photo cc Olaf Kosinsky
Accueil > Politique | Par Paul-Émile Brissaud | 16 novembre 2016

Valls : démission imminente ?

C’est la guerre entre Valls et Hollande. Le premier pourrait remettre sa démission au second pour lui griller la priorité dans la course à l’Élysée… dès les prochains jours, afin de créer la surprise et réduire la candidature d’Emmanuel Macron à peau de chagrin.

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Rien ne va plus au sommet de l’État. Il a suffi d’un rendez-vous pour que tout bascule. Depuis quelques semaines, la tension était déjà palpable entre François Hollande et Manuel Valls – notamment depuis la publication de Un président ne devrait pas dire ça, écrit par les deux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

Le livre a fait grand bruit et ses révélations fracassantes sur l’exercice du pouvoir par l’actuel locataire de l’Élysée ont mis le monde médiatique et politique en émoi – y compris parmi les plus fidèles du président. La consternation est partout. Et pour Manuel Valls, c’est la goutte d’eau. Ou plutôt, c’est une aubaine. Une occasion en or pour couper le cordon. Et rompre définitivement.

Doutes et défections autour de Hollande

Depuis plusieurs semaines déjà, Manuel Valls entend s’émanciper du président de la République et multiplie les sorties aux arrière-goûts de pré-campagne. Pour lui, aussi, l’idée que François Hollande puisse être candidat à un second mandat est désormais impensable. Il n’est pas à la hauteur de la fonction présidentielle, pense-t-il. Et s’il ne s’en cache plus en privé, on retrouve dans ses déclarations publiques, quelques piques adressées au chef de l’État. Comme ce discours, prononcé avant-hier dans les Hauts-de-France :

« Le pays attend et demande de la force – et j’ai cette force, comme chacun d’entre vous sur le territoire – pour aider la Nation, cette communauté de destin, pour l’aider à se penser davantage uni. »

Parmi les proches de François Hollande, nombreux sont ceux qui n’y croient plus et prennent leurs distances en affichant un soutien plus ou moins nuancé à Manuel Valls. Certains n’hésitent d’ailleurs plus à dire qu’il est « le seul capable de rassembler la gauche et de la faire triompher ». Sans blague ! D’autres, plus subtilement, ont fait savoir qu’il était le recours incontestable si – et seulement si – François Hollande venait à renoncer à se présenter à un nouveau mandat.

Les soutiens du président en exercice commencent à se faire rares. Même Michel Sapin et Jean-Yves le Drian – fidèles parmi les fidèles – auraient pris leurs distances et ne participeraient plus aux réunions hebdomadaires autour de François Hollande. Au cabinet du président de la République aussi, le doute se lit sur les visages. La plupart de ses collaborateurs ont d’ailleurs déjà quitté le navire.

Désaccords stratégiques et tensions croissantes

Enfin, le dernier sondage Ipsos pour Le Parisien / Aujourd’hui en France ne va pas arranger les affaires du président sortant. Manuel Valls obtient 37% d’opinions favorables comme le meilleur candidat potentiel de la gauche – devant Montebourg (32%), Royal (30%), Aubry (27%), Cazeneuve (21%), Le Drian (19%), Hamon (19%). Pas de quoi ralentir l’ambition de François Hollande qui, requinqué par les derniers "bons" chiffres du chômage et ceux de la (faible) croissance retrouvée, est déterminé à présenter sa candidature à la primaire socialiste.

Depuis que François Hollande a annoncé ses intentions à Manuel Valls, ce dernier ne décolère pas. « C’est la guerre », dit-on régulièrement dans l’entourage des deux meilleurs ennemis. La semaine dernière, à l’occasion de l’un des deux rendez-vous hebdomadaires entre le chef de l’État et du gouvernement, le ton est monté d’un cran. Ils auraient ainsi acté leur désaccord stratégique en vue de 2017. Valls a épuisé tous les arguments pour dissuader François Hollande de concourir au renouvellement de son mandat. En vain.

Les deux hommes ont envie de se lancer. Et selon plusieurs sources, Manuel Valls songerait à démissionner de Matignon. Une démission qui pourrait intervenir très rapidement – ces jours prochains – pour créer la surprise et faire oublier la toute nouvelle candidature d’Emmanuel Macron. Car il ne fait plus aucun doute que la compétition est lancée. Signes de mouvements en cours, plusieurs déplacements et rendez-vous à Matignon ont été annulés ces derniers jours.

Après Macron, Valls, bientôt Hollande. Une hypothèse qui n’a rien de banale. Restera ensuite sans doute le plus compliqué pour ces trois champions du libéralisme : faire oublier qu’ils ont été respectivement ministre de l’Économie, premier ministre et président de la République, et retrouver une crédibilité politique après avoir passé ces cinq dernières années à diriger le pays. Pour le résultat que l’on connaît…

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Vos réactions

  • Regards rejoint le journalisme politicien à l’affut des petites phrases et des rumeurs... Déchéance ! Est-ce sur la lancée du soutien inconditionnel de la rédaction à JLM qui estime que "l’élection présidentielle au suffrage universel, c’est la rencontre entre un homme et un peuple..." ?

    Marc Sidonny Le 16 novembre 2016 à 13:26
       
    • Marc Sidonny Dartigolles, lâche ton pseudo, on t’a reconnu !

      François 70 Le 16 novembre 2016 à 16:24
    •  
    • Les rats quittent le navire...
      Les scélérats aussi, bon ce sont les mêmes...
      Ils seront tous battus...mdr

      thaveau Le 17 novembre 2016 à 06:01
  •  
  • "Plus on est de fous et plus on rit ". Au PS, signe supplémentaire que la prétendue" gauche de gouvernement" est dans les choux, la"primaire" ne manquera pas de candidats déclarés ou putatifs à la succession du "capitaine - de- pédalo - ennemi - de- la -finance " ; à droite, la course à l’échalote entre candidats d’un programme très commun continue à grand frais ; du côté de l’extrême droite, sans surprise, la cheftaine populiste, fille du milliardaire du château de Montretout, se contente de compter les points avant d’engranger les voix ; enfin notre " gauche alternative", en pleine atomisation, se prépare à faire de la figuration au premier tour avant de disparaître des radars jusqu’en 2022... Il y a de quoi rire ...jaune !

    Gilles Marx Le 16 novembre 2016 à 15:46
       
    • c’est le trop plein chez les socialistes qui 5 vont a la primaire et un qui est parti en solo en début d’année .

      leon Le 16 novembre 2016 à 17:33
  •  
  • voila le type d’article indispensable pour arriver à comprendre que bien des élus politiques se préoccupent surtout de leur carriere ...."faudrait pas me faire griller par l’autre" ..... A se demander pourquoi ils font donc semblant de gérer le pays ....Prenons donc les 3 précités et virons les au plus vite !

    bob.polet Le 16 novembre 2016 à 16:10
  •  
  • Vous voyez le tableau, le sortant, son premier ministre et deux de ses ministres dans la même primaire. Ben mon colon ça promet d’être coton.
    Puisque nous sommes au rayon spéculations, je propose qu’on ouvre les paris. Moi je parie que Hollande se présentera sans passer par la case primaire. Et boum, badaboum le PS, haché menu, explosé façon puzzle. Déjà avec Macron il y a une partie des "grands élus du PS" qui vont filer à l’anglaise genre macronxit. Sans primaire les frondeurs sont cocus surtout que maintenant les circonscriptions sont attribuées et qu’on voit mal qui va prendre le risque de ne pas soutenir Pédalo 1er.
    Montebourg a annoncé qu’il ne se présenterait pas hors parti.
    Après il y a aussi les PCF qui sont pour un candidat de chez eux et ceux qui sont pour soutenir JL Mélechon. La aussi ça va pas rigoler dans les temps qui viennent car il y tout de même des militants et des dirigeants du parti qui refuse le suicide collectif et s’apprètent à quitter le parti (si si j’en connais)
    Bref Moi président aura réussit à foutre tout son monde dans la bouse. Fort heureusement il y le mouvement de la France Insoumise qui ouvre largement ses portes à tous ceux qui veulent réellement faire de le belle politique.

    choucroute Le 16 novembre 2016 à 17:17
  •  
  • Où est la politique là dedans ? On s’en fou qu’ils s’étripent entre eux. Tous ont été des zélés metteurs de scène et acteurs d’une politique sociale libérale, tous sans aucune exception, Macron compris. Pitoyable fin de règne d’un parti socialiste moribond. Les élections à venir doivent être l’occasion de tourner la. page, le plus vite serait le mieux. Ces élections sont aussi l’occasion de sanctionner cette politique et tous celles et ceux qui l’ont défendue durant cinq années, le Président, les premiers ministres, les ministres, les députés, les sénateurs, les maires, conseillers municipaux, départementaux, élus communautaires.... politique tellement néfaste qu’elle a accouchée d’un FHaime à 30% ou plus. . Le seul vote pour battre la droite et son extrême, c’est Jean-Luc Mélenchon.

    rody Le 16 novembre 2016 à 17:56
  •  
  • Dans la fausse gauche,sous le règne 2012/2017:Hollande(président),Valls(1e ministre).Macron,Montebourg(anciens ministres),Royal,Cazeneuve,Le Drian(encore ministres):DISQUALIFIES

    Dans la vraie droite,sous le règne 2007/2012:Sarkozy(président),Fillon(1e ministre)NKM,Le Maire(anciens ministres)Coppé(ancien chef du clan godillot)+Juppé(ancien,et même très très ancien 1e ministre):DISQUALIFIES également.

    ça devrait déblayer le terrain.... Et puis,pour le cas qui nous occupe,Valls—c est vraiment un cas—,il ne peut pas démissionner.Du moins pas avant d avoir envoyé ses forces spéciales pour déloger les dangereux terroristes de NDDL et leurs troupeaux enragés. Valls en a fait une affaire personnelle,et il a un chèque à toucher de Vinci.Comme son ami UMP Retailleau !

    Le Baron Hugues Le 17 novembre 2016 à 01:17
  •  
  • Citoyens
    « Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux.

    Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne considèrent que leurs propres intérêts et finissent par se considérer comme indispensables

    Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel

    Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs ayant un sens droit et une honnêteté reconnue

    Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à connaître leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter

    Nous sommes convaincus que, si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèreront jamais comme vos maîtres »

    Hôtel de ville de Paris, 25 mars 1871, le comité central de la garde nationale

    denis Le 17 novembre 2016 à 01:26
  •  
  • «  Enfin, le dernier sondage Ipsos pour Le Parisien / Aujourd’hui en France ne va pas arranger les affaires du président sortant. Manuel Valls obtient 37% d’opinions favorables comme le meilleur candidat potentiel de la gauche – devant Montebourg (32%), Royal (30%), Aubry (27%), Cazeneuve (21%), Le Drian (19%), Hamon (19%). »

    Et pas un mot de Mélenchon.

    Vous ne trouverez d’ailleurs pas un seul sondage récent où on écrit son nom et l’estimation du niveau où il se place !

    J’en déduis que les intentions de vote en sa faveur grimpent ... Il n’y a pas que les signatures (150 000 insoumis hier) !

    Pierre Magne Le 17 novembre 2016 à 10:04
       
    • J’aimerais connaître le programme de Valls ?

      Celui des insoumis, ce sera facile, à partir du 1er décembre, il sera en vente, 3E, pour soutenir notre campagne.

      Dans ce programme, la France Insoumise a choisi ses dix mesures les plus emblématiques :
      Faire face à l’urgence démocratique :
      • Référendum pour engager le processus constituant.
      • Droit de révoquer un-e élu-e.
      • Protection des biens communs : l’air, l’eau, l’alimentation, le vivant, la santé, l’énergie, la monnaie ne sont pas des marchandises.
      Faire face à l’urgence sociale :
      • Abroger la loi El Khomri, rétablir la hiérarchie des normes sociales et le principe de faveur.
      • Séparation des banques d’affaire et de détail et création d’un pôle public bancaire.
      • Smic net mensuel porté à plus de 1300€ net par mois (hausse immédiate de 16 %) et revalorisation du salaire des fonctionnaires.
      Faire face à l’urgence écologique :
      • Règle verte : ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer, ni produire plus que ce qu’elle peut supporter.
      • Plan de transition énergétique vers les énergies renouvelables par la sortie du nucléaire.
      Faire face à l’urgence internationale :
      • Refuser les traités de libre-échange : le traité transatlantique TAFTA entre l’UE et la France, CETA avec la France et le traité TISA de libéralisation des services.
      • Plan A : Proposer une refondation démocratique, sociale et écologique des traités européens par la négociation / Appliquer un « plan B » en cas d’échec des négociations.

      Que chacun choisisse !

      Pierre Magne Le 17 novembre 2016 à 10:12
    •  
    • 37% pour Valls ? Il y a donc tant de masos, qui rêvent d un 2e aéroport à Nantes ? Qui souhaitent l expulsion de paysans et de leurs troupeaux,tout en faisant semblant d être concernés par la disparition des zones humides,et par les conclusions de la COP21 ?
      37% de militants Vinci,qui dirigera(it) les travaux à NDDL( Vinci,détenu par le Qatar,allié de Daesh ?).Décidément,le PS sombre inexorablement !

      Le Baron Hugues Le 18 novembre 2016 à 00:10
    •  
    • Les medias évitent de donner les sondages pour Mélenchon.
      .
      Voici celui du CEVIPOL - Le Monde pour novembre 2016 :
      (sondage réalisé sur 16 000 personnes)
      Le Pen : 29%
      Sarkozy : 22%
      Mélenchon : 14%
      Hollande : 12%
      Bayrou : 11%
      Dupont-Aignan : 4%
      tous les autres < 2%
      .
      Je comprends enfin pourquoi les medias évitent de donner les sondages qui concernent Mélenchon !
      Source : jlm2014.fr

      Pierre Magne Le 18 novembre 2016 à 13:14
  •  
  • On se demande ou Regards a été pécho cette info ?

    dommage pour que cette tribune soit déjà obsolète : chômage en berne et baisse chiffre confirmés le 17
    Candidature Macron lancée depuis le 16 .

    Mais c’est une bonne nouvelle si Valls se lance , ca fera un candidat de plus au PS , manque plus que Hollande.

    La tronche a Laurent et Chassagne, trop marrant !
    alors Ps ou pas PS , Montebourg ? et on attend le résultat de la primaire fin janvier ? .On lance la fusée Tartignole ? .
    Etre ou ne pas être ? ( ridicule ) That is the question !

    Perso , je pense que c’est Montebourg qui va y aller, pour piquer des voix et essuyer de garder la première place a gauche devant JLM et ainsi jouer VALS en 2022.

    Mais regard avais raison, démission et candidature de vals ,JLM et premier a gauche en juin 2017 et la ca change tout
    surtout si la droite se divise comme bien parti entre péju , Fillon et sarko ;

    Ca me fout la pêche, la super pêche !

    buenaventura Le 17 novembre 2016 à 10:12
  •  
  • MELENCHON , MELENCHON !! Pour la référence au CNR il devra repasser . Simple question d ’ état d ’ esprit ! Ou comment cesser de mépriser celui qui , peut-être , ne penserait pas bien .

    ROUSSET Le 18 novembre 2016 à 15:29
       
    • C’est un message codé ?

      choucroute Le 19 novembre 2016 à 17:51
    •  
    • la référence au CNR , quèsaco ? veuillez préciser votre état d’esprit ?
      Mépris pour qui ?

      buenaventura Le 19 novembre 2016 à 19:22
  •  
  • Hollande, Valls, Macron, Montebourg,... veulent nous imposer leur vision personnelle de ce qu’ils croient être la réalité et la réponse à ce qu’ils pensent être nos problèmes de tous les jours. Mais ils sont "hors sol"... et ce, à la fois, pour la lecture des réalités et pour ce que nous voulons réellement : on n’a pas besoin d’eux... on sait ce que l’on veut... On veut dresser un bilan, on veut une démocratie substantielle plus participative et pas celle d’à ce jour qui n’est, quand elle existe, qu’occupationnelle... On veut parler des idées, des programmes... On veut une représentation moins monarchique à tous les niveaux,... et On veut ré écrire notre "Vouloir Vivre Ensemble", via une constituante et inventer notre 6ème république "les mains dans le cambouis"... Ras le bol de la caste, des experts, ce ne sont que des citoyens comme nous, ils sont nos égaux, et ils n’ont rien de plus que nous... Alors, résistons à la pression des sondages, éteignons les télévisions publique et privée et autres médias formatés à la pensée unique, lisons les médias indépendants, surfons sur les technologies qui nous donnent notre autonomie, remontons les manches, allumons nos cerveaux, regroupons nous et agissons avec audace. Bonnes luttes... Guy

    Torreilles Guy Le 22 novembre 2016 à 09:51
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