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Accueil | Entretien par Laura Raim | 12 septembre 2014

Clément Sénéchal (PG) : « Une VIe République sociale, écologique et démocratique »

Membre du Parti de gauche, animateur de la commission "pour la constituante et la VIe République", Clément Sénéchal explique la nécessité d’une nouvelle constitution pour restaurer la démocratie autant que pour repolitiser la société.

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Regards. Le Parti de gauche appelle à faire élire une assemblée constituante pour passer à une VIe République. Le contexte politique turbulent actuel semble propice, les médias évoquent même une "crise de régime"…

Clément Sénéchal. On peut en effet parler de crise de régime : l’abstention est à 56% et progresse tendanciellement d’année en année, l’extrême droite à 25% loin devant les autres partis. Le parti au pouvoir est en capilotade générale : il a trahi aussi bien son aspiration historique que son programme politique. Par ailleurs, alors qu’on nous avait promis une "présidence normale", des affaires sortent tous les jours… On a un député qui ne paie pas ses propres impôts alors qu’il est chargé de voter ceux des Français – et qu’il est de surcroît membre de la commission des Finances de l’Assemblée nationale et de la Commission d’enquête sur l’affaire Cahuzac – et nous ne disposons d’aucun moyen institutionnel pour le dégager ! Pour continuer dans le grotesque, Valls annonce qu’il n’acceptera pas sa voix lors du vote de confiance, au mépris le plus complet des droits et prérogatives du Parlement, de la séparation entre l’exécutif et le législatif. Les gars planent complètement. Quant au président François Hollande, il apparaît aujourd’hui comme ultra minoritaire dans l’opinion publique et sa légitimité est en lambeaux : or la dimension césariste et plébiscitaire du pouvoir présidentiel est la clé de voute de la Ve République.

Le FN de Marine Le Pen affirme qu’il faudrait simplement améliorer la Ve, notamment en introduisant davantage de proportionnelle dans les élections législatives ou en instituant un référendum révocatoire. Pourquoi cela ne suffirait-il pas ?

Le FN ne parle plus de référendum révocatoire et veut juste la proportionnelle pour accéder au parlement. Mais la proportionnelle ne changerait rien au fait que les députés sont impuissants face à la prééminence législative de l’exécutif, c’est-à-dire en réalité de l’Élysée : aujourd’hui, plus de 90% des lois adoptées émanent du gouvernement. Nous avons besoin d’un changement plus global. Le régime actuel n’est pas républicain, mais présidentiel-monarchique. « J’ai essayé d’opérer la synthèse entre la République et la monarchie », avouait De Gaulle lui-même. De fait, la Constitution de 1958 a été adossée à un putsch (les parachutistes ont pris la Corse) du Général, qui a utilisé l’armée pour mettre la pression sur le peuple et les instances politiques en place. Il a dessiné une Constitution à sa main qui instaure un pouvoir personnel, fondamentalement séparé du peuple : la délibération collective et l’expression populaire se trouvent violemment expulsés de l’institution publique. Je signale d’ailleurs que cette Constitution est la seule de notre histoire à ne pas avoir été rédigée par une Constituante.

« Faire de cette constituante un grand moment de repolitisation de la société »

De quoi cette constitution est-elle l’infrastructure politique ?

En réalité la Ve est taillée pour maintenir l’ordre capitaliste. Remarquons comme Marx que même la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (qui fait partie de notre bloc de constitutionnalité), célèbre « l’homme égoïste » et garantit la continuité du capitalisme en sacralisant la propriété privée d’une part, en consacrant les « distinctions sociales » dès son article 2, d’autre part. C’est en définitive un projet profondément inégalitaire, corrélé aux intérêts particuliers de la bourgeoisie naissante. Pour en revenir à notre époque, je pense qu’en distillant dans le corps social l’habitude de ne pas s’occuper des affaires publiques, c’est-à-dire en anesthésiant dans chaque être humain l’être politique, la Ve République instaure l’indolence et la domestication nécessaires à la continuité du travail productif capitaliste. Dépossession politique et dépossession économique sont les deux faces d’une même médaille, celle d’une tyrannie douce et silencieuse. Le capitalisme est tout autant un ordre juridique qu’un ordre économique. Il faut donc s’intéresser à la manière dont sont fabriquées et promulguées les lois. Ajoutons qu’aujourd’hui, le capital débridé par la néolibéralisation du monde occidental détient les grands groupes médiatiques et se trouve donc en position de faire et défaire les élections, en surexposant ses commis et en discréditant constamment les forces révolutionnaires.

Mais même si l’on élit une assemblée constituante, il paraît peu probable qu’elle décide d’abolir la propriété privée… En Tunisie, où le processus a plutôt été positif par ailleurs, la nouvelle constitution n’est pas franchement socialiste.

Nous ne sommes jamais sûr de rien en démocratie, c’est toute sa noblesse. Ce sera bien sûr aux élus de l’assemblée constituante de décider. Mais ce que l’on cherche au Parti de gauche, c’est d’abord de faire de cette constituante un grand moment de repolitisation de la société. Le mal du siècle, c’est la dispersion, l’atomisation, la pensée réduite au petit périmètre de sa propre vie parce que la vie est précaire et que la concurrence comme mode de gouvernement généralise la guerre de tous contre tous : d’où la difficulté de retrouver des signifiants communs pour se constituer en puissance collective. L’infrastructure néolibérale fait que chacun reste dans son coin, entre amertume, mépris et nihilisme. Les passions tristes dominent. Or je crois que ceci est en grande partie lié au fait que le système institutionnel est verrouillé. Créer une grande campagne autour de la constituante peut donc être un moyen de recréer du jeu démocratique, de réimpliquer la multitude pour la constituer en peuple. De son côté, le PG fera évidemment tout pour défendre sa conception d’une VIe République véritablement sociale, écologique et démocratique. Et nous avons bien vu lors du référendum pour le TCE en 2005 que lorsque l’on pose des vraies questions politiques et institutionnelles aux gens et qu’on leur donne le temps de s’informer, de se réunir et de débattre, cela peut donner des résultats étonnants.

« Les députés ne se penseraient pas comme les représentants, mais comme les subordonnés du peuple »

Pour le Parti de gauche, à quoi ressemblerait la VIe République idéale ?

C’est en discussion. Nous voulons un régime parlementaire avec une ventilation régulière des élus, une limitation du cumul et du renouvellement des mandats et la généralisation de la proportionnelle, seul système qui permette la parité. Le Parlement serait à l’origine des lois car lui seul représente les citoyens dans leur diversité. Les députés ne se penseraient pas comme les représentants, mais comme les subordonnés du peuple. L’exécutif serait désigné par le parlement : il faut en finir avec cette absurdité qu’est l’élection d’un chef suprême au suffrage universel, qui confère au monarque l’illusion d’une légitimité divine et le sentiment d’un pouvoir absolu, face auquel aucun contre-pouvoir ne peut se soutenir véritablement. Et puis croire que l’on peut diriger un pays seul, doué d’une omniscience totale, est une fable aussi absurde que dangereuse.

Comment repenser le fonctionnement démocratique ?

On peut imaginer de combiner la démocratie représentative avec des éléments de démocratie directe, en ayant recours par exemple aux pétitions législatives et aux référendums d’initiative populaire, tel que le référendum révocatoire, qui aurait l’effet vertueux d’instaurer une culture du mandat impératif, afin d’en finir avec des "promesses" qui ne dupent plus personne, tout en réaffirmant la supériorité des programmes sur les hommes particuliers. Enfin, il est indispensable d’instituer des formes de démocratie au-delà de la sphère politique, en particulier dans l’entreprise : aujourd’hui les travailleurs n’ont pas leur mot à dire sur le travail ni sur le fruit de leur travail, leur destin dépend des mouvements d’humeur de fonds de pension planqués aux quatre coins de la planète, c’est-à-dire de la cupidité d’individus avec lesquels ils n’ont aucun lien humain. C’est d’une violence inouïe. Au moins l’esclave savait qui était son oppresseur.

Les partisans du régime présidentiel actuel aiment à rappeler que le régime parlementaire des IIIe et IVe Républiques était marqué par une forte instabilité ministérielle...

La situation actuelle prouve l’inanité de cette critique. C’est bien l’absence de représentativité qui créé actuellement de l’instabilité. Représentativité, légitimité populaire et stabilité ne sont pas ennemis, bien au contraire. Les tenants de l’ordre illégitime devront admettre que l’instabilité c’est la démocratie. Et puis il faut arrêter de diaboliser la IIIe et la IVe République : le CNR et le Front populaire ont obtenu des réalisations sociales à faire pâlir d’envie la Ve République. De plus, il suffit de voir ce qui se passe en Allemagne pour savoir qu’un régime parlementaire n’est pas forcément source d’instabilité gouvernementale.

« Le FN n’est pas favorable à une VIe République : il peut très bien s’emparer des institutions de la Ve »

Jean-Luc Mélenchon a insisté sur la possibilité pour les citoyens de révoquer les élus, y compris le président, par référendum. Il suffirait par exemple que 5% des inscrits sur la liste signent une demande pour que soit organisé un référendum révocatoire. Il y a un an, ce sont les militants de la Manif pour tous qui se seraient saisis de ce recours. Ce genre de dispositif ne risque-t-il pas de profiter surtout aux forces réactionnaires ?

Pas sûr : je pense qu’une large frange de la Manif pour tous est légitimiste vis-à-vis des institutions de la Ve. Je remarque ensuite que cet argument est le même que celui qu’utilisent PS et UMP depuis des années pour justifier le "vote utile" : surtout ne changeons rien sinon ce sont les "extrêmes" qui remporteront la mise… En plus de miner profondément l’idée-même de démocratie, l’argument semble aujourd’hui de toute façon caduque. Il faut bien comprendre que même sans rien changer au système, il y a des chances que le FN arrive au pouvoir en 2017. Il y a une désaffection telle que l’argument du "vote utile" ne fonctionne plus, et l’abstention a toutes les chances de remporter la mise. Ainsi, même sans nécessairement accroître son poids électoral, le FN peut prendre le pouvoir. En effet, comme la Ve ne reconnaît pas le vote blanc, une force minoritaire dans le pays peut très bien s’imposer : il lui suffit d’obtenir le plus fort pourcentage des votants, quand bien même la part de ces votants représenterait 0,1% des inscrits. Aux européennes, le FN n’a pas élargi sa base électorale, il n’a fait que récupérer ses voix de la présidentielle. Il doit donc ses sièges à l’abstention de ceux qui votaient d’habitude pour ses adversaires. C’est d’ailleurs pour cette raison que le FN n’est pas favorable à une VIe République : il peut très bien s’emparer des institutions de la Ve ! D’autant qu’elles sont parfaites pour gouverner de manière autoritaire.

Le militant Étienne Chouard souhaite que l’assemblée constituante soit tirée au sort, notamment pour écarter les professionnels de la politique et ceux qui désirent trop le pouvoir…Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas forcément un problème de vouloir ou d’avoir le pouvoir. Les hommes dignes veulent du pouvoir sur leur vie, sur leur destin : c’est une aspiration tout à fait noble. Le problème, c’est de savoir ce que l’on en fait. Les partisans du tirage au sort font le bon diagnostic : le système actuel est vicié. Mais ils apportent la mauvaise solution. D’abord le pouvoir des lois tient à leur légitimité : or je ne crois pas que la légitimité se décrète facilement. Ainsi, je ne suis pas sûr que les gens se soumettront à des lois ou des décisions prises par des gens qui procèdent de l’arbitraire et du hasard, des inconnus sans histoire ni programme. Pas moi, en tout cas. De fait, le tirage au sort signe la fin des campagnes (qui peuvent, à moins qu’on en change les règles, être de grands moments d’éducation populaire), de l’élaboration collective de programmes, de la responsabilité vis-à-vis des citoyens (qui ne sont plus électeurs) et donc risque bien d’accentuer la dépolitisation de la société.

« Si l’on change le jeu institutionnel, on pourra espérer recréer de l’élan collectif »

On ne peut pas imaginer que le tirage au sort produise de la mobilisation politique ?

Aujourd’hui, nous avons au moins le droit de voter, de temps à autres, bien trop rarement tout le monde est d’accord : avec le tirage au sort nous n’aurons même plus à nous déplacer aux urnes. La passivité serait complète. La constituante doit être un moment de délibération qui engage tout le pays : pas un coup de dé prononcé par un ordinateur qui ne concerne que quelques-uns. La République c’est la raison, pas le sort. Et puis cela dénote une méfiance insupportable vis-à-vis de la figure du militant, qui est d’abord un citoyen engagé : autrement dit une forme de méfiance envers l’engagement, concret, matérialisé par une constance au sein d’un collectif. Je crois que la société souffre plutôt du désengagement. Pour éviter les conflits d’intérêts, il y a une solution simple : les délégués à la Constituante ne pourront être désignés parmi les parlementaires sortants, ni candidater à des mandats ultérieurs.

Les partisans du tirage au sort rêvent peut-être d’un processus constituant qui ne se fasse pas sous la houlette d’un parti classique à l’ancienne comme le Parti de gauche…

Je suis convaincu que le parti reste un vecteur de politisation incontournable. Certes, le parti de masse va mal. Mais si l’on change le jeu institutionnel, on pourra espérer recréer de l’élan collectif. Les indignés espagnols se sont bien constitués en parti avec Podemos. Quant au mouvement Occupy Wall Street, il a précisément souffert de l’absence de structuration et de débouchés politiques. Sans règle de fonctionnement, le collectif meurt. Mais, par ailleurs, cette aspiration sera aussi portée par un mouvement large et ouvert, avec l’appui de Jean-Luc Mélenchon (voir m6r.fr), qui reste viscéralement radical et inventif. Par ailleurs, les partisans de gauche du tirage au sort commettent une erreur classique : croire que les classes dominées ont une conscience de classe spontanée. La classe en soi ne devient pas une classe pour soi subitement, surtout aujourd’hui où la tertiarisation de l’économie, la flexibilisation du travail et la financiarisation des capitaux tend à dissoudre les solidarités professionnelles. Il faut donc nécessairement des médiations collectives et instituées. D’ailleurs, à chaque fois, dans l’histoire, qu’il y a eu des avancées sociales importantes, cela s’est justement produit via des collectifs organisés, des syndicats, des partis.

On ne peut pas espérer que, dans un tel processus constituant, le citoyen émerge de l’individu pour défendre un intérêt collectif ?

Pour un salarié précaire et isolé, le capitalisme est un environnement naturel. Tiré au sort, je ne suis pas sûr qu’il devienne d’un seul coup un héraut du socialisme et du partage des richesses, c’est-à-dire qu’il ait automatiquement la faculté de transcender son intérêt personnel vers l’intérêt général. Et puis tout porte à croire qu’un individu qui ne bénéficie pas de l’assise, du soutien et de la protection d’un collectif humain sera exposé aux sirènes vertigineuses des lobbies capitalistes, qui ne s’avoueront pas vaincus, loin de là. En fait, les adeptes du tirage au sort réhabilitent le mythe naïf d’une nature humaine ontologiquement bonne. Moi je pense qu’il ne faut faire confiance à personne. Il faut revenir à la question posée par Bourdieu dans Raisons pratiques : un acte désintéressé est-il possible ? Non, répond Bourdieu. Et il n’est peut-être même pas souhaitable qu’un individu engagé dans la société fasse sienne une telle maxime. Ce qui compte, c’est plutôt de faire en sorte que le dispositif institutionnel, c’est-à-dire la règle du jeu matérialisée, contraigne l’intérêt individuel à s’aligner sur l’intérêt général et parvienne donc à combiner les deux. Pour le dire autrement, il faut trouver un régime qui demeure vertueux quand bien même il ne serait peuplé que d’ignobles.

Clément Sénéchal est l’auteur de Médias contre medias. La société du spectacle face à la révolution numérique, Les Prairies ordinaires 2014, 15 euros.

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Vos réactions

  • Nicolas POITIER Le 13 septembre 2014 à 02:26
  •  
  • texte dûment construit et argumenté qui va au devant de fortes critiques des enragés...c’est courageux, vive la 6e ! en critique, je répondrais en ne déformant pas trop leur dires par Yves Sintomer et Loïc Blondiaux (comme un nain sur les épaules de géants) la solution sera une combinatoire ! bravo et merci à Clément Sénéchal pour votre courage frontal

    sam ren - citoyenrené Le 13 septembre 2014 à 06:41
       
    • par exemple, en vue de la monarchielle 2017, que le lien représentant-représentés soient redéfini en 2015-2016 par une conférence de citoyens sauce CNDP en vue de la Constituante que propose le Front de Gauche. Dans les articles de la future Constitution ayant traits au statut de l’Élu, et sur la place et fonctionnement des partis politiques (qui n’y est pas prévue ou peut-être) , que la mayonnaise médiatique prenne , une mise en scène savamment pensée et planifiée, puis commissions mixtes paritaires électeurs/élus, le cas échéant, Référendum, Référendum de toute façon

      sam ren - citoyenrené Le 14 septembre 2014 à 07:21
  •  
  • En démocratie, nous devrions voter pour des idées, jamais pour des hommes.

    Certains hommes continueraient d’incarner des idées, d’en faire la promotion, de les mener à la victoire, dans l’arène politique, sous le regard et avec l’approbation des citoyens.

    Selon les sujets, il est indispensable ou pas qu’un grand nombre de personnes s’expriment.

    Pour une constitution, texte majeur, c’est indispensable. Pour l’attribution d’un marché public de voirie, ça ne l’est pas.

    Quand il est inutile ou impraticable d’interroger tout le monde, désigner au hasard un sous ensemble des citoyens permet d’avoir un échantillon représentatif.

    Si l’idéal reste la démocratie "directe", le tirage au sort en est une approximation, réalisable dès à présent.

    La démocratie "liquide", en est une autre approximation, nécessitant des technologies pas encore assez diffusée.

    JeanHuguesRobert Le 13 septembre 2014 à 10:27
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  • Ce que ne paraît pas comprendre Clément Sénéchal avec le tirage au sort de l’assemblée constituante, c’est le résultat immédiat que l’on aurait avec celui-ci (moyennant un millier de tirés au sort) : 50% de femmes, représentation exacte des catégories sociales selon leur place dans la société (cf. le nombre d’ouvriers ou d’employés présents aujourd’hui dans l’assemblée).
    Si un ouvrier n’aura pas forcément une conscience des intérêts de sa classe, encore moins de chances qu’un cadre supérieur (surreprésenté avec le système de l’élection) l’ait pour lui.
    D’autre part, Clément Sénéchal omet une idée essentielle dans la pensée de Chouard : le volontariat. Ne seraient tirés au sort que les volontaires à l’assemblée constituante. Ce qui infirme son argument sur la non-implication que provoquerait supposément le tirage au sort.
    Vraiment étonnant comment cette question de la désignation de l’assemblée constituante, pourtant FONDAMENTALE, est l’angle mort du mouvement pour la 6ème république au sein du PG. Et comment expliquer que l’on se prive là-dessus des compétences et des initiatives d’Etienne Chouard à ce sujet-là ? Parce que quelques faux-nez auto-baptisés antifas l’ont stigmatisé ? Parce qu’il serait un proche d’Egalité et Réconciliation (complètement faux) ? Ses proches ce sont Bernard Friot, Franck Lepage, Frédéric Lordon, François Ruffin, qui sont bien des nôtres.

    Disjecta Le 13 septembre 2014 à 10:59
       
    • Bravo Clément pour cet éclairage qui redonne l’envie de participer à la res publica. La "pensée de Chouart" mêlant
      Loto et démocratie semble très en vogue chez les détracteurs du PG et des partis politiques en général, toujours beaucoup plus présents sur les claviers que sur les marchés, aux sorties des gares ou dans les manifs.
      Ils attendent peut-être d’être tirés au sort pour se bouger le c— !

      Fulgence Le 15 septembre 2014 à 16:38
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    • Bof Fulgence... Pourquoi parler de "détracteurs du PG" lorsqu’on soutient l’idée du tirage au sort ? Si ce n’est pas votre tasse de thé, libre à vous d’en débattre mais en argumentant. Personnellement, je fais toutes les manifs ou presque, j’ai été sur une liste municipale du PG et j’ai été collé pour le parti lors des dernières élections. Les choses sont donc un peu plus compliquées que ce que vous semblez croire.

      Disjecta Le 17 septembre 2014 à 12:51
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  • Tirage au sort !
    La probabilité de tomber sur des gens honnêtes, intelligents, réfléchis,... est la même que pour l’élection.
    Sauf qu’on s’évitera une assemblée d’arrivistes ou d’idéologues dogmatiques.
    Parce qu’un mec comme Soral aura toutes les chances d’être élu, ainsi que d’autre grandes gueules du même acabit.
    De plus, assortir le tirage au sort de l’ostracisme peut nous préserver des plus idiots.
    Je m’explique, pour avoir une assemblée finale de 300 personnes (un exemple), on en tire au sort 600 que l’on soumet au vote sanction. Les 300 qui réunissent le plus de voix contre sont éliminés.

    Pat Le 13 septembre 2014 à 11:11
       
    • Basta "le grand Chouart". Le tirage au sort c’est bon pour les concours bidons, pour les populistes d’extrême droite dopés par la médiacratie. La France de demain ne peut être que le résultat d’une réappropriation du politique, de la citoyenneté par le peuple ou le chaos esclavagiste néolibéral. La française des gueux (j’en suis un et fier de l’être) n’a rien de bon à attendre de ces lubies plus qu’ hasardeuses

      Fulgence Le 18 septembre 2014 à 10:33
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  • Clément Sénéchal ne peut pas être partisan du tirage au sort, puisqu’en étant membre d’un parti, il affiche d’emblée son désir le plus profond d’être un élu et de pouvoir se pavaner en voiture de fonction avec des émoluments de l’ordre de cinq mille euros accompagnés de toutes les prérogatives (officiels et officieux) qui accompagnent la fonction. Il est tellement crétin qu’il ne s’est pas aperçu qu’il faisait partie, lui aussi, de cette classe politique complètement discréditée continuant d’évoluer comme si nous – citoyen normaux ou sans dents si vous préférez – nous ne nous étions pas aperçu que les partis étaient dans le bidet et qu’il serait grand temps de tirer la chasse.

    Ouranos Le 13 septembre 2014 à 11:53
       
    • @ ouranos
      je pense que vous vous êtes trompé de site. Regards n’est pas un torchon négationniste ou fasciste où d’aucun auraient plaisir à déverser leur haine et leur mépris faute de pire. Et puisque que vous traitez Clément Sénéchal de crétin, je vous informe que les bidets n’ont pas de chasse
      d’eau contrairement aux wc sur les murs desquels vous seriez bien avisé de vous exprimer à l’avenir !

      Fulgence Le 15 septembre 2014 à 16:57
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  • Sénéchal est un plâtrier. Il veut replâtrer la Ve pour qu’elles soit propice au parti de gauche et au FN. Proportionnelle intégrale, donc arrivée au pouvoir de wagons entiers de militants qui occuperont les places, qui parleront de justice social et finiront, lorsque leur rente sera menacée par nous botter le cul pour que nous filions doux.Un parti politique ne peut pas défendre la démocratie. Dans le système électif, 99% des "gestionnaires de la société sont des militants de partis. C’est à dire qu’ils sont issus de moins de 1 % de la société. Le système électif est une carabistouille montée par les libéraux pour empêcher les populations laborieuses de se mêler de la politique.
    Mais n’en voulons pas à Sénéchal, il est dans son rôle. profitons de sa belle démonstration, intelligente, qui montre bien combien le concept de " parti politique" est obsolète et ne correspond plus du tout à ce que, nous, le Peuple, nous attendons.
    il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun, producteurs, libérons nous nous-même, .........

    dantes Le 13 septembre 2014 à 19:15
  •  
  • La 6ème république, ou comment congédier le débat sur l’euro et l’UE en pleine crise institutionnelle européenne.

    Pas de république sans souveraineté nationale, pas de souveraineté nationale sans monnaie nationale.

    Sans le franc, la 6ème république est une blague.

    A quoi joue la gauche "radicale" ?

    Coma81 Le 14 septembre 2014 à 12:17
  •  
  • Clément Sénéchal montre qu’il n’a pas vraiment étudié la question du tirage au sort qui est exposé sous toutes les coutures par Etienne Chouard. Ce n’est pas un gadget, c’est quelque chose de fondamental qui nous fera tous constituants. Si cette question là n’est pas au moins admise comme sujet de débat ce sera une catastrophe pour le mouvement 6eme république. Pour moi (membre du PG) c’est un critère d’une vraie volonté démocratique. Je m’insurge absolument contre l’idée que cela dépolitiserai la question. C’est le peuple qui siégera et rien ne l’empêche de faire toutes les expertises nécessaires. Et si le projet ne conviens pas il sera refusé et on reprendra le travail. Dans tous les cas, personne ne peut aborder sérieusement la question en faisant l’impasse sur tout le travail de Chouard. A bon entendeur salut et fraternité.

    jean montal Le 16 septembre 2014 à 14:15
       
    • Je ne suis pas au PG, bien que je pense que des composantes du FdG, c’est celle qui représente la ligne la plus sûre : notamment celle de l’autonomie, pour contrer le bi-partisme, et celle de l’écosocialisme. Je pense que le but premier et absolu de proposer une Constituante pour élaborer la constitution de la 6ème, c’est de redonner goût à la politique à la grande masse de nos concitoyens, ceux qui ne connaissent, ni le Pg, ni le FdG, ni Chouard. L’essentiel est d’abord de les persuader qu’il faut changer les règles du jeu, et que sans cela, aucune de leurs revendications et préoccupations ne pourra être satisfaite. Ceux-là, si on leur dit que la Constituante va être tirée au sort, ils attendront que ça se fasse et pourront ricaner tant qu’ils voudront. Si au contraire ils savent qu’ils vont voter (ce qui implique de grands débats nationaux sur les perspectives ) et qu’ils seront eux-mêmes impliqués dans le processus par leur choix et pour le contrôle ultérieur de ce que vont élaborer ceux pour qui ils vont voter, alors ils vont se mettre en mouvement pour que ça change vraiment : les lois sur le chômage, les retraites, la santé, la pollution et tout. Le tirage au sort motiverait peut-être les "volontaires", mais non le grand nombre de ceux qui ne le seraient pas ! C’est le grand nombre qu’il faut viser dès le départ, et pour cela, il n’y a pas d’autre moyen que de rendre au processus de l’élection toute sa dignité originelle : on va pouvoir décider nous-mêmes de la société dans laquelle on veut vivre : on VOTE pour décider comment on va se gouverner !

      Autrement Le 18 septembre 2014 à 09:39
  •  
  • Que proposez vous ? Une constituante élue au suffrage universel à la proportionnelle ? Avec les mêmes jeux de pouvoir (compromis, alliances...) qui alimentent la même défiance des citoyens ? Ce seront encore les politiciens, les experts, les élites qui seront censées nous représenter, proposer et débattre à notre place ? Toujours cette morgue et cette condescendance des puissants, de ceux qui savent.

    Je vous propose le tirage au sort, pas sec, pas sans garde fous. Il y a de multiples manières de l’organiser et de contrôler son résultat pour éliminer les vices (voir les jurés d’assise). Mais à l’arrivée vous aurez 50% d’ouvriers et d’employés, 50% de femmes et d’hommes, des jeunes de 18 ans et des vieux de 78 ans, tout ce qui constitue notre peuple et avec un peu de chance il y aura 1 oligarque au milieu de l’assemblée !!!

    Croyez vous que le fait de pouvoir être tiré au sort va laisser indifférent ? Ce sera comme à la loterie il n’y a que celui qui ne jouera pas qui sera sur de ne pas gagner. Imaginez vous l’intérêt, l’enthousiasme d’un tel processus constituant. Les gens qui vont suivre les débats à la télé, sur internet, qui auraient pu être dans l’assemblée, qui vont s’identifier à ces vrais représentants, à ces personnes qui sont comme eux.

    Et surtout représentez vous l’immense intelligence collective que cela permettra de polariser. Ce sera ce processus la véritable révolution et cela nous pouvons l’arracher comme les écossais ont arrachés le référendum sur l’indépendance.

    Soyons courageux, soyons honnêtes avec nous mêmes, avec le peuple, avec nos idéaux.

    jean montal Le 18 septembre 2014 à 15:57
  •  
  • Monsieur ou Madame Fulgence

    Il est vain de sortir des énormités et de tenter de ternir par des éructations verbales l’idée du tirage au sort.
    Etes-vous payé par le petit Clément ?
    Sachez bien comme cela a été dit que notre Clément n’exprime en rien le discours du PG, car dans ce parti n’aucun débat interne sur cette question et d’ailleurs sur l’ensemble des sujets.
    Ce parti prone la 6eme République mais fonctionne à l’inverse.
    En réalité il meurt par son fonctionnement étriqué, alors que nous faisons tout pour se débarrasser de la petitesse pour redonner Vie à l"Humain d’abord. Et l"Humain Monsieur Fulgence est au coeur de la Démocratie Réelle.
    Informez-vous et revenez nous en parler.

    Vincent Drouot Le 20 septembre 2014 à 00:50
  •  
  • A propos de la 6ième république:dans l’esprit de JLM c’est un fourre-tout qui permet d’attraper n’importe quel suffrage d’un citoyen.Pour JLM,le peuple a besoin d’un expert/leader,c.a.d lui JLM à qui il faudra donner son suffrage en 2017 .Puisque d’ores et déjà la 6ième sera son fer de lance,marqueur de sa distinction vis à vis des autres candidats,comment ça fonctionne ?
    C’est très simple : si des problèmes de chômage se posent,des scandales,des inégalités,des guerres,desmauvaises gouvernances etc ...une solution miraculeuse existe,oui,une seule solution:La 6ième république !
    Un peu comme pour certain(e)s.........Une seule solution,....la révolution !Pour d’autres......... Une seule solution:le programme commun.ou encore... Une seule solution:le front de gauche ou Une seule solution.....:le socialisme ou Une seule solution : le communisme.ou Une seule solution : l’anarchisme.ou Une seule solution..JLM..
    pire,Une seule solution....100% de libéralisme !! ( très en cours dans les médias actuellement) !
    Après 2002 la tendance du PS où le PRS de JLM avait aussi cette revendication de la 6ième,leNPS,(Peillon,Montebourg,hamon),NouveauPartiSocialiste en a fait son mot d’ordre fer de lance !.Vite la 6ième !
    Des milliers de citoyens dont moi,les ont soutenus ce qui a abouti à la victoire de FH en 2012 !
    Aujourd’hui au pouvoir,ces mêmes hiérarques du PS,n’ont rien fait pour mettre en oeuvre cette 6 ième république qu’ils revendiquaient entre 2002 et 2012.
    En 1997,c’était Jean marie le Pen qui en appelait à la 6ième république ,mot d’ordre toujours présent en filigrane dans le programme de Bleu Marine.
    Dans un pays qui en est à sa 5ième république ,il est logique d’aller à la 6ième puis quand nous y serons à la 7ième,puis à la _8ième etc...Non,en définitive ,c’est le contenu social qui compte et pas le numéro de la république.
    L’Angleterre n’a aucun numéro de république et est habitée de revendications et de législation sociales.
    Ce talisman de la 6ième est un attrape gogos si aucun contenu n’y est mis !
    Actuellement avec la dérivée de 5ième actuelle(après 18 modifications),nous avons :
     la meilleure sécu du monde , les meilleures allocations familiales du monde, les meilleure allocations chômage du monde, les 35 heures ,uniques au monde, la CMU unique au monde, le RSA unique au monde, les prud’hommes,uniques au monde, les congés maladies longue durées,un statut de la fonction publique très protecteur,le code du travail le plus fourni ,et protecteur , une pratique de la démocratie,de la justice,de l’éducation,de la laïcité les plus pointues au Monde !
    Le reste de l’humanité le sait qui veut venir même clandestinement ou en touristes goûter au parfum français.
    Bien sûr beaucoup de lacunes,scandales ou autres dysfonctionnements affectent notre république !
    Raisons de plus pour s’engager à son amélioration.
    Mais attention !Le mieux peut être l’ennemi du bien !
    JLM qui a été Deloriste jusqu’à la fin 2008 et Mitterandien jusqu’à aujourd’hui encore peut se tromper de nouveau. et plus grave nous tromper.
    Justement,la 6ième république est un totem politique où tout le monde peut se prosterner et rentrer en transes.
    A quelles fins ?..élire des gens comme JLM ou MLP certes mais pour quels avantages à l’électeur ?
    Or nos institutions actuelles font vivre notre 5ième république socialement au pinacle ,comparé aux autres pays.
    Alors que dans le fond la 6ième est une nouvelle 4ième où seuls les manoeuvriers partidaires à la JLM ou MLP ont trouvé leur compte.Qu’ils soient tirés au sort ou pas !

    Peuple français,Attention !
    Tu sais ce que tu perdras socialement en perdant la 5ième !
    Que gagneras tu avec la 6ième construite dans l’ambiance actuelle du compétitisme social exacerbé,stérile,bête et méchant ?..

    Maurice Lumière Le 22 septembre 2014 à 09:25
       
    • @Maurice Lumière. Alors que proposes-tu pour 2017, puisque c’est de cela que tu parles, monsieur Lumière, et non des problèmes actuels du "peuple de France" ? Un candidat PS ? Oui, quel miracle ! Un candidat UMP ? Oui, quel renouveau ! Non, pas de bi-partisme ? Alors le FN ? C’est lumineux !

      Lucacs Le 23 septembre 2014 à 09:50
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  • Il ne faut pas semer des illusions.En effet prétendre tout solutionner avec la 6ième,c’est prendre les électeurs pour des imbéciles.Il faut aussi éviter d’avoir des bonimenteurs comme porte parole.
    La solution c’est la lutte continuelle et rassembleuse pour défendre les acquis sociaux de la 5ième et non,’basarder’ celle ci au prétexte que jean luc Mélenchon a besoin de fournir ’une nouvelle offre politique’pour avoir des électeurs en 2017.
    Nous savons ce que nous perdront socialement en perdant la 5ième !
    Que gagnerons nous socialement avec la 6ième construite dans l’ambiance actuelle du compétitisme social exacerbé,stérile,bête,chauvin et méchant ?..

    Maurice Lumière Le 24 septembre 2014 à 08:33
       
    • @Maurice Lumière. Illusions ? Mais personne ne prétend "tout solutionner" avec la 6ème république ! Trop facile de ridiculiser un projet simplement parce qu’on déteste un homme politique ! Vos fameux "avantages" de la Vème république, on est en train de les perdre un à un, et ils continueront à être complètement liquidés si rien ne change. Votre argumentation ne tient pas debout. Comme dit l’autre, un inconnu hors médias, oui, pourquoi pas ? Mais cela ne servira à rien si on reste dans les institutions actuelles, où tout se décide entre copains et coquins.

      Lucacs Le 24 septembre 2014 à 15:24
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  • La question démocratique est une évidence.C’est la question sociale la plus importante puisque tous les pays européens sont démocratiques mais aucun n’atteint le niveau social de la France actuelle qui est au top.
    De toutes façons faire campagne pour la sixième république c’est servir les objectifs de Marine Le Pen.Celle ci quittera la 5ième pour instaurer la 6ième à sa façon comme Jean Marie Lepen l’a dit dès 1997.

    mohamed Le 25 septembre 2014 à 15:39
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  • Tout à fait. Dans le discours de ses partisans, la VIème République ce sera bien parce que ce sera la VIème. C’est très nettement insuffisant. Et lorsqu’on demande précisément àMarine Le Pen ou Jean Luc Mélenchon en quoi consiste leur projet, on voit très vite qu’en fait c’est le processus qui les intéresse, et non son aboutissement. Ils sont persuadés – où ils font semblant de l’être – qu’une « vraie » constituante ne pourra qu’aboutir à une sage constitution qui fera le bonheur de tous, car comment le peuple pourrait-il se tromper ? Malheureusement, la constitution de la IVème République montre qu’une constituante, même suivie d’un référendum, n’est pas une garantie à l’heure de produire des institutions solides.

    Maurice Le 25 septembre 2014 à 16:08
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  • Élire une Assemblée Constituante ne nous fera pas sortir des travers actuels que nous dénonçons tous et dont nous voulons nous affranchir (campagnes, promesses et mensonges, ligne de parti à suivre, corruption, conflits d’intérêts, pouvoir des lobbies, etc...).
    Seul le tirage au sort parmi la population serait juste et extrêmement efficace. Ne pas négliger le pouvoir, la sagesse et la vertu des foules. 1000 d’entre-nous seront bien plus justes et pertinents que 1000 élus pervertis par l’envie - le besoin - de pouvoir.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Sagesse_des_foules

    refoisy Le 20 octobre 2014 à 11:20
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