Accueil > Monde | Par Emmanuel Riondé | 4 février 2013

Liberté pour le Tocard !

Le journaliste français Nadir Dendoune est détenu depuis 13 jours dans une prison irakienne. Il devrait passer devant le juge d’instruction demain mardi. Sa libération est espérée rapidement.

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Il nous tarde deux choses : la première, urgente, d’apprendre que Nadir Dendoune est libre et en parfaite santé ; la seconde, de lire le petit reportage « embedded en taule en Irak » qu’il ne manquera pas de nous livrer quand il sera dehors.
Le 23 janvier, Nadir Dendoune, 40 ans, a été arrêté dans la capitale irakienne alors qu’il s’y trouvait en reportage pour deux mensuels de la presse française : Le Courrier de l’Atlas et Le Monde diplomatique. Ce dernier titre lui avait remis une lettre de mission et Nadir était titulaire d’un visa journaliste. Cela n’a donc pas suffit. D’après une « source judiciaire » citée aujourd’hui par le Nouvel Observateur, « lors de son arrestation, le journaliste français était en possession d’un appareil photo avec lequel il avait pris des clichés du quartier général des services de renseignement irakiens, ainsi que de barrages de la police et de l’armée ». Il se rendait vers le site d’une usine de traitement des eaux où il avait été bouclier humain en 2003 pour protester contre l’intervention étrangère en Irak.

Nadir Dendoune, c’est ce natif de Saint-Denis possédant des passeports français, algérien et australien qui, en 2008, est monté au sommet de l’Everest et y a planté un drapeau rendant hommage au 9-3. C’est ce journaliste qui, invité en septembre au Grand journal de Canal +, s’y est pointé avec sous son blouson un t-shirt estampillé Palestine. Autour du plateau, ça a un peu paniqué : un jeune, arabe, barbu, de la banlieue, avec un t-shirt évoquant l’existence d’autres arabes, c’était trop d’émotion d’un coup pour la bande à Denisot. Le cadreur a fait le boulot pour pas que le Crif s’étouffe. Mais, après, Nadir a tout cafté. Et c’est donc ce type qui revient en Irak 10 ans après son premier passage, et ce en partie pour honorer une promesse faite à ses amis irakiens.
Ceux qui l’ont déjà croisé savent que Nadir Dendoune est tout sauf le Tocard qu’il prétend être sur son profil Facebook. Plutôt un journaliste qui va sur le terrain, raconte ce qu’il y a vu, souvent avec sensibilité et humour, s’engage et assume. D’après les dernières informations, il pourrait passer demain mardi devant un juge d’instruction.

« Pendant une heure, je déambulai dans les rues, adoptant la même démarche que les Irakiens, essayant d’être au maximum à l’aise. Me fondre dans la masse. Devenir invisible. (...). A part un sourire échangé avec une belle Irakienne, je n’eus de contact avec personne. Je n’avais jamais autant vu d’uniformes au m2 de ma vie. Les militaires et la police étaient partout. C’était anxiogène toutes ces armes. C’est sûr, ils n’étaient pas là par hasard… », c’est la chute de sa dernière chronique publiée sur le site du Courrier de l’Atlas. En six lignes, il devient invisible, accroche le sourire d’une belle irakienne et voit des militaires partout. Le journalisme comme on l’aime. Rendez-nous le tocard.

Vendredi, dans un communiqué de presse, l’intersyndicale SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, membres de la Fédération internationale des journalistes a dénoncé une « grave atteinte à la liberté d’information » et exigé la « libération immédiate » de Nadir Dendoune.

Une pétition tourne...

... et un Comité de soutien s’est créé sur Facebook.

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