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Accueil > Politique | Par Laura Raim | 19 mai 2014

Besancenot ne veut pas « coller les affiches des autres »

Les élections européennes marquent le retour de l’ex-candidat aux présidentielles en tête d’affiche du NPA. Au-delà du constat de division de la gauche radicale et du risque de dispersion des voix, il affirme la singularité de son parti et renvoie le Front de gauche à ses responsabilités, tout en annonçant une nouvelle séquence politique.

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Il avait quitté le porte-parolat du Nouveau parti anticapitaliste en 2011 au nom de la dépersonnalisation du pouvoir politique. Devant « l’urgence sociale et politique », Olivier Besancenot revient en première ligne en se présentant aux élections européennes. « Pour revenir il faut être parti, moi je ne suis pas parti, corrige le candidat de la région Ile-de-France. J’ai jamais arrêté de militer, de rester à la direction du parti, de mouiller ma chemise médiatiquement quand il le fallait pour Philippe Poutou ». Et de rappeler que la campagne européenne est « collective », contrairement à l’élection présidentielle « qui est axée sur un individu, avec tout ce que ça peut susciter de dangereux du point de vue de ceux qui se battent pour l’émancipation ».

« Il aurait fallu négocier avec quel Front de gauche ? »

L’ex-facteur de Neuilly, aujourd’hui guichetier porte de Clignancourt, assure également que si le NPA se présente seul c’est à défaut d’avoir pu convaincre le Front de gauche de faire alliance. Début avril, le parti trotskiste avait en effet écrit une lettre au PC, au PG et à Ensemble invitant à « la constitution de listes unitaires avec toutes les forces politiques qui entendent se situer en opposition au gouvernement, à la droite et à l’extrême droite et rejettent toute forme de nationalisme ou de souverainisme ». Un appel inédit de la part de Besancenot, qui s’était toujours opposé avec Alain Krivine à toute négociation avec le Front de Gauche. La réaffirmation de cette position lors des présidentielles de 2012 avait d’ailleurs déclenché le départ de la minorité favorable au rassemblement de la gauche radicale et accéléré l’hémorragie des militants. Qu’est ce qui a changé depuis ? « À l’époque, il ne s’agissait pas d’une discussion unitaire, mais d’une pure demande de soutien à Mélenchon, souligne-t-il. Et puis le contexte a changé : les assauts du gouvernement actuel ont eu des répercussions sur le PG, dont le discours sur le PS s’est radicalisé en deux ans. On est capable de le voir. »

La proposition unitaire n’a cependant pas abouti. « Seule la composante Ensemble a fait savoir publiquement qu’elle trouvait que l’idée méritait d’être explorée », regrette l’ex-candidat à la présidentielle. Pour le PC et le PG, l’offre est arrivée beaucoup trop tard, juste au moment où ils étaient enfin sur le point de conclure un accord après des négociations particulièrement difficiles. « Mais pour s’y prendre plus tôt il aurait fallu négocier avec quel Front de gauche ? rétorque Besancenot. On sait qu’aux municipales il y avait ceux qui étaient avec le PS et ceux qui étaient contre. Il nous fallait attendre de voir quelle séquence politique sortirait des élections municipales. »

« Jonction entre la gauche sociale et la gauche politique »

Certains au Front de gauche mettent la volonté tardive de rapprochement sur le compte des difficultés financières du NPA, privé de financements publics depuis les résultats médiocres des législatives de 2012, et contraint de lancer une souscription à l’été 2013. Il n’empêche que le parti trotskiste a réussi à constituer une liste nationale, même s’il n’a eu les moyens de se présenter que dans cinq des huit circonscriptions françaises.

Résultat, les listes du NPA pourraient prendre des voix au Front de Gauche, ce qui risque d’empêcher in fine la gauche radicale d’obtenir des sièges, par exemple dans l’Ouest, où Pierre Le Ménahès se présente face à la candidate d’Ensemble Myriam Martin, accessoirement ex-porte-parole du NPA… Mais Besancenot refuse de porter cette responsabilité. Si le parti a échoué à devenir un "parti de masse", il n’en est pas moins « une organisation politique qui occupe cet espace politique qui existe en dehors du Front de gauche, un espace qui n’a pas la même représentation politique, pas le même rapport aux institutions, pas le même rapport au PS, s’agace-t-il. On ne peut pas nous demander de coller les affiches des autres et de disparaître ! En Bretagne, la candidature de Pierre Le Ménahès, syndicaliste breton s’il en est, a toute sa place et toute sa légitimité. On pourrait inverser la question : pourquoi le Front de gauche ne le soutiendrait pas ! »

Du point de vue de Besancenot, c’est le Front de gauche qui commet une erreur en « préférant regarder du côté de la gauche du PS et des Verts. Car ce n’est pas avec eux qu’on a préparé la manifestation du 12 avril et ça ne correspond pas à la radicalisation telle qu’elle va continuer d’avoir lieu ». L’ex-postier en est convaincu, « la manifestation du 12 n’était qu’une première étape, qui a produit une jonction inédite et précieuse entre une partie de la gauche sociale et de la gauche politique qui va pouvoir être réactivée ». Pour le représentant du NPA, une nouvelle séquence politique s’est ouverte depuis la nomination de Manuel Valls : « On a connu sous Ayrault des mois et des mois de manifestations de droite et d’extrême-droite fascisante et ça a pesé dans le rapport de forces politique général. Là ce, ne sont plus les mêmes qui sont dans la rue ».

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Vos réactions

  • citation : Il nous fallait attendre de voir quelle séquence politique sortirait des élections municipales. »

    La phrase qui tue ! ...."Attendre en politique".

    Le jour où nos politiques arriveront à comprendre qu’il leur faut "anticiper" ..............

    PrNIC Le 19 mai 2014 à 12:49
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  • Besancenot utilise de vieilles ficelles. Il croit être dans la pureté idéologique et ce seraient aux autres d’entrer dans son moule. Pour faire une union de la gauche il faut voir ce qui rassemble plutôt que ce qui divise. D’autant plus qu’il serait malheureux de se battre entre gens du même bord alors qu’en face ils savent s’unir et font maintenant 25% aux élections. Donc soit Besancemot, et les autres membres de cette gauche divisées (LO, PG, PCF...), continuent à se regarder sans bouger et le FN progrssera, soit ils discutent et enfin les choses bougeront.

    François Le 26 mai 2014 à 17:28
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  • Invalide, je dois survivre avec 895 euros par mois dans un pays richissime ; le Front de gauche m’a tenté un temps, en rejet du P"S", qui est un parti de DROITE menant une politique de DROITE. Hélas, le PCF, qui bouffe à tous les râteliers, a tué ce mince espoir en se couchant devant les socio-kollabos. Les communistes locaux, siégeant au conseil municipal, et que j’avais alerté sur la situation des handicapés, m’ont été de la plus totale inutilité. La priorité absolue, à gauche, est d’écraser les socio-kollabos solfériniens qui discréditent la gauche dans l’opinion. Je ne suis mandaté par personne, mais je me fais tout de même le porte-parole des exclus, dont je suis, pour dire aux communistes que leur entêtement persistant dans leur alliance avec un parti de droite, totalement suicidaire, explique pour une large part le score très décevant du Front de gauche. Décevant, mais mérité : une partie chaque jour croissante du peuple de gauche vomit les socio-kollabos et quiconque a la moindre accointance avec ces gens-là. En additionnant vos voix avec les leurs, vous gagnerez les élections ? Peut-être bien, mais à nous, les crevards, les exploités, les méprisés, ça nous fera une belle jambe ! La "gauche" est bien au pouvoir en ce moment, partout, à l’Assemblée, au Sénat… Qu’est-ce qui les empêche de doubler les pensions d’invalidité, de priver le patronat de ses esclaves en procurant aux chômeurs une protection sociale immédiate, intégrale, illimitée, sans contrepartie ni condition, alors que le pays n’a jamais eu autant de fric ? Absolument rien, évidemment. Pourtant, ils perpétuent la politique de traque aux pauvres de Sarkozy via le Pôle emploi, cette police politique des socio-kollabos au service de la bourgeoisie et du patronat. Mais l’opportuniste fasciste Pierre Laurent, chef des larbins de la droite solférinienne, a le cul bien au chaud, lui. Alors, entendre Mélenchon parler de son "ami Pierre Laurent"… il n’y a plus qu’à sortir les sacs à vomi ! Et à rengainer la carte d’électeur, ou s’en servir pour se rouler un joint.

    Voilà, c’était la voix d’un de ceux que vous prétendez servir, "camarades", alors que vous permettez le règne de vos copains solfériniens, ces gens qui font payer les pauvres parce qu’ils sont les plus nombreux… Ça ne s’exige pas, un suffrage, ça se mérite, et vous êtes loin, très, très loin du compte. Des élus communistes sous tutelle des socio-kollabos sont totalement inutiles aux premiers concernés, les pauvres, les SDF, les chômeurs, les handicapés, les vieux… ne vous en prenez qu’à vous-mêmes s’ils vous boudent et vous rejettent. Pour tous ces gens-là, le Front de gauche, c’est mort. La fréquentation des socio-kollabos est une faute majeure, un crime contre les déshérités, dont vous subissez aujourd’hui la juste sanction, et qui vous mènera tout droit dans les poubelles de l’Histoire.

    Auxi Le 27 mai 2014 à 23:28
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