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Accueil > Politique | Par Bernard Marx | 16 décembre 2014

Travail du dimanche (suite) : Julien Dray aussi !

Signataire en 2008 de l’appel contre le travail du dimanche, Julien Dray se range en 2014 du côté de la « liberté »… En digne héraut de socialistes qui veulent avoir celle de se renier absolument.

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À la lecture du compte-rendu des propos de Julien Dray, ce dimanche lors du Grand rendez-vous Europe 1 / i>Télé / Le Monde, j’ai immédiatement pensé à ce que disait l’oncle de Boris Vian dans La Java des bombes atomiques : « À mesur’ que je deviens vieux Je m’en aperçois mieux J’ai le cerveau qui flanche Soyons sérieux disons le mot C’est même plus un cerveau C’est comm’ de la sauce blanche ».

« Alors on est de gauche quand on est pour cinq dimanches [travaillés] et on est de droite quand on est pour douze dimanches ? », a-t-il ironisé. « Moi j’ai été député pendant vingt-cinq ans d’une circonscription dans laquelle il y avait une zone d’activité qui s’appelait la Croix-Blanche et qui était ouverte tous les dimanches. Ça permettait aux banlieusards de s’organiser autrement. »

Dray 2008 : contre la « vision mercantile de la droite »

On a déjà évoqué l’appel lancé en décembre 2008 par 120 parlementaires de gauche contre le travail du dimanche. Claude Bartolone, Jean-Christophe Cambadelis, et une bonne demi-douzaine de ministres actuels figuraient parmi les signataires. Julien Dray aussi. Et voici, entre autres, ce que disait cet appel :

« Cette proposition de loi révèle la vision mercantile inquiétante de la droite. Il s’agit d’une triple erreur : économique, politique et sociétale. Une erreur économique tout d’abord. L’augmentation attendue de 30 % du chiffre d’affaire des commerces est mensonger. Il repose sur quelques cas d’entreprises hors-la-loi qui ouvrent le dimanche, avec la complicité et les encouragements du Gouvernement. Un comble en matière de civisme ! (…) Loin des créations d’emplois annoncées, c’est plutôt une destruction d’emplois qui nous attend, et particulièrement ceux du commerce de proximité. (…) Une erreur politique ensuite. (…) l’apport du travail dominical est contesté par ceux qui le subissent. Les pauvres devront travailler toujours plus pour vivre, tandis que les autres pourront choisir de ne pas travailler, jouir de leur temps libre. (…) Cette opposition massive vient de la prise de conscience que cette réforme est aussi et enfin, une erreur sociétale. (…) Cette conception de la vie est une véritable menace pour la sphère familiale, amicale, culturelle, sportive, spirituelle ou associative. Nous refusons que la civilisation du caddie remplace la civilisation du loisir. La citoyenneté ne se résume pas à l’acte de consommation. »

Et l’appel se concluait ainsi : «  Au "travailler plus, pour gagner plus" qui a montré son injustice depuis deux ans, les députés de toute la gauche (socialistes, radicaux de gauche, communistes et verts) opposent le "travailler mieux, pour gagner mieux" du prix Nobel de l’économie Joseph Stiglitz. Nous défendrons avec la plus grande énergie notre conception de la société et de la vie, lors du débat au Parlement. » (lire le texte intégral sur le blog de Gérard Filoche).

Dray 2014 : la belle bagnole comme projet de société

Six ans plus tard, Julien Dray déclare également : « J’en ai assez d’une gauche qui ne sait plus être la gauche des libertés. J’en ai assez d’une gauche qui veut gérer la vie des gens et faire le bonheur des gens à la place des gens eux-mêmes. J’en ai assez de cette gauche des interdits, des envieux. Quand je suis de gauche, que je vois passer quelqu’un avec une belle voiture, mon objectif ce n’est pas de lui prendre cette belle voiture, mon objectif c’est de permettre à tout le monde d’avoir une belle voiture. » La belle bagnole pour tous comme projet de société de gauche. Qui plus est à l’heure du réchauffement climatique ! Voilà un projet de société mobilisateur, répondant si bien aux besoins de notre société en crise !

Le vice-président socialiste de la région Ile-de-France estime qu’il y a « urgence » à agir pour éviter de devoir aller « convaincre des électeurs de gauche de voter pour Nicolas Sarkozy parce qu’il faudra faire barrage à Marine Le Pen ». C’est sûrement comme cela qu’il va réussir. Le problème n’est pas tant que Julien Dray ne sait plus où il habite et où habite la gauche. Le problème c’est qu’il dit, au fond, ce que signifie la politique du gouvernement Hollande-Valls-Macron. Emmanuel Macron le dit avec ses mots à lui mais il dit la même chose : Sa loi est « une loi de progrès car elle redonne de la liberté. (…) C’est une loi de gauche car elle redonne des accès. La liberté est une valeur de gauche. Le droit protège les plus faibles mais il fallait redonner de la mobilité ». « La gauche peut mourir », a dit encore Julien Dray. En fait on est arrivé au point où « le mort saisit le vif » !

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  • Quand je suis de gauche [sic], que je vois passer quelqu’un avec une belle voiture, mon objectif ce n’est pas de lui prendre cette belle voiture, mon objectif c’est de permettre à tout le monde d’avoir une belle voiture.

    Les paysans qui réclamaient la fin des droits féodaux en 1789 étaient certainement aussi des "envieux", qui auraient mieux fait de se battre pour avoir eux aussi un carrosse, des armoiries et des laquais en livrée.

    Bernard Leprêtre Le 20 décembre 2014 à 14:22
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  • Leurs pensées varient suivant la position qu’ils ont : soit ils sont dans l’opposition comme aujourd’hui l’UMP (qui contredit tout ce que la "droite de la gauche" fait mais qui ne remettra rien en cause ), soit ils sont dans la majorité gouvernementale et défendent les pensées inverses des pensées précédentes ! En fait ils n’ont aucune conviction et vont suivant le sens du vent qui les pousse vers leurs intérêts personnels , leur propre carrosse et leurs laquais .

    jacquesD Le 21 décembre 2014 à 09:48
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  • Quand je suis de gauche, que je vois passer quelqu’un avec une belle voiture, mon objectif ce n’est pas de lui prendre cette belle voiture, mon objectif c’est de permettre à tout le monde d’avoir une belle voiture.

    On dirait du Johnny Hallyday ! Et quel aveu involontaire que ce "Quand je suis de gauche" ! Sûrement pendant ses vacances ! M. Julien Dray est "de gauche" par intermittence, pendant ses loisirs !

    Auxi Le 21 décembre 2014 à 22:50
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  • "Moi, j’ai été député pendant 25ans" voila un des scandales de cette Vème République, ces planqués surpayés pour gruger le peuple et bouffer dans la gamelle de leurs maîtres du grand patronat et de la finance ! Deux mandats maximum et au boulot. Du balais la racaille !

    Fulgence Le 23 décembre 2014 à 22:49
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  • Des gens qui dorment dans la rue, ceux qu’on enferme dans les centres de rétention en attendant l’expulsion, ceux qui galèrent pour ne pas perdre leur boulot et galèrent encore quand ils l’ont perdu pour retrouver un boulot de merde dans le meilleur des cas ou galèrent encore plus pour toucher leur dû sous forme d’allocation-chômage, sous les insultes de ce gouvernement dit "de gauche" : François Hollande, Emmanuel Macron, Manuel Valls, Julien Dray tous leurs complices ne nous auront rien épargné !

    Ainsi, ils auront dépassé les bornes de l’ignominie en prétendant faire une politique de gauche !

    Ils auront tout fait pour que le FN parvienne au pouvoir par détestation de ces partis soi-disant de gouvernement !

    Ils auront tout fait pour empêcher la vraie gauche de peser dans le débat public en s’alliant à la presse pourrie, vendue à nos pires ennemis qui la discrédite en permanence et empêche tout débat de fond !

    Nous devrions toujours nous balader avec des oeufs pourris pour saisir toutes les occasions de les traiter comme ils le méritent : Ils ne devraient pas pouvoir mettre le nez dehors sans être couverts de jus puant et dégoulinant, pour qu’ils sentent enfin l’odeur de leur politique de merde !

    DEDE Le 24 décembre 2014 à 17:02
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