Accueil > Politique | Par La rédaction | 15 septembre 2014

"L’occasion manquée" : rattrapage

Offert aux abonnés de Regards, le livre de Roger Martelli "L’Occasion manquée. Été 1984, quand le PCF se referme" s’est vendu à plusieurs centaines d’exemplaires lors de la Fête de L’Humanité. Nous rassemblons ici plusieurs échos de son ouvrage, dont un entretien filmé par Mediapart.

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Interview pour L’Humanité : "1984, l’été meurtrier des communistes français ?"

Interview pour le Journal du dimanche : "Le PCF ne peut plus avoir la place centrale qui a été la sienne au XXe siècle".

La chronique de Laurent Lévy : "Trente ans plus tard : 1984, la crise du Parti communiste français".

Article de Médiapart "Le PCF n’en a toujours pas fini avec le bolchevisme" et entretien vidéo ci-dessous.



Enfin, M. Martelli devra s’expliquer de l’affection que semble lui vouer la journaliste politique du Figaro Sophie de Ravinel :

L’occasion manquée. Été 1984 : quand le PCF se referme, Éditions Arcane 17, 12 euros.
En librairie et en vente dans la boutique en ligne de Regards.

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Vos réactions

  • Si Martelli veut parler de toutes les occasions manquées, avortées des différentes directions du PCF, il a du pain sur la planche : remake de " A la recherche du temps perdu " ?

    Le 16 septembre 2014 à 19:00
       
    • Pour reprendre le passage d’un livre de... Robert Hue, l’on ne peut se contenter d’évoquer les moments cruciaux de l’Histoire, qui se sont traduites par des rendez-vous manqués, des obstinations de Ligne datées, qui ont interdit de prendre la bonne "correspondance", ...par la seule « impression d’un formidable gâchis qu’aucun geste ne peut rattraper » !... (Communisme : La Mutation, page 115).

      ...Car on a là confondu deux choses : des « souffrances politiques individuelles », dites irréparables, ...et le caractère prétendument irrattrapable des erreurs politiques qui les ont occasionnées !...

      Mais, en matière de ce 2ème point, TOUT EST, AU CONTRAIRE, TOUJOURS RATTRAPABLE ! IL EST TOUJOURS POSSIBLE, à condition qu’on le veuille et quel que soit le temps écoulé, de RATTRAPER THEORIQUEMENT LE TEMPS PERDU, après que l’on se soit mis résolument à sa recherche !!!...

      Aubert Sikirdji Le 21 octobre 2014 à 10:23
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  • La contribution de Roger Martelli a pour but de montrer que "perseverare diabolicum" à l’intention de la direction communiste ACTUELLE. En 1984, le papa de Pierre était aux manettes pour la fermeture...Je sais bien que tel père n’est pas forcement tel fils mais le comportement de la direction du PCF de puis 2012 y ressemble étrangement, non ?

    Dominique FILIPPI Le 19 septembre 2014 à 17:16
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  • Si, comme l’a dit René Char, notre héritage n’est précédé d’aucun testament, nous sommes habilités à revisiter, et donc à réviser « le Passé ». Evidemment, les raisonneurs et les cyniques pourront nous dire que le passé c’est le passé, et que l’on ne pourra pas plus refaire l’Histoire que les rayures d’un zèbre !... Ou les impatients que rien ne sert de partir à la recherche du temps perdu.... Mais qui peut nous interdire de nous réinterroger utilement sur elle ? Qui peut même prétendre que l’on ne doit ni ne peut plus agir sur le passé, en tant que mémoire toujours active, plus ou moins vague ou précise, mais participant encore et toujours du présent ?
    Pour parler comme le Hamlet de Shakespeare, lors des moments tragiques de crises institutionnelles, qui peuvent se transformer en "trous noirs" de l’Histoire, le temps « sort de ses gonds », et toutes les réponses autoritaires n’y peuvent rien, au contraire. Contre toutes les passions tristes et répressives de « rationalité » du haut, c’est d’en bas que les pulsions exprimant un besoin de remise en ordre, de redéfinition et pour ainsi dire de « rejointement » de la vie commune se font sentir, qui appellent une autre chanson que de version officielle...
    Malheureusement, l’on assiste lors de ces moments cruciaux, sous couvert de généralisations abusives, à une surdétermination des enjeux, qui interdit à première vue la saisie à chaud de leur nouveauté et de leur originalité. C’est alors que toutes les puissances de refoulement se déchainent, qui ramènent violemment l’essentiel au rang de l’accidentel, ...en le réduisant à un épisode de manifestations d’une collection de comportements de dissidence regrettables, destinées à finir aux oubliettes, une fois qu’on les aura, autant que possible, neutralisés...
    La crise de confiance qui s’est déclarée en grand au PCF, à la suite des européennes d’avril 1984, et au terme du dit échec d’une stratégie d’union de la gauche au sommet, n’avait rien que de très logique. Elle n’a pas pu sur le moment être considérée par les tenants de l’appareil comme témoignant en réalité d’un besoin et d’une crise... de croissance. Il est à noter que c’est dans l’opinion publique elle-même qu’alors il se disait « ce Parti doit changer », et pas que pour de mauvaises raisons.
    La logique même du Parti de masse, y compris à prendre au mot la nécessité de réaliser un « rassemblement populaire majoritaire » d’un nouveau type, appelait des évolutions qualitatives, pour ne pas dire une révolution culturelle...
    Oui, de la part de « la direction de la direction », taxer de « complot » une crise qui n’était en réalité rien d’autre... qu’une crise, et une crise légitime, fut bien l’expression d’un « nouveau retard », dramatique... Au nom même de quel « bolchévisme » aurait-on pu d’ailleurs décréter que les remises en cause historiques, c’était terminé ? Au-delà de tout esprit de discipline, la capacité autocritique permanente, liée au perpétuel inconfort de l’inattendu, n’avait-elle pas été posée jadis par Lénine comme condition de l’existence d’une organisation révolutionnaire ?... Les besoins évidents de démocratisation du PCF n’auraient pas dû être évacués, sous le prétexte et le chantage récurrent de « la nécessité d’un PCF », comme si celui-ci avait pu prétendre être devenu un objet achevé !...
    Les années qui ont suivi ont d’ailleurs montré que ce n’était pas le cas... qui vit revenir, dans l’après-coup, l’idée d’un « travailler ensemble », viable... Mais l’idée de respect mutuel fut marqué d’ambiguïté. Car étrangement fondé sur ...rien de politique !... Qui, à ce propos, se souvient, demande Robert Hue dans son dernier livre, de l’acte solennel que s’est voulu le rapport de Francette Lazard au conseil national de novembre 98 ? Sans doute la « prudence » dont ce rapport a joué a-t-elle annulé sa volonté spectaculaire. (Voir ici : http://les-verites-du-matin.fr/?p=1300 )
    ...Car on y a procédé en réalité à un réaménagement, à une reconduction de la Censure, pour la rendre présentable... Ainsi, pour commencer, l’histoire récente a-t-elle été décrétée trop fraiche et passionnelle pour être réexaminée !... ( Nous sommes aujourd’hui 16 ans plus tard, rien n’est toujours fait !)
    En même temps, sous couvert d’un propos « équilibrée », la décision notoire de ce rapport ...d’effacement des exclusions et mises à l’écart passées ne fut pas sans condition. A savoir d’une part, la condition de ne pas avoir excédé certaines limites de déloyauté envers Le Parti (suivez mon regard... Il y avait eu entre temps la candidature Juquin aux Présidentielles),... à quoi s’ajoutait celle d’un engagement des candidats à la réintégration de ne pas se livrer à quelque « procès en retour » que ce soit !... ... « L’équilibre » consistant à marcher sur deux jambes, le respect dû à chacun(e), et ... le « respect dû au Parti » !...
    De fait, l’admission de l’idée de respect dû à l’« individu » n’a servi que de pirouette idéologique : car à diffuser en chacune et chacun les responsabilités de la mutation culturelle souhaitée, tour de passe-passe pour dédouaner la responsabilité historique d’instance dirigeante !... En ce sens, la compréhension humanitaire des « souffrances » passées de camarades maltraités, dites « irréparables », a pu servir à ...éluder la nécessité de nouvelles réhabilitations, autrement dit de réparations proprement politiques, qui ne pouvait concerner qu’un passé stalinien en principe révolu !...
    Je considère que cette réponse d’esquive ne peut rester, pour ainsi dire, « conservée dans le formel », et confinée dans les replis moisis de l’Histoire supposée « finie » du 20ème siècle. Le principe d’un « souhait » que des camarades reviennent après avoir coupé le cordon avec « la Matrice », comme si « on leur avait « pardonné... le Mal qu’on leur a fait », ne peut perpétuellement servir de technique d’alibi à ce qu’un parti ne soit lui-même parti... que pour ne jamais revenir sur des positions déjà actées !... ( Rappelons d’ailleurs que cet alibi de l’affectivité a une fois de plus servi, par exemple après les départs de « refondateurs », qui ont succédé à la candidature Buffet aux Présidentielles... C’est toujours pareil, comme... pour la chèvre de Monsieur Seguin : « - Reviens camarade », criait la trompe !... « On t’aime toujours... »)
    En la matière et en l’occurence, si l’on voulait complètement en finir avec les égarements avant-gardistes, l’on ne se serait pas seulement contenté de renoncer à une attitude idéaliste et irréaliste de préempteurs, pour ne pas dire de « pré-dateurs » d’une marche, utopique et prédécoupée en étapes successives, de l’Histoire en direction du Paradis sur Terre, l’on aurait compris qu’il fallait aussi en finir, en regard du passé, ...avec la mémoire courte, c’est-à-dire avec la possibilité de se constituer en Parti... vouant toute « périodes antérieure »... à la forclusion, et donc avec le luxe de « n’avoir jamais tort, faute d’avoir toujours raison »... (Cf. Pierre Laurent à la fête de l’Huma 2011 : « Le passé est à sa place, est c’est l’avenir que je regarde. »)
    Le problème de toute organisation révolutionnaire, c’est qu’elle mobilise comme nulle autre l’espérance et donc l’affectivité. En fonction de quoi, s’agissant des « individus », il en va à la fois de la morale et de l’efficacité, pour ne pas dire de la science de l’Histoire, d’affirmer qu’il peuvent avoir (eu) raison avant les autres : avoir eu raison, ne serait-ce qu’en un sens, contre et malgré le groupe !...
    J’en conclue qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Même datant de trente ans en arrière, la thèse mutilante du complot n’a pas à être sanctuarisée. Elle a naguère signé la débandade du PCF. Et « il n’y a pas à tortiller du derrière pour skier droit » : c’est elle, au-delà des mises à l’écart et des souffrances individuelles qu’elle a occasionnée, qu’il aurait fallu pour commencer avoir le courage intellectuel d’effacer, afin de donner un signe fort d’une volonté de reconstituer « la force communiste », et ce ne serait toujours pas inutile de se décider à le faire, de la part d’une Direction qui prétend incarner et manifester un « communisme de nouvelle génération » !...

    Aubert Sikirdji Le 2 octobre 2014 à 19:13
       
    • Je crains fort qu’il soit réaliste d’attendre du fils à son papa qui avait envoyé dans les Landes en 1984 -où j’étais venant de la région parisienne un illustre inconnu mais qui avait eu le mauvais goût de demander une révolution culturelle dans le PCF dans un texte argumenté -deux gardiens de la Vraie Foi pour me remettre dans le droit chemin...

      Dominique FILIPPI Le 11 octobre 2014 à 17:44
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  • ...« Révolution culturelle » ?

    1/- ...Déjà, « La Révolution », c’est quoi ?...

    Zazie (chanson « je suis un homme »)
    « Je fais l’amour et la révolution
    Je fais le tour de la question
    J’avance, avance à reculons
    Et je tourne en rond, je tourne en rond. »

    De son côté, ... Jacques Lacan a insisté sur le sens (étymologique) de Révolution : ...qui suppose ...un retour... au point de départ !!!...

    Qu’est-ce donc qu’on appelle « la Roue de l’Histoire » ? L’idée de Justice Sociale peut s’accompagner de l’idée qu’il arrive qu’entre les méchants et les gentils, comme on dit : « la roue tourne »... Car il n’est pas écrit sur du marbre que ce soit toujours les mêmes qui fassent la loi !... Alors ? Cercle vicieux, éternel retour, une Histoire du Monde qui se mord la queue ?... Ou progrès « véritable », progression possible vers un mieux, ou du moins un moins pire ?...

    L’image de la Roue de l’Histoire est intéressante, qui, à première vue, laisse supposer un processus irréversible, accompagné d’un cliquetis sanglant... Il existe aussi l’image de Chronos, comme de « La Révolution », qui est capable et coupable de dévorer ses propres enfants... D’où, à propos de matérialisme historique, une transformation amusée du proverbe d’Engels, que j’ai produite : « la preuve du pouding, c’est qu’il se mange », ...en : ...« la preuve de l’Histoire », c’est qu’elle se mange... Avec l’idée que « manger », dans le langage argotique, peut vouloir dire oublier...

    Car il advient, en effet, que l’Histoire, régulièrement, « mange la commission de ses propres crimes »... Qu’une fois commis, elle les nie, ...et ce, sans aucune « repentance », à la clef : cela s’appelle le négationnisme...

    2/- ...Soit dit en passant... :

    ...A total contre-courant de ce processus, mon héroïque grand-père spirituel, Lucien Bonnafé, se voulait un chercheur de vérité(s) historique(s)... :

    ...et par conséquent, comme il le disait, un « explorateur des oubliettes » !!!... Son œuvre est pleine de citations et de témoignages rétrospectifs instructifs, qui constituent des points d’appui pour la réflexion... Car il est un fait qu’un peuple ne se constitue jamais comme peuple sans se re-constituer, et donc sans un travail sur lui-même, un travail de mémoire !... Le philosophe marxien Henri Lefèbvre, qu’il appelait « son ami et maître », parlait lui d’un travail « régressif-progressif », dit : « de récurrence »... ( L’on trouve aussi bien cet idée de travail « régressif-progressif »... chez Jean-Paul Sartre...)

    3/- ...« Normalement », c’est-à-dire « officiellement », les communistes français ont politiquement et mentalement rompu avec l’idée d’irréversibilité, qui accompagnait le funeste « Avant-Gardisme »... : ce fut l’originalité de l’ère Marchais. On y parla d’acceptation de ... « L’ALTERNANCE » !!!... Il y avait toujours une latitude, pour un peuple, d’un « billet retour », par rapport aux avancées, aux « étapes » franchies : c’était SA liberté de choix de société, pleine et entière, qui s’y jouait !...

    Mais... il se trouve que, désormais, nous sommes en totale crise, précisément, de cette idée d’Alternance, qui a réduit la question de L’ALTERNATIVE ...en l’enfermant dans l’électoralisme, et donc... à un cercle vicieux !!!!... C’est là que se trouve « l’incurie communiste », dont nous avons déjà parlé...

    Aubert Sikirdji Le 12 octobre 2014 à 12:30
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