Accueil > Culture | Par Jérôme Latta | 22 avril 2014

"Mais ils sont où, les sous ?"

Alors que le gouvernement "gèle" les prestations sociales et part à la chasse aux économies sur les dépenses publiques avec son plan à 50 milliards, une réponse à cette question semble trop évidente pour être envisagée. Une BD nous la remet sous les yeux.

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Où trouver l’argent pour réduire la dette, la dépense et les déficits publics ? Sans même poser la légitimité de cette question, les réponses qui lui sont apportées devraient – au-delà de leur apparente évidence, du moins telles qu’elles nous sont présentées – susciter quelque révolte. Surtout au moment où le gouvernement vient de présenter son plan d’économie de 50 milliards d’euros, consistant pour une large part à tailler dans les dépenses sociales au travers d’un "gel" qui constitue une glaciation (la reprise elle-même va être prise dans les glaces – lire "On ne peut pas avoir de bons résultats avec une mauvaise politique").

Il a différentes manières, souvent arides, généralement déprimantes, de décrire la vaste entourloupe qui légitime des politiques économiques dont l’inanité et l’injustice sont pourtant toujours plus patentes. Paru il y a quelques mois, Riche – pourquoi pas toi ?, donne tout son sens à l’adage désignant l’humour comme la politesse du désespoir. Née de la collaboration entre les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot et la dessinatrice Marion Montaigne (qui s’est notamment signalée par son excellent blog sur la science, "Tu mourras moins bête"), cette bande dessinée invite à explorer le monde très largement inconnu, et pour cause, des riches et des ultra-riches en imaginant un gagnant du loto soucieux d’apprendre à l’être.

Si elle aborde la question des classes dominantes sous un angle essentiellement sociologique, la BD investit aussi, logiquement, la dimension économique de cette domination, battant par exemple en brèche la théorie du ruissèlement ou l’idée que les riches sont utiles à l’économie. Rappelant aussi que la crise, bien loin de l’idée qu’elle leur nuit, les enrichit encore plus. Une page, en particulier, trouve une résonance spéciale ces jours-ci. Nous la reproduisons ici avec l’aimable autorisation des éditions Dargaud. Parce qu’un dessin vaut mieux, etc.

[cliquez sur l’image pour l’agrandir]

Riche – pourquoi pas toi ? Marion Montaigne, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Dargaud 2013, 17,95 euros.

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