Accueil > Politique | Par Laura Raim | 30 avril 2014

Des Verts moins tendres avec le gouvernement

Douze élus écologistes sur dix-sept ont voté contre le programme de stabilité budgétaire mardi à l’Assemblée. Conformément au mécontentement qui domine au sein de leur parti, les Verts durcissent le ton… mais assurent faire toujours partie de la majorité.

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Pour une fois, la ligne du groupe est claire, cohérente et presque homogène. Douze des dix-sept députés membres ou apparentés du groupe EELV ont voté contre le plan de 50 milliards d’économies de Manuel Valls à l’Assemblée nationale mardi, les autres se répartissant entre deux abstentions et trois votes pour.

Lors du débat en séance, l’oratrice du groupe Éva Sas a jugé que « ces propositions prolongent, voire accélèrent la politique que les Français ont pourtant massivement rejeté le 30 mars. (…) Ce que vous engagez là, c’est une compétition contre nos partenaires européens, une course à celui qui aura le coût du travail le plus faible pour grappiller quelques parts de marché », a-t-elle déclaré. « Ce programme de stabilité n’est pas compatible avec notre projet européen... En résumé, nous ne pourrons le soutenir », a conclu la députée de l’Essonne.

Le contrecoup du vote de la confiance

Malgré un geste du Premier ministre sur les petites retraites et les fonctionnaires, la vaste majorité des écologistes a donc suivi la position plus radicale du parti, clairement exprimée dans un communiqué daté du 16 avril : « Injustes socialement, ces économies ne permettront en outre aucune réorientation de l’économie pour créer des emplois dans les filières d’avenir et réindustrialiser la France. En l’état, on continue à vouloir soutenir les entreprises de manière indifférenciée sans condition ni garantie. C’est l’annonce d’un immense gâchis qui a été confirmée ce mercredi matin par le Premier ministre. »

Ce durcissement de ton de la part des députés verts n’était pas couru d’avance. Le matin même, le président du groupe écologiste au Sénat Jean-Vincent Placé croyait savoir que personne ne voterait contre et tablait sur une « probable abstention ». Une hypothèse crédible : la plupart des députés avait vivement critiqué la décision de la direction d’EELV de refuser tout ministère à la suite de la nomination de Valls à Matignon. Et lors du vote de confiance au gouvernement le 8 avril dernier, dix avaient voté pour, six s’étaient abstenus – dont Noël Mamère et Sergio Coronado – et seule Isabelle Attard, députée du Calvados, avait voté contre. Le conseil fédéral s’était pourtant prononcé à 83% pour appeler les parlementaires à s’abstenir. C’est que « les députés qui avaient voté la confiance ont suscité un énorme tollé de la part des militants et du conseil fédéral, raconte Pierre Minnaert, membre de la commission électorale du parti. Il y a eu un forcing pour les empêcher de refaire le même coup ».

L’ironie de Duflot, la pondération de Cosse

Quant à Cécile Duflot, qui avait promis qu’en quittant le gouvernement, début avril, elle retrouverait sa liberté de parole, l’ancienne ministre du Logement ne se prive manifestement pas de l’exercer. Sur son compte Twitter, elle s’est fait un malin plaisir, mardi à la mi-journée, d’exhumer une phrase du discours anti-austérité du candidat François Hollande au Bourget en 2012. « Il n’y a jamais, je dis bien jamais, une seule politique possible, quelle que soit la gravité de la situation. L’Histoire n’est pas l’addition de fatalités successives, elle nous enseigne qu’il y a toujours plusieurs chemins. »

EELV, un parti d’opposition de gauche ? Pas si vite. « Ce n’est pas une histoire de radicalisation » vis-à-vis du gouvernement, a affirmé Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale du parti. « On a affirmé qu’on appartenait à la majorité lorsqu’on a voté la confiance il y a quelques semaines, avait expliqué un peu plus tôt Barbara Pompili, coprésidente du groupe. Maintenant, on regarde le fond des textes. On considère que notre rôle dans la majorité, c’est de dire au gouvernement lorsqu’il se fourvoie ». Et d’insister : « Nous ne sommes pas dans une démarche d’opposition ».

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  • et blablabla
    sont pas dans l’opposition, tout en s’opposant mais sans s’opposer.
    Ya en marre des tous ces atermoiements, on demande des positions claires et clairement annoncées.
    tout le reste n’est que posture politicienne pour tenter de se faire beau

    tchoo Le 30 avril 2014 à 18:51
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