Accueil > La Midinale | Entretien par Pierre Jacquemain | 1er juin 2017

Sylvie Tissot : « Le terme "islamogauchiste" est une arme de délégitimation »

Sociologue, féministe, cofondatrice du collectif Les Mots sont importants, Sylvie Tissot revient sur les polémiques autour de la non-mixité et de l’homophobie, déplorant les conceptions de "l’antiracisme institutionnel" et du "féminisme blanc".

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  • Qu’il est donc loin le temps où tout le monde s’en tamponnait des religions.
    Que de régressions en 30 ans.
    Si toutes les religions pouvaient nous lacher la grappe !

    Irae Le 1er juin à 13:45
       
    • la religion.... et tous les pères et mères "lamorale"...

      carlos Le 1er juin à 14:26
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  • Bonjour
    Oui vous avez raison irae !
    certes il ne faut pas être islamophobe, mais aussi islamophile....
    car beaucoup de gens se foutent de la religion
    Et cela aussi chez les immigrés ou personne venant de pays africains ou moyen orient ou ailleurs.
    Je fais toujours la différence entre religion-nationalité -origine.
    Par exemple on peut être Algérien, et athée, ou Français et musulman. On peut changer de religion, ou l’abandonner....
    on veut absolument coller l’image du musulman aux gens venant de pays divers. Tous les immigrés ne sont pas musulman, tout les musulmans ne sont pas intégristes...

    bob Le 1er juin à 17:08
       
    • Et si vous saviez les pressions dont son victimes certaines catégories de personnes pour leurs origines réelles ou supposées.

      irae Le 1er juin à 17:13
    •  
    • Sans compter les pressions dont sont victimes certaines personnes en raison de leur origine réelle ou supposée.

      Irae Le 1er juin à 17:15
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  • Je comprends que l’on puisse parler d’islamophobie, parce qu’il y a des discriminations proprement religieuses. Mais il y a aussi un racisme plus "banal". Et comme le dit l’intervenant précédent, ce terme "d’islamophobie" risque d’englober aussi les immigrés nord-africains sous l’étiquette "musulmans" : "on veut absolument coller l’image du musulman aux gens venant de pays divers" (du sud). Il y a aussi peut être un risque ici pour la sociologie et le politique de construire un "objet" à caractère culturel qui masquerait des situations hétérogènes alors que le terme "racisme" même s’il est discutable par référence au mot "race", reste opérant pour désigner ces situations multiples. Nous sommes en terrain miné. Bon, cela dit, je sais que les sociologues ou journalistes ne lisent pas nos interventions et commentaires souvent jugés "déplacés" ou inappropriés.

    Julien Le 1er juin à 17:19
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  • @Aline Potron

    Il ne s’agit pas de renier la lutte des classes, bien au contraire. Le combat féministe ou contre l’homophobie n’est pas incompatible avec la première. Il s’agit d’établir le lien dialectique entre les seconds et la première. La contradiction principale inclut aussi la contradiction secondaire. La résolution de la contradiction principale n’inclut pas automatiquement celle de la contradiction secondaire. l’Histoire nous l’a prouvé. La négation du prolétariat par la négation de la classe dominante n’entraîne pas ipso facto l’émancipation totale. On sait que dans les classes dominées, il existe aussi des fractions dominantes dont celles relatives au sexe où les rapports de domination perdurent ; et c’est le mérite des combats féministes des années 70 d’avoir porté le fer là où cela faisait mal même et aussi dans la classe ouvrière : l’exploitation des femmes au foyer par les hommes aussi prolétaires fussent-ils, à commencer par les représentations machistes et sexistes qui pouvaient et peuvent encore aujourd’hui, en cette période de régression des droits des femmes, continuer à sévir. S’il ne s’agit pas de rapports d’exploitation au sens des rapports induits par le capital dans le système productif, il s’agit bien de rapports de domination. Les rapports de domination hommes/femmes, rapports domestiques (et professionnels) sont les derniers dans la chaîne des dépendances aliénantes. Il y a donc des combats spécifiques à mener sous condition rédhibitoire toutefois, de ne pas perdre de vue la globalité de la lutte pour l’émancipation. Tout ce qui s’attaque au système dominant et son idéologie, participe de la lutte des classes.

    Babeuf

    babeuf Le 1er juin à 20:51
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  • @Aline P

    Peut-être vous-ai-je mal comprise, auquel cas vous voudrez bien me pardonner, ou bien eût-il été opportun que vous complétiez votre commentaire en y adjoignant ce que vous me répondez et sur quoi je n’ai aucune objection à formuler. Je ne connais pas les positions politiques générales de cette sociologue. Dans cette interview, elle s’exprime en vertu de ce sur quoi elle travaille. Du moins est-ce ce que j’ai compris. J’ajouterai quelques mots.
    Si le communisme est un combat visant à l’abolition des classes sociales et de l’Etat qui n’est que le conseil d’administration de la classe dominante, il n’empêche que le féminisme est un combat contre toutes les formes de domination sexistes et l’exigence du droit à l’égalité dans tous les domaines de la vie. Ce qui est en cause est l’arbitraire total du patriarcat dans toutes les sphères de la vie, publique, professionnelle et privée. En ce sens le féminisme pose la question éminemment politique de nos sociétés, c’est-à-dire celle du pouvoir économique, politique religieux et familial. Il débouche sur une remise en question de la frontière entre ce qui relève du domaine public et du domaine privé. Force est de reconnaître néanmoins que la question féminine a longtemps été mise sous le boisseau par ceux qui s’érigeaient contre l’aliénation de classe. Beaucoup, longtemps, dans leurs propres représentations « mâles » ont semblé oublier ce que disait Engels à savoir que dans la famille, l’homme est le bourgeois, la femme est le prolétaire. Cette critique dénonçait la doble exploitation de la femme. Force aussi est de constater qu’à l’heure actuelle de la grande régression généralisée, ce combat féministe est toujours d’actualité. Tous les jours, de nombreux signaux sociaux attestent de la nécessité de vigilance à maintenir ce combat qui n’est pas gagné alors que le mouvement d’émancipation de la femme, celui de sa sexualité, de la liberté de son corps, comme de son rôle social et économique, s’est exprimé avec force et vigueur, voilà plus de 47 ans. Aussi me semble-t-il nécessaire de savoir mettre en perspective que l’oppression de classe est sexuée, de reconnaître qu’il y a volens nolens, une façon différente, selon que l’on est un homme ou une femme, de subir les rapports d’exploitation et de domination S’il ne s’agit pas de nier l’importance fondamentale de la contradiction principale, il ne s’agit pas également de ne se focaliser que sur celle-là car dans ce cas cela reviendrait à refuser de considérer que les façons de lutter contre les formes de domination, ne sont pas toutes identiques, ce qui ne signifie nullement tomber dans le piège de la séparation, bien au contraire. Longtemps et jusqu’à l’orée des années 70, les partis et les syndicats dits progressistes ont considéré que la lutte contre la domination masculine, contre le patriarcat était de mineure importance, ont refusé de voir la dimension sexuée de l’exploitation, ce que le capital lui, a depuis toujours bien assimilé dans sa conception politique de la société, fondée sur la hiérarchisation des rôles sociaux en fonction du sexe.
    Quant à l’émancipation sexuelle des femmes et le droit des femmes à disposer de leur corps, les mêmes organisations dites progressistes n’étaient guère diseuses quand certaines de leurs voix ne tenaient pas des propos carrément régressifs (Jeannette Thorez-Vermeersch). Même dans les mouvements anticapitalistes, dans le mouvement ouvrier en général, on pouvait dénoter cette distinction sexuée entre militants et militantes, quand ce n’était pas, de la part des premiers, des comportements, il faut bien le dire, machistes à l’égard des secondes.
    Il convient donc de critiquer de conserve la société capitaliste sous l’angle certes de l’aliénation de classe mais aussi sous celui de la domination masculine. Je n’oublie pas aussi la lutte contre l’homophobie qui participe de ce même combat.

    Babeuf Le 2 juin à 08:46
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  • Encore la parole donnée à cette frange de la gauche , qui ne jure que par le voile ...Toute la bande du "Front de gauche marseille centre "était passée par là en éliminant par calomnie ceux celles qui étaient TROP REPUBLICAINS à leurs yeux

    Maintenant l’ un d entre eux est candidat FI 5 eme circo de Marseille par pur entrisme .

    un scandale et qu’ ils s’ en aillent tous !

    STORA Antonin Le 2 juin à 22:44
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  • Bonjour,
    Le titre de l’article a bien été mis à jour mais dans l’URL du site de l’article le terme islamophobie est toujours là, à la place d’islamogaucisme !

    iacbri Le 4 juin à 13:23
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  • Mme Tissot proteste contre la criminalisation des femen ou des afro-féministes qui veulent la non mixité sexuelle voire raciale.
    Par contre, elle s’est battue pour la criminalisation des clients de prostituées (vous savez les pauvres types, les môches, les pas doués, les exclus de l’affectif, les pauvres...)
    Il y a apparement des criminalisations illégitimes et d’autres légitimes....

    Thomas Le 4 juin à 14:29
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