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Accueil > Politique | Entretien par Jérôme Latta | 15 juin 2017

Sarah Legrain : « L’espoir de la France insoumise peut se concrétiser à l’Assemblée »

Après l’élimination de Jean-Christophe Cambadélis dans le 19e à Paris, Sarah Legrain affronte au second tour Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État "En Marche". Elle fait le bilan de la campagne insoumise et formule ses engagements pour le mandat qu’elle espère.

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Regards. Vous avez participé à l’élimination du premier secrétaire national du PS, Jean-Christophe Cambadélis, dimanche dernier. Est-ce une victoire en soi ?

Sarah Legrain. Dans la mesure où il incarnait le bilan de François Hollande, les nombreux reniements du Parti socialiste, la logique de fief, le cumul des mandats, l’absentéisme à l’Assemblée et l’utilisation de son mandat pour tenir le PS plutôt que pour rendre des comptes à ses électeurs, alors oui, dans ce sens, c’est une première étape – d’abord pour les électeurs. Mais mon objectif principal est de pouvoir les représenter, et cela se joue dimanche.

Vous affrontez Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, qui avait soutenu les campagnes de Ségolène Royal en 2007 puis de François Hollande en 2012. C’est un candidat de gauche ?

Il est ministre d’un gouvernement qui s’apprête à mettre en œuvre des politiques classiquement de droite, dont les membres aux postes-clés sont explicitement issus des rangs de la droite ou des lobbies proches du Medef. Non seulement il n’est pas aussi neuf qu’il veut le faire paraître, dans la mesure où il a été un représentant du hollandisme, mais il emprunte une voie encore pire lorsqu’il déclare qu’en France, il est trop difficile de licencier.

« Nous avons mené une campagne exceptionnelle à bien des égards, en faisant venir à nous des personnes qui n’avaient parfois jamais milité. »

Vous êtes candidate dans une circonscription très populaire. Qu’avez-vous à dire aux jeunes et aux abstentionnistes pour les convaincre de voter pour vous ?

Qu’ils ont le choix et que leur message peut être entendu. Une des causes de l’abstentionnisme réside dans le sentiment que tout est joué, un sentiment largement entretenu par l’annonce d’une majorité écrasante pour la République en marche. Ce choix leur donne la possibilité de ne pas donner les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron, qui annonce des mesures très préjudiciables pour leurs vies. Son gouvernement va s’attaquer à notre système de solidarité, de sécurité sociale, de retraites et bien entendu aux droits des travailleurs. À quoi s’ajoute la pérennisation d’un état d’urgence qui n’a pas empêché les attentats et a conduit à de graves privations de droits.

Ce message peut-il être entendu ? Quelle députée leur promettez-vous d’être ?

Ces électeurs-là ont tout intérêt à avoir des représentants qui ne seront pas sur cette ligne et défendront un programme d’émancipation. Le programme de la France insoumise les a, pour beaucoup, mobilisés au premier tour de la présidentielle autour d’un espoir qui n’est pas éteint aujourd’hui, un espoir qui peut se concrétiser à l’Assemblée et dans la durée. Je compte être une députée à 100% présente dans l’Hémicycle et dans ma circonscription pour y rendre compte des lois. Si celle-ci se montre insoumise, j’ai bien l’intention que ces habitants des quartiers populaires, ces jeunes se sentent participer de ce nouvel espoir, et le fassent grandir.

Quelles leçons tirez-vous de ces mois de campagne ?

Nous avons mené une campagne exceptionnelle à bien des égards, sur le terrain, en faisant venir à nous des personnes qui n’avaient parfois jamais milité et se sont par exemple retrouvées à faire du porte-à-porte à l’ancienne. Des actions plus originales comme les caravanes d’accès au droit, des opérations d’éducation populaire et d’aide à la population ont porté leurs fruits et donné un autre visage de la politique. La campagne autour du programme, élaboré collectivement, a aussi été très bien menée, appuyée par une présence sur les réseaux sociaux. Elle ne s’est pas limitée à faire du buzz et de la com’, mais a permis de faire venir des gens avec leurs idées et leurs moyens. Chacun a pu contribuer et entretenir un foisonnement caractéristique de la France insoumise, loin d’une organisation contrôlée et planifiée : beaucoup de choses ont fleuri dès que les gens se sont sentis à l’initiative et ont pu se former autour du programme.

« L’entre-deux tours de la présidentielle constituait un piège que nous avons eu des difficultés à gérer. »

Comment, alors, expliquer la disparition de nombreux suffrages entre le premier tour de la présidentielle et celui des législatives ?

On sait qu’il y a une forte déperdition de participation entre les deux scrutins, et une prime au gagnant de la présidentielle avec l’inversion du calendrier électoral et l’absence de proportionnelle. Ces dernières semaines, les médias ont contribué à exposer la nature de la politique que veut mener Macron, ainsi que la nouveauté factice de ceux qui l’entourent ou composent son gouvernement. Cela arrive un peu tard, mais peut contribuer à une remobilisation.

La gestion de l’entre-deux tours de la présidentielle a été critiquée…

L’entre-deux tours constituait un piège que nous avons eu des difficultés à gérer. La bonne décision a été prise de respecter la liberté des électeurs et de dire que nous continuerions le combat mené contre le Front national depuis le début de notre campagne, sans nous associer aux appels de la dernière heure émanant notamment de ceux qui, une semaine avant, expliquaient que le risque de dictature venait de Jean-Luc Mélenchon… Mais cette décision n’a pas été suffisamment bien expliquée, et les premiers mots, repris et amplifiés par les médias, ont marqué les esprits.

L’enjeu du "barrage au FN" a pris le pas, à ce moment ?

Beaucoup de gens, par ailleurs bien conscients que le "front républicain" ne marche pas à terme, ont eu peur du Front national. Cette peur est légitime, et je l’ai aussi éprouvée : j’ai estimé que la défaite de Marine Le Pen n’était pas acquise – surtout au regard de la campagne d’Emmanuel Macron à ce moment-là. Il ne fait aucun doute que Macron et Le Pen, ce n’est pas du tout la même chose, ne serait-ce que pour les possibilités de combat et pour les concitoyens directement visés par la seconde. Cela a été bien dit par la France insoumise, mais cela n’a pas été le premier message entendu. Le moment a été difficile, parce que cela a été un moment politique difficile pour tout le pays. C’était un piège dans lequel tout le monde était pris ; il fallait réussir notre communication, mais ce n’est jamais simple.

Comment voyez-vous l’avenir de la France insoumise ? Avec qui allez-vous travailler demain ?

D’abord, j’espère bien travailler avec un groupe à l’Assemblée – un groupe plus large que la France insoumise si nous voulons constituer une opposition ferme à Emmanuel Macron. Ces législatives ont été l’occasion de montrer le caractère collectif de la France insoumise, de faire valoir une diversité de visages, de générations, de parcours, et j’espère que cette diversité se matérialisera dans l’avenir du mouvement. Un enjeu majeur sera de proposer à tous ceux qui se sont investis de faire partie de ce mouvement politique pour, au-delà de cette campagne, l’organiser et lui donner des structures.

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Vos réactions

  • Ce qui serait drôle, c’est que lundi matin, il y est plus de députés PCF que FI...
    De toute façon, il va falloir que les 2 formations politiques s’entendent pour faire un groupe, s’ils sont assez nombreux...

    pierre93 Le 15 juin à 18:28
       
    • Hilarant vraiment. Une autre blague en stock ? C’est vrai la période est à l’euphorie et qu’est ce qu’on se marre.
      Ps : plus de Pcf quoi encore des marcheurs ?

      irae Le 16 juin à 00:01
  •  
  • Ce qui serait cocasse, c’est que lundi matin, il y est + de députés PCF que FI. En tout cas, il va falloir s’entendre pour faire un groupe...

    pierre93 Le 15 juin à 18:30
       
    • C’est ce que Marianne pronostique en effet avec de nombreuses réserves si on prend la peine de lire tout l’article. La situation est très ouverte.
      marianne.net/politique/legislatives-l-assemblee-melenchon-sera-dependant-des-communistes
      N’épiloguons pas ...

      Victor Le 15 juin à 21:41
    •  
    • Je doute qu’en l’état actuelle des choses, un groupe parlementaire regroupant FI et PCF puisse voir le jour...

      carlos Le 15 juin à 21:52
    •  
    • @ Carlos
      Moi également, si effectivement la situation présente un risque important de tensions mortifères. Dans ce cas mieux vaudrait s’en passer afin de ne pas hypothéquer l’avenir de la PHI pour un maigre plat de lentilles plein de cailloux. Tel et mon avis...

      Victor Le 15 juin à 22:01
    •  
    • @victor - pas mieux...

      carlos Le 15 juin à 22:32
    •  
    • Victor @ et Carlos @

      Si vous écoutiez Charlotte Girard (coordinatrice du programme FI "l’avenir en commun" ... Mais vous la connaissez forcément !) vous sauriez qu’IL Y AURA un groupe FI/PCF à l’Assemblée Nationale ... C’est ce qu’elle "espère", et quand on espère, c’est qu’on le veut.
      Il y aura de toutes façons des députés(es) élus(es) du fait du rassemblement qui feront de fait l’UNITE.

      Patrice le Gallois Le 16 juin à 02:01
    •  
    • @PLG - Et qu’en pense Chassaigne ?

      carlos Le 16 juin à 02:17
    •  
    • Carlos @

      Me poser la question "Qu’en pense Chassaigne ? " est une question qui occupe en fait ta propre réflexion, et c’est une bonne chose.
      Je pourrais te répondre par une autre question qui équilibrerait ton interrogation " Qu’en pense Marie-Georges Buffet ? ", et multiplier ainsi les réponses par interrogations successives...
      Nous savons tous POURQUOI nous faisons de la politique, mais la seule question qui vaille est la suivante : POUR QUI faisons-nous de la politique ?
      Je ne doute pas un instant qu’André Chassaigne - lui - le sait, et que la constitution d’un groupe à l’Assemblée Nationale est essentielle pour proposer, faire des Lois, les défendre, les amender et déposer motion de censure le cas échéant. Ceci dans l’intérêt supérieur des citoyens mandateurs.
      Cela dit, Chassaigne, au Parti Communiste, est 1. Ni plus, ni moins, dans les décisions collectives et collégiales. Inutile de s’étendre sur la question.
      Pour conclure, je note que tu prévois l’élection de Chassaigne ...

      Patrice le Gallois Le 16 juin à 03:13
    •  
    • @PLG - c’est exact, je mise sur son élection sans aucun doute. Il est dans sa baronnie... Maintenant, si la voix de MG Buffet avait autant de poids dans les instances dirigeantes que celle de Chassaigne et ses amis, nous aurions défendu un seul programme avec un seul candidat aux législatives... Cqfd.
      Compte tenue de son incompatibilité notoire avec Mélenchon (car la FI ne fait qu’un avec lui d’après l’auvergnat) et de son influence au parti, rien de bon ne peut sortir d’une "proximité" forcée entre des députés FI et lui à l’AN...

      Carlos Le 16 juin à 07:52
    •  
    • Carlos @

      "rien de bon ne peut sortir d’une "proximité" forcée entre des députés FI et lui à l’AN..." A voir ... Car l’un aime les "têtes dures", il le prouvera (...) et l’autre aime cet engagement résistant, il le montrera ... Bref, deux "têtes dures" qui ont une haute idée de leur mission publique !
      En revanche, tu conviendras avec moi qu’il y a moins à s’intéresser aux "divergences politiques" de ces deux fortes personnalités que des convergences politiques, réelles et objectives, de ces deux formations en question, auxquelles s’ajouteront d’autres députés(es) apparentés(es) qu’il faut respecter ...

      Patrice le Gallois Le 16 juin à 11:35
    •  
    • @PLG - il y a des points de convergence qui pour l’instant ne sont que de circonstance... C’est bien là le soucis ! Tant qu’un vrai travail "collégial" plus profond entre le parti communiste et le mouvement de la France Insoumise n’est pas à l’ordre du jour (et ça va demander un gros effort du fait que PHI n’est pas un parti, mais un mouvement et qu’il faut trouver et mettre en place un nouveau type de relation entre ces 2 formations), le groupe parlementaire devrait se trouver face à ses contradictions sur beaucoup de dossiers !
      Je suis pour un rapprochement des forces qui travaillent à "la rupture" avec ce système injuste... A ce titre, je me réjouis lorsque la dynamique de la "Résistance" trouve de l’élan dans des discussions "constructives". Mais je mets en garde sur une chose, il faudra faire attention à ne pas retomber dans les travers du front de Gauche parce que sinon, la "gauche" ne s’en relèvera pas de si tôt... ni dans 5 ans... ni dans 10 ans...

      carlos Le 16 juin à 12:00
    •  
    • @ Patrice le Gallois Le 16 juin à 02:01
      Que les dieux des pronostics te donnent raison ! (je me permets le tutoiement). J’approuve tout à fait que la parole "officielle" (celle qui engage publiquement) de la France Insoumise soit une parole positive, sincère et honnête d’ouverture et de bonne entente. Elle correspond à sa phi-losophie. Mais j’exprimais mes craintes que je crois fondées. C’est pourquoi je répondais @ Pierre93 15 juin 18:30 ci-dessus, qui évoque une hypothèse probable de situation lourde de difficultés : "n’épiloguons pas". J’espère que dans ce cas les parties concernées auront l’intelligence de la "bonne entente" et du sens de l’intérêt politique commun mais ceci dans la clarté et le respect mutuel de leurs bases programmatiques respectives, sans retomber dans la confusion au nom d’une union factice, dont le prix à payer ultérieurement est très lourd. Un groupe parlementaire (si possible) unitaire, d’accord, mais pour quoi faire, dans quelles limites, sur quelles bases partagées ? On verra lundi matin... Bien à toi.

      Victor Le 16 juin à 14:10
    •  
    • Carlos@ et Victor@

      A Carlos :
      Il y a moins de divergences entre le PCF et FI que tu le penses et l’écris. Ces divergences sont moins sur le fond que sur la forme. Le fond, c’est la politique. La forme, c’est la mise en œuvre. A se parler (plus souvent), se rencontrer (plus souvent), se rassembler (plus souvent), se respecter (plus souvent), etc. nous y gagnerons tous. D’accord avec toi, on ne peut pas rejouer encore et encore la carte des identités partisanes, des alliances alambiquées et à géométrie variable. Il faut comprendre notamment que le PCF tienne à son identité : ce grand parti a mené tant et tant de luttes pour les travailleurs et les travailleuses de ce pays, que tous nous lui devons cette reconnaissance ! Mais oui, pour autant, nous ne pouvons pas sacrifier l’émergence d’un mouvement large (FI) au nom de la préservation de cette identité là : le Parti de Gauche et Ensemble ont su se mettre en retrait pour favoriser ce mouvement, le PCF peut et devrait entrer dans l’espace politique de la FI - je suis favorable à cette démarche - mais sans rien renier de sa singularité et de sa liberté de ton. Alors oui, faisons tous et toutes partie d’un même mouvement, plus ouvert et moins rigide que le Front de Gauche, tout en gardant les spécificités propres à chacun. Sur cette question, on ne peut pas faire table rase du passé...

      A Victor :
      Merci à toi ! Mais j’aimerais avoir raison sans l’aide des dieux ! Qu’ils restent là où ils sont, même s’ils sont chez Macron ! La crainte que tu exprimes serait que dimanche soir il y ait plus de députés(es) communistes que de FI. Je crois que ça n’arrivera pas et, a vrai dire, je m’en fous un peu. Sans répéter la réponse faite à Carlos (ci-dessus), la question essentielle est la constitution d’un groupe à l’Assemblée, quel que soit le nombre de députés(es) de part et d’autre !
      "Un groupe parlementaire (si possible) unitaire, d’accord, mais pour quoi faire, dans quelles limites, sur quelles bases partagées" écris-tu.
      Pour quoi faire ? pour faire acte de résistance. Dans quelles limites ? Aucune ! Il s’agit de résister à la politique néo-libérale de casse et de régression sociale de Macron et Cie. Sur quelles bases partagées ? Un groupe par définition est unitaire, il le sera sur la base de discussions et contributions réciproques, dans le seul but d’avancer.
      Les règles qui encadrent la vie parlementaire sont telles qu’il vaut mieux se constituer en groupe politique pour exister et peser dans le débat. Un groupe, qu’il est possible de créer à partir de 15 députés élus, peut s’inscrire dans l’opposition et bénéficie d’un temps de parole proportionnel à ses effectifs. Donc ce groupe constitué est essentiel ! Et j’espère que si FI a 15 députés (ce qui lui permettrait d’avoir seul un groupe parlementaire), il élargira son groupe à d’autres (ce serait un signe fort, et éviterait ainsi la division et la zizanie qui n’a que trop durée...). Ainsi, chaque semaine, la moitié des questions au gouvernement est réservée à des députés d’opposition. Un représentant de chaque groupe s’exprime aussi pour donner une explication du vote avant chaque scrutin dans l’Hémicycle, participant activement au débat. Sans groupe, les députés figurent au sein des non-inscrits et sont quasiment privés d’expression et de moyens. Chaque groupe dispose d’une dotation financière de fonctionnement et de places réservées dans les commissions permanentes. Des présidences de commissions permanentes et des vice-présidences de l’Assemblée sont réservées à l’opposition. Les présidents de groupe, eux, peuvent demander l’allongement de la durée du temps législatif programmé d’un texte, la création d’une commission spéciale et même obtenir le droit de suspendre une séance publique ou de faire procéder à un vote… Les groupes d’opposition bénéficient d’une journée par mois pendant laquelle ils sont maîtres de l’ordre du jour et soumettent au vote de l’Assemblée la proposition de loi de leur choix. Avec un groupe, on peut par exemple, proposer des lois d’interdiction des licenciements boursiers, soumettre la suppression du mot « race » de la législation comme ce fut le cas en 2012 sous l’impulsion du PCF-Front de Gauche, etc. etc. Si Macron entend renforcer la soumission de l’Assemblée à l’exécutif, les députés peuvent se rebiffer et rappeler leur souveraineté. Et à 60, ils peuvent faire déférer une loi devant le Conseil constitutionnel et , réunissant plusieurs groupes, peuvent déposer une motion de censure du gouvernement. D’où l’enjeu, dimanche, d’envoyer un maximum de députés DE GAUCHE à l’Assemblée...

      A tous les deux :
      C’est toi Carlos qui écris : "il faudra faire attention à ne pas retomber dans les travers du front de Gauche parce que sinon, la "gauche" ne s’en relèvera pas de si tôt... ni dans 5 ans... ni dans 10 ans..." Et bien moi, je peux vous dire que le Parti Communiste Français sera toujours là, dans 5 ou 10 ans , c’est-à-dire debout, unitaire et actif.
      Quant à la France Insoumise, du fait de son fonctionnement, il dépendra principalement de sa direction et de vous "les gens"...

      Bien à vous, fraternellement.

      Patrice le Gallois Le 16 juin à 21:29
    •  
    • @ Patrice le Gallois Le 16 juin à 21:29
      Merci pour ta réponse. Quand je demande "Pour quoi faire ?" (un groupe parlementaire) , je sous-entends "ensemble", ce qui présuppose une solide entente entre ses parties, entente sans confusions dont il faut définir le cadre, le contenu, les objectifs, les limites, les rôles et responsabilités, tenant compte des divergences supposées et des rapports de forces.
      Pour ce qui me concerne, l’avenir du PCF et/ou du Front de Gauche, comme celui d’autre parti de gauche anticapitaliste ne me pose pas problème. A chacun le sien qui lui/leur appartient. S’agissant de celui de la France Insoumise, il est à construire dans la perspective suivante : Il me semble qu’un but essentiel du nouveau mode de fonctionnement est d’évacuer aussi définitivement que possible les enjeux de pouvoir. Ils pourrissent en effet la vie des partis en transformant toute question en un objet de conflits et de délimitation des influences. (...) Je crois que c’est en marchant que nous ferons le chemin, selon l’expression bien connue. C’est à ce prix que nous pourrons le plus étroitement ressembler à la société que nous voulons représenter et mettre en mouvement elle-même. Car on ne doit pas oublier que le moyen doit préfigurer la fin : la révolution citoyenne. En ce sens, l’objet de l’action ce n’est pas le « développement du mouvement » mais l’augmentation de la capacité d’auto-organisation de la société ! C’est à cette question de l’auto-organisation que nous devons maintenant réfléchir avec soin. Il s’agit de se donner les moyens de les dépister quand ils existent pour les soutenir et les répandre. (JL Mélenchon)

      Victor Le 16 juin à 22:27
    •  
    • Victor @

      Echanger avec toi est un plaisir (sincèrement) et ce que tu me rapportes des propos de Jean-Luc Mélenchon est exactement ce qu’il a voulu faire à l’époque où il tentait de prendre la direction du parti Socialiste ! ...
      Mais, voyant (enfin !) l’impasse à laquelle il se heurtait face à Hollande - qui prit la direction du PS à sa place - il claqua la porte du PS après 32 ans de loyaux services ...
      Alors, Il crée le Parti de Gauche (PG) qui prend racine en s’alliant avec le PC dans le cadre Front de Gauche financé largement par ce dernier ...
      Et l’histoire recommence : en déclarant son ambition de "remplacer le PS" ! et être le "leader de toute l’opposition" par la même occasion !
      Bon, j’espère - enfin - que tu vas comprendre avant que ça saute trop aux yeux !
      Je suis amusé par cette citation que tu me rapportes de Jean-Luc : "Je crois que C’EST EN MARCHANT que nous ferons le chemin, selon l’expression bien connue."
      Bah oui ! Ce qui est dommage, c’est que Macron (En Marche) l’a fait avant lui et à sa place ! : Dégager le PS et ... les Autres !
      Et finalement on est bien dans la merde, la Droite comprise !
      Ce qui m’intéresse maintenant, c’est "l’avenir ... en commun" !

      Bien à toi, Victor.

      Patrice le Gallois Le 17 juin à 00:22
    •  
    • @ Patrice le Gallois Le 17 juin à 00:22
      Pareillement, je suis heureux que l’on puisse échanger fraternellement malgré (ou à cause !) de nos divergences. Les reproches d’opportunisme et de carriérisme, que tu sembles faire à JLM, ne sont pas nouveaux. Il y a maintes fois répondu dans les médias et dans ses écrits. Ces reproches viennent souvent de la part de militants d’organisations et partis d’extrême-gauche et du PCF à forte culture identitaire politique mais aussi bien entendu du P"s" qui ne lui pardonnent pas son "aggiornamento". Sauf qu’en l’occurrence, il ne s’agit que de soupçons malveillants voire calomnieux non étayés par des faits accusateurs précis : en général le carriérisme et l’opportunisme ont pour raison le pouvoir pour le pouvoir et/ou une rente de situation au nom de la bonne cause. Ce qu’il faudrait démontrer s’agissant de JLM. Aussi critiquer à ce motif son combat au sein de son parti pour y faire triompher ses convictions quitte à le quitter faute d’y être parvenu est à mes yeux tout à son honneur car il faut du courage, de la détermination et de la probité pour s’y coller d’une part et d’autre part entreprendre à partir de zéro un projet politique extrêmement ambitieux. Faut-il rappeler ici les parcours politiques de certaines grandes figures de la gauche sociale-révolutionnaire pour prouver que "conviction"s et" croyances" ne sont pas synonymes, de même que "églises" et "mouvements (ça bouge !) politiques"ou "fidèles" et "militants" ? Souvent l’incapacité ou la faiblesse de la critique politique se traduit par des critiques sur la personne. C’est bien désolant et décevant. Quant à "En Marche" il faudrait être bien naïf ou crédule pour n’avoir pas compris que ce vocable désigne en réalité "coup d’État" socio-politique et qu’en guise de "marche" il n’y a eu que propagande. Ta comparaison me paraît malvenue. Fraternellement.

      Victor Le 17 juin à 12:26
    •  
    • Détrompe-toi Victor, je ne mets pas Melenchon/FI et Macron/en marche sur le même plan ! Même si, les deux "mouvements" se sont constituées autour d’une plate-forme internet basée sur la transposition au domaine des campagnes électorales des techniques marketings de « Gestion de la relation client » qui transforme le client en promoteur et militant de la marque ...
      Cette comparaison est indéniable et rien à ce jour ne pas garantir leur pérennité en l’état.

      Oui, je déteste Jean-Luc Mélenchon autant que je l’aime passionnément ! Et je ne pourrais m’en défaire... Les critiques politiques sont une richesses pour moi, bien plus importantes que toutes critiques de la personne.
      Le maire de Grenoble Eric Piolle (EELV) soutien de la première de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle est très déçu depuis les législatives. Il dit la chose suivante : "Jean-Luc Melenchon aurait pu être un grand chef d’orchestre, il a choisi d’être caporal". C’est que je pense.

      Le "Dégagisme" était le mot d’ordre et l’objectif : Mélenchon en a rêvé, Macron l’a fait ! C’est ma critique.

      Bien à toi, Victor, après les élections...

      Patrice le Gallois Le 17 juin à 16:43
  •  
  • Le probleme du PG, Insoumis (On ne sait plus comment les appeler, mais ce sont toujours les mêmes personnes), c ’est qu’ils ne savent pas compter avec leurs doigts, saut pour l’argent.

    1+1 font bien 2.

    On vous l’a prevenu qu’une gauche désunie et qui se tape dessus n’arriverait pas au second tour et qu’on aurait du Le Pen en face. Que non, que non, nous disait les insoumis, 1+1 ne font pas deux en politique. Bing, second tour Centre/ Le Pen.

    Pas de soucis pour eux. Fiers de leur score à 19 %, ils s’en prennent au PCF, veulent tout engloutir. Là pareil, on leur a dis
    1+1 font 2, et encore pareil ils font semblant de pas comprendre.

    Un groupe parlementaire, c ’est 15 personnes. Le PCF và prendre la moitié des voix de la gauche de la gauche. Ce qui est normal. Ils ont de l’expérience, et les gens les connaissent.
    La FI fera à peine 10 députés, dans le meilleur des cas.

    Donc soit la FI fait alliance avec le PCF, soit cà ne sert à rien de voter pour un député FI, parce qu’il n’aura, sans groupe parlementaire, meme pas le droit de parole à l’assemblée.

    Par contre, le rêve de Melenchon, d’être le leader de la gauche, de l’opposition, c ’est foutu dans tout les cas.

    Quand au PS, soit disant mort et remplacé par Melenchon, il a quand même plus de 5 fois plus de députés que lui. C ’est foutu aussi.

    Par contre financierement, cette dizaine de députés, et ce parti politique des insoumis, (oui, il s’est inscris en tant que parti pour ramasser tout les remboursements de campagnes et le jackpots des votes premier tour de la légisaltives) vont s’en mettre pleins les poches.

    Et politiquement, devant l’ecrasante majoritée du centre, les députés FI ne servent strictement à rien. Et surtout s’ils ne s’allient pas au PCF.

    bdpif Le 15 juin à 23:30
  •  
  • @Sarah Legrain

    D’abord, j’espère bien travailler avec un groupe à l’Assemblée – un groupe plus large que la France insoumise si nous voulons constituer une opposition ferme à Emmanuel Macron.

    Sage décision.
    Bonne chance à vous pour Dimanche ;)

    bdpif Le 15 juin à 23:33
  •  
  • Et surtout bonne chance aussi à Clementine Autain et Ensemble.

    Elle le mérite, elle. Ce n’est pas une parachutée.
    Député depuis trente-six ans, François Asensi laisse la place à Clémentine Autain dans la circonscription de Sevran, Tremblay et Villepinte, où la logique d’unité prévaut.

    François Asensi était député et elle, sa suppléante depuis 2012. Le 18 juin prochain, ils espèrent bien avoir échangé leurs rôles et prolongé l’ancrage progressiste d’une circonscription détenue par un communiste depuis… 1936 et le Front populaire ! François Asensi, 71 ans, « dix législatives et dix victoires » au compteur depuis 1978 (1), avait annoncé dès le mois de janvier qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat dans cette 11e circonscription de Seine-Saint-Denis (Sevran, Tremblay-en-France, Villepinte). Et c’est logiquement Clémentine Autain (Ensemble !), 43 ans, qui a été désignée pour mener la bataille lors de ces législatives

    bdpif Le 16 juin à 00:01
  •  
  • 93

    Votre anti-boboisme est typique des gros fafs qui passent leur temps de loisir à troller chez les "gauchiasses"

    La technique de manipulation consistant à se camoufler derrière un marxisme ouvriériste grossier pour faire avancer les idées du FN est déjà usée jusqu’à la corde par vos patrons soral et philippot.

    Arouna Le 16 juin à 08:25
       
    • Le paradoxe étant que ces bouffeurs de bobo de choc que sont soral et philippot sont clairement des purs représentant de la classe "bobo".

      Le premier de ces guignols, l’ex faux communiste, s’était introduit dans le showbiz avec un livre à prétention sociologique, en fait une observation aussi futile que grotesque des looks des tribus parisiennes branchées des années 80.

      Le second faisait HEC pendant que le patronat délocalisait à tours de bras.

      Des imposteurs de cette acabit, ça ne s’invente pas.

      Arouna Le 16 juin à 09:37
    •  
    • Mais surtout :

      VIVE SARAH LEGRAIN !

      et tous les candidats FI et communistes qui ne lâchent rien !!

      Arouna Le 16 juin à 09:50
  •  
  • UN groupe ? mais vous vous illusionnez camarades ! Quel sera le résultat de la division issue d’une volonté hégémonique ?
    Sur 147 élus possibles lors d’une alliance PCF-LFI .Siégeront dans le meilleur des cas à l’A.N : 4 pour le pcf et 3 pour LFI .
    je me marrerais de voir tout à fait à l’extrême gauche de l’hémicycle , mélanchon seul aves 4 cocos....

    rinaldo Le 17 juin à 13:28
       
    • @rinaldo - alors ? déçu ?

      carlos Le 19 juin à 09:43
    •  
    • je me marrerais de voir tout à fait à l’extrême gauche de l’hémicycle , mélanchon seul aves 4 cocos....

      lol

      Arouna Le 19 juin à 11:24
  •  
  • Salut, les parisiens ! et bonjour d’Alsace...
    Avec un candidat PC et un FI, j’ai voté Lutte ouvrière au 1° tour, et je suis allé prendre le frais au 2° (micron / fillon)...
    J’ai bon ?
    Ah, les Vrais problèmes de luxe....

    Huron Le 21 juin à 19:47
  •  
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