Accueil > Monde | Par Guillaume Liégard | 19 mai 2014

En Grèce, spectaculaire poussée de Syriza aux élections locales

Les résultats du premier tour des élections municipales et régionales en Grèce traduisent une forte poussée de la gauche radicale incarnée par la coalition Syriza, le parti d’Alexis Tsipras. De bonne augure avant les élections européennes de dimanche prochain où Syriza est donné en tête par tous les instituts de sondages.

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« Les plus beaux buts sont ceux inscrits lors de la seconde mi-temps  »
Alexis Tsipras

Ce dimanche 18 Mai était jour d’élections en Grèce. Les électeurs étaient, en effet, appelés à renouveler les conseils des 325 municipalités ainsi que ceux des 13 régions. Ces élections locales favorisent traditionnellement les partis qui se sont littéralement partagés le pays depuis la fin de la guerre civile en 1949, le Pasok et la Nouvelle démocratie (ND). Pourtant, malgré un clientélisme effréné de ces deux partis, le principal enseignement de ce scrutin est la forte poussée de la coalition Syriza. Un succès d’autant plus important qu’il n’avait pas été prévu par les instituts de sondages.

Syriza en tête dans la région de l’Attique

L’Attique, la région d’Athènes, représente environ 30% de la population grecque, c’est donc une région clef. Avec 23,73%, la candidate de Syriza, Rena Dourou arrive en tête devançant le président sortant, Yanis Sgouros soutenu par le Pasok qui obtient lui 22,19%. À Athènes, le maire sortant Georgios Kaminis (Pasok) et Gavriil Sakellaridis (Syriza) sont au coude à coude avec 21,05% contre 20%. Dans la capitale, le parti du Premier ministre recueille pour sa part 16,91%, et les néo-nazis d’Aube Dorée dépassent les 16%. Dans d’autres régions comme le Péloponèse, l’Épire, en Grèce centrale, Syriza est arrivé en seconde position. Partout, la progression est nette, parfois impressionnante (voir le détail des résultats).

Le système électoral pour ces deux élections est complexe. Mélange de proportionnelle et de scrutin majoritaire à deux tours, seuls les deux partis arrivés en tête peuvent se maintenir. Tant en Attique qu’à Athènes, la situation présente donc un ballotage entre Syriza et le Pasok, avec une élimination du parti du Premier ministre. La victoire s’annonce délicate pour l’organisation d’Alexis Tsipras, qui dispose d’une moindre réserve de voix que ses adversaires. Mais d’ores et déjà, les résultats sont un sérieux coup de semonce pour le gouvernement. Le Premier ministre grec, en plaçant ces élections locales sous le signe de la « stabilité ou de la régression », en a fait un enjeu national. Ce test est donc clairement perdu pour la coalition gouvernementale.

Fronde contre la privatisation de l’eau

Il faut le reconnaître, on consulte beaucoup les citoyens en Grèce et un autre scrutin retiendra l’attention : celui sur la privatisation de l’eau à Thessalonique, la deuxième ville du pays. Le transfert de la gestion de l’eau au secteur privé est une exigence de la Troïka – le français Suez Environnement fait d’ailleurs partie des candidats à ce rachat –, mais la résistance de la population est forte. Un collectif citoyen "SOSte to nero" (Sauvez l’eau) a en effet décidé d’organiser un référendum non officiel en installant des urnes devant les bureaux de vote des élections municipales.

Le site okanews indique que « ce référendum a été approuvé à l’unanimité par toutes les municipalités qui composent la région de la deuxième ville du pays ». Inquiet des sondages qui indiquent que 70% de la population est opposée à la privatisation, le gouvernement du Premier ministre Antonis Samaras a décidé d’utiliser la contrainte : « dans une circulaire adressée au procureur de Salonique, le ministre de l’Intérieur demande au procureur de faire arrêter quiconque utilisera les registres officiels pour le référendum concernant la privatisation ». Des menaces qui n’ont pas empêché la tenue du référendum et le "non" l’a largement emporté.

Désaveu de la politique de Samaras

Les différents votes de ce dimanche 18 mai traduisent un net désaveu de la politique d’Antonis Samaras, à la tête d’une coalition qui réunit la droite et les socialistes, et ce alors que sa majorité parlementaire au parlement grec, la Vouli, est extrêmement réduite. Rappelons que le dirigeant du Pasok, Evangelos Venizélos, est le numéro deux du gouvernement – à la fois chef de la diplomatie et vice-président de l’exécutif. Alexis Tsipras a annoncé que si Syriza arrivait en tête lors des élections européennes, il demanderait des élections législatives anticipées. Les derniers sondages indiquent, tous, une progression de la gauche radicale lors du prochain scrutin. Le dernier paru donne même une avance de près de cinq points à Syriza, 27,4% sur Nouvelle démocratie, 22,7%, quand le Pasok n’est crédité quant à lui que de 6,2%.

Confronté à une terrible régression sociale, le peuple grec rejette les politiques d’ajustements structurels en se tournant d’abord vers une issue progressiste, même si le poids de l’extrême droite est non négligeable (Aube Doré est donné à 8,7%). A n’en pas douter, une partie de l’avenir européen se joue en Grèce.

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Vos réactions

  • C est con mais un parti radical de gauche a réussi en Europe parce que c’ est un ingénieur de formation qui est à sa tête

    Ca change des sociologues , économistes , littéraires , grandes gueules qui polluent la gauche radicale française ;)) ...

    Nommez un scientifique ou une scientifique à la tête du futur Front de gauche français , qui se créera en février 2015 , après analyse de la débâcle de la séquence 2012 2014 et tout ira mieux :) !

    THIERRY HERMAN Le 24 mai 2014 à 01:15
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