Carte postale du lycée Blaise Pascal au moment de sa construction
Accueil > Société | Par Aline Pénitot | 20 janvier 2015

"Au Lycée Blaise Pascal" : clivages, désenchantement, violence

Parmi les deux cents incidents recensés par le ministère dans les établissements scolaires depuis les attentats, un des plus graves s’est déroulé à Châteauroux. Le reportage radio "Au Lycée Blaise Pascal" donne la parole aux élèves, aux enseignants et aux encadrants.

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« Rachid, tu gardes ton bleu », insiste un prof d’une classe technique. Cette phrase qui ouvre le reportage de Rémi Douat en donne le ton : il est question de lutte des classes en classe. Au lendemain des événements dramatiques de Charlie Hebdo, l’équipe des Pieds Sur Terre de France Culture a posé ses micros dans un des lycées meurtris par un incident inquiétant.

Il est question de violence entre élèves du lycée polyvalent Blaise Pascal de Châteauroux. De violence qui démarre par des mots sur Facebook, qui se prolonge par des coups portés dans le local vélo. Les uns, d’une classe pro, tombent sur l’autre, d’une classe générale. Garde-à-vue musclée pour les uns, huit jours d’arrêt pour l’autre. Un procès démêlera l’affaire à sa manière, les élèves d’une autre, et c’est de cela qu’il est question ici.

Croire en l’avenir des élèves

Ils ont quinze ans et ils sont plus que jamais clivés. La France de demain se dessinera là et pas ailleurs. Au beau milieu d’un lycée polyvalent séparé en deux. D’un côté, les jeunes relégués dans leurs quartiers comme dans les bâtiments des classes techniques, en défiance générale vis-à-vis du système, de l’État, de l’enseignement, de toute forme d’institution. De l’autre, ceux de beaux quartiers tous aussi défiants – contre les fonctionnaires, contre ceux qui perçoivent « des allocs », contre les « étrangers ». Dans la caisse de résonance de l’école, les propos des adolescents des deux classes disent quelque chose de l’état de la société.

Spectatrice de cet étau social qui se resserre, une prof, une seule, semble croire encore en l’avenir de ses élèves, à qui pourtant elle n’a plus aucune perspective à offrir. Elle aime ses élèves et elle fait ce qu’elle peut pour qu’ils gardent confiance en eux, pour qu’ils se construisent, pour qu’ils soient à même d’être critiques.

De la ministre, Najat Vallaud-Belkacem, qui fait l’effort du déplacement le même jour que les Pieds sur Terre, dans le même lycée, le montage ne garde rien. Un reportage pour prendre la mesure des chantiers à mener pour que l’Éducation nationale se hisse à la hauteur des questionnements légitimes de ses élèves.

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