Accueil > Politique | Par Laurent Lévy | 11 septembre 2014

Trente ans plus tard : 1984, la crise du Parti communiste français

Roger Martelli publie L’Occasion manquée – Eté 1984, quand le PCF se referme, sur un épisode crucial de l’histoire de la gauche en général – et du Parti communiste en particulier. Laurent Lévy le commente au travers de sa propre lecture des événements.

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On dira que chacun voit midi à sa porte ; et que si ce livre me semble si passionnant, c’est peut-être parce que l’époque dont il parle est précisément celle où j’ai quitté le PCF. C’est celle aussi où l’auteur, avec d’autres, s’est lancé dans la dissidence du courant que l’on a d’abord appelé les "rénovateurs", puis les "reconstructeurs", puis enfin les "refondateurs", la plus longue et sans doute la plus importante des dissidences internes qu’ait connu ce parti. Et peut-être que si je ne m’étais pas trouvé, en province, à l’écart de ce mouvement, je l’aurais rejoint. Mais je crois qu’il y a, bien au-delà de simples considérations biographiques, un grand intérêt à se retourner sur cette période cruciale. Et si Roger Martelli annonce dans son introduction que l’histoire ne livre pas de leçons, il administre par son ouvrage la preuve que ce n’est pas si vrai que ça.

Historien, Roger Martelli nous plonge dans les archives du Parti communiste – désormais ouvertes et publiques – et annexe à son travail plusieurs documents, dont certains inédits. Militant, il nous fait partager ses réflexions, celles de cette époque, qui sont celle d’un acteur de la période (il était alors un jeune membre du Comité central du PCF), et celles d’aujourd’hui qui sont celles d’un homme qui n’a pas renoncé, en rompant avec le PCF, à la perspective émancipatrice du communisme. Ce livre comporte ainsi dans ses annexes le témoignage vécu de l’auteur.

En creux, une actualité brûlante

Je ne reprocherai pas à Roger Martelli les choix qu’il a effectués dans la conception de ce livre. C’est toujours trop facile de dire « ceci n’est pas le livre que j’aurais aimé lire ». L’auteur est seul maître de ce dont il veut parler. Je n’en regrette pas moins que la période couverte soit si brève, dans la mesure où les piétinements stratégiques du PCF au cours de cette période (celle, en gros, du "tournant de la rigueur") ne me semblent compréhensibles que si l’on remonte (au moins) à la rupture de l’union de la gauche à l’automne 1977 (date à partir de laquelle le PCF n’a plus jamais été capable, jusqu’à ce jour, d’une quelconque élaboration stratégique).

Je regrette aussi la focale (presque) strictement limitée aux questions de direction, aux débats qui ont agité la direction du PCF, sans l’élargir aux questions qui traversaient l’ensemble de la société ou même le mouvement syndical. Mais ces questions ne sont pas absentes des débats de direction. Au demeurant, comme Roger Martelli l’écrit lui-même dans son introduction, l’histoire du PCF (en ce incluse l’histoire de cette époque) reste à faire, et son propos, s’il y contribue d’une manière indiscutablement utile, n’est pas pour autant de combler cette lacune. Ces regrets n’enlèvent donc rien à l’intérêt de l’ouvrage. Un ouvrage d’autant plus passionnant aujourd’hui que l’on y retrouve en creux certaines questions qui demeurent d’une actualité brûlante dans toute réflexion stratégique sur la recherche d’une alternative.

Le déroulement et l’état de la réflexion interne à la direction du PCF est donc décrit dans une première partie du livre. Une seconde est constituée de réflexions d’ordre général sur la place du communisme dans la vie politique française et sur ses destinées. Roger Martelli y reprend inlassablement une question à laquelle il a déjà consacré de nombreuses pages – et quelques livres. Une saine obsession à comprendre, à analyser, et à critiquer au sens le plus général de ce mot ce qui se joue dans l’histoire du communisme politique. Les annexes proposées viennent éclairer l’ensemble du propos : témoignage, extraits de résolutions du bureau politique du PCF, d’interventions dans les débats du comité central, de réflexions publiées alors dans la presse du PCF.

Le titre du livre, L’Occasion manquée, ne doit pas trop être pris au pied de la lettre : l’article défini n’est pas là pour cacher que, dans son histoire séculaire, le PCF a « manqué » d’autres « occasions » de se renouveler. Roger Martelli les évoque brièvement, mais avec insistance, depuis le « retard de 1956 », formule dont il est à l’origine et qui lui avait valu l’attention de la direction, et jusqu’à son accession au Comité central, jusqu’aux divers moments où, devant une bifurcation possible, la direction du PCF avait marqué le pas.

De l’union populaire à l’échec du programme commun

Sans prétendre se substituer aux nécessaires travaux historiques à venir, rappelons quelques données sur la période qui précède. En 1984, il y a déjà sept ans que la direction du PCF navigue à vue. Cela n’a pas cessé depuis. Sa dernière élaboration stratégique date de 1968, avec le Manifeste de Champigny, aboutissement d’une démarche initiée dès 1962, et qui trouve ses premiers linéaments dans les années qui précèdent : c’est la stratégie de l’union populaire, fondée sur un principe d’alliance avec un Parti socialiste alors minoritaire à gauche, pour la construction d’une « démocratie avancée ouvrant la voie au socialisme ». Le point d’orgue de cette ligne stratégique est la signature en 1972 d’un programme commun de gouvernement avec le Parti socialiste, programme bientôt ratifié par le petit Parti radical de gauche. Georges Marchais explique alors, dans un texte qui ne sera rendu public que quelques années plus tard, que la réussite de cette stratégie suppose la multiplication des luttes de masse, et qu’un gouvernement d’union populaire ne pourra "réussir" que soutenu par un puissant mouvement populaire.

Cette stratégie a été précisée et prolongée jusqu’au XXIIe congrès de février 1976, qui en marque déjà les limites et les contradictions et à certains égards commence à s’en écarter. On se rappelle ce XXIIe congrès comme celui de "l’abandon" de la dictature du prolétariat (en réalité absente du discours du PCF depuis 1968, où le Manifeste précité ne lui consacrait qu’une phrase en peu contournée), mais on n’a guère remarqué qu’il est aussi celui où l’union populaire disparaît elle aussi du vocabulaire.

Elle est concrètement, mais sans le dire, abandonnée en septembre 1977 avec la rupture de l’union de la gauche, alors que le Parti socialiste a dépassé, en termes de rapports de forces électoraux, le PCF. Les élections législatives de 1978, qui devaient en toute logique conduire à la victoire de la gauche sur la base de ce qu’il restait du programme commun, sont un échec. Et le débat s’enflamme dans le Parti communiste sur la question des responsabilités de cet échec. La doxa alors adoptée est qu’il est inutile de trop en débattre. Quoi qu’en disent quelques « intellectuels assis derrière leurs bureaux » (dixit Georges Marchais), la responsabilité exclusive de cet échec incombe au Parti socialiste. Quiconque, dans le parti, parle de quoi que ce soit, fût-ce de la pluie et du beau temps, sans dire que « c’est la responsabilité du Parti socialiste » est immédiatement mis à l’index. Rien de ce qu’il pourra dire ultérieurement ne fera plus jamais l’objet de la moindre attention.

Les conditions du débat interne – qui n’avait jamais été d’une richesse extraordinaire – deviennent proprement intenables. Mais cette "crise" n’affecte que certains secteurs du Parti communiste, essentiellement parmi ses intellectuels. C’est l’époque où Louis Althusser publiera dans Le Monde deux séries d’articles qui feront la matière de ses deux petits livres, XXIIe congrès, et Ce qui ne peut plus durer dans le Parti communiste. La direction, pour l’essentiel, y échappe.

Fuite en avant et "catastrophe" de 1981

Toute cette période avait parallèlement été celle l’eurocommunisme : une petite musique mal maitrisée au PCF, qui tâchait de donner cohérence à la "nouvelle" conception du socialisme démocratique et de la voie démocratique originale pour y parvenir, à travers un progressif mais réel détachement du communisme soviétique.

En 1979, se tient le XXIIIe congrès dans cette nouvelle configuration. Il y a bien là une tentative d’élaboration stratégique nouvelle, avec la mise en avant, pour la première fois, et pour une brève période, du thème de l’autogestion. Le "titre" du congrès est L’Avenir commence maintenant. D’une certaine façon, il s’agit de remplacer une stratégie essentiellement fondée sur les questions électorales, avec leur calendrier et leurs nécessaires alliances, par quelque chose de nouveau, mieux ancré dans les luttes quotidiennes. Mais l’absence d’un débat approfondi à la suite des élections de 1978 pèse lourd sur un congrès qui se tient dans l’immédiat après-coup. Et la tentative d’élaboration tourne court.

Très vite, c’est la fuite en avant. Entretemps – c’est un détail qui a son importance – Jean Kanapa, qui était le grand maître d’œuvre de l’eurocommunisme en France, le principal collaborateur de Georges Marchais, est prématurément disparu. Pour la direction du PCF, l’échec de la gauche en 1978 marque une fin de cycle. Elle n’imagine pas de rebondissement rapide. La configuration de l’élection de 1981 la prend un peu de cours sur ses deux volets essentiels, lorsqu’il s’avère, à l’issue du premiers tour que le PCF connait un relatif effondrement de son électorat (Georges Marchais "tombe" à 15,7 %... catastrophe tellurique tout à fait imprévisible, dont les militant-e-s du PCF ne se consolent qu’en se disant que le fond est atteint, et qu’on ne pourra jamais tomber plus bas) et que François Mitterrand apparaît comme un vainqueur possible pour le second tour. Cette dernière hypothèse, dans les rapports de forces à gauche ainsi reconfigurés, semble catastrophique pour la direction du PCF, dont l’essentiel de l’activité depuis quatre ans consiste à dénoncer le « virage à droite » du Parti socialiste.

Ici prend place la misérable opération de cette direction ayant consisté, tout en appelant à voter Mitterrand au second tour, à tenter de faire en sous-main une campagne "interne" pour faire voter Giscard afin d’éviter la catastrophe. Cette opération, dont les contours sont aujourd’hui bien connus, fait naturellement long feu. Non seulement la totalité des électeurs de Georges Marchais, mais la quasi-totalité des militant-e-s du PCF, reportent massivement, avec ou sans enthousiasme, leurs voix sur François Mitterrand, élu le 10 mai 1981. Retour de bâton. Pendant plus d’un mois, le PCF mènera campagne pour que des ministres communistes entrent au gouvernement. Au terme des négociations qui suivent les élections législatives, ils seront quatre : Charles Fiterman, Anicet Le Pors, Marcel Rigout, et Jack Ralite.

Vers le "tournant de la rigueur"

On fera semblant de croire que la victoire de François Mitterrand est celle du "programme commun", pourtant mort et enterré depuis quatre ans. C’est méconnaitre l’ensemble de l’évolution politique des années qui précèdent. Mitterrand a été élu sur un certain nombre de propositions qui sont très en retrait de ce programme (que l’on pourrait relire aujourd’hui en s’étonnant de son caractère réellement avancé). Il a surtout été élu pour « battre Giscard », pour mettre fin au règne ininterrompu de la droite depuis le commencement de la Ve République en 1958. Dans la mémoire collective, la gauche n’a jamais gouverné depuis la Libération. 1936 et 1945 restent des références politiques parlantes. Cela suscite de très grands espoirs : qu’il soit mis fin à la crise, permanente depuis 1973, que le sort des gens s’améliore. Et pour les plus avancés, qu’une issue non capitaliste soit dessinée.

Cela dit, force est de constater que le nouveau gouvernement mènera, pour un peu plus d’un an, une véritable politique "de gauche". Ce sont d’abord les nationalisations qui, si leur ampleur et leur configuration sont assez éloignées de ce pourquoi militait le parti communiste, portent un coup réel à la domination du grand capital sur l’économie et sur la société. Ce sont les lois Auroux, qui accroissent considérablement les droits des salariés dans les entreprises. C’est la réforme territoriale et la décentralisation du pouvoir. C’est la semaine de 39 heures. Georges Marchais déclarera même, sans que cela soit ridicule, que les réformes de 1981-1982 auront apporté plus aux travailleurs que celles de 1936 et de 1945. Le tout dans une atonie préoccupante de ce que l’on n’appelle pas encore le "mouvement social", atonie favorisée, à rebours de la stratégie affirmée en 1972, par l’attitude des ministres communistes – Charles Fiterman, par exemple, alors ministre d’État, ministre des Transports, dissuadant en permanence la CGT d’engager des luttes significatives à la SNCF. Des grèves éclateront bien, en particulier dans l’industrie automobile, mais aucun mouvement d’ampleur ne verra le jour.

Quoi qu’il en soit, dès 1983, c’est ce que l’on appellera le "tournant de la rigueur". Le poids pris dans l’entourage de François Mitterrand par des responsables socialistes qui n’ont jamais approuvé le programme commun, comme Michel Rocard ou surtout Jacques Delors, se fait de plus en plus pressant et devient irrésistible. La fameuse « pause dans les réformes » imposée par Blum en 1937 connait une répétition. C’est Jacques Delors qui l’exige. Le contexte international, l’inflation persistante, la vague montante du néolibéralisme dans tout le monde capitaliste, tout cela fait céder les maigres digues "de gauche" du gouvernement.

La direction communiste est manifestement désorientée par cette situation nouvelle. Elle critique le "tournant" tout en restant fermement à la fois au gouvernement et dans la majorité parlementaire. Aux sarcasmes de Mitterrand qui affirme qu’on ne peut pas avoir « un pied dedans et un pied dehors », Georges Marchais répond avec constance que le PCF a bien les deux pieds dans le gouvernement. Le PCF va jusqu’à lui voter la confiance au Parlement – alors que la confiance est, depuis un moment déjà, à tout le moins bien entamée. Les ministres communistes ne contribuent pas peu à ce choix. Mais lorsque, en 1984, intervient la formation d’un nouveau gouvernement, dirigé par Laurent Fabius, et dont la feuille de route est de mettre en musique, à marche forcée, le cours nouveau de la politique gouvernementale, le PCF, après avoir tenté d’obtenir un grand ministère économique dans ce gouvernement, opte devant le refus ferme de François Mitterrand pour ne pas y entrer. Au grand soulagement des militant-e-s, profondément remonté-e-s contre le pouvoir en place et qui, depuis le "tournant", sont très nombreux-ses à ne pas comprendre le maintien de leur parti dans ce gouvernement.

J’ouvre ici une parenthèse personnelle. C’est précisément à cette époque que j’ai su que j’allais quitter ce parti, où je militais depuis dix ans, depuis l’âge de dix-huit ans. La position – parfaitement inaudible – que je défendais depuis 1983, depuis l’injonction de Mitterrand à faire dire au PCF s’il était « dedans » ou « dehors » (de la majorité), son affirmation qu’on ne pouvait pas avoir « un pied dedans, un pied dehors » appelait pour moi une réponse différente de celle donnée par la direction du parti. Une réponse plus dialectique : nous devions justement assumer cette position, « un pied dedans, un pied dehors », rester dans le gouvernement sans en rabattre sur nos critiques et en développant les actions de masse, quitte à nous faire virer. Nous ne devions pas prendre l’initiative de la rupture, mais l’assumer en cas de besoin. À trente ans de distance, je ne suis pas convaincu que j’avais tort. Mais toute discussion était assimilée à la critique sous la pression de l’adversaire, et devenait impossible. Fin de parenthèse.

1984, la tempête

Entretemps étaient survenues les élections européennes de 1984. Une lourde défaite pour la gauche dans son ensemble, mais plus encore pour le PCF, dont la chute spectaculaire, avec seulement 11% des suffrages, n’avait une nouvelle fois pas été anticipée. C’est ce résultat électoral qui déclenche la tempête, tempête au cours de laquelle de nombreuses questions en suspens ressortent dans le débat.

L’une des caractéristiques de ce scrutin, pour la première fois dans l’histoire électorale de ce pays, est le très fort taux d’abstentions, surtout dans l’électorat populaire, dans celui de la gauche, dans celui du Parti communiste. Avec des hauts et des bas, c’est l’amorce d’une tendance qui ne se démentira plus. L’adhésion populaire aux thèmes de la gauche marque le pas. Deux ans plus tard, ce sera la défaite de la gauche aux élections législatives, la première "cohabitation", et le début d’un cycle infernal où les "alternances" se succèdent sans qu’aucune alternative véritable ne parvienne à émerger.

L’analyse de ce résultat et le choix de ce qui doit être fait dans cette conjoncture s’avère très difficile pour la direction, profondément désorientée, du PCF. C’est là le cœur du livre de Roger Martelli. Claude Poperen, membre du Bureau politique, dirigeant du parti dans la "forteresse ouvrière" de Renault-Billancourt, est chargé de préparer le rapport qui sera présenté au Comité central. Mais ce projet – fait sans doute unique dans les annales – est rejeté par le Bureau politique. Poperen doit revoir sa copie, ce qu’il fait sans enthousiasme. Et pour la direction, la réunion du Comité central tourne à la catastrophe. Le premier intervenant après le rapport "révisé" de Claude Poperen n’a jamais rien eu d’un oppositionnel. Il a la confiance et l’admiration de tout le parti. Il est considéré (même si Roger Martelli précise que c’est « à tort ») comme le "philosophe officiel" du PCF. C’est Lucien Sève. Il ne mâche pas ses mots. Pour lui, la situation exige la « refondation » du communisme.

Les vannes sont ouvertes. De nombreuses voix "critiques" s’expriment. Roger Martelli donne une description de ce débat au plus haut niveau de la direction du PCF. Il montre aussi le trouble de la hiérarchie. Georges Marchais, encore assommé par le coup reçu aux européennes (il conduisait la liste du PCF), ne sait pas saisir la balle au bond. Roger Martelli esquisse en quelques touches éparses le portrait contradictoire du secrétaire général, à mille lieues de la caricature dans laquelle il s’est laissé enfermer, très significatif, justement dans ses contradictions, de ce qu’était alors la réalité de l’état-major central du PCF. Mais ce qui va dominer est la fermeture. Le sous-titre du livre de Roger Martelli, « quand le PCF se referme », illustre parfaitement la chose.

Le débat stratégique évacué

Tout en appelant formellement au débat le plus large et le plus ouvert, le Bureau politique fait tout pour enfermer cette discussion dans les limites de l’acceptable. Il craint les « pressions » de l’extérieur sur les discussions internes du parti. Il se persuade de l’existence d’un « complot » liquidateur. Il dénonce des « fuites » relatives aux discussions des organismes de direction (Comité central et Bureau politique). Il se refuse à assumer le caractère public de la discussion en cours. Il insiste sur la fonction « pédagogique » des dirigeants, chargés de « faire partager » aux militant-e-s la « ligne », pourtant bien peu claire, de la direction. Mais cette direction est désormais divisée. Au congrès suivant, si l’on maintiendra au Comité central les plus emblématiques des voix critiques, on éliminera tout ce qui peut l’être sans faire trop de bruit. Roger Martelli explique qu’il ne devra sans doute quant à lui sa réélection au Comité central qu’au fait qu’il n’a pas eu le temps matériel, lors de cette fameuse réunion, de prononcer l’intervention qu’il avait préparée…

Parmi les questions posées se trouve, pour la direction du Parti communiste, les plus lancinantes et les plus taboues : à quoi sert le Parti communiste ? Y a-t-il une place pour le communisme politique dans la société française ? Les structures du parti sont-elles adaptées à son projet politique ? La disparition du parti est-elle inexorablement inscrite dans le mouvement de l’époque ? À toutes ces questions, il est en définitive répondu avec une fermeté qui ne supporte pas la contradiction.

En 1984, le spectre de la "liquidation" inquiète au premier chef la direction du parti. On réaffirme la nécessité de faire bloc contre un adversaire à deux têtes : la réaction et le Parti socialiste. On réaffirme la pertinence du "centralisme démocratique" (quoi que l’on puisse ironiser sur le caractère démocratique du centralisme en cause). On dénonce toute mise en cause de l’autorité du secrétaire général. L’identité "révolutionnaire" du parti doit être maintenue et réaffirmée. C’est dans ce contexte que le nécessaire débat stratégique est évacué. Sur un de ces points l’évolution ultérieure du Parti communiste démentira les choix d’alors. Initiée par Georges Marchais, la disparition effective du "centralisme démocratique" n’attendra pas dix ans. Et la question de la survie ou de l’agonie – une agonie qui peut durer longtemps – du Parti communiste reste posée.

L’histoire ne se répète jamais, même s’il peut lui arriver de bégayer. Mais cette incapacité à réagir en présence d’une forte abstention et d’un effondrement de la gauche alors qu’elle est au pouvoir n’est pas sans rapport avec bien des débats contemporains. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le paysage politique d’aujourd’hui est tellement différent de ce qu’il était alors que les rapprochements et comparaisons peuvent avoir quelque chose d’hasardeux. Pourtant, ces débats nous parlent, quels que soient nos parcours personnels et la façon dont on a pu, pour les plus anciens (comme le temps passe !), les aborder, ou pas, à l’époque. Ne serait-ce que pour ça, le travail de Roger Martelli doit être lu. Et discuté.

Le livre de Roger Martelli est offert à tous les abonnés de Regards avec le numéro d’automne du trimestriel.

L’occasion manquée. Été 1984 : quand le PCF se referme, Éditions Arcane 17, 12 euros.
En vente dans la boutique en ligne de Regards.

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Vos réactions

  • Comme on dit : "stal un jour, stal toujours". Le parti dit communiste a été mal déstalinisé. Et le centralisme a-démocratique existe toujours. On l’a encore vu dernièrement lors des municipales lorsque la direction du parti prétendument communiste a imposé une candidature de ralliement au parti prétendument socialiste à Paris.

    Gilbert Duroux Le 12 septembre 2014 à 02:55
       
    • Bien d’accord avec ce commentaire ! Comment s’émanciper du bi-partisme qui s’est installé, et proposer une alternative qui marche, si le Pcf fait dépendre son implantation locale et nationale d’un des deux "partis de gouvernement", dont il devient ainsi l’otage permanent (et alors même que le PS se présente contre lui partout où il le peut !) ? C’est tromper les électeurs et encourager dégoût et abstention. On peut très bien avoir des élus, et prospérer utilement en tant qu’organisation – au lieu de décliner depuis tente ans –, en proposant désormais partout des élus indépendants de ce qu’est devenu (majoritairement et inéluctablement) le PS.

      Autrement Le 12 septembre 2014 à 11:26
    •  
    • Je suis prétendument contre votre commentaire.
      Pourtant je n’ai pas connu Staline

      Flutiot Le 12 septembre 2014 à 14:12
    •  
    • Totalement d’accord avec toi.

      Dominique FILIPPI Le 12 septembre 2014 à 14:25
    •  
    • Il ne faut pas réduire les choses. Un intérêt d’un parti tel que le PCF, que vous dites, Gilbert Duroux, « mal déstalinisé », c’est la culture de l’écrit. L’on peut donc et l’on doit repartir de la réalité des termes qui forment les maîtres-mots de sa politique. Parler encore aujourd’hui de « staliniens », c’est passer à côté d’un paradoxe : c’est faire comme si ses actuels dirigeants n’étaient pas conscients des immenses gâchis de militants qui ont eu lieu depuis plusieurs décennies... Ce qui n’est pas le cas. Être juste, c’est s’attacher aux limites de la réponse apportée. Cette réponse a notamment été celle du conseil national de novembre 98, qui a prétendu « effacer les exclusions et mises à l’écart passées » (pas sans condition ni exception), et où « la Mutation » se traduisit, dans le rapport de Francette Lazard (voir http://les-verites-du-matin.fr/?p=1300 ), par une promotion du concept de « RESPECT ». Evidemment, ce concept fut cantonné dans une ambiguïté, car sous le prétexte « d’équilibre », consistant d’une part dans le « respect » de chacun, de sa liberté d’opinion, dans l’advenue d’une sorte de parti pluriel, et d’autre part dans le maintien d’un drôle de « respect dû au Parti » !... En tout cas, on n’en était plus au temps de l’abjuration personnelle obligée de ses errances, de la part du camarade « en désaccord », et dont il n’était pas question qu’il puisse avoir raison contre le parti !... Bien sûr, avoir attendu la fin du 20ème siècle pour arriver à cela est évidemment grandement insatisfaisant (dès lors que « le-Parti », si je puis dire, ne s’est plus alors « divisé en cellules pour régner », mais en « individus »...), mais on ne peut l’esquiver : car il se trouve que c’est au travers du concept de « respect » que les ACTUELLES inhibitions du PCF se jouent...

      Aubert (Dulac) Sikirdji Le 20 septembre 2014 à 16:39
    •  
    • Un exemple de ce que je dis de ce double aspect d’un calage au long cours sur le concept de respect (de la diversité, en même temps que des décisions prises) :

      Patrick Bessac, Conseil National du PCF du 13 septembre 2012, rapport avant congrès : il parle...

      ..."d’une des apories de nos débats : la question de l’efficacité et de la pluralité. À la suite de la période d’ossification stalinienne, nous avons navigué entre deux eaux pour ouvrir notre débat interne : protéger la pluralité de l’expression et, dans le même temps, nous avons été confrontés au problème du respect de nos décisions majoritaires. Cette recherche s’est faite avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins de bazar, plus ou moins de débat."

      Aubert Sikirdji Le 10 octobre 2014 à 17:37
    •  
    • ...Encore ceci :

      A propos de « gestion de la diversité », ou de la « pluralité », voici une... « citation du jour », dans l’Humanité Du vendredi 2/04/2010 :

      « Toute opinion est indifférente aux ambitieux, pourvu qu’ils gouvernent. » (Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre).

      ...Du coup, la diffusion des responsabilités « en chaque communiste », sous couvert de la diversité que suppose la liberté d’opinion, et sous prétexte que le temps du centralisme démocratique est passé, élude la responsabilité propre des instances responsables... Elle leur permet de naviguer à vue, sur le mode d’une gouvernance « responsable, mais jamais coupable »...

      Aubert Sikirdji Le 11 octobre 2014 à 11:22
  •  
  • "Mais cette incapacité à réagir en présence d’une forte abstention et d’un effondrement de la gauche alors qu’elle est au pouvoir n’est pas sans rapport avec bien des débats contemporains."

    Donc Regards doit également être clair vis à vis du PCF AUJOURD’HUI et ne doit plus se retrancher derrière des commentaires factuels.

    Je pense que Clémentine Autain doit s’engager plus vigoureusement aux côtés de JLM ; il y va de sa crédibilité. Le symétrique de traitement non-dit PCF-PG ne tiendra plus longtemps.Il va falloir en novembre CHOISIR.

    Dominique FILIPPI Le 12 septembre 2014 à 18:26
  •  
  • Roger Martelli, le grand retardataire !

    Curieux que devant l’échec des divers partis communistes eurocommunisants, Roger Martelli persiste et signe ! Selon lui, il fallait aller encore plus loin et plus vite...dans le mur.

    Pourtant, les Partis communistes progressent partout ailleurs ! En fédération de Russie, en Chine, au Viet Nam, à Cuba ! Ils fédèrent autour d’eux divers pays d"Amérique latine, d"Afrique. Ils renforcent le camp antiimpérialiste avec les BRICS, la CELAC etc.

    Mais Martelli et ses émules sont trop pris par leurs débats de chapelles franco-françaises pour voir tout cela !!!

    Hervacacia Le 13 septembre 2014 à 07:45
       
    • Tu fais une erreur d’analyse.Martelli a fait ce livre justement pour montrer et démontrer sans le nommer que Pierre Laurent est bien le fils de Paul Laurent.ET IL A EU RAISON DE MONTRER QUE L’UN A COMME L’AUTRE UN SENS TRÈS DÉVELOPPÈ DE L’ERREUR....

      Dominique FILIPPI Le 13 septembre 2014 à 10:50
    •  
    • Quel est donc ce cynisme à l’égard de "l’échec" de telle ou telle tentative historique, Hervacacia ? Quelle est donc cette absence de rigueur de raisonnement ? Non , je ne crois pas que l’échec de l’eurocommunisme ait "prouvé" son inanité !... L’échec en soi n’est la preuve de rien.
      Pour commencer, la Commune de Paris a "échoué", parait-il... : ça prouve quoi ? Que les communards étaient "de grands retardataires" devant l’Histoire ? Pardon de vous dire que votre posture rejoint quelque part, quoi que vous en ayez, les leçons de "réalisme" des dominants, qui bannissent toute "utopie" comme toute uchronie... Un sarcasme n’est pas une analyse.

      Aubert (Dulac) Sikirdji Le 20 septembre 2014 à 17:36
  •  
  • " Georges Marchais "tombe" à 15,7 %... catastrophe tellurique tout à fait imprévisible, dont les militant-e-s du PCF ne se consolent qu’en se disant que le fond est atteint, et qu’on ne pourra jamais tomber plus bas " ...!!!!

    Je n’ ose imaginer quelle aurait été la situation politique en France depuis deux ans , si Jean Luc Mélenchon avait obtenu le score de 15,7 % le 22 avril 2012

    Très bonne analyse du PCF et de l’ absence du "tournant de 1984 " ..Mais un peu de relativisme s’ impose , tout de même !

    THIERRY HERMAN Le 13 septembre 2014 à 08:50
       
    • Tu compares ce qui n’est pas comparable.

      Dominique FILIPPI Le 13 septembre 2014 à 10:51
  •  
  • Trente ans après 1984...

    Lire sur le blog de JLM ce qu’il pense le jour de la Fête de l’Huma du comportement de la direction du PCF...à mon avis, la messe est dite...

    Dominique FILIPPI Le 14 septembre 2014 à 10:54
       
    • Il ne faudra pas compter sur le PCF pour qu’il mette le paquet sur la 6e R...

      Dominique FILIPPI Le 14 septembre 2014 à 10:55
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  • j’ai écouté les discours de Le Hyaric : pas un mot sur l’écosocialisme, pas un mot sur la VI ème république
    je ne connais que très peu le parti communiste, mais j’ai dans l’idée que la VI ne les défrisent pas

    tchoo Le 14 septembre 2014 à 21:32
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  • J’ai eu l’occasion de rencontrer des militants communistes lors de collectif des candidatures unitaires pour l’élection présidentielle de 2007 et j’en garde un souvenir très particulier. Autant, je suis attaché aux valeurs du communisme, autant le PC est un parti détestable constitué de militants paranoïaque préoccupés par la seule survie de leur parti au détriment de toute idéologie.
    Aujourd’hui, je considère que le problème essentiel du front de gauche, c’est la présence du parti communiste qui n’hésitera pas à trahir, comme il l’a fait pour les dernières élections municipales. La disparition du PCF serait une bonne chose car ce parti n’a plus aucun crédit auprès des masses populaires et ce serait l’occasion de voir le communisme renaître sous une autre forme.

    marion Le 15 septembre 2014 à 09:46
       
    • ...Pourtant, le PCF avait fait un sans-faute et prouvé son utilité, avant que ne se pose la question de quelle candidature pour la Présidentielle, lors de la campagne contre le TCE !... Je comprends que l’on puisse en venir à souhaiter la complète disparition de ce Parti, largement décrédibilisé, qui fut ô combien le mien, surtout qu’aucune trace d’erreur ni d’échec n’y est désormais reconnue (voir le discours de Pierre Laurent en clôture de l’université d’été du PCF), comme si c’était cela la bonne méthode pour conjurer cette disparition ! C’est pourquoi, en tout état de cause, le travail de Roger Martelli est si méritoire : il ne s’agit pas de se chamailler pour savoir si oui ou non le PCF ne serait plus qu’un spectre, mais participer lucidement et le plus honnêtement possible de l’exhumation factuelle et courageuse, et cela jusqu’au bout, du fil rouge d’une histoire, quel qu’en soit le prix !... En l’occurrence, Patrick Le Hyaric a pu déclarer lors de son discours à la fête de l’Humanité de cette année : « les réponses ne viendront pas d’en haut et on ne les trouvera pas non plus dans les livres d’Histoire »... Ah bon ? Est-ce à dire que la direction se considère décidément dispensé de tout retour critique ? Qu’elle n’aura par exemple aucun avis sur ce livre-ci ? Drôle d’aboutissement d’un « bolchévisme », quand bien même Lénine faisait entre autres reposer l’efficacité et l’étoffe d’’un parti révolutionnaire sur la capacité d’évaluation, d’assimilation critique explicite du « passé », et donc sur la production d’une histoire et de son récit, et non sur la simple succession pragmatique d’ordres du jour, seulement soumis aux exigences de l’heure !...

      Aubert Sikirdji Le 21 septembre 2014 à 00:51
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  • Et bien chers amis chers camarades, ca fait plaisir de lire autant d’avis positifs sur un parti à ce point inutile.
    C’est à se demander pourquoi des jeunes y adhèrent encore ? pourquoi il n’est toujours pas mort ?
    Quant au mouvement lancé par M. Mélenchon pour la VIème République ne voyez-vous pas à quel point il s’agit là d’une action personnelle cherchant à éviter le soutien des diverses forces organisées du FDG en vue de la désignation à la prochaine présidentielle ?

    Flutiot Le 15 septembre 2014 à 11:51
       
    • C’est bien ce que disait ton interlocutrice, tu ramènes tout à un pinaillage électoraliste. Prends le temps et le soin d’écouter JLM sur le sujet : Il précise bien qu’il s’agit d’un axe stratégique de la révolution citoyenne. Mais j’ai bien peur que tu ne puisse plus sortir de ta petite cuisine. Dommage car nous avons besoin de tous les militants de gauche. Chacun d’entre nous est irremplaçable.
      Fraternellement,

      jean montal Le 16 septembre 2014 à 14:39
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    • Merci pour ce commentaire Jean.
      Je reproche surtout à mon interlocutrice son caractère général et "vérité universelle" qui clôt tout débat.
      Sur les questions de tambouille, dans ma région le PC avait fait le choix de partir FDG au 1er tout des régionales. Cela nous a fait perdre plus de la moitié de nos élus mais nous a fait gagner en autonomie.
      Sur les municipales aussi, choix d’une stratégie FDG au 1er tour des municipales.
      Quand les militants de Paris décident à environ 55% de partir avec le PS, c’est vrai que c’est plus facile de dire que c’est uniquement de la faute à P. Laurent, au centralisme démocratique que de chercher à comprendre les multiples causes de ce vote. Si je déplore ce vote car Paris est une vitrine nationale, il n’en demeure pas moins que je respecte le choix des camarades.

      Maintenant sur M. Mélenchon. J’ai adoré sa campagne de 2012, l’espoir qu’il a soulevé. Une élection présidentielle est une élection clivante, violente, où il faut se démarquer pour exister, défendre ses idées et être visible. Je lui reproche d’être resté en mode campagne présidentielle après la présidentielle.
      De plus en m’intéressant un peu plus au fonctionnement du PG et quand on voit le discours qu’il a porté sur la VIème République, j’ai vraiment eu l’impression que grosso modo c’était "faites ce que je dis, pas ce que je fais". Après peut-être que la dernière réorganisation du PG leur fera du bien.
      Je pense qu’axer le discours et les attaques sur la VIème Rep est un bon angle. C’est un discours positif, on se bat POUR quelque chose qui permettra, par l’implication de TOUS, de balayer le système actuel. Mais voilà, il lance son mouvement seul (ou presque) à un moment où le FDG bat de l’aile. Du coup je ne peux m’empêcher de suspecter une démarche personnelle qui, même si elle est sincère dans ses objectifs, ne correspond ni au mouvement que nous souhaitons impulser, ni au système politique que nous voulons voir naitre.
      Si les communistes ont déçu Mélenchon, je pense que la réciproque est vraie.
      Après si on est pas capable de s’entendre avec ceux qui partagent nos objectifs mais pas forcément la méthode, je ne vois pas comment on peut dégager une majorité capable d’impulser une véritable alternative.
      Fraternellement.

      Flutiot Le 16 septembre 2014 à 16:59
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    • Change tes lunettes, tu ne vois que le bout de tes chaussures. Le PCF n’a pas été capable de produire une stratégie à Long terme depuis plus de 40 ans. Seul horizons, les élections. Le m6r est un appel à un changement radical de société. Dommage que le Pc rate encore cette marche. Quant au prétendu vote démocratique des communistes de Paris pour les municipales, il a fallu plus de 3 mois de pression de la direction du PC pour obtenir ce qu’elle voulait. Enfin des jeunes on adhère au PCF en 2013 lorsque ce dernier entretenait la confusion entre PCF et FDG. Ces jeunes ont déchante quand ils ont compris que lors des réunions de cellules l’ennemi ce n’était pas la finance mais Jean-Luc Melenchon.

      Vassiviere Le 28 septembre 2014 à 12:13
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  • Le vrai problème du parti communiste tient au fait qu’un bon nombre de militants, la majorité, ne cherche pas une réflexion personnelle. Ils adhèrent par suivisme naturel au propos venant "d’en haut". Et cette attitude ce cumule avec un non travail personnel intellectuel, ne serait-ce que sur l’Histoire. Juste répétition des propos officiels et autres poncifs, dits de gauche.

    Alors peut être que le centralisme démocratique n’existe plus vraiment, mais dans la pratique, il demeure.

    J’ai milité plusieurs années au parti. L’école du parti n’était pas une école, mais un formatage de son comportement. Rien à voir avec une université d’éducation populaire.

    Pour marcher vers la 6ème République, il faut être, en tous cas devenir citoyen et assumer ses propres réflexions et choix. Retour au problème du mouton-militant-centralo-démocrate.

    Alors pour la critique, j’admets avoir pris un chemin plus libertaire, plus proche des anarchistes espagnols de 36 que de ce parti stalinien où les faits démontrent encore que c’est toujours la voix du chef qui est ; elle ne gagne même pas, elle est -le vote comme mascarade.

    Quand les camarades pratiqueront un vrai esprit démocratique, une vraie curiosité intellectuelle, alors ils seront de sincères compagnons de routes.

    La Renaudie Le 15 septembre 2014 à 13:44
       
    • Je partage tout à fait le point de vue de la Renaudie. Plus pertinente que la présentation des faits par Laurent Lévy est sur ce point la position de Lucien Sève (2010), qu’on peut se procurer en Pdf ici : http://www.communistesunitaires.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1129:que-faire-maintenant&catid=88888979:ce-que-nous-entendons-par-communisme&Itemid=88888990
      et que le PG a reprise sur son site du Midi-Pyrénées, ici :
      http://www.gauchemip.org/spip.php?article13160
      Il devrait être évident pour tous (sauf diffamateurs étriqués) que la démarche de Mélenchon, non seulement pour la VIème république, mais surtout pour une Constituante, n’est pas une démarche personnelle, mais la seule stratégie valable dans la situation actuelle pour faire que les citoyens se réapproprient la politique, et pour restaurer la souveraineté populaire ; le développement des luttes sociales elles-mêmes est subordonné à l’espoir d’une issue politique, qui ne peut être qu’une sortie, voulue par les citoyens eux-mêmes, des institutions de la Vème, dont le fonctionnement a complètement perverti l’espace public de pensée et d’action.

      Autrement Le 17 septembre 2014 à 09:32
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    • @ Autrement
      Essayez d’argumenter un minimum en quoi ce n’est pas une stratégie personnelle.
      Alors puisque tous ceux qui ne pensent pas comme vous sont des diffamateurs étriqués, je me permettrais de vous qualifier, pour votre recours à l’argument de l’évidence, d’observateur béat.

      Flutiot Le 18 septembre 2014 à 10:50
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    • Je suis d’accord pour dire que ce n’est pas parce que le concept de centralisme démocratique a été abandonné, que la mentalité a disparu.
      En même temps, ce qu’a dit Flutiot juste avant (« je déplore, mais respecte la décision de mes camarades parisiens ») constitue une évolution où l’on voit, comme je le dis, le rôle ambigu que le PCF a fait jouer au concept de « respect » pour (ne pas) résoudre le problème de sa crise historique, à l’allure finale...
      Quid de la capacité effective et collective de retour sur soi ? Quid du travail rétrospectif instructif, nécessaire pour se constituer des points d’appui crédibles ? J’ai déjà écrit ailleurs (dans la discussion derrière l’article de Martelli à propos de la mort de Jaurès) : « En fait la capacité d’autocritique COLLECTIVE n’a toujours pas lieu d’être, car son impossibilité se justifie désormais du pragmatisme de « la diversité dans l’espace des opinions et des situations », mais aussi d’une adaptation dans le temps aux exigences de l’heure, un ordre du jour succédant au précédent comme un clou chasse l’autre !!!... » Il va sans dire que ce nouveau genre ne s’accorde pas avec l’effort de cohérence qui nécessite ce que vous appelez « un travail personnel intellectuel, ne serait-ce que sur l’Histoire !... »
      Voici pourtant ce que prônait « jadis »... Waldeck Rochet, au Comité Central d’Argenteuil de mars 1966 : « A chaque étape du développement social, à chaque tournant de l’Histoire, notre travail théorique et idéologique doit s’élever à un échelon supérieur... » Il fut un temps où le travail de sa conscience historique, certes vue dans un certain prisme, était présenté comme la première dimension de la formation du militant ! Voir « le petit livre rouge », s’intitulant « un sacré bout de chemin » que Le Parti édita pour son cinquantenaire, en 1970... Qu’est-ce que le PCF va pouvoir produire de convaincant, à l’occasion... de son centenaire (que Pierre Laurent a évoqué ici : http://www.pierrelaurent.org/mon-discours-de-conclusion-aux-universites-dete-du-pcf/ ) en ces mots : « Deux congrès en 2016 et 2019. Ces deux congrès nous mèneront, en 2020, vers le centenaire du Parti, celui qui dira avec clarté pour le XXIe le communisme de nouvelle génération que nous construirons pas à pas. Le travail que nous menons nous aidera à faire du Parti communiste, un beau parti pour le XXIe siècle. » ??...
      Oui, « la clarté » historique !... Nous en reparlerons...

      Aubert Sikirdji Le 21 septembre 2014 à 13:28
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  • Je vous recopie la fin de ma phrase, qu’en diffamateur étriqué ET en observateur béat (de vous-même, sans doute) vous n’avez pas lue, bien qu’elle soit justement un argument :
    " la seule stratégie valable dans la situation actuelle pour faire que les citoyens se réapproprient la politique, et pour restaurer la souveraineté populaire ; le développement des luttes sociales elles-mêmes est subordonné à l’espoir d’une issue politique, qui ne peut être qu’une sortie, voulue par les citoyens eux-mêmes, des institutions de la Vème, dont le fonctionnement a complètement perverti l’espace public de pensée et d’action",
    En outre, je vous renvoie ici même à l’article de Clément Sénéchal qui me paraît (ai-je le droit de le dire ?) très bien pensé :
    http://www.regards.fr/web/clement-senechal-pg-une-vie,7921

    Autrement Le 18 septembre 2014 à 11:15
       
    • Si je l’avait bien lue, merci.
      Je ne vois malheureusement dans ces propos aucun argument montrant en quoi la façon dont M. Mélenchon lance le mouvement pour la VIème république ne relève pas de la stratégie personnelle. En quoi cela devrait-il être évident ?
      La VIème République est une nécessité. Mais la façon de conduire ce mouvement est aussi importante que les buts à atteindre.
      Pour être clair, je ne comprends pas pourquoi la réunion du 6 septembre n’a pas servi de tremplin pour lancer ce mouvement qui doit être collectif. Le PG a ainsi mis le FDG devant le fait accompli.
      Pour vous apporter la réponse la plus complète possible, oui vous avez le droit de le dire puisque vous utilisez le ’me parait’ qui est donc un avis. Quant à l’article que vous donnez, j’avoue l’avoir lu en diagonale. Je remarque juste que le front de gauche n’est pas cité une seule fois. Je reprends maintenant une phrase de l’article mise en gras rouge "Si l’on change le jeu institutionnel, on pourra espérer recréer de l’élan collectif". Là est tout le problème, il faut au préalable recréer de l’élan collectif pour pouvoir changer le jeu institutionnel.

      Flutiot Le 22 septembre 2014 à 16:58
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    • Le problème de Lucien Sève est qu’il poursuit des buts poltiques ,les mêmes que Martelli au services desquels il asservit sa réflexion.

      Maurice Le 5 octobre 2014 à 06:31
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  • La contribution de Roger Martelli a pour but de montrer que "perseverare diabolicum" à l’intention de la direction communiste ACTUELLE. En 1984, le papa de Pierre était aux manettes pour la fermeture...Je sais bien que tel père n’est pas forcement tel fils mais le comportement de la direction du PCF de puis 2012 y ressemble étrangement, non ?

    Dominique FILIPPI Le 19 septembre 2014 à 17:18
       
    • Bonjour Dominique,
      ...« Perseverare diabolicum », pour commencer, dans le déni de l’Histoire, qui se traduit en contribution à sa fin !... Voir Pierre Laurent, à la fête de l’Huma de septembre 2011 (http://www.pcf.fr/12531) : « que les radoteurs sachent, pour parler très personnellement, que je suis un communiste heureux. Le passé est là. A sa place. Et c’est l’avenir que je regarde. » (Je lui avais déjà répondu ici : http://les-verites-du-matin.fr/?p=1300.) Il y confondait deux choses : la réponse à « l’accusation » d’être lui-même un héritier, et la responsabilité d’ensemble du PCF, à l’égard de l’écriture de son histoire...
      Voir ce que dit Bernard Calabuig, à l’occasion de son dernier ouvrage : « ...j’ai la conviction que rien de neuf ne peut naître si les forces se réclamant de la transformation révolutionnaire de la société ne revisitent pas le passé. S’abstenir de ce regard critique, c’est prendre le risque de retomber dans les ornières qui ont conduit aux faillites politiques du siècle dernier... » Et il précise : « La réalité est que le PCF n’a jamais travaillé la question du communisme. Dans notre histoire, nous n’utilisions pas le mot communisme comme le « mouvement réel qui abolit l’ordre actuel des choses » (dans un mouvement sans cesse renouvelé), nous le considérions comme une fin de l’histoire, un idéal lointain sur lequel la réalité devait se régler. De ce point de vue, Fukuyama n’est pas le seul théoricien de la « fin de l’histoire » : n’a-t-on pas appris à des générations de militants du PCF que le communisme était la société idéale, donc en quelque sorte la fin de l’histoire ? »
      Cette fin de l’histoire est comme le jugement dernier, dont Albert Camus disait qu’il ne s’agit pas de l’attendre, car il se joue tous les jours : oui, nous assistons tous les jours à la manière cavalière dont la bonne conscience donne le coup de pied de l’âne au « Passé »...
      L’aphorisme est de René Char : « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament »... Mais cela ne veut certainement pas dire que qui que ce soit serait dispensé du devoir d’inventaire !...
      Parler de « communisme de nouvelle génération » ne peut se réduire... à donner quitus à une nouvelle génération de dirigeants qui aurait à nouveau « l’Histoire pour eux », par définition innocents de toute « erreur » ou « échec » passés, ...et définitivement dédouanés de toute capacité critique et autocritique, car s’étant soi-disant délesté des « valises de plomb du 20ème siècle » !...
      De fait, la seule chose qui, perpétuellement, « plombe » et replombe l’espérance, c’est justement le silence présentement toujours recommencé de la bonne conscience militante et limitante, sous le prétexte qu’elle aurait fort à faire avec la tyrannie forclusive des urgences du moment, autrement dit avec du "factuel", réduit à "l’actuel" !...

      Aubert (Dulac) Sikirdji Le 20 septembre 2014 à 14:50
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  • @Aubert (Dulac) Sikirdji

    Tu es rentré de vacances...Salut et fraternité...

    Ce qui est important c’est ce qui va arriver d’ici novembre...je n’ai aucune confiance en LAURENT DIGNE FILS DE SON PÈRE..

    Dominique FILIPPI Le 20 septembre 2014 à 20:17
       
    • Salut Dominique,

      Aubert (Dulac) Sikirdji Le 20 septembre 2014 à 21:01
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    • àD.Filippi
      Continues à proférer des injures infectes contre la famille de l’ami Pierre Laurent.Tu montres ton vrai visage.Ces crachats te retombent dessus.Dans quelques temps,le dossier de tes injures contre les Laurent,sera suffisamment épais pour qu’une action en diffamation soit engagée contre toi.
      Saches aussi que le PCF ne t’oubliera pas ;jamais !.. :-)
      As tu entendu parler du comité Valmy-anti OCI au PCF ?

      SouvenirAvenir Le 14 octobre 2014 à 15:25
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    • ...Ouh là !

      Aubert Sikirdji Le 14 octobre 2014 à 15:32
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    • @ SA

      ...Il est un fait que si le climat a une influence sur le monde, le monde (les gens) ont une influence sur le climat de leurs échanges... Il n’existe, je présume, pas qu’un comité invisible, affairé à permettre que le bleu du ciel vire au bleu gendarme !...

      Aubert Sikirdji Le 14 octobre 2014 à 15:40
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    • Dans ce qui suit, je suis rentré profond dans le sujet : le retard, ou "occasion manquée", dixit Martelli, de 1984... Il y est question du sort hystérique et historique réservé aux "communistes" contestataires... C’est l’occasion, puisque tu t’acharnes, S/A, de raconter ma vie : l’année 1985 fut une année pour moi de traumatismes à répétition... J’ai parlé du 25ème congrès, et ne parlerai certainement pas de tout... Seulement d’une chose de plus, qui tombe bien : je travaillais à l’époque dans une boite dirigée par des communistes, dont, pour la "petite" histoire, je fus viré sur un prétexte, à savoir : pour, tenez-vous bien... "insoumission" !... Le prétexte était le suivant : j’avais utilisé une auto de la boite, sans autorisation. J’ai du les poursuivre aux prud’hommes.

      Tu parlais d’autophobie ? L’autophobie, pour moi cela renvoie... à la peur de bouger.

      A ce que disait le communiste surréaliste René Crevel...

      Ainsi a-t-il écrit : "Certains prophétisent la fin de l’éternel. Nous nous contenterons de travailler à la fin de l’immobile." »

      Aubert Sikirdji Le 14 octobre 2014 à 16:13
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  • Permettez-moi de rentrer profond dans le sujet du « Retard de 1984 », et ses suites... (J’ai précédemment rappelé que chez les cocos, l’avantage, c’est que l’on peut se servir des textes...)
    Comme illustration de ce que je dis des AMBIGUITES du « tournant » DU PCF, SUR LE THEME DU « RESPECT » : voici ce qu’écrit dans son livre de septembre 1991, « Lénine, l’éternel retour du concret », le philosophe Arnaud Spire, page 150-151 : « Rares sont ceux qui comprendraient qu’un parti révolutionnaire s’auto-affaiblisse – fut-ce pour un laps de temps éphémère – en se privant d’une seule de ses capacités d’initiative, d’un seul esprit critique, ou d’une seule intelligence. C’est le sens de l’appel à « travailler ensemble » lancé en 1990 par Georges Marchais au 27ème congrès du PCF. A cet égard, il n’y a pas non plus à faire de distinction entre adhérents et militants. La libre exposition par chacun de son point de vue ne doit donner lieu à aucun classement, aucun étiquetage, aucune mise à l’écart. Le parti révolutionnaire, comme le mouvement populaire, a tout à gagner à un débat franc, loyal, et sans arrière-pensée. A cet effet, faire prévaloir la liberté de ton, l’écoute et LE RESPECT MUTUEL, ne découle pas d’un décret. Cette nouvelle attitude des communistes, tout à fait nécessaire aujourd’hui, demande un effort éthique permanent. »
    Cela n’empêche pas le même Arnaud Spire, page 66-67, de faire ce qu’il décommande, et de s’obstiner à maintenir, au nom de Lénine, un « étiquetage », un « classement », une « mise à l’écart » de communistes, comme il dit, dont on se demande en quoi il relèvent d’un effort éthique conséquent !... En effet les contestataires du Parti « faisant problème » se retrouvent jugés sans appel comme des nostalgiques : à savoir des « orphelins de la période antérieure », qui cèdent à l’idéologie dominante et ont perdu la boussole de la lutte de classe !... Je cite Arnaud Spire : « La Liberté, écrit Lénine, est un grand mot, mais c’est sous le drapeau de la liberté qu’on a spolié les travailleurs. » L’expression « liberté de critique », telle qu’on l’employait à l’époque, renfermait le même genre de mensonge. (...) De même, moins d’un siècle plus tard, dans la France des années 1980, l’appellation « communistes critiques » pour désigner quelques « orphelins » de l’époque du Programme commun, figés dans leur obstination à refuser la critique de ses propres erreurs de la période précédente par le PCF et sa nouvelle stratégie révolutionnaire, fit problème. Il apparut en fait que cette critique, émise de l’intérieur de la révolution, rejoignait tendanciellement le conformisme le plus ordinaire. Celui de ceux qui voulaient la mort du parti révolutionnaire, véritable empêcheur de « consensualiser » en rond la prétendue supériorité du libéralisme. »
    Repeints en « retardataires » (comme dirait aujourd’hui Hervavacia -le 13/09 à 7h45-, qui s’obstine à peindre Roger Martelli comme rien d’autre qu’un perpétuel « orphelin »... de l’eurocommunisme...) il n’y avait pas loin pour « nous » désigner, car j’en étais, comme des comploteurs « voulant la mort de « Le-Parti » ! »... C’est régulièrement ce qui se passe en situation de crise pour la mentalité soi-disant avant-gardiste : elle prétend mettre tout le monde à l’épreuve afin de ne soi-disant surtout pas être tourné vers le passé, et de « reprendre la marche en avant », mais sans opérer de bilan critique à la hauteur !... Et à reporter du coup sur autrui l’accusation de son propre immobilisme !...

    Aubert (Dulac) Sikirdji Le 20 septembre 2014 à 21:06
       
    • ...Correction de ma dernière phrase = ..."Et TEND à reporter du coup sur autrui l’accusation de son propre immobilisme !..."

      Aubert (Dulac) Sikirdji Le 20 septembre 2014 à 21:16
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  • @Aubert (Dulac) Sikirdji
    Des comploteurs condamnés par des Jésuites Gardiens d’Una Sancta Ecclesia..

    J’attends novembre avec une certaine angoisse...j’espère me tromper...

    Dominique FILIPPI Le 20 septembre 2014 à 23:19
       
    • Vous vous contenter de votre Haine antipcf.
      Régler des comptes sans cesse avec le PCF,ne permettra pas à votre idole absolu,l’ex candidat du pcf-fdg(cache sexe du PCF)de dépasser les 6,7% de 2014.
      Votre attitude pusillaniste démontre que vous n’apportez rien à la compréhension électorale de la France en 2014.
      Relisez vous,cela vous permettrait de réfléchir à l’impasse frontdegauchiste .
      Mélenchon l’a compris lui.Après sa retraite aussitôt annoncée aussitôt annulée,Il a fondé le M6R (Mouvement pour la 6ième république) qui recueille déjà plus de 100000 followers sur Facebook ,afin d’être sûr d’avoir des électeurs non-PCF en 2017 !Mais comme il sait que c’est impossible,Il veut aussi conserver le label fdg ainsi que les électeurs du PCF.Vous exprimez cette contradiction dans vos innombrables posts anti-PCF. Comme Martelli,vous pensiez le PCF mort.Or vous assistez,consterné à l’enterrement de l’enterrement du PCF.
      Cela ne vous dispensera pas d’une analyse sérieuse du vote FN en 2014 et de l’impasse frontdegauchiste.Quant à Coquerel qui en 1985 était sous les ordres de Harlem Désir dans ’SOS racisme’,rien n’arrêtera son acharnement à détruire le PCF.30 ans d’anti-PCF ne lui auront rien appris.

      Maurice Le 26 septembre 2014 à 11:41
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  • Dominique, à moins que tu ne l’aies déjà fait ailleurs, ce serait bien que tu précises et développes un peu ton inquiétude, à propos de « novembre ... Parce que, dit comme ça...
    En attendant, voici le plus croquignolesque des textes sur « le Complot de 1984 » : l’auteur est Jean-Claude Gayssot, alors secrétaire national à l’organisation (passé d’homme de Georges Marchais à, plus tard, ministre des transports de la Gauche Plurielle, puis à ...homme... de Georges Frêche, et ayant affirmé entre temps, du temps de « la Mutation », que le PCF devait être capable de « regarder son passé en face ») ...qui écrit ceci, pages 56-57 de son livre « Le Parti Communiste Français », sorti en 1989 :
    « ...Et le Parti communiste ? Ses reculs électoraux jusqu’à l’élection présidentielle de 1988 servirent d’aliments à un formidable déchainement. L’anticommunisme est aussi ancien que notre parti lui-même. Pourtant jamais depuis les heures sombres de l’Occupation nous n’avions connu un tel déferlement de haine.
    Tout y est passé pour dénaturer le parti qualifié de « néo-stalinien », de « machine à broyer ». Certains ont parlé de « paranoïa stalinienne ». (...)
    Face à cette agression, les communistes réagirent avec courage. Bien sûr, les reculs électoraux successifs les amenaient à s’interroger. Le contraire eût été surprenant. Certains doutèrent. Une poignée crut que son heure était arrivée. Pierre Juquin révèlera bien plus tard, dès 1980, qu’il avait entrepris un travail fractionnel ; Marcel Rigout profita de sa position de ministre pour donner le signal public de l’offensive contre la politique du parti et de sa direction, à Rome, le 29 juin 1984. D’autres se sentirent pousser des ailes, à ce moment ou peu après, prêts qu’ils étaient à faire don de leur personne au parti !
    L’affaire touchait à l’essentiel : fallait-il mettre en cause l’analyse de la crise, la nature anticapitaliste des solutions à lui apporter, l’identité révolutionnaire du Parti communiste ? Fallait-il baisser la barre et coller au Parti socialiste pour entraîner la gauche et notre peuple à l’impasse ? En un mot, fallait-il renoncer ? Depuis le 25ème congrès, où un véritable affrontement d’idées a eu lieu dans le parti jusqu’au plus haut niveau de sa direction, la vie confirme amplement que, derrière le discours, ces prétendus « rénovateurs », qui disaient vouloir sauver le parti et à ce titre ont pu abuser des communistes, n’avaient en fait comme objectif que de le liquider en tant que parti révolutionnaire.
    Heureusement que les communistes ont tenu bon ! Heureusement que la direction du parti sous l’impulsion de son secrétaire général a su résister et imprimer un formidable effort de renouvellement de notre politique ! Sans cela notre parti aurait pu, comme dans d’autres pays européens, connaître le drame de l’éclatement, de la division. Pour le coup, on aurait pu parler de déclin.
    La question, je l’ai dit, fut tranchée au 25ème Congrès du parti. L’immense majorité des communistes estima qu’il existait déjà un parti social-démocrate en France. Et que c’était bien suffisant. »

    Aubert Sikirdji Le 21 septembre 2014 à 15:18
       
    • Il est à noter, au-delà de son allure caricaturale, la manière dont ce texte de Gayssot prétend se donner un air d’analyse politique marxiste : l’être social déterminant la conscience, tout doit être ramené à « La Crise », en dehors de quoi tout n’est que faiblesse idéologique !... Il est un fait que nous sommes à un moment où il est largement temps de se poser la question d’un combat de front contre la « stratégie du choc » néolibérale !... Mais ce combat constitue une immense complexification d’enjeu de « la lutte des classes »... Il ne peut plus simplement reposer sur les vertus pédagogiques d’un parti « au centre de tout », même et surtout s’il se dit « communiste », ...et d’autant plus s’il se crispe sur lui-même !...
      Dans son refus d’une quelconque remise en question, Gayssot ne fait ici que reprendre le propos du Bureau Politique du 3 août 84, que Roger Martelli cite à la page 84 de son livre : « Sans exagérer le nombre de ceux qui s’en font les porteurs, il existe ainsi une tendance à examiner les causes de notre recul en dehors de toute analyse politique ; en dehors de la lutte des classes, nationale et internationale, qui revêt une extrême acuité, en dehors de l’approfondissement de la crise. Pour certains, ces causes résideraient essentiellement chez nous : la politique du Parti, son comportement, sa direction sont mis en accusation. Il faut constater une faiblesse idéologique préoccupante de certains cadres, y compris à un niveau élevé. »

      Aubert Sikirdji Le 21 septembre 2014 à 18:16
    •  
    • Mon inquiétude découle de la pratique politique de la direction actuelle du PCF. Inutile de refaire le film depuis le lendemain des présidentielles jusqu’à la farce grossière des Municipales en passant par la valorisation des frondeurs ...sans parler des piques envoyées par Laurent envers JLM alors que celui-ci était attaqué de toutes parts et relayées cet été jusque dans les interventions de soi-disant communistes de base contre JLM jusque dans ce blog de regards (souviens-toi de Maurice et d’autres). Mon inquiétude vient aussi de la direction de Regards et son symétrique factuel renvoyant dos à dos Laurent et Mélenchon sans les nommer . Je pense que novembre , date de la réunion décidée le 6 septembre où les communistes vont être mis au pied du mur sur la question cruciale des adhésions directes au FDG, sur leur participation effective et non formelle à la campagne sur la 6e, va être une date essentielle pour l’avenir de la vraie gauche.

      Dominique FILIPPI Le 21 septembre 2014 à 23:44
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  • Il ne faut pas semer des illusions.En effet prétendre tout solutionner avec la 6ième,c’est prendre les électeurs pour des imbéciles.Il faut aussi éviter d’avoir des bonimenteurs comme porte parole.
    La solution c’est la lutte continuelle et rassembleuse pour défendre les acquis sociaux de la 5ième et non,’basarder’ celle ci au prétexte que jean luc Mélenchon a besoin de fournir ’une nouvelle offre politique’pour avoir des électeurs en 2017.
    Nous savons ce que nous perdront socialement en perdant la 5ième !
    Que gagnerons nous socialement avec la 6ième construite dans l’ambiance actuelle du compétitisme social exacerbé,stérile,bête,chauvin et méchant ?.

    Maurice Le 25 septembre 2014 à 17:41
       
    • C’est surtout le dernier moyen de sauver la France de la mére facho ou du bonimenteur ou autres et le dernier pour le PCF d’exister encore un peu...

      Dominique FILIPPI Le 26 septembre 2014 à 17:14
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  • Je pense qu’il est temps de redonner au peuple le goût et la volonté de prendre son destin en mains, ce qui suppose de ne plus perdre une seconde à essayer de comprendre la "stratégie" du PCF et à spéculer sur la fiabilité de sa base. En avant contre le libéralisme, l’OTAN, la commission européenne, le saccage de la planète, pour l’écosocialisme et la VIième république et qui est d’accord nous suive et soit le bien venu ! Les communistes ont le choix, qu’ils prennent leurs responsabilités en conscience et point barre !

    Fulgence Le 28 septembre 2014 à 14:53
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  • Oui, Fulgence, il y a un contexte d’urgence... Et en un sens « pas une minute à perdre ».
    Mais « Redonner au peuple le goût et la volonté de prendre son destin en mains », est-ce que ça peut se faire d’en haut ? Je suis d’accord que des révolutionnaires se doivent de donner des perspectives... Mais il ne s’agit pas seulement de « s’ouvrir au maximum au peuple, afin qu’il soit prêt à nous suivre » !... Le PG tout-beau-tout-neuf n’est pas à l’abri des dits « défauts » de l’avant-gardisme, qui a marqué l’Histoire du PCF...
    Le « Comment on fait ? » est aussi important que le « Pourquoi ». Dans une certaine mesure, je peux comprendre des cocos anti-Mélenchon : précisément, ils ont été vaccinés contre un certain fonctionnement de centralisme pédagogique... Et lui-même ne s’est-il pas toujours fendu de l’affirmation que « la consigne, c’est qu’il n’y a pas de consignes ?... »
    Du temps de Marchais, j’ai essentiellement « suivi » les orientations... Je n’ai pas été globalement « en désaccord »... J’étais comme on dit « un bon militant », jour après jour, envers et malgré les zigzags de Ligne... C’est surtout la manière de militer, la production de grands et petits chefs, qui me semblait de plus en plus une hérésie, un divorce de la fin et des moyens... Il se trouve que justement, pour m’en tenir à Arnaud Spire, que j’ai précédemment cité : c’est parce que je suis d’accord avec certaines formulations qui sont les siennes, comme quoi une orientation révolutionnaire ne relève pas d’abord de l’application disciplinée, mais de la mise en œuvre consciente, ...que j’ai écrit à Georges Marchais une lettre au lendemain de sa prestation de la fête de l’Huma de 1984, pour contester ne serait-ce que le terme de centralisme démocratique, ce qu’il fit lui-même dix ans plus tard !... Et que je fus pourtant rangé, avec d’autres, parmi les cocos critiques, bons à être stigmatisés, et de fait mis sur la touche, paradoxalement y compris par quelqu’un comme Arnaud Spire !... Va comprendre...

    Est-ce qu’y compris il n’y aurait « plus une minute à perdre » à s’embêter avec ce « Passé » ?... Je constate que je suis bien seul ici à en avoir reparlé. Pourtant, y compris aujourd’hui, quelqu’un comme Jean-Luc ne rate jamais une occasion de redonner des biscuits de lucidité rétrospective et du souffle historique, comme des exemples sur ce qui se passe ailleurs sur la planète, que l’on peut appeler cela un retravail « du mythe », pour continuer d’avancer. Cela n’a rien d’inutile.
    Redonner du sens et « de l’idéal » passerait à mon avis, du côté du PCF, par le refus rétrospectif de la mutilation (que la mutation n’a pas résolue), en quoi a consisté une manière de se crisper et de se venger sur lui-même de « l’échec » d’une stratégie d’union au sommet...
    J’ai vécu notamment l’implosion d’alors du PCF en direct, avec Roger Martelli, dans la fédération de l’Essonne : et avec Pierre Juquin, etc. Et je forme un vœu pieux : que la direction actuelle qui se veut « de nouvelle génération » le prouve, lorsqu’elle parle désormais d’un travailler ensemble, en interne comme en externe, dans le respect mutuel. Qu’elle reconnaisse effectivement en dignité TOUS les communistes « historiques »... Ce qui signifie POLITIQUEMENT, et non sur une simple base « humanitaire », en évoquant comme elle l’a fait des « douleurs irréparables », pour mieux s’exonérer de tout effort de réhabilitation !... Qu’elle reprenne donc en l’occurrence sa copie sur les immenses gâchis militants dont le Parti s’est rendu coupable, envers lesquels elle se doit d’opérer une réparation morale : c’est-à-dire politique. Cela passe par reconnaître le fait essentiel que la crise de 84 (commencée en 77), ne fut rien d’autre qu’une crise, et non un complot !... L’essai de Martelli constitue maintenant un outil central pour que cette question cesse d’être un point aveugle, pour ainsi dire « tabou », pour ne pas dire un point de détail de l’histoire du PCF. Et je n’ai pas envie de m’attarder présentement sur on-ne-sait-quelles carences de « la direction de Regard », qui traiterait soi-disant l’actuel par du factuel, sans prendre suffisamment parti !...
    Au regard... de l’infinie reconnaissance que j’ai pour ce camarade, à contre-sens de toute tendance totalitaire, c’est d’abord mon Respect total, au sens plein et entier, que j’ai envie de lui exprimer, pour le courage intellectuel dont il fait montre en matière de vérité historique, pour déterrer le fil rouge des FAITS sans lequel on ne comprend rien !...
    Pour réponde à Maurice : nous ne pouvons faire l’autruche. En tout état de cause, éviter la mort du PCF, ce n’est pas la première question : ce serait d’abord de comprendre la déperdition historique de l’énergie militante, et cela passe, oui, par s’interroger sur les causes structurelles du déclin de celui-ci, qui ne furent pas qu’extérieures. Car il se trouve que le déni de ce déclin (voir le texte de Jean-Claude Gayssot que j’ai cité plus haut ) et le refus d’une analyse à la hauteur n’a pas été pour rien dans l’aggravation de celui-ci...

    Aubert Sikirdji Le 29 septembre 2014 à 13:30
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  • Moi aussi j’ai été au PC durant 20 ans de 1969 à 89 et c’est pour ça, après avoir avalé tant de couleuvres et de trahisons, de hontes et de sidérations encore aujourd’hui avec les municipales, que je dis avançons sans attendre que le PC comble son éternel retard. Que les communistes qui veulent que ça change bougent et nous rejoignent. Et basta !

    Fulgence Le 29 septembre 2014 à 15:25
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  • Oui,’Que les communistes qui veulent que ça change bougent et nous rejoignent,au PCF car rien n’existe ailleurs . Et basta !’

    Maurice Le 5 octobre 2014 à 06:28
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  • compléments,d’analyse :
    C’est le FN qui mettra en place la 6ième république pour laquelle ils militent depuis toujours.
    La preuve,ce dernier sondage :
    Si le PS est éliminé au 1er tour, ce qui est probable en l’absence de retournement significatif de la conjoncture, et que le choix de 2e tour est FN contre UMP (ou sa nouvelle appellation PMU), de deux choses l’une :

     Soit le candidat de droite est Juppé ou Fillon, et le vote républicain permettra à ce candidat de capitaliser sur son nom un grand nombre de voix de gauche qui n’iront pas vers l’abstention ;

     Soit le candidat de droite est Sarkozy et un très grand nombre d’électeurs de gauche voteront Le Pen pour ne pas revivre le cauchemar du quinquennat précédent.
    Cela ne fait que mettre en évidence que Mélenchon avec sa sixième.
    Il va perdre et son temps et son énergie et faire perdre, par la même occasion, ceux de ses partisans.
    Vu que ce changement de constitution, pourrait advenir, par déduction, en jouant malin.Pour ça, il faut pas être empêtré dans une idéologie à la noix(anti-communisme) qui paralyse toute action d’avenir pour celui ou celle, (qu’importe sa couleur politique) qui permettra au peuple de retrouver sa souveraineté .
    L’avantage de cette solution serait en outre d’ouvrir une crise de régime - la présidente Le Pen n’ayant pas de majorité législative - qui déboucherait sur la nécessité urgente de se débarrasser enfin d’une Ve République subclaquante pour aller vers une plus conforme aux attentes du peuple,la 6ième du FN,qui contrairement à la 5ième quine sera pas sociale vue que c’est le FN qui la pondra .
    En attendant,comment répondre aux angoisses délirantes exprimées sur ce blog.
    Evidemment,il faut renforcer le PCF et la nébuleuse communisante ( le fdg,sans adhésion directe).
    Il ne faut pas négliger le fait que beaucoup de gens à gauche sont à la recherche d’une « religion », d’un lien qui leur permet de communier.
    Le PCF sait fonctionné depuis des années sur ce modèle « religieux »,malgré les freins autophobiques en son propre sein.
    Mélenchon n’a fait qu’essayer de reconstituer ce mécanisme .
    Or,il est dépassé comme ,il l’explique sans vergogne dans le Nouvel Obs de cette semaine du 8/10:2014..
    Le probème, c’est que ce genre de lien(admiration fanatique du sauveur,Mélenchon) exclut toute posture critique : celui qui n’est pas d’accord est au mieux un imbécile, au pire un traître.Le fanatisé,ne se rend pas compte de son aveuglement.
    Nous l’observons sur ce blog comme une confirmation de la toxicité pour tous,des positions anti-PCF.

    SouvenirAvenir Le 9 octobre 2014 à 09:13
       
    • Il existe une version moderne du principe d’avoir toujours raison. Comme je dis c’est de n’avoir, simplement, plus jamais tort !... Un conseil intelligent et avisé fut produit en ce sens par le très moderne Patrick Bessac (revue du Projet, mars 2011 : ), nous permettant enfin, n’est-ce pas, de ne plus être empêtré dans une idéologie à la noix(anti-communisme) qui paralyse toute action d’avenir :

      « De mes lectures (lointaines) de communication politique, j’ai retenu cette idée : à chaque fois que l’on utilise la négation pour se définir, on renforce en réalité l’idée que l’on veut nier. « Nous ne sommes plus... », « Nous avons été mais... », « Dans le passé, c’est vrai, nous... mais le PCF a changé. » »

      Donc assez de ce genre de formule, n’est-ce pas, d’autophobie , qui ne font que donner à l’adversaires des verges pour nous fouetter !!!... Repartons d’un bon pied, désintoxiquons-nous une bonne fois pour toute de toute culpabilité, une fois laissé le passé à sa place, pour nos nouvelles tâches, celles du 21ème siècle : celles d’un « communisme de nouvelle génération » !...

      Aubert Sikirdji Le 10 octobre 2014 à 16:47
  •  
  • ...et pas d’un communisme qui cultive la nostalgie du souvenir et reste incapable de penser l’avenir...

    Dominique FILIPPI Le 10 octobre 2014 à 17:50
       
    • Et l’on entendit l’Aubert, qui rangeait ses livres, au fond de la pièce :

      " - ...J’espère, Dominique, que tu avais compris que quand je t’ai parlé de ce jeune dirigeant du PCF qui s’est voulu tel, c’était avec une pointe d’ironie, plutôt tragique.

      Parce que pour moi, c’est le meilleur exemple de ce que j’appelle, tu sais ... : ..."une conscience auto-nettoyante" !... Ils savent bien, ces jeunes-là, Laurent, Bessac, Dartigolle, qui ont commencé par être les lieutenants de Buffet, que Le-Parti n’a pas "toujours eu raison"... Qu’il a, comme dont dit "fait des erreurs" !... Mais l’autocritique, faudra désormais qu’elle reste implicite : les examens de conscience exhibitionnistes, terminé !... C’est pas comme ça qu’on avance !... C’est ça l’idée...

      Déjà du temps de Buffet, Le Parti était passé depuis un bail du réponse à tout à plus grand chose à dire !... Pour les communistes, c’est le cas de le dire, après Marchais qui avait décrété : plus de modèle dans le temps ni dans l’espace, et Robert Hue, le bon docteur qui avait "compris les souffrances passées", et qui avait été mis là pour essayer d’effacer l’ardoise en culpabilisant "le stalinisme" en général", y’avait plus trop de biscuits à se mettre sous la dent, sinon à danser devant le buffet, c’est le cas de le dire...

      Du coup, les ex-lieutenants en question, l’idée du communisme de nouvelle génération, ils l’interprètent comme ....DE la nouvelle généralisation, euh... je veux dire de la nouvelle génération... Ils se contente de donner le coup de pied de l’âne au passé, dont il font table propre... Ils ne veulent SURTOUT PAS apparaître comme des nostalgiques..."

      Voir Pierre Laurent : "Le Passé est à sa place, et c’est l’Avenir que je regarde"... Il l’a dit à une fête de l’Huma., histoire de mettre les points sur les i pour son entrée en fonction ...

      Aubert Sikirdji Le 11 octobre 2014 à 09:51
  •  
  • @Aubert Sikirdji Le 11 octobre à 09:51

    Bien sûr que j’avais compris...on en a assez souffert...

    "Le Passé est à sa place, et c’est l’Avenir que je regarde"...çà me fait penser aux enterrements en Corse où après avoir parlé de tout sauf du mort, un membre de la famille du défunt clame (en langue corse) après l’oraison et après avoir parlé de tout sauf du défunt : "On remercie tout le monde et que personne ne parte sans avoir mangé"...

    Dominique FILIPPI Le 11 octobre 2014 à 11:02
       
    • ... A quoi je te réponds : la preuve de l’Histoire, c’est qu’elle se mange. Comme on dit "manger la commission" (de ses crimes). Oublier...

      Aubert Sikirdji Le 11 octobre 2014 à 11:07
  •  
  • @ Dominique, "Souvenir-Avenir", etc.

    Revenons donc à cette question d’une histoire "vague" et imprécise du 20ème siècle, et donc renvoyée à elle-même, à laquelle l’on se contente de donner le coup de pied de l’âne, et dont on aura renoncé à exhumer le fil rouge... : vague et doublement coupable de ce fait, car le reniement, dans l’histoire communiste, c’est sa propre manière de "négationnisme" autodestructeur... : à savoir exterminer PAR EN-HAUT ses potentiels de bonnes volontés, et n’en plus parler ensuite...

    J’ai retrouvé en ce sens, une page de l’Humanité Hebdo, des samedi et dimanche 23 mars 2003, consacrée au Courrier des lecteurs, où « Albert Sikirdji questionne : « Où sont les responsabilités du Gâchis ? » ». (Bon, les copains, ...d’avoir écrit « Albert » pour « Aubert », c’était pas bien grave, c’était un prénom de mon père...) ; ; ; ( J’ai déjà bien développé ma dispute avec Roland Leroy, notamment sous l’article "Pour ne pas en finir avec Jaurès"...)

    ...Je reproduis ici à quelques détails d’amélioration près mon intervention, publiée par le journal :

    « ...Je réagis à l’article de Roland Leroy à l’occasion du cinquantenaire de la mort de Staline. D’accord pour affirmer que, en effet, l’on ne peut se croire, ou se dire quitte avec le problème du « stalinisme »... :

    Soit que l’on soit « né après », comme par exemple Olivier Besancenot qui se présente comme personnifiant un communisme de nouvelle génération, « d’après la chute du Mur »... (ce qui, selon Roland Leroy, « épargne d’une réflexion nécessaire »),

    ...soit que l’on se dise : puisqu’ « en tout cas, je n’ai pas personnellement de sang sur les mains »..., je n’ai pas à rougir de ma « Propre » vie militante... (ce qui, selon Roland Leroy, « esquive les vraies questions »...)

    Mais cela dit, qui donc ? QUI en vérité s’épargne, plus qu’à son tour, l’exigence d’une réflexion nécessaire ? En fait de « gestion des circonstances » de la chute du « Kommounisme » de « l’Est », LA DITE « MUTATION » DU PCF N’A-T-ELLE PAS ETE L’OCCASION DE RETOMBER D’UNE VISON POLITIQUE DANS UNE VISION « CULTURELLE », VOIRE PSYCHOLOGISANTE DE LA RESPONSABILITE HISTORIQUE ?...

    Lorsque Roland Leroy écrit, en 1995, en introduction de son livre « la Quête du bonheur » : que « CHACUN porte en son intimité, mêlés, les défauts du stalinisme et la volonté de s’en débarrasser, est-ce que cela ne fait pas

    ...de « L’INDIVIDU COMMUNISTE », le SEUL RESPONSABLE,

    ...en esquivant la vraie question, qui est de savoir : QU’EST-CE QUE LE PCF A FAIT DE LUI-MEME EN TANT QUE PARTI DEPUIS QU’IL A certes, officellement « CONDAMNE LE STALINISME », comme « Perversion de l’Idéal » communiste, AU MILIEU DES ANNEES 70 (mais étant loin d’en avoir tiré toutes les conséquences ) ?... Et singulièrement : QUEL A ETE depuis LE COMPORTEMENT DE sa DIRECTION, en toutes circonstances ?

    Où sont en effet les responsabilités du Gâchis (des immenses gâchis de communistes... français) ?...

    ...N’Y A-T-IL PAS EU « UN NOUVEAU RETARD » aux remises en question et « POUR ABORDER LES TRAVAUX PRATIQUES » AVEC ESPRIT DE SUITE ? LE PCF AVAIT-IL « L’HISTOIRE » (dont on sait qu’elle ne repasse pas les plats), ... ou pour ainsi dire « l’Eternité DEVANT LUI », POUR ABANDONNER LE CENTRALISME DEMOCRATIQUE ET COMMENCER DE DEPASSER LE DOGMATISME EN ACTES QUI ALLAIT AVEC ?...

    Qui donc a bloqué ? Etait-il écrit qu’il fallait attendre cinq années après la chute du Mur, afin de se remettre, pour ainsi dire,... à la remorque de l’Histoire ?... »

    Ici... Parler de « retards » n’est pas de l’autoflagellation ou de l’autophobie, pour un parti révolutionnaire : c’est une affaire de déontologie. Il n’y a pas de honte au logis, en la matière, pour assumer ses erreurs, qui se traduisent en DEFAUTS D’ANTICIPATION, gravement dommageables, car ce sont eux, qui sont en réalité toxiques...

    Aubert Sikirdji Le 11 octobre 2014 à 13:14
  •  
  • @ Maurice, Souvenir/Avenir, et tous les autres...

    Au début de notre discussion, Gilbert Duroux a parlé de perpétuel... : ou d’indépassable centralisme « a-démocratique », au PCF... De fait, comme le dit la citation de Patrice Bessac, que j’ai mise en-dessous, le principe de ...« naviguer entre 2 eaux » est loin d’être achevé, qui balance entre « décisions », d’allure toujours plus ou moins centralistes... et postures locales à géométrie variable, sous l’alibi du respect de la « diversité » !...

    Derrière ce que revendique ainsi le PCF (ou plutôt ce qu’il en reste...), sous couvert de l’existence de « situations diverses et variées », à savoir la justesse de ...déclinaisons « différentes » d’une stratégie qui ne se veut « heureusement plus monolithique », ... , la question mérite d’être posée : cela relève-t-il, d’une aptitude de sa part à la RECOMPOSITION, ou d’un phénomène qui signe en réalité, et à son corps défendant, une fatale DECOMPOSITION, qui continue ?... Une agonie en cours ?... Une phase terminale ?

    Evidemment, cet alibi de la diversité peut parfois être présenté sous un jour favorable... Un arc-en-ciel ne se « décompose »-t-il pas en belles et différentes couleurs ? ...Ne parle-t-on pas : d’un « SPECTRE » de couleurs !...

    Voici par exemple une version optimiste des choses et fondée sur « La Dialectique », soutenue par Elias Duparc, dans son article « Le grand retour du Parti Communiste », le 03/09/14, sur Mediapart... : « ...alors que le PS est en phase terminale s’ouvre le moment d’un possible grand retour du Parti Communiste. Enregistrant depuis 2012 un regain militant en même temps que le « communisme » connaissait une nouvelle expansion dans le champ intellectuel, le parti, définitivement sorti des aventures de liquidation, a montré qu’il était capable de gagner des villes importantes aux dernières municipales. Il appartient désormais aux militants de faire de ce frémissement le premier pas d’un réarmement général du PCF, seul parti français brandissant le communisme dans son nom,... »

    Voici son pronostic actuel : « ...l’érosion » et la « mutation » des dernières décennies n’ayant finalement pas débouché sur une liquidation, elles ont été suivies, par leur échec même, de contreparties positives et de recommencements de tous ordres : rajeunissement, démocratisation importante des procédures internes, dépersonnalisation du pouvoir, reconstitution des réseaux du MJCF et de l’UEC, « ENTERREMENT DE L’ENTERREMENT du PCF »… Le ratage de la mutation aura donc fini par faire muter le parti dans le sens inverse du projet huïste, de telle sorte que cette crise de désorganisation peut se lire après coup comme ayant rendu possible, partiellement et malgré elle, le rebond « positif » ultérieur. »

    Par ailleurs, Elias Duparc qualifie le FN DE « machine dialectique pouvant capter de ce fait à la fois la colère et l’aspiration à l’intégration au jeu politique traditionnel », qui « dispose pour aller vite d’un électorat populaire et antilibéral au Nord et d’un électorat petit-bourgeois néolibéral au Sud. »

    ...En revanche : « ...il est frappant de constater que le Parti Communiste, en tant que tel, constitue une « machine dialectique » de portée potentiellement supérieure. » C’est-à-dire qu’ « À la fois intégré au système politique et à ses institutions parlementaires mais porteur d’un projet authentiquement subversif, convenant possiblement à un électorat issu de la gauche traditionnelle et des couches moyennes comme aux strates populaires éloignées du vote, le PCF a les moyens de devenir UNE FORCE D’ATTRACTION DUALE alternative au FN. »

    Ceci étant posé, il préconise que : celui-ci rompe « avec le calendrier électoral qui l’accapare et contribue à en faire un acteur interchangeable d’inlassables négociations stratégiques qui limitent sa force de frappe. En s’inspirant de sa propre histoire, le PCF, pour concrétiser son retour, doit non seulement reconstituer ses réseaux abandonnés lors de la « mutation » (lieux d’expression, écoles de formation, tissu associatif, groupes d’intervention…), mais surtout, assumant un pas de côté par rapport au jeu démocratique classique (quitte à boycotter une élection ou à présenter des candidats collectifs), devenir « le parti de la rue ». »

    A quoi il ajoute : « N’est-il pas le moment de faire du parti non pas un outil électoral, mais bel et bien une contre-société permettant de donner corps, ici et maintenant, au communisme en germes dans le réel ? » Il en parle finalement comme, selon lui, ...apte à prendre « la relève d’une gauche en lambeaux pour faire pièce à l’extrême droite. » : « Au seuil de désastres possibles, le Parti Communiste peut et doit prendre la relève. »

    Ce texte est fermé aux commentaires, mais trop intéressant à mon avis pour que nous nous en privions ici. Il recèle autre chose, à mon sens, que de la simple nostalgie mal placée, d’une problématique-PCF d’Après-Guerre qui n’existe plus. Il donne des éléments d’accroche, au-delà de son « incorrigible », comme dirait Henri Malberg, pour ne pas dire indécrottable égocentrisme de Parti, pour une « assimilation véritablement critique » du Passé, et pour un débat clair sur ce que pourrait signifier d’anticiper à nouveau !...

    Aubert Sikirdji Le 12 octobre 2014 à 16:07
  •  
  • @Aubert Sikirdji Le 14 octobre à 15:32

    Sans commentaires...

    Dominique FILIPPI Le 14 octobre 2014 à 15:50
  •  
  • Evidemment !le PCF se renforce !Ces dirigeants ne sont plus autophobes et sont d’une grande qualité.
    Je comprends votre amertume.
    Vous assistez à l’enterrement,de l’enterrement du PCF.
    Oui,il y a un regain du PCF dans l’opinion actuellement.
    Ainsi,Michel Onfray a déclaré,qu’il était d’accord avec un certain nombre d’idées du PCF.C’était hier au club de la presse d’Europe 1,le 15/10/2014.
    Aujourd’hui,le PCF est encore en nombre d’élus,de militants et de réseaux le troisième parti de France.
    Pour une majorité de gens,la France sans le PCF n’est plus la France.
    Alors,Aubert,rejoignez nous.Redevenez pro-PCF avec les communistes unitaires.Débarrassez vous de la haine anti-PCF à la Filippi !Vous pouvez renforcer le PCF au lieu de le dézinguer.D’ailleurs vous êtes redevable au PCF.
    Le journal Regard reçu des subventions PCF et le seul élu du fdg,Mélenchon l’a été par l’électorat du PCF.
    La vrai crise du PCF a commencé dès 1956 ,puis 1976 quand G.Marchais a violé les consciences des militants en proclamant par ’oukase’personnel le ralliement (factice)du PCF à la bombe atomique française.
    Heureusement,Aubert que vous animez brillament ce blog car avec Dominique Filippi,nous avons droit à chaque fois au point Godwin.
    Cette « loi » s’appuie sur l’hypothèse selon laquelle une discussion qui dure peut amener à remplacer des arguments par des analogies extrêmes. L’exemple le plus courant consiste à comparer le thème de la discussion avec une opinion totalitaire ou à traiter son interlocuteur de nazi ou stalinien.
    C’est à cause de cet anti-PCFisme de Dominique Filippi,que je m’apprêtais à lancer le mot d’ordre de boycott de ce blog.
    Mais,je le reconnais,Aubert,malgrè vos lacunes,j’observe que vous êtes parfois intéressant.
    J’attends les prochaines injures de Filippi,pour me prononcer car en même temps je les copie pour les envoyer à mon ami Pierre Laurent pour qu’il sache à quoi s’en tenir avec Filippi.

    SouvenirAvenir Le 16 octobre 2014 à 05:13
       
    • Vous vous moquez du monde, Monsieur Souvenir/Avenir, surtout en utilisant un tel pseudo, à me renvoyer à mon amertume définitive, que vous prétendez comprendre, et que selon vous je devrais surmonter pour revenir à la raison partidaire !...

      Alors que c’est cette raison partidaire qui a tout de la raison d’Etat intangible et perpétuelle, précisément, qui est en cause !... Avoir été mis sur la touche au PCF, il y a bientôt trente ans, lors du 25ème congrès, n’est pas pour moi qu’un problème personnel de passé qui ne passe pas, quelle que soit ma manière personnelle de n’avoir jamais, jamais, jamais « fait mon deuil »...

      N’avez-vous pas lu mon post du 20 septembre à 21h 06, où je relate, à travers les ECRITS d’Arnaud Spire, ce qui fut le fond du climat d’alors ?... Drôle d’entrée dans une ère de « Respect » qui a, encore une fois, entériné définitivement une hallucinante et abracadabrantesque mise à l’index, de la base au sommet du Parti, sur le mode de la culpabilité collective de « nostalgiques, doublés de comploteurs » !...

      Qu’est-ce qu’un tel « Respect », fondé sur un tel « mensonge d’Etat », dont « l’inconscience » ne constituera jamais une justification, et dont j’ai été un protagoniste profond ? Comme l’a dit l’autre, seule la vérité est révolutionnaire, et il n’a évidemment jamais, jamais, depuis, été pour moi, question de « revenir », comme pour m’en rendre moi-même complice !...

      Il ne s’agirait pas de guérir, encore une fois, des individus pris un par un, de cette histoire : car IL S’AGIT BEL ET BIEN D’HISTOIRE, « la nôtre », pas celle d’un « passé » dont il s’agit de faire table rase, sous prétexte qu’on ne pourra pas plus le changer que les rayures d’un zèbre... : Une Histoire, DONC SUR LAQUELLE NOUS POUVONS toujours REVENIR !...

      Pas par masochisme ou autophobie, mais parce que savoir où nous allons, cela passe par savoir d’où nous partons !...Sans quoi, on est hors-sol !... Sans quoi, l’on continue de prendre l’air de communistes, en ayant perdu la chanson... On ne se donne pas les moyens de COMPRENDRE LES IMMENSES GÂCHIS... et l’ON RESTE SUR UN REGISTRE MORAL.

      Encore une fois, il ne s’agit pas de se pencher sur des « douleurs irréparables » personnelles, MAIS DE NOUS DEMANDER COMMENT REPARER UNE LACUNE HISTORIQUE incontournable ! JE ne REVENDIQUE pas que l’on établisse que j’ai eu, avec d’autres, raison trop tôt, mais déjà au moins QUE NOUS PUISSIONS AVOIR EU RAISON avant les autres !...

      Car l’enjeu n’est pas mince. Précisément parce qu’une certaine vision de l’Union Populaire avait « échoué », ...il s’agissait de sortir du paradoxe de se battre pour « un peuple majeur », tout en ayant une pratique à son égard REFORMISTE, de « détournement de mineurs », vers une perspective de Socialisme d’Etat, après « étape intermédiaire » illusoire, à l’aide d’un « outil » politique, lui-même à l’image des pays de l’Est (« hiérarchie des meilleurs », etc.) !... Il y avait URGENCE. Car... justement la promesse de l’ère Marchais consistait dans une capacité à ne pas être à la remorque du soviétisme !... (Personnellement, je n’ai nullement ressenti comme un traumatisme l’implosion spectaculaire des régimes de l’Est...) NOUS AVIONS DONC UN DEVOIR D’ANTICIPATION.

      Pourquoi a-t-il, par exemple, fallu attendre 1990, pour lire sous la plume de Georges Marchais (dans son livre « Démocratie ») :
      ...(page 279) « Autoritarisme ? Il fut un temps où la direction du parti exerçait sur celui-ci un pouvoir qui ne lui revient pas. Le schéma qui rendait possible cette déviation était, sommairement, le suivant : le Parti communiste étant l’avant-garde, sa direction était l’avant-garde de l’avant-garde. Par voie de conséquence, le fait d’être un véritable révolutionnaire se reconnaissait à l’accord a priori avec ce que décidait cette direction. La moindre critique ou idée personnelle était considérée comme un indice de « faiblesse politique » ; et si quelqu’un combattait de front une opinion ou une décision émanant d’« en-haut » - pas seulement du comité central, mais aussi de sa direction fédérale ou de section-, c’est qu’il épousait, sans même en être conscient, les conceptions de l’adversaire. »

      (Cela remet singulièrement à leur place les ironisations classiques que j’ai citées d’Arnaud Spire, à propos des "communistes critiques"...)

      ...Et lorsque l’on lit (page 284) : « Peut-on admettre que le mode de fonctionnement du Parti communiste français porte le même nom que celui du Parti soviétique de l’époque de Staline ? Peut-on laisser penser qu’il vit aujourd’hui de la même manière qu’en 1920, en 1930 ou en 1950 ? C’est une question. J’AVOUE QUE JE N’AI PAS UNE OPINION TRANCHEE A CE PROPOS. Personnellement, non seulement le terme de « centralisme démocratique » ne me choque pas, mais je n’en vois pas qui CORRESPONDE mieux à ce qu’est actuellement notre mode de fonctionnement. » ...En sachant que cela ne l’empêchera pas, cinq ans plus tard, de décréter que le Centralisme dit Démocratique..., finalement, « ne correspondait plus » aux besoins de mutation de notre réalité démocratique !!!...

      ...Lorsqu’on lit cela, n’y a-t-il pas de quoi, en tout état de cause, REHABILITER EXPLICITEMENT les ceusses qui n’auront eu le tort que de BOUGER TROP TÔT ?

      Comment alors, à, l’inverse, continuer, comme Marchais persiste à le faire en fin de livre, à stigmatiser tels dirigeants qu’il regrette de ne pas avoir pu faire REVENIR A UN COMPORTEMENT, dit-il, « NORMAL » ???!!!?... ..Au point de conclure sur l’invraisemblable décret suivant : que, de préférence, Pierre Juquin « ne serait plus communiste » (page 297) ?

      ...Dans ces conditions, je n’ai MOI NON PLUS, PLUS JAMAIS « ETE COMMUNISTE », comme on dit chrétien, musulman ou hindou...

      Juste : « un » communiste, ce qui n’est certes pas une « qualité de nature » ( nonobstant le fait qu’il se soit retrouvé, selon l’expression habituelle, "dans la nature" !...).

      Aubert Sikirdji Le 20 octobre 2014 à 00:31
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    • Je sais, S/A, que tout ceci se résume pour vous à une attitude : ...ce serait celui qui dénonce l’énormité de ce qu’on lui a fait, en même temps qu’à d’autres, qui aurait un comportement déplacé, et, dites-vous, "narcissique", au vu de la possibilité de phénix de Le-Parti de toujours renaître... C’est lui qui "ferait la victime" !...

      Aubert Sikirdji Le 20 octobre 2014 à 09:31
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    • ...Dans le sens de ce que je soutiens, voilà ce qu’écrit Bernard Calabuig, dans son livre récent, « Un itinéraire communiste », page 52 :

      « Le parti, pour une bonne part de ses militants, c’est aussi une vie en autarcie. Bien souvent, un membre du parti n’avait pour amis que d’autres membres du parti, avec lesquels il parlait du parti. Et puis dans cette culture de « l’esprit de parti », le parti et ses positions politiques doivent toujours être défendues à l’extérieur. On garde la divergence pour soi, on le l’exprime pas, le groupe doit être uni, donc homogène. C’est le gage de l’efficacité. Tout était dit avec cette phrase : « Face à l’adversaire de classe notre force est notre unité. » C’est ainsi au nom de l’esprit de parti que je me suis félicité de la mise « hors parti » de Pierre Juquin à la fin des années 80, et ensuite de Charles Fiterman au début des années 1990.

      J’ai lu il y a quelque années le beau livre de Pierre Juquin, « De battre mon cœur n’a jamais cessé » (2006). Quel gâchis, quelle perte ! Et pourtant, J’AI SUIVI LE TROUPEAU, en me réjouissant, comme beaucoup d’autres, de son éviction du bureau politique en 1985, convaincu que les critiques qu’il formulaient étaient inspirées par une philosophie du renoncement au combat révolutionnaire, une attirance prononcée pour la social-démocratie. JE SAIS APRES AVOIR LU CE LIVRE QUE PIERRE JUQUIN, COMME D’AUTRES QUI ONT QUITTE LE PARTI, OU QUI EN ONT ETE EXCLUS, EST UN COMMUNISTE ET QU’IL N’A JAMAIS CESSE DE L’ETRE. »

      Aubert Sikirdji Le 24 octobre 2014 à 20:05
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  • « - La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent. » (Albert Einstein). En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas faire SEMBLANT de changer, et que lorsque l’on se contente de n’aller que jusqu’au milieu du gué, même avec la meilleure volonté spectaculaire du monde, en matière de remises en question, ...l’on est en général ramené sur la rive SANGLANTE de départ...

    Des assertions à la papa, de DEMI-CONSCIENCE, de cerre à moitié vide et à moitié plein, tout le monde en est capable !... ...Ainsi PIERRE LAURENT est, soit dit en passant, fort capable de rappeler à tel interlocuteur que les premières victimes du stalinisme furent des communistes... Et que « nous » en aurions tiré les leçons... A voir de près !... Car il ne suffit pas d’une attitude de commisération, de contrition plus ou moins nébuleuse, abstraite et généraliste, il ne suffit justement pas de PLEURER sur les victimes en question, comme ...Staline lui-même a su le faire, à l’enterrement de Kirov (= témoignage de Louis Aragon) !...

    Par ailleurs, il ne suffit pas d’installer une lunette dans son grenier pour condamner ce qui s’est passé ailleurs, en oubliant de balayer devant sa porte... Si l’on veut aller jusqu’au bout de l’accomplissement de la tâche morale rétrospective, faut lever le voile sur les VERITES POLITIQUE et stratégiques singulières, EN SOUFFRANCE, que ces tragédies singulières ont signifié... Sans quoi l’on n’atteint jamais au RELIEF historique désiré... On continue d’APPLATIR, pour ne pas dire de LAMINER l’Histoire, qui réclame à cors et à cris, ...et à écrits divers et variés, qu’on la délivre des effets de rouleau compresseur, passé sur elle !... Rappelons-nous ce que signifie « repasser », en argot... : Tuer. Ici, une seconde fois... Cela s’appelle LE DENI. Qui peut d’ailleurs prendre toutes sortes de formes bonhommes et fort compatissantes...

    Peu importe que l’on parle de néo-stalinisme à la française ou pas... ( Roger Martelli s’y refuse, pour sa part)... Le fond de l’affaire, en vérité, ...de ce que l’on s’est refusé à revenir sur ce qu’il nomme l’Occasion Manquée de 84 : c’est que l’ère Marchais a été sanctuarisée, et qu’il fut impensable de reparler de nouveaux retards, vu que LA PROBLEMATIQUE DU « RETARD » stratégique PERSISTANT A ETE CANTONNEE ET RESERVEE A UNE EPOQUE ANTERIEURE !... Elle seule permet pourtant de comprendre, en toute « transparence », ...ce que le Parti a fait de lui-même, dans ce funeste milieu des années 80, ...de comprendre le comment du pourquoi il s’en ainsi PRIS A LUI-MEME de ses propres reculs et ses propres échecs, comme si, une fois de plus, il allait pouvoir « se renforcer en s’épurant » !...

    Je reprends donc la question du (non-)« traitement », dans l’après-coup de sa crise historique, d’allure définitive, par le PCF... ( Car l’idée de Retard politique ne pouvant concerner que des périodes antérieures, « l’histoire récente », des 20 dernières années, consécutives à l’échec d’un ancienne vision de l’Union Populaire, comme d’une certaine forme-Parti, ...ne fut pas réexaminée, étant jugée trop fraiche !!!!... Drôle de LACUNE ! Drôle de LIMITE MISERABLE, posée au glorieux matérialisme historique !... On ne s’intéressa qu’aux INDIVIDUS maltraités !...)

    Je cite Francette Lazard (...en l’occurrence agrégée d’histoire-géographie), dans le livre « Les vérités du matin », page 149 : « ...Je présente, en novembre 1997 (erreur sur la date : il s’agit de novembre 1998), devant le comité central (je ne crois pas qu’on appelait toujours ça comité central) un rapport au nom de la « commission d’arbitrage » que je préside. Il propose d’annuler, purement et simplement, toutes les exclusions prononcées dans le passé pour cause de désaccord politique. Elles sont toutes « nulles et non avenues ». Je prolonge ce rapport par des rencontres personnelles avec des communistes qui ont subi l’exclusion politique. Je prends rendez-vous avec Georges Guingouin.... » Etc.

     Soit dit en passant et en vérité, il ne s’agissait pas, par la bouche de cette très chère Francette, longtemps coincée, ...selon sa propre expression, « entre l’écorce et l’arbre », d’effacer à proprement parler TOUTES les exclusions et mises à l’écart, qui auraient été considérées TOUTES aussi déplorables les unes que les autres : il s’agissait de conserver un point de vue "équilibré" : ... et il y avait en ce sens une exception posée (l’excès de déloyauté), et une condition mise (il ne s’agirait pas de se livrer à de quelconques « procès en retour » qui redonnerait après coup raison à Pierre Paul ou Jacques... : on se contenterait de remettre les compteurs à zéro... : Conscience collective, et « autonettoyante », oblige..., ...Et d’essayer d’arrêter de nous faire du mal à nous-mêmes...). -

    Pour nous éclairer, voici un très long extrait du livre de Cécile Amar : « les nouveaux communistes, voyage au cœur du PCF » (pages 60 à 63) : « Les 16 et 17 novembre 1998, le Comité national entend le rapport de la présidente de la commission d’arbitrage, Francette Lazard, concernant les exclusions du Parti. (...) (Il) « ...entend faire entériner par le parlement du Parti une décision historique, celle de « déclarer nulles et non-avenues toutes les sanctions, exclusions ou mises à l’écart effectuées à parti de conceptions politiques, de principes d’organisation ou de pratiques que le PCF, en décidant de sa « mutation », a décidé de transformer ». Les dossiers de la Commission centrale de contrôle politique relatifs aux affaires nationales doivent être ouverts.

    Cette « décision historique » est à rapprocher du discours tenu par Robert Hue à l’égard des anciens exclus depuis son avènement au secrétariat national :
    « (...) J’ai plutôt l’impression d’un formidable gâchis qu’aucun geste ne peut rattraper. Car en excluant ces hommes et ces femmes, nous leur avons fait du mal – un mal aussi fort que l’était leur engagement parmi nous. Mais à nous aussi, nous nous sommes fait du mal. Qui pourra dire les coups que nous nous sommes portés à nous-mêmes en refusant de les entendre ? (...) Quelle blessure ! Et la cicatrice est encore brûlante... », écrivait-il dans son premier livre en 1995 (Communisme : la mutation). »

    Il le rappelait en ouvrant les archives communistes : « NOUS DEVONS LE CONSTATER AVEC AMERTUME, de véritables procès ont été instruits, exigeant la soumission des communistes concernés, attaquant les personnes dans leur intégrité. Le temps n’efface pas ces blessures. Mais nous avons la responsabilité pressante de mettre en évidence ce qui s’est réellement passé, le poids des erreurs commises, notre condamnation sans appel de ces méthodes, notre analyse de leurs causes et de leurs conséquences. CE N’EST PAS SEULEMENT UN DEVOIR A L’EGARD DE TOUS CEUX QUI ONT ETE DIRECTEMENT CONCERNES : C’EST, POUR LE PARTI COMMUNISTE, UNE OBLIGATION POLITIQUE ET MORALE que nous devons conduire rapidement à son terme. PAR RESPECT POUR LES PERSONNES EN CAUSE ; POUR RESTITUER A LA FORCE COMMUNISTE QUE NOUS VOULONS DEPLOYER TOUTES SES RACINES. »

    Francette Lazard revient, dans son rapport, sur le tort fait à TOUS les communistes, à travers ces exclusions spectaculaires, elle parle de « milliers d’hommes et de femmes concernés », des « BLESSURES IRREPARABLES. » « Le Parti tout entier a souffert », avoue-t-elle aujourd’hui. Elle lance un appel à ces communistes exclus pur qu’ils reviennent : « Nous considérons toutes celles et tous ceux que les conflits et difficultés politiques passés ont contraint ou conduit à l’écart de la vie du Parti comme des communistes à part entière, adhérents de plein droit, s’ils le souhaitent. »

    De plus, « nous cherchons à comprendre mais pas à justifier. Il y a une condamnation absolue, totale, de toutes les dérives du modèle stalinien qui suppose de COMPRENDRE LES CONTRADICTIONS qui ont permis à ce Parti communiste façonné par le modèle stalinien d’être en même temps un parti fortement enraciné dans la société française, d’y prendre des initiatives. ON S’EST TROMPE SUR LA STRATEGIE. POURQUOI ? En étant enfermés sur des méthodes, des pratiques, on est passé à côté de la société, on a développé une stratégie erronée. » Quel aveu pour une dirigeante communiste !

    En fait, LES COMMUNISTES NE SONT PAS ALLE AUSSI LOIN DANS LA CONTRITION QU’ILS LE LAISSENT ENTENDRE. « LE PCF NE DIT PAS : « ON S’EST TROMPE » SAUF EN CE QUI CONCERNE LES EXCLUSIONS ELLES-MEMES. Il ne se penche pas de manière assez approfondie sur son histoire. Il ne nous dit pas pourquoi ces exclusions ont eu lieu, il n’explique pas le phénomène structurel des purges, il ne dit pas le contenu des affaires, IL NE DIT PAS SI, AU FINAL, CE NE SONT PAS LES OPPOSANTS QUI AVAIENT RAISON », explique l’historien communiste Marc Lazar. »

    Les sanctions sont annulées, mais les anciens exclus ne sont pas réhabilités. Le mot n’est pas prononcé. C’est un choix. Il ne s’agit pas d’entrer dans le détail des affaires, de retracer les débats de l’époque, de dire qui avait tort ou raison, de se prononcer sur le fond. « Nous ne sommes pas un tribunal de l’histoire, ce n’est pas un jugement à l’envers. Je récuse le fait de juger », explique Francette Lazard. »

    Résultat, cette démarche n’aura même pas été à la hauteur posée par le nouveau paradigme de La Tolérance, venu d’Afrique du Sud... Là-bas, la Commission « Vérité et Réconciliation » se sera, de même, refusé à pousser la logique de « procès » jusqu’à des condamnations en juste retour de flamme sur les oppresseurs... Mais au moins ce fut dans l’intention que DES VERITES SORTENT !... Là non !... Des remords, des regrets, mais surtout pas de révélations !... Pas de re-travail de ce qui peut, à un moment donné, faire que le Bleu du Ciel vire au Bleu Gendarme, et que l’on institue des ERREURS HISTORIQUES SUR LA PERSONNE de tant et tant de communistes, aux incommensurables conséquences de gâchis... L’on se sera contenté de mettre sous cloche le problème historique, en se disant que les bourreaux "comme" les victimes auront beaucoup souffert, et que la mémoire de ces souffrances est pareillement respectable...

    Passez muscade !...

    Aubert Sikirdji Le 20 octobre 2014 à 13:20
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  • Point d’actualité. L’Humanité, lundi 20 octobre 2014 : « La liberté au cœur du combat communiste », page 7. Les étudiants communistes organisaient, vendredi, à l’Université Paris-8 Saint Denis, une conférence sur le thème : « Le communisme de nouvelle génération, pour de nouvelles libertés. »

    Pierre Laurent s’y est fendu d’une considération historique : « Nous n’avons pas toujours, historiquement, pris la pleine mesure de ce que représente la liberté », expliquera le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent. « Considérant parfois que c’était une étape ultérieure, je crois pour ma part qu’elle doit être un enjeu central de conquête dans le combat émancipateur. » Et de poursuivre : « Sans mésestimer les aspects de compétition, ni même de guerre, qui ont existé contre les régimes soviétiques, je crois fondamentalement que ces pays se sont effondrés faute d’avoir réellement misé sur la promotion des libertés. »

    Bonne Nouvelle, les copains, en cet automne 2014, Pierre Laurent vient de découvrir l’eau chaude avec 40 ans de retard !... En attendant, c’est quoi, ce bla-bla post-moderne ? Le but du communisme de nouvelle génération est-il de mettre le couvercle sur les déficiences DATEES du PCF ?... Question historique PRECISE : Pourquoi la « Déclaration des libertés » de 1975, que nous pouvons toujours aujourd’hui ressortir, n’a-t-elle finalement eu qu’un court usage TACTIQUE, avant d’être mise au pilon, du temps où le PS a réussi naguère à « faire la différence », sur ce terrain, avec le PCF, tout pendant que c’était alors une question qui s’emparait largement des masses ?

    Aubert Sikirdji Le 20 octobre 2014 à 21:10
       
    • ...Mais il est vrai que pour "le communisme de nouvelle génération" : le 20ème siècle ? Il n’y a pas problème, il n’y a que des solutions !... Tout cela est révolu si on est résolu à faire un peu mieux la prochaine fois... Ce fut la manière même de Pierre Laurent de prendre le relais à la tête de "son" Parti : "- Le passé est à sa place, et c’est l’avenir que je regarde" !...

      Aubert Sikirdji Le 21 octobre 2014 à 07:04
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    • De qui se moque-t-on ? Les généralités historiques, ou autres, ça me gêne et je râle... Pour le coup, ça me met dans une causticité de fond !... : Savez-vous donc c’est quoi que c’est le communisme de nouvelle génération ?

      ...Ca signifie qu’on n’arrêtera jamais le Progrès du Peu Ce Feu p.c.f. qui se posa jadis comme Le grand Parti du « Mouvement Ouvrier »... Et le Progrès est toujours « révolutionnaire », dans le langage... capitaliste. Il est synonyme de nouveauté. Un nouveau modèle de bagnole, qui aura tout d’exceptionnel ? « Révolutionnaire » !... N’est-il pas ?

      Eh bien, le communisme de nouvelle génération, Pierre Laurent nous l’a promis aux universités d’été (séparées) du PCF, vous en aurez bientôt l’expression de la nouvelle théorie, de la nouvelle "modélisation" (même s’il ne faut plus employer le terme) !... On vous le promet, ça va bientôt sortir !... Chouette !... C’est qui qui en a de la chance ?

      "La nouvelle génération", elle est sur les starting-block !... Elle n’attendait que ça !...

      Aubert Sikirdji Le 21 octobre 2014 à 07:32
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    • « La liberté au cœur » du mouvement ouvrier, cela ne date pas hier... (Et nous pouvons remonter à Jaurès...)

      Voir : Simone Weill, la philosophe chrétienne : « IL EST TEMPS DE RENONCER A RÊVER LA LIBERTE, ET DE SE DECIDER A LA CONCEVOIR. » (Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale, Gallimard, 1955 ; reprise par folio essais, janvier 1998)

      Aubert Sikirdji Le 22 octobre 2014 à 10:46
    •  
    • ...Cela ne date pas D’hier...

      Aubert Sikirdji Le 22 octobre 2014 à 10:47
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