Accueil > Monde | Entretien par Fabien Perrier | 30 décembre 2014

Theano Fotiou (Syriza) : « Nous demandons aux Grecs une majorité claire ! »

Trois questions à Theano Fotiou, députée de Syriza, sur les enjeux des élections législatives à venir en Grèce après l’échec du gouvernement actuel devant le parlement.

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Regards. Que pensez-vous des résultats du troisième tour de l’élection présidentielle ?

Theano Fotiou. Ces résultats signent l’échec du gouvernement, qui n’a pas réussi à atteindre les 180 voix nécessaires pour l’élection de son candidat à la présidence de la République. C’est exactement le même score que lors du deuxième tour et ce malgré les tentatives développées pour instiller la peur dans la population. Cette stratégie n’a pas fonctionné. En réalité, le gouvernement n’est pas parvenu à convaincre la population de sa capacité à poursuivre à la tête du pays. Les gens ont rejeté la peur. C’est pourquoi les parlementaires n’ont pas voté pour le président. La période qui s’ouvre est très importante pour les Grecs, mais aussi pour les Européens.

Qu’attendez-vous des prochaines élections législatives qui se dérouleront probablement le 25 janvier ?

Nous attendons l’obtention d’une majorité claire et importante. C’est ce que nous demandons à la population grecque. En nous l’accordant, elle montrera qu’elle est d’accord avec notre programme. Ainsi, nous pourrons former un gouvernement qui puisse aller en position de force à la table des négociations. Nous devons pouvoir dire aux dirigeants européens que nous sommes élus avec un mandat clair pour négocier, au nom de la population grecque, une restructuration de la dette. Nous avons besoin que la population soit massivement derrière nous. Mais cela ne doit pas s’arrêter aux élections !

Quelles sont les mesures principales que Syriza prendrait si ce parti arrive en tête des élections et forme un gouvernement ?

Tout d’abord, nous tiendrons nos promesses. La première d’entre elles est de faire face à la crise humanitaire qui sévit actuellement dans le pays. Personne ne doit avoir faim, être sans toit, sans aide médicale ou sociale comme c’est aujourd’hui le cas. Nous voulons aussi que la population soit capable d’envoyer ses enfants à l’école et à l’université. C’est ce que nous avons promis. Nous ouvrirons ainsi trois cents mille nouveaux emplois pour donner un nouveau départ à l’économie. Nous rétablirons le salaire minimum à 751 euros par mois. C’est le niveau auquel il était avant 2010 ! Nous souhaitons aussi rétablir la Justice. Ainsi, nous demanderons la création d’une commission parlementaire pour savoir pourquoi la dette grecque a atteint ce niveau et faire toute la lumière sur la dette. Mais ce ne sont là que les premières mesures !

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