Accueil > Culture | Par Marion Rousset | 28 janvier 2013

Les mésaventures du cinéma le Méliès : le passage à 6 salles dans le collimateur ?

En grève depuis le 19 janvier, l’équipe du cinéma municipal le Méliès, à Montreuil, réagit aux accusations de la Ville qui a déposé une plainte pour « détournement de fonds publics ». Ce conflit intervient dans un contexte particulier : le projet d’extension de cette salle art et essai qui doit passer de trois à six écrans d’ici un an.

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« Détournement de fonds publics », « caisse noire »... Stéphane Goudet, le directeur artistique du Méliès, et deux agents, ont été suspendus de leurs fonctions le temps de l’enquête. En cause : la « découverte » par la directrice administrative recrutée par la Ville d’une double billetterie. Un système connu depuis longtemps, selon les soutiens du Méliès, qui tient à l’existence de films non commerciaux nécessitant une comptabilité spécifique : documentaires, films de collectionneurs, soirées organisées par des associations, festivals, œuvres n’ayant pas reçu de visa d’exploitation du CNC... Cette affaire est le énième rebondissement d’un conflit qui empoisonne la vie cinéphile de cette ville du 93.

Au commencement, était le projet de passer de trois à six écrans. Un changement d’échelle qui ne devait pas modifier profondément la nature de cette salle art et essai. Mais il est vrai que ce chantier, défendu par Jean-Pierre Brard, était déjà dans les tuyaux lorsque la maire a été élue en 2008. A l’époque, UGC et MK2 avaient tenté de s’opposer à l’extension du cinéma municipal, pointant une « concurrence déloyale ». Une plainte à laquelle il est facile de répondre : si le cinéma subventionné n’est pas installé dans une zone de carence, il suffit de montrer que l’offre et l’activité ne sont pas réductibles à celles du multiplexe situé à proximité. La subvention apparaît alors comme une compensation. C’est le cas du Méliès qui diffuse bien plus de films « art et essai » que son concurrent de Rosny-sous-Bois, propose des animations jeune public et organise des débats. Seulement voilà, la maire a récemment jugé « sa programmation élitiste, je n’ose pas dire bobos montreuillois » (Le Monde, juin 2012)... Une attaque injuste qui, au regard de l’histoire, peut faire craindre le pire. La spécificité de cette programmation est le seul argument qui permet de réfuter toute accusation de concurrence déloyale envers les deux géants du cinéma !

Pour en savoir plus, lire l’article sur la plainte de MK2 et UGC contre le cinéma municipal, publié en 2007 sur le site de Regards.

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