Jeudi matin, dans l'usine de Fralib à Gémenos, les représentants des salariés lisent en AG l'arrêt de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence annulant le PSE d'Unilever (photo: E.R.)
Accueil > Résistances | Par Emmanuel Riondé | 28 février 2013

Victoire importante pour les Fralib

Ce jeudi 28 février, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence a prononcé la nullité du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) d’Unilever à Fralib. Une victoire décisive pour les salariés.

(Retrouvez une version plus longue de cet article dans notre numéro de mars du e-mensuel)

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A Gémenos, dans les Bouches du Rhône, la lutte des Fralib a connu ce matin un énorme « coup de boost » avec l’annonce de l’arrêt rendu par la Cour d’Appel d’Aix en Provence. Selon cet arrêt, dont une copie a été diffusée par les salariés peu avant 10 heures, la Cour (...) constate « la nullité du plan de sauvegarde de l’emploi et celle des licenciements déjà intervenus [et] ordonne à la société Fralib Sourcing Unit de reprendre à son début ladite procédure et de présenter au comité d’entreprise un plan de sauvegarde de l’emploi concernant l’ensemble des salariés du site de Gémenos ». Ces quelques phrases lues ce matin en AG publique dans l’usine par Olivier Leberquier, le délégué syndical CGT, constituent une retentissante victoire pour les salariés de l’usine de thé et d’infusion, en lutte depuis 884 jours.

En annulant ce troisième PSE, la Cour ordonne en effet à la multinationale de réintégrer l’ensemble des 182 salariés, invalidant les manœuvres qui avaient permis la réduction du périmètre du PSE de 182 à 103 emplois sans consultation du Comité d’entreprise (CE) - ce qui est pourtant prévu par l’article L 2323-6 du Code du travail. Ce dernier point a suffit à la Cour pour annuler la procédure.

Le groupe anglo-néerlandais qui s’échine depuis septembre 2010, par tous les moyens, à rendre impossible la poursuite de l’activité industrielle sur le site est aujourd’hui au pied du mur. Et ce d’autant plus que cette fois, a relevé ce matin Olivier Leberquier, ses dirigeants ne devraient plus « bénéficier de la complicité du gouvernement comme ça a été le cas avant ». Les Fralib qui disent ne se faire aucune illusion quant aux "sales coups" que leur prépare la direction d’Unilever, attendent de voir la partition que va jouer le gouvernement socialiste à l’issue de cet arrêt. « Maintenant qu’on a fait tout le travail et qu’il y a eu trois décisions de justice pour annuler les PSE d’Unilever, on ne voit pas quelles raisons les politiques peuvent invoquer pour ne pas intervenir... », résumait ce matin Gérard Cazorla, secrétaire CGT du CE, à l’issue de l’AG.

Les Fralib seront demain vendredi en réunion à Paris avec leurs experts, avocats et camarades syndicalistes pour envisager et construire les suites à donner à leur lutte au lendemain du gain de cette importante bataille. Avec toujours comme objectif de contraindre Unilever à lâcher la marque Eléphant et les volumes de production nécessaires à la reprise de l’activité en Scop par les salariés. En attendant, ce jeudi, les salariés regonflés à bloc, ont bu un pastis dans leur usine de Gémenos pour fêter ça.

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