Accueil > Economie | Entretien par Nicolas Kssis | 14 février 2013

Rencontre avec Kash Leone, rappeur et ouvrier chez PSA

Regards a rencontré le rappeur Kash Leone, ouvrier chez PSA et auteur du titre Ça peut plus durer, chant de lutte contre la fermeture de l’usine. Son clip fait un buzz auquel il ne s’attendait pas.

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Alors que plus que jamais l’avenir de l’usine PSA à Aulnay semble s’écrire en pointillés, c’est par un biais inhabituel que l’on en parle en ce moment sur les réseaux sociaux. Le rappeur Kash Leone, également ouvrier chez PSA, a en effet mis en ligne un clip et un morceau qui livre sa vision radicale et abrasive d’un conflit devenu emblématique d’une lutte des classes pas si obsolète que cela en France. Loin du clash entre Booba et La Fouine pour savoir qui représente le mieux la « street » et possède le pire casier judiciaire, Ça peut plus durer assène, avec ses images de manifestations, ses paroles d’ouvriers et d’ouvrières, ses visages de salariés en colère, une triste vérité sur la casse sociale à l’œuvre dans le pays. Et sans aucune pub ni buzz quelconque, cette autoprod a dépassé en deux semaines les 80 000 vues. Même la CGT applaudit des deux mains. Pas mal pour de l’underground que l’on attendait pas sur un tel terrain. Bref le hip-hop en direct de la chaine de production, ou, paraphrasant les prédécesseurs Assassin, Notre patron a plus de vices que le dealer de nos rues.


Regards.fr. Peux-tu nous expliquer ce qui t’a amené à produire ce morceau ?

Kash Leone. Mon vécu tout simplement. Je ne suis pas un ouvrier rappeur, mais je suis ouvrier et rappeur. Et comme j’écris et je parle de ce que je vis, de ce que je vois, de ce que mes proches et les gens autour de moi peuvent endurer, je ne pouvais évidemment pas rester silencieux devant ce qui se passe à PSA, devant les mensonges du patron. Je suis dans la boîte depuis douze ans et ce sont les collègues qui m’ont d’abord demandé de mettre des mots sur leur souffrance. Au départ, mon intention était juste de raconter ce qui se passait du point de vue de ceux qui en subissaient les conséquences. Je n’étais pas syndiqué. Juste révolté. Et j’ai utilisé mon rap pour balancer ce que moi et mes collègues vivons depuis des mois à Aulnay.

Tu as été surpris de l’écho que ton titre a rencontré ?

Oui. Je ne m’attendais pas à cela. Je suis dans le rap depuis un bout de temps, que ce soit en duo avec Tango & Kash ou en solo, et je suis heureux que ce type de lyrics atteigne le plus de gens possible. Je me réclame d’un rap conscient. J’apprécie des gens comme Youssoupha, la Scred Connexion, les anciens comme Fabe ou NTM. Je ne suis pas un gangster, donc je m’imagine mal faire du gangsta. Je pense que si le morceau marche, c’est peut-être parce que personne jusqu’à présent n’avait évoqué ce genre de conflit social dans un morceau. Cela correspond sûrement à un besoin.

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