photo cc Blandine Le Cain
Accueil > Politique | Entretien par Caroline Châtelet | 10 février 2017

Valérie Igounet : « Le discours du FN est passé de "ni droite ni gauche" à "et de droite et de gauche" »

Historienne spécialiste de l’extrême droite, Valérie Igounet analyse dans son nouvel ouvrage l’évolution du discours du Front national, ses emprunts et ses déguisements. Et elle explique ce qui inscrit aujourd’hui le parti de Marine Le Pen dans une dynamique inédite.

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« Le Front national a-t-il changé ? » À certains journalistes s’acharnant à poser cette question – plutôt que de s’interroger sur la droitisation d’un discours politique dans son entier – on aimerait conseiller la lecture de l’ouvrage de Valérie Igounet.

Dans Les Français d’abord, l’historienne, spécialiste du négationnisme et de l’extrême droite en France (dont un autre ouvrage, documentaire photographique réalisé dans trois villes FN sort ces jours également) analyse l’évolution des slogans et des discours du Front national. Passionnant, Les Français d’abord expose avec affiches et tracts à l’appui que si un travail de ripolinage est à l’œuvre, le socle idéologique du parti fondé en 1972 demeure.

Regards. Quelle est la genèse de Les Français d’abord – slogans et viralité du discours du front national (1972-2017) ?

Valérie Igounet. Le précédent livre que j’ai écrit était une somme sur l’histoire du FN (Le Front national de 1972 à nos jours. Le parti, les hommes, les idées, éd. du Seuil) et j’avais aussi l’envie d’aborder cette histoire différemment. Travaillant depuis plusieurs années sur le terrain, j’ai pu me rendre compte de la faculté des militants et des électeurs du FN à s’approprier les slogans, les discours. Ce parti est doué dans la formation de ses militants, dans la transmission de certains mots, et dans le fait d’en proscrire d’autres. La cellule de communication du FN a souvent initié des slogans à partir de choses vues (comme des tags), entendues, récupérées au hasard chez des sympathisants. Travailler sur les slogans et les affiches permet également de saisir leur évolution, ainsi que cette continuité que nous, historiens, travaillons à démontrer, expliquer. Le contexte a évidemment changé, mais les marqueurs demeurent : immigration, nationalisme, etc.

 

« Deux lignes existent au sein du FN, proposant deux attitudes par rapport à la droite : Marion Maréchal-Le Pen est partisane d’une union avec une droite, alors que Florian Philippot et Marine Le Pen la rejettent totalement. »

 

Concernant le discours, vous relevez la récupération d’idées à caractère social, et des symboles de la gauche. À quand remonte cette socialisation de la sémantique ?

Il y a un contexte à cela : lors des élections présidentielles de 1995 un certain vote ouvrier – la fraction ouvrière qui votait initialement pour la droite – commence à s’avancer et le FN va s’adapter à cela. Si évidemment il ne faut pas être dupe (le discours xénophobe est là), aborder la question de l’immigration sous couvert de dénonciation de protection sociale est assez novateur. Depuis, les tracts ont évolué, nous sommes passés avec Marine Le Pen d’une dénonciation générale de l’immigration à un ciblage de certaines origines. Les discours s’adaptent au contexte, avec la montée de l’islamophobie et la crise des réfugiés, qui réactualisent la thématique anti-immigrés. Concernant cette récupération sémantique, l’emprunt s’est accentué ces dernières années face à une gauche en souffrance. Je cite notamment dans mon livre Alain de Benoist, au sujet du slogan "Le Pen, le peuple". Jean-Marie Le Pen est l’initiateur de cette appropriation et Marine Le Pen continue dans cette voie, en revendiquant le FN comme le parti du peuple. Le Front national est passé d’un discours "ni droite ni gauche" (apparu en 1995 avec Samuel Maréchal, le père de Marion Maréchal-Le Pen) à "et de droite et de gauche".

Comment ce passage du "ni ni" au "et et" a-t-il été pensé stratégiquement ?

Deux lignes existent aujourd’hui au sein du FN, proposant deux attitudes par rapport à la droite : Marion Maréchal-Le Pen est partisane d’une union avec une droite, alors que Florian Philippot et Marine Le Pen la rejettent totalement. Le "et de droite et de gauche" permet de passer au-dessus de cette division. Il y a aussi une adaptation du discours en fonction des territoires, et lorsque Marine Le Pen est à Hénin-Beaumont, dans le Nord, territoire historiquement ouvrier et marqué par la crise, elle ne se revendique pas de droite et utilise fréquemment les termes "gauche", "social". Lorsqu’elle est dans le Sud-Est, notamment sur les terres de Marion Maréchal-Le Pen, ses discours vont être différents et mettre en avant "immigration", "insécurité", etc.

Vous soulignez également le mimétisme sémantique pratiqué par la droite sur les thématiques frontistes. Cela a largement dépassé la seule droite…

Bien sûr, mais ce qui était important pour moi – et on l’a encore ressenti lors des primaires de la droite – était de relever la viralité des discours. Dès l’émergence électorale du parti de Jean-Marie Le Pen, une partie de la droite s’est appropriée des thématiques et un champ sémantique. La campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy a été exemplaire sur cette subtilisation sémantique – les résultats du FN ont été assez bas sur cette élection. Mais cela a commencé avant 2007, s’est libéré à ce moment-là et il y a eu une explosion lors des récentes primaires.

 

« Pour certains Le Pen, est une marque. Ils voient le FN comme un parti fondé par un homme extraordinaire qui a fait son temps et dont la fille, la "digne héritière", reprend le flambeau. »

 

Que pensez-vous du discours de Marine Le Pen de dimanche, au cours duquel on a relevé le retour des termes "islamisme" et "islam radicalisé" absents du discours de Fréjus de septembre ?

Le discours de Marine Le Pen, comme d’autres représentants du FN, alterne toujours entre deux positions. À certains moments, les interventions doivent être plus lisses ; à d’autres on revient sur les fondamentaux, pour montrer la véritable nature de ce qu’est ce parti et adresser des signes à son électorat traditionnel. Lors des assises présidentielles de dimanche, Marine Le Pen a présenté ses 144 engagements. Si la sémantique est différente et si une évolution est mise en avant – comme l’annonce du retrait de la peine de mort de son programme –, sur le fond rien ne change. En annonçant un possible référendum d’initiative populaire sur cette question et celle de la perpétuité réelle, Marine Le Pen ne se déclare pas contre. Les termes forts demeurent, notamment sur les thématiques liées à l’immigration : il ne faut pas oublier que c’est son fonds de commerce.

Vous disiez lors d’une interview que les électeurs du FN rencontrés pour votre ouvrage co-signé avec le photographe Vincent Jarousseau, L’Illusion nationale, étaient majoritairement réticents vis-à-vis de Jean-Marie Le Pen, adhéraient à la figure de Marine Le Pen et encore plus à celle de Marion Maréchal-Le Pen. Une répartition étonnante, Marion Maréchal-Le Pen étant plutôt la face "diabolisation" (comme Jean-Marie Le Pen) et Marine Le Pen "dédiabolisation" ?

Lors de la réalisation de notre ouvrage, nous avons senti que le fait que la présidence soit assurée par Marine Le Pen donne l’image d’un nouveau FN. Il y a un aspect générationnel indubitable. Mais en interne, on trouve également la perception que certaines idées ont évolué. On se revendique beaucoup plus facilement du FN qu’on ne le faisait avant, la parole s’est libérée. Sur le fait que Marion Maréchal-Le Pen soit très appréciée, cela corrobore aussi le congrès de Lyon de novembre 2014, où elle est arrivée première au vote du comité central du parti. Mais entre ces figures se retrouvent toutes les contradictions et les ambiguïtés que les discours du FN mettent au jour. Pour beaucoup d’électeurs avec qui nous avons échangé, il fallait que le FN de Jean-Marie Le Pen, un FN provocateur, se termine et renaisse avec quelqu’un d’autre. Pourtant, nombreux sont ceux qui se reconnaissent plus dans le FN traditionnel, dans la ligne de Marion Maréchal-Le Pen que dans celle incarnée par Florian Philippot. Cette distinction existe. Après, ces personnes votent pour des idées, pour une priorité nationale et également pour des représentants. Le Pen est un nom pour certains quasiment fascinant, c’est une marque. Ils voient le FN comme un parti fondé par un homme extraordinaire qui a fait son temps et dont la fille, la "digne héritière", reprend le flambeau.

 

« Depuis l’accession de Marine Le Pen à sa présidence et depuis les élections européennes, le FN est dans une dynamique inédite. »

 

Vous dites dans Les Français d’abord que la prochaine étape est de « faire du FN une grande formation politique installée sur les décombres de la droite. C’est à ce moment que la question des alliances se poserait. Elles seraient négociées par un parti lepéniste en position de force avec une droite disloquée et recomposée à partir des lignes de force frontistes ». N’est-ce pas le contexte actuel ?

C’est ce que je me suis dit lorsque j’ai entendu le début de l’affaire Penelope Fillon. On vote aussi FN quand on ne croit plus en la politique, et cette histoire va conforter les électeurs dans cette position. En même temps, il ne faut pas être dupe et ces électeurs ont une perception particulière de l’histoire du FN. Le FN réagit peu sur cette histoire Fillon, et nous, observateurs, savons pourquoi : le parti de Marine Le Pen étant concerné par plusieurs affaires financières, il lui est difficile de se positionner. Il n’avance pas, comme il le revendique, "tête haute et mains propres". Pour la première fois de son histoire, le FN aborde ces élections avec un optimisme affiché. Depuis l’accession de Marine Le Pen à sa présidence et depuis les élections européennes, le FN est dans une dynamique inédite. Il est en train de travailler sur certains aspects, notamment le domaine économique, de poursuivre sa "dédiabolisation" entamée depuis de longues années. Après, est-ce qu’un FN "normalisé" répondra toujours à ce qu’il est ?

Que pensez-vous de la rose bleue, le logo de campagne de Marine Le Pen, et de son clip ?

Il y a depuis quelques temps une rupture affichée évidente avec les origines du parti, elle efface progressivement l’empreinte initiale de son père. Elle n’a pas fait qu’exclure son père du parti, elle veut également gommer tout ce qui représente le FN depuis des années. Il est possible que dans quelques temps, le FN ne s’appelle plus ainsi, afin de soi-disant clore cette histoire. Après, nous savons tous que la rose constitue un emprunt à l’histoire de la gauche. La rose, symbole du socialisme, le bleu la couleur de la droite : cela s’inscrit là encore dans la récupération d’un électorat et de droite et de gauche. Le clip de campagne prolonge ce que Marine Le Pen affirme depuis son arrivée à la présidence et affiche encore plus depuis les présidentielles de 2012, où ce sont près de 50% de femmes qui ont voté pour le FN. Sous la présidence de Jean-Marie Le Pen, très peu de femmes votaient FN. Là, le clip met en avant notamment sa position de mère, de femme libre qui tient fermement la barre de son bateau.

Les Français d’abord – Slogans et viralité du discours du Front national (1972-2017) de Valérie Igounet, éditions Inculte, 19,90 euros.







L’Illusion nationale : Deux ans d’enquête dans les villes FN, de Valérie Igounet et Vincent Jaroussea, éditions des Arènes, 22,90 euros.

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  • « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. »
    Tancredi dans "Le guépard"

    Durruti Le 10 février à 09:18
       
    • les centristes ne sont Ni de droite ni de droite , disait MITTERRAND , Bleu MARINE n’est ni de gauche ni de gauche par contre le FN lui rassemble à gauche au centre et à droite Philippot lui rassemble pendant que JLM nous amuse enfin il commence à nous les casser

      ouvrierpcf Le 14 février à 18:32
  •  
  • Lors de l émission de France 2 , jeudi 09/02/2017 , elle réalise un des meilleurs scores de "crédibilité " , 1 point au dessus d’Hamon .juste après Juppé .

    Ce qui veux dire que malgré les affaires du parlement européen et son et" de droite et de gauche " , elle se maintient haut dans l opinion des téléspectateurs .

    Les medias sont peut être complaisant mais les fait sont têtus ,il y a un vote d’adhésion FN.

    Est ce qu’ il ne faudrait pas surtout concentrer les attaques sur elle plutôt que sur Fillon , empêtrés dans le pénélope gate ?

    je me demande .

    Quand a l’allusion de D , ouais !! D comme douteux , D comme débile.

    buenaventura Le 10 février à 10:30
       
    • Attention aux sondages !

      Il est prouvé depuis longtemps que les sondages ne veulent rien dire, qu’ils soient positifs ou négatifs. Dans les faits,nous en avons une confirmation récente, Brexit, Trump, Fillon. Il faut relire ce qu’en disait Pierre Bourdieu et il n’est pas le seul. Les résultats des sondages sont des artefacts. Les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote sont valables, mais ce ne sont plus des sondages, ce sont des enquêtes.

      Pour le FN lors des élections , les gains réalisés le sont plus sur la droite de la droite , il y a porosité. Les gains en pourcentage sont en grande partie dus à la progression de l’abstention. Contrairement à ce que nous assènent les médias, le vote FN reste minoritaire chez les employés et les ouvriers, c’est l’ abstention qui est majoritaire.
      Attaquer est nécessaire, mais pas suffisant, l’important c’est de convaincre les abstentionnistes de venir voter pour la FI. Dans cette perspective, la réussite du meeting de JLM ce week end à Lyon ne peut que payer.

      GG Le 10 février à 12:34
    •  
    • Ce n’est pas une allusion, mais un fait. JLM, en bon national-populiste racoleur de bulletins de vote, se place aussi au dessus de la gauche et de la droite.
      Mais ce qui est grave, au delà des mots, c’est le projet d’aménagement du capitalisme. C’est le point commun de tous les politiciens professionnels, de MLP à JLM, qui tous écartent une alternative anticapitaliste, donc socialiste, pourtant la seule qui éviterait, dans la crise terrible qui vient, le fascisme.

      Dufour Le 10 février à 17:02
  •  
  • GG évoque avec raison les "grands médias". Car il manque quelque chose à cet intéressant article, qui semble dire que la "dynamique" du FN est uniquement due à sa com. Or il y a de la part de l’ennemi de classe un volonté délibérée d’assurer la promotion du FN, car c’est une garantie de l’ordre en place : si on ne vote pas FN, on votera PS ou LR pour l’éviter, et le système sera sauf ; Medef et Cac40 réunis, toujours bien servis par les uns et le autres, comptent ainsi sur le parti de la trouille pour assurer la continuité et la prospérité de leurs petites affaires.

    Cette historienne qui a étudié les documents internes et les tags, n’aurait-elle pas dû faire une place particulière au journal Le Monde (mais aussi bien d’autres) qui a assidument fait de la publicité au FN ? Le Pen le bon grand-père, Marine la femme libre, Marion la jeune surdouée ? En réalité, le succès du FN est une énorme baudruche médiatique gonflée à coup de mensonges et de bourrage de crâne des citoyens les moins politisés, les plus impressionnables, qui sont à juste titre dégoûtés des politiciens en place.

    Pour contrer le FN, il faut montrer, c’est vrai, à quel point il est toujours prisonnier de ses origines fascistes et racistes. Mais il faut surtout inlassablement expliquer que le problème, ce n’est pas l’immigré, c’est le banquier ; que la précarité et le chômage sont en réalité le dernier des soucis de la dame de Montretout ; que son programme (si programme il y a, entre le tout et son contraire) ne garantit aucune indépendance réelle vis-à-vis de l’euro-US-OTAN et encore moins la souveraineté populaire ; et qu’aucune politique sociale n’est à attendre d’un parti qui a toujours conspué les luttes, les grèves et les syndicalistes. Bref, que ce prétendu hors-système en est le fidèle collaborateur.

    Autrement Le 10 février à 11:02
       
    • Je dirais que pour dégonfler le FN, faudrait surtout qu’il accepte de débattre avec des interlocuteurs "crédibles"...

      Plus y’aura de débats entre Mélenchon et Lepen, plus celle-ci sera poussée aux limites de sa logique "stupide" et "communautariste"...

      Car je ne suis pas sûr que toutes les intentions de vote du FN soient le signe d’une adhésion réfléchie. C’est pourquoi il est utile de rappeler que :
      a) la "contestation" peut passer par autre chose que Marine Lepen.
      b) le FN, au-delà du fait de faire trembler le "système", bouffera comme un ogre tous ceux qui attendaient le soutien d’une solidarité "nationale" si on lui en donne l’occasion bien entendu. Car pour le FN, il s’agit avant tout de faire le tri entre les « bons » et les « mauvais » pauvres, les méritants et les fainéants... Mais avant de faire ce tri, il faudra bien ne pas oublier que tous devront passer par la case "suspect" ! Et quand on cherche, on trouve toujours quelque chose...

      carlos Le 10 février à 12:55
  •  
  • Entre nous, je suis parti ce matin dégeuller au toilettes. 13 000 pendus dans une prison du régime de Assad. On nous avait pourtant dis que cà n’arriverait plus jamais depuis le guetto de varsovie ; Tous les pro Assad, ou pro russe, comme Lepen, Fillon, Melenchon, on doit pas les laisser passer. Ces histoires de partis, de libéralisme, de communisme, de PS ou d’alternative, d’augmentations de salaire, ou de monde meilleur pour les occidentaux, je m’en contrefoux. Rien d’autre à dire.

    bdpif Le 10 février à 15:33
       
    • @dufour Renseignez-vous... Mélenchon n’est ni pro-russe ni pro-syrien... Il plaide pour le non-alignement, la sortie de l’OTAN et la paix.
      Traduction :
      Les russes sont autant des partenaires que peuvent l’être les américains et il est hors de question de se laissé entraîner dans une guerre "d’intérêts" quelle qu’elle soit. La France agira pour renforcer les prérogatives des nations Unies et n’interviendrait que dans ce cadre pour pourrir ceux qui abuseraient bien entendu de leur pouvoir à l’encontre de leur population... ou d’un peuple voisin. Assad comme les autres.

      carlos Le 10 février à 19:21
  •  
  • Devant les centaines de milliers de morts en Syrie, Irak, kurdistan, Turquie, Yemen, Lybie, Nigéria....du fait des guerres politiques, religieuses, pour le pétrole, les oléoducs, les gazoducs, des attentats quotidiens sur des marchés, dans des lieux publics, tuant à l’aveugle pour un dieu miséricordieux, on a tous la gerbe. Assad est un assassin, comme Khadafi ou Saddam Hussein, mais avant que les impérialistes dont la France, qui sont comme cul et chemise avec les saoudiens et les qataris, ne viennent déstabiliser la région et vendre leurs armes aux islamo-fascistes salafistes et wahabites comme Daesh, Al Nostra et autres, ces pays, sans être des exemples, n’étaient pas les abattoirs et enfers qu’ils sont devenus. Chiites, Sunnites, Chrétiens d’Orient et autres y coexistaient sans s’entretuer. Le fric manipule les fanatismes pour empocher les dividendes en se foutant de la planète qu’il met à feu et à sang et dont en plus il pollue l’air, l’eau et les sols.

    René-Michel Le 10 février à 16:58
       
    • Faux. La dynastie Assad a toujours dominé avec la torture et les exécutions de masse. Demandez aux communistes dès les années 70 : une partie n’a sauvé sa peau, celle de leur femme et de leurs enfants qu’en se ralliant à la dictature. Alors le peuple s’est révolté, comme dans beaucoup d’autres pays soumis à dictature. La Russie est venue au secours du boucher. JLM a applaudi aux bombardements. Les peuples arabes ne l’oublieront jamais, pas plus que les défenseurs des droits des humains, où qu’ils soient.

      Dufour Le 10 février à 18:20
    •  
    • @dufour : Tant qu’il n’y aura pas des instances internationales sous l’égide de l’ONU capables de faire respecter un "droit international" fort et indépendant, il y aura des "assassins" impunis à la tête de certains états en ce bas monde... Mélenchon souhaite en appliquant à la France la stratégie d’un pays "non-aligné" renforcer leur rôles et relancer une dynamique des coopérations internationales propres à favoriser l’émancipation des peuples et la paix.
      Il me semble pas faire renaître les "forces de l’AXE"...

      carlos Le 10 février à 19:29
    •  
    • #duffour. Vous ne lisez pas, vous postillonnez votre haine sur votre clavier et vous êtes un falsificateur éhonté en disant que "JLM a applaudi aux bombardements". Arrêtez la politique et allez vous défouler avec les supporters hooligans d’une quelconque équipe, une bière dans une main et une batte dans l’autre !

      René-Michel Le 10 février à 23:10
    •  
    • François HOLLANDE a mis l’armée française dans 14 guerres ou conflits , nous a mis en état d’urgence depuis 18 mois , a fait vendre pour 5 milliards d’armes en tout genre en 2015 par de grands groupe privés , non non cela n’a provoqué aucune mortalité non non Laurent Fabius au fait il est ou ? ah oui responsable mais pas coupable bon j’ais bien fait de voter CHIRAC moi en 2002

      ouvrierpcf Le 14 février à 18:45
  •  
  • oui vous avez raison Dufour , on va demander aux communistes l russes leur avis sur les exécutions de masse.

    Vos reférentences c’est le site anti K , c’est quoi ? le site du poupon Besancenot ? anti K.N ?

    Il a pourtant fait des poutous a la presse fut un temps ; le gentil ex facteur, mais la c était pas du populisme bien sur .

    buenaventura Le 10 février à 18:56
  •  
  • Il y a ce qui demeure et ce qui change... Vieux constat qui relève de l’évidence quand on prend le temps de scruter son époque.
    Ce qui demeure et qui change : le capitalisme et ses modes d’exploitation de l’homme par l’homme pour le profit de quelques uns auxquels la propriété du capital donne dans la société le pouvoir économique ,politique et idéologique. Ce qui demeure et qui change : la lutte des classes et ceux qui la conduisent dans le camp et au nom des opprimés pour changer la société en abolissant le capitalisme...
    La conscience de cette réalité sociale, économique et politique , est évidemment combattue en permanence par les réactionnaires de toutes nuances : ceux qui à droite, à l’extrême droite, et à gauche ne veulent pas que cela change vraiment.
    Depuis plusieurs décennies, de la guerre froide à nos jours, le capitalisme et les forces politiques qui le représentent sont parvenues à liquider successivement les mouvements de libération nationales et le mouvement communiste international. À partir de là, les révoltes et les aspirations progressistes collectives, privées d’un débouché révolutionnaire , ont été détournées vers un repli sur soi égotiste et consumériste qui montre de plus en plus ses limites écologiques...Bref, nous sommes dans une impasse politique et historique dont nous avons beaucoup de mal à sortir.
    D’autant plus que la guerre idéologique fait rage et que , dans ce domaine , comme dans d’autres, nous ne sommes pas à armes égales, loin s ’en faut !

    La dynamique actuelle du FN s’explique non seulement par sa capacité propre ( son appareil politique, son financement et son enracinement géographique et électoral plus ou moins inter classiste...)à surfer sur la crise globale de notre société, mais aussi par les complicités multiples dont il bénéficie dans les médias où les idées droitières et néofascistes sont diffusées sans trouver contradiction, les milieux patronaux , l’ appareil d’Etat , sa police et son armée...Du point vue de l’analyse historique, il n’y a rien de réellement nouveau : une continuité " modernisée" plutôt, qui permettra aux possédants d’aujourd’hui d’être toujours les possédants.

    H Bossuet Le 11 février à 11:33
       
    • Effectivement, "on doit parler non pas d’une classe ouvrière une et indivisible, mais de" classes ouvrières" ou de "classes populaires".
      Sans oublier ,à ses marges ,un "lumpen proletariat" que Marx et Engels avaient déjà caractérisé en leur temps".

      Cette vision idéalisée et idéaliste d’une classe ouvrière révolutionnaire pure et dure parce qu’elle n’aurait que ses chaînes à perdre ne correspond plus à notre réalité.

      Et un sous-prolétariat composé aujourd’hui de chômeurs de longue durée , de salariés précaires, de laissés pour compte d’une crise capitaliste de 30 ans constitue la masse de manœuvre électorale ,et parfois militante, d’un néo fascisme français incarné par le FN.

      Si ce phénomène politique de temps de crise n’est pas historiquement nouveau ( cf. les mouvements fascistes de Mussolini et de Hitler ), il est cependant inquiétant dans la mesure où il peut rendre possible une prise du pouvoir politique de l’extrême droite et/ou une guerre civile en France…
      Ce danger est d’autant plus sérieux que les forces progressistes porteuses de projets alternatifs, sinon révolutionnaires , qui pourraient s’y opposer, restent éparpillées et pour partie discréditées par une alternance « droite–parti socialiste » qui n’a rien résolu et tout aggravé au cours de ces dernières années.

      la faillite d’une "social démocratie" hégémonique , se voulant toujours "gestionnaire loyale des intérêts du capitalisme" , qui a ( trop) longtemps ( depuis le années 1980) occupé presque tout l’espace politique à gauche est patente.
      Un sursaut communiste , à la hauteur des enjeux, que certains attendaient ,ne s’est pas produit.
      Quant au phénomène Mélenchon , et à sa suite ,le mouvement des Insoumis, malgré tous leurs efforts, ils peinent à incarner une nouvelle extrême gauche dans notre pays.

      En dépit des apparences ( superbes meetings et production intellectuelle foisonnante tous azimuts) , "La France en commun " ou l"Avenir en commun" sont mal parties pour assurer un nouveau leadership à gauche . Et ce n’est pas le ripolinage d’un PS , réalisé à la va-vite pour cause d’élection, par un Hamon bien embarrassé de sa victoire interne, qui sera susceptible de créer en moins de 70 jours une dynamique victorieuse ! On peut donc se préparer au pire ou au moins pire ... qui reste tout de même le pire !

      Annick Blanchette Le 11 février à 20:28
  •  
  • Parce que cela fonctionne avec lui, Dufour , croit dans la méthode Coué. Il faut le laisser croire, il ne fait de mal à personne, sauf peut être à lui même.

    GG Le 11 février à 12:25
  •  
  •  « Marianne » , l’hebdomadaire parisien de centre gauche, actuellement en difficulté financière, titre, cette deuxième semaine de février 2017 : « Pourquoi ils veulent faire élire Marine Le Pen » et résume les trois raisons, selon lui, de cette victoire annoncée : « la droite qui ne veut pas tourner la page Fillon (candidat de la Droite ,éclaboussé par un scandale d’emploi fictif et d e détournement d’argent public impliquant sa famille) – la gauche qui ne veut pas s’unir ( la candidature Hamon ,ancien ministre de l’E.N. d’Hollande n’ayant rien résolu : les arrières –pensées anti- Mélenchon , le sauvetage électoral du PS et la stratégie unitaire de rassemblement du PCF, incantatoire et peu convaincante, jusque dans ses propres rangs, se révélant incompatibles) – Macron (idem, la candidature néo libérale et droitière de l’ ancien ministre de l ’Économie d’Hollande) qui n’a toujours pas de programme …L’analyse est sans doute un peu courte , mais pas entièrement fausse : Le FN et sa dynamique se nourrissent aussi bien des échecs que des faiblesses de ses adversaires ! 70 jours, c’est également bien court pour effacer le bilan d’un quinquennat "socialiste" calamiteux et reconstruire une gauche éclatée et en partie discréditée par sa propre politique !

    E. Vaillant Le 12 février à 11:12
  •  
  • http://www.

    collectif-libertaire-lorient.org/wp-content/uploads/2015/12/ps-fn_o.jpg

    Durruti Le 12 février à 13:28
  •  
  • Annick Planchette
    Il faut arrêter de reservir sans cesse cette tarte à la crème médiatique, que ce que vous appeler les laissés pour compte, seraient nécessairement des électeurs potentiels du FN. Les néofasciste pour reprendre votre expression, sont plus à rechercher du côté de certains commerçants, artisans, petits et gros patrons, rentiers, agriculteur, certains fontinnaires (ministères de l’intérieur ou de La Défense ou autre), professions libérales, cadres, retraités. C’est dans ces catégories que l’on trouve un réel vote d’adhésion aux valeurs du FN.

    Les études, et non pas les sondages qui sont des artéfacts, les études faites à partir des élections montrent que chez les employés et les ouvriers (50% des salariés) le vote FN reste très minoritaire. Parmi eux c’est l’abstention qui est majoritaire.

    C’est important de ne pas négliger ce fait dans l’élaboration d’une stratégie de campagne électorale et de lutte. Bien sûr il y’a toujours eu des ouvriers, des employés qui votent à droite ou à l’extrême droite, la frontière entre les deux étant devenue poreuse. Mais contrairement à ce que certains veulent faire croire ce vote ne constitue pas le gros des troupes du FN, et il s’agit parfois plus d’un vote sanction que d’adhésion réelle aux valeurs du FN.ù

    GG Le 15 février à 12:47
       
    • Les études sociologiques de terrain réduisent à peu de chose une idée reçue largement diffusée depuis les années 1995 qui présentait déjà le FN comme "le nouveau parti de la classe ouvrière".
      Il s’agissait alors pour certains anticommunistes " de gauche et d’extrême gauche" de rendre coupable le PCF d’avoir déserté le combat ouvrier , après avoir abandonné les laissés pour compte des banlieues ... 20 ans plus tard, En 2015, l’étude des élections régionales montrait que c’était l’abstention et le vote blanc qui était majoritaire chez les ouvriers, et qu’en réalité, c’était moins d’1 ouvrier sur 7 qui avait voté FN !

      Il n’empêche que l’électorat du FN est constitué pour plus de la moitié d’ouvriers , d’employés du secteur privé et d e la fonction publique ,et de retraités issus de ces mêmes milieux !

      La bonne question est donc de savoir pourquoi, quand ils votent, les pauvres se tournent plutôt vers la droite et l’extrême droite que vers la gauche, pourquoi aux États-Unis ils ont voté Trump et pourquoi ils s’apprêtent à voter le Pen dans quelques mois , quitte à s’en mordre les doigts ?

      René Bortoli Le 15 février à 20:04
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  • René Borteli je suis d’accord avec vous. Une réserve cependant, vous écrivez " les pauvres...au États Unis ils ont voté Trump..." Le taux d’abstention au EU est de l’ordre de 45%, je pense que les pauvres il faut les rechercher dans cette absention.

    Pour ce qui est du vote ouvrier, employé, en faveur du FN, il me semble que pour une part cela provient du fait que la gauche a abandonné des thèmes qui était les siens et dont le FN s’est emparé. Avec cette différence que le FN désigne l’étranger, surtout musulman, comme ennemis et non le capitalisme financiarisé. Ce qui fait que ce parti n’est pas républicain. Il n’hésite pas à tromper les électeurs.

    Une autre piste, est celle mise en avant par la philosophe Chantale Mouffe. Pour elle, à gauche trop de gens pense que pour convaincre il suffit d’expliquer. Elle prend l’exemple du racisme, " il est prouvé scientifiquement que les races n’existent pas alors tu ne peux pas être raciste". Pour elle cela ne marche pas, il faut faire tout un travail politiques, comme la construction d’un peuple qui en soit n’existe pas, c’est une construction politiques, le eux et le nous. Tout comme F Lordon, pour elle le politique est aussi affaire d’affects.

    Voila pour faire vite, des pistes qu’il me intéressant de creuser.

    GG Le 16 février à 14:16
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