Accueil > Monde | Par Christelle Gérand | 20 février 2013

Obama, ce « Républicain modéré »

Face à des Républicains de plus en plus extrémistes, le président passe pour un progressiste. Mais son second mandat s’annonce comme le premier : pour le moins conservateur.

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« Si j’avais mené la même politique dans les années 1980, on me qualifierait de Républicain modéré », admettait Obama lui-même lors d’une interview avec Noticias Univision en décembre dernier. Et pourtant, son discours sur l’Etat de l’Union du 12 février sonnait « progressiste ». « Non pas parce que le président ou le Parti Démocrate a changé, mais parce que le Parti Républicain est bien plus à droite que la norme », analysait Kenneth Baer, son ancien directeur de communication. Au lendemain du discours, la presse saluait pourtant le ton combattif du président réélu, et se prenait à espérer qu’Obama, débarrassé des considérations électorales, était prêt à affronter le Parti Républicain sur les questions de fiscalité, d’armement et d’immigration.

Son début de deuxième mandat ne se distingue pourtant pas des quatre premières années qu’il a passées à la Maison Blanche. Obama vient ainsi de valider la quasi-intégralité des exemptions fiscales de l’ère Bush. Il est même allé jusqu’à proposer de réduire les dépenses domestiques de 24 milliards de dollars dans son budget 2013. Les fonds pour l’énergie propre et ceux destinés au traitement de l’eau potable, l’assistance aux régions côtières (qui en auraient pourtant bien eu besoin après les dégâts causés par l’ouragan Sandy), sont coupés à la machette. Les fonds alloués à la Sécurité Sociale et à Medicare vont également être réduits, mais le président passe pour le « sauveur » de ces programmes, face aux demandes encore plus drastiques des Républicains.

La nomination de John Brennan à la tête de la CIA ne laisse pas présager de changement de cap en matière de Défense non plus. L’ancien chef du contre-terrorisme du président est également connu pour avoir soutenu la torture sous Bush, et pour être un partisan des attaques ciblées de drones. La différence notable de ce début de second mandat concerne plutôt la détermination d’Obama pour réguler la vente d’armes. Il y a deux ans, alors qu’un homme avait ouvert le feu sur la députée de l’Arizona Gabrielle Giffords un mois seulement avant le discours sur l’Etat de l’Union, Obama n’en avait pas touché un mot. Cette année, deux mois après la fusillade de Newton qui a coûté la vie à 28 personnes, il s’est prononcé pour une interdiction des armes automatiques, qui permettent ce genre de carnage. Le président ne propose pas d’interdire la vente d’armes, ou de retirer les armes déjà en circulation, comme le craignaient certains fervents partisans du Second Amendement. Sa prise de position anti-armes automatique a été très remarquée, mais la majorité des Américains, dont les membres de la NRA, sont favorables à cette réglementation qui pour beaucoup de progressistes manque d’ambition.

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