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Accueil > Politique | Par Catherine Tricot | 15 février 2016

Sarkozy’s not dead

Malgré un diagnostic réservé sur son avenir politique, Nicolas Sarkozy a encore des cartes à jouer pour éliminer Alain Juppé et mettre Les Républicains en ordre de marche derrière lui. Le Conseil national de ce week-end en témoigne…

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La mécanique se met en place et, avec elle, la répartition des rôles : Nicolas Sarkozy envoie à l’avant-scène les membres les plus droitiers de sa formation, qui n’hésitent pas à en rajouter pour chauffer à blanc les militants. Il apparaît alors comme faisant partie des leurs – en plus raisonnable. Laurent Wauquiez, président bien élu par un transfert de voix FN en région Rhône-Alpes-Auvergne, a efficacement joué sa partition, et une ovation debout des conseillers nationaux a accueilli le discours du numéro 2 du parti :

« Arrêtons de chercher à plaire aux sondages et aux médias. Il ne s’agit pas seulement de la conquête du pouvoir mais de quelque chose de plus profond (...) Il y a un danger de délitement culturel et politique en France. Ce n’est pas à la France de s’adapter aux étrangers, c’est aux étrangers de s’adapter à la France ».

Le tout nouveau secrétaire national Luc Chatel, candidat de Sarkozy, a conclu la réunion :

« Les Républicains doivent être le parti du principe d’innovation plus que du principe de précaution, le parti du gaz de schiste, des OGM, des biotechs. »

La stratégie de Nicolas Sarkozy est double. Distancé désormais dangereusement dans les sondages de la primaire de la droite, il cherche à délégitimer Alain Juppé aux yeux de son camp. Il va faire valider directement par les militants une ligne que lui seul aura établie et qui mettra Juppé en porte-à-faux.

Si ce dernier s’affranchit de la ligne du parti, alors c’est lui, Sarkozy, qui incarnera à la fois les militants et le parti. Il peut même dépouiller son rival de sa légitimité en le poussant hors de sa formation, ce qui rendrait inutile la primaire en faisant de lui l’unique candidat naturel des Républicains. Si Juppé pouvait même avoir l’élégance de partir de son propre chef, cela serait encore mieux. En tout cas, la pression irrespirable mise sur lui sert ce dessein.

Pourquoi l’ancien président de la République y croit ? Il a mis le parti en coupe réglée, la tribune du grand rassemblement des cadres ce week-end est éloquente à cet égard : de Brice Hortefeux à Éric Ciotti – le numéro deux et le président du Conseil national sont ses hommes –, les sarkozistes ont pris toute la place laissée vacante par les absents.

L’ancien président entend mesurer son influence au travers des ventes de son livre. Mais il sait que cela ne saurait suffire : il a payé pour savoir qu’un candidat déclaré favori par les sondages un an avant l’échéance n’a pas partie gagnée. Car, comme son mentor Édouard Balladur il y a vingt ans, Alain Juppé a la très grande faiblesse d’être « le candidat de la France qui va bien » (Jérôme Jaffré). Et le problème est que les Français qui vont mal sont plus nombreux. Y compris à droite. Sarko a encore toutes ses chances, et il va les courir jusqu’au bout.

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Vos réactions

  • Toujours pareil Jérôme.
    Sais tu que ta méthode est le moyen le plus radical de ne rallier personne.
    Tu es opposé à toute forme de dialogue et d’échange.
    Seul Maurice avait les moyens de me faire changer d’opinion.
    Mais toi ta méthode est franchement repoussante.
    C’est ton choix.
    C’est sans doute pour ça que vous ne gagnerez jamais.

    Thomas Le 15 février à 23:57
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  • Visiblement les états d’âme de l’écrivain N.Sarkozy passionnent vos lecteurs, comme en témoignent les commentaires...

    René-Michel Le 17 février à 10:34
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