Accueil > Résistances | Par Thomas Bauder | 2 avril 2013

Cinéma Inferno ? Grève chez Gaumont-Pathé

Sous couvert de son deuxième volet de Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences, le groupe Gaumont-Pathé met la pression sur ses projectionnistes. Soit ces derniers acceptent le rôle de technicien polyvalent que leur propose le groupe, soit on les raye du scénario. Résultat, depuis le 30 mars une quarantaine d’entre eux est en grève reconductible.

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Alors que tout le monde a les yeux rivés sur la nouvelle convention collective du cinéma (lire ici les explications éclairantes de la SRF) les salles Pathé-Gaumont poursuivent leur recherche de profit. Après avoir tenté de renouer avec la ségrégation entre spectateurs riches et pauvres en proposant des fauteuils premium, plus chers, pour un supposé plus grand confort, le groupe, qui a distribué l’an passé entre 25 et 30 millions de dividendes à ses actionnaires principaux, les frères Jérôme et Nicolas Seydoux demande aux 230 projectionnistes de renoncer à leur statut pour endosser la blouse de « techniciens polyvalents ». En résumé projectionnistes ET vendeurs de pop corn. L’accord, signé par l’ensemble des organisations syndicales est contesté par SUD et la CNT, malgré les promesses de maintien de l’emploi et du salaire. Comme si un métier en valait un autre, comme si la spécificité du travail du projectionniste ( qui requiert quand même un goût prononcé pour l’obscurité et la solitude) était soluble dans l’accueil d’un public de plus en plus « clientisé ».

Jouant sur un prétendu allégement des taches propres au projectionniste depuis l’avènement du numérique, la direction aimerait bien que les agents projectionnistes, déjà sommés de se former à chaque nouvelle évolution techno-numérique, puissent en outre effectuer des taches de maintenance du bâtiment, avec formation expresse à la clé. Une proposition qui ne passe par pour près de quarante cinq d’entre eux, qui depuis samedi se relaient dans une grève reconductible, sous la bannière du chat noir anarcho-syndical. Le mot d’ordre est simple : repousser le délai de signature à l’automne, en espérant que les élections des délégués du personnel en juin prochain puissent changer un peu la donne. A suivre.

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