres pour te convaincre du fait que l’effort réel à consentir pour la France relève moins de l’exploit extraordinaire que de la volonté d’y mettre des moyens déjà disponibles. Qu’il faille convaincre de cela ceux qui par croyance ou idéologie nient toute preuve et argument en ce sens, je doute que ça soit faisable ... Mais constituent ils vraiment la majorité ? Je pense au contraire qu’ils ne sont qu’un noyau dur, le reste de la population subissant plus les manipulations d’opinions ( que je dénonce) que faisant montre d’une réelle certitude sur le sujet...

      Carlos Le 20 janvier à 20:50
  •  
  • la personne expulsée vivait depuis 2006 en France : 12 ans !! et qu’est ce qui avait changé dans son insertion depuis ??? et les enfants, ils n’ont plus de père pour les nourrir et protéger ??? c’est n’importe quoi et devant les problèmes climatiques que nous rencontrerons de plus en plus, nous aurions intérêt à repenser l’immigration de manière plus sensée : accepter tous les êtres qui savent vivre sur le territoire !

    annette Le 20 janvier à 11:59
       
    • Que faire de ceux qui ne savent pas ? Les refuser ? Comment reconnaître les uns et les autres d’une manière sensée ? Si on pose la question : ‘savez-vous vivre sur le territoire ?’ tout le monde répondra oui, dans l’espoir d’une vie meilleure. Alors il faut trouver autre chose. Quoi ? Personne n’a la réponse, en admettant qu’il puisse y en avoir une.

      Glycère Benoît Le 20 janvier à 13:52
    •  
    • @glycere - c’est assez rare pour être souligné mais il me faut bien admettre que j’aurai bien répondu la même chose que vous... À une nuance près...

      Il n’y a pas que la capacité des étrangers à "savoir vivre" en France, s’"intégrer" dirions nous autrement, qu’il faut interroger, mais aussi la capacité des français, dans un monde où les populations sont obligées d’être de plus en plus mobiles (les français eux mêmes n’y font pas exception), à accepter des "voisins différents"... C’est l’autre aspect de la problématique qu’il ne faut pas oublier à l’heure ou, malgré des chiffres sur l’immigration (regulière y compris) qui démontrent que la France est loin d’être une terre d’accueil (le sujet de l’article d’ailleurs illustre parfaitement le type de traitement susceptible d’être réservé aux étrangers en situation irrégulière), les français eux, sondages après sondages, estiment trop nombreux les étrangers présents sur le territoire...

      Certains émettent l’hypothèse, parce qu’il s’agit d’un phénomène qui dépasse nos frontières, que c’est une conséquence de la mise en concurrence économique et sociale permanente des peuples, dans une compétitivité sans fin, qui amène à exacerber les sentiments nationalistes ou plus specifiquement identitaires... Si l’on ajoute à cela le contexte sécuritaire lié à la préservation d’intérêts au niveau international, aux attentats terroristes et la tendance de certains intellectuels ou médias à accentuer la méfiance de l’Autre en essentialisant la menace, qui de fait transforme tout musulman ( dont le nombre des victimes du terrorisme islamiste reste inégalité jusqu’ici) en terroriste potentiel ou du moins, en ennemi de la République laïque, on ne peut effectivement pas aboutir à une conclusion simple sur la manière de traiter cette problématique.

      Carlos Le 20 janvier à 14:58
    •  
    • @Carlos. Il faut aussi interroger la capacité des immigrés à s’assimiler. On peut même se poser la question de savoir si l’assimilation n’est pas un meilleur objectif que l’intégration. Il s’agit de deux concepts différents. Pourtant on ne parle jamais d’assimilation. On observe au passage que, sur le sujet, la gauche détermine seule le registre lexical à utiliser. C’est elle qui a relégué l’assimilation, le mot et la chose, au rang des interdits, et la droite l’a entériné. Pourquoi ? La gauche aurait-elle vocation à fixer unilatéralement le langage de la politique ?

      Quant aux Français, maîtres chez eux par définition, autrement ils ne seraient pas un peuple souverain, ils n’ont pas à dépendre de l’étranger pour déterminer leur mode de vie. Toute question touchant à leur organisation en société doit être arbitrée par eux seuls. C’est ensuite aux immigrés de s’y adapter, non l’inverse.

      Glycère Benoît Le 21 janvier à 08:55
    •  
    • @glycere - vous avez raison, "assimilation" et "intégration", de part leur origine peuvent revêtir des sens totalement différents et la nuance que j’apportais à votre propos n’était pas complète... C’est chose faite.

      Par soucis du détail, je me dois de vous préciser que j’ai utilisé à dessein le terme "intégration" car il est majoritairement utilisé par ceux qui partagent l’idée qu’il y a un problème avec l’immigration ( terme notamment très utilisé dans le discours du FN). C’est donc d’un constat subjectif qu’est partie le choix du mot... Pour clarifier encore ma position, je partage la définition réservant "l’assimilation" au champ culturel, et "l’intégration" au champ social. Donc, je ne pars pas du principe qu’un camp politique puisse en interdire l’usage, ou le confisquer.

      Ceci étant dit, je vois pas en quoi le fait de préciser que la problématique de l’immigration présente au moins 2 volets :

      1) l’intégration ou l’assimilation... du point de vue de l’étranger,

      2) la propension à accueillir et les modalités d’interaction formelles et informelles avec l’étranger présent sur le territoire,

      tous deux pouvant révéler les freins susceptibles de causer des problèmes, empêche de considérer que ce sont les français, dont nous faisons tous partie, moi y compris, qui doivent décider, EN CONSCIENCE, de la politique migratoire à établir et plus globalement du traitement qu’on réserve aux étrangers sur notre sol ! Car enfin, plus on saisit la complexité d’une situation, d’autant plus lorsqu’on est soi-même impliqué, plus on est à même de choisir la solution la plus adaptée aux problèmes qu’elle pose !

      Carlos Le 21 janvier à 10:00
  •  
  • Lis le chapitre sur les AIE ( Appareils Idéologiques d’Etat) dans "Initiation à la philosophie pour les non philosophes" de Louis Althusser ....çà n’a pas pris une ride !

    Dominique FILIPPI Le 21 janvier à 08:16
       
    • à condition d’aimer lire des choses difficiles

      Dominique FILIPPI Le 21 janvier à 08:22
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    • @D. Filippi - Je ne crois pas que l’idée d’Althusser, en tant que philosophe membre du parti communiste, était de présenter les appareils idéologiques d’Etat comme pratiquement indépassables dans leurs résultantes pour quiconque mènerait un combat de conscientisation politique. Il précise lui-même que leur importance en fonction des contextes ( notamment historiques) varie admettant par là que leur efficacité peut s’en trouver altérée...

      De plus, s’il explique ainsi pour une part les modalités de reproduction en terme d’idéologie et de croyances, il laisse la problématique de la formation de la conscience des individus et de la dynamique qui l’anime à d’autres... En effet, si une conscience politique est forgée à priori du fait des AIE comme tu dis, est elle en mesure d’évoluer par un processus dont on pourrait imaginer qu’elle procède de "l’interpellation" au sens large ? Et dans ce cas, vaut il mieux conforter les croyances et idéologies véhiculées par ceux-ci, au risque de les renforcer, ou bien préférer créér des conditions d’"interpellation" récurrentes pour en atténuer les effets délétères sur toute possibilité de changement ? Question à laquelle il faut répondre en urgence compte tenu du fait que si celui ci n’a pas lieu à court ou moyen terme, ce n’est pas uniquement aux conséquences d’un problème "fantasmé" que nous aurons réellement à faire face, mais tout simplement à celles de la disparition du seul écosystème capable d’accueillir l’humanité...

      En l’occurrence, pour ma part, j’interprête les rebonds de l’Histoire comme la preuve qu’on peut postuler que rien n’est écrit et que malgré tous les mécanismes de résistance qui peuvent être mis en place, aucune "construction humaine" n’est éternelle (fusse t elle idéologique). Et de fait, la mise en lumière par certains intellectuels de ces outils de pérennisation d’un pouvoir en place, comme Althusser que tu cites, contribue par leur révélation à la nécessité d’en combattre les effets ! Dès lors, je considère que les moyens pour arriver au changement sont donc aussi importants que le projet lui-même car tout laisse penser qu’à vouloir surfer sur les croyances et idéologies dominantes, elles ne s’en trouveront qu’inéluctablement renforcées... Même si ce n’est que pour un temps ! Alors compagnon, je te renvoie à la question que tu m’adressais dans un précédent commentaire : combien de temps faudra t’il espérer avant que les choses ne changent ?

      Carlos Le 21 janvier à 11:07
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