Accueil > Politique | Entretien par Pierre Jacquemain | 26 mars 2013

Danielle Simonnet : « Maintenant, notre objectif, c’est la conquête du pouvoir »

Après un week-end marqué par les invectives, Danielle Simonnet, conseillère de Paris et secrétaire nationale du Parti de gauche, revient sur le 3ème congrès du parti de Mélenchon qui s’est tenu les 21, 22 et 23 mars à Bordeaux.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Regards.fr. Quel était votre état d’esprit à l’approche de ce congrès ?

Danielle Simonnet. Je suis partie de Paris pour Bordeaux (où avait lieu le congrès) après un échange plutôt déconcertant avec un membre de l’exécutif municipal parisien. Nous débattions du plan de déprécarisation qui sera abordé au Conseil de Paris ce mardi et sur lequel je m’abstiendrai, tellement il est au rabais. Son propos était grosso modo le suivant : « on fait ce qu’on peut avec les moyens du bord en répondant aux besoins de la Ville ». Et de conclure : « on n’est pas là pour changer le monde ». Nous, au contraire, nous nous engageons pour changer de monde ! C’est là deux approches de la politique qui, à gauche, se distinguent radicalement. Entre l’accompagnement social libéral de l’austérité et l’alternative révolution citoyenne en marche pour l’écosocialisme !

Quelle analyse faites-vous des premières années du Parti de Gauche ?

Tous les objectifs que nous nous étions fixés lors de nos précédents congrès ont été atteints. D’abord nous avons créé une nouvelle force politique, un parti creuset qui compte, et qui agrège chaque jour de nouveaux militant-es. Ensuite, nous avons réussi la construction stratégique unitaire avec le Front de Gauche, stratégie durable dans toutes les dernières élections depuis les européennes. Nous voulions une candidature unique à la présidentielle pour viser un score à deux chiffres et virer Sarkozy. C’est également fait ! Ce bilan collectif est excellent mais nous sommes également conscient qu’il y a tant à faire ! La politique sociale libérale fait des ravages ! Maintenant, notre objectif, c’est clairement la conquête du pouvoir. Transformer le Front de Gauche en Front du Peuple. Et aux prochaines élections européennes, démontrer qu’être en tête de la gauche, et donc devant le parti socialiste, c’est possible ! L’alternative à l’impasse austéritaire est en marche. Et puis il y a les municipales, en cohérence, nous défendons une stratégie d’autonomie conquérante.

Quid justement de vos partenaires du Front de Gauche pour les municipales : le clash des élu-es du FdG sur le vote du budget de la Seine-Saint-Denis n’est-il pas significatif d’un désaccord majeur sur la stratégie ?

Le PCF est traversé entre l’opposition aux politiques d’austérité et l’ambiguïté liée à la stratégie politique pour les élections municipales de 2014. Je n’ai aucun doute sur le fait que les communistes sont conscients des politiques d’austérité qui impactent les collectivités. Ce qui s’est passé au Conseil général de la Seine-Saint-Denis est symptomatique de cette posture ambiguë. Tous les élus communistes n’ont pas voté le budget du 93. Ces divergences participent du débat au sein du PCF. Ces budgets d’austérités votés au niveau local, doivent conduire les élu-es et les militant-es à tirer des conséquences pour les choix stratégiques qui seront pris en juin (cf. date à laquelle le PCF prendra position sur les stratégies d’alliances et/ou d’autonomie).Et leur base militante est en attente de cette cohérence...

Comment appréhendez-vous les échéances municipales de l’année prochaine ?

Au Parti de gauche nous nous engageons clairement pour des listes autonomes dès le premier tour – sauf là où nous sommes sortants en décrochant par exemple des socialistes et des écologistes sur une programme de rupture. A Paris par exemple, on invite toutes celles et ceux qui souhaitent construire un projet éco-socialiste, en rupture avec les politiques d’accompagnement de l’austérité de se lancer dans ces listes autonomes. Un projet pour tordre le bras à la spéculation immobilière, refuser la marchandisation de la santé, éradiquer la précarité, refuser les Grands Projets Inutiles Imposés comme La tour Triangle...

Au PS, plusieurs voix se sont élevées pour fustiger la radicalisation du PG. Comment réagissez-vous ?

Nous n’avons pas le même vocabulaire. Notre combat est éminemment politique. Pas de bas étage. Cela dit, les propos de Moscovici ou même de Désir sont symptomatiques du malaise chez les socialistes. Ils sont à court d’arguments. On atteint le point Godwin. Ils se discréditent. Nous ne faisons que tomber les masques. Les sociaux-démocrates mènent les mêmes politiques que les libéraux. Moscovici, en ajoutant sa voix aux 16 autres ‘salopards’, contre la souveraineté populaire chypriote, ne fait pas mieux que Sarkozy. Le PS et plus largement le gouvernement, sont dans l’impasse. Demain sera pire avec la réforme sur les retraites, qu’aujourd’hui avec la loi Medef. Le rejet populaire de leur politique grandit. Ils en ont peur. Et ils ont peur du recours populaire qu’on pourrait bien incarner. Oui, ils ont peur de nous, du peuple et de la révolution citoyenne.

Et à Paris, dans le cadre d’une liste Front de Gauche autonome au premier tour, qui pourrait porter ses couleurs ?

C’est un combat de femmes. Il faut travailler en ce sens, non ?

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?