Accueil > Politique | Par Guillaume Liégard | 24 novembre 2014

Euthanasier le Parti socialiste pendant qu’il bouge encore

Jean Christophe Cambadélis vient d’annoncer que les états Généraux du PS, le 6 décembre, seront l’occasion d’un « Bad Godesberg idéologique ». Comme si ce tournant n’avait pas été pris depuis longtemps, et même largement dépassé.

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Si le ridicule tuait en politique, on assisterait à une véritable hécatombe rue de Solférino. Car de quoi parle-t-on ? En 1959, le programme de Bad Godesberg a marqué une rupture pour le SPD allemand en officialisant l’abandon formel des références marxistes et la reconnaissance de l’économie de marché. C’est peu dire que "nos" socialistes français sont allés bien au-delà ce stade.

De déroutes en désastres

Tout a été dit ou presque sur la mue libérale du quinquennat Hollande. Cette évolution, parce qu’elle est une rupture avec toute l’histoire de la gauche française, se traduit par de multiples déflagrations. Hier encore, champion toute catégorie des élections locales, le Parti socialiste vogue désormais de déroutes en désastres, abandonné par son électorat.

Avec les municipales, le PS a perdu la moitié de ses élus, passant de 60.000 à 30.000 selon les chiffres de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNSER) elle-même. Depuis, le Sénat a été perdu et les prochaines élections départementales en mars suivi des régionales en décembre 2015 devraient encore amplifier cette situation.

Abandonné par ses électeurs, le Parti socialiste est aussi déserté par ses militants. Les chiffres sont évidemment secrets, mais au 31 juillet 2014 c’est une baisse de 60% des cotisations des militants qui a été constatée par rapport à ce qui était prévu. Depuis cette date, la composition du gouvernement Valls II, l’affaire Thévenoud, la gestion calamiteuse de la mort de Rémy Fraisse n’ont pu qu’aliéner de nouvelles franges de militants au PS. Le nombre de cartes est probablement désormais inférieur à 100.000, et les militants qui restent hésitent à arpenter les marchés, le masochisme trouve parfois ses limites.

Impasse des frondeurs

Ce bilan calamiteux a généré une "fronde" d’une partie du groupe parlementaire socialiste qui n’est pas banale – et même inconnue dans le parti majoritaire sous la cinquième République. Elle démontre une nouvelle fois le chaos créatif du quinquennat Hollande. Pourtant, stabilisée autour d’une quarantaine de parlementaires spécialisés dans l’abstention, celle-ci atteint désormais ses limites. Les principaux intéressés le reconnaissent eux-mêmes dans les couloirs. Incapable d’infléchir, même modestement, la politique gouvernementale, cette rébellion se heurte au socle des députés loyalistes qui, au final, entérinent la politique de l’exécutif. Non par peur d’une dissolution, tous savent bien que les chances de réélection seront bien maigres en 2017, mais par adhésion à la politique gouvernementale ou a minima par incapacité à produire une autre orientation.

Les discussions internes au PS sur le pacte de stabilité au printemps avaient montré l’étendue de la panne idéologique : pour certains il s’agissait de promouvoir une austérité "soft" en ramenant les économies budgétaires de 50 à 30 milliards, pour d’autres, membres des courants gauches, il fallait mettre en avant une impossible politique de relance keynésienne.

Les frondeurs sont désormais face à un choix difficile : la rupture avec leur parti ou la reddition. Certains se saisiront peut-être de la perspective du congrès de juin 2015 pour livrer un baroud d’honneur, mais c’est une bataille perdue d’avance. L’existence d’un espace politique pour la gauche modérée social-démocrate continuera probablement à subsister, mais celui-ci ne peut désormais plus s’incarner au travers du Parti Socialiste.

Absence de polarisation à gauche

L’effondrement du PS n’a généré aucune polarisation sur sa gauche, ni dans les luttes, ni dans les urnes. La Grèce, l’Espagne ont connu de très fortes mobilisations sociales et connaissent avec Syriza et Podemos un débouché politique potentiellement majoritaire. Ce n’est pas le cas en France, et c’est sans doute le principal problème que doit relever une gauche de transformation qui n’a pas renoncer à son projet émancipateur, à son combat pour l’égalité.

Ce constat d’atonie sociale ne vaut ni explication, encore moins justification car le mécontentement, l’exaspération sociale sont bien là. Prisonnières de leurs vieux schémas, de leurs alliances traditionnelles ou adeptes de la marginalité politique choisie, les organisations à la gauche du PS ont été incapables de capitaliser le rejet de la politique gouvernementale. C’est au contraire le Front national qui semble y parvenir – un peu comme le mouvement cinq étoiles en Italie, mais dans une version autrement dangereuse.

Séparément, ni le Front de gauche, ni les écologistes ne peuvent devenir à eux seuls le point de cristallisation d’un renouveau politique. Le Front de gauche a raté sa mue après l’élection présidentielle de 2012. Fort du score de Jean-Luc Mélenchon, il aurait pu essayer de se déployer, de s’inventer un avenir qui dépasse le cartel électoral pour engranger les aspirations qu’il avait fait naître au cours de la campagne présidentielle. Il en a été incapable. Pour bien des raisons, de fond comme de forme, une occasion a été manquée, elle ne se représentera pas. De leur côté, les écologistes extrêmement divisés politiquement apparaissent largement étrangers à la question sociale qui pourtant mine en profondeur ce pays.

Achever le Parti socialiste

Paradoxalement, la chance pour un projet émancipateur réside dans la quasi certitude qu’il n’y aura pas de candidat de gauche au second tour de la présidentielle de 2017. Le piège du vote utile dont le PS a usé et abusé tout au long de ces dernières années s’est refermé sur lui. Désormais, envoyer un candidat du PS au second tour, c’est assurer l’élection d’une Marine Le Pen. Bien sûr, cela révèle le caractère très dégradé des rapports de force politiques mais cela peut aussi permettre de délaisser les petits calculs électoraux à courte vue au profit de l’indispensable reconstruction.

Cela suppose d’en finir avec les douces rêveries qui relèvent de paradis artificiels. Non, il n’existe pas aujourd’hui de majorité parlementaire pour mener une vraie politique de gauche, c’est un fait. La direction du PCF, tel le Lapin blanc de Lewis Carroll, toujours en retard, semble parfois courir après une telle chimère. Elle fait fausse route. Les écologistes qui sont sortis du gouvernement envoient des signaux contradictoires et restent au milieu du gué. Rassembler tout ou partie des courants qui s’opposent à la politique de François Hollande pour créer une coalition qui d’emblée soit en mesure de dépasser le Parti socialiste est l’enjeu de l’heure. Relégué au second rang, celui-ci tel le PASOK entamerait sa crise terminale. Un tel regroupement n’ouvrirait pas simplement un espace électoral mais serait aussi un formidable encouragement pour les mobilisations sociales en dessinant les contours d’une alternative possible et permettrait d’agréger des forces disponibles au sein de la société civile.

Ne nous cachons pas que les obstacles à une telle orientation sont nombreux : désaccords souvent solides et différences de cultures importantes. Mais la conscience qu’à situation exceptionnelle, il faut des réponses qui rompent avec les pratiques routinières fait son chemin. Des espaces d’échanges, de débats qui dépassent les frontières habituelles existent et se développent. Il faut maintenant qu’elles se concrétisent.

Le PS est à l’agonie ? Il est temps de l’achever.

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Vos réactions

  • Pourtant,100000 militants,au PS,c’est plus que l’ensemble des militants de tous les autres partis de gauche.
    Trente mille élus municipaux ,c’est 10 fois plus que le PCF et 100 fois plus que le PG.
    24% de soutien pour Valls,c’est 10 fois plus que pour Clémentine Autain.
    La première nécessité lorsqu’on veut analyser les rapports de Force,c’est d’être objectif,y compris avec son propre camp.
    C’est le Front de Gauche qui est à l’agonie,suite à la création stupide de M6R par Mélenchon,pas le PS !
    Le PS est pour cette 6ième république depuis plus de 10 ans.

    Maurice Le 25 novembre 2014 à 01:12
       
    • Non, "probablement désormais inférieur à 100.000" ne veut pas dire 100.000, ça veut dire qu’il y a maintenant probablement déjà autant de signataires pour le m6r.fr que de militants au PS. Et alors que le nombre des signataires pour le m6r.fr continue à monter, le nombre de militants PS va continuer à baisser...

      Et après, pourquoi parler de Clémentine Autain quand il y a Jean-Luc Mélenchon - et surtout le m6r qui dépasse le système actuel de personnalisation des partis et syndicats dont les gens ont marre et auquel ils ne croient plus.

      Max E. Le 25 novembre 2014 à 03:16
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    • " Le PS est pour cette 6ième république depuis plus de 10 (...) " Ben alors, qu’attend t-il ?
      Le PS me fait autant peur que le FN, il est aujourd’hui économiquement presque plus libéral que la Droite classique.

      Sedul p Le 30 novembre 2014 à 03:51
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  • Le PS pour la VIe République ? La première nécessité quand on veut analyser les rapports de forces c’est de savoir dans quelles directions et quels sens vont les forces... Il y a désormais plus de trente ans que le PS s’est fondu dans la Ve République. Il l’assume et ne cesse de la défendre et pour cause... Ce régime est fait pour la politique actuellement menée : Une politique qui privilégie les intérêts du capital financier n’a que faire de la démocratie.
    Cela n’ôte en rien les difficultés de la construction d’une alternative mais en revanche, celle-ci ne trouvera pas sa solution dans le PS. Le PS ne peut plus être une solution puisqu’il est devenu le problème.

    DANIEL Le 25 novembre 2014 à 01:48
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  • Le PS bénéficie juste de sa position institutionnelle de 1er opposant à l’UMP.
    Depuis des années il ne propose plus rien à part dire "il faut faire barrage au FN" qui monte inexorablement.
    Le PS serait-il déjà mort sans le savoir ?

    Flutiot Le 25 novembre 2014 à 06:18
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  • Ce n’est pas seulement le PS qu’il faut euthanasier, ce sont tous les partis politiques !

    Comment devant l’échec flagrant de tous les partis politiques pour gérer correctement le pays, peut-on croire encore en leur avenir ?

    De toute façon les partis sont une partie du problème et non la solution. Pourquoi ?

    A cela trois raisons : La première est que chaque parti prétend détenir LA solution pour le pays, à condition qu’on lui laisse les commandes pour gérer les affaires. Sauf qu’ils ne sont, évidemment, pas d’accords entre eux. Et au lieu de s’unir pour gérer vraiment le pays, ce qui serait le cas s’ils étaient vraiment sincères pour faire ce travail, ils ne cessent de se mettre des obstacles les uns sur les autres afin de prendre le pouvoir. C’est exactement comme dans la bande dessinée Iznogood où le grand vizir veut être calife à la place du calife. Ce serait pathétique si ce n’était aussi grave.

    En clair, en ce sens, les partis politiques divisent le pays au lieu de l’unifier.

    La deuxième raisons est que les dirigeants de ces partis, le plus souvent, n’ont jamais travaillé de leurs mains. Une fois sortis de l’Ena ou de toute autre école, ils ont intégré une fonction dans le parti de leur choix ou un poste politique, grassement rémunéré. Mais même sans obtenir de poste public, au sein de leurs partis ils sont comme des parasites à se goinfrer de rémunérations conséquentes pour passer leur temps à magouiller contre leurs adversaires politiques, y compris au sein de leurs propres partis. Ils ne s’intéressent absolument pas aux besoins du peuple. Seuls leurs intérêts priment.

    Sans compter que leurs compétences sont plus que discutables au vu de leurs résultats quand ils sont au pouvoir. Nous assistons à la création et à la perpétuation d’une classe de ploutocrates prête à toutes les compromissions pour préserver leurs avantages.

    Donc clairement, à éliminer de toute urgence.

    Enfin troisième raison, les partis politiques afin de pouvoir faire les campagnes électorales et avoir une bonne représentation, tout autant que pour rémunérer leurs dirigeants très gourmands au point de vue salaire, sont obligés de faire appel à des fonds privés car les fonds résultants des cotisations des adhérents sont largement insuffisants.

    Mais ces fonds privés se trouvent auprès des grandes sociétés multinationales et des banques, qui ne sont pas réputées pour leur altruisme. Elles veulent bien investir, mais il c’est donnant/donnant. Elles veulent "un retour sur investissement". Une fois élus, les politiciens ont l’obligation de faire voter des lois en faveur de ces sociétés. Cela s’appelle, ni plus ni moins, de la corruption.

    Mais il y a pire que cela encore, car ces sociétés flairant le bon filon, on créé des lobbies qui s’activent très fortement directement auprès des élus de la nation pour faire infléchir la loi en leur faveur et elles ont réussi à faire en sorte que ce lobbying soit légal alors que ce n’est qu’une sorte de corruption de fait.

    Donc clairement, l’avenir n’est pas aux partis politiques. Ce n’est pas une question de "gauche" ou de "droite". La gestion du pays est une affaire plus sérieuse que les querelles d’enfants attardés qui se bagarrent pour prendre la place de l’autre. Il serait peut-être un peu temps que l’on en prenne conscience.

    Ce dont le pays a besoin c’est d’hommes et de femmes compétents et animés du désir sincère de servir la population pour lui permettre de vivre sainement et d’une façon épanouie, et certainement pas de permettre à une classe de ploutocrates crapuleux de prendre le pouvoir pour se protéger de toutes leurs magouilles et s’en mettre plein les poches au détriment de la population.

    Depositaire Le 25 novembre 2014 à 12:08
       
    • Supprimer tous les partis politiques... (sauf le FN bien entendu) - puisqu’il s’agit là de la thématique récurrente que les partis nazis et fascistes nous resservent régulièrement à travers leurs avatars réactualisés. Votre ficelle est grosse, c’est même un vrai cable. Surtout lorsque cette thématique s’accompagne d’une dénonciation de la "ploutocratie" répétée plusieurs fois avec gourmandise. Eh oui, encore un marqueur très brun puisque ce terme a été surtout utilisé autrefois par les nazis et les fascistes dans de fougueux élans démagogiques, pour honnir les grands bourgeois et leur collusion avec le pouvoir. Il fait donc partie du vocabulaire préféré des nazis en compagnie de la dénonciation du "judéo-bolchevisme", ce qui permet par exemple à Hitler d’associer les deux notions dans l’expression « l’Occident judéo-ploutocratique ». J’observe donc qu’il fait également partie de vos termes préférés. Faut-il que j’en tire explicitement les conclusions qui s’imposent ?

      AL Le 27 novembre 2014 à 23:07
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    • @AL Je suis d’accord avec Depositaire que le système actuel des partis etc. ne marche pas. Donc il faut bien du nouveau, ce que m6r.fr laisse espérer. Et non, ça n’a rien de nazi de dire ça.

      Max E. Le 28 novembre 2014 à 09:15
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  • Non, la situation n’est pas bloquée en France, simplement à contexte différent, calendrier différent. La spécificité du FN, outsider à droite est de fait unique en Europe où ailleurs c’est la seule gauche qui se pose en relève. Le spectre politique a toujours été complexe et large en France. Le coeur du problème, comme le relève (un peu) l’article repose sur le flou : où est le PS, où est le FN, où est l’UMP ? Les trois entretiennent cette confusion et si aucun des trois n’a changé de nom malgré les multiples annonces c’est sans doute par-ce qu’ils savent, en bons chiens de garde du régime de la 5° République, qu’une fois les lignes politiques clarifiées (à savoir un PS centriste allié à l’UDI, un FN et un UMP fusionné de fait) l’epace s’ouvrira à gauche et obligera chacun à une clarification (notamment chez les verts).
    Plusieurs éléments relativement récents montrent pourtant que la situation psychologique évolue plus vite que prédit. D’une part les rencontres se multiplient entre forces de gauche, communistes et écologistes notamment qui découvrent qu’ils ne sont pas si opposés. Surtout, la Nation politique étant liée en un réseau de situations interférant réciproquement du local au national, le phénomène Grenoble, qui a vu un désaveu massif des électeurs envers un PS allié au PCF et au Modem (sic) pour envoyer une municipalité EELV-PG-collectifs citoyens, ce phénomène risque de faire tache d’huile en démontrant que si cela marche dans une commune de 150.000 habitants, cela peut marcher partout. La Gauche par l’exemple. Pour cela, plus rapidement le PS aura achevé sa mue, aura passé alliance avec le Centre, plus vite l’UMP aura un président, plus vite la stratégie d’alliances du FN (première main tendue vers Debout la France) en vue de passer l’obstacle du second tour sera précisée, plus vite la Gauche pourra entrer en bataille pour 2017. En cela, le timing du lancement du M6R est particulièrement bien pensé et commence à imposer ses thèmes institutionnels au débat. Pour preuve, les attaques contre Melenchon ont quasiment cessé depuis l’été. Le plus grand danger reposera sur les régionales où les réflexes partisans resurgiront. Nous seront face à un danger équivalent à celui qui a terrassé le FDG aux municipales, mais à l’échelle de toute la Gauche. Si des listes citoyennes hors partis ne prennent pas les régions et que le FN continue sa progression, la messe sera (sans-doute) dite pour 2017.

    shaunlemouton Le 27 novembre 2014 à 13:32
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  • C’est bien parce que le Parti Socialiste bouge encore qu’il faut l’euthanasier ! On a bien commencé avec les municipales, il faut continuer avec les départementales et les régionales. Accentuer même, en portant l’estocade finale. Voilà un beau projet qui va fédérer largement le peuple de gauche, sans qu’il soit besoin de se mobiliser outre mesure à la veille des élections. Et quel bonheur pour nous tous, une fois le PS éradiqué du paysage politique, de reprendre notre respiration à pleins poumons sans plus craindre la pollution olfactive qu’il faisait régner dans notre environnement politique. Très bon article de "Regards" qui, une fois n’est pas coutume, apporte une réponse à la question qu’il pose.

    ARDUS Le 25 décembre 2014 à 14:58
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