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Accueil > Politique | Tribune par Pierre Khalfa | 28 mai 2014

L’échec du Front de gauche tient à lui-même

Coprésident de la Fondation Copernic, membre du Conseil scientifique d’Attac, Pierre Khalfa analyse les revers électoraaux du Front de gauche, qui selon lui tiennent d’abord au Front de gauche lui-même. Lequel doit revoir son rapport à la gauche et sa posture publique.

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Avec 6,33 % des voix aux élections européennes, le Front de gauche (FdG) connaît un échec  [1]. Celui-ci apparaît d’autant plus grave si on le met en relation avec l’espoir un moment affiché que ces élections soient l’occasion de faire du FdG la première force à gauche, opérant ainsi un rééquilibrage porteur d’une future alternative gouvernementale. Comment expliquer, alors que le PS connaît une défiance profonde, que le FdG n’en tire pas les bénéfices, alors même qu’il porte une critique féroce d’une politique gouvernementale elle-même massivement rejetée ?

Une enquête Ipsos-Steria [2] indique même que le FdG a été particulièrement touché par la défiance qu’ont subie tous les partis politiques (à l’exception du FN) : aux élections européennes seulement 46 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle ont voté pour le FdG. C’est l’indice de fidélité le plus faible de tous les grands partis présents à ces élections. Ainsi 52 % des électeurs de François Hollande ont voté pour le PS, 58 % de ceux de Nicolas Sarkozy ont voté pour l’UMP, 59 % des électeurs de François Bayrou ont voté pour l’UDI/Modem et… 93 % de ceux de Marine Le Pen pour le FN.

On peut certes renvoyer cet échec à des raisons objectives qu’il ne faut pas minimiser : le PS se réclamant de la gauche, son discrédit toucherait aussi ceux qui s’en revendiquent ; l’absence de mouvements sociaux pèserait sur les rapports de forces globaux, ce qui pénaliserait le FdG ; l’impact des politiques d’austérité et plus généralement l’éclatement du salariat, favoriseraient la résignation et l’abstention électorale. Tous ces éléments contiennent probablement une part plus ou moins grande de vérité. Mais la thèse défendue ici est autre. L’échec du FdG tient avant tout à lui-même.

Un premier élément d’explication tient à l’image qu’a renvoyée le FdG dans les mois et les semaines qui ont précédé les élections européennes. La confusion politique entrainée par la décision du PCF d’une orientation à la carte pour les élections municipales – tantôt avec le PS, tantôt avec les autres forces du FdG – a certainement joué, comme ont joué la dramatisation opérée par le PG à ce sujet et la montée d’affrontements internes qui l’a accompagnée, ce qui a pesé sur toute apparition politique pendant des mois. Ce conflit interne, et l’image d’éclatement qui s’en est suivie, a perduré lors de la formation des listes pour les européennes avec des tensions extrêmes et nombre de coup de forces [3].

La campagne pour les élections européennes commençait mal. Elle s’est mal poursuivie même si cela n’est pas la raison profonde du résultat. Sa brièveté a empêché que se déroule une vraie campagne nationale qui aurait redonné une crédibilité et une visibilité au FdG. Pire, elle a été marquée par des dérapages politiques, en contradiction avec le texte d’orientation adopté par le FdG, avec des déclarations sur « l’Europe allemande », les « guerres américaines en Europe », ou en faveur de la sortie de l’euro et du protectionnisme. Le flou sur la ligne défendue en matière européenne a prédominé, alors même que le FdG s’était mis d’accord sur une orientation qui indiquait que, s’il fallait nécessairement rompre avec l’Europe néolibérale actuelle, c’était dans la perspective de refonder une autre Europe. Cette ligne, qui est aussi celle de Syriza, reflète ce que pensent les sympathisants du FdG qui ne sont que 14 % à penser que l’appartenance de la France à l’Union européenne est une mauvaise chose, pourcentage similaire à ceux de l’ensemble des français à l’exception des sympathisants du FN.

Cette mauvaise campagne pour les élections européennes, faisant suite à celle des municipales, n’est cependant que le symptôme d’un mal plus profond qui renvoie à la nature même du FdG. La campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon avait permis que des dizaines de milliers de personnes, qui n’étaient encartées dans aucune organisation politique, s’y engagent plus ou moins activement. Cette campagne, et le score électoral qui l’accompagnait, avaient créé une dynamique citoyenne importante [4]. Il aurait donc été logique et politiquement nécessaire que le FdG se mette en situation d’accueillir toutes celles et tous ceux qui s’étaient engagés dans la campagne présidentielle. En permettant aux non encartés d’adhérer directement au FdG, sans passer par l’une de ses composantes politiques, le FdG aurait changé de nature. De cartel électoral, il serait devenu un mouvement politique nouveau qui aurait transcendé ses composantes d’origine. Cela a été refusé et, dès les législatives de 2012, la logique de cartel a prévalu [5]. Les conséquences de ce choix n’ont pas tardé à se manifester, les deux composantes principales du FdG privilégiant, chacune à sa manière, son intérêt propre d’organisation au dépend de celui du FdG, le tout aggravé par des divergences politiques [6].

Celles concernant le positionnement vis-à-vis du gouvernement ont été assez vite résolues avec une ligne d’opposition à la politique menée qui s’est traduite notamment par le vote contre le budget 2014 par les élus du FdG (dont tous ceux du PCF). Certes la question des municipales les a ravivées, mais au-delà, l’opposition à la politique gouvernementale ne suffit pas à faire une orientation politique.

Deux questions se posent. La première est celle du rapport à la gauche. Il y a accord dans le FdG pour essayer de peser sur les contradictions internes de la majorité gouvernementale et de travailler avec tous ceux qui, à gauche, refusent la politique actuelle. Mais cette orientation ne trouve guère pour le moment de débouchés concrets. Tend alors à s’y substituer une orientation totalement incantatoire qui consiste à prôner le rassemblement de toute la gauche alors même que le PS soutient un gouvernement, issu de ses rangs, qui mène une politique de droite [7]. Il est certes légitime d’avoir pour objectif de construire un front anti-austérité qui soit le plus large possible. Mais cela ne peut se faire que si des ruptures importantes se produisent dans la majorité gouvernementale. C’est l’enjeu de la situation actuelle alors que les contradictions s’aiguisent au sein du PS et qu’EELV a quitté le gouvernement.

La seconde question renvoie à la posture publique du FdG. Il ne suffit pas d’affirmer à longueur de déclarations que tout va mal (ce qui est vrai) et que tout ira encore plus mal demain (ce qui est probablement vrai aussi) pour construire une alternative politique. De même exprimer la colère des gens peut à un moment donné être indispensable, mais tendre à ne faire que cela peut vite s’avérer contreproductif. Les gens savent que ça va mal et qu’ils sont en colère. Il ne sert à rien de le leur répéter en permanence. Pour que les gens aillent voter, et en particulier pour une formation comme le FdG, il faut qu’ils pensent que leur vote est utile. Le FdG doit donc être porteur d’un espoir de transformation sociale et pas simplement exprimer, ou plutôt croire exprimer, une exaspération. La politique du ressentiment [8] ne suffit pas, encore faut-il apparaître porteurs de solutions concrètes, crédibles [9], qui soient reliées à un imaginaire qui permette de les envisager. Or sur ces deux points le FdG n’a pas été à la hauteur.

Il n’a pas été capable de répondre sur le terrain sur lequel on pouvait l’attendre, celui des solutions pour sortir de la crise. Non que ces solutions n’existent pas - le programme des présidentielles l’Humain d’abord reste d’actualité - mais le FdG a été incapable d’avancer un plan de mesures d’urgence ayant une visibilité politique forte. La volonté d’exprimer en permanence la colère populaire, « le parlé dru » dont se réclamait Jean-Luc Mélenchon, a relativisé, de fait, la mise en avant d’alternatives.

La création d’un imaginaire collectif ne dépend pas seulement de l’action d’une force politique mais renvoie à des mouvements profonds de la société. Nous ne sommes ainsi pas sortis de la crise du projet de transformation sociale issu de l’effondrement du « socialisme réellement existant » et nous ne pouvons aujourd’hui nous adosser à rien de comparable à ce qui a été l’espérance communiste il y a quelques décennies. Raison de plus pour s’appuyer sur des pratiques sociales émancipatrices qui se développent dans toute l’Europe, notamment en France, et qui sont en train de faire bouger les lignes : salariés qui se battent pour garder leur emploi et produire autrement (de Fralib à Ceralep, de Pilpa à Hélio-Corbeil…), femmes qui luttent pour leurs droits menacés, mouvement des villes en transition, mouvement des indignés qui inventent de nouvelles façons de faire de la politique comme Espagne, mouvements de solidarité concrète dont la Grèce a été le témoin, mais qui se développent un peu partout, mouvement des zones libérées dont Notre-Dame-des-Landes est l’exemple le plus emblématique, mouvement des logiciels libres qui lutte contre la marchandisation… Tous ces exemples et bien d’autres, le FdG ne les a pas ignorés, mais il ne s’est pas appuyé vraiment sur eux, restant in fine dans une vision verticale traditionnelle de la politique qui donne aux partis et à ses leaders un rôle prédominant.

Alors que faire ? Disons le tout net : toute volonté ou tentative de faire éclater le FdG serait suicidaire, non seulement pour ceux qui se lanceraient dans cette aventure, mais aussi pour tout processus de transformation sociale dans ce pays. La force du FdG a été d’être capable, malgré toutes les difficultés, d’agglomérer en son sein des courants politiques divers quant à leur histoire et à leur culture. Cela représente un acquis considérable. L’existence du FdG témoigne qu’il est possible de construire une force politique qui puisse postuler à être majoritaire à gauche et donc dans le pays.

Maintenir cette ambition suppose de le transformer en profondeur tant d’un point de vue interne que dans ses relations avec la société. Il faut permettre l’adhésion individuelle, faire des assemblées citoyennes des structures de bases vivantes du mouvement [10] et du Conseil national un véritable organe de débat. De façon immédiate, la discussion sur la situation actuelle devrait pouvoir embrasser tout le FdG en dépassant les frontières de chaque organisation. Une convention ou des assises du FdG, peu importe le nom, devraient rapidement être organisée pour permette le débat le plus large. Le FdG doit d’autre part renouveler sa façon de faire de la politique, tant dans ses rapports aux citoyen-nes qu’aux mouvements sociaux, et doit être capable de porter clairement des propositions alternatives. Au-delà, le FdG ne peut en rester à sa forme actuelle. Il doit impulser la formation d’une large alliance de tous ceux qui à gauche, et plus largement dans les mouvements sociaux, sont opposés à la politique gouvernementale, que ce soit au PS, à EE-LV, au NPA, à Nouvelle Donne. L’heure est plus que jamais à la construction de convergences qui dépassent les chapelles actuelles.

Texte initialement paru sur le blog Mediapart de Pierre Khalfa.

Notes

[1Il faudrait regarder de plus près les résulats différenciés de la gauche radicale en Europe pour, au-delà d’une progression globale, en analyser les ressorts nationaux.

[3La palme en la matière est revenue au PCF dans la circonscription du Nord-Ouest où les responsables locaux de ce parti ont décidé unilatéralement, et en contradiction avec l’accord national, d’imposer trois de leurs membres aux trois premières places de la liste du FdG. Ironie de l’histoire, la liste n’a eu aucun élu, le député sortant n’ayant pas été, de très peu, réélu. Peut-être ceci n’est pas sans rapport avec cela.

[4Cette dynamique s’était manifestée par de fortes manifestations de rue et, sur un plan militant quotidien, par l’existence d’ « assemblées citoyennes » actives. Le résultat, moins important qu’annoncé par les sondages à l’élection présidentielle, et celui médiocre aux législatives qui ont suivi n’avaient pas infirmé ce constat.

[5Un texte "fonctionnement", adopté quelques mois plus tard, est resté lettre morte. Il envisageait, entre autres, la possibilité d’adhésion directe et une refonte du Conseil national pour en faire réellement une structure faisant une large place aux personnalités non encartées.

[6La création d’Ensemble, qui regroupe toute une série de forces qui étaient entrées au FdG de façon éclatée à des moments différents, n’a pas été suffisante pour le moment pour rompre avec cette logique.

[7C’est la position explicitement défendue dans le FdG par Christian Piquet et ses amis restés à la GU. Cette orientation est aussi défendue par certains au PCF. C’est le cas par exemple d’André Chassaigne qui s’est fait une spécialité d’attaquer en permanence le FdG et Jean-Luc Mélenchon.

[8Dans la politique du ressentiment, on peut classer l’agressivité permanente par rapport aux médias et en particulier l’interdiction faite aux journalistes du Monde de suivre les meetings de Jean-Luc Mélenchon avec l’injonction de les filmer pour les surveiller, mesures sur lesquelles ce dernier est revenu quelques jours après.

[9Le mot crédible renvoie ici au fait qu’un gouvernement de gauche, ayant la volonté politique de le faire, pourrait appliquer les mesures en question. Voir la note de la Fondation Copernic Changer vraiment, Editions Syllepse.

[10C’est le sens de l’appel pour un nouveau départ du Front de Gauche, signé par de nombreuses personnalités, lancé par Jacques Bidet, Jean-Michel Drevon, Jean-Numa Ducange, Dominique Fillère, Razmig Keucheyan.

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  • Une fois de plus les diagnostics de l’échec du FdG font l’impasse sur la question centrale de l’UE et de la souveraineté. Tant que le FdG ne se positionnera pas clairement pour une sortie de l’UE et une reconquête de la souveraineté française et populaire, il restera un parti collaborationniste et regardera en bavant les scores du FN, particulièrement chez les ouvriers, qui ont une fois de plus votés en masse pour Marine Le Pen. Le FdG doit urgemment se désembourgeoiser et cesser sa collaboration avec l’idéologie européiste...

    Ivan Le 29 mai 2014 à 10:42
       
    • Sondage:un peu plus de 10% des sympathisants du F.D.G sont "antieuropeistes" pour reprendre le vocabulaire bleu marine...Jaurès il y a 100 ans disait la même chose..."Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie...beaucoup d’internationalisme y ramène"...Le nationalisme , c’est la guerre !

      Le 29 mai 2014 à 14:55
    •  
    • @Le 29 mai à 14:55 :

      "Antieuropeiste" ne veut pas dire la même chose que de se positionner contre l’UE. Etre internationaliste ne veut pas dire la même chose que de se positionner pour l’UE. Etre de gauche, c’est de partir du local, c’est la solidarité internationale entre gauches locales. Donc, la gauche ne fait pas de la même manière en France qu’en Grèce, par exemple.

      Alors que les Grecs et les Espagnols ont traditionnellement une croyance forte en la possibilité de se faire entendre par l’UE, les Français ne voient pas l’UE comme un projet démocratique, mais comme un compromis entre l’Allemagne et la France. Tant que l’Allemagne n’était pas à l’offensive, les Français pouvaient croire à la possibilité pour la France d’avoir un mot à dire qui soit décisif quant à l’UE, mais depuis que l’UE s’est élargie vers l’est et que l’Allemagne est à l’offensive, de plus en plus des Français ne croient plus - et pas sans raisons - à la possibilité d’une UE en harmonie (avec la France).
      Il faut aussi voir comment la démocratie devient difficile quand on dépasse une certaine taille de population. Je dirais qu’une démocratie vivante est quasiment impossible au-delà de 100 millions d’habitants, et dans l’UE il y a plus d’habitants qu’aux Etats-Unis, avec encore moins d’implication des citoyens. Donc, de ce point de vue-là aussi, ça a beaucoup de sens de rompre avec l’UE qui - comme l’a dit Mélenchon - a ses racines dans la guerre froide. J’ajouterais : dès le début, cela a été la construction d’un bloc capitaliste, mercantile et anti-gauche dans ses fondements mêmes (l’économie de marché, le libre-échange, etc gravés dans le marbre des traités).
      Donc le FdG ne doit pas croire qu’il suffit de faire comme Syriza en Grèce, mais plutôt voir comment Syriza en Grèce se développe selon les conditions grecques, parce qu’elles ne sont pas comme en France. Une fois arrivé au pouvoir, ça me semble probable que Syriza va proposer de rompre avec l’UE, mais les Grecs ne vont pas - pour l’instant - leur faire confiance sans qu’ils essaient de s’imposer auprès de l’UE d’abord. Alors qu’en France, la gauche a tout à gagner sur une position contre l’UE dés le départ (et ça pourrait aussi influencer positivement le reste de l’Europe, parce que je vois mal en quoi c’est réaliste d’être pro-UE si on est de gauche).
      Malheureusement la gauche française, au niveau des partis, est ici paradoxalement encore plus pro-EU qu’en Grèce, et je pense que le seul espoir à court terme c’est que le PG rompe avec le PCF et se déclare contre l’UE. Comme ça il existerait une base pour une gauche vivante en France que des autres partis et mouvements pourraient rejoindre. Je crains que cela risque de durer, mais on peut toujours espérer. D’après ce que j’ai entendu, le dernier billet sur le blog de Mélenchon n’est pas sans être encourageant.

      Le FdG dire vouloir s’élargir. Je ne pense pas que ça se fait en persistant avec la situation actuelle. Jusqu’à récemment je me disais que c’était surtout le PCF (notamment son "positionnement" vis-à-vis le PS) le problème pour le FdG. Mais maintenant je me rends compte que le positionnement vis-à-vis de l’UE est un problème tout aussi grand, et là quasiment toutes les composantes du FdG sont sur la même ligne. Donc il faut du changement (du vrai). Il faut que le FdG commence à attirer des gens qui se sont abstenus les dernières élections+des gens (autour de trois millions à-priori) qui ne sont même pas inscrits sur les listes électorales.

      Michel E. Le 31 mai 2014 à 11:08
    •  
    • "être de gauche, c’est partir du local"
      Non, ça il me semble que c’est être de droite, sinon, quelle différence ? Deleuze, un philosophe que j’apprécie particulièrement déclarait dans son abécédaire "être de gauche, c’est d’abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi".
      Au passage, je conseil à tous de prendre le temps de regarder les vidéos de cet abécédaire, que l’on peut trouver sur youtube, surtout "G comme gauche", qui peut en inspirer beaucoup !
      Il me semble, de la même manière, qu’il faut penser les problèmes du monde dans son ensemble, les problèmes français sont indissociables de ceux du monde dans son ensemble. Il me parait impossible de pouvoir croire autrement, dans un monde globalisé. À moins peut-être que vous soyez partisan d’une France autarcique ?
      Il n’y a à mon sens, pas de différence entre les soucis sociaux / politiques / économiques de nos voisins et les notre. Être de gauche, c’est peut-être aussi savoir dépasser le nationalisme, voir le patriotisme. Qui même pouvant être porté par de bonnes intentions, sont des fétiches qui dangereux qui éloignent des vrais questions, quand ils ne mènent pas à de tristes événements.

      bardamu Le 31 mai 2014 à 19:33
    •  
    • @bardamu : Je trouve ça bizarre d’interpréter « solidarité internationale entre gauches locales » comme « nationalisme, voir le patriotisme ». Pour citer un article - http://blogs.mediapart.fr/blog/yvan-najiels/280514/un-debat-qui-agite-lextreme-gauche-et-la-gauche-dite-radicale - qui n’est pas sans intérêt :

      « Nombre d’amis du NPA (et j’imagine de LO) réfutent au nom de l’internationalisme la notion de nation. En justification de ce point de vue, ils citent Marx en argument d’autorité qui déclarait que "les ouvriers n’ont pas de patrie". Cette phrase, me semble-t-il, est juste ou non selon les circonstances : il fallait refuser en 1914 d’aller faire la guerre mais le pacifisme de 1940 est plus que discutable. Enfin, on voit bien les limites de la phrase de Marx si l’on pense à la vie d’un ouvrier en France, en Grèce ou au Venezuela. Il semble bien à travers ces exemples qu’on ne puisse absolument faire fi des réalités nationales. »

      Michel E. Le 31 mai 2014 à 19:53
    •  
    • @bardamu : Je trouve ça bizarre d’interpréter "solidarité internationale entre gauches locales" comme "nationalisme, voir le patriotisme". Ca me donne envie de citer ce que dit YVAN NAJIELS dans l’article "Un débat qui agite l’extrême gauche et la gauche dite radicale" (28 MAI 2014) sur son blog sur Mediapart :

      "Nombre d’amis du NPA (et j’imagine de LO) réfutent au nom de l’internationalisme la notion de nation. En justification de ce point de vue, ils citent Marx en argument d’autorité qui déclarait que "les ouvriers n’ont pas de patrie". Cette phrase, me semble-t-il, est juste ou non selon les circonstances : il fallait refuser en 1914 d’aller faire la guerre mais le pacifisme de 1940 est plus que discutable. Enfin, on voit bien les limites de la phrase de Marx si l’on pense à la vie d’un ouvrier en France, en Grèce ou au Venezuela. Il semble bien à travers ces exemples qu’on ne puisse absolument faire fi des réalités nationales."

      Michel E. Le 31 mai 2014 à 19:59
    •  
    • Michel.
      En effet, il me semble que j’ai mal interprété ce que vous vouliez dire.
      Bien sûr des différences existent, mais faut-il les penser en terme de nationales ? Ce que je veux dire, c’est que c’est un risque qui à terme peut faire oublier la globalité des problèmes.

      bardamu Le 1er juin 2014 à 15:03
  •  
  • Les résultats sont là...et dangereux.
    Que la démocratie participative soit la règle, que tout ne se passe pas en région parisienne et que les gauchos ’exclus’ des autres partis ne se transforment pas en petits, très petits chefs verbeux et suffisants.
    Je l’ai vécu à Amiens et je n’ai plus participé à leurs activités dites ’festives’...Jacky Hénin n’a pas été élu./

    Cette analyse devrait contribuer à la réflexion nationale.

    Chistian09 Le 30 mai 2014 à 10:46
  •  
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