Accueil > Politique | Par Catherine Tricot | 25 août 2014

Éric Coquerel prend les rênes

Jean-Luc Mélenchon quitte la co-présidence du Parti de gauche. Martine Billard aussi. Tous deux restent au secrétariat du parti. Mais c’est Éric Coquerel qui sera désormais le coordinateur général de la formation. Un bon présage pour ceux qui souhaitent le maintien du Front de gauche.

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Ce nouvel équilibre de direction au sein du PG est le point d’aboutissement de débats internes qui n’ont pas été simples. Après les déconvenues de l’année 2014, la question pouvait se poser : rompre avec le Front de gauche ou continuer ? Ce sera continuer. Jean-Luc Mélenchon l’a confirmé dans son discours de clôture de l’université d’été de son parti. « Ce n’est pas nous qui allons défaire le Front de gauche. C’est notre œuvre. Le Front de gauche est une réalité, un point d’appui pour des milliers de gens, membres ou non de partis. Le Front de gauche, c’est leur repère. » Martine Billard et Éric Coquerel ont plaidé en ce sens de façon continue. Ils ont été entendus.

La République, la gauche

Pourtant, le choix d’Éric Coquerel n’allait pas de soi. Le groupe dirigeant du Parti de gauche reste structuré autour des anciens de PRS, la tendance de Mélenchon au PS. Éric Coquerel n’a, lui, jamais été membre du PS. Son parcours est plus chaotique, un peu à l’image de cette autre gauche qui se cherche peut-être encore.

Initialement militant de la LCR, il quitte la formation trotskiste au début des années 2000 pour rallier Jean-Pierre Chevènement. Mais la rencontre va tourner court. Il prend ses distances avec le candidat à l’élection présidentielle quand celui-ci prétend rassembler les républicains de gauche et de droite. La République, la gauche, ce sont ses deux piliers idéologiques. Éric Coquerel fondera alors un micro-parti, le Mars, dont il s’enorgueillit d’être le président. Logiquement, il s’investit dans la campagne en faveur du "non" au Traité constitutionnel européen. Ses qualités d’orateur mais surtout d’argumentation se remarquent dès cette époque : cette bataille contre le TCE, c’est son terrain.

Dans la foulée, il s’engage dans les collectifs antilibéraux qui vont chercher à construire une candidature pour l’élection de 2007. Là, c’est franchement moins son kif. Le joyeux bordel qui y règne ne correspond guère à l’idée qu’il se fait de la politique.

Surmonter les tensions

Coquerel est tout sauf un mouvementiste (on attend avec intérêt ses relations avec Podemos…). Quand les collectifs explosent et que les "3 B" – Bové, Buffet, Besancenot – s’affrontent, il se retire avec quelques rares militants dans une neutralité circonspecte (Clémentine Autain, Christian Piquet, Roger Martelli, Claude Debons et François Labroille). Ensemble, ils fondent Maintenant la gauche. Sans grand lendemain.

Mais Éric Coquerel est du genre hyperactif. La politique est sa vraie passion, loin devant son goût pour la voile. Il se rapproche assez vite de Mélenchon qui prépare son départ du PS et fera partie des partants de la première heure lors de la création du Parti de gauche. Il gagne la confiance de Jean-Luc Mélenchon qui lui octroie le titre très flatteur de "conseiller spécial" pendant la campagne présidentielle de 2012.

Autonome mais fidèle, Éric Coquerel devient le "monsieur relations extérieures" du PG. À ce titre, il entretient des relations avec toutes les sensibilités – et l’on sait à quel point elles sont nombreuses – du Front de gauche. Courtois mais ferme, il sait se faire apprécier. Ce ne sera pas inutile pour surmonter les mois de vives tensions, voire de déchirement qui ont mis à mal les relations partisanes et personnelles.

Le voilà revenu à des fonctions plus internes. Sa feuille de route : continuer d’élargir le PG qui a singulièrement souffert des retraits et des départs. Être un parti creuset, vaste programme.

Lire aussi : "Jean-Luc Mélenchon prend du champ"

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Vos réactions

  • Le 6 septembre, les partis, organisations, associations et autres membres du FDG doivent entendre le cri du Peuple :
    Continuons le Front de Gauche, agissons et rassemblons le Peuple ! Ne nous abstenons-pas.

    Vive le Front de Gauche !
    Vive la Gauche Rouge !

    CD Le 26 août 2014 à 16:00
  •  
  • Eric Coquerel a pour lui le fait de n’avoir jamais adhéré au P$ néolibéral ; il pourrait remplacer Mélenchon de manière prometteuse. Mais il faut qu’il aille au-delà de la démarche de Mélenchon, et qu’il tende la main à TOUS ceux qui veulent en finir avec cette oligarchie politique et économique ; qu’il laisse tomber les réformettes sociétales du P$ (mariage gay, ABC de l’égalité...) qui divisent le peuple, et qu’il cherche à l’unir autour d’un programme de progrès social (retraite à 60 ans, nationalisations...) et politique (6ème République) (en laissant tomber le sociétal !).

    Autre point important : il faudrait que Coquerel accepte de repenser ses positionnements européistes et ses liens avec la "droite" sociale.

    L’hostilité à l’U€ devient grandissante de jour en jour : si le Front de Gauche ne veut pas sortir de l’histoire, il doit prendre en compte ce tournant majeur : Nation et progrès Social ne sont plus contradictoires, mais complémentaires ! Plus personne ne veut entendre parler d’une "Europe sociale", ou d’une "Europe des peuples". En revanche, une France socialiste serait au goût de beaucoup ; et une Europe des capitalistes aussi. VOILà les vrais clivages : Europe de Droite ou France de Gauche !

    De même, il doit reconnaître qu’une partie de la "droite" sociale est plus proche du FdG que la "gauche" oligarchique : les idées d’un François Asselineau ou d’un Dupont Aignan sont très proches de celles du Front de Gauche, elles se rejoignent sur l’essentiel :

     refus du diktat européen
     réformes sociales
     nationalisations
     démocratie participative.

    Qu’importe le reste ?

    IL NOUS FAUT UN NOUVEAU CNR, Monsieur Coquerel !

    Vincent O Le 26 août 2014 à 23:15
       
    • Comme le dit Fulgence (27 août à 11:24) :

      "Titrer "Coquerel prend les rênes" signifie qu’on est passé totalement à côté de ce qui s’est dit au remue méninges du PG. La suppression des postes de coprésidents du parti vise à la dépersonnalisation de la direction du parti ! Coquerel sera coordinateur d’une direction toujours plus collective."

      Au lieu de croire que Coquerel va maintenant être une sorte de monarque au PG, comme Hollande l’est dans la 5ème république, il vaut mieux se renseigner ailleurs que sur Regards, par exemple ici http://www.zinfos974.com/Les-Outre-mers-presents-au-Remue-Meninges-du-Parti-de-Gauche_a75366.html :

      "La direction du parti est pour l’instant assurée d’une manière collégiale, Eric Coquerel assurant les fonctions de coordinateur général du Parti. Au PG, contrairement à d’autres, nous n’oublions pas qu’un parti politique n’est qu’un outil au service du peuple et certainement pas une fin en soi pour prendre le pouvoir et finir par vendre son âme pour le garder. C’est la raison pour laquelle notre candidat en 2017, ce ne sera pas, pour reprendre ses mots : "Jean-Luc Mélenchon mais la 6ème République". "

      Michel E. Le 30 août 2014 à 19:11
  •  
  • Titrer "Coquerel prend les rênes" signifie qu’on est passé totalement à côté de ce qui s’est dit au remue méninges du PG. La suppression des postes de coprésidents du parti vise à la dépersonnalisation de la direction du parti ! Coquerel sera coordinateur d’une direction toujours plus collective.

    Fulgence Le 27 août 2014 à 11:24
  •  
  • Moi la seule chose que je veux lire dans Regards et notamment de ses principaux animateurs c’est ne pas être dans le factuel vis à vis de JLM et de le soutenir de façon moins timorée.La gauche ne peut se passer d’un tel leader même s’il a commis des erreurs (symétrie avec Le Pen, discours de Marseille - inaudible alors qu’il était entre 15 et 17% à une semaine du 1er tour pour le plus grand nombre du fait de la lepénisation des esprits y compris dans l’électorat qui avait le plus besoin d’un FDG fort - à des années-lumière des préoccupations fraternelles vis à vis des immigrés !On aurait dû entendre cette autocritique de la part de JLM lui-même tant cela a été ressenti comme nécessaire par des milliers de militants au contact avec les milieux populaires .).

    Ceci dit , il n’y en a pas d’autre crédible et je pense que la réunion du 6 et les commentaires qui suivront cette réunion doivent être clairs sur le soutien à JLM . Nous ne pouvons nous payer le luxe du spectacle de division donné par le FDG depuis les Municipales. C’est çà ou la mort de gauche de trans formation politique, économique et sociale. Tout le reste n’est que lutte pour conserver ( et en définitive perdre ) des places . DONC INDIGNE.

    Dominique FILIPPI Le 6 septembre 2014 à 15:42
  •  
  • Vous vous contenter de votre Haine antipcf.
    Régler des comptes sans cesse avec le PCF,ne permettra pas à votre idole absolu,l’ex candidat du pcf-fdg(cache sexe du PCF)de dépasser les 6,7% de 2014.
    Votre attitude pusillaniste démontre que vous n’apportez rien à la compréhension électorale de la France en 2014.
    Relisez vous,cela vous permettrait de réfléchir à l’impasse frontdegauchiste .
    Mélenchon l’a compris lui.Après sa retraite aussitôt annoncée aussitôt annulée,Il a fondé le M6R (Mouvement pour la 6ième république) qui recueille déjà plus de 100000 followers sur Facebook ,afin d’être sûr d’avoir des électeurs non-PCF en 2017 !Mais comme il sait que c’est impossible,Il veut aussi conserver le label fdg ainsi que les électeurs du PCF.Vous exprimez cette contradiction dans vos innombrables posts anti-PCF. Comme Martelli,vous pensiez le PCF mort.Or vous assistez,consterné à l’enterrement de l’enterrement du PCF.
    Cela ne vous dispensera pas d’une analyse sérieuse du vote FN en 2014 et de l’impasse frontdegauchiste.Quant à Coquerel qui en 1985 était sous les ordres de Harlem Désir dans ’SOS racisme’,rien n’arrêtera son acharnement à détruire le PCF.30 ans d’anti-PCF ne lui auront rien appris.

    Maurice Le 26 septembre 2014 à 11:36
  •  
  • c’est dingue ce qu’ils s’occupent de nous "ensemble" !
    ils nous analysent..dans tous les sens
    y’a des articles sur le PG tout le temps...

    donnez moi un seul article du PG qui parle d’"ensemble" ? SVP
    bizarre...on dirait des torpilles..mais des torpilles de quel parti ?
    je pense qu’il serait intelligent de s’autoanalyser, relever ces propres erreurs ..Mais vous avez sûrement des espions partout au PG pour être au courant autant ? car moi je suis au PG et je ne sais pas tout ça
    donc, des espions nous matent, nous analysent , écrivent dans votre journal...ben dites donc ! ils ont pas autre chose à foutre ?
    vous êtes si nombreux que ça ?

    moonfleet Le 20 juin 2015 à 17:35
       
    • Posté aujourd’hui sur le blog de Jean-Luc Mélenchon :

      50
      Juliette et Aubert Sikirdji dit :
      20 juin 2015 à 13h42
      Très grande tristesse pour le départ de François Delapierre. Quelle perte immense !

      Aubert Sikirdji Le 20 juin 2015 à 20:49
  •