Accueil > Economie | Par Benoît Borrits | 2 avril 2013

Bank of Cyprus : ça démarre très fort

Conséquence de l’accord du 22 mars avec l’Eurogroupe, la Bank of Cyprus a commencé sa restructuration par une conversion possible de 60 % des comptes supérieurs à 100 000 euros en actions et le blocage sur six mois des 40 % restants. Une mesure qui pourra entraîner des réactions en chaîne qui porteront atteinte à l’économie de l’île.

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Ce week-end, la banque centrale de Chypre a dévoilé la façon dont la Bank of Cyprus va être refinancée. Ces mesures s’inscrivent dans la mise en œuvre de l’accord qui est intervenu avec l’Union européenne le 22 mars prévoyant la liquidation de la Laiki Bank et la restructuration de la Bank of Cyprus par mise à contribution des comptes supérieurs à 100 000 euros. 60 % des dépôts sont gelés et susceptibles d’être convertis en actions de la Bank of Cyprus, actions qui ne valent plus grand chose. Dans l’immédiat, 37,5 % ont déjà été convertis ce week-end. Un audit sera mené pour évaluer les besoins de recapitalisation de la banque afin de déterminer le pourcentage définitif de conversion des comptes en actions. Pour prévenir tout mouvement de retrait massif, les retraits sur les 40 % restants sont interdits pour une période de six mois. Est-ce que cette mesure sera suffisante ? Est-ce que les déposants ne vont pas rapidement quitter cette banque avec les sommes inférieures à 100 000 euros ? Cela ne pourrait que précipiter la faillite de cette banque.

Le chef de la puissante Eglise orthodoxe de Chypre, Chrysostomos II, prône désormais une sortie de la zone euro et appelle à la démission du ministre des Finances et du gouverneur de la banque centrale. Il faut dire que l’Eglise orthodoxe, le plus important propriétaire foncier de l’île, pourraient perdre plus de 100 millions d’euros. Mais au-delà de ce cas très particulier et emblématique, cet effacement et blocage de comptes risquent de poser des problèmes très concrets à des entreprises qui se verront dans l’impossibilité de payer les salaires ou d’honorer leurs fournisseurs. Ceci pourrait entraîner des défauts en cascades. Selon différents économistes interrogés, la faillite de Laiki Bank aura une incidence de 5 à 15 % du PIB chypriote. Quid d’une éventuelle faillite de la Bank of Cyprus ?

L’exemple chypriote nous montre combien il est périlleux de remettre en cause le statut de la monnaie. Il nous montre la pertinence d’un secteur bancaire et financier socialisé. Le feuilleton chypriote ne fait, hélas, que commencer.

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