Accueil > Economie | Par Bernard Marx | 9 avril 2014

Les syndicats européens à la recherche d’une "nouvelle voie pour l’Europe"

50.000 syndicalistes venus des quatre coins de l’Europe ont manifesté le 4 avril à Bruxelles à l’appel de la Confédération européenne des syndicats. Ils n’ont pas seulement protesté contre l’austérité. Ils ont aussi réclamé de nouvelles orientations économiques.

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La contribution du mouvement syndical européen à la définition d’un « changement de cap » et « d’une autre Europe » doit retenir l’attention. D’autant que la CES articule explicitement cette campagne aux futures élections pour le renouvellement du Parlement européen de mai prochain.

Relancer pour une croissance durable

À quoi devrait, selon elle, ressembler cette nouvelle voie ? Outre un manifeste général « pour une Europe sociale, une Europe du plein emploi, soucieuse de ses générations futures », la CES cible principalement un plan de relance économique et social pour une croissance durable et des emplois de qualité. Elle réclame principalement un plan d’investissement à hauteur de 2 % du PIB européen par an sur dix ans. Ce devrait être, selon elle, un projet paneuropéen et pas simplement la somme de différents programmes d’investissement nationaux.

Les domaines prioritaires devraient être la transition énergétique, les réseaux et infrastructures de transport, la promotion d’une gestion durable de l’eau, le développement des réseaux à large bande, l’éducation et la formation, le soutien aux PME – « à condition qu’elles appliquent les règles légales et fixées par convention collective ». Mais aussi, la consolidation des services publics (rénovation urbaine, santé et protection sociale) ; les logements sociaux, les Infrastructures et les logements adaptés pour personnes âgées. Dans de nombreux domaines, (on pense à l’énergie, aux transports, à l’éducation et à la formation) des projets d’investissement à l’échelle européenne devraient être développés conjointement avec les projets d’investissement nationaux. Quant au financement, il devrait reposer sur la création d’un fonds spécifique, en plus de la mobilisation de ressources de la Banque européenne d’investissement et d’une contribution des États non comprise dans le calcul des déficits publics.

Arrêter la course à la compétitivité

La proposition de la CES peut être rapprochée d’autres préconisations de plans de relance européens des investissements comme celui de "L’independent annual growth survey" élaboré par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), l’IMK (Macroeconomic Policy Institute), et l’ECLM (Economic Council of the Labour Movement). Dans ce plan, les investissements concernés devraient viser l’objectif de réduction des émissions de CO2 et la transition écologique, comme par exemple la rénovation thermique pour le logement, l’investissement accéléré dans les énergies renouvelables et l’intégration des réseaux électriques.

Mais, il faut le souligner, les plans de relance européens ne marcheront pas si la course à la compétitivité par la baisse des coûts salariaux, des dépenses publiques et autres ajustements structurels continue de s’imposer au plan national dans le cadre de la coordination des politiques économiques. À quoi servirait un plan de relance européen des investissements construit sur d’autres objectifs que la seule rentabilité financière, si au plan national prédomine la baisse des coûts salariaux pour reconstituer les marges des entreprises, dans l’attente illusoire qu’elles relancent les investissements et les emplois ?

Définir de nouveaux objectifs

C’est pourquoi d’autres ruptures sont indispensables. La coordination des politiques économiques des pays membres doit être profondément modifiée. Elle devrait avoir pour objectif explicite le plein-emploi et la résorption des déséquilibres de la zone, des excédents comme des déficits. La Banque centrale européenne devrait agir en cohérence avec une telle coordination et garantir les dettes publiques pour qu’elles redeviennent des actifs sans risques.

Il reste que les propositions de la CES constituent des contributions utiles à la recherche d’un changement de cap de l’Europe et pour retrouver la confiance largement perdue des peuples dans l’Europe.

Mais gare à l’instrumentalisation, quand on voit côte à côte sur la une site de la CES, d’une part l’appel de celle-ci à voter pour l’Europe sociale aux élections européennes du mois de mai, et d’autre part un appel conjoint de la présidente de la CES, Bernadette Ségol, et de Martin Shulz, « les élections européennes sont l’occasion de redonner espoir aux citoyens européens ». Certes, Martin Shulz est présenté comme le président du Parlement européen. Mais il est surtout le chef de file désigné des socialistes européens pour ces élections. Un rapprochement pour le moins politicien. Si « la voie nouvelle de l’Europe » est du type discours du Bourget... On a déjà donné !

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  • Je dois vous le dire, je ne crois pas que cette europe sera sociale un jour.
    Je ne me sens pas européen, chacun doit pouvoir vivre selon son désir sans imposer une politique d’austérité à l’autre.
    L’allemagne impose sa politique.
    Alors je me sens proche du mouvement du M’PEP allez voir son site ! et réfléchissez !.

    morel Le 9 avril 2014 à 17:07
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