Dans les entrepôts de la réparation navale du port de Marseille, 2009 (photo: E.R.)
Accueil > Résistances | Par Emmanuel Riondé | 19 mars 2013

CGT, un Congrès de continuité attendu par la base

Le cinquantième Congrès de la CGT s’est ouvert hier à Toulouse. Après 14 ans à la tête de la Confédération, Bernard Thibault passe la main. Très commenté dans les médias, son remplacement par Thierry Lepaon est un enjeu anecdotique pour les militants. Paroles, un poil dissonantes, de deux cégétistes.

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Arnaud Dubost, 34 ans, élu CGT au Comité d’entreprise de la société AXENS (produisant des catalyseurs et des absorbants pour la pétrochimie, 350 salariés) dans le Gard :

« Je n’attends rien de particulier de ce Congrès. On est pris et occupé par les combats syndicaux de la boîte et du coup on suit ça d’assez loin. Les débats nationaux, je m’en sens éloigné et c’est un sujet dont je parle très rarement avec les syndiqués. Cela dit, il y a des enjeux. Le premier est celui du renouveau, après 14 ans, la nouvelle équipe doit impulser une nouvelle dynamique. Je ne sais pas en détail qui est Thierry Lepaon, son vécu, son histoire. Mais visiblement ce n’est pas un mou, et c’est tant mieux. Bernard Thibault a déjà changé positivement l’image de la CGT durant son mandat. Il faut continuer. L’image "CGT = gréviste" est fausse mais très utilisée médiatiquement et elle continue de nous être systématiquement accolée. Il reste du travail à mener pour sortir de ce cliché.

Un autre enjeu, selon moi, est de faire en sorte que les dirigeants de la CGT se rapprochent un peu plus des réalités du terrain... Je ne remet pas en cause la sincérité de leur engagement mais je constate que parfois ils en sont un peu déconnectés. Que ce soit au niveau confédéral, dans les Unions locales (UL) ou départementales (UD), certains sont sortis du travail depuis trop longtemps. Et du coup, je vois parfois un vrai décalage entre leurs discours et la réalité vécue sur le terrain. Cela, c’est un sujet dont j’aimerai bien que le Congrès s’empare. »

Anne-Marie Meynard, 58 ans, secrétaire de l’Union départementale des Bouches du Rhône qui, avec plus de 30 000 adhérents, figure parmi les plus importantes de la CGT :

« Les médias tentent toujours d’aller dans le sens de la personnalisation de ces enjeux. Nous on sait que le secrétaire général œuvre dans le sens de l’intérêt collectif et que les nouvelles orientations seront débattues et fixées collectivement. Donc je n’attends pas et ne souhaite pas de rupture de ce Congrès car cela signifierait que ce qui a été fait précédemment n’était pas bon. Or ce n’est pas le cas. Au contraire, le bon combat a été mené sur les retraites. J’attends au contraire une certaine continuité, en tout cas en terme de positionnement : le socle de la CGT est celui d’un syndicat de transformation, pas réformiste, qui aspire à la transformation sociale et à une autre répartition des richesses. On doit continuer à œuvrer pour construire le rapport de force et mettre en évidence des propositions alternatives sur tous les sujets. La CGT représente un grand nombre de salariés française et nous sommes conscients de notre responsabilité dans une période où, en France et ailleurs en Europe, des politiques d’austérité sont déployées. On assiste à des attaques sévères de notre pacte social. Dans ce contexte difficile , le Congrès de Toulouse a plus que jamais vocation à être ce moment de rassemblement et d’expression démocratique qui nous permet de fixer les orientations pour les années à venir. »

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