Accueil > Monde | Par Catherine Tricot | 11 février 2013

Surprenant Benoît XVI

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Elu dans la foulée du long règne de Jean-Paul II pour parachever une révolution conservatrice dans l’Église, le pape Benoît XVI fait une étonnante sortie.
En renonçant à son mandat pontifical, le garant de la théologie circonscrit la décision du tout puissant. Pour prendre la mesure d’un tel geste il faut se souvenir qu’aucun pape depuis le Moyen-Âge n’a jamais renoncé. Une fois seulement, au XVe siècle, un pape élu a refusé d’exercer le mandat décidé par des cardinaux inspirés par les voies divines. En refusant de mourir en poste, Benoît XVI rompt avec la doxa que Karol Wojtyla, son prédécesseur, avait appliqué quitte à exposer son agonie en mondovision. Pour Jean-Paul II, il était impensable d’échapper à une destinée qui n’appartient qu’à Dieu, seul à donner et reprendre la vie. Comme Il est l’inspirateur du choix des cardinaux.

C’est avec cela que Benoît XVI rompt. Un sommet du symbole. Parfois des gestes symboliques peuvent faire évoluer en profondeur des cultures. Celui-ci travaillera très certainement les imaginaires chrétiens : l’homme reste libre de vivre et mourir, et même de renoncer à être pape. Un acte d’une étonnante modernité pour cet intellectuel promu au poste pour revisser les boulons d’une Église en plein doute sur elle-même et sur son message.

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