Accueil > Monde | Bloc-note par Jean-Baptiste Mouttet | 10 janvier 2013

Le Venezuela navigue à vue sans Hugo Chavez

L’absence du président vénézuelien à sa prestation de serment aggrave le conflit entre les socialistes et l’opposition. Avec l’ombre portée de Chavez, soutenu par ses pairs.

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Le pays de la Révolution bolivarienne est plongé dans une crise constitutionnelle. Le président socialiste Hugo Chavez, parti se faire opérer une quatrième fois de son cancer à la Havane et absent du territoire depuis un mois, ne sera pas présent ce 10 janvier pour prêter serment devant l’Assemblée nationale comme il est inscrit dans la Constitution. C’est ce qu’a déclaré le président de l’institution, Diosdado Cabello en lisant une lettre du vice-président Nicolas Maduro devant les députés mardi : Hugo Chavez « a demandé d’annoncer que, sur recommandation de son équipe médicale (…), le processus de récupération post-opératoire devra se prolonger au-delà du 10 janvier, motif pour lequel il ne pourra se présenter à cette date devant l’Assemblée nationale. » Selon le gouvernement le président socialiste souffre d’une «  insuffisance respiratoire » consécutive à une « grave infection pulmonaire » et se trouverait dans une « situation stable ».

Pour le vice-président, Nicolas Maduro, le président socialiste pourra prêter serment à une date « ultérieure » devant le Tribunal Suprême de Justice. Il se base ainsi sur l’article l’article 231 qui ne spécifie pas de date. Hugo Chavez, réélu avec 55,07% des suffrages, continue donc d’être le président en exercice. La Constitution, floue sur le sujet et d’autant plus concernant un président réélu, est ouverte à toute les interprétations [1].

Pour Henrique Capriles, candidat malheureux contre Hugo Chavez le 7 octobre : « Le 10 janvier marque la fin d’un mandat présidentiel et le début d’un autre » et de poursuivre « Si le président ne prête pas serment, il cesse d’être président ».

Le Tribunal Suprême de Justice (TSJ) a confirmé les dispositions du gouvernement. Le TSJ, pointé du doigt comme étant proche du pouvoir par l’opposition, a déclaré que le vice-président et le gouvernement resteront en fonction.

Ce 10 janvier devrait finalement être une démonstration de force socialiste. Ils ont appelé à manifester devant le palais présidentiel de Miraflores à Caracas. Le président bolivien, Evo Morales, tout comme le président uruguayen Jose Mujica seront présents. Paradoxalement, la maladie de Hugo Chavez a soulevé un vent d’empathie pour le président convalescent. L’opposition est affaiblie après avoir de nouveau perdu les élections régionales du 16 décembre (20 des 23 gouverneurs élus sont favorables à la constitution). Dans ce contexte, il est difficile pour elle de faire entendre sa voix. Le même problème se pose dans les rangs gouvernementaux. Convoquer des élections anticipées pourraient être perçues comme une trahison envers Hugo Chavez.

Notes

[1Lire la constitution, en français, ici 

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